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Full text of "L'art de vérifier les dates ..."

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, L'ART 

DE YÉRIFIER LÉS*DATES 

DES FAITS HISTOMQUES, 

DES CHARTES, J)ES CHRONIQUES, 

ET AUTRES ANCIENS MONUMENTS, . 
DEPUIS lA NAISSANCE DE NOTRE-SEIGNEUR. 



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Cet ouvrage se trouve aussi : 

Chez ARTHUS-BË^UA^D, libraire, rue Hautefeuille , 
^ '^^ à Paris. 

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DE VÉRï™R les dates 



DES FAITS HISTORIQUES, 
DES CHARTES, DES CHRONIQUES. 

ET AtlTRES ANCIENS MONUMENTS, 

DEPUIS ti NAISSANCE DE NOTXtE-SEIGNEUH, 

Par le moyen d'une Table gphronologiquc , o4 l'o" trouve les 
Olympiades . les Années de J. C, , de l'Ere Jufiénne ou de J ules 
César , des fcrcs d'Alexantlrie çt de Conslanlînople, de l'Ère des 
Séleucidca, deHÈreCésaréennffd'Aiiliorhe, de l'Ere d'Espagne, 
de l'Ère des Martyrs, de rHégireî'lesliidictiqns, le t^cle Pascal, 
les Cycles Solaire et Lunaire, le Termel'ascSl, les Pâques , le» 
Épactes, et la Chronologie des Éclipses; 

deuxCalcndriErsPeipëluds. le GloBrâe deiDales, le Catalogue àei | 

■ ■ Juifs; la CliHÏItiIogle historique du Nouïfa * 




Saints ; le Catendj 
Tcsiameni; relie di 
d'Orient, des Enipi: 
Vandales, des Golb 



Conciles, des Pâpei , des ^uarre Parriareliei 

Romains. Grecj; ,iei Rais do Huas, dm 

UÀrds. des BWlWsreiilKIe Jéi-usalei» dt 

» M ....LiocW; des Comtes de Tripoli ; des Itou de! 

. d'Aroitmei de> Califes, des Su'Ians d'Iconium, 

Daniasj des Emp||t]rs Oltonians ; des Sch»h> de gfrscj 



IXurope; des Empereurs de |a Cljînc; des grande FeudalaireÉ^e Franre, 

"•" ■■■ ■■ ' "' "■ ' '■ '(e, de Gêoi 

., etc., etc. 



, d-llalie: 



I Bépubliques de Venise 
, etc. 

^'ÏAR DN RE]-IGIEUX DE LA CONfiRÉGATlON DE SAiNT-MADR; 

BèiiDpriiné avec des correclion^l annotations , et continué jusqu'à ( 
r 'pl"s 



loiuei 

n;^o, 

LAI!, rlievnliei- 
lo|ii(|ue des Mai 



e l'Europe. 



TOME Q UAT0R7.IEME. 

A PARIS, 

RLE DE LA VRILLIÏ'RE. N". lo, PRÉS iA BANQUE. 

TALADE, IHFRIÏIEun DU itOt , ^E COQUlLLlÈRE. 



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L'ART 



ÎRIFIER LES DATES. 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



I 



DES COMTES DU SUNDGAW 



ET LANDGRAVES DE LA HAUTE ALSACE (*), 



I>'Alsace, connue noya l'avons dît, éiait partagée eo âeixt 
comtés, gouvernés par deux comles particuliers, qui prirent, 
*ians la suite le litre de landgraves , c'esl-à-Jire comles pro- 
vinciaux. L'un de ECS comtés était le Sundgaiv, qui signifie 
pagus mendiona/is , et l'autre Is Nordgaiv, nu pagua aeplen- 
tnonaUs. Ils étaient séparés par le loi-rent d'I^ckenbach , qu'dn 
nomme encore aujourd'hui le fossé provincial, Landgrabiit y 

3 ui forme les limites de la haute et de la basse Alsace, Je* 
iocèses de Bille et de Strasbourg. 
Le SONDOAri', qni paraît élre lis pagus Suggenlensis dont parle 
TréJégaire, sous l'an SgS, comprenait autrefois, non-seulemenC 
ce qu'on bomme encore de nos jours le Sundgaw, mais en- 
core tout ce qu'on appelle aujouïd'liui la haute Alsace. La 



1 



Cet article a ^(« dressé d'après les MÉmoires de M. l'abbé Gron.^ 



^ 

^ 



B CBlOirOLOGrE HISTOBIQUK 

charte d'Hérimuot pour l'abbaye de MuDstcr de 898 , dît que 
ce monastère est situé inpaga Udharensi et in parle ipsiui pagi 
çiiix eocatur Sundgeivi. Le comitatus Sunigoaie est rappelé dans 
lin litre de l'abbaye de Saint-Gai, de 758, et dans un diplAme 
de l'empereur Henri, de 1049 , pour celle de Mourbach. Dis 
l'an 1186, le nom de Sundgaw , pris pour la haute Alsace, 
cessa d'être en vigueur, et l'on ne connut plus alors cette 

Eiftic de la province , que sous celui de landgraviat de la 
au te Alsace. 

RODEBERT. 

6-j'6, HoDE&EBT administrait le comte du Sundgaw ou de 
la haute Alsace, sous le duc Adalric, ou Chadich. Ce fut à 
l'un et à l'autre, Chadiebo duce Radeberio comité, que le rcn 
Childéric 11 adressa , en 673, son dîpldme pour l'abbaye de 
Munsler. (Bouquet , tom. i V, p. 652. ) Ce diplôme est le plu» 
ancien titre original de l'Alsace , et même de l'Allemagne , 



I 
I 



ancien titre original de 1 Alsace , et même de l'Allemagne , ^^H 
I qui existe : il se conserve dans les archives de l'abbaye. ^H 

^£BEttHARD. '^Ê 

733. EsERHARS, comte du Sundgaw, était fils d'Adelhert; ^| 

duc d'Alsace , et de tierlinde , sa première femme. Il porte le ^H 

nom A^L Domesticun , qualité qu'on donnait alors aux gouver— ^H 

iMurs des provinces, dans une ^charte de donation qu'il fit, ^H 

en 7^2, conjointement avec Luitfiid , son frère, duc d'Alsace, ^^| 

à l'abbaye de Honau, et dans un brevet du roi Thierri lY, ^| 
pour le même monastère, donné vers l'an jaB. ( Uiat. de l'Egt. 



l 



de Strasè. , t. l, pp. Iv et lix. ) Il est qualiËé comte lii 
titres primitifs de l'ancienne et célèbre abbaye de Mourbach , 
dont il fut le fondateur en 728. {I//id-,p- aSa et suiv.) \Vi- 
degerne , évêque de Strasbourg , dans sa charte de confirmation 
pour cette abbaye, de la même année, le nomme vir inlustcr 
Eberhardiis Quomis (Cumas). Hborhard mourut, en 747 , dans 
son château d Egîsheim, près de Colmar, qu'il avait fait bâtîr. 
(/fon. S. Naiarii et CItranicon Navientense. ) Il fut enterré dans- < 
l'église de Mourbach, où l'on voit son tombeau. Il n'eut de sa 
femme Eueltrdde, qu'un fils, mort dans l'enfance, avant { 
l'an 737. 

GARIN. 

76g. Garih était comte du Sundgaw sous Carloman, roi 
4'Autlrasie. Le idiplOme original que ce prince accorda, en 




DES COMTES DU SUNDGAW. 

, à L'abbaye de Munster, est adressé au vir itdusler Garinus 

et Carloman lui donne le litre de grandeur. (Kouquet, 

', p. 7i5.) Ce diplôme fait voir que dès-lors la dignité 

lie élail éteinte en Alsace, puisqu'il est adressé au s ' 

ite Garin , sans faire mention du duc. H ne faut p ' 

tondre avec le comte Warin , qui vivait dans le même tenis , 

conjointement avec le comte Ruthard, gouvernait 

sous Pépin et Charlemagne. 



l'Ail 

1770. PlHAHTiLOW succéda à Garni, dans le conitédu Sutidi 
mme le prouvent deux chartes de l'abbaye de Saint-Gai 
■ années 770 et 786. (Hergcitt, Geneal. Habsburg,, l. 11 
^7etw. J 



PlRAHTlLON. 



LUITFRID I. 




avec 



Yen l'an 800. I.uitfrid I , fils de Luitfruid , duc d'Alsace, 
it comte du Sundgaw après Pirahtiton , et mourut dans te^ 
immencements du neuvième siècle. H eut de Hiltrudb , sa 
femme, trois enfants, savuir, le comte llusues, qui viendra 
ri-aprÈs, le comte Leutard, et Basille, qui était, en 84^, 
abbesse de Saint Etienne de Strasbourg. I.eutard épousa Gitt- 
MiLDB, et fut père d'Otbert , évèque de Strasbourg , depuis 
006 jusqu'en 9i3, et de Gérard de Roussiilon, que les vers et 
chansons des anciens troubadours ont rendu fameux, (//l'if. 
i'Mg/. de Slrasà.y t. Il, pp. 273 et suiv.) ' 



ERCHANGŒR. 



. EltCHANCiER , était comte de la haute Alsace, dans la 
même lems qu'un autre Erchangier, qij'il ne faut pas confondre 
avec lui , possédait le comte de la basse. Une charte dé dona- 

lon pour l'abbaye de Saint-Gai en fait mention sous l'an SsH. 

ÙGoldast, Rer. aUm. , t. Il, p. 4aO 

GÊROLD. 



.. GéROLD, successeur d'Ercbengier 
Bebun, son fils, dans une charte de f 
échange des bii 
qualités de cot 

du fameux comte Gérold , frère de 1' 
i]ui fut tué sur la fin du Imitième slécl 



est nomme, avec 
î(), par laquelle il 
l'abbaye de Mourbadi. Il y prend les 
llustre. Il faut le distinguer 
itrice Hildegarde, 
dans une bataiHs 



I 



'i CBllCn(OI,OGIE BTSTDRIQUE 

contre les Huns, et d'un autre comte G-érolil qui vivait en 
AlieiDogne en SSy et BSg. 

HUGUES I. 

SSy, Hcr.UES I , fils de Luilfriil l , comie du Sundg.iw , fut| 
Jvec Iieulard, sou frère, un des bienfaiteurs du monastJr* 
d^EscIiori, dans le diocèse de Strastiourg, conmf! il paraît pap 
le diplôme de I.olliaire , roî de Lorraine, de BSg. ( //l'sï. de 
î'Egl- deStrasIi., i, 11, p. ccslvij.) L'annaliste de Saint-llerlin 
place sa murt fi l'an &à-]. Il eut cini] enfants de Bara, son 
épouse , savoir , i°. Hermen jarde , qui épousa , au mois d'oc- 
lobreHai, l'empereur Lotliaire I, et mourut le aoinarsSSi 
(elle fut enterrée dans l'abbaye d'Erstein , en Alsace, qu'elle 
»vaîl fondée en S^i-)); 2". Luitfrld, qui suit; A". Adalardf 
comie, mort vers l'an 876; 4"' Hugues, décédé dans sa jen- 
nesse vers 87g ; et 5°. Adélaïde- Celle-ci , mariée en premières 
noces à Conrad I, comIe d'Auxerre, fut la tige de la troi- 
sième race des rois de France , par son second nufiage «vetf 
Robert le Fort , comte d'Anjou, 

LUITFBID II. 

837. LuiTFRlD H, succéda, en fiSy , i Hugues, son père, 
dans le comté du Sundgan-. U jouit, selon t'aunaliste de SainU 
Berlin,, de la plus grande faveur auprès de Lothairc , roi d« 
Lorraine. Il est qualifié Luljiidas i/lusler cornes, tiaminusqut 
monasterii Grandisfa/lis , çiiai est a'iuia if din-olu IJe/isacrnsi ^ 
dans le diplôme de l'empereur Lolhaire, de 849, pour l'ab-- 
baye de Grandfels. (La Guille , Hist. d'Alsaci, p 20.) U 
mourut en 864 , suivant le témoignage de la clironiiiue ds 
Çaint-Gal, qui le compte au nombre des princes tes plus dis-< 
, lingues d'Allemagne- U laissa Jeun fils^ HuguR» et Luitfridi 
qui suivcfit. 

HUGUES H. 

8f>4. Hrr.uES 11 , fils et successeur de Luïtfrid II , dans la 
comté du SunJgaw, jouissait, ainsi que lui, d'un grand crédit 
en Alsace^comme le piouve, sous l'an S69, un ps-^age de 
l'annaliste de Sainl-Bcrlin. II est nomiué Ifugo cornes , Hiuslrif 
aeunf.uli iioslri Ludjndi Jillui ^ dans le diplâme de l.othairef 
roi de Lorraine, pour l'atiliaye de Grandfels, de 8ti(i. (Bouq ,, 
t. Vlll,p, 4i3.) U laûurul, vttii l'anSâsi sans laisser d'e«. 



;OMTES ou SUNUGA« 



LUITFRID ni. 




Kuei 



8ao. LuiTFRlD III, successeur de Hugues, son frère, obtint 
Wui, en 884, de l'empereur Charles if Gros, un privilège 
jour le monastère de Grandrels. (Bouq., tom. IX , p. 334. ) '^ 
urul vers l'an 910. Il eut d'ERUEKTRCDE, son épouse, trois 
, Hunlfrid ,il,uitfrid et Hugues, nui sont rappelés dans la 
Oisrle de leur père , de Q^'i , pour l'abbaye de Saint-Trudper). 
HergoU. Geneal. Habsburg., lom. II , p. igy-) Lullfrid, qui 
a était avoué, y signe signum Lullfridis Ulustris romilù^ 

BERNAhD. 

. Le aom du comte Bernard, qui gouvernait déjl 1« 
bute Alsace du vivant de Luitfrid , s'est conservé dans le 
ipl&ne de Zventibold, roi de Lorraine, pour l'abbaye de 
iJunsler, de 896, (Bouq., t. IX, p. 3j6.) 

LUITFRID IV. 

gis- LTinrniD IV, Dis de LuitTrid III , gouvernait le 5und~ 
' dès l'an gi:i. 11 se rendît célèbre, en 935 , par la défaite 
Hongrois, qui ravageaient l'Alsace. (Hîst. de l'Egl. de 
Siiasb; t. II , p. 3o3. ) On ignore l'année de sa murt. Mais on 
conaa^ ses deux lUs, Gontraa et Luitfrid, qui furent ses 3ui>- 



GONTRAN, DIT LE RICHE. 



9^3. GoTiTHAN, dit LE RiCHE , comle du Sundgaw et du 
Itrisgafv, fils de Luitfrid, prit , en 9S3, le parti de Ludulphc, 
duc d'Alsace et de Soabe, qui s'était révolté contre l'empereur 
Otton, son père. Mais il en fut puni la mËme année : OlLou 
lui âta ses comtés et le déclara sujet rebelle de l'empire ; Çnr'o 
ipse Guniramnus eonlra rem publtcam noslree regiix potaluti re- 
bellis exlîlil , dit ce prince dans un diptûme de gS^. Contran 
laissa qu'un fils, nommé Kanzelin , ou Lanlold, comle 
,t|eiiibourg, qui mourut le s5 mai <)9o. Kanzclio. eut sis 
ifânls de Luilgarde, sa femiue, savoir, Werinhaire, nomme 
iffue de Slratbourg en looi , et mort à Consianlinoplc, 
3& octobre 1028 (;cc fut lui qui bâtit, en ioa6, lu chàteav 
Habsbourg ) ; Itadeboturi , co-mLe d'AltemIuïurg et du Cleg~ 
, mort le 3o juin J037, marié â Ita ou Ide, fdle de ïté-. 
duc de Lorraine , et qui donna l'origine à la maisiii^ de 




I eom 



6 CHiHHtoLocn nsToiiqtrB 

Habsbourg- Au triche (Voy. la margraves d'Autiiéa) ; RoJolfCt 
comte du Sumigaw , dont nous parlerons ci-après ; l^ncelin , 
l'est connu que par le lesiamept de Werinhaire, son fipire , 
037; Gebenard , (]ui vivait en tooti ; et PiiTtelon,ou 
ihold , comte du Brisgaw, duquel dérivent les anciens ducs 
ije T^ingen et les margraves de Gade. (Voy. (es ducs de Zertn- 
gfn et les margrates de Bade.) 



LUITFRID V. 

954. LiTTFau) V, remplaça, en 954. Gonlran , son fràre, 
E'âam le comié du Sundgaw. il est nommé comte dans deux di- 
KflAmes de fempereur Onon 11 , pour l'abliaye de Payerne, do 
% 074, et, pour celle de Mourbach , de 977. (HergoK, Geneal. 
\ Jlaisburg, p. Si» ; et Marleiiiie , Thés. Ànecdvt. , t. 1 , p. 9^-} 
j Xuii&id mourut la aiêiae année , et eut pour successeur son 
■rfils, <]ui suii. 

Ll.lITFH!D VI. 

977, LuiTrRlD , qui fut un des bienfaiteurs de l'abbiyc 
3'Obérsnionsler , est pareillement nommé comte dans deux di— 
I plômes de l'empereur Ollon III , de 9SG et 997, pour le lao- 
naslÈre de Payerne. (Hcrgolt , Geaeal. Habsburg. , pp. 8g et 98.) 
Il souscrivit , en ygtj , un privilège du même prince pour celui 
(PAUorfi'. Il ne survécut pas long-tems à celle époque, élanl 
mort peu après sans laisser de postérité. 



OTTON. 



Vers tooo. Ottoh posséda le comté du Sundgaw sous les 
empereurs Henri II et Conrad II , comme il parah par les d(^ux 
diplômes de ces princes des années ioo3 et 1024 pour l'abbaye 
de Payerne. ( Hergoii , ibid. , page 96. ) Le Comilalus Ullonîs 
est aussi rappelé dans un autre diplôme de Henri II , pour 
l'église de Dàle, de 1004. {Ibid. , p. 98.5 Olton était encore 
comte du Suridgavven loaô, lorsque l'empereur Conrad donna 
une cliarie de donation en faveur du monastère de Notre-Dame 
de» Hermiles.(Hartman., Jmia/. Ensid/., page 119.) Il ne faut 
pas le confondre avec un autre comte Otion, fils aîné de fi 
debolon , comte d'Allembourg, tué le 28 juin 1046, et enterré 
dans U cathédrale de Strasbourg. ( Essais sur la calhédrale Je- 
S/iwli, , page 3i8. ) 



DES COMTES DD fiUSDGAW. J 

GISELBERT. 

loay. GiSELBERT gouvernait le comlé du Sundgaw en 1027; 
■ nom se Trouve dans le diplrtme de l'empereur Conrad II , 
r l'abbaye de Payerne , donné en cette année. (HergoLt„ 
., tome II, page 108.) 

EERINGER. 

flo^S- Eeringeh était comte du Sundgaw lorsque l'empe- 
r Henri 111 accorda , en 1048 , pendant le séjour qu'il fit 1 
Hrasbourg, un diplôme en faveur de l'église de B3le. (Hergott^ 
" .page «19-) 

CUNON. 

loSa. CUNON, snccessear de Beringer, est également rap- 
pelé dans le diplôme de Henri lU pouv l'église de Bâle, de 
ioSa. (Hergott, iliid.f p. laS. ) > 

RUDOLFE. 

io£3. RoDOLFE, comte du Sundg3w,fils de Kanzelin, 

comte d'AIlembourg et frère de "Werinhaire , évfque de Stras- 

)urg, fonda , au commencement du douzième siècle , l'abbaye 

Othmarsbein en haute Alsace, qu'il soumit au saint siège, et; 

. il fit consacrer l'église , en 1049 , par le pape Léon IX. U 

tàil comte du Sundgaw en io63, comme le prouve le diplôme 

original de Henri IV, roi de Germanie , pour celle abbaye , de 

la même année , dans lequel il est nommé Rudolffus l'/r Uluttris, 

»On ignore celle de sa mort. H n'eut point d'eafants de CuhÉ— 
BONDE sa femme. 



io( 
^^^^çomti 

^^BOtl] 



n comté. (Hergolt, 



HENRI. 

Vers io84- Henri, comte du Suodgaw, vivait en 1084." 
'empereur Henri IV accorda celte même année , à l'église de 
tle, la terre de Ribeaupierre , située dans s( 
ime 11, p. 128.) 

OTTON II. 

1090, Otton II fut le premier comte liéréditaire du Sund-' 
Il de la haute Alsace. U descendait de Luitfrid IV p:jr 
[DRtran , son trisaïeul , Kanzelin , son bisaïeul, et hadeboiun , 



s CasOROIAOIB StStOSltfCK I 

son aïeul. Ce dernier fut père de Weiînhaire, dit le Pieux j|jl 
premier comte de Hab.ibourg , qui itiourut le ii novembre!! 
J096, et épousa Bcguliiide, décédée le zH juin loqo. We— J 
rlnhaire eut pour cn^nU , Oiton II , dont nous parlons ; AJeLy M 
bprt , qui suit , el lia j mariée à Rodolfe , comte de Thiersieiiu.l 
CHton est nommé Ol/o Cornes de Alsalta dans le nëcrolog^ d»ij 
l'abbaye d'Ensidlen, dont il fut un des bienfaiteurs. Les titrel9 
du monastère de Marbach , en baute Alsace , établi en 1 090 , .1 
font voir que sa fondation fut appuyée et confîrmée, au3;iVÏO'l 
Coini'fis Otlonis de Haècsl/urc, qui convociua à cet effet une a^ ■■ 
semblée des seigneurs de la province. Il fut tué, te 5 ou le S I 
novembre iiii, à Butenbeim, en Alsace, par Hesson de Ve- I 
sinberg, et fat enterré à l'abbayë de Mûri , dont il avait ét^ I 
nommé avoué à la mort de son p6re. Il laissa un fils , nomiHS M 
Werinliaire, comie de Habsbourg, successeur d'Adelbert, soBAfl 
oncle, dans le comté de la haute Alsace, et une fille , appelée I 
Adélaïde, mariée à Wernhcr I, seigneur de Hunnebourgi M 

ADELBERT II. . I 

Mil. Adelbert II, fiere cadet d'Otton, fut, en 111 1, sod^ 

successeur dans le comté de la haute Alsace et dans l'advocatie I 

de l'abbaye de Mûri. Adelbertus Comes de Habsdurg signa ^ en 1 

1 114, le diplôme de Henri V pour ce monastère, et , en 1 133» I 

la charte de Gebehard, évéque de Strasbourg, pour celui d4 I 

fiaumgarten. Il assista, l'anné'^ suivante, à la consécration c)e, 1 

l'église de Gebweillcr, laite parle m^jne prélat. La bulle d'in-s I 

nocent II, pour l'abbaye de Honcoiiit, de 1 i.'iS , nomme .^f/é/t ■ 

berlus Cornes de Ilaitsburc et a%or ejus Judînta dans le oombra 1 

^es bienfaiteurs de ce monastère. Adelbert mourut, le 10 fé- I 

^rier J141 , sans laisser d'eRfanU (Je Ju&llSTA, sa femme. Celles 1 

ci , qui était sœur d'Ulric , avoué de Honcourt , lui survécut do 1 

plusieurs années. I 

WERINHAIRE. I 

ii4i'. "Werishaihe, comte de Habsbourg, fils d'Otton, et 1 
[ neveu d'Adelbert , est nommù JVeThhtrus /aalgruoiiis de Ha-* 1 
benshurh dans la charte de fondation du prieuré de Tierbact» 1 
de it35. Celle de Bertholf, abbé de Mourbach , de la même à 
année, l'appelle Ad<,'or.atus notler Comes fVernherus. U obtint le 
corolc, de la haute Abace après la mort d'Adelbert , comme le 
prouve la charte de Frédéric , comte de Ferrelte , qui fonda « 
*n 1144) le prieuré de Veldbach, {Vemero Comité gubemdalg 
Alsaliam. C'est le même que Gamen'us Comes de Atsatia , qui 



DES t^SMSSA-VtS DE tV 8AtrrF ALSACE. g 

signa, en ii53, le dipl3inc de reai|>ercin- Frédéric pouf l'église 
de Vienne, l'n ault* diplôme de ce prince , de 1 167, fait voir 

Jue Werinhaire vivait encore celle année. Quelf|(ies modernes 
ni donnent, pour femine, ITHA ȣ Homuebo. Il enl pourTilg 
Alliert , ijui suit, qui est nommé fitius Comilis If. et tlabes" 
purch dam une charte de l'ancienne abbaye de Zurich de 1 153. 
Il eot aussi deui filles : Gertrude, mariée avam Tan 1171 à 
Amédëe de Montfaiicon , coniie de Monibéliard ; et de Ri- 
cbinze , qui épousa Louis, comte de Feri'elte. 



K 



ALBEKT, ou ADF.LBERT III, 



DIT LE RICnE. 

TiU (le 



80. Albert, ou Auëlbert 111, dît le R 
erinhaire , omile de Habsbourg ei du Sundgaiv , l'ut le pre- 
mier des comtes de la haute Al»ce qui prit le tilie de land- 
grave, litre que ses successeurs se sont constamment donnq. 
Allierlus cornes de Haiitsbwg , iwUgrooius A/saliie, ciuidrina , en 
11K6, la donation que les coinlis Luilfrid, Otpcrl et Kampert, 
ses ancêtres , avaient faîte à l'abbaye de Saint -Trudpert, dans 
la forêt Noiie, Il porte les mêmes qualités ddiis l'iusiiipRon du 
sceau qui pend au bas de la charie. Il est ég^lenicnt nommé 
cornes Alherlus , Ahalîeasis landgraelus^ de Hahîspurg notas, dans 
rinscription d'un cornet de chasse d'îvoire, dont il lit prêtent, 
en 1 199, à l'abbaye de Mûri. It mourut le sS novpm.bre de Ta 
même année 1 199 , et fut inhumé dans la .lalle capilulaire de 
l'abbaye de Lucel'le, dont il avait été nommé avoué, en ti87, 
par l'empereur Frédéric, Albert eut d'Io* , fille de Rodolfe, 
dernier comte de PfullendorH , cl de Wulfhilde . duchesse de 
ivîÉre , Kodolfe , qui suit , et llha , mariée i Henri , comte 
Linange. 

ipDOLFE H, suaNOMMÉ L'ANCIEN, ou LE PAISIBLE. 

iigg. Rodolphe II, aurnommé l'Ancien , ou le Paisible. 

devint landgrave de la haule Alsaue, après Albert, son père. Il 

Itmême déjà ce titre de son vivant, Nous en avons une 

e dans la charte d'Arnold , abbé de Mourhach, donnée 

196, cum iioluntate adi'ocafi nomilis Adelbrrti de Habeis- 

, per consensutn JUii sui Rudo/fi lan/gran'i. Il semblerait 

le par cette pièce , qu'Albert avait dès-lor.t remis le land- 

iviat i son fils , puisqu'il y porle ta seule qualiré de comte de 

ibourg et d'avoué de Mourbach , tandis que Rodolfe y esc 

appelé landgrave. Celui-ci devint également avoué de 

Ipurhach , après la mort d'Albert, et il prend cette qualité 

'Ruilolfus r.omes de Habispurch Cataldus Mur/iasensis dans un acte 

de 1 199, ainsi que dans un autre de I8OO, où il se nomme jWoc 

XiV. a 




iMO CHROT70LOGIE HISTORIQUE 

ùrdinànuset odiHi^atus dominas Rudolphus Alsatiœ iandgramus,.L9 
charte que Rodolfus. lantgravlus Alsatiœ donna, en 1207 , e|i 
faveur. de Tabbaye de Lucelle, est. datée , anno graiiwj coram 
filio meo Alberto comité» Rodolfe avait dès-iors imité l'exemple 
de son père , en associant au landgraviat Albert , son fils aîné. 
Jienri^ évêque de Strasbourg;, confirma, en 1211, tes privi- 
lèges du monastère de Saint-ïrudpert , présente domino Alberto 
de Habspurg ^ landgraçio Alsatiœ. Quatre ans après, en i:ii5, 
le même Albert donna , conjointement avec ce prélat , d'autres 
lettres en faveur de ce monastère, dans lesquelles il se nomme 
A. Dei gratta provincialis cornes Alsatiœ^ sans faire aucune men- 
tion de so^ père. Cependant Rodolfe conserva toujours le land- 
graviat de la haute Alsace, puisque lui et son fils Albert preur- 
Bent cette qualité dans leur charte de donation à Téglise de 
Hunster, en Ergaw, de 1227. Plusieurs titres postérieurs font 
voir qu'il le retint jusqu'à sa mort arrivée au commencement 
de 1 202 , en laquelle année Rudolfus senior , cornes de Habisburc^ 
iandgraoius Alsatiœ ^ fit encore une donation au monastère de 
"Wettingen. Rodolfe avait épousé Agnès, fille de Godefi'oi dé 
Stauff, dont il eut cinq enfants, savoir: Albert et Rodolfe, 
qui suivent; Wernher , mort dans son enfance, Hedwige , 
mariée à Hermàn , comte de Fribourg , et Gertrude , qui épousa 
ie comte Louis , frère de Herman, 

ALBERT IV, DIT LE SAGE, et RODOLFE III, 
SURNOMME LE TACITURNE. 

laSa. Albert IV, dit le Sage, et Rodolphe III, son frère, 
fiurnonimé LE Taciturne , jouirent par indivis du landgraviat 
. de la haute Alsace après la mort de Rodolfe , leur père : ce qiii 
fut confirmé- par un pacte de famille, passé yers Vam 126^. 
Cependant Albert, dans le partage de la succession, se réservie 
il lui seul les biens allodiaux , que sa maison avait en Alsace. 11 
mourut à Ascalon, en Palestine, le 22 novembre 1240. Sa 
femme Hedwige, fille d'Ulric, comte de Kibourg, et d'Anne, 
duchesse de Zeringeo , était sœur de Hartman , dernier comte 
de ce nom. Elle ne décéda que le 3o avril 1260 , et fut enterrée 
à Vshhatye de Mûri. Les six enfants d'Albert et.d'Hedwige furent 
Rodolfe, qui devint empereur, héritier du comté de Habsbourg 
et du landgraviat de la haute Alsace ; Albert, chanoine des 
cathédrales de Strasbourg et de Bâle , en la/P , mort le premier 
janvier 1266 ; Hartman ^mort en bas âge , après Tannée 1246 ; 
Elisabeth, mariée à. Conrad JI, fils de Frédéric de ZoUérn, 
-burgrave de Nuremberg; Cunégonde, qui épousa en premières/ 
aoees, un comte de Kussenberg, et en secon4jeS| un seigneur 



BïS LANDGRAVE» DE tA HAUTE AISASE. 
alsacien , nommé Otlon J'Ochsens 
nioric religieuse Jomiiiicainc 
Brisgaw. 

Rcj(Ii>IFe , qui prend 1« litre de landgrave d'Abace dans plu- 
sieurs chartes du tenu, survécut sept ans à son frère Albert. Il 
mourut CD 1247 , laissant cini| fils de Gertrude, sa fenune, 
iîlle de Lulold de Regcnsberg. Hodolfc fut la tige des deux 
bi.-inches des comtes de Habsbourg-Laufenbourg et Habsbourg- 
Kibourg ; maïs sa postérîlè n'eut aucune part au landgraviat cle 
Is haute Alsace. Wernher , son fils aîné, mourut , sans descen~ 
dants , avant l'an ia5^. Godefroï , son second fils , décédé en 
1271 , et marié à Elisabeth d'OchsensIcin , forma la branche 
de I^aufenbourg, éleinie en i4fiH ; el afin qu'il n'y eût pas une 
si grande disproportion de dignité entre les descendants de 
Bodolfeet ceuï de son frère Albert, on vil Eberhard, troîjîème 
fils de Rodolfe , prendre le titre de landgrave de Turgaiv. Cet 
Eberhard , épou» d'Anne , fille de Hartman le Jeune , comte 
de Kibourg, finit Ses jours en 12^4- Les deux autres enfants- 
de iUtdolfe el de Gertrude, furent Otton, qui vivait encore, 
en 1253 , et Rodolfe de Habsbourg, chanoine de Bâie, en i253 
8t de Strasbourg, en 1373. Ce dernier, élu évêque de Cons- 
^^^^ace, en i374i conserva ce siège jusqu'à sa mort , arrivée le 

I^T; RODOLPHE, ou RODOLFE IV. 

i2^a. 1101)0 LPHE , ou Rodolfe IV, succéda à son pire- 
Albert, en 1340, dans le landgraviat de la haute Alsace, et 
gouverna ce pays, conjointement avec Rodolphe, son oncle, 
respace,.de sept ans , c'est-à-dîrc , jusqu'au décès de celui-ci. 
Rodolphe naquit le premier mni 1 218, au château de Limboure,- 
datis le Brisga^v , situé près du Rhin , h trois lieues de Brisach.- 
Il fui tenu sur les fonts par l'empereur Frédéric II, qui se 
trouvait alors dans ce dernier endroit, Il prit dans les chartes , 
ainsi que ses ancêtres, le titre de landgrave d'Alsace : mais it 
fut le premier qui y joignit celui de la haute Alsace, Il se nomme 
Ruda/fus, cames de Haùersèurg et de KIburg . stipen'oris Alsaide 
hniigraviuf, dans un traité passé, en 12G9 , avec Henri, évêque 
dtt Strasbourg. Iluil ans auparavant , en 1261 , Rodolphe s'était 
déclaré contre Gauthier de GérolJseclt, prédécesseur de Henri, 
en faveur de la ville de Strasbourg , dont il fut un des princi- 

ruK soutiens dans la guerre qu'elle eut alors avec son evêque. 
épousa, vers Pan 1267, Ger-THUDE , fille de B u relia rd , 
comFe de Hohenberg, seigneur puissant eh Alsace et en Suabe, 
sivur d'Albert, comte àé Hohenberg et de Haigerloch , qui 
donna à sa scear, en dot, les biens qu'il potsédait en Alsace. 



I 
J 



sa ' CHitOHeLOorE histcaiqob 

Gertrude prît, dans les ctiarles , le titre de landgrave»?. 
£lte se. naaune comilissa de Habspurg et de Kâurg, nec notit 
Ahacielandgrai'ia, dans un acte de i2.-;t ,elLattdgravia AUaoie, 
nutu I)éi in reginam romanonim electa, dans un autre d» 1273. 
Aodotythe , son époux avait été élevé , le ag septemitre de Ui 
srftnc. année , à b dignité impériale. 11 fut couronné à Aix-la- 
Chapelle, te a'j or.tnbrc Suivant, avec sa femme Gertrude, qui 
change,!, à celle cérémonie, son nom en celui d'AwNB. Rodol- 
phe abandonna alors à ses trois fils, l'ancien patrimoine de s» 
iëraillc. It mourut, le t5 juillet 1291 , à Germe rs heim. , et non 
h Spire, comme IVcrivenl plusieurs liisioriens , qui confondent. 
le lieu de sa sépulture, avec celui de sa mort. la. ville de Slras- 
, iMiirg, de concert avec Conrad de Lichtemfaerg, son évStjue, 
iH dresser, la m^e anitée , sa statue équestre au-dessus du- 
^rtoil de la cathédrale, avec celle de Clovis et de Dagobert ,. 
<en mémoire des bienfaits que cette église avait reçus de ce»: 
Vrais monarques. Gertrude, ou Anue de Hohenberg, épouie 
de hodotphe, mourut â Vienne, te 16 février laKi , et fut. 
«nterfée, le so ma^s suivant, dans le chœur de la cathédrale de. 
Xâle.Ëtte le rendit père de quatre fds (et non sept) eldesixfill» 
^eimin pâs seulement quatre.] Les lïisfurenlAlhert,Harlniany 
Àodolfe, qiui suivent, et Charles. Celui-ci, né ànhinfeldea^ 
'le 14 février 1176, mourut quelques semaines après. A cet 
enfants, il faut Aifime ajouter un cinquième fils , nomme 
Samson, si l'on s'en rapporte à l'acte de la dédicace de la 
cathedra du Lausanne, du ir( novembte layS. Cet acte est 
aussi dsté ;Prasenle illuslrii'iro liudolpho rege AUmannia et UluUri_ 
jeginâ Ana vxare dit:ii régis rum Ubtris eorumdetn Albtrto, Hart-\ 
Tjianno . Roditlpho et Samsone. On n'est pas tl'accord sui; le non^ 
et la famitle de la seconde femme que l'empereur D'odolphe 
•ipousaà Himiremont, le 6 février ia84i niais les litres da 
duché de Gourgogne et la chronique d'£llenhard, receveur da 
la faliriquc de la cathédrale de Strasbourg, auteur contemporain 
«t témoin oculaire (i), font voir que c'élait Isabelle, ou Ëlisa- 
Iwlh , allé de Hugues [V , duc de Hourgngne , et de Béatrix do 

Champagne (a). (Voy. l'empereur Rodolphe, eti:orrlget r.et article 

aurceiui-ci, pour le nombre de ses enfants, } 

■ I ■ .1 .j 

(1) Qui dit : " j^ii. Dom. ia84 dominica eircumdedtrunt , illutirià 

. Jlui/oi/at rex duxït in uinreiH Dominam Elisabcthnm ^filiaia Ducii 

' tlaganit Scnieris Bsrgundic , yu* Irnilkm erat in atate Ireiiecim amao-* 

t mm ilpalchra nimit. <■ 
(a) Elle monrui avant l'an i3i6. Il nf. faut pat la conrondre aveti 

lïabi^ao de BnurgognF . niarlce à Pi«rre de Cliamblî , morli sn i333( 

loat r^pilaplie » voit à Patit d«ns l'cglise Uei Grands-Augustiiu. , 



DES LANBGRAVES SE LA HAITTR AtaACE. 



ALBERT V, HARTMAN et RODOLFE V. 

lay.^. Albert V, Habtmam et Hodolpe V, tous trois fiU 
l'eioperpur Kodolphe , possédèrent conjointemenl le Und- 
Javial J' Alsace- lorsque leur père parvînt à l'empiri?. Dès l'an 
Ut75 I ce prince iait mention Je son fils Allierti comitis de Ua- 
\bunket de KyOun-k, Àhatie Jarigmuii. Deux ans après, lej 
(Dles \lbert et Harlman , son frère, se nomment Alsaliir laitt~ 
vit dans une charle de 1377. Albert el Rodolfe paraissent 
s Je liire dt iandgraits d' À isaœ danmn acte allemand, 
t'ils donnàreni , l'an laSo, en faveur de l'église de Hciligen- 
;. Albertus cornes de Habspurfh et de Kyhurch AharÂe lanâ- 
, Seretiisslnii R. Régis Romanaruni Dei gracia primogeiùtui, 
seul dans un autre acte pour la même église , et de U 



IHftfiTMAN, second fils (le Roi)o1pbc, est nommé landgraotat 
ù dans plusieurs cliariFS de 1^75 , lay^ , 1279 et 1281. 11 fut 
, au mois de septembre 1^78, à Jeanne, (illè d'Eilouai-d I, 
|i d'Angleterre. L'empereur, son père, confirma res (iançailleS 
\ nêine année par des lettres clans lest[uuLles il le nomme 
isimtts filius noster Harlinannus , contes de Habshurg et de 
Aybiiri^, Aisafie fandgravius- Hartman allait passer en Angle- 
tefrc pmir y terminer le mariage, lorsqu'il périt malheureuse- 
ment dans le Rhin, à l'âge de dix-huit ans, le 20 décembre 
J381. Il s'élail embarqué sur le fleuve au château de Brisach, 
1 corps fut trouvé près de fahbaye de Rbcinju, en Suisse , 
îool encore aujourd'hui déposées ses entrailles (i). Hartman 
1 enterré dans le chœur de la cathédrale de Bâlc , à cfité de sa 
( de Charles, son petit-frère. Leç corps de l'impéralrice 
:t de ses deux Gis furent transférés, le i.S octobre 1770, 
C cette cal bédf aie dans l'fglise abbatiale de Saint-Biaise « où 
i lavant abbé Martin Gerbert leur a fait élever un nouveau 



I 



,(') L'n 


seigneur anglais marqua alo. 


si au rai Edouard les circons- 


wre. de U 




le dimancEie devant Noël e>teit 


Arlhriian 


1, UniIereideAlemalgne, 


J.„uchaalelkeanqm8F;sac. 




leRIn.ailfociE mi/cQ , 


m batcl DUT aler ver son père. 


aillant 1 


e Itin : une -bsr.i.lé sorvio 


Il .i grand de ke hs marlner^t 




i ab>ye ke il ne se sa.eeni . 


cidcr, il huitalorbalelàune 


«ouche. 


e nca Arleman e (oui le plus 
Ire se trouve dans les arcltivt 


di; sa eonipaîgne. » L'original 


1 celte lel 


s de la tour J« Londres. 



I 

à 



'l6 CRROTtOloaiE IHSTORIQtrK M 

1ère de Koenîgsfelden. Frédéric fut élu roi des Romains, par 
«ne partie des électeurs , à Francfort , le 19 oclobre i3i:i , uii ] 
jour avant que snn competiieur , Louis de Bavière , le TOl par I 
une aulre partie. La guerre s'étant déclarée entre les deux rotn- 1 
pétiteurs, Frédéric fut fait prisonnier à lu bataille de Mii\ildorlf, 
le 3.ti septembre lîaa. Le traite de 'frausnitz, de i3:i5, par '1 
lequel il renonça à ses droits sur l'empire , lui rendit la liberté^ I 
11 conserva cependant le titre de roi jusqu'à sa mort , arrivée le , 
|3 janvier 1)^:^11, au cbSteau de Gultenstein , dan^ la i]uaran- 1 
lième année de son Sge. Ce prince fui inhumé dans la Char- | 
ireuse de Maurbach , dont il était fondateur. Il avait épousé , 
en i.4i5, Isabelle, fille de Jacques, roi d'Aragon , morte le 1 
ao juillet , la même année que son mari. Agnès , reine àe Hon- 1 

frie, SŒur et exécutrice teslamentaire, cxcelUiUissimi t/aondam 1 
'nderici Romanonm régis , fonda, l'an l'iSt , dans l'église cathê- j 
drale de Strasbourg , un anniversaire pour le repos de l'3me de | 
ce prince. Frédéric doit être compté , sans contradiction , "danj ' 
le nombre des empereurs : les diplâmes qu'il accorda aux ab- . 
bayes et aux villes d'Alsace et de Suabe . avant et après sa capti- ' 
vite, le prouvent incontestablemenL. Ce prince vint , en t^sfi ^ 
célébrer les fêtes de Penlecôti: â OfTenbourg , ville impériale , 
BÎtuée au-delà du Rhin , et y confirma , en qualité de roi de» 
Bornai ns , les privilèges de celle d'Oberkircii , aux prières ds 
Jean , évèque de Strasbourg , auquel ce dernier endroit appar-* 
tenait. ( Voy. les empereurs. J 

LÉOPOLD \. \ 

i3i4- LÉOPOLD I , qui par sa valeur mérita d'être appelé 
ghrio mililum , la gloire des chevaliers , surnommé aussi LK 
Hardi , ou l'Inqijiet , troisième fils de l'empereur Albert , 
gouvernait , dès l'an 1^07 , le landgraviat de la haute Alsace ^ 
conjointement avec Frédéric , son frère. Celui-ci le lui céda en 
entier , l'an i3i4 > lorsqu'il parvint à l'empire. Léopold as 
donna dans une charte de i3i5, le titre insolite de landgravu 
geiieralis Ahalia superioris. Mais on n'en trouve que ce seul 
exemple, ce prince s'é tant depuis, seulement, qualifié de lan- 
degrave de la haute Alsace. Il soutint vivement les intérêts de 
son frère, élu empereur ; et ce fut par ses soins que Jean, 
évêque de Strasbourg , Ulric , comte de Perretle et de la haute 
Allemagne , jostju'à Seltz et Landau , se déclarèrent en faveur 
de Frédéric. Ce prince ayant élé fait prisonnier à la bataille dt 
MuhIdorfF , Léopold arma tous les sujets de ses domaines pour 
la liberté de son frère. Il ne cessa , même après le traité d« 
Trausnili » d'inquiéter tous ceux ds la province d'Alsace qui 



ï)feS LASDGRiVÉS DÉ LA BAÛTB ALSiCl. tf 

ail attachés à Louis de Bavière. Les troublca que LéopolJ 
Biclla , ne Guireul même qu'avec sa vie. Il n'avait que 






l'il lut s 



qui l'emjiofla lé aO li'viiei 
qui apparlienl aujourd'hui 
3rni<-s furenl déposées dati! 
son corps fut Irensporlé ■ 
épousé Â Lâte, le 



Strasbourg d'une fièvre cliaude , 
i33>i, dans Ttiâiel d'Ochsenstein , 
au prince de Hesse- Darmstadl. Ses 
l'église cathédrale de celte ville , et 
l'abbaye de Koenigsfelden. Il avait 
l i3i5, CatbeiUNE, sTCunde fille 
d Amédée V , comte de Savoie , et de Marie de llrabant , nièce 
de l'emperuur Henri VU. Elle mourut le .Ho sPpti-n>l>re i3Sti , 
et fui eolerréeà Koenigslélden , auprès du duc son e poux. I.ég- 
pold ne laissa de ce mariage que deux filles , Cal beritiL' , (nariée 
«n 1.^38, à Enguerand VI , sire de Couci , fl Aguès , qui épousa 
la mêm« année liolcslas , dite de Scbweidnitz, en Silésie- La 
pren.ière, morte le 28 septembre 1)^49. -fut mère du fameUx: 
4nguerand VU, sire de Couci et comte de Soissoiis , qui &t y 

Ii.iyS une irruption en Alsace ei en Suissi- , pour reclamer 
iroils sur l'héritage de sa rai-i-e. ( Voy. ks sires de Couci. ) 
Àl 
O 
3. 
1 



lÀLftKRT VI, DIT LE SAGE et LE CONTRACT, 
'OTïON m, scRNOMMÉ Lt HARDI et LE JOYEUXj 



î CoN*TR\cT, et Or- 



iBaô. Albert VI, dit le Sa 

111, surnommé LE Haude e 

cinquième fils de l'empereur Albert , gouvernèrent conjointe— 

ment le landgravial de la haute Alsace , après le décès de Léo— 

pold, leur frère. Albert, né. au mois de dérembrc latjH, s'în— 

~'' lie , dès l'an xim , lantgrm/ias Alsatim, ner non cornes Phir-^ 

rR, dans une charJe pour l'abbaye de Wetiiugen ; ce qui 

e que dès-lors il avait élL- associé ou iBndgraviat par Léo— 

L« mariage qu'Albert conlracla à BSIe , an mois de mai 

mnée précédente l'iiij, avec Jeasnb, fille h f née et héri- 

d'Ulric, dernier comte de Fcrretu , le rendit proprié- 

(le ce comté à la aiorl d'Ulric, arrivée en i5a4. (Voyez 

\mles de Fen-etle.'i Depuis ce tems, Albert pritconstam- 

dans les chartes, les litres île landgrave de la haute 

et de seigneur de Kerretlc. Ilaymon , abbé de Lucelle, 

t, en liiaG, Ulustn pnneipl domino Atherto dari Austrice 

ndffraçio Alsaliin, les hu&qiii , sous les landgraves ses pré- 

ïcsseiti's, relevaient de sna abbaye. 

~aant à Otlon , il prit égalemfnl , dans les chartes de iBay 
<3S, le litre de lanJgrave d'Alsace. On a des sceaux de ces 
tannées, dans lesquels il est nommé O/Zo , Dei grafld , dux 
istrie et S/yrie ,et landgravlus supei-iork Aisacie. 11 mourut le 
février liii^q,. et fut enterré dans l'abbaye de Neuberc . ea 
■ XIY, ■. S" "^ 



^^V iS CSBOKOLOGie «STOKIITtTS * 

^^H Silrnc Olton eut d«UK 61s , morts |eunf^s , de sa femme Elw 
^^H a^â^TB , &Ue d'Etienne , duc de la baise Bavière. C^lle-ci' 
U «rant dccédée le 3i mara i3ii , iL se ramria à ANNt, fille de- 

Jean de I-uKcrabourg, roi de Boliâme ; elle mourut le à sep-? 
tcmbre 133^, sans laisser d'eofanls. 

A la mort d'Ollon, Alberl administra seul le landgraviat de- 
la Laute Alsace. IL conçut même le projet d'y unir celui de 
ta basse. LescomiCB d'Oeiingen, qui en éuient alors posses— ■ 
ecurs . avaient déjà consenti à la renie ; mais Jean , évfque de 
Strasbourg , qui- cherchait dès-lors a rëoiùr le landgraviat de la' 
Lasse Alsace à son évPché , s'y oppou , parce que la plupart - 
iLes bieos qui le formaient étaient des lîc& de son église, Aluerti' . 
mourulà Vienne, le 30 juillet i3S'j, et fut inhumé, trois jours- '. 
après, dans le chœur de l't-glise de la chartreuse de Gammin- 
gen , en Auiriche , qu'il avait fondée en tS'is. On y voit son 
mausolée el celui Ue Jeanne , sa femme. Il est nommé dan» , 
l'épilaphe t animosus tt sapiens princeps , damiiius Alberlus ijuon-~ 

dam dux Ausiije landgrafiuf superiorU jiisacie aec non dominut^ 

t'errelarum. Son épouse y est appelée ingemia et proaida priiwept 
\ domina Johcama , olym ducîssa Àustrie nec non lOTtlgrafia 

iaupenoris Aisavie, italadeFerivlis. Jeanne de ferreLte était déjà; 
dëcédée à Vienne la nuit du 14 "^ '^ novembre i35i , Sgee 
de Si ans. £Ue était ûUe d'Uiric. dernier comte de Ferreltc, 
el de Jeanne de Bourgogne , comtesse de Munlbéliard. Le 
mariage d'Albert et de Jeanne fut stérile pendant près Af. dix- 
neuf ans : enfin , il eut quatre fils et deux filles. Les lils furent 
Rodolfe , Fsédéric , AIUltI et Léopold. Nous allons parler 
de Rodolfe , d'Albert et de Léopold. Frédéric fut tué à la 
chasse, 1^ to décembre 13G3 , à rage de quinze ans. Albert* 
tiérilier des, domaines d'Autriche, fut auteur d'une brancbe qui 
■'«teignit, ea i4^8 , dans la pcrsonae deLadislas, son arrièF&<: 
pctil-rdj. 
! 



RODOLFE VII , ALBERT VII et LEOPOLD IL 



i3lî8. Itoiioi.FE VII , Albert VU el LÊOPOLD U , tous trois' 
fils du duc Albert , possédèrent par indivis le landgraviat 
de la haute Alsace. Nos Rudolffus , Âlberlut et Leupolilut 
fraUti uUrùii , Va graliâ arcbuiuces Austrict... et laiidgravii- 
AUceie , donnèrent conjointement plusieurs chartes dans les 
anarei i36i , to64 et; i:i65. Mais Rodolfe, qui était l'aîoé , 
en garait le gouvernement. Celui-ci , dit LE MAC^A7lme ou 
i,'li«câ.'«lstJ]i , né i Vienne le t" novembre li^g, succéda 
i son père non jeuiemenT. dans le landgraviat , mais auïst 
dans ka duchés d'Autriche, da Siyri» et de Cariathie, et 



So , par 
■ les Ju- 



âéns les comtés de Habsbourg, do Kibourg et de Ferrelip. 
Son patrimoine et celui de ses fi+res s'arCnit , en ïS'A , par 
le comté de Tyro) , gui leur fut donné en présent par Mar^ 
guérite MaulUxti , qui venait de perdre Meinbard son fils et 
son unique héritier. 

Rodolfe avait épousé, au mois de juillet iSS^ , CATHEBim 
DE Luxembourg , fille de l'empereur Charles IV, qui lo 
nomma la mfme année landvogt ou avoué provincial d'Alsace, 
Celte alliqnce l'enhardit peut éire i &t> donner dans ses charte* 
de iSSg et de i3(io, enir'autrcs litres insolites, celui de 
prince tU Suahe et d'Alsace. Les eiais immédiats de ses de u^ 
provinces lui disputèrent cette «jualilé ainiii que celle qu'il prit, 
enméme-tems, dans ses sceaux àtduc deSuabeet d'Alsace. Ils le 
citèrent à la diète de Nuremberg pour y rendre raison de cette 
nouveauté. CbarlesIVen ayant pris lui-mi.'me connaissance , 
Rodolfe lui donna des lettres le 5 septembre t3fio , 
lesquelles il déclara n'avoir aucune* prétenth 
chés de Suabe et d'Alsace , et promit dt briser les sceaux 
où il avait (ait graver ces titres. L'empereur envoya ce» 
lettres, le 14 février i36i , à la ville de Strasbourg qui en 
avait pris ombrage, et décida en mame-tems qu'on ne de- 
vait reconnaître en Alsace d'autres princes que les evÉquM 
de Strasbourg et de Bàle et l'abbé de' Mourbach. Depuis 
ce lems , Rodolfe se contenta du titre de tnndgrave de 
la haute Alsace. Il mourut quatre arw après à Milan, le ::(> 
août I.Î65. Son corps fut transporté à Vienne , oii il fut 
enterré , le 2 décembre , dans l'église dfl Saint-Elienne. Il 
n'eut point d'enfants de son mariage avec Catherine de Luxem- 
bourg , qui décéda le i3 septembre i3i)5 , et fut inhumi'e 
à Vienne à côté de son mari. Rodolfe fui le premier de m 
maison qui prit le titre d'archiduc d'Autriche , auquel il joi- 
goit celui de grand-veneur de l'empire. (Voy. les dues d'Au- 
triche, ) I<a plupart des chartes originales de Rodoilc sont 
souscrites par deux croix : ce qui pourrait faire croire que cet 
archiduc ne savait pas écrire. 

ftXDERT, suRKOWMÉ LA TRESSE, ht LfiOPOÏ,l>, 
DIT LÉ VERTUEUX et LE PRKUX. 

Albert, surnommé LA Tresse , et LÉopoLu , dit le Ver- 
TUrux et LE tHEUX, né au mois de novembre lilSi , frérps 
de Rodolfe, continuèrent pendant quelque tems à jouir de 
concert des biens de leur famille , à l'exception du duché d'Au- 
triche qui appartenait au seul Albert. L'un et l'autre , Albertui 
et heopMus , se nommèrent dans leurs sceaux lici gratîâ du» 



.1. CmiONOtDOIE BUTOHigÛS 

isirtfr— cornes ta Ferre/t's , al Lantgraoius Àhaiîe. Albert cott- 

ma mSmP, en tij-] , les i^iivileges de la ville tle BcfForl* 

i dépendait du cpmle de F'errtrlie. Cependant il y eut bientM 

apr^s un arrangement qui rendit T.éopnld mahre de loiil ce que 

la maison d'Autndic avait en Alsace, en Brisgaw , rn Suabe et 

en Suisse : le comté de Tyrol resta seul indivis. Aliter) mourut 

à Luxembourg le 17 aoAt i3g5 , bissant un fils , nommé aussi 

'Albert, de^n second mafiage avec Uéairix, iillede Frédéric, 

" burgrave de Nuremberg, qu'il avait épousée en iSyS. 

Léopotd acheta pour quarante mille florins d'or de Frédéric, 
(lue de Bavière , i'advocalie provinciale de la haute et bassp 
Suabe , qui avait été engagée à ce dernier : acquisition qui 
fut confirmée, en rSyi^ , par l'empereur Venceslas. La guerre 
. que Léopold eut aveu les Suisses lui devint fatale , et son arméa 
^ut défaite à Sempach le g juillet i386. Il péri) lui-m^nfe 
■ dans l'actipn a*cc six cent soixante-seize gentilshommes , dana 
le nombre desquels se trouvèrent plusieurs nobles alsacienSk. 
Les principaux furent Jean d'Ochsenslein , bhdvogt d'AlsacB. 
et grand-prévôt de la cathédrale de Strasbourg , Pierre d'AniK- 
law, Brugger de lîerelieim , Conrad, Thuring et Pierre 
d'Lptengen, Werniin de Klachsland , Pierre et Rodolfe de 
Laodsberg, Conrad de Midlenheim , ïhierri, Henri el Pier* 
de Ratlisamhausen , Henri, Ulric , Frédéric, Guniher et 
Buslmann de heinach , Hugues et Rodolfe de Sclioenao , 
Herman , Amman et Graflon de Waldener, Gaulliier Wetzel 
de Marsilli, dont les familles existent encore aujourd'hui 
Alsace. lj?opold foi , enterre avec vinal-sept des principait* 
seigneurs h Tabbaye de Koenigsfelden, Il avsil épousé à Milarf, 
au mois d'octobre i3(i4 , Vihide, fille dcEcrnabo Visconltfj 
seigneur de Milan, et de Réalrix de la Scaia , qui m 
i424. De ce vnariage il eut quatre fils et trois filles 
£onI, Guillaume, trédéric, l.éopold et trnesr. Ni 
parler de Léopold et de Frédéric. Guillaume , duc d'Autriche, 
li^tl l'Ambilieuxi eM'AffaùU, mourut sans posiérité le 11 juiltt 
14116. Ernest , duc d'Autriche, surnommé Je fer, à cause 4 
sa force d'esprit et de corps, né l'an liijy, mourut à Grat» 
en Styrie , le 9 juin i424' '1 ^^'^'t épousé, l'an 1412 , en sey 
condes noces, CiMBURGE Zifmohiti , ducbi'-se de M.isov 
norle en 142c), après lui avoir donné neuFenfai't- , du nom 
deiquels fut l'empereur Frédéric, père de Maximilirn i. 

LÉOPOLD III, DIT I^ SUPERBE. 

t386. Léopoi^p UI, dil tx Svpeube, fds du précède^j 
cul , ainsi que ses trois frères , pour tuteur , Albert 



SES LATïDr.RAVE5 DE lA HACTB AT.SACl, 



tAuliichc , 
l'ilï fus 






l'âge de w 



inisira leurs terres 



(. Onv 



jûsqu a 



I Léonoltl 



i l'an i3ç)2, gouverner le laridgraviat de la hauic aW 

t étant fnorl en t3g5, son (lU, notrmé aussi Allierl, 
t la Mfrvdi/lc du mande, ne voulut pas se contenter du par- 
e fait par son père avec les enfants de I^opold le Preux, 
i le restreignait à la seule Aurriche. Il fallut y ajouter 
\ Camiole , iju'il laissa , avec le duché d'Autriche , à son 
]ue Albert , à s» ment arrivée à Closter-'N eu bourg le 
: \!^oI^. Ce dernier Albert est le tnSine qui fut élu 
empereur, ou roi des Romains , le ao mars i4i8. Guillaume 
et Léopold administrèrent pour eiii et pour leurs fières Fré- 
déric el Ernest . le premier la Styrie et la Carinthie , et le se- 
»nd le comté de Tyrol, avec tout ce que leur père possèdaiLen 
^Isace, en Suabe et en Suisse. La mort de Guilhumc, at^véc 
i4<>6, sans laisser d'enfants de Jeanne, GLIc de Charles III, 
de Naples el de Hongrie, produisît un nouveau partage, 1^ 
Iparniote, qu'on reprit au doc Albert, la Styrie et la Carinthie 
■chureul à Ernest ; Frédéric olilint le comii' de Tyrol; el Léo- 
K)ld conserva les domaines do l'Alsace , du lîrlsgaw el de l'Er- 
, avec toutes les terres que sa maison avait en Suisse et en 
labe. Léopold demeura donc landgrave d'Alsace et comte de 
JPerrette, et ce fut en cette dernière qualité qii'il confirma, en 
"j4o6,les privilèges de la ville île Bcfforl. Il vint cependant très- 
rarement dans i-etle province. La qiia lié de tuteur du jeune 
iSmc Albert le fit reslerâ Vienne, où il mourut , le 2 juin iij'ft 
Sgp de quarante ans. Il y fut enterré daus l'église de Saint.' 
>.tienne. Le surnom de Superbe loi fut donné non à cause de 
BOu orgueil, mai; parce qu'irsnrpassiilt en faste tous les princes 
de l'empiré dans les diètes de Francfort où il domparut , ayant 
k sa suite, outre sa cour ordinaire, jusqu'à cinquante Jcuk 
^ pimles et barons. Il ne laissa point de postérité de son mari.igç _ 
Kavec Catherine, fille de Philippe le Ilardi, duc de Bourgogne, 
iqu'll avait épousée L; 16 août i%'). Léopold lui avait donn^ 
pour tlouaîre les terres land;;ravia!es de la haute Alsace, Il lui 
'^c(.orda mfme , en i4o7) conjoinlement arec srs deux frèi-es,' 
'admïnisiraiion et l'usufruit d« laodgraviat, ainsi que la cnllalioo 
rdcs fief» qui en dépendaient. A la mort de Léopold, le duc 
Frédéric coufirma , en i^i 1 , celle donaiion à sa veuve, pour 
I en jouir sa vie durant. Catherine, alors , se retira en Alsace ^ 
F.f'élablit à Ensisheim , où elle gouverna le haut landgraviat sous 
fies conseils de Mnitmin , dit Schmauman , baron de Rjpi 
. ou Ribeaupirrrc , un des seigneurs les plus dblingu 
Ma province, que Jean , duc de Bourgogne, son frère , nomme 
s des leitres de 1409 predUsctus itoster ctiîssîiuus Vtiniiitn* 



1 



f S2 eitROKOLOGIE BISTORIQXIE 

t Maximinus de RUiaupierre, CamhellanusetScutifer nos/«r. Quoiaue 
I ^jà avancée en âge, et d'une grosseur prodigieuse, Catberme 
t. pensa à se remarifr avec Maiiimtn en i4*9; fais ce mariase 
rt c'eut pas lieu. £lle aimait particuli^reTncnt les habitants de 
K BefTort , dont elle confirma l^'s privilèges en i4i3, i4i3 et 
» «424- ]^II^ moiiriiL. k -i^ janvier de l'année suivante, à Graî- 
\ ■^^-Sa(^ne, et fui enterrée dans la Chartreuse de Dijon, dont 
I Bûn père était le fondateur. Elle prend dans ses sceaux le titre 
w ,« Kathimne de Burgundia , Dcî gracia duchse Ausirie. 

I FRÉDÉRIC II. 

I i4n- Frédéric II, frère de Léopold, lui succéda, en i4»t» 
I du» le landgraviat de la Haute-Alsace, 11 fut nommé t/e Tyrol^ 
Kjpm^ que ce comte lui était érïiu dans l'héritage de son père. 
Hll eut beaucoup de part à l'évasion du pape Jean XXlli , dont 
Hr concile de Constance lui avait conGé ta garde. Ce fut la source 
^He tous les revers qu'il éprouva depuis. L'empereur Sigismond 
H|it les pères du concile le déclarèrent, en i^i^, coupable de lèse- 
^nnajesté. Les évéques de Trente, de Brixen et de Coire, t'excom- 
^Sinniérent, et toutes ses possessions furent comme abandonnée* 
m^a pillage. Sigismond fit lui -même une irruption en Alsace, 
Pitinsîque Loui5, comte palatin, dont la sœur, Elisabeth, avait 
MEpousé Frédéric. Ltiuis n'y entra rependant pas comme ennemi , 
lumais seulement dans le dessein de conserver ses terres à son 
Mieau-frère. Les Suisses profitèrent de ces circonstances pour 
E s'emparer de l'Krgow , et de ce qui restait encore dans l'Hel— 
I Telle à la maison d'Autriche. La jouissance de ce qu'ils venaient 
\ de prendre, leuf fut assuréj pour toujours par l'empereur et le % 
f concile, Frédéric se réconcilia cependant avec Sigismond par 
I l'entremise de Louis, comte palatin, et de Frédéric, burgravc 
l.'de Nuremberg, après avoir payé, comme l'érrivenl quelques 
I historiens, une auienjede trente mille florins d'or. L'empereur 
li'j'inveslil, en i4'H. de tous les domaines envahis , à l'exception 
XjAt ceux de la Suisse , qui resicreni aux cantons de Zurich , de 
rierne et de Lucerne: encore Frédéric fijt-il obligé de rembour- 
I Mr à ceux qui s'étaient emparés de ses terres d'Alsace et du Rris- 
I ga w. les sommes que Sigismond avait reçues d'eux. Malgré 
Boules ces perles , Frédéric amas» beaucoup d'argent. Il mou- 
^nut à Inspnick, le a.S juin i4^<), et fut enterré dans l'abbaye de 
^naaibs. Hault et tien né monseigneur Guillaume de Hopperch 
RfHochberg ) , man/uit , est nommé bailifet gouverneur de Fer- 
^tates (Ferreite), *( d'Aul.tay (Alsace^ au nom de feu très- «, 
haiilt et puissant pnnce moaseigiieur le duc Feiry, duc d'Ausli'ûJut J 
dans un acte di: l'année i44o> Frédéiic avait épousé en pre~ 



DES LÎKDBlî^S DK LA BACXS AISÂCE. 
migres noces, en 1406, Elisabeth de Baviëbe, comtesse 
palaliiie du Rhin, et fiile <le Tempereur Holiert, mcirle f.a 
couches , le 3i décembre i^o^. Anne, fiiie de Frédéric, duc 
tte Brunswick, sa deuxième femnie , décéda le it août 1433, 
et fut enterrée A l'abliaye de Stambs comme son ioari. Il eut de 
ce deuxième mariage deux filles et un fds, oommé Sigismond, 
qui suit. Ce fut vers ce teras que Strasbourg eut la gloire de voir 
naître, cbei elle, l'inipriiDerie. Cette invention, que Mayence 
et Harlem ont long-tcms entrepris de disputer à cette lille , est 
dut; à Jean Gutenberg. Ce dernier vint s'établir, en 14^0, à 
Strasbourg , où il Gr , avant l'an 14^7 • les premiers essais de 
l'art d'imprimer eu caractères mobiles, etf|u'vl c|uilla, en i445, 
^'our retouraer à Mayence , sa patrie , où il le perfectionna. 

SIGISMOND. 

t43g. Sigismond, fils unique et successeur de Frédéric d« 
Frédéric , dit le Pacifique , et Albert , 



U" 






poui 



r 



Jîl le Prodigue , tous deux fils d'£rnest , duc d'Autriche. Alber , 
pnr un accord passé en i44^ avec son frère Frédéric, qui avait 
été élu empereur en i44oi gouverna seul l'Alsace au nom de 
son pupille. Cette province fut alors ravagée par Tarmée des 
Armagnacs, que Louis, dauphin de France, iîls du roi Cbar- 
les Vil, y conduisit en personne au mois d'août i444i ayant 
sous ses ordres une multitude de gentilshommes et de volon- 
taires, tant français qu'anglais. Ce prince, au rapport d'^néas 
Sylvius, auteur instruit et presque témoin de l'expédition, 
disait hautement qu'il marchait en Alsace pour y faire valoir les 
anciens droits de la France, dont la souveraineté devait s'é- 
tendre jusqu'au Rhin, et qu'il était dans le dessein d'attaquer 
Strasbourg pour la soumettre à la domination française. Cette 
ville sut se faire respecter par la force de ses murs et de sa gar- 
liison ; mais tout le reste de l'Alsace devint la nroie de ces trou- 
pes atlamées , qui n'épargnèrent ni les terres des deux landgra- 
viats, ni celles des villes impériales. Les Armagnacs furent 
Cependant massacrés en détail , tant par l'armée réunie des états 
de cette province , que par les paysans du pays. Il» perdirent , 
pendant le cours de l'hiver, plus de huit mille des leurs, vic- 
times de leur propre licence. La retraite de l'armée dadauphict 
ne laissa pas l'Alsace dans une entière tranquillité, Juberl, tu- 
Icur de Sigismond, déclara pour lui la guerre, en'i446, aux 
BSlois, qui. entr'aijlres enlreprbes, s'étaient érigés en juge» 
Au sujets alsaciens du haut landgravîat, et refusaient de corn- 
litre aux tribunaux du landgraviat pour \^ biens qu'ils y 
Sdaieat. Mab cette guerre fut bieittilt tecfâinée par un jug». 



K'^ent d« arbitres assL'mblés à Colmar. Albert, qui fotiJa, cri 
E «457 , Viiniv-ersitc de Friboorg eu Rrisgaiv, iiïourul sans enfonls 
r à Vienne, le 3 décembre i4b3. Sigisinofid, devenu maj«iir, eut, 
t en 1 46K , une guerre plus sanglante avec les SuisscM , qui rava- 
. gèrent, les terres <lu lancJgraviat d'Alsace , et lès seigneuries de 
t ïhann et de Landser. Lelle-ci tourna à son désavantage. Il prit 
K' alors le parti d'engager , à Charles ie Hardi, duc de Bourgogne, 
Il le landgraviat de la Haute-Alsace, le Sundgaw, le comte de 
C Terrelle, le Briseaw, et toutes les terres que les Suisses avaient 

■ ■ envahies sur Frédedic , son père , tant pour les mettre à couvert. 
K des entreprises de cette nation , que pour pouvoir acquitter les 
K dettes qu'il avait contractées. Le traité fut passe, le 21 mars 
K ï4^9i "«"•* If ^"J"^ d'Arras, où Sigismond s'était rendu prés dur 
t duc. Le prix de l'engagement fut de quatre vingt mille llorina 

S!, sous la condition que les habitants de ces pavs jouiraient 
ems anciens droits el privilèges , et qu'il serait libre à Sigis- 
Hibond, et à ses hériliers, de retirer ces terres des mains du duc 
^^cle Bourgogne, en rendant le prix de l'engagement. Ce derniec 
r nomma landvogt pour gouverner ce nouveau domaine , J'ierre 
^de Uagenbach, d'une ancienne famille noble de la Haute-Alsace.' 
W II commit par ses lettres, datées du m avril de la même année," 
F " (on amé et féal chevalier mesàre de Hagambar, grand ballfy éi 
l ses «icontté d'Auitois et comté de ferrate, à lui naguaires trans-' 
h portés par illustre et puissant prince très cher et très aimé r.ousin fe 
W diii: Sigismond d'Osierirhei Mais ce landvogt était un homme dur. 

■ et féroce, qui ne perdait aucune occasion d'inquiéter ses voi— ! 
I sins. la cruauté et les vexations de tout genre , qu'exerça cet* 
F ôfGcier avide et violent, irritèrent les habitants d'Alsace. Les' 
r évÉques de Strasbourg, de Bâle, l'électeur palatin , le mar-v 

grave de Bade, et les villes impériales de la province, qu? 

avaient un intérêt direct <^ ne pas souffrir que le duc de Bour— ' 

gogne eût des (tablissements dans leur voisinage, réclamèrent 
[ contre l'engagement. Leurs députés vinrent trouver Sigismona 
y k Itâle ; cette ville et celle de Strasbourg fournirent à l'aicht^ 
\ duc l'argent, pour lequel il avait engagé ses terres. Charles, 
F' sommé de le recevoir, le refusa ; mais Sigismond rentra insen— ' 
L siblemènt dans ses fonds alliénés par l'alliance au'il fit, le do' 
[ mars i474> contre te duc avec les Suisses, les villes d'Alsace,' 
t, ¥t René , duc de Lorraine. Hagenbacb , qui continuait ses exac-' 
f lions, ei qui avait forcé les prélats et les seigneurs de la province' 
P d'apporter de riches présents à son mariage avec la comtesse de 
r Tbengen , précipita la révolulion. Il Tut arrêté à Rrisach le 10 
r avril 147 4- Une cour criminelle , composée de vingt sept juges J 

établie parle duc d'Autriche, pour lui feire son procès, 1? 

dÀ^gda de noblesse, et le condamna k perdre la télé sur Ouf 



%SS I.ATIII6MVES DE U. HAUTS. ALS&CE. aS 

étloFauil -. ct^ (|ui fut exécuté sans délai. Le duc de Bourgogne 
avant appris devant Nuits, dont il Taisait le siège, l'exécution 
lïe son favori , résolut d'en tirer vengeance. Il fit passer six miite 
hnmincs dans le Sundg.iw , et donna ordre à Etienne de Haceu- 
liach , fr^re du défunt , de ravager tes terres landgravJales , dont 
Sigismond avait repris possession le i) mal de la même année. 
Mais ta mort de Charles, ijui fut tue près de Nanti, le 5 janvier 
i477> laissa l'archiduc tranquille possesseur du lanJgraviat d'Al- 
sace. Marie , fille unique du duc de BourG;ogne , épousa à Gand^ 
le 20 août suivant, L'archidue Maximilien d'Autriche, cousin 
de Sigismond et son hérilier. Celui-ci, lassé des guerres, tint, 
en 1 4^1] , à Inspruclc , uiie assemblée générale des états provin- 
ciaux, où i) céda, sous une pension annuelle, au même Maxi- 
milien qui avait été élu rot des Romains le iG février 14^6, 
foules SCS possessions d'Alsace, du Brisgaw et du Tyrol. Sïgi 
mond survécut sept ans à celte cession , n'étant mort à Inspruck 
que le 4 mars 1496, enterré dans l'abbaye de Siambs. Il avait 
été tîancé, le 23 juillet i43o, à Radegonde, fille de Charles VII, 
roi de France. Cette prince.sse clant morte peu de lems après, il 
épousa , en i44^ • ElÉokose , fdic de Jacques 1 , roi d'Ecosse, 
qui décéda le 20 novembre 1460 , et dont il n'eut qu'un Gis , 
nommé Wollfgang, mori au beiceau. Sigismond se reniai la, en 
1 4^4 * avec Ca-THGBine, fille d'Albert, duc de Saxe, qui ne lui 
donna point d'enfants, et qui , devenue veuve, épousa en se- 
condes noces Eric, duc de Brunsiviek. 

Ce fui du vivjint du landgrave Sigismond, que fut passé, en 
1448, entre le pape INicolas V, l'empereur FiéJéric, et les 
princes d'Allemagne, le fameux concordat germanique, qui fut 
presque généralement reçu en Alsace, où il forme encore aujour- 
d'bui^iytiâ) loi pour la collation des canonicals. Robert de Ba- 
vière, évêque de Strasbourg, Dei gralia episcopus Argeu/inensis^ 
cùmes pulaliaus Rkeni , aux Bavariœ Alsatitzque landgravius, en 
fit ordt)nner l'exécution par mandement daté du 20 novembre 
1476. Cependant le concordat germanique n'a pas lieu dans 
l'église cathédrale de Strasbourg , tant pour le grand chapitre , 
que pour le grand chœur, La raison pour laquelle il n'y a pas 
été adopté, est que ce concordat n'ayant été fait que pour arrêter 
"' I. - - I nombre d'expectaliv ' 



serves, dont les papes grevaient les patrons 
n*a dû ni pQ être admis dans la cathédrale, q 
tanunent garantie, et qui ne tes avait jamais 



, de mandats 
1 Aller 



t de n 



tr 



MAXIMILIEN. 



, petit -fils d'Ernest, duc 

4 



I 



1 8—, 



irfB " rtnwwètoGiE BrffroBrQUi 

jl' Autriche , fils de l'empereur Frédéric et d'Eléonore , fîlls 
d'Edouard , roj de Portugal , né à Grun , le a3 mars U-Sg suc-i 
céda, en i48^,daris le laiidgraviat dé la haute Alsace, du vivant 
3e Sigismond , donl U éiait le pins proche hériiier. Les lans- 
quenets, qui étaient la plunarl des soldats licenciés des troupe» 
que Maximilien avait employées dans les Pays-Bas, vinrent, 
en 1495 , infester l'Alsace et y apporter le mal d'Amérique. i\i 
infectèrent, d'abord, une maison de femmes publiques , nui 
existait h Strasliour». d'où le mal passa dans le reste de la vitlft 
M de là dans les différentes prin-inces d'Allemagne. Maximilica 
échoua, en i499i dans la guerre qu'il fit aux Suisses, poiir 
rentrer dans les biens de ses ancêtres. Il fut plus heureux danft 
celle qu'il eut, en i5ii4, avec Philippe , électeur palalin; 

Sierre qui fit entrer la landvo^ie, ou radvocalie provinciale 
Alsace, dans la maison d'Autriche. Il mourut à Welss , le 
12 janvier i5ig , el fut enterré à Neustadl. Son mariage avec 
ÏIarie , fille el Iiéritifere du dernier duc de Bourgogne , née le 
13 'février 14^7 , et morte à Bruges, le 28 mars 14^*2, apporta 
dans sa famille le comié de Bourgogne et les dix-sept provmcei 
des Pay-Bas. Il en eut Phîlipjie , du le Beau , né à Bruges , le 
33 juin 1478 ï ^l inorl à Bureos, le aS sepleiiilire iSob. Phi- 
lippe arait épousé, le 31 OclcAre 1496 (et non i4;)!'), Jeanne, 
Princesse héréditaire d'Espaane, qui ne mourut qu'en i.'iââ, 
Elle était fille unique de Ferdinand V, roi d'Aragon, et d'Isa-' 
belle, reine de Caslille. Parce mariage la monarchie d'Iîipagae 
tomlù, l'an looS, dans la maison d'Autriche. Philippe eut 
■d'elle ih enfants , parmi lesquels furent les empereurs CtiaFlea" 
-Quint et Ferdinand, dont nous allons parler. 

CHARLES-QUINT. 

iBig. Cu\RLES-QciNT , né i Gand, le 24 février iSoo, 
couronné roi d'Espagne à Valladolïd , le 7 février iSiR , suc- 
céda à Masimilifn, son grand-père, dans l'empire, ainsi qua 
dans le landgraviat de la liante Alsace. Il ne jouit pas long-* 
tems de ce dernier objet , et , du consentement des prinees de 
l'empire, il le céda, le premirr mai iSai , avec l'Autriche et 
tout ce que sa' maison possédait en Alsace et en Suabe, à'Perdi— 
nand, son frère, qui se maria, le 5 mai suivant, avec Anne, 
princesse-héréditaire et fille de Ladislas, roi de iiongrie et de 
Bohême. Charles se repentît bienhU de s'être dessaisi du land- 
graviat d'Alsace, qui était si fort à sa bienséance, comme limi- 
trophe du comté de Bourgogne. Il'fit mi'me quelques dénur- 
ches pour y rentrer. Mais les états de cette proviiice avaient 
diHà'prôté serment i Ferdinand : ce qui -obligea Charles à^-ce- 



BKS 1,AT«PGBAVSS DE LA nKJTIS ALSACE. 

mncFr au projet de !e recouvrer. Le ri^gne de Charlps-Qi 



e religion , 
riiéme tcms qu'il monU sur le trâne. L'Alsace fut U 



, qui s'élevèrent presqi 
e. L'Alsace fut le ihéâlre 
ripali^s ri^vulutions que l'ht>rËsie de Luther opéra dans 
_ sti^mc pcc!ésiaslî(;ue el civil de Ventoire. Les terres oui dé- 
indaient delamaisnn d'Autriche et de l'èvêché de Strasbourg, 
irent préservées de la contagion par les soins des landgraves 
t des év^cjjies. Mais la ville de Slrasliourg fut une des premières 
cliaofjea l'ancienne religion. Dès l'an tSai , le magistrat de 
e ville adopra la docliiuc de Lulhcr. I.a messe y tut abolie 
' 19, et le clergé catholique chassé de la cathédrale. 11 y 
, en 1S49, en vertu île Vinteriin : mais il fut obligé de 
jandonner de nouveau l'an iS5t). £nfîn , le culte catholiqiie 
labli dans Strasbourg, qu'en 1681 , lorsque Louis XIV, 
ance, prît sole no elle ment possession de la ville et de 
aihédcate. {^"y- le détail de ces divers changements de relî- 
1 Hans les Essais historiques, déjà cit£:s , sur l'église cathédrale 
e Strasbourg , pp. 8o-i55.) 

FERDINAND î. 

. Ferdinatid I, né à Alcala, en Espagne, le 10 mars 
iSo.H, mi (le Bohême , le x4 février i-'isy, el de Hongrie, le zS 
Iplobre de la même année, fut élu roi des Romains le g janvier 
3i ; el après i'abdicalion de CbarleS'Quini , son frère, &ite 
i556, il fut déclaré empereur le 34 février i558. Ferdinand 
'elaïKlgravIat de la haute Alsace jusqu'à sa moi^ arrivée 
le 23 juillet i5r>4. Ce prince donna , l'an tSaS, une 
luvelle forme a la régence la migra via le établie h Ënsîsheïm, à 
li^Io de laquelle il mit Guillaume, seigneur de Rappolsieîn. 
lui atlribuaU connaissance de toutes les causes, à 1 exception 
B l'appel au irîbunal d'Inspruck et de la collation des héné— 
lires ecclésiastiques et des fiefs, que le landgrave se réserva per- 
sonnel li-'uient. il acheta , en i55o, pour cinquante mille florins 
la tjTidvogtic d'Alsace , que Charles-Quint avait rendue aux 
lecteurs palatins. Depuis ce tems, les archiducs d'Autriche^ 
i possédèrent le landgraviat de la haute Alsace,, furent eu 
■éfiie lems landvugts de celle province. Ferdinand laissa trnîi 
f d'AltNB, sa femme, morte le 27 janvier 1547: et enterrée i 
. Maximilien son aîné eut l'empire avec l'Autriche, la 
-- „ e et la Bohème, Le puîné, qui suit, obtint en partage 
S comté de Tyrol et les terres de l'Autriche antérieure, dont le 
Hadgraviat de la haute Alsace faisait partie. Charles , le Iroi- 
"*—e de ses fils, fut duc de Styrie , de Carinthie et de Car- 



Quint H 

resque ^^M 



I 

J 



CHROltOLOGrE HISTORigUB 

FERDnxAND II. 



i5(i4. Ferdinand 11, fils de l'empereur Ferdinand, né le 
i4 ju'n 1^39, landgrave de la hante Alsace et comte du Tyrol, 
mourut le 34 janvier iSgS. Sous lui fut terminé le concile de 
Trente, dont les décrets, tant pour le dogme que pour la dis- 
cipline, furent reçus dans tout le diocèse de Strasbourg, en 
vertu d'un mandement donné , le 9 mars iSli;, par l'évêque 
Erasme. Le pape Grégoire Xlll ayant aussi réformé, en i58s, 
le calendrier julien, il fut adoplé, en i584, pour tous les 
étals c3rholit|ues d'Alsace. L'évdque de Slrast>oure le publia 
dès 1 58.Ï , et commença à l'exécuter le 1 7 du mois de novem- 
bre , {[ui fut alors compté pour le 27. Les élals protestants 
d'Alsace refusèrent , ainsi que Strasbourg, de recevoir ce ca- 
lendrier; et ce ne fut que par un ordre de I,ouis XIV, da 
la février ilJBa , qu'il fut introduit dans celle ville. 

Ferdinand, landgrave de la liaule Alsace, avait été marié 
deui fois- Il épousa, en i55o . en premières noces Philippine, 
fille de François Welser, Iwron de Zinnenberg et palrice 
d'Augsboui^ , dont la naissance était trop inférieure à la sienne 

!iour que les enfants qui en étaient nés fussent reconnus capa- 
)Ies de succéder à leur père. Elle mourut le 24 avril i5ao, 
ei fut inhumée dans la chapelle du château d'Inspruck , laissant 
deson mariage André et Charles. Celui-ci, margr.ive de Burgaw^ ' 
né l'an i5(io , mourut le .V octobre 161S, sans avoir d'enlanls 
de Sibylle, fille île Guillaume, duc de Juliers, et veuve de 
Philippe, margrave de Bade, qu'il avait épousée le 4 mars 
i6oi. André, dit le cardinal d'Autriche, ne te (2 décembre 
iSSH, év£que de Constance et de Briien, fut postulé, au mois 
de juin iSSj, abbé de Mourbach et de Lure, et mourut a 
Itome le ta novembre 1600. C'est le même cardinal d'Autriche, 
auquej le grand doyen de la cathédrale de Strasbourg répondit , . 
au nom de son chapitre , sur la demande qu'il avait faite d'un 
canonîcat de celte église : Emi'nentissitne, lefilium orchldurjs esse 
crcdinuLs : firaba verà te esse utrinque nobUem. Ferdinand , son 
père , se nmia en secondes noces, au mois de mai i582 , avec 
Aïinë-Cathebine, fille de Guillaume de GonMgue, duc de 
Mantoue, morte le 3 août i6ao, dont il eut unefille nommée 
Anne, mariée, le 4 décembre 1611, à l'empereur Mathias , 
morte le 14 décembre i€f'j. Ainsi, tous les biens de l'archiduc 
Ferdinand passèrent à ses neveux, qui étaient l'enipereur Ro- 
dulplie et SCS frères. 



W CES LA.SDGBATKS DE T.A RkCTE AUACE. 3^ 

I * RODOLPHE. 

L 1^95. L'empereur Rodolphe:, né en Espagne, le 18 juillet 
BS~iu , roi de Hongrie et de Bulifime , fils de 1 empereur Maxi- 
Haiiien 11 et de Marie, lillc de Tcmpereur Charles-Quint, aj- 
Btiinislra pendant quelque tcms , au nom de ses frères et au sien 
HpTopre , le landgraviat de la haute Alsace, dont la mart de 
■rerdinand, l^nr oncle, les avait rendus héritiers. Mai», peu 
^Vannées après, Hodolphe en remit le gouvernement à l'arnlilduc 
BM aximilies, son frère , qui en était possesseur avant l'an itioâ, 
^R qui dans les actes de la régence d'Ënsisheim est nommé co- 
Hi^gent del'ADlriche antérieure. Maximillent né â Neustadt, le 
Ba octobre i55S , avait été éhi roi de Pologne le 32 aoilt 1S87 ; 
^nais il renonça l'année suivante à cette couronne. Après le décès 
Hfc l'empereur Rodolphe , arrivé le 10 janvier 1G12 , Maxlmilien 
Kontinuj à gouverner la haute Alsace sous son frére.MiTaïAS, 
K|ui devint empereur le 3 juin suivant. iMaximilien mourut à 
Byienne, grand-maître de 1 ordre Tenlonique , le 2 novembre 
H|Ç20, et fut enterré dans l'église de Saint-Etienne de ceil« 
B^Ue. L'empereur Mathias, déjà mort le 10 mars i6i(), avait 
nnstilué pour son héritier l'archidoc Albert, son frère, (^elui-ci, 
HODienl des Pays-Bas, qu3 lui avait apporta en dot, en tSgç), 
^■QEv épouse Isabelle- Claire-Eugénie , nlle de Phihppe H , roi 
^■'Espagne, céda â son cousin, l'empereur Ferdinand 11, tous 
Uki domaines d'Autriche , avec les biens en dépendants , et par 
^Bpnsi^iiurnt le Undgraviat de la haute Alsace. Ferdinand II, 
Hbiur furlifier sa maison et y soutenir une seconde branche, 
Hbigagea Léopnld, son frère, qui suit, à se démettre des évêchés 
^Mt Strasbourg et de Passaiv, dont il avait été pourvu en 1607. 

m LÉOPOLD IV. 

H lOsë. Leopold IV, pelit-fiU de l'empereur Ferdinand I, né 
H^Gialz; le goclobre iSBK, avait pour père l'archiduc Chartes, 
Bfric de Siyrie, et pour mère Marie, fille d'Albert V, duc de 
HBavière 11 abdiqua, l'an itisS, ses évfchés et ses auties liéné- 
^Bces ecclésiastiques entre les mains du pape, en faveur de Léo- 
Bkold-GuiUaume d'Autriche , son neveu, De Kornc étant passé 1 
fnotence , ily épous.i, le iç) avril iGa5, Claudkde MéDicis, 
■511e de Ferdinand I, grau^-duc do Toscane, et de Christine 
HHc Lorraine, née le 4 juin i(io4, et veuve de Frédéric-Gui 
LtJbatd, duc d'Urbin. L'empereur Ferdinand céda, la mCme 
année, à Léopold le landgraviat de la haute Alsace, la land- 
«ogtic delam&iie province, le comté de Tjrol, et tout ce que 



J 



I ' «uni 



3o cnM»ioi.nGtB msToiiEQOC 

la maiïion d'Autriche possédaii en Suabe t-l en Rrisgaw. Le m 
Gusiave-Adolphe ayant porte ta guerre en Allemagne, les Suf- 
dois s'emparèrent, en iG.Ji et iti^a, de tous les domaines que 
L Léopold avait dans rette province. Ce landgrave mourut , sans y 
I avoir élérétâlili , àSuaz, le i^iMipLemlire ttJSa.eliulenlprre, le 
[ ijauivanl, dans le cavcauai^liidutal de l'i'tfUsedw Jésuites d'iiis-, 
pruck. Léopold laissa Jeux fils et trois Biles. Les 61s sont Fer- 
mnand-Clwles , cjui suit, et Si gi>inond- François. Celui-ci, 
né l'an i63n, uonimé , en 1640, évoque de Uurck,en iG^'Ji '. 
cfAugebourg, et en itihg, de Trente, quitta ces évéchés, ea 
lG65, poui' épouser MahIE-Heuwige, priiwrsse palatine de 
Snllzbach. Mais il mounil le aS juin de la mâme année, avant 
que d'avoir consommé son mariage. 

FEKDINAND-CHARLES. 

' iTiia, FEBDiNANn-CHARLES, né le 17 liiai ifiaS, succéda 
dans le land^raviat de la haute Alsace, '■> Léopold, son père, 
snuii la tnlelie de sa mère Claude de Médicis, qui est nommée 
gouvernante et administratrice du landgraiiai dant les actes de 
la régence d'I^nstsheim. Ce fut penda'it sa minorité que les- 
Suédois, <)iii avaient fait la conquête de l'Alsace , la céd^rent 
par' le traité de Paris, "passé le premier novembre it>ii4j à 
lri3iiisXIlI, roi deFrance, leur allié. Celte province fut enfin 
assurée à celle dernière couronne par la paix de Munster, de 
iti4^ 1 p^r laquelle l'empereur , tant en son nom , qu'en celui 
de la maison d'Autriche , ainsi que de l'empire , céda en toute, 
souverainelé à Louis XIV et a ses successeurs, le langraviat de 
Ja haiye et basse, Alsace, le Sundga™ et la préle.ctiire des dix 
villes impiiriales. Le roi , en compensation Je la perle que faisais 
l'archiduc Ferdinand-Charles, lui assura la somme de 3,ooo,ooo 
délivres tournois. Mais il ne voulut pas la délivrer avant que ' 
Philippe IV, roi d'E^tpagnc, n'cûl consenti à la cession : ce qui 
fut lait jiar la paix (les Pyrfnées, de iti5<|, par laquelle sa 
majesté catholique renonça à tous les droits et prWenlions 
<|u'clte pouvait avoir sur 1 Alsace , le Sundgaw et le comté de 
rei'felle. Lcuis X.IV, par un Iraité passé, le i6décembre ititio^ 
avec L'arcliiduc, lui promit de payer les trois millions en cinc| 
. parts dans l'espace de trois ans. Mais Ferdinand-Charles étant 
inoil à Inspnick, le io décembre i(itÎ3, saii,s laisser d'enfant» 
mâles d'A»Ne i>e Médicis, fille de Cosme 11, grand-duc de 
Toscane, qu'il avait épousée le lo juin 164^, Sigîsmond— 
Franc^ois, son irère et son héritier, confirma ce qui avait êlé 
conclu dans les tiaités précédenis. Les Irois millions lui furent 
•ojaptés et payés 1^3 décemlire i.tiS;), et les q^iultances en sont 



1 •conservées au 



lASDGKAVtS DE LA nAVTE ALSACE. 

Loavrc. ' 



l^vec le comié de FeneKe, la landv 



e le landsraviai il'Msace, 



, Jlliï 



ipr. 



'teelure de 



fia^ticnau, er tout ce ([uiî I:i maison d'Aotrîche possivlail en 
xelte province , fut réuni à la couronne de France, av.-c la sou- 
veraineté qui iipparlenait à l'empereur et à t'einpire. Comme les 
jprinces de cette maison se désîslèrcnt au traite de Mtjnsiurdes 
Sitres de landgraves d'.Msace et de lomles de Ftrrett!" , ils ont 
I toujours cessé depuis d'en prendre le titre dam les traiiéi aub- 
k^quents qu'ils ont ciinclus'avec la (■'ratire. Les armes dii Iflnd- 
aviat lie la Iiaule AUace , sont de gueules, à la band.; dW 
costée de six couronnes du nt^mc, trois à la dextfL- [loSÉCs 
le el dcu^, trois à la séneslre deux et une. 
11 laul remarquiT que Jean de GifFen , conseiller de l'i-véqae 
' Sirasboorg, I.éopold-Guillaume d'Autridie, el son ininîslre 
lénipotenirnire au congrès de Westphalie , ayanl reitiaruuê, 
projet de trailé de paix, que 'l'empereur cl la maisAn 
:he cédaient à la France le landgravîat de l.i haute et 
"basse Alsace , prolesta, au nom de son maftre , contre cette 
cession, comme préjudicJatile au» droits de rêvÈchê de Slras- 
'imurg, auquel appartenait le landgravial de la b^sse Alsace. 
Wais ces protestai ions, faites le ^o juillet i<>47i furent inutiles; 
«ar on voit , dans le traité de paix de Munster, du ^4 '^^^ 
tobre tt>4^, l'empereur céder à Louis XIV te landgravîat de 
l'une et l'autre Alsace. 11 fut cependant stipulé , par un arlir.le 
I particulier, que le roi Irès-clirélien laisserait l'évÀ^iie de Stras 
bourg dans la possessîao libre il'immédialcl^ à l'égard de l'em- 
,|iire , donl il avait joui jusqu'alors. Ce ne fut màam qu'en 
ititio que Louis XIV élaolit une commission , qui n-unit k 
souveraineté les terres de l'cveché de Strasbourg et dgs étals 
! la basse Alsace , eir-leor -1-aÎMaBl , comme ils l'ont encore 
ijourd'liui (ijHâ), la libre et paisible jouissance du domaine 
ile. Il ne restait plus que la seule ville de Strasbourg qui 
«l'avait pas encore reconnu le domaine souverain du tt)i de 
france. Klle le fil enfin, le .lo scpi-mbre ibBt, par «a capi- 
tulation ratifiée le A octobre suivant. I^ traité de paix de 
,Biswick, du oo octobre 1697 , mil le sceau à loua ces traités, 
assurant irrévocablement Strasbourg et toute l'Alsace i la 
iTrance. Cette proviacc a depuis |oui , snus le^ règnes heureux 
de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI , d'une cousianle 
itranquiliité, qu'elle n'avait pas loujours eue sous l'adminis- 
■tralion de ses landgraves. 

J>Ès que la province d'Alsace fut cédée a la France, par le 
traité de Munster, (.ouis XIV établit, en iti4<j, au lieu et 
À la place de la régénère arch> ducale d'l^n>isheiiu , la chambre 
, royale de Brisaoh , doul tes )UgemeiiL> étaient souverains et 



32 CHRON. HUT. D£S COMTES DE L^ HAUTE ALSACE. 

• • • . ■ • 

s^inlitulaient ; NoûSf les gouverneur et conseillers du conseil 
d'Alsace et pays en dépendants, établis par Sa Majesté très-^ 
chrétienne , rçi de France et de NaQarre, Henri de Lorraine , 
comte d^Harcourt , gouverneur d^Alsace , présidait à cette 
chambre* Le roi , voukint ensuite donner à cette province une 
manière de gouvernement uniforme avec celle de son royaume , 
donna , sa mois ^e septembre 1667 , un édit par lequel il 
créait iin conseil souverain pour résider en la ville d^Ënsishèim 
et y rendre la justice à ses nouveaux sujets. Sa première séance 
fut le 14 novembre iÇ$8. Lq fut dari» cette séance que les 
commissaires de Louis XIV, nommés pour rétablissement de 
ce conseil, prirent, en son nom, possession de T Alsace, en 
présence des députés des différents états de cette province, 
et que le roi y tut supplié que le titre de icmdgrape. de la haute 
et basse Alsace jût cqouté à ceux de Sa Mt^esté aux arrêts , manf 
déments , commissions et autres actes dudit conseil souQerain. Ce 
conseil fut supprimé en 1661 , et créé en conseil provincial , 
qui fut transféré , en 1 6j4 9 àe la ville d^Ënsisheim en celle 
du Haut-Brisacfa. Le conseil provincial fut de nouveau rendu 
souverain en 167Q; il fut depuis transféré, en li^Si , cii ki 
ville neuve de Samt-Louis-sôus^-Brisach, et , en 1698 , en \dt 
'ville de Colmar , où il réside encore aujourd'hui ( i7Ôô). 



'CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COMTES DU NORDGAW 



ET LANDGRAVES DE EA BASSE ALSACE ("). 



^ 



XjE NorJgaw fonnaît aulrefuls la plus grande partie Je la 
basse Alsace, à l'exception de ce qui s'étendait au~d^tà du la 
rivière de I^nter, (|iii était comprise dans le Spirgaw, ou 
comte de Spire, Le i:omiiatus Nur/gaiva in pago Hàliioceiisi est 
rappelé dans une cliarie de Rotger, arclmvêque de Trêves, 
de l'an gag. Le nom du Nordgaw resta à la liasse Alsace . jas- 
qu'apr^-s le milieu du onzième siècle. L'empereur Henr! IV 
est le dernier qui s'en soit servi dans son Jipli^me de io85 , 
pour l'abbaye de Neuvillers. Elle fut ensuite connue sous le. 
nom de comté proainrtal, eriBn sous celui de landgraviat de la 
basse Alsace. C'est dans les lettres de l'empereur Henri VI de 
l'an 1193, pour l'abbaye de Neubourg, qu'il est fait mention, 
pour la première fois, du terme précis Lan/gracia Ahalit. Le 
mol de landgraviat est un nom inconnu en France ; ce qui fit 

3ue Charles, duc de Bourgogne , en parlant de celui d'Alsace , 
ans ses leUres de 14691 l'appelle \'ir.omté d'Auxois. 



ADELBERT. 

C84. Adelbert , fils aîné d'Adalric , ou Altîc , duc d'Alsace, 
était comte du Nor.lgaw , du vivant de son père. Le diplôme 



I 



(") Cet article ) 
irandidicr. 




digé d'après lei Mcm 



CIIROnOLOGIB mSTO!Il<;UÏ 
de Thicrri III, roi de France, en faveur tic Talibaye d'Olwrs- 
munslerile l'an (J84 , est adressé, Jrtnra Dui:i. Adalberto CvinlU. 
i\oy. l'Hùt. del'Egl.iieStrasb. par M.t'alibéGranditiier,\. i, 
p. jti.) Adelberl succéda, vers laa 696, à Adalric, son père, 
(laQs le ducUé d'A.Isace. 

ETICHON. 

6gi>. Etjcbom, auteur des maisons de Lorraine ol d'Egis- 
1 Iieim, éiail frtre d'A Jcllicrt , qu'il remplaça dans le comté 
j du Noi'dgaw. L'auteur de l'ancienne vie de sainte Odile, 
J ccritesurla fiu du hutti(;nie siècle, lui donne la (lualili- de duc: 
I *iDais alors on qualifiait ainsi les comles qui étaient (ils dt^ ducs, 
1 de même qu'on nommait en France rois, l^s fils des rois de 
[ la première race. Etichon finit ses jours avant l'an 720. Il eut 
[trois fils, tteddon, Albénc , qui suit , et Hugues, lleddon , 
\ ibbë (le Munster en 7a5, et de Richenau en 737, fut élevé sur 
r le siège de Sti?sl>oure.ea7.J4. Il a»ista-aux conciles de Ger- 
t manie et d'Alligni de 743 et 765, el mourut le 8 mars 77(1, 
T 11 fut enierré dans le chœur de l'église abbaliale d'Ettenheim- 
I munster. ^Uist. de t'Egl. de Slrasb. , t. I, pp. 3(34-^37.) 

ALBÉRIC. 

Albéric, romte du Nordgaw, n'est connu qup par h vie 

\ de sainle Odile, qui le dit fiU d'Elichon. {Uid. , t. l, p. 

l'ilviij.) U fnl père de quabe enfants, Ilugbert, Ebertiard, 

Horbert et Thétibald, qui sont rappelés dans raacieniie notice 

de Honan. (p. luxîx. ) F.berhard succéda dans le comté du 

Mordgaw â Kutbard , son cousin , dont nous allons parler. 

RUTHARD. 

•jZB. RuTHARD, fils de Luîlfrid, duc d'Alsace et petit-neveu 
ducomie Etichon, était en même tenu comte du Noidgaw 
et de l'Orlenaw. Il fonda , en 7^6, l'abbaye de Gengenbacb , 
et en 746 ■ celle d'Arnulfoanga , appelée depuis Schwartiach. 
(liât, de i'Kgl. deSfrasb,, t. I, pp 4^1 el 4=^4) On couserre 
dans les archives de l'évéché de Slrasbourg, à Saverne , la 
charte originale de révê(|ue EleOdon , dans laquelle i-û- inlusler 
Rolhardiis Quemis est ex p ressèment nommé fondateur de celte 
dernière abbaye. L'acle, daté du 27 septembre 74?*, est sous- 
crit par neuf év^ues et (rets abbés. ( Wd. , t. t , p. ixxtj. ) 
Rulbard et Hirmessinde , son épouse firent, en y.'îÔ, une 
donation considérable au même monastère, (t. l[, p. Ixxxv.) 



t 




:oH^nl i l'église 
" ' i le terrr- 



iffls coMTis nr îîonniîA,w. 35 

^mme ils n'avaient poinl d'enfanls, ils aci 
t.^e Strasbourg tous les biens qu'ils possédai 
toire iJ'Ettenheim. (t. I , p. syS. ) RulliarJ ti 
vier, vers l'an yK, et fut enterré avec sa femme dans l'église 
abbatiale de Gengenbach. L'empereur Charles le Gros, dans 
son dlpldme de tiSS pour cette abbaye, et l'ancien nécrologe 
de ScliuUi'ren , donnent à ItutharJ le titre de duc ; mais nous 
avons vu ci-dessus l'orieine de celte qualifîraiion. Scheid 
(^Orig. gueljir.. t. il, prafiit. , p. i5) cruit que Buthard est le 
néme que le fameux comte de ce nom, auteur de la famille 
Guelfes, dont Walufrid Strabon feit mention, et qui, 
jonjointement avec le comte Warïn , gouverna l'Allcmannîe 
i les règnes de Pépin et de Charlcmagne. Maïs, comme 
S passe pour avoir été l'un des plus grands pnnemis des moines, 
I n'est guère probable qu'il ait été le m^me que Buthard, 
»mte du Nordçaw. Celui-ci nous paraît être plulclt; le comte 
"Chrodard, qui signa, en 76^, le testament de Heddon, évoque 
de Strasbourg, et qui accorda, en 764, plusieurs 'biens à 
Fulrad, abbé de Saint-Denis. {Hisi. de l'Egt. tie Slraé, t. Il , 
pp. Kcv et Kcvj. ) 

m EBERHARD 1. 

W 777- Eberhar» I, fils d'Albéric, comte du Nordgaiv , est 
rappelé dans l'ancienne vie de sainte Odile, (l, I, p. xlviij. ) 
On lit sa signature signum Ilarthardo r.omite dans le testament 
original de saint Fulrad , de 777. (t. 11 , n. cxxvj. ) Il ne siir- 
vécnl pas à celle année. En mourant , il laissa un fils nommé 
>Sberhard tl, dont nous parlerons ci-après. 

ULKIC, OD UDALRIC. 

S. Ulkic, ou Udai.ric, dont on ignare l'origine, paraît 
deux chartes de l'abbaye de Fulde, des année» 778 et 738, 
^Sehannat, In triidit FuldensUtus , pp. 3o et 62.) Le mâmc 
comte Ulric fit don, en 804, à celte abbaye de trente-trots 
serfs, qu'il avait à Hoheohcitn , près de Strasbourg, pour le 
repos de son âme et de celle de son frère Utton. (Schanoat, 
ibid. , p. 86. ) 

[ llUTHELIN. 



■ Vers 80S. RuTHELiN fut le prédécesseur d'Ercbangicr dans 
le comté du Nordgaw , comme le prouve le diplBme de I^uis 
le Dcbunpaire, de i-Ji, pour fal^baye de Schwarlsach. ( Uht. 




36 -cABonoutoiK msroittiïVB 

- ilel'Eg!. df'Slrasb.,l.ïï, 'p. clu^kv.) Le comte Riithelln n'en 



élaîl plus pQSsf 



n l'année 817. 



ERCHANGIER, oti KRCHANG.VrRE. 

■ Avant 817. Erchakgier , ou Ebcbangaiee, était comte du 
Nordgaw avant 817. ( /«J. , t. H, p. ia8.) H étaU forl consi- 
déré à la cour de Louis le Débonnaire, qui le nomme eir 
illiisUr Erhingarius cornes dans deux diplômes de 8a3 et 8a8. 
( Iliid., I. Il, pp. clxxiv et clioxvij.) Il ne fut pas en moindre 

'.faveur auprès de Lolhaire, son fils, gui, pour récompenser 
ses services , lui accorda la propriété du village de Kintsheîm, 

.-près de Schelestailt- Il le-qualïfie aussi vlr iltusUr Ileix mgaritis 

.CTme*dans l'acte de concessionde «4:^. (iiid. , I. Il, p. ccuxij.) 
K la mort de 1 alh.tire , Erchangîcr s'allacha à Louis , tcà de 
Germanie, (juiclioisil. Kicliarde , Bile de ce comie, pour épouse 
de Charles le Gros, son (ils. {Annal. Berh'n.) Erchangier 

, mourut , dans un 3ge fort avancé , le ^ nsars H&i. {Chron. San- 
.(^''tltnst et .Ner-roi. Hrhivailzar..') Il fui enterré avec .sa femme A 
l'abbaye de Hohpnboore, d'où Richarde, lour fille , transféra 
li-nrs corps daus celle d Andlau. Celle dernière, qui est une 
abbaye princière de cliauoinesses , située eu Alsace, fut fondée^ 
en 871) , par l'impéralrice Richarde , qui s'y retira en »'"*7 , e\ 
y finit ses jours le 18 de septembre Hy3. {Hist. île l'Egl. de 
Slrask, t. Il , pp. a34-^;-!g. ) J.e pape Léon IX la canonisa en 
1049- Les deux nièces de Richarde, Ruuildrude ei Cliarilc, 
furent les deux premières abbesses d'AndIau. Ou ignore l'ori- 
gine ilu comte Erchangier ; mais le diplôme de «i-S fait cou— 
mitre Roirude , sa m&rc , \Vuoiad , Reriiald et Bernard , ses 
trois frères. 

EBERHAFiD II. 



gaw, à la plarç d'Erch.nngier. La clirnni'|ue de Saiut-Gal 
compte Eberbaril avec Erchangier et LniifrJd, parmi les 
principaux seigneurs de la Germanie, (jui moururent celle 
' année. 

ADELRERT II. 



884. \DEtBFnT II , successeur d'Eberhard dans le comté du 
Norilgaw, n'est connu qUe par le diplôme de l'empereur 
.Charles le Gros, <ie f)84, pour l'abbaye, de ilonau , dans lequel 
il est iioinmc diiectus cornes iwsler Adelbcrtut. {Wst. de l'Egl, 



Iriberl , (jm , da 

, esl iJit 



SES cohtss du NOHnc.VTT'. 37 

t. TI, p- r.chxiv.) Il paraîl êlre lemfme rpie le coitile 



diplôme du m^me prince, de 
rd , évoque 



EBERHARD 111. 



H 



fic|8. Eberhard III, fils d'F.lierhard 11, ami et parent de 
RFalUrade, mailiesse de Lothaire, roi de Lorraine, nbliii't 
Kirès Adelberl le coinlè de la basse Alsace. La charte de ilo- 
l^tion d'Uérimuot, en faveur de Tabbaye de Munster, est 
'e de Swasbonrg , l'an 838 : Présente illustiissimo comité Eher^ 
ifdo. (La Guille , /i/.î(. ^'.-i/io«,/)r., p. 43.) (eberhard ëlait 
ig-ieins auparavant en possesslim de l'abbaye de Lure, 
s Wdldrade lui avait procurée. Ce fut alors qu'il répudia 
,, sa femme, et prit pour concubine une cha'rioî- 
e d'£rstein. L'auleur de la vie de saint Dcîcolc rspporl'e 
I punition de la lyrannîc exercée par lui sur les moinei 
B l(iire, il fut dévoré par les vers. Il ne paraît pas (|ii'il .ii( 
é la fin du neuvième siècle. Eberhard était en même tems 
tomtc de rOiienaw et de l'Argow, comme le prouvent deux 
Biplômesdu roi Arnonl, de 888 et 891, pour l'église de Stias- 
«irg. (t. Il , p. cclixxix et ccxciv. ) 

HUGUES. 

rs 900. Hugues, Cls d'Eberhard, fut son sucbesseur au 
s de KorJgaw. C'est le ra^me que Hugo rame^de Hoheti' 
_ „ . qui vivait du leras de Richevin, évoque de Strasbourg , 
et qnï vendit à ce prélat , vers l'an gao, sa terre de Langenhurst. 
( Nutii-.ia Er-clesia S. T/mmie jlrgeiUin. drximi sœaili. ) Hugues 
se retira quelque lems avant sa mort dans l'abl)aye de Lure, 
où il mourut vers l'an f)4o, (fii» Saiicli Deiroli. ) Il eut trois 
fils d'HlLOEGARDE, sa fumtne : Eberhard, qui suit; Hugues « 
comle, qui vivait encore en g5g; et G un tram , qui décéda 
l'an 970. 



EBERHARD IV. 



Veis 940. Ebebuakd IV, fils et successeur de Hugues, ne 
jouît «lu comté de Nord^aw qiie l'espace de onze ans tout au 
plus. Il abdiqua, avant l'on 9S1, pour mener une vie privée 
dans sa terre il'Allorfr, 01^ il conçut le dessein, vers l'an gfJo, 
de bjlir un monastère. Mais il mourut le 18 décembre (j'iy , 
avoir pu l'ejiéruier. !l fut depuis enlerré dans le chœur de 
église abbatiale d'Altorfl! Le comte Kberhard et Hugues, stni 




ins Je l'ernpertui 
a VaUbé Uallhn 



CRRONOLOr.tE UISIOHIQUIE 

irère, remirent l'abbaye de Lurc entre les i 
Otlon 1, qui l'accorila, avec ses possession 
el à ses compagnons. Le diplôme de concession est daté du 
l'année gSy. ( Kouq. , lom. IX , p. 385. ) Eberhard laissa cinq ' 
enfants, qui furent, Adelbirt au Adalbert, auteur de la maûion 
de I orraine, mort après l'an toSj (voy, /es ducs de Lorraine) ; 
Hugues, (|ui suit; un aulrc Hugues, qualifié comte, et (jui 
devint moine d'Altorff; Gérard, comte d'Alsace, que l'empe- 
reur Henri II investit, en 1002 , d'un certain comté dépen- 
dant du duché d'Alsace, et qui mourut après l'an 1024. Il 
épousa EVB, sœur de l'impératrice Cunegonde, et fille de 
Sigefroi , comte de Luxembourg. Ce Gérard fut probablement 
le père de Louis, comte de Mouson, d'où descendent les 
comtes de Monlbéliard . de Bar, de Fcrrctle et de Lutzetbourg. 
(Voy. les comtes de Munllèitard , de Bar et de. Ferre! fe.) le 
dernier enfant du comte Eberhard IV fut AdéUidc , mariée 
en premières noces à HeziJon, duc de Francunie , dont elle eut 
l'empereur Conrad le Saliquc, et Maihîlde, abbesse d'AudIau. 
Elle se mana en secondes noces, en 1004, avec Herman , 
comte de la France orientale, qui fut l'auleur de la maison 
de Hohenlohc, Elle mourut en 1037, et fut enterrée dans 
l'église collégiale d'Oehriiigeii , dont elle avait élé la fonda- 
trice. 

HUGUES 11. 

961. HufiUES II , fils d'Eberhard IV, élsil comte du Nord- 
gaw, dès l'an (]5i , par la résignalion de son père. Il est nommé 
r-ette année avec celte qualité dans une cliaite de donation 
faite à l'église de Strasbourg, Il est aussi appelé comte dans 
deux diplômes dés empereurs OttonI et II, l'un de (|6<:<, pour 
e Adélaïde , et 1 autre de 974 1 pour l'abbaye de Poyerne. 



(La Guille, Hht. d'Aïs., 



Hugues qui, pour accomplir la résolution de son pèri 



:t Hergotl , p. 86. ) (^1 



construire en Alsace le mnnastère d'Altorff, dont l'église fut 
dédiée, en (^74) par Erchambaud, ëvêque de Strasbourg, en 
sa présence et en celle de saint Mayeul, abbé de Cluni. {^Hisi 
de l'Egl. de Strask. , t. 111. ) H mourut le '6 septembre , vers 
l'an 9'^4f et fut enterré dans le chœur d'AIlorfT. En mourant , 
il laissa trois fils : Eberhard Vj et Hugues IV, dont nous par- 
lerons ci-après, et Melfrid, ou Matfnd , comte, dont 00 -■ 
connait que le nom. 

EBERHARD V. 

(,84. Ebebhaho V, fih aîné de Hujucs H, et son suC- 



DIS COHTtS £1) tlORUllAVV. 3<) 

suivit les exemplss de piété que lui avaient UoniiêS 
son père ut son aïeul. 11 obtint de l'empereur Oiton 111 , uii 
diplôme de confirmalion en faveur del'aLbaye d'Altorff, située 
ta procincia AUatia , in pago Norfgoarr , In comîtalu Eôcrhardi 
comitis. Le nom du comte Eberhard est également rappelé dans 

3uatre autres dipldraes de ce prince, l'un de 986 , pour l'abbaye 
e Payerne, et trois de 9^)2, 9Ç)3 et gftii, pour celle de Sella, 
il monrut vers l'an QCfG , et fut enterré aans le choeur de l'église 
d'Allorff. Il laissa cinq enfants: Hugues III et Kberhard VI , 
ses successeurs dans le comté du Nordgaw, Gerhard et Maifrid, 
qualifiés comtes, et Adalbéron. Les nums des quatre premiers 
sont rappelés dans le diplAme d'Ollon 111 , de figij , nour lab- 
baye d'AltorlT. Gerhard , marié à Cunisa , et Maifrid , mouru- 
rent sans postérité. Ils ne vivaient plus en io5o. Leurs corps 
furent déposés dans l'église abbatiale de Hesse. Adalbéron au 
Albert , enterré dans le chœur d'Altnrff, est nommé chanoine 
de l'église cathédrale de Toul, Jans une bulle de Léon IX, . 
de 1049. 

HENRI, 

Henri , comte du Nordeaw , est rappelé dans un dipldme 
de l'empereur Ollon, de lan 9^7, pour l'abbaye d'Obers- 
muusler. Mais ce comte est imaginaire , ainsi que le diplôme , 
cuî est une pièce fausse et supposée , comme il est prouvé dans 
1 Histoire de l'église de Strasbourg , tom. 11 , pp, a4 et 25. 

HUGUES m. 

99G. HucuES m, fils d'Eberhard V, est nommé comte du 
Nordgaw dans le dinlôme de l'empereur Otion IH , pour 
" '* lye de Payerne de 997. ( Hergolt , Geneal. Habsburg , 
p. 9^. ) 11 mourut , eu l'an 999 , sans laisser d'enfanls. 



WH|bU: 



EBERHAllD VI. 



1000. EsERHARO VI succédiNli Hugues, son frère, dans le 
coroié du Nordgaw. Il est nommé en celte qualité dans le 
privilège d'Ollon 111, pour l'abbaye de Laurisheim de l'année 
tooo. (Lamey, ia eod. Lauresh. Uip/om., t. 1, p. i48.) H prend 
encore le uiéme litre dans deui diplâmes de l'empereur 
Ili'iiri 11, de [ou4 el 1016, pour les abbayes d' A ndlau et de 
âcliulleren. Il décéda, comme son frère, sans postérité. Sa 
femme £ÉitTB£ vivait encore en loljâ. 



lE iriSToniijUB 
WESILON. ^^ 

1027, Wesilon, comte du Nordgaw, ne nous est canna 

3 lie par un diplôme de Conrad 11, donné en 1027, à l'abbayel 
e l'ayerne, dans lequel II est rappelé. (Hergoll., tome II, 
p. loH.) 1 

HUGUES IV. 

id35. Hugues IV, fils de Hugues II, frpre d'Eberhard V^ 
oncle de Hugues 111 et d'Eberhard VI , gouvernait le Nordgav" 
aii la liasse Alsace, dès l'an' 'loi'tS , comme le prouve u 
' diarlc de celle année, dans laquelle l'abbaye de Snrbourg esti 
dite située in ilucalu Coiiradi , in Comïlatu Vifonis priimpié 
Ahaliis. Il parle égalemenL le tilre de omie dans une charte 
de ^nation fiUe, en 1040, à l'église collégiale de Saînt-Pierroi 
le Jeune, de Strasbourg. "Witiert et V\'ippcin disent (ju'îli 
était cousin de Conrad li: Salique , parce qu'Adélaïde , sa taalB 
paternelle, élait rnère de ret empereur. Hugues faisait soa 
séjour ordinaire dans le ch3leau d'Egislieim , bâti au huitièmf 
siècle parle comte Ebcrhard, ou en celui Je Dabo , qui lui 
échut par son mariage avec Hr.ll.vviGE, (ille et héritière Aé 
Louis, cqmle de Dabo, ou Dagsbourg. Il fonda, ronjointB-4 
ment avec elle , les abbaye* de Hesse et de Wotfenheim, aï-. 
tuées dans les diocèses de Metz et de Bâle. Heilwige mourut 
en io4(J. Le comte Hugnes ne lui survécut pas long-temsjU 
n'était plus en vie en l'an io49- 1' fut enlerré avec son épouse 
dans l'église de Sainte-Croix de Wolfenheim. Hugues eut de 
son mariage trois fils et cinq Allés. Les (ils furent Gérard, 
Hugues et Brunon. Gérard, qui oblint en partage le comté' 
d'Kgîsheim, fut tué, l'an io38, dans un combat qu'il livr 
Regmaltl , premier seigneur de Itibeau pierre. Il épousa PÉTHOi 
MCE, fille de Frédéric , duc de la Lorraine mosellane , et de 
îllalhilde de Bourgogne. Les généalogistes n'ont jusqu'à pré- 
sent dunné que trois enfants au comie Gérard, savoir, Gé-> 
raril, comte du Nordgaw , dut nous paHerons c*i -après, 
HeiWvige cl Spanehilde. MaJiflbM. de Rivaz prétend (M^fR.j 
mss. ) que ce Gérard est le même que Jlérald on Bérold , quk. 
esl ta lige de la maison de Savoie, aujourd'hui régnante 
(C'est ce que nous examinerons ailleurs.) Les mémoires A€. 
ce savant lui donnent encore cinq autres enfants, parmi les^ 
quels se Irouveni Humbert , comte d'Alsace et d'Aoste, pre- 
lojer comle de Maurienne , mort vers l'an lolio. (Voyei les 
comtes de i'aiw.) Hugues, deuxième lils du Hugues IV et de 



I1I9 crirrrs i>v m^ntxi&w, 4> 

ïleilvïigi', 'Ii'vliil cnmle (1p lisbo, Pl moiirui avant son nère. Sa 
f«mme, Miilliililc, lui xii'vi^ul îu^iqu'âprès l'an lo^^- 1' ^n eut 
irois <;iifanL5 : Henri, comie iIm Nordgaw, qui suit; Albert, 
eoiBle (le U^iIm et tle Muha, ^uï mourut le 24 aoilt 109K, sans 
laisser de postérité d'Ennensinde , fille tle'f nnrad , comte d« 
Luxembourg; et Serberge, preroifre abbesse de Hesse en iùSo. 
firtfnon. leur oncte , né au ch2<cau de Dabi, le 21 juin looa, 
(l'abord prevSt de Saint-Uié, puis évéoue de Tnul, en ioa6, 
élu pape en 1049, ei sacré, le la février, sous le nom de 
jLénn IX, et mort le 19 avril io54. Les cinq tilles de Hugues IV 
et de I3 comirsse Heilwige , furtinl Adélaïde, épouse de Her* 
man, lils de God^froi, comte dans Jes Ardennes; Bilzela, 
mariéft A H^irlv-ig, comte de Oalb ; Odile, première abbesse 
tle Vt^ulfenbeiin, en :aoti;Gebba, abbesse de INuys; et une 
anonyme, qui épousa Ernest II , duc d'Alsace et de Suabe. 

HENRI. 

to4j). Henri , fds aîné du comte Hupjcs el de Maihilde J 
fifèrR (i'Albprl, cûmie de Uaba ei peiit-(ils de Hugues IV, 
jnicccda h son grand-père dans le comté du JSordgaw, Il avait 
Heiiu , dés l'an i:.^S, le comté d'Egisheim. aprps la mort 
Gérard , son oncle, el ce fut à lui , nepoti JJenrico rculrum 
halien'l, que le pape Léon IX commit, en 1049, 
Ivocalie du monastère de Wolfenheim. Le nom du comte 
rappelé dans le diplôme de l'empereur Henri III , 
l'an io5a. pnur la collégiale de saint Piene le Jeune, 
■c Helzelon, évoque de Strasbourg, un difïerent au 
. _„ forêts de son comié, lequel fm terminé, en inSg, 
l'entremise de Henri IV , roi de Germanie. Heùiricut 
na , en loGi , !a cliarle de Kolmar d'Orten- 
le i'atibaye de lloncourl à IVglîsc de Stras- 
leras après , le aS juin iofi3 , 
Hugues V, comie du Nordgaw, 
"" cbanoïnc el archidiacre 




bourg. Il mourut , ^. — .._ 
OH ir.64. Ses enfants furent 
doDl il sera parlé ci-après; 

de l'église cathédrale de Tnul, qui vivait encore au commen- 
cement du douzième siècle ; Gertrude , mariée au comte 
Albert dont il est parlé dans une charte de 1 l'Ay ; et OfCcia 
le connaît que le nom. 

GÉRARD. 

loG5. GÉHAAt), fils de Gérard, comte d'EgisIieim , tué 
;o3tJ, et dePéIrunice de Lorraine, pelit-(ils de Hugues IV, 
)laç3 Henri , son cousin-germain , dans le comté du Nord- 
XIV. u 



^^■îQ t 



I 



_« _. 



-43 CRRONOLOGIB BISTOniQUE 

Rw et dans celui (rKgiîheim, 11 en élall en possession de» 
n toC;5, comme le prouva h diplAme de Henri iV de là 
xnéme anni'e pour tberhanl , comte de S[ic>iiheim , dans 



lequel il est nonimé Gcrhurdiis 
aussi le même litre dons celui de 
pour l'abbaye de Sellz. 1^ mé 
Grégoire Vil écrivit aux évfqu( 

{tour faiie adjug<'i' à Gér.ird l'a'li 
ènheicn Ce coiute mourul peu 
enfants deRiGAKDR sa feaii 



! pagi Nûrlroi 
: (irince , donné 



.lit 



074, 

Slrasbour" et de BâI* 
le de l'^bl^aye de Wol- 
eras 3prM, sans laisser 
du Nordgaw échut. 



i Hugues V , (|ui suit : maïs ctlul d'Egislieim parvint à 
Heil'vige, ou Hadoïde , sœur de liérard , dont nous parlons, 
mariée en 1070 à Gérard, premier cornie de Vaudemonl, 
£lle s'intitule domina Helwigîs eomUtssa ,JîUa foniilis Ccr/iurdt 
de Caslro Egrnsbeim , dans une charte de donalinn faile , 
en 1118, A Téglise de Strasbourg, coiijoîiilsraent avec se» 
deux fils Hugues et Ulnc. Hugues, comte de Vaudemoiit, 
marié à Anne, ou Adëline, filLede Simon 1 , duc de Lorraine, 
fut auteur des comtes de Vaiiilemont, éleinrs en t4i'>. Ulric^ 
comte d'Egisheim , nommé Uduliir.ux romn de Egixhn'm dant 
deux diplùines de Henri V ei de Lolhaire H, de iiaS et 
ii3o, limda , en m'A, l'abbaye de l'jiiris en Alsace, et 
mourut sart« pnslérilè vers l'an i\^&. GéranI eut aussi de la 
comtesse Heilwîge un autre fils , nommé Klicnne , fondateur 
de la commandcnc de SlcphansfeMei» . et deux filles, Stéphanie 
et Gisèle. Stéphanie épousa Frédéric, comte de Ferreile, 
Cl mourut après l'an M-t4' ( ^"y- '^■' co'nlfs de ferreite.) 
Gisèle, qui vivait en ii-^S, se miiria avec Renaud, romle 
de Bar. Gérard , comte du Nordgaw , qui fait l'otijcl de cet 
article , avait encoi* une suire sceur nommée Spanehilde , 
mariée à Folmar I , comte de Met?.. Celle-ci , après le décès 
d'Alhert , comte de Uabo et de Mulia , mort en lOfj'S , sans 
postéiîlé, hérita du cnmié de Daim, qui passa ainsi à Fol- 
mar 11 , comte de Metz , son lils , et à ses descendants. {^Vaf.- 
Gérard , camle de Vaudcmiint , et ajoutez à cet article deux 
des enlauls ici meuliunués. ) 



;. diîBi.i 

ileCér 
1 .ign., 

^^B pour 
^^H tmimiii 



HUGUES T. 
in7fi. Hugues V, fds de Henri, comte du Nordgav 



fils de Hugiii 

078, la charte de Tliien 
pour le monaslnre de Lièvre, Walliam 
tùnimiis oimts Alsatia. Altaclié d'aboi d • 



difie Hugo ptilen— 
.trenrHcurilV, 



DES LAHDGBAVKS ItE L* B*SSB AL9ACC. , 4' 

il l'abaniJonaa lorstju'il le \ii frappé îles analhèmes He Gré- 

foire Vil. Ix; zèle avrc lei:|uel il servit la cause de ce pontife , 
a fait appeler, par HciIIicjUI de Conslancp, , iadufessus miles 
Sanrfi PeliL I! soutint long-lems en Alsace le parli des deux 
coiupéli leurs de l'empereur el celui des deiis: ducs Berlhold, 
l'un Cls eL Paiitre gendre du roî Rodolfe. Mais contraint de 
cpJer , en 1086 , aux armes victorieuses àw duc Erédéric 
de llohcnslsuffen . il fut dépouillé du comté de la ba.sse 
Alsace. Hugues , voulant le recouvrer, y entra en 1088. 
L'histoire ne nous 3 pas conservé le délai! de la guerre qu'il 
eul avec Oiton , évoque de Sliasbourg , frérc du duc Fré- 
déric ) et (jui dura pendani plu-: '\'''u ,iir. L'évêque et le, 
oomie firent la paiit cnsuiie el te donnÈrcnl mutuellement les 
témoignuges de la plus sincère réconciliation. Hugues alla 
trouver Ollon à Strasbourg , et poussa la confiance jusqu'à 
coucber avec lui dans La même chambre. Dès qu'il fui au lit , 
les domestiques du prélat Tégiirg^rent iniligneihent la nuit 
du li »\i S septembre ikSj) , avec quatre genlîlsbommes qui 
l'avaient accompagné. Les guerres que le comle Uugues eut 
à soulenir eanlre févéque de Sirasbonrg , et sa mort traç^ique, 
furent le sujet d'uu drame hislonque en prose el en cinq 
acies, imprimé à Bâie, en lyHo.sou's le lilrc de hn guerre 
d'Alsace. Mais i;e drame , indigeste el mal écrit , pèche conire 
toutes les régies du itiéàlre et du costume tragique. Hugues 
t'ul , ronjniiitccnent avec sa femme, un di's principaux fanila- 
dateurs de l'abbaye de .Saint-Léon de 'i'uul. Il a^ait épousé une 
fille de Louis, comle de Mouson el de iMonibéliard, et de 

■Qgphie de Lorr.iine ,_donl il n'eut point d'enfants. Après 
tt mort , le comté du Nordgaw passa dans la maison des comtes 
1 Meu. 
GODEFROI 1. 

10S9. GoDEFROi I, fils de Fol ma r I, comte de Myt?. , cl 
de.Spanelùlde, fille de Gérard , comle d'Egisheim , et petite- 
fille de Hugues IV, comte du Nordgaw, fut nomïné à ce 
comté, en 1089, par l'empereur Henri. La charte d'Ollon, 
cvéque de Strasbourg, pour l'abbaye d'Allorff, fait voir qu'il 
élait , en \oop , comle de la basse Alsace. Godefroi signa, 
en 1106 et 1132 , deun dipltimes de Henri V , l'un pour 
l'abbaye de Sainle- Walburge , et l'autre pour l'église de Stras- 
iKiurg. 11 mourut quelque lems après, et laissa un fils, qui 
«lit. 
^^H THIEBKL 



Btag. Thiejibi , 



: Godefro 



est te 



I 



'44 cHIIOKOLOCIE BISTORIQtm , 

premier qui pnl le lilrpde romte provincial , terme éqnivs^ 
lent au mol alleniand landgrave, if est nommé TheodericuS 
eomes /irovitiiiu/is clans la cliarle de la donation de Godefrbt 
de ricckeiiïiein , faîte , en 1 1 29 , pour l'abbaye tie Sainte— 
,'VVaHjurip', ft Jaii3 celle de Kegeciliard el Frédéric de Châtenol 
pour 1 Valise de Strasbourg, de l'an ii3^. Il sousrrivit , sou^ 
le lilre iW TliieileriiMs cornes patfia de Ahalia , les telres d'Al- 
bert, aretievêijue de Mayence , données, en ii3(j, pour Ic 
monastère de Kaleleiibuiirg , et sous celui de Theodencvs cornes 
rcgi'ouarius la charte de Matliilde, aliliesse d'Andlau , de ti44' 
Il eal même qualifié Theuderinis eûmes piwindalii de injeriori 
parle Alsacie dans un di]ildiae de l'cmpereLir Conrad, de la" 
même année 1 144- Tliierri mourut le 5 sepiembre , avanIF 
l'an ii5o, comme le prouve uli acte de l'abbaye de fieu-* 
bourg de celle année, où il est parié d'un uinversairc prà 
retneàit) iinimiv pruvinctiiUs eomilis l'heudorki iioslrii femporihia 
drfunrli 11 laissa un fils, tiodefroi 11, qui suit , el une Glle^ 
mariée à Sigebert, comte de Werd. 

GODEFROI II. 

1 i5(i. CoDEFROi II , fils de Thicrri , est nommé cames pro- 
piacialis dans deux Charles, l'une pour l'abbaye de Neuvillers 
de l'an 1 i5q, et Taulre pour celle de Neubourg de 11 j8. Il 
mourut quelque tems après sans laisser de posiérilé. L'empe- 
reur Frédéric l". retint alors le landgraviat de la liaîsé Alsace ; 
et ce ne Tut que sous Henri VI , son fils et son successeur,' 
qu'il passa au comte de Werd. 

SIGEEERT. 



iic,2. SiGEiiERT, comte de M'crd , fut nommé au land- 
graviut de la basse Alsace par l'empereur Heuri , qui l'en in- 
vCElil eu <ii):>. J,a maison de Werd, originaire d'Alsace , qui 
tire suti «10m du chflleau de Wenl, situe près de Benfeldcn ,i 
n'est point connue avant le commencement du douzième siêcle.> 
l.e premier comte de ce nom, qui paraisse dans nos anciens' 
monuments, est un Sigebert I , témoin d'une charte de Cunon, 
«vft|ui*-de Strasbourg, de Tau 1 log , et qui est encore rappelé- 
avec le comte Frédéric, son frère, dans un diplâme de l.o- 
thairc II de iialj. U-élait dès-lors puissant dans celte province, 
puisqu'un autre diplôme du même empereur, de ii3o, l'ap- 
pelle Sigf6er/iif eoinn de AUalia, Sigebert 1 , mourut en 1 i5o , 
et eut un fils, du mémo nom que lui , surnommé de F'ranckcn- 
bourg,du cbâteui de ce nom, ou il faisait son séjour ordioaÎTC. 






DES tAIOOCBAVES bE LA BA.S&S AUACE. 4' 

i al appelé Sigeiertus cornes de Franrkenturg dans [es diplAmes 
!i IVinpprPur Frétli'rir , <Jp i iS3i'i 1 157, et dans une charte de 
on,ducdeLorraiae:ilei i7a.llviva<l encore en iiyget iiSr 
e le prouveiil dcus bulles du pape Alexandre 111 de cet an- 
dans lesijuplles il est qualifié comes SIgisbertus de Alsaiia. 
Hilreune fille , marier, à Burcard de Haul-Gcroldscck, il eut 
, qui fut Sisjcbei't 111 , ei qui est l'oljjct de cet article. Ce 
briner est nommé Sjgtberlus de tVerde dans un diplùmn de 
ri VI de ii85, el Stgehertus cornes de Alsatia dans un 
i du même prince de iii)3.. (Juaii^iic le mot /aiidgraviat 
l expressément cnoiicé dans les lettres de cet empe- 
, de la même année iiga, pour l'abbaje de Neubourg, 
jeberl ue prit cependant qu'en laio le titre de landgrave 
Alsace , s'élant auparavant conicnic de celui de comie. Il le 
une Sigelierlun landgraeius Atsatie dans une charte de dons— 
qu'il fit celle année au monastère de Ncuhourg. Sa signa- 
-se trouve dans une foule de diplômes des empereurs 
irî VI, Philippe et Frédéric II. Sygeiertus Dei gralid coma 
H^erde et tïeùu-icuifUiui ejus romites AhttUenses , portèrent , 
ïut), un iugctneul qui adjugea •'i llermsn et Henri, mar- 
graves de Bade, l'héritage de ûerlrude , dernière comlessB 
3e Dahu. Sigebert vivait encore au commencement de l'an 
.■î^, comme le prouve la bulle du pape Grégoire IX, du 
r , qui le qaaliûe nohilà eir SigoAcr/iis cornes de AUatia. 
Il la m^me année , laisssint six enfants d'une fille du 
I Thierri. Ce furent Honri , qui suit ; Sigebert , en— 
nt en iao8, et mori avant l'an iïio; Hugues, comte 
Islciii, rappelé avec Sigeberl, son père , et Henri , soi» 
frère, dans une charte de i:iiu; Thierri, comie de Hixiugen , 
ainci nomme du château de ce nom , où il faisait son séjour , 

3 ni nViail encore qu'un enfant en laa;) ; Conrad , surnommé 
ti ilisU'n, doni il est faîl menlion dans les lettres de Hugues, 
son frère , de iz-ïi ; et Sigeberle , femme d'Anselme , seigneur 
Je ftibcatipierre , morte en laft-S. Hugues , dont nous venons, 
de parler, s'eiahlil au château de LuUtlsrein , ou delà Petite- 
PiciTe, silué dans les Vflges ; aux confins de l'Alsace et de la 
Lorraine, en prit le num, et fut l'auteur de U maisun des 
comtes de J.ulzelstein, éleinre en <4^o. cornes Hugo de LuceUns- 
teitt fui témoin du diplôme de IVcderic 11 pour l'abbaye de 
Neuiionrg, de 1216. Nobilis vir dominas Hago de Luieleinsiein 
offrit en fief, en 13^3, ï Tégltse de Strasbourg le château de 
J.ulzclstein et ses appartenances. Hugo cornes de Parva-Peira 
est nommé vas&al de Khthicu , duc de Lorraine , dans un 
,-»cte de is-^jô, Thierri, comIe de Kixingen, frère du comte 
Hugues, vivait encore en 1141 , et se nomme Theodeiieus , 



I 



I 




46 CHBOMOIOGIE HISTOBl»ÎCE 

cornes de Ruckesiiigen , Jîllus funndain i:omi(is Sigeherlî, dans 
une charte de doO'iLion de \a même année. U fut pire de Jean 
de Itixingen , qui était, ea i253 et is.^^ , chanuine de la 
cathédrale de Strasbourg. 

HENRI. 

laaS. Hekki, comte de "Werd , fils aîné de SigeWrt , 
rappelé dès l'an i-jn'i , avec son père, dans les diplômes de 
Frédéric li, lui succéda, en lasEl, dans le landgraviat qu'il 
gouvernait conjointement avec lui depuis plusieurs aunécs. Cet 
empereur donne i Henri le titre de cumet proviticia/is Aisatic ôans' 
des lettres accordées , en la^i , à U ville de Str.isliourg. //eûi- 
rieus , comcs de JVerde , landgravius Ahatie, fit , en 12:1^ . 
une donation pour l'abbaye de Meubourg. lieinricus eamisde 
Alsatia signa en i33o , le diplàme de Henri , roi des Romains, 
en faveur d'tgenon , comte de Frîlioura, Heinn'KUS cornes de 
Werdael landfçraeius Alsalte o&\\\ en fiel, en la.ia , ses biens 
de famille à l'église de Strasbourg. I.e même engagea , au 
mois de juillet ia38, i Ellsabeih de Montfort , sa li?mme , 
le village de HipsVieim , pour lui tenir lieu de six cents marcï, 
d'argent qu'elle lui avait apportés en îlot. Henri mourut la 
même année, comme le prouvent 1rs leiires de Mathieu , duc 
de Lorraine , du 22 septembre i23K , par lesquelles ce duc' 
accorde en Gef à Elysabelh-rellctiz dilenli fidelis sui Htnn'ci quon- 
dam comilU de Alsatia lione memorie , el à l'enfiant qui venaic- 
de naître d'elle, tout ce que le défunt landgrave avait possédé 
au même litre. Henri laissa en mourant I^lisabetu de Mont- 
FORT, sa femme, enreinle de dcu\ fils, dont l'un, nommé 
Henri-SigeLtrl , est celui qui suit , el dont l'auire mourut 
quelque lems après sa naissance. Ëlisalieih se remaria , au mois 
de février 12^^, avec Ift comte Kroîchon Wildgraff (mnie*' 
Sylfeslris) : elle vivait encore en 126(1. Le landgrave Henri 
eut aussi deux fils naturels ; le premier , nomme Gervand , 
-vécut au moins jusqu'en lafi? ; le second , appelé Jean , tué 
le a mars lalia, à la bataille de Hugsbergeii , fut enterré- 
dans la comtnanderie de Sléphansfelden. Il est qualifie dans 
, l'épilaphe de Johtinne$ miles de WertU. L'étoile, jointe aux 
armoiries de l'écu , forme la preuve de Lâlardlse. 

HENRI-SIGEBERT. 

iaj8. HEKHi-SlfiEBEllT, comie de Werd, fils posthume de- 
Henri , auquel on donna les noms de son père et de son grand-^ 
père, obtint le landgraviat en naissant , 1 erapereucay^nt alor^ 




BRS LAMDGBAVES DE LA HASSÏ AtSACE. ij 

^ndu à la veuve de Hcnii les fiefs dont son fils devait jouir 
idsnt sa minorilé ; Adolfe , comlc de Waldcck, pipsida pour 
!uî , (lar ordre de l'empereur, aux jugemenls provinciaux. Il est 
noiDiné juslinartus proeiariails dans les diplômes du loi Guil- 
laume , de 1 3S5 . Heinrkus cornes , landgravius Ahaiiie , hone mt- 
morie , el JiUitx poslhumus romîlh memorafi, sont lanpelés dans 
(les lettres de Berthold , évéque de Strasbourg, du 38 mars 
laiîij. Cunonde Bergheim, dans une charte de. laSo, le nomme 
puer, qui dicitur Henric.as, r.omts Alsatie. L'année précédente, 
1349, Guillaume, roi des Bomains, donna l'expectative du 
landgraviai de la basse Alsace au comte Êmirhon , qui avait 
épousé 1.1 veuve du diifunt landgrave, dans le cas que son fils 
vml à décéder Siiiis héritier légitime. Conradin , roi de Sicile , 
dernier duc d'Alsace et de Suabe , se rappelant que tes comlcs 
deWerd; ptreetaieulde nenri-Sigebcrt,avaienl été contraires 
à sa maison, donna, l'an 1260. en fiefà Louis de Lichlemberg 
le landgraviat, qu'il prétendait dépendre de son duché. Mais 
~"'te concession n'eut aucun effet. Gauthier de Geroldseck , 
Iquc de Strasbourg, prit, en laGi , les armes coutre sa ville 
le, touchant plusieurs droits de souveraineté, que celle- 
Qtestait Rodolplie de Halisbnurg, landarave de 1» haute 
Alsace, prit le parti de la ville, et Henri-Sigebeit de W^erd,' 
landgrave de la Dnssc , se déclara pour l'évoque. L'issue de celte 
guerre ne fut point favorable aux épiscopaux. Jean de Werd, 
frère n.-ilnreldu landgrave, fut tué, le S mars i3lJ2,àl3 bataille 
de Ilugshergen, où les Strashourgeois remportèrent la victoire. 
Ilenri-Sîsebert fut lui-Tnême fait prisonnier ; il ne recouvra sa 
Uberté, qu'en abandonnant le parti de Gauthier, pour se joindre 
"Ja ville, aveclanuelleil passa, te ^3 juillet suivant, un traité 
illiance II prend les litres de comte Henri-Sigr;berl de Werd, 
idgrave d'Alsace, dans l'acte dressé à ce sujet, et qui est le 
imier titre écrit en allemand , que nous avons découvert dans 
archives d'Alsace : toutes les chartes antérieures sont écrites 
latin- ( Voy. l'Ilist. dsVég. de Stmsb. , lom. Il, pag. aiS.) 
nri-Sigebeit transigea, en ia.65 et laÔfi, avec Elisabeiii Je 
Ifort, sa mère, au sujet de différentes terres que Henri, son 
lui avait arcordées en dot. 11 fut, en layS, un des témoin* 
serment que l'empereur RoJolphe pr^la, à Lausa>me , au 
Ipc Grégoire X ; et îl est nommé landgra-'ius Atsalie iafin'u/is 
is deux dipli3mes que ce prince fit expédier la mëme'année , 
faveur du saint siège. H mourut, le l'i février 12-JI, ûgé de 

;£htm;ue , fille d'Alexandre de Dick et nièce de Henri de 
iick , évèque de Strasbourg î.elle vivait encore ep latli. Il en 
|t trois enfants : Jeau , qui suit; Sigebert » qui est nommé 



48 aitOIIOIXKIR RISTOUQtTB 

chanoine tic In callicdrale <le Strasitourg, Jans îles arriesde i 
«t 1 2Ç|8 ; et lleiii'i , rappelé avec Sigtbef t , son frère , <lam uni 
charte de laHii. I.e haUgrare HiTrr-Sigebert se remai 
i36<}, avec Bebthe, fille iJ'Ulric, seigneur de K3[>|>oUtcia ij 
oucle hibeaupierre, laquelle vivail encore en iaç)2. hlle le fi 
ausii père de trois fils , Ulric , Egenolphe et Philippe , dont [t 
noms paraissent dam une charte allemande de lierlhe, len 
m'Te, de l'an la^ii. Nous parlerons ci-aprfsd'Dlric. EgénolplieQ 
qui vivait encore en i.'IuS, mais qui était mari des Va 
prenait aussi, datii !e» chailts , les titres de landgrave di 
et de landgraire d'Alsace, fhilinpe, qui ctail, de» lay; 
ooiiie de Sirasbourg, mourut le 2^ juin i3rj2. Il fut enlenwl 
dans l'église de Sainl-Giiiliaume de cette ville, où 1' ' 

sujourdhui {lyHS) son tombeau et son épilaphe, ilans laquelUtl 
il est notnmé durmnus Pldiippus lanl^raelas AUar.ie ,~ ramimi:tÊf 1 
majoiii eccUsie Arumtinensis. Henri-Sigelwrt eut encore deurn 
Elles: Tune, Elisabeth, ou Elise, mariée , vers i^tii), à Anselme I 
de Ribeaupierre , mourut après l'an 1390, cl fut enti^rrée dau J 
l'église des Augustins de Biticauvillc : l'aurrc , Susaniie , était y 4 
en tHoi , feaime de Gauthier, ou Walther 11, si:igneur dÀl 
Haut-Géroldseck. 

JEAN I. 



1278. Jean I, comte de Weid, fils aîné de Henri-Sigebert 1 
et de Gertrudc de Dîck , succéda à sim père dans le landgravia^ I 
de la basse Alsace. Ses frères y eurent aussi quelque part , ej i 
portéreni , comme lui. le litre de landgrave; mais Jean jouiV ] 
toujours de la principale aulotité. L'empereur Rodolphe tCf^ . 
mina, en 13H1 , le diiférenl qui s'était élevé entre lui cl l'abbayS 
d'Ersteln , super injuriis tjua nubilis oir Johannes lanlgravias lii/È-* • 
r'orU Alsalie eu inconsalta tcvi/ate temcre juventatis irrogm-il coii^ . 
fnlui domùiorian in Erstrm. Te m^me etupereuradressa,en 12^4*' 1 
notiill inru tandgroi'io iii/en'onW AtsarU des lettres par tesquellevl 
il déclara la ville de Strasbourg indépendante de la juridiclion y 
tan il gravi aie. Jean se déclara, en iz^p, pour Conrad, évéqu4 
de Strasbourg, et Jean de Lichleraberg, soii frère, dans In 
guerre que l'évéque eut à soutenir contre l'empereur Adolphe 
et Ollon d'Ocbsenslein , landvogt d'Alsace. Adolphe s'emparay 
en i^i^A, des cbâieaux de 'Word ri d'Krstein, qui apparlenaient 
au landgrave. La paix, qui se lit bienllM après, le rétablit daiu 
ses domaines; mais il se brouilla de nouveau avec Adolphe, 
en V2g«, en prenant le parti d'Alberl d'Autriche, qui lui dis- 
putait l'empire. La victoire, que celui-ci remporta, leajuillett 
i la bataille de Goeinheira, à laquelle u trouva le landgrare 



DES tA\'B6R^VË5 DK LA BASSE ALSACE. 
Jpbrt, assura une puissante proU'cMon à ce dernier. I.e tandgravu 
de la bn.sse Alsact^ imira , ini i-'-m , ilaiis la confeilmiion uasscfi 
Mitre l'etiipereur Alberl , les eM'i]ucs et les villes de Strasbourg 
et (le Tlàle, cl les deux laiidgrAvis de là haute Alsace. Jean 
ifrourut iMi i3.j8, et fut eiiterriî r.\\i:z les religk-uK de Saiiil- 
Franyoi* de Schélesladi , donl il iivail été, l'an iaKo, un des 
[jnntîp.i» douleurs. Oti voit encore aujourd'hui C17W) sa 
lùmbe dans l'rglîie des KérolU'ls de celle vdle. Il avail épousé , 
*n làySi AcaÈs, fillP de Henri de LichtemberR, dont il n'eut 
([ii'un fils , appelé Siglsmond, kavnimiine le damuifeau d'ErsUîn^ 
àcaiise du sejolir quM faisait en cei euilroil 11 moui m le 10 mai 
de la m^me année que son p^re , et fut inhitmé i côlê de lui 
sàus uiie mfme pierre. SigiSmonJ avaii pour femme AOEtAÏDIC 
ue BLAKCKEr'Bi RG, dont il eiii Agnès, qui épousa, avant 
Tën li^S , Jean, comte de Habsbi>iir{>- J.aufrenBoiig. Agnès, 
^\ii s'irvêciit il soa mari, moui ut le 1:1 juin 1 35i , et Tut enter- 
rée dans l'abbaye de Koenig^feldeo, en Suisse, où l'on voit son 
épiraphe. ynaul à Adélaïde , sa mère , celle-ci , après avoir 
pourvu à l'éducation de sa fille , se relira dans lé couvent des 
Oarisses de Siraibuurg, dont elle prit l'habit, et où elle finie 

R jours dans les exercices de la pieté. 



ULRIC. 



Sn8. Ulbic, comie de Werd , fils de Hcnri-Sigebert , et 
Berlhe dé Kap(inlsiein , .-iurcéJa , en l'iofl , a Jean son fi-èrè. 
fio et ait déjà le litre de landgrave, en i2;5, du liinnl de son 
et de son frère; el depuis l'an ta;)!, il se qualîlie frequem- 
1 landgrave d'Alsace, «laus les actes (jui nous restent dé 
lui. Ulric et fcgi?nolphe . son frère, sont nommés lous deux 
landgraves de celle province, dans un ■mil'' d'alliance qu'ils 

Iisent, CD i3oH , avec la ville de Slrasbourg l.e mi'mc Ulric, 
jdgrave de la basse Alsace, renouvela cette alliance, en i3ia, 
^joini^menl aiec s.m aulie frère , Philippe, chanoine de la 
liédrale. b'/ririi.t A/sa/iœ landgraviiis , lui en i3iG, investi 
r Frédéric, duc de Lorraine, des (lefs qni relevaient de ce 
Û\é.. Uurant le sclii^me qui s'éleva dans l'empire entre Louis 
' Baviérf et Frédéric d'Autriche', Ulric se déclara pour le 
fmier , «ui le notniiia , en i3j4t bndvogt , ou avoué pro- 
rrîal d'Alsace. 11 Joignit mOmc ce lilre à celui de landgravft 
ns quelques actes de celte anni^e, qui nous reslenl de loi. Il 
ninpai^na ce prince cil Italie , en i'i-j.& , et assista i son 
conronnement qui se fit à Rome. tHric vendit, en iSJia, la 
ville de Hrunial avec ions les villages, droits et vassaux 
qui en dépendaient, i Hatiiieman el Louis de Lirhiemberg. 
XIV. 7 



Bo tHRONOtOGIE HiSfOBlçVB 

pour la somme île a,5oo marcs d'argt^nt. Celle vPnle se fit: 
çonjoiniement avec Philippe , son autre ir'erc , et Jeau son fiU. 
Specla/i'iûvirJonûiius Vlncuslandgraoïiis inferioris Ahacie , unit, - 
en i33fi , l'église paroissiale d'ïlcy, aux Guillelmiles de Slra— 
bourg. Il reprit, la ménie année i3iJ6, de Berthnld , évéque 
$lrasLourg , les fîefs qu'il tenait de celte église, tant au titre' 
de laniigrdTe d'Alsare, qu'à celui de graiiJ-chambellan et de 
grand-pan eiier de l'év^i hé. Il fut invesli , l'an i337 , des fiefs 



s de l'abbaye de Mourbach. Depi 
trouve plus dans les chartes le nom du landgrave 



Ulri, 



oiqu'il 



rie soit mort qhe le i6 septembre de l'an i344- H eut sa sépul- 
ture dans le chœur de l'église de Saint -Guillaume de Stras- 
bourg, au-dessus de Philippe, son frère. On y voit encore 
aujourd'hui sa tombe et son epitaphe, .lù il est nommé ftonoroi(V/s 
dominas Ulricus lanlgravtus Atsatie. Ulric avait épousé , avant 
l'an i3d8, Susanne, fille de Je^n de Lichtemberg, et d'Adélaïde 
(le Werdenberg , qui survécut à son mari , et fut enterrée dans 
l'abbaye de Lichtenihal. De ce mariage il eut (rois enfants: 
Jean , qui , suit; Adélaïde , mariée â Frédéric , comte d'Oetin- 
gen ; el Ëllinc, qui vivait en iSog. Celle-ci embrassa l'état 
lôonastique , dans le couvent des Dominicaines de Saint -Marc - 
de Strasbourg, et mourut après l'an l'àS^. 

JEAN II , FÏIÉDÉRIC et LOUIS. 

i344- Jean il , comte de ^Verd , rappelé dès l'an i3a4 ,' 
dans les lettres d'Ulrïc, son p^re, FbËderic, comte d'Oettngen, 

tendre d'Ulric, et Louis, aussi comte d'Oetingen , frère afné 
e Frédéric, succédèrent dans le landgraviat, et dans tous 
les autres biens de la maison de Werd. Ulric et Jean , son 
fils, s'étaient, dès l'an i336, associé Frédéric el Louis, tant 
dans les fiefs, que dans les alludiaux. Berthold , évoque de 
Strasbourg, inieslit en commun, dans la même année, des 
fiefs dépendants de son église , les deux comtes de Werd , et 
les deux comtes d'Oetingen , qui reçurent en conséquence des 
ïnveslitures simultanées. Ce qui engagea Ulric à mettre ces 
derniers , en société avec Jean son fils , ce fut la crainte que ce 
dernier , qui était d'une faible sanlé , et d'un esprit borné , n» 
laissât point d'enfants. L'empereur Louis de Bavière , qui hono- 
rait de sa faveur le comie Frédéric , approuva cet arrangement. 
Ulric lui-même, accablé de vieillesse, leur remit, en i34o, 
la régie el l'adminitlration entière du landgravîat. Depuis cette 
apnée, on ne trouve plus en léte de? titres , que les noms des 
comtes Frédéric el Louis , el du comte Jean , leur beau-frère. 
Ib firent mâme dès-lors plusieurs aliénations et ventes de terres 



DES LAIJDGRAVES DE LA BASSE ALSAi 



ndépenjai 



St 
itduland- 



rju on ytrojvele con 

rétléric, coriilei J'Uclingen , prennent 
■ tirre de ianiiftraves de la basse Alsace , dans l'acle de confé- 
déralîon que Berlhold. évêque de Strasbaurg , et les villes 
impériales , firenl en i343 , pour maînlpnir la paix dans la pro- 
vince. Ils prirent, en i'<45, le litre de landvo^rs d'Alsace, 
titre qu'ils joignirent , pendant deux ou lia ans , à celui de 
lantlgravrs. Ils firent, au mois d'août i35i , l'échange des terres 
du landgraviat avec l'empereur (Charles IV, contre les villes 
impériales de Dunrlelspiihel et Gopfmgen , situées en Suabe , 

aui étaient plus à leur convenance, comme ^ôins éloignées 
u comie d'Oelingen. Cet échange , (j uoi que 'rai i liée par les 
électeurs, n'eut pas lieu. L'empereur le rompit lui-mêma 
en i352, lorsqu'il vit que tout te landgraviat n'élait pas fief 
flerempire, et qu'il reconnut qu'une grande partie des do- 
maines qui le formaient était fief des évêques de Strasbourg et 
des ducs de Lorraine. Frédéric, comIe d'Oelingen , étant mort 
au mnis d'ocrobre l'ià-j , Louis son lîls entra dans tous ses droits 
au landgraviat. L'oncle et le neveu , nubiles ind domini hudovicas 
senior et Ludovicus junior , comités de Ottingen , lanigrovil Aha- 
lie , vendirent , aux mois de juin et de juillet i358 , le cliâleau 
de Werd, et toutes ses dépendances, qui formaient une grande 
partie du landgraviat, à Jean de Lichtemberg, évéque deStras- 
Boorg , et à ses successeurs , se réservant cependant te droit de 
Tetrait, Adélaïde de Werd, veuve du comte Frédéric, qui vivait 
encore , mais qui mourut peu de tems après , donna son cor,— 
seniement à celle vente. File ne fut cependant enlièremenC 
consommée que le aS janvier i35g. Les deux cdnrfes J.ouîs ven- 
dirent alors purement et simplement, sans stipuler la facullc 
du rachat ou du réméré , à l'évéquc Jean et â son église , pour 
vingt mille florins d'or, tous les domaines, biens cl revenus,' 
qu'ils tenaient auparavant en Sef de son église, et pour dix 
mille florins le château de Koenigsbourg , la ville de Saint— 
Hippolyle et ses dépendances, qui provenaient des ducs de 
I>orraine, Les sommes ayant été délivrées, Louis te vieux et 
Louis le jeune , Iranf^rent à Jean , et à tous ceux i|ui lui succé- 
drraienL dans l'évéché, le litre et le domaine du landgraviat de 
la basse Alsace, la juridiction et justice provinciale qui en 
dépendaient , avec tous les vassaux et droits de vasselage qui en 
relev^ienl. Celle aliénation, à laquelle Jean de Werd consentit 
le lo novembre i35g, fui ratifiée en i363, par l'empereur 
Charles IV, et les deux comtes d'Oeiineen conservèrenl, jusqu'Sr 
celte dernière époque, le titre de landgraves d'Alsace. Jean de 
Werd, qui survécut plusieurs années a cette vente, le retint 
aussi pendant sa vie, et en pi'it constamment dans toutes le^ 



k 



Sa CBnoiioi/)aiR ristohiqux i 

chartes- 1^ ijiialilic^tioii. L'évoque Jean, qui avait acb^lé l4~ 
Ipncigraviat, le noniine lui - fnèrne ttnhiiti fîr Jijiaiiaex ùind-^ 
p-afii^s /ilsqi/'e dans un acte de i3liij; ci U villi^ tlu ^^ll'asi>^ul-c; , 

■ ^oni if fut reçu bourgeois en 1^70, i<? qualifia i(«i/7û dunû-, 
ce/lus Juhaniics landgraQÎus Ce fui alors qu'il s<) icUia ijiiilf 
celtP villi- , où il vécut Ou peu .le revenus qui lui fut affi^cit- suç 
Ip landgraviar. Il mourut le aS juilltl ià^H : An. 1.^7'), atutn 
cal. Augusli 1 u&iil dpmîcellita. Johahnfs luiidgrai'-iis AlsaitiS j ' 
VI 9«o cessaait progenies landgraviorum Ahatie , tJît Albert J^ 
Strasbourg, qui écrivait alors sa clironiqne. Il li)l eniené ii, 
Buclis\veiïer,,iJ?n* raucieune chapelle caslrule lies LicliK'ni-i 
berg, où Ton voit encore son Inmlteau et son épiiaplie. Coni 11^ 
Jl élail le dernier de la famille des Werd, il fut mis dans 14 
tombeau avec son bouclier el son casque, suivant Tançien usaea 

' des alleiqsods. Jean avait ëpousi^ Auflaïde, Tille ije Jean 114 
l.icliteml'erg et de Meiza , comtesse de Saarbrucli, , i l^qurll^ 
^udcmap de Lichtemberg, sou oncle, donna pourdul , en i33^, 
^^l cents marcs dVgent. Adélaïde mqurut av3[il son mari 1 ^('^ 
(m laisser d'eiilauls. ■, 

JEAN DE UCH'JliMUEi'.G. 

i35c). Jean de LicaTEmBEriCi , issu d'une aiidean^ Qt iUusU^ 
maison d'Alsace, frère d'Adélaïde, ^ouse iXi: Jean, d^'nlfl^ 
landgrave de Werd. réunissait en même letns dans s» peçsona» 
\t% dignités de grand prévùl , de grand doyen et di' gi'and ch^nlrv 
lie l'église de Strasbourg, lorsqu il fiit élu unaniuiiinqRt évdqut 
je celte ville, le 2. décembre i353, ^ la place de BerlHold d* 
Bncheck , inorl le -^b novembre prêchent , après l'avoir mconhi ■ 
mandé aux ch-iu"iii<'^ poar être son successeur. |.e cboii nu^ I9 
çb:*(iii.re fit de Jean vie I.icUtemberg, fut généralemenl applaudir 
Cl surtout dit Charles IV, dont il était quraflnier el secrt-taire , 
ft qui l'avait nommi', tn xii^'à, son Undvogt impérial dant 
l'Alsacu e\. le ipîrgav/. l,ot empereur lui cgnlinua la même ainjt 
tiu ei la mfmp ronhance après son avénemeçit k l'épiscipat , e.t 
le qualifia dan-i ^ca (li|;l.<^mes, itiieraliHis Johaifcs Argrafîarasî^ 
fjiîifofiusi pniifefit çoniHùiiius et i:mtsangaiae"s nosier iraUsimus, 
4IÈS que l'érèque Jean fut en possession du landgraviai de U 
iasse- Alsace, il racheta, en i3G3, la ville d'ErsH in, que la 
landgrave Ulric avait engagée, en i^jiç) , au^ seigneurs île l)or-i 
fcourg ei de Géroldstck, pour la somme de duu» mille Oorin* 
J'or. Cette acquisilioft cpAta doue à ce| évoque trente deux mil!» 
Âorinx d'or, ^liOitne exorbilatilc pour le lems. Il eut, dil-un, 
quelque scrupule d'aioir acheté si cher la qualité de l.iudgravo; 
JÙ delicatefue di; 43 conscience, lablig'.-a mi'me d'eu deqiaiidec 




SES LASnCBàTSS DE LA. BA«SK ALSACE. ti 

j P^P^i Innocetil Vl, un pardon , qu'il obliul facilemfnt. Il 
jiit taètne congratulé d'avoir acquis . à son siège, un si bNU 
domaine et une dignité , dont ses prédécesseurs avaient toujours 
sonhaite la possession, i\ n^urut à Strasbourg le i3 srptmnltre 
i3t>.S, gépérafiement rçgretlé 4*i peuple, qui l'hgnoTa \uaf;~ 
tems comme un saint, et qui accourait a son tombeau pour en 
&lenir des guérisons. H fut inbiimé le lendemain dans la cathé- 
[aie, en la chapelle de Sain t-Jean- Baptiste , qui forme aujour- 
■ a sacrisl^e d^i, grand thœur. 
s terminons ici la lîsie chronologique an landgraves de 
la Basse Alsace, Celle des évêmies de Strasbourg, oui en por- 
tèrent ensuite le litre, entre dans le plan de t'hisloire de cette 
église , dont M. l'abbé Grandidier, auteur de c^s mémoires, a 
public les deux pruniers volumes. Nous remarquerons seule- 
ment que les terres du landgraivial furent, pendant quelque tems, 
séparées de telles de l'évécné, et administrées particulièrement 
1 grand chanoine de la cathédrale. Frédéric, neveu de l'é- 
, et fils de Simom Aa Liahlamliei^ y est nommé chaooine, 
i^minislraieur du landgraviat d'Alsace dans un acte allemand 
iSyS ; ce qui fit que ni l'évêque Jean, ni ses deux Succès^ 
, Jean, comte de Luxembourg, et Lambert de Borne, ne 
t les armoiries du laiidgravial. Frédéric de BLanc- 
ïliheim, nommé à ce siège en t'iiS, fut Iç premier évÉque qui 
n servit après que l'empereur Wet(cesl3s Veut investi , le ig 
pveinbre i384i des Gefs régaliens, et notamment di| Undgra- 
t de la Basse-Alsace. Depuis ce lems, les évÉques de Slras- 
s'inlitulirent landgraves d'Alsace, yi joignirent aux ar- 
;s de leur siège celles du landaravi.it, qui sont de gueules, 
[14 bande d'argent, engrêlée et bordée de fénille^.de me, et 
Btrelacée de petits globes de ni^mc çogleur. Us eurent au^ïi 
p cette qualité le droit de convoquer, et de présider les états de 
■ B^ç-Als^ce îusi^u'cm leojs que celle-ci ce^sa de faire partie 
fc l'awgire gerniî(niquQ. 




CHRONOLOGIE HISTORIQUE 

DES COMTES DUBACH 
ET DE FRIBOUnG , EN BRISGAW (♦). 



di 

I 



ijES comtes de Frîbourg, ainsi que la maison régnante dé 
Fursteinberg , tirent leur origine des anciens coiiilcs d'Urach , ; 
connus dès le milieu du onzième siècle. Ceux ijui onl écrit' 
l'histoire de ces derniers prétendent que leur nom dérivait du 
château d'Urach , situé près du ruisseau de même nom , dans 
b forêt Noire , entre Fribourg et Villingen. C'est une erreur. 
Il est vrai que les comtes d'Urach possédèrent plusieurs sei— " 
_ gneuries dans cette forêt par l'hérilage qui leur échut , au com- 
mencemenl du treizième siècle, des ducs de Zeringen. Mais 
le vrai rhStcan d'Urach , qui a donné le nom à ces comtes , et 
dont il ne reste pl'is que les ruines d'une tour, se trouvait à 
une lieue de Neudstadt et à un quart de lieue de Lentzkirch.' 
Le sceau d'Kgenon, comte d'Uracn , qui se trouve à une charte 
de 1181 , représente un lion saillant , armé et lampassé. 

RODOLFE , COMTE d'Achalm. 

Vers loSo. Deux frères, nommés Egeîion et Rodolfe ; 
vinrent, celle année, s'étalilir à Reullingen , en Suabe , près 
du Necker, Egenon, qui élait l'aîné, fil bâtir un grand château 



tnHOW. HIST. DES COIATES ll'uitAfiH ET DE FUrBOtJlIG. Si 



snr la monlage «l'Achalin. 
vis-à-vis la ville impériale 
"Wurtemberg. Egrnon me 
fi-Ère, qui lui succéda, achn 
épousa Adélaïde, Slle île 



iloiit on voit encore les ruines 
de Reulliijgen, (tans le duché de 
irul sans enfants. Rodolfi* , son 
a [e cliAicau d Achalm. Ce dernier 
Liitald, ou liulhon, conile de 
Vt'iîlflingen , parenle du pape saint I.eoii IX, sœur de Hunfrid, 
chanoine de Strasbourg ei archevêque de Ravenne. Rodoife 
mourut à Oetlingen, vers l'an lo^o. Adélaïde, sa femme , tjui 
lui survécut, fut enterrée dansl'éelise cathédrale de Strasbourg, 
devant l'aulel de saint Laurent. ETle avait arcordé à cette église, 
conjoinlemenl avec Hunfrid, son frère^ le monastère d'Km— 
brach et le village voisin de Seuzach, silués aujourd'hui dans 
le canton de Zurich, Le mariage de Rodolfe , comte d'A- 
chatm, et d'Adélaïde fut féconJ. Ils laissèrent dix enfants ^^ 
savoir, 1°. et 2°. Cunon , mort le i(i octobre 1092, el Luitold, 
son frère . déce'Sé le S aodt loyS, tous deux comtes d'Achalni 
el de Wulflntgen, qui choisirent leur sépulture dans l'abbaye 
bénédictine (le Zwifallen, tiu'ils avaient fondée, en loRg, 4 
une lieue du Danube, près de leur château ; 3". et i", Hunfrid 
et Bérenger, qui moururent dans leur enfance sans postérité ; 
5°. Lgenon , qui suit , bâtit le cliâteau d'Urach ; 6". Rodolfa 
qui fut tué fort jeune aux environs de Strasbourg; 7". Weria- 
haire, ou Ouarnier, chanoine de Spire , qui fut nommé, en 
io65 , par l'empereur Henri IV, évéqne de Strasbourg , sur la 
recommandation de Weruher, comte du haut I^hngaw, soa 
parent. L'ailachement que Werinhaire montra toujours à ce 
prince, le fit excommunier et déposer, en 1076, par le pape 
Grégoire VIL 11 se soutint cependant sur son siège, qu'il 
occupa pendant quatorze ans. Possesseur du landgraviat du 
Brisgaw , que Henri IV lui accorda en 1077, il fut tué, le 
14 novembre 1079, près de l'abbaye d'Hirsauge, dont il 
voulait s'emparer au nom de son souverain. Son corps fut 

Krté il Strasbourg, où il fut enterré dans l'église cathédrale 
s trois autres enfants de Rodolfe, comte d'Achalm, furent 
8". WiUiburge, 9". Mechlilde, et 10". Béalrix. Williburge 
épousa (ionrad, premier comte héréditaire du Wurlemberg. 
Mechtilde, mariée à Cunon , comte de Lecbsmund , fut mère 
de Burchard, évêqiie d'Uirecht, et de Cunon de Horbourg, 
dont descendent les anciens seigneurs de ce nom , établis 
autrefuis en Alsace. Béatrix fut abocsse d'Escliau dans la même 
province. 

EGENON I, COMTE d'Urach, 

Vers 1047. Egenon, et par abréviation Ego!(, V». fils da 
Bodolfe , comte d'Achalm » et d'Adélaïde , comtesse da 



Wiiiflingen, bSlil Ip diAteau .l'Urach. Il prît parti dans M j 
fcliisuie , avec l'évêque Werinliaire, son frère, pouf l'empé- J 
leur Henri IV; et fut enterré dans là" cathédrale de Siras- * 
houi^, à tôle d'Adélaïde, sa filère, et de Hodolfe, son frère. ' 
Il vivait dèa l'an 1047 ^ et cul de fiERTHE , comtosse dé , 
Calb, quatre enfants, qui sqnt , 1°. tgeiion il, t}ui suit; 
2°. G'-hfliard , chanoine de là -cathédrale de Strasbourg , qui se 
retira dans l'alihaye d'Hirsauge, dont il devint abbé le premietf ] 
août 1091 , et fut élu évécjue de Spire en iin4 (il mourut t(j i 
jirpmiPi' mars iiiii);^». (.ouon, évéquéet cardinal de Préoeste,' 
011 Paleslrine, (Jue les papes Pascal et tielase envoyèrent etf | 
Orient et en Allemagne comme légat du saint siège ( U asserri- 
tla, en tii'l, deux conciles à Cologne et à Pritziar, où il | 
lança l'excommunication conire Henri ¥. Conon aurait été élu 
papp en mg, si sa modestie île lui éùl fait détourner la tiare I 
lie sa lêie pour la porter sut- celle de Calixte il. Il mourut eH 1 
I1Ï2.); et 4°. Mathilde, mariée a Manegold, coiUte de Sum— ! 
metingt^ti, mort au commencement du douzième Siècle. 

EGÊKON tl , COMTE d'UracS. 

EfiEitoN II et CuSEcoNfife, sa femme, qu'on dit avoir élA 
comtesse de Rlieinfelded, sont rïppctés dans le nécroîoge dé 
Zwiralten, sous les litres de Ëglno cames de Vriih et de Cuntgurid ' 
cutnitissa de Uruh. Us eurent pour enfans, i". figeilon lll, qiii',1 
suit ; a". Gebeliard , élu cveitjoe de Strasbourg au iiiois de juiltJ 
Ji3i , et morl le 1 1 janvier 1 141 ; 3°. Halewicgno, épo^isé ^ 
Hariman, comte de Wurtemberg; 4". tjdelhllde, qiii \ivi% 
en 1 133 , mariée à Frédéric , comte de Zollérri ; 5*. Ir 
garde, fertime de Schvteikard de Gundeliingen ; et G". Albe— ■ 
rade, abbesse de Lindau , qui se relira, vers l'an ii3i, dailïl 
l'abbaye de SWifallen , où élîc mourut en od«?ur dé sainteté. £9^ 
ménologc bénédictin place sa mort au 5 d'avril. 



tin plac 
EGENON m , COMTE d'Urach. 



1 iSy au plus Urd. EcEisoi^ lîl , dit LR JeuNê , est nomni9, 1 
tomes Egeho dans deux charifS de 11 3; et n'.'t^ , l'une dij 
tomie. Hugues, pour l'abbaye dé Lure, et l'autre de Kt-ijenharâ, 
tl Frédéric dcChaienoi, pour l'église de Strasbourg. On I4 
dans le nécrologe de Zvsifallen les ncms d'Egeno Je Urà. 
junior, et de sa femme Hadewir. rùinithsa de tlrah. Lelle-<i I 
passe pour avoir été une comtesse de Habsbourg. Leur fils fut 
Ëgenon IV, dont nous allons parler. 



BF5 COMTES ti*ri!ACH ST DE PRIBOURC. "S'y 

EGENON IV, COMTB d'Uhach. 

au plu» tard. Egenon IV , ou EoiNON, surnommé 
Jt Barbu, est appelé pU memoric ai/us nosUr ctimes Eglno senior 
r Vrach dictas num Barba dans une charle Je Conrad, comte 
■de Fribourg, son petil-'fils , de izSS. Il prend le litre de eamea 
Egeao de Urva dans une charle d'Ulric de Nedfchâlp), de i<8t. 
Il souscrivit . la m^me année, un dipldme dp l'empereur Fré- 
déric I , pour l'église de DenckcndorfF. Cutncs E^mo de Uravh 
arcorda, vers le mflaie tpms, quelques liiens Je Schopflieim à 
i'aLibaye alsacienne J''E';cliau. Le nom A''Egeau rumes de Urack 
se lit atissi entre l<'s témoins dans ia charle de Frédcrio, duc 
de Suabe, de iittS, pour l'abbaye de Salem- Cornes Egtna 
de Urai:h est rappelé avec son fils , Ju in^me nom , dans le 
diniQme de l'empereur Frédéric 1 1 , pour le monasl ère de I^u- 
mtieim. Je 121S. Quatre ans après, en laii), Egeno conus 
de lira est témoin des lettres Au rnSme prince, données en 
faveur de la ville de Sirosbourg. Egenon avait épousé Agnès, 
fille de Berlhnlil IV de Zeringen et sœur de Berltiold V, der-> 
nier duc de ce nom. Celui-ci étant mort sans postérité le pre- 
mier mars 1318, ses terres furent envahies par l'empereur Fré- 
déric Il , î>ar les ducs de Tcclc et par les comtes de Kibourg^ 
Ëgenon , qui avait, par Agnès, son épouse, des prétentions 
légitimes à une partie de celle successiun , prit les armes pour ' 
revendiquer ce (jn'on lui enlevait , et il trouva moyen de recou- 
vrer une portion Je l'héritage des ducs de Zeringen. Il fît la 
paix avec Frédéric à Ulm ; ei ce monarque s'éiant ensuite rendu 
à Haguenau , y donna , le 6 septembre latif, un diplôme par 
lequel il déclara que, s'étanl réconcilié avec son cousin , le 
comte Egenon, il voulait que dtieetus Epnsanguinfus cornes Egat» 
de Urack fût remis en possession des liommi'j (juî , pendant la 

Suerre , avaient Quitté Fribourg et ti-s antres lieiu de sa Jépen- 
ance pour s'éiaulir sur les terres de l'empire, l'eu de jours 
après, c'est-à-dire te 18 du m4n:ie mois, Frédéric abandonna 
i Egenon, comte d'Urach, tous les biens des ducs de Zeringen, 
<]ij'iï avait achetés de ceux de Teck, et lui accorda en fief les 
terres qui étaient revenues à l'empire par l'extinction de la 
postérité mâle du duc Berthold. Ce fut en vertu de ce traité 
ijue les comtes d'Urach entrèrent en possession de tout ce qui 
avait appartenu à ce dernier dans la Suabe et la forêt Noire , et 

Sa'ils prirent le titre de comte de Fribourg. I.a ville de ce nom 
a bâtie, en tiiS, par Berthold Iti , ducde Z<.ringen, qui lui 
donna, en 1 120, les m^mes privilèges dont jouissait alors celle 
Je Cologne. Elle fut achevée et embellie par Conrad, son 
XIV. 8 



s? CHBOSOLOCIE HISl-ORlQUE 

fr&re et son successeur, <]iii la décora d'une église superbe, [an#i 
pour l'extérieur (jue pour l'intérieur. Sa tour est une pyramide 
ortogone, percée à jour, haute de 3yo pieds d'Allemagne. 

Dès qu'Egenon IV fut possesseur de la seigneurie de Frifaourg^ 
il la céda à Ëgeoon V, son {ils. Il existe dans les archives m 
monastère de Tenncl)ach deux actes de l'année 1120, dans 
iesqueb le père se nomme simplement Egîrio senior cornes Je. 
Vrak, et le lils prend les titres aEgùiQ -cornes de Urah , duminùâ 
casti-î de Friliurg. £geiion dit dans le premier de ces actes, que 
la ville de Fribourg dller.la ctvUaa nostra Friburc ab illuslribim 
ducibus Zaringie /inigerùloriius Uicorû mein Agnetis comi/isse, cmaà 
egojare matrimam'aii's ettasortii advoralus exista, ab antîi/uo fya*- 
data esse dinosdtur. C'est aussi à Ëgenoo V nu'il faut attribuer 
deux chartes; l'une de 1221, pour l'abbaye de Tennebach , oïli 
il se nomme Egino cornes de Vra, dominus caslri de Friburc, et 
une autre , donnée vers l'an laaS , en faveur du monastère de 
■ Toussainls , où il se qualifie eûmes Egtiio Junior de Urach et din- 
minus de Fn'burg. On trouve aussi nobi/ù air E. junîur, cornes d* 
Vrarh, dans une charte de l'évéque de Constance, de iz:xg. 
Ce surnom de Jeune, que prenait alors Ëgenon V, pai'ait 

frouver (ju'Egenon IV, son père, prolongea sa vie jusqu'apr^ 
an laag. On ignore l'année de la mort d'Agnès, sa femnte , 
.quile fit père d'Ègenon V, dont nous parlons ; de Conrad, de 
Berlhold et de Hilvide. Dominus Cowadus et dominus Uertlutldaa 
• Jitii Eninotùs romilis de Urach sont nnmmés par l'abbé d'Ursbergi, 
, sous l'an 1 19S, neveuit de fierlhold, duc de Zeringen. L'un et 
l'autre embrassèrent l'état religieux dans l'ordre de saint. Ber— 
^ nard. Conrad, élu abbé de Clairvaux en i2i4, lut appelé k 
Borne par le pape Honorlus iH, qui le nomma, en 1219^ 
carJinal-évéqoe de Porto et de Sainie-Buiine. 11 fut envoyé eà 
Allemagne, en 12241 pour y prêcher la croisade en qualité 
de légal du saint siège. Il mourut en 1227, en Palestine, où 
il avait oassé saus le m^me titre. BeTlhold fut d'abord religieux 
\ ' de Lucelle vers l'an iïou, d'oi'i il fut postulé, en lao'i, abbé 
de Teuuebach. Ce fut ad peliiionem dUecti'consangainci Bertolt 
abbatis de Tenm'buck , que llerman et Frédéric , margraves de 
Bade, donnèrent, eu I2|5 , uue charte à ce otonastère, Ber^ 
thold fui nommé, la mi^me anciée laia, abbé de Lucelle, e« 
Alsace. Il résigna son abbaye en i23o, et mourut le 7 janvier, 
après l'an laSg, VeiierabiUs abbas Lucellemis ecclesie Bertlioldua 
est noaiméfrarer Hilt^idis comilisse Ferretensis liaas deux actes d« 
Frédéric II, comte de Ferrclle, son beau-frère, des année» 
i2i5 et 122$. Milvide, épouse de ce Frédéric, ne mourut 
r^u'après l'an i2^4- 



DES CCWTES bYr^CR ET Dï FBIBOOnr,. 



EGENON V, 



QSITE d'UHACH, premier COMTE 
DE FrIBOURC. 



Aprt. 



II). EGENOK,qiii posséda la seigneurie deFribourg, 
U.211 , (les le vivant de son père, lui succéda également 
sa mort dans le coinlé d'Urach. Il prît U croix , en ia24t 
.illiciiations du c.irdinal Conrad , son fiùre, S'éiant ensuite 
attire la disgrâce de l'empereur Frédéric, il rentra dans ses 
bonnes grâcos par l'enlremise du même Conrad. Oi dtU''Uonem 
et favorem , ijinm erga reacraliilem C. porlaensem episcopam saere 
Hamane er.iJe.tie cardinalem fratrem iuum specialiter gerimus . dit 
Frédéric dans ses lellres de laa'i, par lesijueUea il confirme 
diUcùt Cùnsanguiaeo etjtielisiia Jiguenoni eoiniti de Hui-a Taccord 

risé précédemment cnire son fils Henri , roi des Romains , et 
même comie. Cornes Egeno signa aussi , en 1^26, le diplôme 
de ce dernier prince pour l'église de Strasbourg. Il est nommé 
dilectus fidelis rames £geno de Friburc dans d'autres lettres du 
Toèmc roi Henri, de i:i3o. C'est le premier acte oik Egenon est 
spÉciaicment intitulé comte de t'riuourg, n'ayant été aupara- 
vant nommé que comte d'Urach et seigneur de Fribnurg. Il 
prit, on laaS, le parti d'Uiric, comte de Ferrelle , son neveu, 
dausson démêlé avci: Berthold, évéqtie de Strasbourg. Henri 
accommoda les parties en lîio. La paix fut cimentée par un 
fameux tournoi qui fut donné la même année à Strasbourg. X& 
comte de Friboure eut le malheur d'j tuer un noble alsacien , 
nommé Lanifrid de I.andsberg. Henn , dans une diète générale 
tenue ^ FrancRirl , prononça, en ia^4 < ^" '^^^>"' ''^ l'^g'i^c 
de Bâie , tnucbaul les mines d'argient et les forais du Brisgaw , 

3n'Herman , margrave de llade, lui disputait , et que l'évêque 
R cette viilc avait accordées en Hef i Egenon, comte de Friboorg, 
Peu. de tems après, et en la même année i2^4) '^^ prince étant 
k Egra , en Bohême , investit ^tJ^/em suum comitem Egenonem 
de Frihurg et de Vrarh de la propriété du cours de plusieurs ri- 
vières, depuis la vallée de Renclien jusqu'à Gengenbach , avec 
pouvoir de lirer l'or c|ue ces rivières chariaieiU , et d'exploiter 
les mines d'argent qui se trouveraient dans les montagnes voi- 
sina. Kgeno Uei gralti cornes de Urah ff Dominas m Friburc 
donna au monastère de Tennebacli une cliarte datée de ia34i 
M easiro Fiifiitrc. Egenon avait fait bâtir ce château sur une 
montagne au-dessus de Fribourg, pour contenir les babilanls de 
cette ville: ce qui devint lasourcï: de .querelles toujours renais- 
santes entre eux et leurs comtes. Egenon mounjt en isSG , et 
fut enterré d-'tns l'église du monastère de Tennebach. U laissa 
SCS enfants sons la tutelle d'^DÉiViDl^, comtesse de Niffea» 
lenr more , et de Berthoid , abbé de l.ueeUc , leur oncle. 



eBnoBoionni ^imAir^BS ■ 
On atlribiie à A.ilé!3ïde la fondât ion du manaslère des Domi— 
nicainrs d'AJelhausen , silué dans le faulnturg de Frtbourg , 
faite en ia34- ^'- comi/issa de Lira et de Fri&urg , du consente- 'J 
ment de ses EU, accorda, en i23ti, un cmplac 
ligSeuses de Villîngen , pour y bâtir un monaslfre. Adclheidiafi 
l)et grallâ comUisua de IViùurr , C. D. U. tl G-filii sut, firenl^ 
l'année suivante, une tlonation en faveur dp l'abbaye de Te; 
nebacli. C. mmes de Urah , dominiis de Veiburc, B. II. . 
fratres /•jus eum i:onsensu dilecie matn's A. comilhse , dotÈrent.|l| 
vers le même lenis, une chapelle t|ue diicclus ùùne >nemon'e pra^-tM 
geiùtorromes Et;ûio de Urah, dumùius deFiibiirc. ajait failb3tii;Q 
dans les environs du château de l'rlbourg. A. bel gratià eonùn i 
tisaa ta Friiiurch, B. eadem gralià r.nmes in Vrach , tulor puero^m 
Tum EgeHonîs comitis fe/iris mtmorie m Frlburih , vendirent, eai 
ia3t], leur cour de Nusback, au ninnasl^rc de Toussainls. A.Bti 
graùd cotnilùsa in FiHurch , et Cùaradus Jiliu. 
tiurh, leterique pueri , renouveU'renL cei acte la même annél 
Eerthold , cv^tie île Strasbourg, . confirma , en is4>i t 
vente qu'avaient faite àilei:tî consanguinci iiustri Jilii ei Jillt E. /» 
itttmorie eumilis de Fi'Hurgc, pcr niattum el coasensiim mi/iiiis m 
tùrvm. (-PS charlreii font vnir qu'Ëgenon V laissa plusieurs fils a| 
plusieurs GUes. On ignore le nom el le sort de ces dernières. I^a 
fils, au nombre de quatre , furent Conrad, Qerlliold, Henri d 
fîodefroi. Conrad lui succéda dans le rnoilédePribourg. Celui 
d'Uracb fut. pari âgé entre tienhold et Henri. On trouve le noq 
de Godefroi, rhanoine de la citbédralc de Constance, dana'fl 
deux actes de layoet layô. Henri, qui prit le nom de rnmXr] 
de Furstemberg, fut l'auteur de la maison 'régnante 
temberg, comme nous le prouverons dans un article séparé qui 
se trouvi-ra h la suite de celle cbronologie liisloriquc des comlei 
de Frtbourg. Les deux frèri"* Conrad, comte de Fribourg, «" 
Henri, comte de Fnrlemberg, sont nommés dans la cliane i 
]\odolfc, comte de Habsbourg et landgrave de h haute Alsace^ 
pour le monasibre de Marie n-Cel le , de 1271. Celle charte fu| 
communita SigUlis naùiù'tini oùtirum acuncalonim nasiroram C 
Friliurg et H. de Fîiirstemierfi . comitum. Rodolfe 1« appelh 
oncles, p.irce qu'Ange, mariée à Ulric, conile de Kîboi 
grand'mère de cet empereur, et Agnès, mariée à Egenon 
roiDte d'Urach, grand'mèro des comtes Conrad el Henni) 
éUiient sœurs el toutes deux filles dx Berlhold IV, 



mgen, 



Her 



de I: 



! de Fu 
. seigneurie d'Ur; 
comte de Wutle; 



,.crg, 



indil la 



1 354 , à Ulrii 
qui avait l'a 
Les fiefs qu'il pouédait revini 



, ,.. lui appartenait 1 
iberg Berlbold, son îvèr^a 

, en lï'ii), ^ns posléntvn^ 
à l'empire, et lUcbai-d kvË 



^ 



SES rOMTBS DVR'ACB CT DE FlUBOUBr,, 

actnrila anssilol au m^mc comte lllric. Feada, qua ex morte 
pie reconlalionm H, mmilh dr l 'riih varore «idrnlur imperioy 
yiircdeiida aobili ptro Ulrir-o romiti de Wiritmheick , 
mpcreur duiis son iliplom^ Je laGo H*'nri de Vvn- 
:>erg, ht'rilier de Uertholil dans len terres alloJialcs, venJit, 
iali5, pour trois mille et al marcs d'argent, l'autre moitié du 
mté d'I'rach à F.lwrliard cl Lllric , comtes de Wui-remberg , 
. (l'Ulric, aii(|uel avait cté faite la vente de la première 
litié. C.'i'sl ainsi que le comté , la ville et la seigneurie 
Urach, passtVenl au» romirs de Wuriemljei,» , qui les pos- 
ntcncure aujourd'hui. ( Voyez les eomles de H'^urlemberg.') 

CONKAD, srcoND comte m Fbibourg. 

ACt. CoicRAD, fils aîné d'Egcnon , et son successeur au 
ité de Fribour^, se trouve ncimmé comme léoioin dans la 
irte de donation de IlarLman , comte de Kibourg, à l'église 
Slrasliniirg , faite en i a44 ■ présente C. comité de Uriburc. 1 1 se 
maria, peu apr^,avecSopiii£,til!edi'Fiédëric, comte deZollern. 
II en avait déjàim enfant, lorsqu'ils s'aperçurent qu'ils étaient 
parents au quatrième degré de consanguinité. Ils s'adressèrent 
au pape Inuocenl IV, qui leva cet erapCchcmeni par son bref, 
jdiessé il l'évéque de Sirasbourg, et daté de l'an I:i4^ , en con- 
firm.int ce mariafie ad sedandos graves discordias et graves iiùmî- 
tsitûu sttfiifitdiis inter pragenitoies nobilis viri Coaradi comilis da 
""tiurKh et nabiiem i>iru"i Frideficum comilem de Zaïre pairem 
Hii mulùns Sophie , diutius non sine mulla strage hominum 
'alas. i'.aaxii^ fut un des seigneurs qui'se déclarèfenl contre 
_ ipcreur Frédéric. Un des mulifs qui l'aliéna de ce monan|i)e, 
{y| le refus qu'il fit de lui restituer les châleaus et villes d'Or- 
tenberg, d'OfTeiibourg et de Neubourg, qu'il prétendait lui 
appartenir par droit héréJitaire , provenant des anciens ducs de 
Zcringeii. Le comte de Frilwurg embrassa le parti de Henri 
Raspon , qui fut élu roi des Romains en 1 24^1 et qui lui promit 
de le rctiiellre en possession de ces domaines. Mais celte pro- 
sans effet par le iléc^s de ce prince, qui arriva 
1;. JjC pape Innocent la conlirma, nobil! oiro C. 
[11! de fribiir^ , par sa bulle Je 1348. Guillaume, comte de 
illaiidc, qui fut substitué à Henri Raspon dans la dignité de 
des Romains, fil expédier à Strasbourg, en laSi , un dl- 
plflme , par lequi-1 il assurait , comili Cunrado de Vribiirg, di/ecto 
Jideh'e/ rotisiingiiiiieo , la resliluliun de la ville de I<Jeubourg , en 
Brisgavv , et de lous les autres biens où il avait droit de pro- 
"iricté. Coaradus cornes de h'riburg confirma , en 1 a.'iS , les dona- 
qu'avaient faites précédemment a l'abliaye deTeunebach 
coniet Egiiio seiiioi de Urach dklus r.um Barba 



«nes: 

piflr 

fidek 
Bris 

^^■bns qu'av 

E; 



tl paier rames Egino. Il fail nieniioii dans la charte de Ber— 
ibold , duc de Zerîiigen , (]u'il nomme du% ISerehtoidas a«un^^ 

■«utui patris met. Conrad, comie de Fribourg,vint à Slrosbourg^ 
en lafji , pour y porter seraurs à cette ville conlte Gauthier de- 
Geroldseck, son év^ijne. Il signa , le iK seplemlire de laiiiêm& 
année, le Iraiié d'aUiance qu'il passa avec elle conjointement' 
avec Henri de Neuchâlel, gcand-prévi'il de Bâie, BodolTe et: 
Godefroi, comtes de Habslioiir^. Connidits de l'riburg cornes fut , 
en isGa, [i^moin dti diplôme de Hichard, roi des Knmaias, 
pour l'église de Bàle. Il mourut dix ans après, en ■^'^a, et. l'ut' 
enterré avec sa femme dans l'église de Nolre-ûame de l'Vihoiir^i; 
Conrad laissa de So?HtE, fille de Frédéric du ZoUero, trots, 
fils, Egenon. Henri el Conrad, et' deux Elles, l/une é[>oiisa 
Henri de Scli\vai'tzenhei^ ; l'autre , mariée à Surcliard I , sei- 
gneur de Hoibriui-g, en Alsace, iihimch) li: 17 janvier ilioo^ 
Conrad , le cadet de ses Els, embrassa l'état ecclràiastii|ue : il. 
fui d'abord curé de l'église paroissiale <ic Fi'ilxturg. CuamduSi 
pleèanus rct:leiie panichialis -in i'riburg donna, e» laSS, una 
charte scellée sigitto domini efpatris met Cunradi r.omilis de Fn— 
burg. Conrad de Frîltourg est nommé , en 137^ et i3i|8 , dans> 
le nombre des chanoines de la catliédrale de Slrabbourg , et en 
1373 et 1^7^) chanoiue de celle de Cunslance. Coiiradus cano- 
nicus ecctesiarum Ar^entiaen»K et Cimstantiemis , ar. Egemi fraiei'' 

, copies Frî/iurgriiiù , iionoÈre.a\ ., en isy'i, une charte en faveur, 
des Augusiim de Frilourg. 11 éiail , en 1283 et 1391 , grand- 
prévôl de Constance. 11 s'intitule, dans un arie de celte der- 
It'iè.Te année, Cuonradus de Fnburg , Prepoiiliii majûrts er.ciesi<K^ 
Conslanlieiisii , Rerlor ecclesie parorhialis in FiîLurg. 

Egenon et Henri partagèrent entre eux la succession de Conrad 
leur père. Egenon obtint !e comté de Friliourg: Henri eut poui.. 
son loi les seigneuries de Badenweiller et de Neuboing et cellt. 
de Husçn, dans la vallée de Kinlzingcn. I,i?s vassaux et les mines' 
d'argent du Brisgaw restèrent en communauté. Ce partage s& 
fit , en lays, en présence de Conrad, chanoine de Constance, 
leur frère, de Henri, comte de l'urslemherg, leur oncle. , d& 
Itodolfe , comte de Ualjsbour^ , leur cnusin , et de Conrad de 

' Lichlemiicrg, grand-<;hantrc de Strasbourg, beau-frère d'Ege-.. 
non, Henri , evé(|ne de BSle, refusa à Henri i'invKstiture de la 
' ville de Meuhnurg, à cause de la violence qu'il avait faite à 1^, 
icmme d'un bourgeois. Henri de Fribnurg, s'élant joint à Ro~ 
dolfe de Habsbourg , vint avec lui faire le siège de BÙle. Mais 
les faosli lilcs fureni suspendues par un compromis (|ue le prélat ' 
cl les deux comtes firent, en i^y'à, entre les mains du bur- 
Krave de Nuremberg cl du marquis de Hocbbcrg. l.c cumlc- 
Beuri, devenu possesseur de I<icubourg, traita durcaien.l ses, 






PES COMTES DTiiAcn ET DE TniBOrnr.. 
habilanU. Ils en portcreiU leurs plainles à Rodulfe de Habs- 
bourg, (jui, <l(]VEnu empereur, les prit sous sa ptuleclîon, et 
ordonna qu'ils paieraient k Henri le' dixième (11- leurs biens 
pour se tacheter de la servitude oiï il les [enait. Peu apr^s, 
Henri vendit, en i2^i\, à Ëgenon, son ùkre, la ville de Neu- 
bourgavec ses dépendances. On lit la signature de Heiaricus de 
Vribureh cornes dans les diplûmes de Rodalfe pour la ville de 
Brisach, de layS , et d'Adolfe pour le monastère d'AdelLerg, 
de laçjS. Henri vivait encore en i3oo , mais il tiait déjà mort 
en i3o3. 11 eut d'Anne de Werdenberg deux (illes , Marguerite 
«l Verenne, Marguerite, héritière de la seigneurie de Uaden- 
weiller, épousa en ptemicres noces un comte de hlonlfort, et 
en secondes Oiton, comte de Sirasberg, frère de Louis de 
Strasberg, graud-chanlre de la cathédrale de Strasbourg. Mar— 
euerile vivait encore en iSaa et iSaS. Immier, coinie de Stras- 
Derg,fils d'Ottonet de Marguerile, qui mourut vers l'an i363, 
engagea la seigneurie de Badeuwelîler pour vingt-cinq raille 
la ville de Fribourg. 



EGENON, TROISIÈME COMTE DE FflIBOlJBG. 



127a. Egenon, liU aîné de Conrad et son successeur au 
ité de Eribourg, eut dans les commencements plusieurs 
lélés avec l'empereur Rodolpiie , parce que ce comte faisait 
lesucoup de tort aux villes impériales que cet empereur sou- 
tenait. La paix se fit en luSi-. Kodolpbe confirma, l'année sui- 
vante , les privilèges de la \ille de fribourg , voulant que ses 
habitants jouissent des méaics droila et libertés que ceux de 
Colmar, e» Alsai^e. Ces privilégesexciltrent la jalousie d'itge- 
aon, qui déclara la guerre auK Fribourgeois. Ils passèrent ce- 
pendant un accommodement avec lui, en ia8y,par l'entre- 
mise des évéïiues de Sjrasbouig et de Bâlé", et Je. Henri , mar- 
grave de Hocliberg. Comme le comte était obéré de dettes, la 
ville lui fit pcéseni de quatre cents nurcs d'argent, et Egenon 
leur accorda , de son cûte, le droit de gabelle pour dix ans. La 
paix fut de peu de durée. Les habitants de Fribdurg reprirent 
de nouveau les armes, dix ans après, pour défendre leurs lï- 
Wrtéset leurs privilèges. Egenon appclaàsonsecoin's, en i9()9, 
Conrad de Lichiemberg, evËque de Strasbourg, son beau-frère. 
Ce prélat guerrier vint former le siège de la place; mais les 
habitants attaquèrent eux-mêmes le château, dont le comte 
était possesseur, et ils s'en rendirent les maîtres. Ce succès piqua 
l'êvfque de Strasbourg, qui, ne pouvant plus poursuivre le 
siège de Fribourg, se vil réduit à faire le dégât dans tout le 
pays, à dessein d'affamer la ville. Les Fribourgeois ayant ob- 



64 fflBôNoLOrlE ntsTonrQDÊ' 

séné que les Iroupes de Conrad se débandaient, firent un» I 
sortie sur un pelit corps que Conrad commandait en* personne. 
Celui-ci ramassa ce qu'il put du monde pour les rc^iousser. I^ ■ 
combat , qui se donna le 2<.| juillel , Tut sanglant : il rodla rtier ^ 
k ce prélat, tin jeune bouchnr, l'ayant reconnu , monté sur 
palciroi , 1 sa longue robe d'eCarlate, Tendit les rangs , s'appro- 1 
cha de lui, et le perça Trun coup de lance qu'il lui porta aa 
défaut .k la cuirasse. On érigfa dans le liru où ( onrad de Lich- 
temberg fut blessé, à mille pns de la ville , du câté du village 
de Besenlian^n i une petite cliapellc avec une rroix qn! subsista 
encore, mais dont l'inscription eil presque cfFacée. Celle bW— 
sui^ obligea l'évoque de se fai-e transporter à Strasbourg, o& ] 
il mounii ie i". août suivant. Il fui enterré dans sa cathedralt?^ 
et on voit encore aujourd'bui son tombeau en pierre , avec son 
épilaphe dans la sacristie du grand clia^ur. LVmpereur Albert | 
et diffîrenls médiateurs ayant interposé leurs bons offices pour 
réconcilier les Fribourgeois avec le comte , on nomma sept ar- 
bitres , qui , par leur jugement de la fin de janvier iSoo, rclE^- 
Llirrnl ta paix entre les iteux parties. 

Iles démêlés domestiques succédèrent bientôt i ces guerrei | 



viles. ¥.s( 



lomesiiqu 
ait un (lis 



ipate 



,',l"V 






possessions. Conrad , son (ils, fut obligé de le retenir prisonnier 

dans le château de tVibonrg , j^usqu'à ce que son père lui eOt ' 

""""'S de ne plus rien aliéner de son comte. L'empereur Lou» J 

ois de janvier iSiSy 1 

i cntrepreiidaient de t 

anle , celui-ci céda le | 
n se réservant seulfr- 



. L'acte de cession \ 
t petit-fils d'Egen* 



à 



à Conrad , au n 
tre tons c 
venger la captivité d'Egenon. L'ann 
comté de Fribnurg à Conrad , son ms , ei 
ment quelques terres et quelques rentes 
l'abbaye de Saint-Pierre, dans fa forêt Noi 
fut signé par Conrad et Frédéric , fils 

en présence de Henri, margrave de Hochberg , leur cousin , dû J 
magistrat et des bourgeois dt la ville de Bribourg. l'^gennn mou^ 
rut sur la lin de mars de îa même année i3iti, âgé de soixante— 
dix-neuf ans, et fut enterré à calé de (^tberine , sa femme ^ 
dans la monastère de Sainte-Claire de Fribourg. 11 avait épousé, 
avaut l'an 1372, Catrgrine: , fille de Louis de Lichtemberg ^ 
sieur de Conrad et de Frédéric , qui furent successivement évê^ 1 
ques de Strasbourg. Elle mourut avant loi , laissant quatre fi(4j| 
et Irob filles , dont une fu t mariée ii Burchard . seigneur de Féi 
neslrange, et l'autre k Simon, comte de Thierstein; la troi— ' 
, nommée Claire, qui enibrassa la règle de Saint- Françoii j 
dans le couvent des Clarisses de Fribourg, survécut à son pèrM ^ 
fils furent Conrad , qui suit , Egenon , Henri et (ieljelîardj { 
Ces trois deruien obtinrent, par le crédit des deux éréquesi, 1 



BES COMTES BE FRIBOURG. 65 

lioars oncles:, des, canonicals dans la cathédrale de Strasbourg : 
ils sont nommés tous trois dans le catalogue des chanoines de 
cette église , dressé en 1298. Henri est rappelé avec Ëgenon ^ 
^n père,. et Conrad , son frère-, dans un traité' d^alliance qu'ils 
contractèrent , en iSoS , avec les comtes de Ferrette et Wur— 
tçmberg. Il était , dès Pan i2c)9 ,,custos de la même cathédrale. 
Heinricus de Fnburg^ ecclesie Argentiiieiisis Thesaurûrius ^ signa ^ 
çn i3io^ un acte d'£genon son père. Il mourut peu après, 
avant Fan i3i3. Gebehard , son frère, était en même tems 
prévôt de la cathédrale de Strasbourg, cusffosde celle de Cons- 
tiance et vicaire-général de ce dernier évêché. Dhs l'an i3o6 , il 
paraît dans les actes du grand chapitre de Strasbourg comme 
prévôté En i3io, Gebhaidus de Frilmrg^ Prcpositus Argentin 
nensis et Thtsaurarius Constantiensls ^ Reverendi in ChrUto Patrîs 
ac Domim Gerhardi Consianiiensis Epùcopi VwanuS'-Generaiis ^ 
donna une charte en faveur de la collég^iale de Soleure. Ge- 
Éehard fut élu , en i32», évéque de Strasbourg par une partie 
des chattoines : mais son élection n'eut pas lieu, ayant é^ obligé 
de céder à Berthold de Bucheck, comme l'écrit Albert de 
Strasbourg, qui place sa mort au 3i mai 1337. 

CONRAD, QUATRIÈME COMTE DE FRIBOUAG. 

■ * 

, i3j6, Conaad , fils aîné d'Kgenon et son successeuiT, avait 
pris, dès le vivant de son père, le parti de l'empereur Louis 
de Bavière contre la maison d'Autriche. Cepripce, pour se 
rattacher, avait promis, en i3i5, noùL'i n'ro Cunrado cumiii 
de Friburg ^ de lui payer, dans l'année , raille marcs d'^irgeiit. 
Conrad renouvela, le 3 avril i3i6 , peu de jours après la mort 
<lu comte , son père , les droits de la ville de Fribourg , et" con- 
firma suri ou t à ses habitants le privilège d'élire leurs propres 
magistrats. Il maria , en i3i8, Frédéric, son fils , à Anne , 
fille de Rodolfe, marquis de Hochberg-Sausenberg. Henri de 
Hochberg, frère d'Anne, assura à sa sœur pour dot la somme 
de sept cents marcs d'argent : comme il ne pouvait pas la payer, 
il engagea au comte Frédéric et à Conrad de Fribourg ^ son père, 
le landgraviat du Brisgavv. L'acte d'engagement fut passé , la 
même année i3i8 , du consentement des Irères et de l oncle de 
Henri. Comme ce landgraviat était un fief de l'empire, l'em- 
pereur Louis confirma , en i334, cet engagement , qui fut re- 
nouvelé j en i335 , par Rodolfe et Otton , marquis de Hoch- 
Lierg 9 après la mort de Henri, leur frère, et d'Anne, leur 
sœur. Vominus Conradus cçmes de Friburgo et dominua Egeno 
cornes de Furstemberg sont comptés, en i336 , dans le nombre 
des vassaux de Févéché de Strasbourg, Conrad mourut fort 
^ • -XIV. - 9 



0^ «Bsorwiecre mJrosTQWt 

MÎçux, le 10 fuillet i35o, et fut enterré dam Te cœur ^ 
tVglise des Dominicains de Fri bourg : il est nommé dany 
l'épiiaphe inr.litus cames Conradus dominus Friburgi ae lant" 
' graviiis Brisgavifie. 11 eut deuï femmes. La première fui Ca» 
THEnÎNK, fille de Ferri III, doc de Lorraine, et de Mar-* 
guérite de Navarre. Les noces furent célébrées en lago , ^ 
ilonrad de Lichlemberg, évêque de Strasbourg . oncle malernet 
du eomte Conrad , donna à ce sujet de grandes fêles dans sx 
ville é|;)isco;)3le. Câlheriae vivait encore en i3i6. De ce mariage' 
sortirent Frédéric, "Egenon et Lberhard. Les deux premier» 
gouyernèreni successivement le comté de Fribourg; t:berhant 



ha char 



rand-chantre de la cathédrale de Strasboi 



I 



! Eberhardus de Frièurg , senior , cantor ecrlgs'at 
Ârgenlinensis , dans un acte de i35'^. Conrad épousa en secondes 
noces, en i33o, Anse, Glle d'Ulric, seigneur de Sigenau, et 
soeur d'Ulric de Sigenau , grand-prévrtt de Strasbourg. NoÈîl^ 
ffeiruRB Anna nota nobllis Vtrt lUrîr.i damini de SygenoM'e , conjusf 
speelailUs eitï Conradi camilh in Fiihurgii Bnsgangle , est rap- 
pelée dans les lettres de Berthold de Bucheck, évêr|uede Slras- 
Dourg, son oncle, de l'au i3â4i Conrad n'eut peint d'enfanU 
de ce second mariage. Ahne , après sa mort, obtint, en i35ij 
d'Egenon , son beau-Sts , la jouissance des châteaux de Lichle- 
neck et de Neubourg , pour les posséder sa vie durant « <■ titre 
d'engagement , pour trois cent vingt marcs d'argent. Elle se 
remaria, au mois de janvier de l'année suivante iSSa, avec 
Herman U , duc de Teck , et ne mourut qu'après l'an i368. 

rftÉDÉRlC , CISQUIÈME C0MT6 DE FbIBOUHG. 

l35o, FaÉDÊRic, fils aîné de; Conrad, rappflé, dès l'aiV 
>3t6 , dans l'acte de cession d'Egenon , son grand-père , ob- 
tînt, en i33a , de son père , les revenus annuels de cent cia-* 
quante marcs d'argent, et , en i3.i8, ceux que payaient les. 
Juifs de Frihourg. U gouverna aussi , du vivant de Conrad , 
le landgravial du Brisgaiv , dont il fut investi , en 1.334, p^'^ 
l'em|ierour I^jiuis de Bavière. Devenu , en i3So, son suGceS'- 
seur dans le comté de fribourg, il cul des diflicullés avec 
Egenun , son frère, au sujet du droit forestal et des minoa 
d'argent du Brisgaw. L'évéque de Bâie, de qui les comtes de 
Fribourg les tenaient en fief, les partagea par moitié, pars» 
sentence rendue en i35i, Frédéric mourut en i356. Anne, 
fiUe de Bodolfe de Hochberg , qu'il avait épousée en i3ittf 
était déjà morte le 28 février i3.^i. On voit l'épitaphe d'Anne 
<lans le choeur des Dominicains de fribpurg. Frédéric n'eut 
(FeHu qu'une fille unique , nommée Claire, mariée à Goetïon» 



BRS COMTES M: PRIBOUJKI. 

comte palalïn de Tubing^n. Après sa mort . \es sujets du conili 
de Frîliourâ aimèrerit mieux âire sous la domination de sa fille 
ioiis celle de son frère ; ce qui ût cjue Claire s'itililnle danj 
eiirs chartes , comtesse palatine tle Tubingen , comtesse et 
; de Fribourg. tlle fit cependont cession, en i35g , â 
BgenoQ, son oncle, de loiil reijui lui apparlenait dans le comté 
T! FriboBi-^ , se conlentanl de mille marcs d'argent et des cha- 
Bux de Lichteneck et de Nmlraurg. Claire ^nvail encore en 
B6fi. Elle fut eaterrée avec GoelzoD de Tubingen, son mari ) 
l Catwad , leur fils , éSwis l'église des Dominicains de Fri- 



EGENON, sixième comte db FniDOVRe. 

i356, Egenon , ou Egon, second fils de Conrad, fut in- 

tsli. dès la fin de l'an i3S(j, des fiefs de l'empire par Jean, 

"îqu* de Strasbourg , au nom et (lar ordre l'empereur Char- 

IV. Devenu ensuite possesseur paisible du coinlé de FH- 

i»Ofg par la cession de sa nièce , il en reçut de l'empereur lui- 

'kême, tn lâtio, une nouvelle investiture, ainsi que du land- 

raviat du Brisgaw, qui avait été et>gagé à si maison , cl dont 

I jouissait seul depuis la mort de son fi-Lte. Bîvntâl Après se 

'miou vêlèrent lesailciennes (juerellcs des comtes avec la ville do 

HboHrg. Egonon tenta, la nuit du a|au s5 marsiSlilj, de l'es- 

'Wer ; mais il échoua dans celle entreprise. Les Fri bourgeois, 

lés par les habitants de EA\e , de Brisach , de Nénbourg et 

t Kintzingen , formant une at'méc avec laquelle ils marcbt'- 

ontre le comte qui les ballit prfcs d'Kndingen. Cependant 

)n , pour terminer des différents qui revenaient tnus lea 

, prit le parli de vendre , en i3fj8 , aux habitants de Fri- 

(Qurg pour la somme de quinze mille marcs d'argent , tous les 

roits qu'il avait sur leur ville, ses faubourgs, son territoire el 

t dépendances, en se réservant seulement les vassaux qu'il / 

' , avec les château el seigneurie de Badenweiller , que les 

lurgeois avaient retirés , pour vingt cinq mille florius , de* 

Comtes de Strasberg, La somme que la ville de Fribourg donna 

à Kgenon fut fournie par Léopold, archiduc d'Autricne. Ses 

liabilants, par reconnaissance, se soumirent à lui la mëms 

année i3l}8, et depuis ce lems Fribourg a été constamment 

possédé par les princes de cette maison, I. 'archiduc Albert VI 

(et non IV) y fonda une université en 1467 , et la décora de 

lieaux privilèges. Fribourg , aujourd'hui capitale du Brisgavi' ^ 

' int les étatB y tiennent leurs assemblées, était autrefois unît 

rteretse importante qui essuya plusieurs sièges meurtriers. 

Ii« fut prise , en i632, i634 et 16Ï8, par lis Suédois. Lei 



Int les I 
:tere»s« 
itfut] 




68 €BROTïOI.OClE HISTOBIQITE* J 

Français s'en emparèrent en 1677 , et la gardèrent jusqa'à là^ j 

faix de H^swicl. ils la reprirent en 1713, et la recéderenl à 1 

Aulriclie par celle de Itastadt. Louis XV l'assiégea- en per- 1 

sonne en 1744 ; ^t 1 s'en élanl rendu maître , il en fit raser les 1 

fortifications que la France elle-ioéme avait fait construire. I 

C'est dans cet élal que la ville fut rendue à TAutnchc par la 1 

paix d'Aix-la-Chapelle. Cette maison y a établi la régence im- I 
périale et royale, ainsi que la chambre des comptes pour l'Au^.] 

iricbe antérieure. j 

ligenon, en vendant les droits (|«'il avait sur la ville de 1 

Fribourg, se réserva cependant le titre de comte de Frïhourg 1 

3u'il prit dans l'acte de venie , et resta en possession des terres I 

épeudanles du Uudgravial du Brlsgaw , quil conserva jusqu'^ 'j 

£3 mort arrivée le i3 août i-^SS. Il fut enterré dans l'église d« A 

Eadenweiller ; on y voit son cpilaplie, dans laquelle il est h 

. vommé noèi/ls dominus ego rvincs de Frihiirgo. Il avait épousé I 

Verehe, fdle de Louis, comte de Neucliâtel, dont il laissa I 

Irois Ëls , Conrad , qui suit, Eaenon et Ëberhard , qui devin— 1 

rent cbanoiries dans Ea mtli''dr'ale de Strasbourg, et une fille , I 

nommée lune. Egeao de l'Vibi^g , Eberkardia Je Friburg ju— J 

nr'or , ca -onici ecclesic A' gentinensis , sont rappelés dans un acte j 

de iil5>'. Anne épousa Kodolfe, marquis de Hociiberg-Sausen- 1 

berg , laquelle ri-nonça , en 1 384 1 ^ son héritage paternel el 1 

maiernel , pour la .iumnie de six mille florins d'or. On ignore j 

Tannée de la rnoit d'Anne, postérieure, à 1427 , puisqu'elle est 1 

nonunée dans -.m acte domina Anna de Hocklierg, on'unda dd \ 

frihuTg ^ coa'.h iriilis dam. Rudoiphi de Hochherg. Elle fut en— 1 

terrée dans I'i-cIisë du villace de Boetlen , bâtie en i4oi, par I 
Koddfe,»n.ari. ^ * ' P 

CONRAD, SEPTIÈME COHT£ DE FKlBOUaU. 1 

i3SS. CoïKRAD succéda, en i3fS5, k Egennn , son père, j 
djni le liii'c de comte de Fribourg et dans les Lerrrs du land-» ] 
graviat du B^isga^v. Dix ans apr^s , Cunradus cames de FriùurgOf j 
lantgravius in iin'sgangia , nomma, en i3g5 , ftodolfe de I 
Hochherg, son beau-frère , son héritier universel , dans le J 
cas qu'il viendrait ii mourir sans enfants légitimes. Celte éven-* J 
J^ualitë fut renouvelée en ■4iT- Conrad comprit dans cette even* I 
' tualile le iandgraviat du Brisgaw, que les mnrquis de Ilochberg 1 
avaient engagé 1 comme nons l'avons dit , à son grand-père ,'eq 1 
i3i8. Le comte de Fribourg, voyant que les sept cenis marca 1 
d'argent, pour lesquels cet engagement avait été fait , étaient I 
suffisamment arquiitùs par la jouissance de soixante-dix-sepl n 
ans ,' rendit et céda librement ce Iandgraviat à Itodotfe , qui 1« 



OT.S COaiTES DE FRIBOURG. 



conféra en méme-iems, 



[ilre d'à 



efief. 



i que le vassal offrirait loua les ans, le jour de Sainl- 
Jabqucs, à son seigneur direcl , - ■■ 

canvenlion, le landgraviat du 1 
comtes de Fribourg, revint de droit aux marqab de Hochbcr^ 
âauscnlierg. 

l-a mort d'Isabelle , fille de Louis , comie de Neucli3lel , et 
lanle maternelle de Conrad, comie de FriLoiirg , laquelle 
le nomma son héritier, lui procura dans le mème-lcms le comté 
Je Neuchatel, dont il prit le titre et les armes. Mais Conrad ne 
iiit reconnu en celte qualité qu'en i3g7 , par le^ éiais du pays 
«I par Jean de Châlons , prince d'Orange et suzerain de Neu- 
rhaiel. (Voy. /es comtes de Neur/iàtei.) Il existe deux actes de 
la ville de ce nom, de 14071 dans lesquels il est nommé magm- 
fmts an gentrosus dominus Conradus de Fnèargo, cames ac do^ 
minus Novi-Casln. CoofaA engagea , en l'^g)^ , à Léopold , duc 
d'Autriche, son cbâteau et sa seigneurie de Badenweiller, avec 
loul ce qo'il possédait en cette partie du Brisgaw, pour avoir de 
quoi acquitter les dettes de son père, se réservant senlemeni; 
l'investiture des vassaui. Le prix de l'engagement fut de vingt- 
huit mille florins d'or , dont seulement deux mille devaient 
■^Ire remis à Conrad et le reste à ses créanciers. Conrad partît , 
en i^oti, suivant M. Dunod, pour la Terre-Sainte , dont il 
rerint l'année suivante. Lorsqu en i4'5, Frédéric d'Autriche 
fut proscrit par le concile de Constance, l'éiendard de l'empire 
l'ut confié à Conrad , qui le porta dans l'expédition de l'empe- 
reur Sigismond cl des Suisses contre la ville de ZoDingen au 
(aiiton de Berne. Cet empereur , en reconnaissance des services 
que ce comte lui avaient rendus en Lomhardie, lui permit, en 
1417 } de retirer des mains de la maison d'Autriche la seigneurie 
de Badeniveilier pour la somme de quatre mille florins, et 
l'année suivante il lui en confirma la possession. Conrad mourut 
en i^ss , et fut enterré à l'abbave bernardine de Rheinihal, 
çrfs de Badcnwoiller , ne laissant qu'u 



m 



EAN , HUITIÈME ET I 



'flEF. COiMTE DE FuIBOURG. 



Jean , (ils df Conrad , prenait dans 1rs charies fran- 
çaises le litre iXiiiustre et magmfiijue seigneur M. Jean, comte 
de yrybiiurg el de Neuf-Chaslel , seigneur de ChampUtle. H jouis- 
Kaildéjâ, du vivant de son père, du landgraviat du Ënsgaw 
«t de la seigneurie de Cadenweilier. Il lui succéda ,' en i4a2, 
dans !e comté de Neucbâtel. Trois ans auparavant, il avait ac- 
çciiiipngué ieAu , doc de Boingogue , à sa i'unesle enlrcvue jvec 



pO tHTlOSOLOr.lR HISTORIQUE ^ 

Charles, dauphin JeFrance, à Montereau, ou le <]ttc fut n 
sacré. 1* conile Jeau tjui y avait été fait prisonnier , en «4'9< 
fut oblige de payer une somme considérable pour se rachctefh 
Il engafiea, en i424'i I* seianrurie de Radenweiller , pour nH 
nulle florins, à Jean de Neubourg^ seigneur de Warntech 
Mais les archiducs d'Autriche s'emparèrent presque aussitôt dft 
celte seigneurie, alléguant un ehgagemertt plus anc: 
avait été fait, en i.JgK, au duc Léopold : iU entr^ren 
ilaoslelandgraviat du Brisg^iv. Ce procédé irrita le comte Jeanl 
iiui prit les armes et fit, en 1^28, une itruption en Alsace oV 
il ravagea les lerres qui appartenaient à la maison d'Autrichar 
j.es hostilités furent suspendues par l'entremise do Giiillanmeiit 
marquis de Hoclibers, et de Jean , comte di; Thii-rsiei 
^larties belligérante» s en rapportèrent au jugement dumagistrd 
(le Bâie. Celui-ci fut favorable au comte de Neuchâlei, qi 
jut remis en passion de la seigneurie de Bade nvrd lier. Ce da 
nier la céda, en i44^, àHenrielle, (ille de Henri , comte ^ 
Monlbéliard, et veuVe d'Ebcrliard, comte de Wurlembergf 
pour sa vie seulement, 'Henriette n''en jouit pas long-tems, étani 
morte le i3 février de l'anné suivante. Jean , rentré en 
»ion de Badenweiller, s'en dépouilla une seconde fois, en i444l 
par la donation qu'il en fit à ses deux cousins floiîolfe et Ho*» 
gués , son frère , margraves de Hochberg. Il assura de plut 
premier, son comté de Neuchâlei , en i45o , pour le possédât 
après sa mort. Cette disposition déplut à Louis de ChâloDSit 
prince d'Orange, son beau— frère et seigneur direct de Nen^ 
châtel , qui obligea Jean d'en recevoir de lui une nouvelle 
▼estilure. Mais Jean n'en demeura pas moins ferme dans lÉ 
parti qu'il avait pris. Allié du canton de Berne , il se déclara^ 
en i444) pour les Suisses ijan s la guerre qu'ils eurent contfC 
les Français et la maison d'Autriche. Il fil bientôt après la paife 
avec les premier;, et resta toujours rn guerre avec les ducs d'An» 
triche , qui firent une nouvelle invasion dans ta seigneurie ^ 
Ëadenweiller. Jean et Bodolfe de Hochberg , ses héritiers, et 
rent , au mois de septembre i4^4, nue entrevue à l.andshÛÉ 
avec le duc Albert , où ils se séparèrent sans rien conclure. Oj| 
s'en rapporta dans la suite à l'arbitrage de l'évëque de B&l», 
Mais tout fut arrêté par la mort de Jean , arrivée en i^Sj. 1] 
ne laissa point d'enfauLs de Marie , fille de Jean de Chàlons.^ 
prince d'Orange. £lle était sœur de Ixiuis , prince d'Oran^cj 
dont nous venons de parler , et d'Aliénore, ou Alit , mariA| 
i Guillaunie de Vienne, seigneur de .Saint -Georges et dâ 
Sainte-Croix. Cette Alicnore fut mère de Marguerite , épouT" 
ile Rodolfe, marquis de Hochberg - Sausenberg , que JM 
liuiBina , par son testament , «jti hérilicr universel. 




BtS COHTBS SK FSIBOURCi ^t 

Te fui ilans Jean que finit , en i4'i7 , te lilrc iet comXti t\a 
Fribourg et dfc [a branche aince cl'fCgeiion V, cotnle tl'Uracli. 
La cadette, formée par Henri, sou bis, «isie micoie aujour- 
d'hui dans la maison régnsiite des princes de Furslemberg. 
Biicelin, Spenar, Humbner, elc- et d'aires généalogistes, 
(iint descendre cette dernière d'un prétendu Kgon , issu du 
MBg agilolphingien , qui vivait en liyo , et Je Cliunon son fils, 
iin'ils disent avoir été, en 748, comte de Furstemberg et land- 
grave de SluUingen. Cet Egon fui , selon eui , trisaïeul ds 
i-ouis, comte de Furstemberg, marié, en 931 , i Agnès, fille 
de Grégoire, roi d'Ecosse. Laissant à part de pareilles fables, 
Kous allons prouver que la maisun de Furstemberg, issue des 
cointv* (l'Uh-ach, a eu une origine commune avec celle da 
Pribourg. Il existe d'abord dans les archives de l'abbaye da 
Toussaints, deux actes, l'un d'Ëgenon , comte de Fribourg, 
fit l'autre de Conrad, comte de ï'urslcmberg , tous deux Je 
l'année i3jj5, où ils attestent avoir eu des ancêtres communs. 
Ils avaient secondement les mêmes armoiries , c'est-à-diro 
une aigle éployée de gueules, becquée' et mcmbrée d'azup 
<lans un champ d'or. Les Furstemberg y ajoulèrent seulement 
vne bordure ondée d'argent et d'azur , probablement pour 
distinguer, par celte brisure, la branche cadette de l'aînée. 
Wous avons d'ailleurs vu (ju'Egenon V , comte d'Urach et 
premier comte de Fribourg, mort en i^.iti, avait laissé, 
entr'autres enf^ints, Conrad, second comte de Fribourg, qui 
portail dans ses sceaux une aigle éployée ; Godefroi , qui fut 
chanoine de Constance ; et Henri. Celui-ci bâtit sur uno 
inontag:ne le cbâieau de Furstemberg, dont il prit le titre, 
et au-dessous duquel existait déjà la pelite ville de ce nom. 
Henri en prit la qualité dès le milieu du treiEième siècle, en 
retenant cependant de lems en lems celle de comte d'Uracli. 
Noii/ù l'ir Heinricus eumes de Vunlemberc fut invesli , en r aSo , 

Fiar Henri , évéque do Strasbourg , des fie& qu'il avait ofTctls 
) m?me année è celle église, Henricus eomes de Ura et Goifridus 
ejus fraler dkti de Fursleadei'g àottnireiit , en is5S, unechaiie 
en faveur du monaslère de Salnt-Trudpert, présente Conrado 
eomi/e de Friburg leur (rhe. H. eomes de Wursienhernh et Agnes 
comiliisa uxor établii-ent , en isW , un couvent de l'ordre dea 
frères mineurs i Villingen. Heinritas cames de Vrach , damiiius 
ta Fur.ilemberg , du consentement , domiai Godfriài fratrh , 
canonici Constanlicnsls eccfesie , nec non honuraiilh domine Âgnelh 
«xoiii , donnèrent, en 1370, une charte, à laquelle pend 
sigiUmm comttis Heinriei de Vrarh , domïm m Futsleniierg. I,r« 
letlres des trois frèrea, Hugues, Olton et I.oiiis , comtes pa- 
latins de Tublngen pour la ville d'ilutb, de la mi^mc année. 



64 tmnoKoioT.iE msroHiiîiift 

serve que les Iroupes de Conrad se dcbandaienl , firent uit>J 
sorlie sur un pclil corps cjue Conrad commaiidail eirpersunné.1 
Celui-ci nmassa ce qu'il put de monde pour les ii^pouaser. Le 3 
combat , qui se donna le m.) juillet , fut sanglant : il roula rtier , 
à re prélat. Un jeune bouclier, l'avaut reconnu , mutilé s»r 
pak'froi , i sa longue roHé d'ecarlale, fendit les rangs , s'appi 
eha de lui, et le perça'd'un coup de lance qu'il lui porla 
défaut lie la cuirasse. On érigea dans le lieu où < oiirad de I.ii 
temberg fui blessé, à mille pas de la ville, du ci3lé du village 1 
de Besenliat'sen , une petite cnapelle avec une rroin qui sutwiïtfrl 
encore , mais Ûàal l'inscripliori est presque effacée. Cette bW- ] 

sure obligra l'évoque de se fai"e transporter A Slrasbourg, 

il mourut le i«. aoûl suivant. Il fui enterré dans sa cathédral^jl 
et on voit encore aujourd'hui son tombeau en pierre, avec son.l 
épitaphe dans la sacristie du grand cbui^ur. L'empereur Albert! 
et difTérenls médiateurs ayant interpose leurs bons offices poiffi J 
réconcilier les Fribourgeois avec le romle , on nomma sept arVi 
biires , qui , par leur jugement de la fin de janvier i3oo , réi* 
blirenl la paixenire b's ilei'ï parties. 

Iles démêlés domestiques succédèrent bientôt j ces guerrAB 
civiles. Kgenon était un dissipateur qui vendait ou engagea' 
possessions, Conrad , son fils, fut obligé de te retenir prisonnier ~1 
dans le château de t'ribonrg, jusqu'à ce que son père lui et)t 1 
promis de ne plus rien aliéner de son comté, L'emperei 
donna , en conséquence , à Conrad , au mois de janiie 
des lettres de ndreté contre tous ceux qui enlreprendaïenl A 
venger la captivité d'F.genon- L'année suivante , celui-ci céda B 
comté de Fribourg k Conrad , son fils , en se réservant seul»" 
ment quelques [erres et quelques rentes avec Tthlvocatie i 
l'abbaye de Saint Pierre, dans [a forât Noire. L'acte d< 
fut signé par Conrad et Frédéric, (jls et petil-fits d'EgenonL 
en présence de Henri, margrave de Hocblierg , leur coi 
magistrat et des bourgeois dt la ville de Bribnurg. l'^genr 
nit sur la iin de mars de îa même année 1 3 1 b , âgé de soiiantrf 
dix-neuf ans, et fut enterré à cflté de Catherine , sa feramec 
dans la monastère de Sainte-Claire dcFriboiirg. Il avait epouaéS 
avant l'an laya, CATaiiniHi! , fille de Louis de Lichtembera^ 
stEur de Conrad el de Frédéric, qui furent successivement évW 
ques de Strasbourg. Elle mourut avant lui , laissant quatre fi 
et trois filles , dont une fut mariée à Burcbard , seigneur d« Fë| 
neslrange , et l'autre à Simon, comte de Thierstein; la troi4 
sième , nommée Claire, qui embrassa la régie de Saint- Françf 
dans le courent des Clarisses de Fribonrg, sun'écul à son pire 
].es fils furent Conrad , qui suit , Egenon , Henri et Gebebanl 
Ces trois Jcrnien obtioienl, par le crédit des deux éTéques[,V 



SES GOmES BX FAlBODftO. 
leurs oncles , des canonicals (bns la catbéJraU de Strasbourg 



çcl[e église, Jressé en lafi^. Henri 
^n père, et Conrad , son frère , ilaiii 
çanlractèrenl , en i3o'< , avec les coi 
teraberg. Il était i dès l'an i2iji| . ciisl 
tJeinrkus de Frlbiirg, ecrltsie Argealii. 



en i'Ait 



: d'E( 



.Lâlogue des chanoines de 
■appeJé avec Egpnon , 
traJIé d'alliance qu'ils 
de Ferreile et Wur- 
eUmêmecalhédrale. 
i TJtesauranux f signa, 
[] mourut peu après, 
leina 



i3i3. Gebehard, soa frên 
prcvâL de b cathédrale de Sirashourg, custus de celle de Cons- 
laoce et yicaire-génèral de ce dernier évflclic. Dès l'an lioti , il 
paraît dans les actes du grand chapitre de Strasbourg camme 
prévôt- En i3io, Gelhiudus de J-riùarg, Prcposilus jtrgenli- 
aensix cl TkrSaurarias Cunslanliensis ., Revenndi in Chriito Patria 
ac Doiaiai Gerkardi QiHStanlieasis Epùcuoi VifwiuS'Generalis , 
donna luic charte en faveur de U collégiale de fleure, tie- 
behard fut élu , en iSs^, évoque de Strasbourg par uoe paille 
des cliaiioines : mais son élection n'eut pas lieu, ayant été obligé 
de céder à Berthold de Butticck, comme l'écrit Albert de 
Strasbourg, ^ui place sa mort au 'ài mai i^^^. 



îe B, 



CONRAD, QUATRIÈME t 



l DE PRIBOUHG. 



S. Conrad , dis aîné d'bgenon et son successeur , avait 
, dès le vivant de son père, le parti de l'empereur I.iiuis 
Te Bavi-'re contre la maison d' \utriclie. Ce pripce, jiuin' se 
rallarlicr, avait promis, en i3i5, noliili vira Cunrado iiiiuUî 
deFiUiurg, deluipaycr, dans l'année , mille marcs dVii'fient. 
Conrad renouvela , le 3 avril i3iG , peu de jours apns la mort 
du comte , son père . les droits de la ville de Fribourg , et con- 
firma sunout à ses habitants le privilé^jt d'élire leurs propres 
magistrats, llmaria, en i3iS, Frédéric, son fils , à Anne , 
Ijlle de Kodolfe , marquis de llocliberg-Sausenberg. Henri de 
Hochbcrg, frère d'Anue, assura a sa sœur pour dot la somme 
de sept cents marcs d'argent : comme il ne pouvait pas la payer, 
il engagea an comte FiéïK'ric cl à Conrad de Fribourg, son père, 
le laodgraviat du Brisgavv. L'aelc d'engagement fol passe, la 
même anuée i3iS , du consentement des liiTes et de 1 oucle de 
Henri. Comme ce landgravlat était un fief île l'empire, l'em- 
ur Louis confirma , en i3'i4i cet engagement , «piî fut re- 
'elé, eni335, par Rodolfe et Otton , marquis de Uoch- 
après la mort de Henri , leur frère, et d'Aine, leur 
Dominas Cimrodus cornes de Frdiurffu et d'imiuui Egeno 
de Furslemlicrg sont complés, en i33ti , dans le nombre 
de l'évëché de Strasbourg. Conrad mourut fort 
rxlV. 9 




vieux, le 10 fuiUel i35a, et fut enterré ilans Te cœur êé 
féglise des Dominicains de Fritiaurg ; il est nommé dan» 
Vépilaphe inctllus cames Conradus domùius Friùargi au lant— 
* gravius Bri»gavi<ie. H eut deux femmes. La première fut Ca— 
THEHiNB, (îlte de Ferri III , duc de lorraine, et de Mar- 
guerite de Navarre. Les noces furent célébrées en lago, et 
tonrad de Lichtemberg, évfique de Strasbourg, oncle mat ernet 
du c^mK Conrad, donna à ce sujet de grandes fêles dans sa 
ville épiscopale. Catherine vivait encore en i.^i6. De ce mariage 
sortirent Frédéric, "Egenon et Eberhard. Les deux premier» 
gonyern^rent successivement le comté de Fribourg; Ëberhard 
Ait chanoine el grand-chantre de la cathédrale de Strasbourg. 
I) est nommé Eherhardus de Frlburg , senior , cantor errlesiix 
Argentittensis , dans un acte de i35'i. Conrad épousa en seconde» 
noces, en i33d, A>RE , fille d'Ulric , seigneur de Sigenau, et 
sœur d'Ulric de Sigenau, grand-prévAt Je Sirasbnurg. NobÙû, 
^mifia Anna nota nobilis viri Vinci domini de Sygenoave , conjuof 
Speclaèilia viri Conradi comilin in Frihurgu Briigangie, est rap- 
pelée dans leskltres de Berthold de Bucheck, évi?quede Slras- 
bourg, son oncle, de l'an i334, Conrad n'eut point d'enfant» 
de ce second mariage. jVhne , après sa mort, obtint, en i3.'^i, 
d'Ëgcnon, son beau-fîls, la jouissance des châteaux de Lichie- 
neck et de Ncubourg , pour les posséder sa vie durant , à litre 
d'engagement , pour trois cent vingt marcs d'argent. £lle se 
remaria, au mois de janvier de L'année suivante i353, avec ' 
Herman M , duc de Teck , el ne mourut qu'après l'au i368. 

FRÉDÉRIC, CINQUIÈME COMTE DS FBIBODHC. 

i3So. FaÉDÊBic, tils aîné de Conrad, rappelé, dès l'an' 
t3i6, dans l'acte de cession d'EgenoD , son grand -père , ob- 
tint , en i33o , de son père , les revenus aniiuels de cent cin-- 
puante marcs d'argent, et , en i3,i8, ceux que payaient les 
Jui& de Fribourg. Il gouverna aussi , du vivant de Conrad , 
le landgravial du Rrisgaiv, dont il fut investi , en i''t^\, par 
l'empereur Louis de Bavière. Devenu , en i35o, son succes- 
seur dans bî comté de Fribourg, il eut des difficultés avec 
£genon , son frère , au sujet du droit foreslal et des mine» 
d'argent du Brissaw. L'évétjue de Bâie, de qui les comles de 
Fribourg les tenaient «n bef , les partagea par moitié , par sa 
■entcnce rendue en ]35i- Frédéric mourut en i356. Akne , , 
fille de Rodolfe de Hochberg , qu'il avait épousée en i3iS, 
rtail déjà morte le aS février i31i. On voit I cpilaphe li'Anne 
dans le chœur des Dominicains de Fribourg. Frédéric n'eut 
t?eHt; fpi'une fille unique, nommée Clairei mariée à Goelzonj^ 



BKS courras be Fitreori». B;» 

CtinHe palatin de Tubingen. Après sa mon . les lujels du comté 
de Friliouifi aimèrent Htieux être sous la lioinliiBlion de m lilie 
i c«ile de son frère : ce qui fil que Claire s'intitule dans 
s chartes , comlesse palatine de Tuliingcn , cDmieue et 
me de Fribtturg. Klle fit cependant cession, en i3:'>8, & 
jeoon, son oncle, de tout retjui lui appartenait dans le comté 
p Fribour); , se contentant de mille marcs li'argcnt et des chï* 
sut de Lichteneck et de Neal>ourg. Claire tivail encore en 
Ififi. Elle fut enterrée avec Goerion de Tubîngen , son mari | 
l Conrad, leur file, dhis Téglise des Dominicains tle Fri- 
«rg. 

EGENON, sixiÈMS COMTE DB Fflinause. 

' i356. Egewon , ou Enos, srcond fils de Conrad, fui i«t- 
ttti , Aèi la fin de l'an i:-15t> , des fiefs de l'empire par Jean , 
(^«^que de Strasbourg , au nom et par ordre l'empereur Cliaf- 
ica IV. Devenu ensuite possesseur paisiltle du comté de Fri- 
boui^ par la cession de sa nièce , il en reçut de l'empereur lui- 
niéjne,Bn iâ6o, une nouvelle investiture , ainsi que du land- 
gravial du Brisgaw, qui avait été engagé i sa maison , cl dont 
il juniss.iit seul depuis la mort de son frère. Bientôt après se 
renouvelèrent les anciennes c|uerellcs des comtes avec la ville do 
Fribonrg. Egpnon tenta, la nuit du 34 au aS marsi3li[j, del'es- 






Les Fribtiu 



■geois, 






les habitants de Bile , de Brcsach , de Nèuhoi 
_ Kintzingen , formèrent une armée avPc laquelle ils marrlié- 
.Ittat contre le comte qui les battit prés d'Endiugen. Cependant 
Egenon , pour terminer des difFéicots qui revenaient Inus les. 
jours , prit le parti de vendre , en i.^tiS , aux habitants de FH- 
bourg pour la somme de quinze mille marcs d'argent t tous les 
droits qu'il avait sur leur ville, ses faubourgs, son territoire et 
ses dépendances, en se réservant seulement les vassaux qu'H y 
avait , avec les château et seigneurie de Badenweillert que les 
Friboureeois avaient retirés, pour vingt cinq mille florins, de» 
comtes de Strasberg. La somme que la ville de Fribourg donna 
i t^erton fut fournie par Léopold, archiduc d'Autriche. fivK 
baliilanls, par reconnaissance, se soumirent à lui la mém* 
année i368, et depuis ce tems Fribonrg a été cnnslammen| 
" aédé par les princes de celte maison, l/archidnc Albert VI 
non IV) y fonda une université en 1467 , et la décora de 
« privilèges. Fribourg, aujourd'hui capitale du Brisga'^^ 
: les états y tiennent feurs assemblées , était autrefois une 
forteresse importante qui essuya plusieurs sii'ges meurtrivr^. 
iiille fut priœ, en 1 65a, (634 et i(3.^?1, par Us Suédois. L» 



68 CHHOSOIXÏGIE mSTOKtlîUE ' 

Francis s'en emparèreat en 1677 , et la gardèrent jusqu'à là 

Faix de Ryswicl. lis la reprirent en lyiS , et la recédèrent à 
Autriche par celle de IfastatJt. Iiouis XV l'assiégea- en per- 
sonne en 1744 ; f 1 1 s'en élant rendu maître , il en fil raser les 
foruGcalions que la France ellp-méme avait fait construire. 
C'est dans cel élal que la ville fut rendue à l'AulHche par la 
paix d'Aiï-la-Cbapelle. Cette maison y a établi la régence im- 
périale et royale, ainsi que la chambre des comptes pour l'Au- 
triche antérieure. 

Egenan , en vendant les droits <ju^il avait sur la ville de 
Fribourg, se réserva cependant le titre de comte de Fribourg 

3u'il prit dans l'acte de vente , et resta en possession des terres 
épendanles du landgravial dbi lirisgaw, qnil conserva jusqu'^ 
sa mort arrivée le :i3 aoi^t iWi). Il l'ut enterré dans l'église de 
Badenweîller : on y voit son épitapbe, dans laquelle il est 
- iiommé noèi/is dominas ego ruines de Frihurgo. Il avait épousé 
'VEfiEHE , fille dehouis, cnmie de Neuchâiel, dont il laissa 
trois Gis , Conrad , qui suit , Egenon et Eberhard , qui devîn- 
lent chanoines dans ta cDilif.îiale de Sirasbourg, et une fille ^ 
nommée \i\ua, Kgeno di i''r!iit&g , Eierhardiis de Friburg ju~ 
. nior , ea .oaici ecclesle A- genlinensis , &(>n\ rappelés dans un acte 
de i55.-), Anne épousa KodoU'e, marquis de Hochberg-Sausen- 
berg , laquelle rcnnnija, en ià84, i son héritage paternel et 
maternel, pour la s<.>mme de six mille florins d'or. Un ignore 
l'année de la ni'^i't d >\nne , postérieure à i4-7 t puisqu'elle est ' 
nommée dans .ni acte domina Anna de Hocklierg, oriunda âJ 1 
Friéiurg , eon'.K r/dis dom. Ruàolpld de Hoclilierg. Elle fut en- 
terrée dans IVgbse du village de Itoetlen , bâtie en i4ot , par I 
KodoUe, son mari. 



1^ 



CONKAU , SEPTIÈME COUTE BE Fuibourg. 

i3B5. CoSRAD succéda, en i3t5, à Egenon, son père, 
dans le litre de comte de Fribourg et dans les terres du land-* 
gravîat du Ërisgai^'. Dix ans après , Cunradus r.vmes de Fiilitirga, ' 
lanlgrapiu) in Itrisgangia , nomma, en 'àif^ , Rodolle de 1 
llocliberg, son beau -frère , son héritier universel, dans \t i 
cas qu'il viendrait à mourir sans enfants légilimes. Celle éven-* '! 
Qualité fut renouvelée en 1417. Conrad comprit dans cette even^ 1 
lualile le landgraviat du Brisgaw , que les marquis ile llochberjj j 
avaient engagé , comme mins l'avons dit , à son grand-père ,*eq ' 
liitt. Le comte île Fribourg, voyant que les sept cents marct ' 
d'argeni, pour lesquels cet engagement avait été fait , étaient , 
suflisamment arquitlés par la jouissance de soixante-dîx-scpl 
ans ,- rcudit et céda lîLirement ce landgraviai à Itodolfe , qui m 



ms COMTES rr rL:î!crr£& <3 

iai c ùnf ë ia en iDésar-tCBS, a tîtce iVrr-ere £1':'. SiM» b od* 
dîHon i|iie le vasal oBrirût toos les 2:^ . le ^ojr de Saint- 
Jacquet, à son seîçnecr direct . un r^mer b!eu. Rir cette 
convention, le landeratiat du BrU^a«^. a Tniinction des 
comtes de Friboorg, lerînt de droit j-.i ruT^uii ôe H«xhSfrg<* 



La mort d'Isabelle « fiUe de Loals. comte Je Neuchiiel . et 
tante maternelle de Conrad, comte «ie Fnloùn: , laquelle 
le nomma son héritier, lui procura djas le mcxne^toir^ le comté 
de Xenchâtel, dont il prit le titre et les armes. Nais Conrad ne 
fut reconnu en cette qualité qu'en ix^-' , pjr les elaîs du p3\:s 
et par Jean de Chilons, prince d'0»nge et suzerain de Neu- 
cliftteL (VoT. leM camits de SewwhâteL ) il existe deux actes de 
la rille de ce nom, de i4^« dajis lesquels il est nomme ma^nî- 
ficus ac gemtnuus damùaMs ConraJus de Fnèmr^o , romes ac do-- 
minus Noçi-Casbi» Coi^ad en^^a , en 1 39-S , a Leopold , duc 
d'Autriche, son château et sa seigneurie de Badenweiiler« avec 
loot œ qn*il possédait en cette partie du Brisgaw, pour avoir de 
quoi acquitter les dettes de son père, *se reservant seulement 
1 investitnie des vassaux. Le prix de rengagement fut de vingt- 
huit mille florins d*OT , dont seulement deux mille devaient 
-lire remis à Conrad et le reste à ses créanciers. Conrad partit , 
en 14069 suivant M. Dunod, pour la Terre -Sainte , dont il 
Terint l'année suivante. Lorsqu^en i4i3, Frédéric d\\ ut riche 
fut proscrit par le concile de Constance, Tétendard de l'empire 
fut confié à Conrad , qui le porta dans l'expédition de Tempè- 
re ur Sigismond et des Suisses contre la ville de Zoftingen au 
-canton de Berne. Cet empereur , en reconnaissance des semces 
que ce comte lui avaient rendus en LomlKirdie , lui permit , en 
1417 9 de retirer des mains de la maison d'Autriche la seigneurie 
de Badenweiller pour la somme de quatre mille florins , et 
■l^aonée suivante il lui en confirma la possession. Conrad mon rut 
en it^SL^j et fut enterré à l'abbaye bernardine de Rheintlial, 
pr^s de Badenweiller , ne laissant qu'un fils nommé Jean , qui 
suit. 

JEAN , HUITI£M£ ET DERNIER COMTE DE FrIBOURG. 

142S. Jean, fils de Conrad, prenait dans les cbarles fran- 
Çaîsi'S le litre à^ illustre et magnifique seigneur M. Jean , comte 
dé Frybourg et de Neuf-Chastel , seigneur de Champlitte, Il jouis- 
sait déjà , du vivant de son père, du landgraviat du Brisgaw 
et de la seigneurie de Badenweiller. Il lui succéda , ' on 1 4:Aa , 
dans le comté de Neuchâtel. Trois ans auparavant, il avoit ac- 
compagné Joaa , duc de Bourgogne , à sa funeste entrevue avec 



CHtlONOLOGIE HISTORIQUE f 

Charles, danph'm deFrsnce, à Montereau, où le duc fut mas^ 
Hcré. Le comte Jean qui y avait été fait prisonnier , en i4'9f 
fut oblige de payer une somme considérable pour se racheter> 
Il engae'"a, en i^2^\ la seigneurie de Railcavveiller, pour six 
mille florins I à Jean de Neubourg, seigneur de Warmeclb 
Mais les archiducs d'Autriche s'emparèrent presque aussitàt de 
celte seigneurie , alléguant un etigagereient plus ancien qui 
avait été fdit, en 1.^9^, au duc Lcopold : ils entrèrent même 
tlaoslelandgravialdu Bri^giiw. Ce procédé irriia le comie Jean^ 
nui prit les armes et lit, eu 14^8, une irruplion en Alsace o4 
il ravagea les lerres qui appartenaient à la maîso« d'Autrichet' 
l.es hostilités furent suspendues par l'eutreniise de Guillaume^ 
niarcjuis de Hoclibers, et de Jean, comie di^ Thii'rstein Lei 
))arties belligérantes s en rapportèrent au jugeaient dumagistrA 
■le Bâie. Celui-ci fut favorable au comte de NeuchStH, qui 
iut remis en possion de la seigneurie de Bcidenvreilter. Ce dei^ 
nier la céda, en i44't i> Henriette, fille de Henri, comte d* 
Moulbéliard, et veuve d' EbL'ibard , comte de Wurtemberg^ 
pour sa vie seulement, 'Henriette nVn jouit pas long-tenu, étant 
iDorle le t3 février de Tanné suivante. Jean , rentré en po9ses-> 
*iun de Baderiweiller, s'en dépouilla une seconde fois , en i444ï 
par la donation qu'il en fit à ses deux cousins Koilôlfe et Hu* 
fjues , son frère, margraves de Hnchberg. Il assura de plus aa 
premier, son comté de Neuchatel, en lifSo, pour le posséder 
après sa mort. Cette disposition déplut à Louis de Châloos^ 
prince d'Orange, son beau-frère et seigneur direct de Neu*- 
châlel , qui obligea Jean d'en rceevoir de lui une nouvelle in» 
vesliturc. Mais Jean n'en demeura pas moins fenae dans le 
parti qu'il avait pris. Allié du canton de Derne , il se déclara « 
en 1444 1 pow '« Suisses dans la guerre qu'ils eurent contre 
les l'rançais et la maison d'Autriche, il fit bientôt après la pais 
avec les premier^, et resta toujours en guerre avec les ducs d'Au* 
triche, quiGrentune nouvelle invasion d&n s la seigneurie d« 
Badenweiller. Jean et Rodolfe de Hochberg , ses héritiers , ew* 
rent , au mois de septembre i454 , uue entrevue ù I.andshut 
avec le duc Albert, où ils se séparèrent sans rien ronclure. On 
s'en rapporta dans la suite à l'arbitrage de IVvéque de Bâle. 
Mais tout fut arrêté par la mort de Jean , arrivée en 1457. Il 
ne laissa point d'enfants de Marie , ftlle de Jean de Châlons , 
prince d'Orange. Elle était soeur de Ixmis , prince d'Orange», 
dont nous venons de parler, et d'Alîénore, ou Alix, marié* 
i Guillaume de Vienne, seigneur de .Saint -Georges et d* 
Sainte-Croix. Cette Aliétiore fut mère de Marguerite , époun 
de Rodolfe , marquis do Hnchl>erg - Sausenberg , que Jcaa 
ituiBuia, far son testament, «ou bC'ritier univertel. 



BtS COHTXS t« niBOlIKC 

Te fui (îans Jean <]i)o finit , en 14S7 t '^ ''""e de» comies ila 
Fribourg et de la branche aînée d'^^enoii V, comle d'Uracli. 
l<a cadette, formas par Henri, son liis, existe encnie aujour- 
'^ui dans la maison régnante des princes de Furstemberg. 
icelin, Spener, Humbiier, ele- et d'aires géiiéalogigtes , 
nt descendre cette dernière d'uii prétendit tgon , îasu du 
*aBg agilotphitigien , qui vivait en IÏ70 , et de Cliiinon son (ils, 
^n'ils disent avoir clé, en 758, comte de Furslemberg et land- 
grave de Stullingen- Cet Egon fui, selon eu», trisaïeul da 
^ouis , comte de Furstcmberg, marié, en 931 , i Agnès, fillfi 
de Grégoire, roi d'Ecosse. laissant à part de pareilles fiibles, 
nous allons prouver que la mai^un de Furstemberg , issue dea 
comtes d'Ui-ach, a eu une origine commune avec celle iIb 
Friboiirg. Il existe d'abord dans tes archives de l'abbaye da 
Toussainis, deuK actes, l'un d'£genan , comte de Fribourg, 
et {'autfe de Conrad, comte de Fnr*iemberg , tous deui de 
l'année i3i>5, où ils attestent avoir eu des ancêtres communs. 
}ls avaient secondement les mêmes armoiries , c'est-i-diro 
ij ne aigle éployée de gueules, becquée* et mombrée d'azur 
dans un champ d'or. Les Furstamberg y ajoulèrent seulement 
une bordure ondée d'argent et d'azur , probablement pour 
distinguer, par celte brisure , U branche caJeile da l'aînée. 
Xous avons d'ailleurs vu qu'Egenon V , comte d'Urach et 
premier comte de Fribourg, mort en is.'^â, avait laissé, 
enir'autres enfants, Conrad, second comte de Fribourg, qui 
portait dans ses sceaux une aigle éployée ; Godefrot , qui fut 
chanoine de Constance ; et Henri. Celui-ci bâtit sur une 
montagne le château de Fursiemberg, dont il prit le titre, 
et au-dessous duquel existait déjà la petite ville de ce nom. 
Henri en prit la qualité dès le milieu du treizième siècle, en 
retenant rependant de tems en lems celle de comte d'Uracli. 
Noiilis l'ir Heinriias rumes dg Vuntembert: fut investi , en izSo, 

Ear Henri , évéque do Strasbourg , des fieis qu'il avait offei \s 
I m^ine année à celte église. Henriem cornes de Vra et Gotfridas 
ejui fra/er dkH de Fursleitèerg ùonâhrenl , en laSH, une charte 
en faveur du monastère de Saint-Trudpt'rt , présente Conrado 
comiVe de Fribarg leur frère. H. cowes de Wuntert&erch et Agnes 
CQmittMa iia;or établirent , en lafiH, un couvent de l'ordre ijfs 
frères mineurs i Villingen. Hanriims eomes de Urach , àoraùius 
m Fursiemberg, du consentement , domini Goâfridi fratrie , 
ctatanîci Conslanllensis ecc/esïe , nec non honoraiHis doniiat Agneilt 
ttioris , donnèrent, en 1270, une rharto , à lat]uelle pend 
^pHun comifis Heiitrict de Vrarh . domini In Fursleaiierg. Les 
lettres des trpis frères, Hugues, Oiton ei Lnnis , comtes pa- 
latins de Tubingen pour U ville d'tlofb , de la m^me année^ 



I pÔ CHROKOLOGrF. HISTORIQUÏ f 

' Charles, dauphin de France, à Monlereau, où le duc fut mas* 
Mcré. Le comle Jean qui y avail été fait prisonnier, eti <4f9» 
fut obligé de payer une somme considérable pour se racheter. 
1) engagea, en 1424*1 la seigcii-urie de Badenweiller, pour six 
mille tlorins, à Jran de iSeubourg, seigneur tic Warmecki 
Mais les arcbiducs d'Autriche s'emparèrent presque aussitôt de 
eelte seigneurie , alléguant un ehgagcmertl plus ancien qui 
avait été fiiit, en i-^g^*, ait duc l.éopold : ils enlrèi-ent même 
danslelandgraviat du firisgdw. Ce procédé irriia le comie Jean| 
iiui prit les armes et fil, en 1428, une irruption en Alsace oi 
il ravagea les lerres qui apparlenaient h la maison d'Autriche. 
l.es hoslilités furent suspendu«>s parl'entreOiise de Guillaume ^ 
marquis deHocbbera, et dcilea», comte di: Thii-rsteia Lei 
|)Qrlies belligérantes s en rapportèrent au jugcmenl du magistral 
■le Baie. Celui-ci fut favorable au coibte de Neucbâiel, qui 
fat remis en passion de la seigneurie de Bade nwe il 1er. Ce dei^ 
nier la céda, en i44't àHenrieite, fille de Henri ,' comte de 
Hontbéliard, et veuve d'Ebeihard, comte de Wurlemlerg^ 
poursavieseulemenl, 'Henriette n'en jouit pas long^iems, étant 
morte le 13 février de l'anné suivante. Jean, renlré en posses- 
sion de Badenweiller, s'en dépouilla une seconde fois, en i444t 
parla donation qu'il en fit à ses deux cousins Rodolfe et Hu*- 
|>ue$ , son frère , margraves de Hochberg. Il assura de plus av 
premier, son comté de NeuchStel, en 14S0, pour le posséder 
après sa mort. Celte disposition déplut à I.auis de Châlons^ 
prince d'Orange, son beau-frère et seigneur direct de Neu- ' 
chàiel , qui obligea Jean d'en recevoir de lui une nouvelle in- 
vestiture. Mais Jean n'en demeura pas moins ferme dans le 
parti qu'il avait pris. Allié du canton de Berne , il se déclara 1, 
en 1444 ) pour les Suisses dans la guerre qu'ils eurent contre 
les Français et la maison d'Autriche, il fil bientôt après la paix 
avec les premier; , et resta toujours m guerre avec les ducs d'Au- 
triche , qui tirent une nouvelle invasion dans la seigneurie de 
lt«denweiller. Jean et Rodol& de Hochbeig , ses héritiers , eu» 
rent , au mois de septembre 14^4 1 uue entrevue ù l.andshut 1 
avec le duc Albert , où ils >ie séparèrent sans rien conclure. On 
('en rapporta dans la suite à l'arbitrage de l'évoque de Bâie. 
Mais tout fut arrêté par la mort de Jean , arrivée en 14^7. Il 
ne laissa point d'enfants de Mmiie , fille de Jean de Chalons , 
prince d'Orange. Elle était sœur de Louis , prince d'Orange, 
dont noua venons de parler , et d'Aliénore, ou Alix, mariés 
è Guillaume de Vienne, seigneur de %Saint -Georges et de 
fiainle-Croix. Cette Aliétiore fut mère de Marguerite , épouse, 
de Hodolfe , marquis de Hnc.hberg - Sausenberg , que Jcaa 
liumnia, ^ar son icsiament, lou bOrltier uiiivenel. 



Fribo 



ejus 7; 
^^^Jpa fâv 

■^Bres 



coHTis ta tmitoVM, 
fut dans Jean cjufl finît , en i^^-j , ie litre de» comtes ila 
Fribourg et de la branche ainée tl'E^enon V, comle d'Uradt, 
Xa cadette, formée par Henri, son liU, ciîste eucare aujour^ 
■^ui dans la maison régnante des princes de Furslemberg. 
icelin, Spener, Humbnep, etc. et d'aires gânédlosistes , 
•<t descendre eetle dernière d'un prétendu Lgon , issu du 
«lu» agilolpilingien , qui vivait en li^o , et de CliuDon son (ib^ 
qu'il» disent avoir été, en yiS, comle de Furslembere et land- 
grave de Slullingen. Cft Ëgon Fut , selon eux , trisaïeul da 
touis , comte de Furstemberg, marié, en gai , à Agnès, (illa 
de Grégoire, roi d'Kcosse. Laissant à part de pareilles fables, 
nous allons prouver que la maison de Fursiemberg , issne Jea 
camiFs d'Ui-ach, a eu une origine commune avec celle de 
Fribourg. Il existe d'abord dans les archives de l'abbaye da 
Toussainls, deux actes, l'un d'Egenan, comte de Fribourg, 
61 l'autre de Conrad , comte Je Kurslemberg , tous deux de 
l'année i3l>5, où ils attestent avoir eu des ancêtres communs. 
lU avaient secondement les mêmes armoiries , c'est-à-diro 
une aigle éployée de gueules, becquée et raembrée d'asur 
dans un champ d'or. Les Furslamberg y ajoulèrenl seulement 
wyic bordure ondée d'argent ei d'azur , probablement pour 
distinguer, par cette brisure, la branche cadelle de l'aînée. 
Nous avons d'ailleurs vu qu'F.genon V , comte d'Urach et 
premier comte de Fribourg, mort en ia.^6, avait laissé, 
enlr'autres enfants, Conrad, second comte de Fribourg, qui 
portail (hns ses sceaux une aigle éployée ; Godefroi , qui fut 
chanoine de Constance ; et Henri. Celui-ci bâtit sur une 
montagne le chSieau de Fursteinberg, dont il prit le titre, 
et au-dessous duquel existait déjà la peliie ville de ce nom. 
Henri en prit la qualité dès le milieu du treizième siècle, ei» 
retenant rependant de teins en tems celle de comle d'Uracli. 
iVoitVtï t'i'r Heinricus cames àe Vuralemberc fut invesli , en 12S0, 
par Henri, évéque de Strasbourg, des fiefs qu'il avait ofTeiis 
la m^mc année à cette église, Hewiéus cornes île Ura et Gotfriiluj 
ejus frater dicti de Furslenberg lionnhreiit , ea 12.S8, unechane 
faveur du monastère de Saint -Trudpcrt, présente Conradu 
\ile de Friburg leur frère. H. cornes de Wuriltnberch et Agnes 
iHssa uxor établirent , en tatiK , un couvent de l'ordre des 
es mineurs i Vlllingen. Heinricus comes de Urath , domiuua 
Fursiemherg , du consentement , domini Godfriài fraliis , 
' Conslanticnsis ecclesie , nec non honuraéilis domine Aguelis 
uxoris , donnèrent, en 1270, une rharlo , à latjuelle pend 
SigiHuiH comitis Heinrid de VrarA, damiai in Farslenierg. Le» 
letiKs des 1»i;ms frères, Hugues, Olion et Louis, comtes pa- 
latins de Tubingen pour ta ville d'ilorb , de la mi'mc année. 



I 



84 



)up«s (te Conrad se dcbandaienl , 



rvé que les troupes (te Conrad se dcbandaienl , firent uns 
sortie sur un petit corps que Cuiii'ail commâniJai I en perïunne. 
Ce|ui-ci ramassa ce qu'il put di: monde pour tes rtrpousser, Le - 
combat . tiiii se donna le a.) juillet , fut sanglanl : il roilla rher 
à re prélat. Un jeune boucher, l'avant reconnu , moulé sur un 
palefroi , â sa longue rol>e d'ecarlaie, fendit les ranf;s , s'appro- 
cha de lui, et le perça "d'un coup de lance qu'il lui porra au 
défaut de la cuirasse. On érigea dans le lieu oii Conrad de l.ich- 
temberg fui blessé, à mille pas de la ville, du ci^lé du village 
de Besenlian^ii t nne petite cna[>elle avec une rroit qui subsisté' 
encore , n>aiï drtnl l'inscripliDu cat presfjiie effacée. Olte bles'- 
sure ohligia l'évoque de se fai-e iransporier à Strasbourg, oii 
il niounil le i". août suivant. Il fui enterré dans sa cathédrale, 
et on voit encore aujourd'hui son tombeau en pierre, avec son 
épitaphe dans la sacristie du grand chteur. L'empereur Alliert 
et ttifrérenls médiateurs ayant interposé leurs bons offices p>iur 
réconcilier les Fribourgeois avec le comte , on nomma sept ar- 
l>îlres , qui , par leur jugement de la fin de jsnvler i3oo , réta- 
blirent Fa paix enlrc les deux parties. 

Des démêlés domeslinues succédèrent liientôt i ces guerres 
civiles- Kgenon élail un tlissipaleur <|ui vendait ou engageait se» 
possession.i. Conrad , son lils, fut obhgé de te retenir pnsonnicr 
dans le château de Fribourg, jusqu'à ce que son p6re lui eût 
promis de ne plus rien aliéner de son comté. L'empereur Louis 
donna , en conséquence, i Conrad, au mois de janvier i^i5 , 
des lettres de sârelé contre tous ceux qui entreprendaient de 
venger U captivité d'Egenon. L'année suivante , celni'ci céda le 
comté lie Friboorg à Conrad , son fils , en se réservant seules 
ment quelques terres et qnctnues renies avec IVlvocaite de 
l'abbaye de Saint-Pierre , dans la forêt Noire. L'acte de cession 
fut signé par Conrad et Frédéric , fils et petit-fils d'Egenon , 
en présence tie Henri, margrave rie Hochberg, leur cousin , du 
magistral et des bourgeois dt la ville de Bribnurg. Kgenon moifr- 
rutsurlaHn de mars de la même année iSilJ, âgé desoîxante- 
dix-neuf an«, et fut enterré â cclté de Catherine , sa femme, 
dans la monastère de Sainte-Claire dcFrihonrg. Il avait ppousé, 
avant l'an laya, Cathbbibe , fille de Louis de Lichlemberg; 
sueur de Conrad et de Frédéric , qui furent successivement évo- 
ques de Strasbourg. Elle mourut avant toi , laissant quatre fils ..-. 
et trois filles , dont une fut mariée i Bnrchard , seigneur de Fé- 
nestrange, etl'aulre à Simon, comie de Thierstern; la t roi- 
Eième , nommée Claire, qiù embrassa la règle de Saint- Fran coi* 
dans le couvent des Llarisses de Fribourg, survécut a son père. 
Les fils furent Cbnrad , qui suit , Egenon , Henri et (ielienard; 
Ces trois dcniien obtinrent, par Le crédit des deux créques, 



DES COMTES DE FRIBOURG. 65 

leurs oncles , des. canonicats dans la cathédrale de Strasbourg : 
ils sont nommés tous trois dans le catalogue des chanoines de 
cette église , dressé en 1298. Henri est rappelé avec Ëgenon ,' 
son père, et Conrad , son frère, dans un traitéd^alliance qu'ils 
contractèrent , en i3o^ , avec les comtes dp Ferretle et Wur- 
temberg. Il était , dès Tan 121^9 ,.custos de la même cathédrale. 
tJeinricus de Friburg^ ecclesie Argeniiiiensis ThesaurOnus ^ signa, 
çn i3io, un acte d^£genon son père. Il mourut peu après, 
avant, Tan i3i3. Gebehard , son frère, était en même tems 
prévôt de la cathédrale de Strasbourg, cusfos de celle de Cons- 
tance el vicaire-général de ce dernier évêcbé. \}H l'an i3o6 , il 
garait dans les actes du grand chapitre de Strasbourg comme 
prévôt. En i3io, Gelhatdus de Friburg^ Prcpositus Argenii^* 
nensis et Thtsaurarius Constantiensis ^ Reverendiin Chrisio Patris 
ac Domini Gerhardi Constaniiensis Episcopi VicanuS'-Generalis p 
donna une charte en faveur de la collégiale de Soleure. Ge- 
oehard fut élu , en i32^, évéque de Strasbourg par une partie 
des chanoines : mais sqn élection n'eut pas lieu, ayant été obligé 
de céder à Berthold de Bucheck, comme l'écrit Albert de 
Strasbourg, qui place sa mort au 3i mai 1337. 

♦ 

CONRAD, QUATRIÈME COMTB DE FRIBOURG. 

. i3i6, Coi^RÂD , fils aîné d'Kgenon et son successeur, avait 
pris, dès le vivant de son père, le parti.de l'empereur Louis 
die Bavière contre la maison d'Autriche. Cepripce, pour se 
l'attacher, avait promis, en i3i5, noôi/i viro Cunrado cumîti 
de Friburg t de lui payer, dans l'année , raille marcs d'^rgeiit. 
Conrad renouvela , le 3 avril i3i6 , peu de jours après la mort 
ilu comte , son père , les droits de la ville de Fribourg , el"con« 
firma surîout à ses habitants le privilège d'élire leurs propres 
magistrats. Il maria , en i3i8, Frédéric, son fils , à Anne , 
fille de Rodolfe, marquis de Hochberg-Sausenberg. Henri de 
Hochberg, frère d'Anne, assura à sa soeur pour dot la somme 
de sept cents marcs d'argent : comme il ne pouvait pas la payer, 
il engagea au comte Frédéric et à Conrad de Fribourg ^ son père, 
le landgraviat du Brisgaw. L'acte d'engagement fut passé , la 
même année i3i8 , du consentement des irères et de 1 oncle de 
Henri. Comme ce landgraviat était un fief de l'empire , l'em-- 
pereur Louis confirma, en i334, cet engagement, qui fut re- 
nouvelé^ en i335 , par Rodolfe et Otton , marquis de Hoch-^ 
berg , après la mort de Henri , leur frère , et d'Anne , leur 
sœur. Dominus Conradus cornes de Friburgo et dominus Egeno 
cornes de Fursiemberg sont comptés, en i336 , dans le nombre 
des vassaux de Tévéché de Strasbourg, Conrad mourut fort 
^ * OCIV. - 9 



«»lMWeï.OGIR nTSrOBIQWS 
vi^x, )« la fuillet t35o, et fut «nlerre dam le cœur Se 
i'ég)i«t! des Ootnimcains de Fribourg : il est nommé danff' 
l'tj[iitaphe fue/îlus cames Conrad-as dominas FriÙurgi ac lanl— 
' gravius Brisgaveie- H eut deuï femmes. 1^ première fut Ca— 
THERisB, fille de Ferri III, duc de Lorraine, et de Mar- 
guerite de Navarre. Les noces furent célébrées en 1290 , rt 
Conrad de Lichtemberg, évéque de Strasbourg, oncle maternel 
du cniole Conrad , donna À ce sujet de grandes fêles dans s* 
ville éfiiscopale. Catherine vivait encore en i3i6. De ce maria^ 
sortirent Frédéric, "Egenon et Lberhard. Les deux premier» 
gnuyern&rent successivement le comté de Fribonrg ; liberhartf 
ftit chanoine et grand-chanire de la cathédrale de Strasbourg, 
H est nommé Eherhardus de Frîhurg , senior, cantor erriesUM 
jirgen/inrnsis , dans un acte de i3S3. Conrad épousa en secondes 
noces, en i33o , Anue , fille d'Ulrîc, seigneur de Sigenau, et 
sœur d'Ulric deSigénau, grand-prévflt de Strasbourg, Noiiilùi 
domiita Anna ncOa nobilis virt lUrici damiid de Sygenowe , conju^ , 
speclaèilis viri Conradi comilis in Fr^urgo Bnsgangîe , est rap^ 
pelée dans les lettres de Herthold de Bucheck, évêijue de Slras- 
uourg, son oncle, de l'au i334t Conrad n'eut point d'enfanty 
de ce second mariage. Ahne , après sa mort, obtint, en l^Si, 
d'ËgenoD, son beau-GIs, la iouissaitce des cbàleaux de Licbl&< 
ncck et de Ncubonrg , pour les posséder sa vie durant , à litre 
d'engagement , pour trois cent vingt marcs d'argent Elle ae 
remaria, au mois de janvier de l'année suivante i35a, ave^- 
Herman II , duc de Teck , et ne mourut qu'après l'an i36d. . 



rWÎDÉRlC , ClNQDltME C 



; D£ FkIBODRIi, 



i35o. FBÉDÉRir. , (ils ataé di> Conrad, rappelé, d^s l'a» 
»3tS , dans l'acte de cession d'Egenon , son grand-père , ob- 
tint, en i33o , de son père , les revenus annuels de cent cin- 
3uante marca d'argent, et , en i3.18, ceux que payaient lei, 
wts de Fribourg. Il gouverna aussi, du vivant de Conrad « 
le landgraviat do Brlsgaw, dont it fut investi , en i?ii!f , j)ar 
l'empereur Louis de BaviJ're. Devenu , en i35o , son succes- 
seur dans le comté de Fribourg, il eut des difficultés avec 
Sgenon , son frère, au sujet du droit forestal et des minu 
d'argent du Bris^aw. L'éï^ijue de Bâte, de qui les comtes de 
Fribourg les tenaient «n fief, les partagea par moitié , par s» 
sentence rendue en i35i. Frédéric mourut en i356. Anne, 
fille Je hodolfe de Hochberg , qu'il avait épousée en »3i8, 
était déjà morte le aS février i3<r. On voit 1 épiiaphe d'Anae 
dans le chœur des Dominicains de fribourg. Frédéric n'eut 
d'ertL' (ju'une Qlle unique , nommée Claire, mariée k Goeizort,^ 



DES COMTtS DE FHI80U1M1. *J 

cnmie palatin dp Tuliingen. Après sa inorl , les sujets du comté, 
de Friboure aimèreni mieux êire sous la ilominalion de u fiHe 
que sous celle de son frère : ce qui fil ijue Claire s'inlitnle dani 
|tlusiei]rs chartes, comtesse paUline Je Tubingen, comtesse et 
dame de Fribourg. Llle fit cependant cession, en i358 , à 
£gei>on , son oncle , de tout ce qui lai appartenait dans le comttS 
de Pribi^urç, se contentant de mille marcs d'argent et des châ- 
teaux de Licbtf'neck et de Neuliourg. Claire vivait encore en 
i36S. Elle fut enterrée avec Gociznn de 'l'ubingcn, son marï t 
et Cttnrad , leur fik , ëfais l'église des Dominicains de l'ri- 

EGENON, SIUÈHE COMTE DS FhIBOUBG. 

iSSG. Egenon, ou Econ, second fib de Conrad, fui in- 
vesti, dès la fin de l'art iSSli, dtîs fiefs de l'empire par Jean, 
«vêque de Strasbourg i au nom et par ordre l'empereur Char— 
Ict IV, Devenu ensuite possesseur paisible du comié de Fri~ 
iiourg par la cession de sa nièce, il en reçut de l'empereur lui- 
mémo, en i3tJo, une nouvelle investiture ) ainsi que dit land- 
craviaL du Brisgaw, qui avait été engagé i sa maison , cl dont 
■ t jouissait seul depuis la mort de son frère, Bivntât apr^ se 
renouvelèrent les anciennes ([uerellcs deï comtes «vec la ville de 
Fribourg. E^pnon tenta, la nuil du 24 au aS mars i^lifj^ del'es- 
ralader : mais il échoua dans cette entreprise. 1.^ Fribourgeois. 
aidés par les habitants de BJle , de Brisach , de Né n bourg et 
de Kintzingen, formtrent une al-méc avec iaijutlle ils marchw- 
renl contre le comte qui les battit prés d'Endingen. Cependant 
Egenon , pour terminer des dilFérenls (jui revenaient tous les. 
jours , prit le parti de vendre , en :.^63 , aux habitants de Fri- 
bourg pour la somme de «juinze mille marcs d'argent « tous le» 
droits qu'il avait sur leur ville, ses faubourgs, son territoire et 
ses dépendances, efi se réservant seutcmeni les vassaux qu'il y 
aviil , avec les château et seigneurie de B.idenweiller , que lé» 
Fribourgeois avaient retirés , pour vingt crnn mille florins , de» 
comtes de Strasberg. La somme que la ville de Friboure donna 
à l'^enon fut fournie par Léopuld, archiduc d'AuLriclie. .'■es 
habitants, par reconnaissance, se soumirent à lui In intima 
année i5C}H, et depuis ce lems Fribourg a été constamment 
possédé par les princes de cette maison, I/archiduc Albert VI 
(et non IV) y fonda une université en i^Sy , et la décora de 
lieaus privilèges. Friboure , aujourd'hui capitale du Brlsga>t'^ 
dont les états y tiennent leurs assemblées , était autrefois uua 
forteresse importante qui essuya plusieurs sièges meurlrii-rs. 
£ll« fut prise, co i6:iaj 1 634 et ■6^^'^* p:? Ls Sué^oif. Le» 



68 f;BBOsot,oGiE ifisTonrQtiE ' 

Français s'en emparèrent en ib-j-j , et la gartlËrcnt jusqu'à là^ 

Faix de Rysmck. Ils la reprirent en lyiS , et la recédèrenl i 
Aulnche par civile de itastadt. Louis 'XV l'assiégea- en per- 
sonne en 1744; et , s'en étanl rendu maftre, il en lit raser Ici 
fortificationa que la France elle-même avait fait cunsiruire; 
CW dans cet élal (|uc la ville fut rendue a l'Aulriche par la 
paix d'Aix-la-ChapL-lle. Celle maison y a éiabli la régence im- 
périale et ruyale, ainsi que la chambre des comptes pour l'Au- 
triche antérieure. 

Ëgenon, en vendant les droits tju'il avait sur la ville da 
Fribourg, se réserva cependant te titre de comte de Fribourg 

3u'il prit dans l'acte de venle , et resta en possession des terres 
épeudantes du laodgravial du Grisgaw , quil conserva jusqu'^ 
sa mort arrivée le aS août iiW5. Il fut enterré daus l'église de 
Uadenweiller ; on y voit snn epilaplie , dans laquelle il est 
- nommé nobilis dominus ego iirmcs de Frihiirgo. Il avait épousé 
VEnENE, fille de Louis, ccimle dcNeuchStel, dont il laissa 
Irols fils , Conrad , qui suit. Ësenon et Eberliard , qui devin-' 
lent chanoines dans la cnil]i>ili'3re de .Strasbourg, et une fille , 
nommée \aae. Egeno de l'h'èiO-g , Eùerhardus de FrUui-g Ju- 
nior , ca.iOniei ecclesie A' genUnensis , sunl rappelés Jans un aclo 
lie liiS'. Anne éppusa Kodolfe, marquis de Hochberg-Sausen- 
berg , laquelle renoni^ , en 1 384 1 ^ son héritage paternel et 
maternel, pour ia somme de six mille florins d'or. On ignare 
l'année de la mort d'Anne , postérieure à i4^7 , puisqu'elle est 
nommée dans ui acte domina Anna de Hiichlierg, ariuada èd 
Frilmrg , conth .r'ilù dont. Rudalphi de Ilochherg. Elle fut en- 
terrée dan? r-gtise du village de floetlen , bâtie en 1401 1 pw- 
Kodolfe, son mari. 

CONRAD , SEPTIÈME COUTE DE FrIBOCKC 

i3S5. Conrad succéda, on i3rt5, à Egennn , son pèrei 
Jaiis le litre de comte de Fribourg et dans les terres du land*'. 
graviat du Brît^gaw. Dix ans apr^s , Cunriidus ivmes de Fri&urgOf 
lantgnimis in Vnsgangia , nomma, en i3y5 , Rodolfe dfij 
Hochberg, siin beau-frère, son héritier universel , dans It'^ 
cas qu'il viendr;iit à mourir sans enfants légitimes. Cette êvea<*^ 
Qualité fut renouvelée en ■4i7- Conrad comprit dans cette éven^ 
Inalile le landgraviat du firisgaw, que les marquis de Ifochber^ 
avaient engagé , tomme nons l'avons dit , à son grand-père ,'en 
l'iiS. Le comte de Fribnurg, voyant que les sept cenis marc*- 
d'argenl, poitr lesquels cet engagement avait été fait , élaieo^ 
suflisamment arquiliés par la jouissance de soixantc-dix-scp| 
ans ,' rendit et céda librement ce landgraviat à Rodolfe , qui M 



Dis COMTES DE FHlBOtTlG. -bg 

lui conféra en méme-ieras, à tilse d'anièri! fier, sous la con- 
<iitîon que le vassal ofifrirait lous les ans, le jour de Sainl- 
Jacqucs, à son seigneur direct , on épervier bleu. Parcelle 
convention, te landgravïat du Brisgatv, à l'exlinclion des 
comlcs de Fribourg, revint de droit aux marquis de Hocliberg- 
Ssijscnberg. 

La mort d'Isabelle, Tdle de Louis, comte de Neucli3lel , et 
tante maternelle de Conrad, comte de Fri bourg , laquelle 
le nomma son héritier, lui procura dans le miîme-lcms lecomté 
de Neuchatel, dont il prit le titre et les armes. Mais Conrad ne 
fui reconnu en celle qualilé qu'en iSgy , par les élais du pays 
et par Jean de Châlons , prince d'Orange et suzerain de Neu- 
chaiel. (Voy. les comtes de Neur/idlei. ) Il existe deux actes de 
la ville de ce nom, de 1407, dans lesquels il est nommé magni- 
fii:us ar generosus dominas Coniadus de Frlburgo , cornes ac do- 
mïnus Nuvi-CasCri. Goiyad engagea , en 1 Sg)! , à Léopold , duc 
d'Autriche, son château et sa seigneurie de Itadcnvvedier, avec 
Juut ce qu'il possédait en cetie partie du Brisgaw, pour avoir de 
quoi acquitter les dettes de son père, "se réservant seulement 
1 investiture des vassaux. Le prix de l'engagement fut de vingt- 
huit mille florins d'or, dont seulement deux mille devaient 
*lre remis à Conrad et le reste à ses créanciers. Conrad partît , 
en i4o6, suivant M. Dunod, pour la Terre-Sainte , dont il 
retint l'année suivante. Lorsqu en i4'5, Frédéric d' .Autriche 
fui proscrit par le concile de Constance, l'éiendsrd de l'empire 
fut confié k Conrad , qui le porta dans l'expédition de l'empe- 
reur Sieismond cl des Suisses contre la vdie de ZofHngen au 
ranton de Berne. Cet empereur , ^n reconnaissance des services 
que ce comte lui avaient rendus en Lombardie , lui permit, en 
1417 , de retirer des mains de la maison d'Autriche la seigneurie 
de Badenweiller pour la somme de quatre mille Uorins, et 
l'année suivante il lui en confirma la possession. Conrad monrut 
en 1422 , et fut enterré à l'abbaye bernardine de Rheinihal, 



s de BadenvveilLer , 



elai 



iqu, 



ofils 



[JEAJi , HUITlilUE ET DEnSIER COMTE DE FfllROlIItr.. 

^^*4-** Jk*n, fils de Conrad, prenait dans Ifs chartes fran- 
fsiws le litre d'iiiustre et magnifique seigneur M. Jean , comlt 
éê tryùaurg el de Neuf-Chas/el , seigneur de Champlilte. Il jouis- 
lait déjà , du vivant de son père , du landgraviat du Bnsgaw 
«I de la seigneurie de Badenweiller. Il lui succéda,' en 1422, 
dans le comté de Neuchâtel. Trois ans auparavant, il avall ac- 
çvuipagné Jean , doc de Eoiirgogne , à sa funesle cnlicvue avec 



h 



pâ CHRON'OLOGIK HISTORIQUE f 

Charles, dauphin deFraace, k Montcreau, où le duc fut mas^ 
Mcré. Le cataie Jean qui y avait été fait prisonnier, en i4i9* 
fat obligé de payer une somme cimsidérabie pour se racheter. 
11 engattea, en 1424' '^ seignrorie de Badenweiller, pour si « 
•nille florins I à Jean de MeuboUrg, seigneur de Wairoecka 
Mais les archiducs d'Autriche s'emparèrent presque ausMtdt dc 
telle seigneurie, alléguant un engagement plus ancien qui 
•sait été fait, en iSgf*, aw duc Lcopold : ils entrèrent mémft 
clans le Isndgraviat du Brisgnw. Ce procédé inila le comte Jean^ 
nui prit les armes et fit, en t^aS^ une itruption en Alsace oî 
il ravagea les lerres qui apparlenaienl à la maison d'Autriche^ 
. Les hoslilités furent luspeiidues parl"enlr«nisp de Guillaume^ 
marquis de Hochbers, et de Jean , comte di> Thii-rstein Les 
jiariies belligérantes s en rapportèrent au jugeaient du magistrat 
•le Bâic. Celui-ci fut favorable au comte de NeuchStel, qui 
i'ut remis en passion de la seigneurie de Badenweiller. Ce der> 
nier la céda, en i44"t à Henrieiie, fille de Henri , comte de 
Moutbeliard, et veuve d'Ebcrliard, comte de Wurlembergi 
pour sa vie leulemenl. 'Henriette n'en jouit pas long'tetiu, étant 
iDorie le t3 février de l'anné suivante. Jean , rentré en posses- 
(i(in de Badenweiller, s'en dépouilla uneseconde foî.s , en i444) 
par U donation qu'il en fit à ses deux cousins Rodolfe et Hu* 
f;ues, son frère, margraves de Hochberg. Il assura de plus as 
premier, son comté de Neuchâtel, en litSo , pour le posséder 
après sa mort. Celte disposition déplut à l,ouis de Châlons^ 
prince d'Orange, son beau-frère et seigneur direct de Neu- 
châtel , qui obligea Jean d'en rerevoir de lui une nouvelle in* 
vesliture. Mais Jean n'en di^menra pas moins ferme dans le 
parti qu'il avait pris. Allié du canton de Berne, il se déclara^ 
rn 1444 t pour les Suisses dans la guerre qu'ils eurent contre 
les l-'rançais et la maison d'Aulriche. H fil hientflt après !a paix 
avec les premier^, et reslatoiijrursFnBuerre avec les ducs d'Au- 
triche , qui firent une nouvelle invasion dans la seigneurie d* 
Ëadenweiller. Jean et Kodolfo de Hochberg , ses héritiers , eu- 
rent , au mois de septembre ]4^4t oue entrevue b, I.andshut 1 
avec le doc Albert, où ils se séparèrent sans rien ronclure. < 
s'en rapporta dans la suite à l'arbitrage de l'évéqne de Bâie» 1 
Mais tout fut arrêté par U mort de Jean , arrivée en i^Sj. Il 
ne laissa point d'enfants de Mahie , fille de Jean deChâlons, 
ir de Louis, prince d'Orange», 
t d'Aliénore, ou Alii, mariée 
eieneur de Saint -Georges et de 
fut mère de Marguerite, épouse. 
jchberg -Sausenherg, que Jcaa 
*uu liOriticr universel. 



pri 


nce d'Oral 


ige. Eli 


le était sa 


iioi 


nt nous Tenons de 


parler , 


i • 


GuilUume 


de Vie 


nne , se 


Sai 


inie-Croix 


. Celle 


Allénore 


de 


Ro-Iolfe , 


marqu 


lis de Hi 


HuiBiua , par 


sou ica 


lament, 



fitS COMTES tiE FRIBOlnti/ ft 

Te fol lïans Jean que finit , en i l^S-j , le lîlre dei comtes da 
Fribourg et de la branche ainée d'fîgenoii V, comle tl'Uradi. 



ta caiielle , formée par Hent 




■l'Iiui dans Ir 



ttga. 



Biicelin, Spener, Humb^ 
fo»t descendre celle den 
^ agilolphinj 



, ton hls, e»iste aucore auiour^ 
te des princes de Purslemoei^. 
elc. et d'âfilres généalogistes , 
; d'un prétendu Kgon, issu du 
liyo, er, de Glmnon sod fils. 



^n'iis disent avoir été, en 74a t comle de Furstemberg et land- 
grave de Stullingen. Cet Egon fut , selon eux , trisaïeul da 
l^uis, comte lie Furstcmberg, marié, en gai , à Agnès, fdls 
de Gregoire, mi d'Ecosse. Laissant à part de pareilles fables, 
nous allons prouver que la maisiin de Furstembttrg , issue des 
comtes d'Uracli, a eu une origine commune avec celle da 
Fribourg. Il existe d'abord dans les archives de l'abbaye da 
Toussainls, deux actes, l'un d'Egenon , comte de Fribourg, 
et l'autre de Conrad, comlo de t'urslemberg , tous deux dfr 
l'année i3Ji5, ou ils attestent avoir eu des ancêtres commun). 
Us avaient secondement les mâmM armoiries , c'esl-à-diris 
iine aigle éployée de gueules, becquée et mcmbrée d'asur 
ddns un champ d'or. Les Furstemberg y ajouicrent seulement 
une bordure ondée d'argent et d'azur , probablement pour 
distinguer, par cette brisure, l,i branche cadette de l'amée, 
Nous avons d'ailleurs vu qn'Kgenon V , comte d'Urach et 
premier comte de Fribourg, mort en la.iG, avait laissé, 
ontr'antres enfants, Conrad, second comte de Fribourg, «ut 
portail dans ses sceaux une aigle éployée ; Godefrat , qui fut 
chanoine de Constance ; et Henri. Celui-ci bâtit sur une 
montagne le château de Furslemberg , dont il prit le titre, 
«t au-dessous duquel existait déjà la petite ville de ca nom. 
Menri en prit la qualité dès le milieu du treizième siècle, en 
retenant cependant de lems en tems celle de comte d'Uracli. 
Noiilis fir Heinricus eomes lie Vurslemben: fut investi , en laSo , 

Ear Henri, évéque de Strasbourg, des fiefs qu'il avait oFTetl.i 
1 m?ine année à celte église. Hmrteus cornes dt lira et Gol/ridaa 
ejus fraler àirti de Fursten&ei-g doniîèrent , en i aSS , une chaile 
en faveur du monastère de Saint- Trudpert, firesente ConraJa 
comité de Friburg leur frère. H. cornes de Wurslenlterch et Agrui 
ComUiisa uxor établirent , en laGff , un couvent de l'ordre dej 
frères mineurs i Villingen. Heinrk-as cornes Je Urach , domùius 
in Furs/emierg , du consentement , domini Goâfndi frakiis , 
canonhl Constanileasis ecdesie , aec non honoraiilis domine Aguelia 
uxorîs, donnèrent, en 1270, une charte, à laquelle pend 
ttgiéfmm comitis Heinricl de VrarA. domiai in Fanleiti/erg. Lci 
■*~(lfes des Irçis frères, Hugufs, Otloii et {..nuis , comtes pa- 
' de Tubingen pour la villa d'iloib, de la m^me année. 



t 



b. 



7a CBBONOLOGIK BtSTDKIQCZ- 

furpnl données en présence Hàitricl eomilis de VuTsieiAergh , 
qui dans le sceau prend le lilre de eomilis Uoinrlci de Uracki 
Il se nomme lieiniicus cornes de Furstemôerg dans les lellres par 
lesquelles il accorde , en 1271, eu fief à l'église de Slrasboorg- 
b moitié do village' d'Oberdorf. C. H. frafres de Friliurg et 
de Fiarslenèerg comités , signèrent, la même année , b charte 
de Rodolfe , comte de Habsbourg , pour le monastère de 
Maricn-Celle. Rodolfe leur dpnne dans sa charte le titre d'oncles 
inaieinHs. Nous avons déjà fait connaître précédemment Tor 
rigine de celte parenté. Ce prince, devenu empereur, nomma, 
en 1 276 , llluslrem H. comllem de Furatemberg , consanguineum , 
gouverneur de la Romandiole et des provinces maritimes. Dans 
ses leltres adressées aux seigneurs et aux villes de ces contrées , 
Kodolfe atteste ijue le comte Heuri de Furstemberg était os eic 
assiùus nostrîs et cara de came. Adélaïde , mère de Henri ,■ 
eiim esset in miaorilias anru's conslitutus , avait vendu , en 1 2.^9 , 
au monastère de Totissaints la cour de Nusbiich. Son SU 
Jleinricus cornes de Vursleit&erc h racheta, en 1375, du con- 
sentement Gotefridi Jralris sut nanom'ci ecclesie Conslantiensis ^ 
et de ses neveux Eginonfs et Heinrici comitum de Friburck , lilie- 
Torum Cunradi quoiidaia fratrîs sui comitls de Friburch- L'em- 
pereur J\odolphe confirma, en 1276 , aux villes de Villiogen, 
Furstemberg, Uasiacb et Dornslellen, supplicanie illustri vira 
JJenn'co comité de Furslemherg consatiguirtea , les pi'ivdéges que 
leur avaient accordés Egenon , comte de Fribourg , son père,. 
et les ducs de Zeringen ses ancWres. Noliilis eir lieinn'rus cornes 
de Furstemberg est nommé témoin dans deux diplômes du 
même prinre, Tun , de. laSi , pour le monastère de Sainte- 
Foi , et l'autre, de 1282, pour celui de Sainte ^Valburge. 
Bodolphe accorda aussi en Tief en is83 , nMll vira Ilcnrica 
comîli de Vurslemberg , fideli dUecto , le landgraviat de Uaar, 
que la maison de Furslemberg possède encore anjourd'lmi. 

Nous nous sommes étendus s(rr cet Henri , comte de Furs- 
temberg , parce que nous avions entre les mains les actes 
qui constatent sans réplique sa filiation d'iigcnon, comte de 
Fribourg , et son origine des anciens comtes U'Urach. Henri 
mourut peu apri'-s l'an 1283, laissant d'Agnès, sa femme, 
deux fils , Frédéric et Egenon. LYmpereur Rodolphe accorda , 
en 128(1, nobiliÔus oiris Frideriro et Egenoni frairibus cumiti- 
Ins de FuTttenberg , les fiefs de Fursteneck et d'Oberkirch. 
Frédéric, comte de Furstemberg, épousa Udelhilde, comtesse 
de Wolfach, dont il eut Henri , Conrad et Frédéric Vdnlhiidû 
relieta quondam nobilis m'ri Friderici eomilis de Fursienherg , tu- 
luria noitùne Conradi et FrideririJUiorum de nutrilo prcdicto y oe 
lieiitricus Senior, Fn'denci et L'delhi/tlis coiijugum predictorum 



t)E5 £OnTES BE PBJBOUHC. 
JiUiiÈ , veriJirent , en \''io'6, puiir six cents marcs d'argent le 
cbâteao de Fursleneck et la ville d'Oberkirch h Frédéric , 
éWque de Slrasbuurg, et â son église. Conrad, reçu chanoine 
de la cathédrale de Strasbourg, en i3i9, est nommé dominua 
Coaradus de Furslemberg ccrlesie Argentinertsis r.ananivus dans 
une charte de l'j^/î, et deeaaus dans une aiilre de i343. Il 
mourut doyen de la même église le 34 janvier iS^-C. Henri, 
son frère aîué, eut deux fils, dont l'un, nominé Jean , fut 
tué, en i386,àla bataille de Sempach , et l'autre, Conrad, 
est rap[>elé dans des actes de i36i et i365. Ce fut ce dernier 
Conrad (|ut continua la maison de Furslcmbere. Ce comte 
était trisaïeul de Wolfeang , qui fut père de Frédéric , comte 
de Furslemberg , morlle ornai i55g. Celui-ci épousa Anne, 
fille et héritière di? Christophe, dernier comte de Werdenberg 
et Hciligeiilierg , dont il eut deux fils , Chrislophe et Joachim . 
<]ui formèrent deux branches, Christophe , mort la même année 

Île son père , devint tige de la brancne appelée de Btomberg. 
Ibert, fils de Christophe 1, fiit père de Christophe if, 
décédé en i6i4 1 qui bissa deux fib , auteurs de deux branches 
particulièies , dont Uratislas fonda celle de Moeskirch , éteitite 
en i744i ^t Frédéric-Rodolphe celle de Slîilingen , qui existe 
encore de nos jours. Juacliîin , second fils du comte Frédéric ,' 
mort en i5y6, fut auteur de la branche de Heillgenlierg-Wer- 
denberg , qui fut continuée par son fils Piédéric et ses petits- 
fils, Kgon et Jacques-Louis, lesquels formèrent les rameaux 
de HeiTigenberg et de Donaueschmgen. Ce dernier s'éteignit 
en (69H. (.e piemier , élevé , en iti(J7 , à la dignité princiére 
dans la personne de Herman-Egon , finit pareillement en 1736. 
Il ne reste donc plus aujourd'hui des différentes branches de la 
maison de Furstemherg que celle de Slulingen , qui réunit 
les difTérenls eiats possédés par les autres. J.e titre de prince 
ne se donne qu'au prince régnant et à son fils aine. Ses autres 
enfants et ses frères même sont appelés landgraves. Ij résidence 
du priacc de Furslemberg est à Donaneschiugen , gros bourg , 
auprès duquel le Danube prend sa dénomluation. 




1 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES 



mJCS DE LOTHIER, OU BASSE LORRAINE; 



ET DE BRABANT. 



mmMm m tmê n ÊnfWMiiu¥¥ti¥* 



'On a déjà remarqué sur les ducs de Lorraine que ce pays fut 
partagé, sous l'empereur OltonJ , en deux provinces ou gou- 
vernements , qu'on distinguait en haute et basse Lorraine. 
Dans celle-ci était compris non -seulement le Brabant , mais le 
llarinaût , le comté de Namur ^ de Luxembourg ^ le pays 
de Liège , le Limbourg; et généralement tout ce qui était entre 
la Meuse , l'Escaut et le Rnin , à commencer à Pembouchure 
'de la Moselle, avait fait partie de ce duché ou gouvernement , 
iqui peu à peu s'est réduit à rien. 

GO0EFROLL 

L'an 959 , GoDEFROl I , prince vaillant , fut nommé duc ^ 
ou gouverneur de. la basse Lorraine , par Otton i , roi de 
..Qennanie. Ayant accompagné ce prince dans son expédition 
dMtalie , il y mourut de la peste l'au 964 , laissant quatre .fils, 
el une fille nommée Gerberge , qui fut mère de sainte Adé- 
laïde, première abbesse de Vilich , près de Bonn. (Reginon , 
contin, ab an. 964 ; Vaddère , Origine des ducs de Brabant , 

GODEFROI II. 

964* GOBEFROI I! , fils aîné de Godefroi 1 , lui succéda au 
duché de "la basse Lorraine , qu'il gouverna l'espace d'environ 
dix ans. Il mourut , l'an 976 , sans lignée. ( Butkcns , tom. 1 y 
pag. 8. ) 



I 

CHRON. HIST. BIS DUCS DE LOTHIER £T DE BRABAKT. jS 

CHARLES DE FRANCE. 

97B. CflARLESy frère de Lothaîre, roi de France , né Pan 
9S3 , fui pourvu du duché ou gouvernement de- la basse Lorraine 
et d^une partie de la haute, par Vemp^reur Olton II, son cousin ^ 
pour le tenir comme Bef de Tempire , et à la charge de lui ea 
faire hommage. Guillaume de Nangis ajoute qu'Otton Tobligea 
de plus i promettre de s^opposer , autant qu'il serait en lui , 
aux efforts que ferait le roi , son frère, pour.se mettre en 
possession de la Lorraine ; que Charles voulut s^acquitter de sa 
promesse , mais quUl ne put changer les dispositions de Lo- 
thaire , ni lui faire renoncer à ses projets : FrcUns suî motibus 
obsisferH et quantum posset ^ quodetjacere statuit ^ sed netfuivU 
animum régis immutare. Sa conduite ne fut plus dès-lors que 
celle d^un ennemi de la France et d^un chef de brigands , si 
l'on s^en rapporte à la lettre que lui écrivit , quelques années 
après 9 Diéderic, ou Thierri ^ évéque de Metz , son parent , 
pour lui reprocher ses déportements. « Homme sans pudeur 
» et sans foi , lui dit-il , oéserteur de votre patrie , vous ne 
» rougissez pas d'avoir violé les engagements que vous aviez 
j» pris, la main. sur les évangiles , à Fautel de Saint-Jean , en 
» présence de témoins qui vous surpassaient autant par les 
» qualités du cœur qu'ils vous cédaient du côté de la naissance. 

* Léger et inconstant dans vos démarches , Taveugle ambition 
» vous a fait pencher tantôt porur un parti , tantôt pour Tautre. 
» Ennemi de votre propre sang, vous avez vomi toute la haine 
» dont voire cœur était infecté, contre le prince (depuis le 
» roi Louis V ) votive neveu. Et doit-on s'en étonner après 
» vous. avoir vu marcher à la tête d'une troupe de voleurs et 
M de spélérat^ que nul crime n'effrayait , pour enlever , par 
:» fraude, «au noble roi des Français, votre frère , sa ville de 
» IjOlow , sa ville , dis-je , et non la vôtre , ce qu'elle ne sera 
» jamais , et le dépouiller même de son royaume ? Que dirai- je 
» des mensonges affreux que vous avez unaginés pour flétrir 
» l'honneur de votre belle-sœur , princesse de race impériale , 
» qui partage le tronc avec ce monarque ?... Mais vous n'avee 
*» pas impunément avancé vos calomnies devant moi. Souvenez* 
» vous comme je vous ai fermé la bouche lorsqu'avec le siffle- 
» ment d^un serpent vous distilliez le venin de l'imposture 
» contre l'archevêque de Reims>( Adalbéron) , et d'une ma- 
» njère encore plus atrpce contre, la reine. Je ne vous rappelcrai 

• point ce que vous avez &it contre l'évéque de I>aon. Personne 
» n'en est mieux instruit que vous , homme vain qui , resserré 



injure». Noi 
s'excuser d'av 
nullemenl r 



gnût, 



76 CHROKOLOGIE HISTORIQUE 

>■ dans un coin de la Lorraini; , vous vantez de la teDÎrran(^ 
j> toute entière sous vos lois , elc « (Boutjuet, lom. IX^ 

tag. 280.) ChaHM, il est vrai, répondit à ces inveclives sur,, 
i mèrae ton , mais d'une nia.nière vague qui ne juslifiait nulle-. 
ment sa conùuite. L'4nscription de sa lettre suffit pour f ' 
connaître la passion rioiil il était annimé. ■■ Charles, qui 
» doil qu'à la grâce de Dieu rc qu'il Ml , a Diéd^ric , le i 
>> (lèle des liypocriies , traître envers les empereurs et l'ennemlt 
» commun de la république. » Ce qu'il y a 'd'étonnant , c'Mt 
que Gerliert , le faoïeux Gerhert , alors éfolâlre à Reims , tt 
depuis pape sous le nom de Silveslre 11, fut celui qui servit âf» 
secrétaire et au duc et au prélat pour s'Sccaliler réciproque ment 
s avons la lelire qu'il écrivit à Diédérie pou* 
lir prêté sa plume A Charles; ieiire qui n'était 
pre àsalislàire le prélat. {Ibid. pag. 288.) Il en 
mblablement une autre au prince dans le inémft 
■t avec aussi peu de succès. Quoi qu'il en soit, l'asservisi- 
sèment de Charles à une puissance étrangère , cl ennemie de 
maison, fut Ip principal motif qni le lit e^clu^^ du trône, o^ 
laloidelasucc^ssionrappelailaprèsla mort du roi Louis V , sod: 
neveu, pnljr y placer , dans la personne de Hugues Capcl , utt, 
prince qui n était pos de la race de Cbarlemagne, Peul-<hre. 
néanmoins cilt-Il empêché celle élection , s'il eiil été plusdilb-. 
gent i faire valoir ses droits : mais elle était faîte , et même t 
son insu, lorsqu'il délibérait encore sur le parti qu'il avait! 
prendre. L'ayant apprise, il prit aussitôt les armes pour dépos- 
séder son rival. Ses premiers efforts furent heureux. S'elaotj 
rendu maj'ire de Laon , il y fit prisonniers la reine Emm:e, a 
helle-sœur el sa mortelle ennemie , et l'évéque AdalI>éron t di 
aussi Ascelin, entièrement dévoué à celte princesse. En vaift 
l'impératrice Tliéuphanic, mère de l'empereur, lui écrivit* 
elle pmir demander la délivrance de la reine; en -vain les êv^qur 
<lc France s' intéressèrent- ils et pour celle nrini 
leur confrère : il fui sourd à toutes les sollicilatii 
même l'excommunication que plusieurs de ces | 
nèreuL contre lui tant pour ce fait que pour les pillages qi 
troupes exerçaient sur les terres île différentes églises. Il ci 
avoir surtout à se plaindre d'Adalbéron , archevêque de Rcim^' 
pour avoir prâ té son ministère pour le sacre de Hugues Capek 
JSous avons la réponse que fil ce prélat à la lettre que Charles 
lui avait écrite a ce sujet, n Qui élais-je , lui dit Adalbéron^ 
1 pour oser moi seul entreprendre de donner un monarqi 
» Françjis? CV-sf ici une affaire publique el non particulière.' 
i> Vous me regardes comme l'ennemi de la maison royale. M 



, el bi-ai 






^m3ii<Ji:z mon amitié. PtûL à Dieu 
ît de m'employer ulilemenl pour 
]iie vous ayez ravagé le sanctuaire 
; ayez arrélé la reiim contre !é aer- 



DES DUCS DE LOTHIER £ 

âs mon rpJcnjjilcur à lémoij 
("conlre elle... Vous ini' Jcmandi;! 
p-tjut l'honnêteté 

II seigneur, quoioi 

• 'mctlt que vous lui dyic. idit, ijuc VUU3 ajtri, >uis tu |>iiauii 

» VrivËqiie (1(! I.aon , el que vous compilez pour rien l'anathftme 

» dont les prrlats vous ont frappé ', je ne puis oulilicr l'obli- 

M galion que je vous ai de m avoir garanti des hostilités dont 
» pelais menacé. » (BouqupL, tome X, page 3i)4,) l'endant 
que cfta se passait en-deçà de la Seine , Hugues Capel était 
au-detà de la Loii-e occupé h rêdiiire le comte de Poitiers et 
d'autres seigneurs qui refusaient de le reconnaître. Après avoir 
termine celte expédition avec autant de célérité que de succès, 
il vole avec son armée vicloricnse à I.aon, dont il forme le 
siège h son arrivée. Le duc Cliarles, qui s'y était renfermé , dé- 
fend la place durant sis semaines avec la valeur d'un héros. Ré- 
duit. à rextrémité, il fait une sortie si heureuse, que Hugues 
put il peine échapper, après avoir vu passer au lil de l'enée 
une grande partie de son armée el les lentes hrillces dans plu- 
sieurs de ses quartiers. Ce rerers , quelque grand qu il fût, ne 
lit néanmoins perdre à Hugues aucun de ses partisans. U cher' 
cha à en acquérir de nouveau* , et crut s'en éue fait un dans la 

Sersonne d'Arnoul , fils naturel du roi Lolhaire el neveu du 
uc Cliarles, en lui conférant rarclievi^ché de Hheims : ce 
siège vaquai t alors par la mort d'Adalbéron , arrivée le S janvier 
gblj. I.a politique tut trompée en ce point ; Arnoul, loin de lui 
éli-e fidék , comme il l'avait promis, livra la ville au duc, sor^ 
oncle. Mais Charles fut trahi à son lour par Ascelin , évËqu^ 
de Laon. Ce préiat, gagné par Hugues Capet , lui ouvrit une 
des portes de la ville la nuit du jeudi -saint, 2 avril 991 , l'in- 
troduisit ilans son palais , et le rendit maître de la personne de 
Charles et de toute sa Emilie , qui n'étaient occupés que de la 
dévotion du jour. On les conduisit anssitât à Senlis, et de là 
dans la lour d'Orléans, où ce prince finit ses jours, non lam^me 
année, mais la suivante au pluKll, comme le prouvent, conlre 
Sîgeberl, les continuateurs de D. Bouquet (t. X, p. iilj, n. ). 
î,e P. Papebroch prétend même, fondé sur uoe inscription 
trouvée dans le dernier siècle à Maestricht , que le duc Charles 
mourut en cette ville, et y fui inhumé, l'an 1001, après avoir 
renoncé à son droit sur la couronne de France. ( l'oraitpom. ad 
Conal. in Catalog. roman pp. , p. 67.) Chorli ' " 



(9>»E, fill« de iiic 



duc 



pi sail, et deux filles menlio 



■- Mosellar 



. ile 



t Ottoi 



iprÈs ; 



. AojiES, filU 



' j8 cuTinKoi,or.iE historique 

d'Herbert II , cnmle de Troyes. Il eut , ila ce J-Tnier mariage^ 
Louis et Cliarlfs, qu'on croit nés dans m prison, el quisonl appe- 
lés jumeaux dans la clironitjue de Guillaume Godcl. (linuq. , 1 X, 
p3ge 359. ) Ces ile'dx, enfanls, après la mort de leur père , furent 
lecuRÎllis par Guillaume III (et non 11, comme on l'a dit ci- 
devant), cnmle de Poitiers, qui prit soin de leuri^ducaiioii. et 
1rs fit rccoiinaîtri! ponr rois de France d.iiis les p:irties de 
L'Aquitaine qui dépendaient de lui : comme on le toit par la 
date d'une charte du carlulaire.d'UzercIie , «i l.imosin, qui 
Tgoile : Anno Iiicarrial. IJumim fii\iu {ii. Mabillon lisait Mix), 
Vgnanle Sn/ierlo et Luduoiia et Carloino. (Blondcl, Geiieal- Jruiu:, 
gleiaior assert., p. 5j.) Mais on ignore, ou dij moins on ne sail 

foint avec assurance ce (]u^ils devinrent depuis retle époque, 
'arlons inaiulenanl des di*nx filles de (harics. Gt:rttCrge,l\iîn(^o, 
épousa Lambert, comtR de l.ouvain, et Knnt^ngarde, la se- 
conde, deviriL fi-mme d'Albert , comte de Mauiur. ( Voyez les 
arlielci de leurs é/mux. ) 

OTTON. 

OrroH, fils du dur Charics cl de nonne, fit donne |"ur 
(ocCP'sSeur à son père dans la Lasse I.orrninc. Il mourut, l'an 
i0o5 ( Sigeliert ') , sans laisser de posleriîé. Ce fin, à ce que 

Î (retendent quelques-uns, le dcrnirr m3le de la rare de Char- 
ernagne. Fisen dit qu'il avait éiabli sa résidence à Bruxelles, 
ainsi que son pire Gcrberge cl lirmengardc, ses de-ix steurs, 
lui snMédèrent dans sCs ailens. I. a portion de l'aînce, disent 

Îlnsieurs chroniques, fui Bruxelles, avec queliiues lieux aux 
rtvirons de Vilvorde , TervuiTo , une partie du bois de Sngne. 
On ignore quelle fui la part d'Ennongarde. 

GODEFROl m. 

ioo5, Godefuoi , fiU de Godefroi l'Ancien , comte en • 
Ardennes et comie de Verdun , que le l*. lîarre dit sans fon- , 
demcnl avoir eié adopté par Olto»,' lui donné pi'ur succès* 
«eur à ce duc . par lenipeteiir Henri H , à la rcroramandalion 
de Gérard , évCipie de Cambrai , suivant Dalderic , ou Baudri , 
À reçut de si's mains l'investiture. Hélait pourvu dès-lors, 
|»r la disposition de son père, de la terre d"Einham, cl de 

Plusieurs autres doinaipes de sa maison, situés dans le Bra- 
anl; ce qui avait déjà fait naître des querelles entre lui et 
),8mb<Tl , comIe de lA)uv3in. Cet arcroïsscment de forluna 
irrita d'aulanl plus Lamliirl conlre <indcfroi , qu'étant beau- 
frère dUllou , d s'imaginait ai oir plus d.: di oit qu'on étranger 



DFS DUT» SE LOTIIIER ET CE 

wrccssion. Allicrl, comte ile Namiir, (^g^ili'mcnt bcau- 

êru du i'cu duc, se joignit à l^mbeit pour fairi^ la guerre 

oî , dans l'espt'rante de partager enlra vmx le duché 

1 obtenu k k'ur préjudice. Baudouin le Ibrbu , comte 

fe Flandre, s'élant emparé Jt Valeociennes sur le comte Ar- 

nul, l'empereur de qui Arooul avait reçu cette place, vient 

"aiie le siège, qu'il est obligé de lever. H reiieiil à la charge 

née suivante; et, par les ravages qu'il f air sur \us terres de 

idre et les âlages qu'il emmène , il force Baudouin d'éva- 

■ cette forteresse. Mais quelque teras après, \oulant se 

rattacher, il la lui rend pour la tenir de lui en ficf, ainsi que 

: de Walcheren et d'autres de la Zélandc. Oodefroi qui 

il ëlé de ces expédilions, fit, en inia, le sié^c iJu ch3leau 

eLouvain, devant lequel il échoua parla brave résistance du 

mie Lambert. FiiT de cet av;iiitaçe , Lambert porta le ravage 

■ les terres de Godefroî. Celiii ci avait alors iur les bras un 

c enuemi daos la personue Je Gérard comte d'Kgisbeim, 

Alsace, dont l'esprit iiii|uiet et remuant causait beaucoup 

e troubles dans l'empire. GodelVoi le surprit, l'an ioi4 (lïil- 

lit en H)!^ J, dans le tems qu'il exerç.iit 5'>s brigandages, 

la trois cents hommes ei mil le reste en fuite. Conrad, 

i empereur, qui était avec Gérard, fut du nombre des 

i; et Sigefroi. fds unique de ce même Gérard, fut pris 

|;ec beaucoup d'autres, en luyant. Le duc, si l'on en croit 

■i , ne perdit que trente hommes dans celle affaire. (^Cfirûn. 

t. , 1. 3 , c. S. ) L'année suivante, il mena ses troupes sur 

rres de Rainicr V, comte de Hainaut, grimd partisan Jii 

i Lambert son oncle , qui ne tarda pas Ue voler k son 

rs. Les Jeux comles s'él.inl mis aux irousst-s du duc, le 

:ontrèiviLl dans les plaines de Florénes, ei fngagèrenl aus- 

t le combat le 12 septembre i"i5. Quoique supérieurs à 

Eénnemi. par le nombre , ils fuient battus, et Lambert perdît 

\ vie dans le combat. 

[ L'an 1018, Godefroi fut chargé par l'empereur de marcher 

; Thierri 111 , comte de Hollande, pour l'obliger à dé- 

MJire le fort de Dordiecbl sur la Merwe, qui nuisait au cnm- 

erce par les gabelles qu'où v 

'e Trêves et de Colc 

jt d'Utrechl , lui ayant amené let 

I forces à l'ennemi. Le sor 

i fut pas favorable. Vaincu dans un premier 

Il juillet loifî, il en livra, le 29 du mém 

Biad qui lui fui encore plus funeste. Au moment «lue l'action 

''commençait, on entendit aux dernières lignes de l'armes des 

confédérés, une voix effroyable. C'était, suivant Alpert, ceile 



I 
I 



;iie, et les évoques de Li>pe 
s troupes, il sv trouva supc- 

, niaiei« cela, m; 

r comljat, donné 



d'un Iraîlre , qui crtaîl : Suave , sauiie qui peut ! fout es/ perdu ! 
le dur a pris la fuite'. Les soldais effrayés aussilôt se débandent 
et fuient à toutes jambes. Le duc n'en pot retenir auprès de 
lui qu'un lrès-pe|it nombre, avec le(|uel il se défendit contre 
l'ennemi qui l'cnveloripait. Mais à la fin, accablé par la mul- 
titude et blessé considérablement, il fut contraint de se rendre 
{ Vuy. Thierri 111 , comte de Hoilande. ) La cat>tivitê de Gode- 
i'roi ne dura que peu de jours. Thierri lui rendit la liberté 
à condition qu'il travaillerait à sa réconcilialioii avec Tempe- 
reur, et engagerait les confédérés à mettre bas les arnxfï. Il y 
réussit; mais révéque d'tJtrecht i'ut obligé d'abandonner i> 
Tbierri les terres de laZuid'Ilollande, qu'il ayait usurpées sur 
son églisH. ( Ditmar, t. I, Scri/i/or. reruni Biuiisaiic. y p. 4=5? 
Alperl, de dit/ersil, temp. apud Eixard. corp. fiisl., pp. i i(i-i:io.) 
J.'an 102H , Godefroi tut du cortège de l'empereur Uenri 111 , 
à la conféreoce qu'il eut !i Ivoi , dans le Luxembourg, avec 
Robert , roi de France, et eut l'honneur d'offrir à ce prince , 
les présents que l'empereur lui faisait. { Chroii. Camerac. ) C'est 
le dernier trait connu de sa vie , qu'il ne prolongea pas au— - 
del6 du milieu de l'année suivante , puisqu'il était alors rem- 
placé , comme on va le voir , par son fr^ra. Il ne |>arait pas 
qu'il ail été marié, du moins on ne lui connaît ni femme 

COTHELON I, DIT LE GRAND. 

1023 au plutfit. GoTHELOjs , marquis d'Anvers depuis l'an 
looS, cl peut-filre aupaiavant, fut investi par l'empereur' 
Henri II, du duché de la basse Lonaiue, après h mort de 
Godefi'oi III, son frère. L'an ioa4, après la mort de Henri, 
il assista à la diète où Lonrad le Salique fut préféré â un 
autre Conrad plus jeune que lui, son cousin cl son compéti- 
teur pour le Iràne de Germanie. Cette élection n'ayant pas été 
(lu son goût , il cngaee l'archevfique de Cologne et quelques 
evêques de la basse AUemagna, ainsi que Frédéric, duc de la 
]iaulc Lorraine , et le comte de Hainaut , â ne point le recon- 
naître. Le roi de France, Kobert, voj'ant l'occasion favorable 
pour recouvrer la Lorraine, entra dans ce pays sous prétexte 
(le seconder Conrad le Jeune, Mais Conrad le Salique fit aux 

I seigneurs lorrains des propositions si avantageuses, qu'ils les 
ceplèrent, et, par leur soumission, ablig^rent le roi de 

; France à s'en retourner. Golhelon s'insinua depuis si avant 
_..is les bonnes grSces du roi de Germanie, que le duché de 1 

' la haute Lorraine étant venu i vaquer par la mort de Fré- 
déiic, il l'oblint , et fui en même tcms chargé de la tutelle 



DES DDCS Vt lOTHIBR ET D1 HlABlFT. Bt 

êti deux princesses , filles de ce duc. Les deux Lorraines réunies 
dans la main de Golhelon , le i-endirent un des plus puissanS 
princes de son tems. L'an i a'^-j , Eudes , comte de Champagne, 
qui prétendait en même teras au royaume de Bourgogne et 
à celui de Lorraine, étant venu mettre le siège devant le 
chSfeau de Bar, dont même il s'empara, selon Haoul Glaber, 
Gothclon marcha contre lui en diligence, accompagné dei 
«véques de MelE et de Liège, du comie deNamur, el pré- 
cédé de Godefroi , son Bis. Les armées ennemies a'etant trou- 
vées en présence dans un lieu nommé Hofnol.sur la rivière 
d'Orne, dans le Barrois, on en vint à une sanglante bataille, 
le 23 novembre, suivant Jean de Hayon , le i5 dn mi'me mois 
selon les chroniques de Lobbes «l d'EInone, ou de Saint- 
Amanr). Eudes la perdit avec la vie; et Golhelon, en signa 
de la victoire, envoya son cachet à l'empereur, qui était alors 
en Italie. A l'article de ce dur , parmi les comtes de Yerduo, 
nous parlons de la manière violente dont il s'y prit pour se 
remettre en possession du comté de cette ville, cédé par Fré- 
déric, son frère, à l'évéque diocésain. L'an io43, suivant Al- 
béric de Trois-Fontaïues , on io44i suivant la chronique de 
Saxe, Herman le Contract, Lam.bert d'Aschaffembourg, el la 
chronique de I.obbes, Golhelon meurt, laissant de sa ieaune, 
dont on ne connaît ni le nom ni la naissance, trois fils et 
autant de filles. Les fils sont : Godefroi , Gathelon et Frédéric. 
Ce dernier , après avoir été mointi, puis abbé de Monl-Cassin, 
devint pape sous le nom d'Etienne IX. A l'égard des deux au- 
tres, Golbelon , avant sa mort, obtint de l'empereur Henri lil, 
aite l'afné lui succéderait au duché de la basse Lorraine, et 
1 autre à celui de la haute. Ode , l'aïnée , à ce qu'on croit , des 
lilles de Golhelon I , fut mariée à Lainbert II, comte de Lou- 
vain ; Kagelinde , la seconde , devînt femme d'Albert II , comte 
de Namur ; et Malhilde , la troisième , inconnue aux modernes, 
mais constatée par la chronique de Lohhes, eut pour époux , 
Henri , dit le Furieux , comte palatin d'Aix-la-Chapelle , qui la 
tua dans un accès de folie. 

ID£FR01 IV, DIT LE GRAND, LE HARDI et LE 
BARBU. 
043 ou io44- GoDEFlini, fils aîné de Golhelon 1 et son 
èguc pendant plusieurs années dans le gouvernement dea 
X Lorraines , ne fut pas content du duché de la basse , que 
père, avec l'agrément de l'empereur Henri III, lui avait 
assigné par son testament. 11 voulut y joindre encore le duché 
de la haute Lorraine, qui était le partage de Gothelon, son 
XIV. 



I 



8i CMRfWnLOGIE RISTOBIQUE 

fr^re , alléguant le peu Je capacllé de cdui-ci , dans la demanda ' 
qu'il en Et à l'empereur. Mais Henri , craignant Je trop ao i 
croître la puissance de Godefroi , dont la valeur et l'hauileté 
s'étaient déjà signalées en différentes occasions, aima mieux 
s'en tenir i ce que le père de ces deux princes avaient réglé . 
louchant sa succession , et la tiaute Lorraine fut adjugée à Uoi 
ibelon. flqué de ce refus , Godefroi fit alliance arec Baudouin,' 
son parent, comte de Flandre, pour emporter de force ce 
qu'il ne pourail obtenir de bonne grâce. Mais Herman, arche-* 
VËquc de Cologne , et Otton , son frère , comte palatin de \m 
basse Lorraine, s'opposèrent vigoureusement à leur entreprise^ 
L'empereur marcha lui-même contre les rebelles, et prit i 
Godefroi , Tan i o44 ? "<> ^^ &cs châteaux , nommé par M. Kre- 
mer {Hist. des comtes de Sponheim) Bockelingheim. Cetls 
perle ne déconcerta point Godefroi. Ses amis , craignant pour 
lui de plus iScheuï revers, le pressèrent d'aller faire à l'em- 
pereur ses soumissions. Il suivit leur conseil. Mais Henri ns 
l'en tint pas quitte pour un compliment, et l'envoya pri— 
tonnier, 1 an 104S, au château de Gibichenslein, sur la Sale!. 
1! y resta près d'un an, et n'en sortit, en 1041J, que pour 
aller de nouveau se jeter aux pieds de l'empereur, dans la 
diète qu'il tenait, aux fêtes de la Pentecôte , à Aix-la-Chapelle. 
Ce fut alors que sa révolte lui fut pardonnée. Son gouverne- 
ment lui fut rendu en même lents; mais on l'obligea de 
laisser en olagef son fils, qui mourut peu de tems après. Go- 
thelon , duc de la haute Lorraine , étant décédé sur ces entre- 
faites, Godeftpifit de nouvelles instances auprès de l'empereur 
fiour obtenir ce duché, qu'il prétendait lui avoir été promis 
ors de sa réconciliation. Mais elles furent inutiles, et Albert 
d'Alsace, de la maison d'Egïsheim, lui fut préféré. Rien ne 
put alors retenir son courroux. Mais , avant de se déclarer, il 
chercha à se renforcer par (le puissantes alliances , et altira 
dans son parti , au prinicms de l'an 1047 , Baudouin de Lille, 
comte de Flandre , son parent , et Thierri , comte de Hollande. 
L'empereur s'élant mis en marche pour étouffer cette ligue 
dans sa naissance, Godefroi lui envoya des ambassadeurs qui 
l'excusèrent avec laut d'arlilice, qu'il tourna ses armes contro 
le comte de Hollande. Mais comme Henri était aux maina 
avec ce dernier, Godefroi leva- ie masque, courut le' pays avec 
Baudouin , et porta la mort et le ravage par toute la Lorraine, 

|"usqu'aux bords du Rhin ; .toutes les places ouvertes devinrent 
a proie de ses soldats , et eflsuite des flammes , h moins qu'elles 
ne se rachetassent de ce malheur par de l'argent. S'étant em- 
paré de Nimègue , il y brûla le superbe palais de Charlemagne ; 
et , le 25 août de la même année , U fit éprouver un pareil 



ma DUCS BB LOTRIER ET BC BBABAHT. 8S' 

sort à la ville Je Verdun et à son rglisu caihéilrale, dont, 
suivant Uugnes de Flavigni, il pilla auparavant le trésor. Mais 
d'auli-es disent que ce trésor fut consunné par les flammes. La 
:ol^re (lu duc venait, suivant Laurent^ de Liège, de ce que 



t ôté le comté de Verdun pour le remettre 



l'empereur lui 

à l'évéquc Richard, avec faculté d'en disposer en faveur de (jui 
bon lui semblerait. C'était, aux yeux de Godefroi , une usur» 
pation de son patrimoine, parce que ses ancêtres avaient au- 
trefois joui de ce conaté. 11 réussit à le recouvrer, suivant cet 
écrivain ; mais il y a dans son ^écit des inexacli Eudes qui ta 
«Oâiblissent l'anlorilé. Il faut nécessairement l'abandonner sur 
la date de cet événement qu'il place en loiJS, ou même en 
io5o; car il se brouille et ne s'accorde pas avec lui-mfime. 
Mais rien n'empâche de croire sur sa parole, que le duc eût 
voulu épargner les temples et surtout la calbédrale. Nous 
n'hésitons point non plus à dire, d'après lui, que Godefroi 
témoigna un vif regret de l'incendie de cet édifice; qu'après 
avoir restitué à l'église de Verdun les terres qu'il avait en- 
vahies sur elle et y en avoir ajuulé d'autres pour la dèdom— 
Hiager en quelque sorte de ses pertes , il parut en public demi- 
nu et déchaussé, se traînant sur ses genoux, depuis l'extré- 
mité de la ville jusqu'à la cathédrale , où il reçut la discipline; 
qu'il rachela sa chevelure , que la pratique ordinaire des péni- 
tents publics l'obligeait de couper, par une grande somme 
d'argent, qu'ilidonna à l'église ; que non content de la faire 
reconstruire, du moins en partie , à ses dépens, ilse mit au 
nombie des manceuvres, servant lui-même les maçons. La 
guerre cependant continuait toujours entre Godefroi et le duc 
Albert , sort rival. Celui-ci étant entré , vers le mois d'octobre 
1048, sur les terres de la basse Lorraine, Godefroi tomba sur 
lui dans le lems nue ses troupes étaient dtibandées, et le 
tua avec tous ceux Je sa suiie , qui voulurent faire résistance. 
L'empereur, irrité, dépouilla Godefroi du duché de la basse 
I>orraine, et le réduisit à ses biens patrimoniaux. 



FREDERIC DE LUXEMBOURG. 



pao^S. FBÉDÉEiiC,fds de Frédéric 1, comte de Luxembourg, fut 
pourvu du duché de la basse Lorraine parl'empercur Henri 111, 
après la destitution de Godefroi. Celui-ci, piqué, leva des 
troupes Tannée suivante pour se venger. Maïs apprenant que 
l'empereur venait à lui avec une armée formidable, accom- 
pagné du pape Léon IX et du roi de Danemarck, il vienl te 
trouvera Aix-la-Chapelle; et, par la médiatian du pape,. U 



J 



^ 



84l maOHOLDGIK BtSTOfilQUE I 

fait sa paix avec lui : mais l'c^mpereur, en lui pardonnant, iic ' 
lui rendit pas son duché. L'an io53, il parti! avec Léon IX , j 
4 la tête des troupes que l'empereur lui avait fournies pour j 
aller f^irE la guerre aux ISormands d'Italie. Cette eipédilion 
ne fut point heureuse ; mais Godcfroi fut bien dédommage du 
mauvais succès de ses armes par le mariage qu'il contracta ' 
dans ce pays, sur la fin de fan io53, avec BÉ&TaiX, Elle 
de Frédéric II , duc de la haute Lorraine , et veuve de Bouifacc* 
comte de Modène et marcjuis de Toscane, le plus rîclie princa 
d'Italie. Celte alliance alarma l'empereur , i, qui on fit entendre 
que Godefroi voulait par U s'ékier à l'empire. Echauffé par , 
les discours de l'envie, il passe les monts, au commencement j 
de l'an ioli5,dansle dessein de chasser d'Italie le prétendu 
rebelle, et de punir BéaiHxcle lui avoir donné sa main, sus.- 
peci comme il était, sans le consentement du souverain dont 
^lle relevait. Godefroi députe à l'empereur pour le désabuser^ 
Henri parait se rendre à ses nioyens de justification , dans la 
crainte <ju 'il n'aille se joindre aux Normands. Béatrix elle-même 
va le trouver pour lui faire l'apologie de sa conduite. L'empe- 
reur la lait arrêter , et remmène , l'année suivante, en Alle- 
magne. Godefroi, connaissant alors qu'il n'y a plus de sdreté 
pour lui en Italie, se retire dans les Pays-Bas, où il fait une 
nouvelle ligue avec le comte de Flandre, pour avoir raison 
de l'insulte faite à sa femme. Ils assiègent ensemble, par mer 
et par terre, la ville d'Anvers, où Frédéric, 4luc de la bassa- il 
Loiraine , instruit de leur dessein, s'était jeté. Mais, apiëv 
Iticn desefEorts,ils échouent devant cette place, et vont porter ' 
la guerre ailleurs. Les hostilités entre l'empereur Henri 111*1 
cl ces deux confédérés , durèrent tout le reste du r^gne de ce-. ' 

Iirince.. Ce ne fiit qu'après sa mort que U pain fui rendue w 
a basse Lorraine , dans la dièle tenue, l'an loSti, à Cologne, i 
en présence du pape Victor IL Le comte de Flandre et Gode-!, j 
froi s!y réconcitièrenl par la médiation de ce pontife, avec le- ] 
nouveau roi de Germanie , Henri IV, qui rendit alors à Gode-*. 1 
froi, la marquise son épouse, avec la(|uelle il reprit la rouiei 
d'Italie. Nous renvoyons à l'article des marquis et ducs de Tos- 
cane , ce qu'il fit en ce pays. Frédéric de Luxembourg , son- 
rival, mourut au mois d'à o<ll ioBS (et non en 1073, comme i 
le marque feertholet), laissant de GEnstEce, sa prsmièrfi' 1 
épouse, fille d'Kustaclie I, comte de Boulogne, une filla' j 
nommée Jutte , femme de Waleran , comte de Limbourg. L'an-*i j 
cien historien de l'abbaye de Saint-Uubert, lui donne pouri J 
seconde femme , luE , dite aussi Baeunde , qui se remaria, I f 
dk-il, au commencement de l'an iq66, avec Albert lll,j 
comte de Namur. 4 




m 



DES DTTCS DE LOTBIBR ET DE BItABART. 

GODEFROI LE BARBU, rèUièli. 

io65. GoDEPitoi LE Barbu fut rëiabli par Henri IV , roi de 
Germanie , dans le duché de la basse Lorraine ; mais il paraît 
n'y ^tre revenu qu'en toëg, lorsqu'il se sentit attaqué de la ma- 
ladie dont il mourut. S'élaut fait transporter d'Ilalie, où il était 
alors, à Bouillon, pour y recouvrer sa santé, il s'aperçut bienlAt 
qu'il fallait songera l'autre vie. Tliierri,al)béde Saint-Hubert, 
i|iril fil appeler, reçut sa confession, qu'il fit en répandant 
beaucoup de larmes. 11 voulut ensuite aller mourir à Verdun, 
où il rendit l'âme , en etfpt, la veille de Noël de citle même 
aanée, suivant Bertbold de Constance. D'Ode, sa première 
femme, il laissa Godefroi , qui suit ; WîltruJe , ou Weliga, 
femme d'Adalberi, comte de Calwe, morte en logS, six ans 
avant son époux ; et Ide , mariée à Eusiacbe II , comte de Bou> 
' ~ Le second mariage de Godefroi avec Béatrix fut stérile. 




GODEFROI V , DIT LE BOSSU. 



069. CoDEFitoi , dit LE Bossu , fut le successeur de Gode- 
froi le Barbu , son père , dans le duché Je la basse Lorraine et 
le marquisat d'Anvers ; ainsi que dans ses biens palrtmoniaux. U 
était marié, dès l'an toG'i, k Mathilub, lille et héritière de 
Boniface, comte de Modène, et de Béatrix, marquise de Tos- 
cane. L'an 1071, il prit les armes conlrf Robert le Frison , tuteur 
de Thierrî V, comte de Hollande , dont il avait épousé la mère. 
Le sujet de celte guerre était la Hollande méridionale, que 
l'évétjue d'Utrecht s'était fait aidjuger par le roi de Germanie, 
HeanlV, et qu'il avait transportée ensuite à Godefroi , dans 
l'impuissance de s'en mettre en possession. Godefroi étant entré 
en ce pays par le Rhinland , avec une armée où se trouvaient 
mttae des troupes impériales, prit plusieurs places qui, d'elles* 
in^mes , lui ouvrirent leurs portes , et s'avança jusqu'à Leyde, 
Il éiail déjà mai'ire de cette ville, lors<|ue Robert accourut de 
Flandre, pour lui livnr bataille. 11 la perdit, et fut contraint 
d'^iliaiidonner tout le pays au vainqueur. Robert se retira à Gand 
avec sa femme et son pupille. Godefroi porta, partout, sans obs- 
lai-le , ses armes viclorieuses. I) pénétra jusqu'en West-Frlse , 
eJ pilla tout le pays. Mais les PVisons, revenus de leur première 
épouvante, se rassemblèrent l'année suivante, l'investirent dans 
All^niaer, dans le tems qu'il venait de congédier ses troupes. 



I 



Ii'gc durait depuis neuf semaines, lorsque l'évoque d'Ulrecht 
à son secours, Jean de Leyde dit que les épiscopaux tom~ '^Ê 

m awc tant d'impctuusilé sur W assiégeants, qu'ils eu ^M 



K r.8AO!40LOeiE HI»roRI<}DE 

tuèrent huit mille Pt fbrcèreni le reste à repasser le Kinhem^ 
Par cette bataille, Godefroi se trouva mai'tre de loiite la Hol- 
lande. Ce fut alors, s'.iivanl Ueda , qu'il jeta les (ondeinenti 
d'une nouvelle forteresse entre Kyswick et Overstliie, ijui fui 
le com nie n cernent de Delft, Godefroi mit si bon ordre à tout 
dans le pays qu'il avail conquis , que peu de tems après , il en-* 
treprit un voyage en Italie, pour engager Mathiliie, sa tèmme, 
à venir demeurer avec lui dans la Lorraine, où ses propre» 
affaires et le services du roi de Germanie , auquel il était fort 
allaché, le retenaient. Haihilde l'avait quitté pour retourner 
dans ses propres étals, et les semonces du duc, son époux, 
purent l'engager à quitter son pays nalal. £lle voulut au o 
Iraire qu'il vJnt demeurer avec elle ; et , ne pouvant à son tour 
le persuader , elle te laissa reprendre la route des Pays-Bas. A, ' 
son retour, ayant appris l'élection de Grégoire VII, faite !• 
33 ayril 1078, il écrivit à ce ponlife pour l'en féliciter. Grégoire, 
dans sa réponse , après l'avoir remercié de son compliment ,> 
, l'exhorta d'engager le jeune roi Henri à rendre au saint siège 
l'obéissance qi^iflui devait. I^ guerre était alors entre Henri et 
les Saxons révoltés. Godefroi courut au secours de ce prince , 
qu'on voulait détrôner. Mais , àson arrivée, ayant été député, 
le 20 octobre, au congres de Gersluogen, pour discuter les 
£riefs des Saxons, il en fut tellement frappé, qu'aprës unedélî 
Eéralion de trois jours, il entra dans la conjuration formée po): 
donner un autre chef à l'empire. Il revint cependant , quelque 
tanas après, de son illusion, et rentra dans le parti du roi, qu'il> 
servit avec un nouveau zèle. Ce fut lui qui contribua le plus ' 
la victoire remportée sur les Saxons par ce prince , le 8 , selon 
Ecrtbold de Constance, ou le 1 3 juin lo^S , suivant l'annalisia 
saxon, à Langensalï sur l'Unslrut. tlle réduisit ces rebelles 
demander la paii, qu'ils obtinrent à la diète tenue, su x fêles de> 
Noë'l suivant, à Goslar. Godefroi ne s'y trouva point : il était> 
allé passer à Utrecht cette solennité. Ue U s'ëtant mis à "par-v 
courir la partie occidentale de ses états, il fut assassiné dans, 
Anvers, ou, selon d'autres, an château de Vlaerdingue, lel 
26 février 107(3 (i), par le cuisinier de Robert le Frison , ou 
du comte Tliierri V. ( Voy, /es Komfes de Hollande. ) Ce mal- 
lieureux^ nommé Giselbert, lui eufonça une tance dans les, 
intestins, comme il satisfaisait un besoin naturel, {Berlhold. 
Constant.} Godefroi survécut encore sept jours à cet accident, 
et fut porté à Verdun , pour y Être inhume. Tous les historiens 



;i) \aytt cette dule ^viilemniEnt prouvée par M, Kluit ( ffîrf.' 
, tril. Camil. UçSluad. tl Zeelasi. , loin,!, part,a, pag.Sj-âSi) 



DE! »UCS DE lOTHIER ET DE BBABATfT. 87 

s'accordent à dire qu'il riipaiait les défauls de son corps conlre- 
faît , par les qiialiléï de son cœur et de son esprit , dont ils font 
le plus bel éloge. Comme il n'eut point d'enfanls de Malhildc , 
xa femme, il avait adopté Godefroî de Bouillon , son neveu , 
qui viendra ci-après. Matliilde (ît tous ses efforts pour faire 
exclure ce jeune prince de la succession de son oncle ; mais ce 
fut ea vain , comme ta suite le fera voir. 

CONRAD. 

107G. Conrad, fd^aîné de l'empereur Henri IV, né le 
13 février ioy4) fit nommé, en 107(1, duc de ta basse Lorraine 
par ce prince, qui donna, en laérae tems, le marquisat d'An~ 
vers à Godeftoi de Bouillon, qui suit. L'an loga , séduit par les 
intrigues de la cour de Rome et les conseils de la comtesse 
Malhilde, Conrad se révolta contre son pÈre, et su fit proclamer 
roi d'Italie par .les troupes qu'il commandait en Lômbardie. 
L'empereur alors , dit-on , le dépouilla du duché de la basse 
Lorraine ; mais Sigebert nous apprend que la chose était faita 
quatre ans auparavant, 

^L GODEFROI VI, DIT DE BOUILLON. 

HF1089. GODEFROl VI, dit DE BoiTiLLON, né l'an loGi, mar- 
qois d'Anvers, fds aîné (et non puîné, comme le marquent les 
Bollandisles ) d'Ëustache II, comte de Boulogne, et d'Ide de 
Bouillon , neveu de Godefroi le Bossu , fut investi du duché de 
\a basse Lorraine , l'an lo^g , par l'empereur Henri IV. C'élaiL 
la récompense de ses services. Il en avait rendu de grands à ce 

5 rince, dans ses différentes expéditions, surtout à la bataille 
onnée, le i5 octobre 1080 , contre l'anti-césar Rodolfe, qu'il 
blessa mortellement d'un coup de lance ou du fer de l'étendard 
in^érial qu'il portait, et au siège de Rome , en :u83. Peu de 
teras avant son investiture, il avait terminé la longue gueri* 
qu'il avait avec l'évêque de Verdun, au sujet du comté de 
'Verdun, dont ce prélat s'était remis en possession, après la mort 
de Godefrai le Bossu, qui en avait joui comme par droit héré- 
ditaire. L'évéque l'avait cédé depuis au comte de Namur ; mais 
Godefroi de Bouillon contraignit celui-ci de s'en dessaisir en 
sa tiveur. L'an lOi^ , ayant pris la croix pour la délivrance de 
la Terre-Sainte , il vendit, du consentement de sa mère, à 
Olbert, é.véque de Liège, son châieau de Bouillon, pour la 
somme de sept mille marcs d'argent, selon Ordéric Vital , de 
quinze cents marcs du même métal , suivant Albéric, de treize 
•ants marcs d'argent et trois d'or , selon Gilles d'tirval , réser- 



as CRROHOLOOIS BUTnil1(;DK 

Vant, nëanniotns, b faculté Je rachal à ses trois plus proch»* 
héritiers successifs , suivant Nicolas de I.iége. Otbert , poursuit 
Gilles il'Orval, fil il'auiant plus volontiers cette acquisition ^ ' 
f|ue le château Je Bouillon l'iticommodail Ibrt par les excursions 
fréquentes que GoJefroi faisait de là sur les terres de son église. 
Mais l'opposition qui se rencontre entre tes récits de ces auteurs^ 
par rapport au prix de la vente, a donné lieu à quelques criti- 
ques de la révoquer en doute, et cela , disent-ils^ avec d'autant 
plus de fondement, que le titre n'en ajaiuais été produit. Celte 
prétendue vente ou engagère , ajoutent-ils, liiudée uniquement 
sur un bruit public, n'aurait-elle p)s été imaginée d'après un 
aile par lequel Godefroi de Bouillon , se préparant au voyaga 
de la Terre-Sainte , avait mis les fondations faites par son aïeut 
maternel et par lui, en faveur de l'abbaye de Sainl-Jlubert, sous ' 
la protection de l'église de Liège, contre tous ceux de sa famille 
ou aulr^'s, qui voudraient y porter al teinte? Cet acte existe dans 
Irsj'archives de l'église de hiege et dans celles de l'abbaye de Saint- 
Hubert. Mais il est si difléreni de celui d'une vente ou d'ua 
*ngagement du duché de Bouillon , qu'il n'y a nulle apparence 
qu'on-ait pu les confondre, yuoi qu'il en soit, l'église Je I.iége, 
après le départ de Godefroi , se mit en possession de ce riche 
domaine, et s'y est maintenue pendant plusieurs siècles. Gode- 
froi vendit auisi, dans le même tems, ses leires de Stenai et de 
Mouzai , avec le comté de Verdun , à l'évéque de cette ville t 
suivant Albéric. On voit , néanmoins, par un diplOme de l'em- 
pereur Henri IV, du mois de juin lohh, que l'église de Verdun 
était dès-lors en possession de Mouzai. Muni des sommes néces- 
saires pour son voyage, Godefroi partit, le i5 août de la même 
année 1096, à la lête d'une armée de dix mille chevaux el de 
soixante et dix mille hommes d'infanterie, tous gens aguerris 
et la plupart choisis de la noblesse de France, de Lorraine et 
d'Allemagne. Les diflérenlcs divisions des croisés s'étant réu< 
nies en Bithynie , élurent Godefroi pour leur chef. Ce fut f n 
cette qualité qu'il commanda au siège de Jérusalem. Aano 1 100 
(lisez toqq) , dit la chronique de Saint' Pan taléon, Jerosolyma 
h Chrisliaitis capilar, Godefrido duce exercitum rrgenU. Après cette 
ronquéte, Godefroi fui élu roi de Jérusalem , le a3 juillet 1090. 
Mais il ne jouit de retle dignité, dont il ne prit pas m^me Te 
titre ni les ornements par modestie , que jusqu'au lU juillet de 
l'année suivante, qui fut l'époque de sa mort. Il n'avait point 
i\.è marié. ( Voy. /« nûa de Jérusaiem- ) 



. Hekiii, comte de Limbourg, petit -fits du duc Fré- 



par Julie, sa mèro, Fui iiùmmé p.if l'empereur Henri IV, 
dans uiif diète leniie à Mayence , aux fêles de Noël , pour suc- 
tèder à Gndefroi de liouillon , dans le duché de la basse Lor- 
faioe el le marquisat d'Anvers. Il prit le parli de son bienCaî- 
leur contre Henri , son (ils , roi de Gemtanie , révolté contre 
lui 1 el ne l'abandonna (ju'à sa mort , arrivéi^ le -j aoilt de l'ail 
1106. Ce fut lui qui, le jeuili-iaint de celle année, mit eii 
déroule au pont de Visel , les Iroupes que le jiiuiii! Henri avait 
envoyées pour assiéger snn père dans Liège. I.e prince rebelle 



mger 



de cet échec , 



r le duc de 



I fidélité; 



le priva de son duché dans la diète de "Worais, tenue à la 
Pentecôte suivante. ( Voy. ies comUs de Limhourg. ) 

CCODEFROl Vil, DIT LE B\RBU, ou LE GRAND. 

^iioG. GoDEFnoi VU, comte de Lonvain apr^s Henri III, 
n frère . fut pourvu , par le ro'i Henri V , du duché de U 
Eâsse Lorraine et du niarquisai d'Anvers. Henri de Limbourg, 
qu'il avail suoplanlé , s'empara , l'an 1 107 , d'Aix-la-Chapelle, 
MaisGodefroiél^nl venu devant celle ville, obligea les habitant* 
de lui en ouvrir les portes, aprèsavoirconiraintsoncoinpétiteur 
de prendre la fiiile. Depuis ce tems, Godi^froi jouit paisiblement 
des deux béLiérict^s que l'empereur liji avait accordés.* mais il 
le paya d'ingraiituJc. L'an iii4 < de concert avec la plupart 
des princes Je l'i-mpire, il se déclare contre son bienfaiteur ; et, 
pour punir GiiIcLerl , comte de Duras, de son attachement 
tiour ce prince , il allaque , vers la mi - juillet , l'abbaye de 
Saînl-Tron.dont il avait l'avouerie , mcl le feu A la ville malgré 
la résistance des habilanls, et se retire après avoir abandonné 
au pillage des soldais, ce que les flammes avaient épargné. 



il élpvo d 
. le prévôt Alexa 



(Bouq.riom- Xl!l, pag. Sçj'S.) Un schisa 
1 église de Liège , entre Frédéric de Namur , 
dre , son cooipétileur. Leduc Godefroi se di'clai 
el encourut rexcommnnicali on du premier, dont il ne fut 
relevé qu'après sa mon, par Alexandre. Il abandonna néan- 
moins celui-ci , en 1 122 , pour appuyer l'éleclian d'Adalbcron, 
son frère, Après la mort de Henri V, Godefroi s'étsnt dé- 
claré pour Conrad, duc deSuabe, contre l'empereur L<nhaire, 
' ' ci. l'an t lïS, vi non 1 135 , le dépouilla de son duché, 
it donné a Waleran , qui suit. 

Ï^ALERAN , ET LE MÊME GODEFROI LE GHAND , 

PBEHIEH OUC HÉBEDITAlItE. 




9i2S. 'Waleeaim, comte de Limbourg, fils du dui 
^ XUL la. 



1 

J 



i 



dont -on vient de parler, reçut de l'empereur Lottiairtflediiclil 
de la basse Lorraine avec le marquisat d'Anvers; mais Go 
froi Vil se mainliiit dans uue partie de ses étais, On l'ap 
bit quelqiielois duc de Louvain , parce que celle ville é 
le lieu de sa résideiice. C'est ainsi qu''it est qualifié par le n<}> J 
taire Gaibcrt , dans la vie de Cliarles le Uon , en parlant dusiG| 
d'Alost, que Go'lefroi vint faire , l'an iiaîi , avec Guillaiini 
Clitun , qui périt dans celte expéditon. L'an 1 12.9 , Godefroî m 
fut excommunie par Alexandre, évëque de Liège , au sujet de^J 
dépredatians qu'il exerçait sur les terres de son église. Pouc 1 
appuyer ces censures , le prélat leva des troupes , et, assisté dârl 
duc Waleran , il vint mettre le siège devant le château de Dura» J 
Celait un iirf dé sou église , dont il avait dépouillé le comièf 
Gîslebert, parlisan de Godefroi. Ce dernier, ayant appelai 
Thieni , comte île ï'ian.lre , â son secours , vole a la d^fenM f 
de la place. Le combat s'engage le •j août ; et le carnage fu 
grand, dit AUiéric, que, de pari et d'autre , il resta huit c 
vingt - quatre hommes sur la place , sans compter ceux qui pé^ 
rirent en fuyant. Mais l'évÉque' remporta la victoire , sans cepert. 
dan! oser cuiitinuer le siège de Duras. L'an 1 i3i , Godefroj'J 
fonda paur de* Prcmontrés , près de Louvain , dans son parO _ 
une abkiV^ qui en retint le nom. Deux ans après , il Tonda pouJÈ.] 
des filles une autre abbaye , pr'-s de Bruxelles, dans son 3lle^d 
de Bignrdt'n. Vers le même tems, il prit les armes contre Gt»- | 
lebcrt, comte de Duras; cl, quoiqu'il les ait mises bas presqil^ I 
anssilât, ses troupes neanmdïiis rjusérent de grands dnrnm.i ~ ~ 
â l'abbaye de Sainl-Tron. C'était pour la quatrième fois,' 
l'abbé Hodutre , que , dans l'espace de vingt-six ans , le duc d 
Ijouvain avait dévasté son monastère ou ses dépendances. L'a 
ii3li, il eut guerre avec Godefroi, comte de Hai 
l'élection d'un abbé de Gcmblours. Walerau étant mortl'J 
iiâjj, l'empereur Conrad 111 rétablit Godefroi dans tout 
ducbé de la basse Lorraine. Celui -ri termina sa carrière 
i5 janvier de l'an ii^o , et Tut enterré dans l'abbaye d'Affiighei 
dont il était le bienfaiteur. Il est regardé comme la tige ( 
ducs bérédilaires de Brubanl ( le premier cependant qui en a 
pris le lilrc, est Henri le Cucrroyeur), et à cet égard, il d 
être appelé Gudefioi I. Iue , tille d'Albert 1)1 , comte de N 
mur, sa première femme, lui donna , deux fils GodeFroi ,*si 
■uccesseur, el Henri , moine d'AfRighem, l'an 11II4 ^u plu ta 
avec trois lilles, Clarisse , qui mourut vierge, Adélaïde, mari 
à Henri [, roi d'Anglelcvre , el Ide, femme , i ce qu'on croit,; 
d'Arnoul I, comte de Cléves. t^LÉMEnct: db Bourgogue, s 
tecondt: femme, vt'uve de Uoberl 11, comte de "" 
de Guillaume le Grand , cuntie de Bourgogne (maiiée vers l'>^>l 



«ES mTM SE TJennzR rr ns buasant. i)i 

•lao), lui donna un Tils, itnnimè Joscelin, qui épousa, en An- 
glelerrc, Agnès, fille de Guillaume Percy, pt survécut à sa mers. 
Clémence Itriit ses jours , suivant Ipérius , en 1 133 , et nnn pas 
«n 1 rag, rommc l'avance Meyer ,,<!t fut enterrée à Bourbourg^ 
dans un monastère (| a 'cl le avait fondé l'an 1102, 

[■GODEFROl II (Vlll), SURNOMMÉ LE JEUNE, 

SECOND DUC HÉREDlTAlfLIE. 

■■ l4o. GoDEFBOi II , Ëls (le Godefroi le Grand , lui auccéda 
dans le durhé de ta basse Lorraine , te marquisat d'Anvers et le 
tfftnlé de Loovain. Henri, comte de Lîmbourg, (ilsde Waieran, 
quiavail su[iplanié Godefroi le Grand, fit des efforts pour ie dé- 
posséder; mai.i la valeur e( l'activité de Godefroi le Jpune les ren- 
dirent inutiles- Ce dernier mourut au carême de l'an ti 4^ (». st.}, 
laissant de J.utgarde , son épouse, belle-sœur de l'empereur 
Conrad , 111*. do nom , deux iils : Godefroi", qui suit ; Albert , 
comte de Miilia et de Dagsbourg ; avec une fille , I.utgarde , 
femme de Thierri , comte de Hochsladl. ( Foy. Henri II , comte 
de Limbourg. ) 

GODEFROI m (IX5, DtT LE COURAGEUX. 

ti43. GoniîFHOi IH, fils de Godefroi le Jeune, loi succéda 
l'âge de dix-sept ans dans ses états. Il hérita d'one guerre 
commencée par son père , vers l'an 1 140 j conlre Gauthier Ber- 
tbout, avoué Je Malines, et Gérard, sire de Grimherg , qui lu! 
refusaient riiommage. Elle dura près de vingt ans, pendant 
lesquels on ne vil dan^ le pays que pillages, qu'incendies, que 
massacres exercés de part el d'aulre. I^'ao 1 i5ç) , Godeiroï vint 
assiéger le château de Grimberg , le prit en peu de tems , le 
J". ocloltre , y mit le feu , et le détruisit de fond en comble : 
cVtaiF h plus forte place du Brabant. Alors Gauthier Berlhout 
et Gérard , se voyant abandonnés du comte de Flandre , qui les 
avait appuyés jusqu'alors , prirent le parti de la soumission. 
{Àur/. jiffligh.") Godefroi, dans le mime tems, soutenait le 
poids d'une aulre guerre , que son père lui avait encore trans- 
mise , conlre Henri II, comte de Limbourg , qui lui disputait 
son duché. Elle fut terminée, l'an ii55, parle mariage de 
Marguerite, fille du comte, avec Godefroi. ^Voy. Henri II, 
romte de Umôourg. ) Le duc de Brabanl joignit ses armes , l'an 
1 166 , à celles de Philippe d'Alsace , collègue de Tbicrri , son 

S ère, d.ins le comté de l'iandre, contre Florent IH, comte de 
lollande. Il fui attaqué. Pan 117a, par Henri l'Aveugle, comie 
de Mauxir et de Luxembourg , son oncle maternel , qui le battit 



I 



I» eiERONOLOGlB HISTOniQlTft. 

. . , H» de TrasignÎM. ( V'oy. Henri V 
]i83 , il se ligue avec le roiutc de Mandre , .r^ 
France et le comte de Hainaut. Ce dernier, V 



■ 

■ 

■ 



au recours lîu cotnle de Namur, 






GodefrtH , 



. iSS, vient 



L Tait 



dégSt dacisleBiabanr. ( Tûv- Baudoin V. comie de fluinaui. y 
L'ohbayc de GemLloiirî avait éi é fondée vers le milieu du dixièn»; 
siècle , par un seignevf puissant , numnié Guibert , en ^ileine 
franchise pour ses dépendances comme pour elle-m^me ; mais 
la négligence de afs nvoués , avait donné depuis libre carrière à 
feui rjui dominaienl dans le mys , pour b fouler et l'opprimer 
CD diffcrenlDs manièn-s, Ix duc Oodefroi , sur les plaintes quft 
l'abbé Jean lui porta de ces vexations , iil expédier , l'an i li:)? ». 
«ne charte , par laquelle , du coascntement de Henri , son (il^ 
e^ des nobles qui composaient sa cour , il rétablissait dans son 
ancienne liberté l'abbaye , et abolissait la main-morlc qu'on je 
avait ijtablie, avec menace, contre les contrevenants, de le» 
faire exeuanmunier. (l'oppens , lom. IV, pag. aiS.) Le term» 
«les jaurk de ce prince, arriva le i a août i itjn , dans la soixante-! 

Îifalrtèine année de son ige. 5,i sépulture est à Saint-Plerrit df 
lOuvain. De MADGUEïiiTt:, fille de Henri H , comte de l.imr 
bourg, morte enlrL> ii;i et 1173, il laissa Henri, son succès, 
seur , et Albert , évoque de Liège. Ihmne de Luss, sa seconde 
femme, lui donna Guillaume, sire de Perneys, et Godefrot 
^e LouvEiin- Apr^s la mort de son époux, s'élant retirée duit 
un faonaslère, pris île Cologne, elle devint abbeue de Sainte^ 
Calterine d'Eisenacb , en 1:^14. Ce fui le duc Godefroi qui 
fund^,ran i>8;, la ville de Bois~Ie-D.ic , au milieu d'un* 
forêt qu'il fit (icfriclier. Oiidfjj-idus duic, dit un ancien chrono* 
graphe , i syleafecit uppidutn. 

HENRI 1 (11), DtT LE GUERÏIOYEUR. 

■ 190. ilF.NRt ! , fiU et sncccsseur de Godefroi le Courageux, 
«vait éié associé an gouvernen\enl par son père, sous le titre d* 
comiudeLouvain, dès l'an 1 17a. Ce fut aver cette qualité qu'4 
BCCQinpnsna le loi Louis le .Icune , en 1179, 3u tombeau d« 
ssiivX Thuaus de Cantorberî. L'an i iâ3, il pjriit pour la Teri'^i 
tiainle, a*ec des troupes d'élite, pour remplir le vœu de b' 
croisade , que son péie avait fait. Un n'a pas de détail sur Is» 
expluits qu il fil dans cette expédition, m de date précise île 
son ittour, L'au 1 i>)i , après la mort de Philippe , comte d*-' 
FUntlie,ii prétendit lut succéder, en vertu de son mariage^ 
contracté, l'an ii7Ç(. avec M&teiildk , nièce de ce comte, et 
lille de Aiatliieu d'AU^ce , com1<> de lîouUigne. Mais Baudouin^ 
*(tu rouipéiitesir , eng.tgea \c roi de FrauL-e, dit Alf)énc, i 



DES DUO' er uwBtBA SIS BS bdabaut. g3 

Jppâl lie citu] miilfi nisrcs fl'argenl qu'il lui offrît , à faire ilé- 

|i«r Henri lie celle prvienlion. Lelui-ci , l'an 1194» reprît lej 

~Srin& coniri! ce iiiê(ne Baiiilonin , sous préle^iie d'appuyer 

Ybii-rri <le Bevern , qui, du chef de sa mËic, préirnuait au 

comté d'Alusl. 11 lavagea le llaîiiaut , el Baudouin lui rendit 

la pareille en Rrabant. Un nouveau motif allisa le feu de cette 

sucrrE'. Henri l'Aveugle, comte deNamur, ligue avec le duc 

ae I.initwurg et d'autres firinces, pour reprendre le comté de 

Namiir sur i>tn neveu llauilûuin', C£imle de Hairiaut, altenilail, 

Sour l'exécution de son dessein , le secours du duc de Brabaot* 
onl les trêves avec Baudouin devaient expirer à l'Awomptioit 
de la VîercG. Mais Baudouin les al laqua et les battit sur tes oords 
de la McEaignei le i"'. août 1 1 1)4- 1 événement qui , dans le 
mi'me mois . fui suivi d'un Ir.iilê de paix , où il était dit que l« 
comte de Hainaul ferait hommage au ducale Brabanl, pour te 
comié d'Alosl. (Gilbert, Btilkciis. ] L'année suivante, le duc 
Henri fil une confédéral ion avec le cumle de t'Iandre, Baudnuia, 
dit de Co[istanlii]ople , fils de Baixlouln le CouAgeuit, contre 
leura eoneœis coainiuns. I.'an 1197 , il entreprit un second 
voyage à la Terre-Saînie. De retour l'annOe îuivaule , après U 
mort de l'empereur Henri Tl, U se déclara (imir Olton de 
£runswick , qui dispuiail l'Empire a Philippe de Suabe , fds 
de l'empereur Frédéric Barberousse. Il eut ensuite la guerre 
av*i; Ollon , comte de Gueidre , et Thierrî VU, comte dç 
Holbnde, qu'il fit prisonniers, l'un et l'autre, l'an lao^ 
L'année suivante , il entre en guerre avec Louis III , comte de 
Loss, au sujet de certaines teires, et surlout du confié dç 
Puraii, d«iit ce dernier avaîl fait hominage à Hugues de Picrrei- 
soril , evêque de Liège, au préjudl^ de la suzeraineté que 
^eott |irélendail sur ces terres, L'évéque vient au secours de 
pin vassal. i\prÉs quelques hostilités réciproques, on bt , l'anacs 
suivante , une irévc qui fut ménagée par le comte de iNamur. 
JL'aji i3<'4. le duc Henri quilla le parti d'Otlon de Brunswick, 
|iour se meure dans celui de Phdipne de Suabe , rival de ce 
|irince, p;;ur le trône de Germanie, et lui fit hommage des terre» 
qu'il tenait de l'empire. Les leltres d'investiture que ce prince 
lut fil expédier le 12 novembre de cette année, portent qu'il 
luiaccoide en tief l'abktye de Nivelle, avec noc rente annuelle 
de soUaiile charretées de via , .dont la moitié doit être livrés à 
Jtopp»idf , cl l'auireà Ralderco, en Alsace, au tems de la ven- 
dange. Par les mêmes lettres , l'umpéreur lui assure la succes- 
sion au comlé de Dagsbour^, au cas que le comte Albert, oacle 
de Hem î , décède sans Uérîiier en ligne directe ; et enfin , s'il 
meurt Inî-méme sans hoirsmSles, ilcM dit qucses filles luisuc- 
tcderoiit jibitment , etsans aucuo empêchement, au^t fiefs qu'il 



I 



I 
J 




I 
à 



CBROTIOLOr.lE HtSTOHIQI 

'ënîpÎTe : Ul filiœ saœ, si ,^ 

habaerU , infcudis sais b'èerè ei tanqaam masculi surceâant, ( ^'a^^^ 
dère , t)3g. 157.) L'an 1212, le fiuc de Brabant eut une que- 
relle plus directe avec le même prélat , par rapport au cnnilé- 
de Moha , que le comte Albert de Brabant avait légué â l'église^ 
1; le duc Heuri revendiquait, comme devan» 
ti d'iiérédité. Henri tilant entré dans l ' ' ' 
le 29 avi-il , se n'iid mailre de ta cjpilale , le 3 m 
vatit , jour de l'Ascension , et la pille durant six jours. L' 
quis'étail retiré à Hui, lance de làuneexcommiinicalion 
le duc, qui n'en tint compte. L'année suivante, le comte J* 
Loss ayant amené au prélat des troupes, il livre bataille ai» 
duc, le i3 octobre , pri's de Sienne , et reni|itirte sur lui un«^ 
vicloire complète. \jt dnc alors fait sa paix avec l'évoque, e^ 
ireçoitson absolution. L'an i2i4, il se déclaïc [lour Frcdr-iicj 
contre Otlon, son comnétileur à l'I'lmpire, et fait un traita 
d'alliance avec le roi Philippe Auguste, eniumi de ce dernier^ 
L'an \a-M) , il accorde à la ville ilu Bruxelles divers privilèges^ 
par une charte, qui est le plus ancien monument que nouÀi 
ayons en langue flamande. ( Difoais , EpUoin. fiùl. Brahaati 
paç. ti3. ) (Je prince ne cessa presque d'avoir les armes à !«, 
niain , contre différenis seigneurs , ses voisins ; ce qui lui 
mérita le surnom de Giicrrayeur. 11 mourut, le 5 nevembra 
de l'an i2.^5, à Cologne, âgé de aoixanlc-dix-sepl ans, eoi 
revenant de conduire Isabelle d'Angleterre à l'empereur Frét- 
déric 11, qui l'épousa le aa août. {Chroit. ducum Bra&anK 
eéente Anton. Maltheu. ) Le corps du duc Henri fut Iransporli^ 
à Sainl'Pierre de Louvaiu, où l'on voit encore son tombeau* 
De Matiiildk, fille de Mathieu d'Alsace, coinle de liou-; 
logne, sa première femme, morte vers Tan 131 1 ,il eut Henri, 
son successeur; Godefroi , sire de Lnuvaln ei seigneur de Marie, 
qu'il vendit , en 1244 1 ^ Thomas de Couci , sire de Vervins^ 
Marie , femme de l'empereur Olion , IV , puis de Guillaume ^ 
comte de Hollande; Margii«rim, mariie à Gérard IV, (ils 
d'Otton 11 , et son successeur au comté de Guetdrc \ Adélaïde ,1 
femme , 1". d'Arnoul VI , comte de Loss ; 3". de Guillaume X, 
comte d'Auvergne ; ->. d'Arnoul, sire de Wésemael, maréchal 
de Brabant; et Matliilde, qui épousa Florent IV, comte dl 
Hollande. Il est remarquable que celte princesse, en épuusant. 
Florent , fut obligée de renoncer, par un atle formel , à l'héri*. 
tage de Sa maison ; et c'est le prejnier exemple d'une semblablfli 
renonciation faite par une femme. Marie, tille de l'hilippfi; 
Augusie et d'Agnès de Méranie, que le duc Henri épousa ctt» 
secondes noces, le 22 avril (21S, à Soissons, était veuve de^ 
Philippe, comle de Namur: elle mourut le premier aoilt ia3i^ 



DES DUCS DE LOTttlER ET D£ BRABANT. gS 

«près a^r donné à son second époux deux filles : Elisabeth , 
mariée, i®. à Thierrl de Dinslaken , fils aîné de Thlerri V , 
comte de Clives; 2^. à Gérard de Limbourg , dit de f Luxem- 
bourg , sire de Durbui ; et Marie , dont on ne sait que le nom. 
Le duc Henri I jouissait, dès Tan 1191 ,de ravouerie de Saint- 
Tron , qu'il transmit à ses descendants. 

HENRI H (llî), DIT LE MAGNANIME. 

1235. Henri II, fils de Henri I , lui succéda. Il se fit res- 
pecter de ses voisins par sa valeur , et mérita Tamour de ses 
tdjels'par la douceur de son gouvernement. Le duc deBrabant, 
au rapport de Mathieu Paris, fut un des sept électeurs que le 
pape Innocerit IV nomma , Tan 124S , pour procéder à Télcc^ 
tien d'un nrouvel empereur , après avoir déposé Frédéric H. 
|jes autres étaient le duc d'Au friche, le duc de Bavière, le 
duc de Saxe , et les trois archevêques de Cologne , de Mayence 
et de. SaltEbourg. Ces sept électeurs , par la même ordonnance, 
' devaient s'assembler dans une certaine île du Rhin , dont ils ne 
pourraient sortir, et nul autre ne pounrait approcher, jusqu'à ce 

3u^ils eusftent consommé leur élection. Mais ces dispositions 
u pontife demeurèrent sans exécution. Une dangereuse maladie 
dont il fut attaqué, l'an 124^, lui fit prévoir qu'il n'en re^ 
▼iendrait pas. « Prêt à paraître devant le suprême vengeur des 
peuplés opprimés, il craignit que la main-morle, sous la- 
quelle sies peuples avait^nt gémi , ne déposât contre lui. Il 
assemble son conseil quelques jours avant sa mort; il consulte 
le^ hommes les plus éclairés et les plus religieux de ses étals ; 
et , d'après leur avis , i( supprime la main-morte dans tous 
ses domaines. Il ne craint pas- même de lui donner les noms 
d*ex€u:t£on et d'extorsion.,. Il s'efforça de réparer le tort qu'il 
avait fait à ses peuples; et, peu content d'avoir rappelé 
la liberté parmi eux , il voulut les dédommager de ce qu'ils 
avaient souffert pendant qu'ils en avaient été privés. Il or- 
donna , par forme de restitution et d'aumône , une distribu- 
tion annuelle et perpétuelle de cinq cents livres : somme 
considérable pour ce tems-là. Sa prévoyance alla encore plus 
loin. Pour mieux affermir l'état de ses sujets , il défendit ù 
ses baillis de s'écarter, dans leurs jugements, de l'opinion 
deséchevins, ou scabins, et de leurs autres assesseurs, no 
voulant pas qu'ils substituassent l'arbitraire et La partialité 
de leurs sentiments aux suffrages désintéressés des conseils 
que leur associait l'ordre judiciaire. 11 prononça même , en 
cas de désobéissance à cet égard , des peines qui tombaient 
également sur leurs personnes et sur leurs biens. » (M. Per^ 






r 



50 CHRÔÎtOlOClE HlSTOftHJCG 

rcciol , àe l'état r.U'!l des persimnes , etc. , tom I , pag. 3-6. ) 
Ce prince mourut, le i". février 1248 (n.sl.), à l'âge de 
ciii<|ii.iiile [iL'ufans, et fut inlinmé à l'ahliaye Je Villc-'rs. It 
Bïoil éimusé. l'ail IÎ07, Maiue, fille de l'empereur Phi* 
lippe , laquulle, en vertu du son cotilrat de mariage, ilevBilj; 
nu cas (]Lie son p^re ne laissai point iJe fils , partager avf c se*, 
sceurs les biens paternels , secundùin jus et convieliitUnr-m Teuto-' 
niœ. Elle Gt son mari m:re de Henri , qiii suit ; de Philippe,. 
mort îrunr; de MathilJe . mariée, l'an lai?, à Riil>Frt, cucnte. 
«l'ArioIs , fi-^re de saint Louis , et ensuite ii Gui Je <:hâlîlloR , 
comte de Saint-Pol ; de Béalrix, fcmmi' , 1". do Wenri Ra**, 
pott , landgrave de Thuringe ; a", de Goillainne de Flandre f. 
de AiaHc, femme de Louis II, duc de BavièrL-Donawerl et 
comte pabtin du Uliin. Henri épousa en srrnndes noces , l'aiv 
12^9 ( aille iienmum , dit Albiiric sur l'an 1241 ) , SuPHie. filltf 
de Louis IV , landgravir de Thuringe , ei de satiile Elisabelh, 
Henri, dit L'Enfant, premier landgrave de Hessi?,et Elisabeth^ 
femme d'Albert le Grand . duc de Brutiswiek , furent les fruiti. 
de ce second mariage-. ^ Voy. sur Henri l'Enfant /« lanàgraMàt 
de Uesu. ) • 

HENRI m CIV), DIT LE DÉBONNAIRE. 

1348. Henri III, fds atn^ de Henri II. fut reconnu duc d« 
Brabant après la mort de son père. Il se déclara pour Guillaumej 
comte de Hollande, son cousin, compéiiteur de l'empereutt 
Frédéric H, l'aida à prendre Ai^-la-Chapelle , asmia à soili 
couronnt?ment qui se fit en cette villes et fut mis à la t^tc d&l 
conseil <]u'or lui composa à raison de sa jeunesse (il n'avaif- 
que vingt ans. ) L'an isS.'i , les habitants de Saint-Troa stt 
voyant assiégés par leur évét]ue , Henri de Gueldre , contre Ifr* 
quel ils a'élaient élevés ainsi que d'autres villes du Liégeois f 

KL>ur des exactions qu'il faisait sur eux, appellent le duc dft 
râlant à leur secours, comme leur avoué. (Btitkens, pr. pag*. 
().i.) Le duc, s'ctant porté pour médiateur, engage l'évoque à uit 
arcommo dément qu'il viole peu de tems après. Le duc, indigné 
de cette mauvaise loi, vient à Sainl-'l'ron et détend aux habilanltl 
de payer les nouvelles exactions. Il est alors excommunié par Is 
prélat , sous prétexte qu'il avait envahi les communes {pasrué 
i:umm\inîa ) , H qu'il âtait les dîmes novales aux prClres(rt 
nofalia jireibyUris anfenbat. ) L'évoque , ayant obtenu du pape, 
l'an la.Sti, la pennission d'imposer le vin^tiième au clergé «le 
ion diocèse , trouve encore à sa renconlt-e Te duc qui en appellft 
au saint sîcge de la liitll*- du pape, comme subrepltce. Aprél. 
des menaces réciproques d'hcrstililêi , on fait .un traite de paik 



bES ctT-î Bï ttyrltiF-H t.T tt Éi.\isKvr. 



97 



ta même année. ( Ilocsem , Cfi'a paiitlf. Leud. liv, 1 , nîiàp. 5. 1 
Henri III fut on prince. otjiiitalile , modéré, sans ambilion. H 
avait concouru , en 1:14^1 ^ ^^ '■harle donnée par son père pour 
l'abolition de la main-morle dans ses domaines. Il fui toujours 
fiilële à l'engagement qu'il avait pris alors , el ne pensa point à 
(aire rt'vivre ce Jroîl odieux. « Un regrette seulement que, sui- 
>• vanl les mœurs de son siècle, il se soil trop aiwindonné à 
» l'idée qu'il pouvait exiger arbitrai reine ni des preslalions de 

■ ses sujets, el disposer à son eré de leurs biens cotnmun.î. 
» Âlais , arrivé à cet Instant où les grande comme les petits 

■ vont rendre compte de leurs actions à un juge incorruptible, 
» il sentit que le seul moyen d'obtenir le panlon était de ré— 
u parer le inal. Par son testament , de l'an 1360, il rétablit ses 

■ sujet.s dans leurs droits primitifs; il voulut (ju'ils fussent à 
» jamais exempts de toutes les prestations arbitraires , cl qu'on 
- ^'en exigeât aucune taxation extraordinaire (jue darisces trois' 

;ïrconstances : euerré à snQtenir , enfant à marier, (lis à 
lonorer de l'ordre de cbevalerie, » £ M. Perrecibt , ibid. , 



L » circonstanc 
^^Jj^nonorer de 

P^g^ducHer 
F dm-îbueqiielq 



iltivaît !a poésie française , et Fàuchet lui 
'îbue quelques cliansons. Il raourat , le 28 février 1261 (n.sl.), 
3 Loavain , et fut enterré aux Dominicain? dé celte vîllé. Alix, 
son épouse, fille de liugiics IV, duc de Bourgogne, morte le 
33 octobre 1^7-^, lui dnnna Ilenri , qtiî se fit refigicux à l'abbaye 
de Saint-Etienne de IJijon, Je l'f. ortobre lat^; Jean, qui suif; 
et Godefroi , sire d'Arschot , tué à la fameuse biitadle de Cour- 
Irai , le 1 1 juillet i3o2 ; avec une fille , Marie , femme de Phi- 
lippe III , roi de France. Butkens lui donne pour fils naturel 
Gilles , fameui capitaine qui se distingua, surtout en 1288, à 
la célèbre bataille de Wneringcn ; maïs d'autres pensent, avec 
plus de fondement, qu'il était fils du duc Henri II. I.a du- 
chesse Ali;i , dont nous venons de parler, avait une piété solide 
et éclairée. Elle écrivait quelquefois à saint Thomas d'Aquin ; 
Cl ce fut ^ elle que ce saint docteur dédia son traité du Gvuivr- 
du prince. 



I ïikrfd 



JEAN I , DIT LE VICTOBIIÎUX. 



Jean I . second fils de Henri III , né Tan laS 1 , lui 
;tda ■ par les intrigues de sa mère , au préjudice de Henri , 
mn aîtié. Ils étaient en bas âge , lu n el l'autre , sous la tutelle 
de cetl* princesse. Alix, trouvant plus d'ouverture d'esprit dans 
le prince Jean, engagea son frère aîné à lui céder ses droits 
sur le duché: cession qu'elle fit approuver, l'an 12C7, après 
de longues coureslalions , par les étals tenus à Cortenbcrg. 
XiV. i3 



J 



gS CHBOBOLOGIE mSTOIl[QCB 

Henri, i la persuasion Je sj mirt?, alla ensuilc se faire moine 
à Sainl- Etienne de Dijon. L'année suivante , au mois de juin , 
le dur Jean , étant dans sa dix-scptic>me année . fait son entrée 
solennelle à i.ouvaiii, et prend en main les r^nes du gouver- 
nement. L'an 1277, la reine de Fiaar.e, sœur du duc Jean , 
accusée par Pierre de la Rrosse d'avoir empoisonné le prince 
Louis , SBIÏ beau-lils , pour faire régner ses propres enraots, est 
reiifeimée dans un château, landis i^u'on informe contre elle. 
J^ duc , instruit de son mallieur, vient la trouver déguisé en 
corilelier , l'interroge , et se convainc de son innocence par ses 
réponses. De là s'cLant rendu k Paris en habit ordinaire, il dcfic 
au combat singulier, en présence du roi Philippe le Hardi j 
ijuiconqne ose accuser la reine, la dit déclarer innocente sur 
ce que personne n'a la hardiesse de répondre âu défi , et ob- 
tienl que la Brosse, déjà détenu en prison pour d'autres crimes,' 
soit pendu au gibet de Monifaucon. Mais ce prince et le coinle 
d'Artois se desliunorèrent en repaissant leurs yeux du spectacle 
de l'eiécution. L'an 1280, les tabilants d'Ait-!a-Chapelle , 
par lellres du n^ nvril , confirment au duc Jeai) l'avoucrie de 
leur ville, dont avaient joui ses prédécesseurs. 11 acquit, l'an 
laSa, d'Adolphe, comte de Berg , le duché de Limbourg ; 
mais Renaud , comte de Gueldre , qui avait des prétentions au 
diiclié,rempêcha d'en prendre possession. Guerreàcesuirlentre 
les deux contendanis. Renaud, se sentant trop faible poursemain- 
icnir, Iransporlc ses pi-élentions à Henri , comie de Luxem- 
iiourg. L'an 12B8, le 5 juin, balaîlle de Vœringen , entre 
Cologne et Nuys , oii le duc , secouru du comte de Saint-Po! , 
fut victorieux par la mort du comte de Luxembourg. Celte 
victoire, qui le rendit maître du Limbourg, lui causa tant de 
joie, qu'il changea le cri de guerre de ses ancêtres ( c'était 
LouvAiW AU RICHE DtîC ) , el prit pour le sien, Lihboukg a 
QUI l'a coNQi:is. Les hostilités n avaient pas été continuées 
sans interruption, puisque nous voyous qu'en 1283 le duc de 
BrabanI accompagna le roi de France, son beau-frère, dans 
son eiipédilion d'i'spagne. L'an 129a fut pour lui l'époque d'un 
accroissement J'autorilé. L'empereur Adolphe l'établit avoué 
génér.il et juge supri'me dans les provinces situées entre la mer 
et la Moselle. ( Pfcifel. ) 1^ passion de ce duc pour les exercices 
militaires fut â la lin cause de sa perle. L'an i3(j4t Jean, étant 
à Bar , aux noces de Henri , comte de Bar , y jouta , le 3 mai , 
contre Pierre de lieaufremont , et fut blessé si dangereusement 
au liras dans ce combat, qu'il en mourut la nuit suivante 
selon Pierre à Thymo. Son corps fut porté aux Cordeliers de 
Bruxelles. C'était l'un des princes de son tems les plus magni~ 
fiques , les plus diserts , Les plus b^a^-es , et les plus adroits dan* 



Tirs Dcrs HE lOTHrtn et de "^rabant. e^f) 

le maniement des armes. 11 s'était trouvé à plus Je soixante-dix 
leiurnois , tant en France tjiie dans les royaume* voisins. Ce fui 
lut, dit Biilkens, qui prernicremenl mit en usanre , iju'iin prince ^ 
seigneur , lant'fdt~il grand , ne poavoit mener au timnioitfue deux 
valets , afin de donner par ce moyen occasion aux eheualiers de 
moindre rang de s'exerrer ou.r armes. Il avait épousé, i". l'an 
1261), Marguebite, fille de saint Louis, qui lui apporta en 
dot la somme de dix rallie livres , et mourut en couches l'an 
1171; 2". l'an lay'i, Mahguerite, fille de Gui, comte de 
Flandre (morte le 3 juillet laSS ), dont il laissa Jean, son 
successeur; Marguerite, femme de l'empereur Henri VII; et 
Marte, tju'Amédée V, comte de Savoie, épousa. Il eut aussi 
cjuatre bâtards ; Juan, surnommé M^euvve, sire deDongelberg ; 
HaneEin , ou Jeannckin , dît de Mali nés ; Jeao Pyliser; et 
Marguerite, ^rnommée de le Vuere, 

JEAN II, DIT LE PACIFIQUE. 

1294. Jean II, fils du duc Jean I, était en Angleterre à (a 
cour du roi Edouard I , dont il éiait cendre, lorsqu'il apprit I3 
mari de son père. A cette nouvelle , il revint en diligence , et 
fut inauguré duc de Brabant h son retour. Il gouverna sage- 
ment pendant dix-huit ans. L'an iSia, le 27 sentembre, il 
établît le conseil souverain de Brabant par un diplôme connu 
sous le nom de Charte de Corlcnberg. Sa mort an iva , le a7 oc- 
tobre de la même année, au chiteau de Tervueren. Il fut 
enicrrc à Saintc-Gudule de Bruxelles. Ce prince avait épousé, 
le 2 janvier 1^94 i H*ttfii]ERITE , fille d'Edouard ! , roi d'An- 
gleterre (morte en i3iS) , dont il eut Jean, qui suit. Il eut 
aussi plusieurs bâtards. ( Voy. Us comtes de Hollande pour ses 
dallés açec ces princes. ) 



JEAN III , DIT LE TRIOMPHANT. 



^^Kia. JeU4 III, fils de Jean II, lui succéda , l'an i3i2 , 
^^TOFde treize ans. Il s'éleva, pendant sa minorité, des troulde 
lient plusieurs villes profilÈreni pour étendre leur llberlc. L'ai 
iSda, ayant donné relralle à Robert d'Artois , son cousin 
poùrjuivi parle roi Philippe de Valois, il s'attira , par le refn 
qu'il fît de le congédier , l'indignation du monarigue. Le roi di 
Botbbbe , Jean de Luxembourg, et plusieurs autres princes 
«cïi^ par Philippe , lui déclarèrent la guerre. On était sur li 
point de lui livrer bataille , le 'i mai de la même année i3^2 
mais le duc étonna ses ennemis par sa bonne contenance , di 
RiaDièrc qu'ils n'osèrent en venir aux mains. Philippe , enchanli 



I 



CfinOMOLOGIE HISTORIQUE 

't, le inantle à Conipiègpc, oi'i il fait la ^ ..^ 
pour b cimciiter , il ilonae en mariage la &.[e du r 
(le Navarre au fils du duc. Voulant lui m-ocurer une pleî 
salisfactlcin , le roi se porra pouf arbitre ae ses différents ai 
J'évèque de Liéee cl la pluparl des princes et seigneurs d^ 
pays-Bas. lyaisçélanl transporté pour cet effet à l'abbaye 
Koyal- Lieu, près de Co^ppiegne, il n'y rendit, le 21 juin iSSi^ J 
Cju une fspèce de jugpHipnl prépalaloire dont les princes conf^ ■ 
oéics ne ifureiif ii^I|cment satisfaits. £ MarlÈnc , ^m;)A coll.Z 
fuin. y, p;;g. 2UI. ) Ce ne fijt pas la seule occasion où tt 
iqonartjue inlerpcisa m médjiilioi! en faveur du duc de Brabaç;g 
L'an i33'i, l'çv^i]iie de Litige et le comte de Gucldre aya^X 
vendu au coipte de FL^ndi'o , Vifn la seigneurie, l'autre 1'» 
vouerie de MaUnes , le duc Jean s'opposa à la vente ( 
suzerain de Malînes. Il vit anss't°' s'^l'^ver cpqtr^Iui un 
velie confédération , composée de presque tous les mÊmes chd 

3ue la première, ^pcès quelques hostilités réciproques où II 
lie n'eut pas l'avantage , on convînt de s'en rapporter encon 
^ la décision du roi de France, ^es parties mandées à Amiens 
le roi prononça, le 27 aoi^t i6'-i^ , sa sejilence défiuitive si 
plusieurs articles débattus entre elles, renvoya celui de Malin^ 
a un plus ample eiamen , et mit cependant celle s 
sous ^ gardai ^o attendant sa décision. Mais comme elle taiV^ 
dait à venir , le d|ic de Brabant et le comte de Flandre s'accotV i 
lièrent) par traité du 3i mars i3.^6 (v. st.), à posséder eti' J 
commun ce q^i faisait l'objet de Ja querelle. ^ 

L'an 1337, le duc Jean, oiib!îî(nt les obligatipns qu'il avjft 
à la France , fc laissa entraîner daps ralliancé d'Edouard Ill'jj 
roi d'Angleterre , contre cette puissance. Maïs comme s'il n(i 
Feût fait qu'à regref , il n'agit que faiblement pour cet alli^l^ 
L'an i347 , réconcilié avec Philippe de Valois , il réussit iTj 
détacher les Flamands du parti de l'Angleterre. L'an i349 , K'M 
duc Jean obtient de l'empereur Charles IV des lettres- paient» T 
par lesquelles , après avoir défendu à toules les cours de juslicBiJ 
d'Allemagne de cifer devant elles les sujets du prabant pqwT 
aucune cause civile gu crimine||^, horsle cas de déni de justicc^M '' 
on remet k la décision dfs JMges, établis pjir le duc, la décision 
de tous les prqcès, où Ips Ttrahançons interviendront, soie 
comme demandeurs, soit comme défendeurs, «Voilà, <Iît _ 
« H, l'feHid , le dispositif principal de la fameuse boUe d'prifej 
« Bra|iaiU, ibnt l'çj^iension arliiirsiire, faile à d^s cas no^ pré-^B 
« vus par le li*gisb[enr, a donné tien ^ J^* plaintes sans notnlïi;^- 
» 11 fut, à la vérilé, s'ipulé, en 1648, par le traité de "West-a 
» plialic, que la di^te s'occuperait incessamment des moy^tMJ 
" de reraciiler à ces abus, et d'abolir mi.'nic, s'il se pouvait)|*4 



'. C|ui les occasionail : mais il subsiste en- 
, (;t il fqut bien qqe les remèdes qu'on a 
, pour en réprimer les abus , n'aient pas été bien efG' 
» caces, puisqu'on a laissé subsister , ilans les tiernières capilu- 
» lai ions impériales, la promesse de réfurnier les idius de la bulle 
» d'or de Brabant ". C'était l'altacbentenl ^ue le tluç Jean ti'^ 
moignait à l'empereur qui lui avait mécilé ce diplôme, et 
t'araour qu'il avait pour ses sujets l'avait engagé à le du'mandï^r. 
Ce prince magnanime mourut le 5 décembre, et non oclobre 
i3!>5 , à l'âge Je cinquante-neuf ans. Son corps f^t porté à l'ab- 
baye de ViTiers. Il avait épousé, l'ap '3';t, Marie, serondc 
fille de Louis, comte d'Evrei^j, ijérëdée |e 3o octobre i^i^S , 
après lui avoir douflé trois fils, nîbrts sans lignée avant leuir 
père, et Irois filles : Jeanne, qui suit; Marguerite, mariée à 
I.ouis de Mâle, copitc de Flandre; Marie, femme de Renaud fil, 
duc de Gueldre. Sous le règne du duc Jean , le commerce des 
draps élail frès- florissant à Louvain, et pn y comptait jusciu'i 
quinze mille tisserands- Butkens lui donne jusqu'i dix-sept bâ- 
tards , sept mâles el dit filles. 

_ JEANNE ET "UTNCESLAS, eue de LuxEMRODflp. 

i55. JEANT4&, fille du dur. Jean III, mariée, dès l'nt} 1^3^, 
lillaume, fils aine Ac Guillaume lil , corpte A<t llolUnde et 
iainaut; puis, l'an 1347, à Wenceslas, duc de Luxemboiirg, 
de l'empereur Charles IV", fut inaugurée duchesse de 5ra- 
banl , et marquise d'Anrers après la mort de son pare. Elle fit 
son entrée solennelle à Louvain , avec soq lIeuxi^roe éppui , te 
.^ janvier j356. Louis de Mâle, cqmte de Flandre, beau-frère 
de la duchesse, vqulapt revenir coptre le trailé que le cqmle 
Louis I, son prédécesseur, avait fait pour Favouerie de M^Iines 
avec Jean lU , di^c de Brabant, prend les armes â ce sujet. 
Bataille de Scbeut, près de Bruxelfes, gagnée, le 17 39))t i35G, 
par les Flamands sur les Brabançaps. La conquête de presque 
tout le Brabant ia\ |a suite de cette victoire. Mais en ppu de 
teii)s, le Jiic Wenceslas vînt à bout de réparer ses perles. L'ap- 
née suivante, on fit la pais le 3 juillet. Le duc et la duchesse 
rachetèrent par la cession de Malines; à quoi ils furent condam.- 
oés par le comte de Haipaut , choisi pour arbitre. Dans la couç 
plénièr^ que l'eqipereur Charles IV tint à Metz la m^rae année, 
aux têtes de Npël , Wenceslas , en sa qualité de duc de Braljant 
et de iD'irqnisdu Saint-lîmpire, dispula â Rodolplie IJ, duc de 
âaxe, le droit de porter l'épée impériale devant sa majesté. Le 
duc de Saxe l'emporta pour cette fois , et sans tirer â ronsér 
gueoce [lour l'avenir, par la seijle raison que Wenceslas n'avait 



fore 



J 



103 CHKOSOLOGrZ RISTOKTQCS 

pas entore reçu l'inveatilure îles fiefs de son duclié et de so» 
■ martjuisat. Les Icttri's de l'cDifiereur, expédiées à ce sujet , sont 
dalées lies noni's, ou du 5 janvier iSSy , stylo gatUr.aiio; ce t|uî 
revient à l'an iSSli; ( Mirons, Aiplom. Bel., liv. i , chap. 9G.) 
î/an iSyi , le duc Wcnceslas esi feit prisonnier, le aa aoûl, 
dans une bataille donnée à Rasweller, eonlre leduc de Julîers. 
( f^ùy. Guillaume Vil, dur de JutUrs. ) h'emperem- , son frère j 
le fail relâcher t année suivante. La même année , le duc Wen- 
ceslas s''étant fait adînger, le t-j septembre , nar les étals assem- 
blées à Corlenberg, une somme de 900 mille moutons, mon- 
naie de Vilvorde, pour éteindre les dettes occasionées par la 
dernii're guerre , cet inip6t causa , dans quelques villes, sur 1% 
manière île le percevoir , des disputes qui furent calmées par la 
prudence de Jran d'Arkel , évé(|ue de Liège. 

L'an 1377 , le duc de Brabanl s'étant rendu à Aixla Chapelle 
pour le couronnement de son neveu , Wcnceslas, roi des Ho— 
mains, y dispute au duc de Saxe le droit de porter l'ëpée impé- 
riale i celle cérémonie. Mais l'empereur apaisa la querelle en' 
faisant porter l'épée qui l'occasionait par Sigismond, son Âe^ 
cond fils, marquis de Brandebourg , âgé seulement Je dix ans , 
sans préjudice du droit des parties L'an iSy^, nouveau soulè- 
vement à Louvain , l'une des villes les plus séditieuses du Bra— » 
tant. Le peuple y souffrait impatiemment de se voir dominée, 
par les nobles. Un de ses chefs ayant été tué k Bruxelles, par \À, 
chevalier Jean de Keyser, il en prit occa'iion de courir aiit 
armes, arrêta tous les gentilshommes qu'il crut complices Je, 
cet alternat, les enferma dans l'Hôtel -de -Ville, et, le 18,. 
novembre, un me.rcredi, en fit jeter seize par les fenêtres, qulj 
furent reçus par les plus furieux du peuple armé , sur la noîntAi' 
lie leurs hallebardes. Le duc , qui était pour lors â Luxembourg^ 
élaut revenu au commencement de l'année suivante, se mit eO; 
devoir de punir cette rébellion. Mais les magistrats par Irur». 
soumissions, et révâtjuede Liège par ses remontrances, vinrent 
à bout Je le Héchir. Cetle indui)!;ence ne servit qu'à rendre plu# 
insolente la bourgeoisie de Louvain. L'an i382 , le duc , faiigué 
de ses mouvements séditieux, arrive, le 3 décembre, à la tOie 
d'une armée devant Louvain , dont il se dispose à faire le siège. 
Les opération! étaient déjà fort avancées, lorsque l'évoque de 
Liège survint dans le camp du duc pour se rendre inédiaicur 
tnire ce prince et ses sujets. On entre en conférence, sur la fin 
de janvier suivant , avec les députés de la ville , et la paix se fait 
à lies conditions, dont tes principales sont, que le peuple, 
tête et pieds nus, viendra demander pardon i* genoux au duc , i 
son entrée , qui se fera par la brèche , que les fortifications de 
la ville seront démolies, que vingt et un des chefs delà révolta 



DES TiVCS »B lOTHISR ET T>7. SBABANT. in'i 

sfronl bannis du Brabant à peTpéluité. Celle punition irrita la 
Corps lies lissi-rands, au poinl que la plupart quillèrent le pays, 
et passèrent en Anelelerre. Ce fut l'épuciue de la décadence de 
T^iuvain. Le duc Wi'nc^las mourut, sans héritier, à Luxem- 
bourg, le 7 décembre i3M3. I^ duchesse , sa veuve, prit en maiti 
les rênes du gouvernement. Ses troupes ayant fait, sans sou êveu, 
des incursions sur les terres de Gueldre, pendant rajjsenco du 
duc Guîllaunie , ce prince , à son retour, lui déclara la guerre. 
Jeanne appelle à son secours Philippe, duc de Bourgogne, avec 
promesse de le faire son héritier. Philippe lui envoie un corps de 
troupes sous la conduite de Giiillaunie de la Tréinndie, et lui 
procure de plus l'alliance du roi de France et celle .le l'empe- 
reur. Le duc de Gueldre sallie, de sou câté , avec le roi d An- 
gleterre, Les hostilité} réciprocjues durent l'espace de quatre 
ans. Nous n'en rapporterons qu'un seul événement , qui est sans 
doute le plus remarquable par son atrocité. L'an i3f)6 , la du- 



chesse de Brabant voulant s'assurer de la ville de Grave , 



ippar- 



àWannemaer, siredeCuyck, bon et fidèlel>rabançon, 
détacha en diligence , de concert avec lui , Jean , sire de Wit- 
tem, sénéchal de Brabant, avec des troupes, pour s'y loger. 
Cependant, Jean de Cuyek, fils de Wennemaer, qui avait 
épousé la fille Uiarde du duc de Gueldre, aidé de quelques 
gueidrois, refusa Tenlréé de la place au sénéchal. Il n'en resta 
pas là : suborné par son beau-père, il se saisit delà personne de 
son père, et, l'ayant inbumainetnent Hé et garrotté, il le fit 
conduire i Nim>gue , où le duc de Gueldre le tint quelque tem» 

firïsonnlûr. Pour mettre le comble it sa perfidie, Jean de Cuyck 
it hommage à son bean-père , et reçut en fief de lui la ville de 
Grave, qui relevait du duché de Brabant depuis liaS, et qui, 
selon Butkens , avait été possédée jusqu'alors en franc alleu par 
les sires de Cuyck. Enfin, l'an tîno, la pain se fait entre la 
Gueldre et le Brabant. ( Voy. Guillaume i , dac de Gueldre. ) 
La duchesse Jeanne, l'année suivante, par lettres du aH sep- 
tembre, déclara héritiers de toutes ses terres Marguerite, s» 
nièce , comtesse de Flandre , et duchesse douairière de Bour- 
gogne, et celui de ses fils qu'elle voudrait choisir. Mais cette dis- 
nositioD ne fut reconnue des étals que le 2^ septembre 140'). 
Marguerite jeta les yeux sur Antoine, son second fils, qu'elle 
fil admettre pour régent et futur duc de Brabant. Jeanne céda , 
le 7 mai i4o4i se» états à Marguerite, et survécut deux ans k 
celle donation , étant morte le i". décembre 1406. (Butkens. ) 
Son corps fut inhumé dans l'église des Carmes f à Bruxelles, 
ANTOINE. 
405. Ahtoine , second &ls de Philippe le Hardi , duc de 



• 



t 



* 



I04 OlROHOlOGlE HlfpTOtllQDE 

pllourgogne, et de Marguerite, comlesapdettanJrc, fut re 

duc de Brabant , de Licibourg j marqois d'Anvers et comte d8| 
Héthel, a^rha le décès de Marguerite, sa mère, arrivé le it 
mars 1 4<^5 ; mais il ne prit le titre de duc qu'après la mort de U 
duchesse Jeanne. L'empereur BolKrt voulut alors réunir le Bra<J 
liant i i'cmpirc comme fief vacant i mais les étals Je Crabant s'f\ 
opposèrent. L'inauguration J'Anlolnc se fit, le i6 décembr^l 
i4o6, k Louvain. L'an i4<0i il amena des troupes à Paris, aq(3 
secours de Jean , duc de Bourgogne, son frère , contre'la fac-, _■ 
lion d'Orléans. L'an 141 < 1 il devint, du chef de sa fenlme, duo|. 1 
de Luxembourg. L'an t4i^i 'e 20 octobre, il Tut tue a la bar ' 
Taille d'Azincourt, en combattant pour la France, Ce princ^ 
■nvait épousé, 1". le 31 février i4oa, .lEAWME, fille unique dâ i 
Waleran 111 de Luxembourg, comte de Saint-Pol, de laquell^ 1 
il eiiL Jean et Philippe, qui suivent ; 2°. le 6 juillet i4ogr, Eli-^ ' 
.SABETH , (ille unique de Jean de Luxembourg , duc de Gorlil; 
cl ntarquis de Brandebourg. 

JEAN IV. 



i4i^> Jean IV, Gis du duc Antoine et de Jeanne de Lunem- 
liourg, succéda, dans sa treizième année, à son père. Son inau- 
guration se fit à louvain, le i3 janvier 1416. Il épousa, l'an 
»4iS, au nrintems, à la Haye, Jacqueline, comtesse de Hol- 
lande cl de Hainaut, sa cousine, avçc dispense du concile de 
Constance, L'an 14^0, il commence h se brouiller avec son 
épouse , que Marguerite , sa mère , emmène en Haînaut. Les 
états de Brabant prennent le parti de la duchesse. Ils appellent 
Philippe, comte de Saint-Pol , frère du duc , et le nomment , 
le 28 novembre 14^0, luivard, ou régent; titre dont il exerça 

t les fonctions l'espace de cinq mois, savoir, jusqu'au 1". mai 
1421- Celte même année, au mois de janvier, le duc Jean, étant 
entré dans Bruxelles avec nn nombreux cortège de seigneurs , la 
plupart allemands, les bourgeois, effaroucbés à la vue de cette 
multitude armée, se jettent sur elle, en arrt^lent plusieurs qu'ils 
mettent en prison, et contraignent leur souverain â se renfermer 
dans son palais. Le régent accourt au bruit de cette émeute , 
rassure les bourgeois, et Ëiit trancher la ti^ie à plusieurs des pri- 
sonniers , presque sous les yeux du duc, obligé de dissimuler ce 
- qu'il ne peut empéeber. L'an 1 4^3, Jacqueline, après avoir tenté 
inutilement de faire casser son mariage avec le duc de Brabant, 
par le pape Martin V, s'adresse à l'anti-pape Benoît XIII^ 
en obtient ce qu'elle désirait. L'année suivante, dans les pi 
iniers jours de mars, et avant le 7 , elle épouse Humphroi, duc 
de Glocester. Philippe le Bru , duc de Bourgogne, et cousin du 



1 




"^ IftI îtÛtfS DB tOTatEH E* DE BRAïAïlf, 

ijitc de Brabant, se Uérlare hadCement conirp t 
Piivoie le coinle de Saint-^Pol , avec îles [roupes, en HuTuaut. 
Toule la nohiessse d'ArloU, de Flandre et de Picardie, prit en 
même tems tes armes |Hnif le duc de Brabant. Cenendant , le 
duc de GlocestflT avait emmené la duchesse Jacqueline en An- 
gleterre, oii il l*avail fait naturaliser. Il repasse la mer aveïella 
tt cinq mille anglais , au mois d'octobre ii-j.'if et vienl joindre 
la comtesse Marguerite, sa belle-mère, qui rassemblait de sort 
côté loutes les forces du liainaul , pour marclier au secours de 
eo fille et. de son nouveau gendre. Après avoir remporté quel- 
ques avantages sur ses ennemis, le duc de Gloccsler retourne en 
Angleterre, laissant en dépôt Jacqueline, sa femme, à Mons. 
l>es habilanls4a livrent au duc de Bourgogne, entre les inalns 
du prince d'Orange, qui la cunduil à (iand. Elle s'ëctiappe 
déguisée en homme , et s'enfuit en Hollande. I-e duc de Rour- 
gogne l'y poursuit « gagne plusieurs victoires , tant sur elle que 
ear les Angtais , et force enfin le doc de Glucesler à s'en rap- 
porter au jugement du pape sur la validité de son mariage. Le 
pape le déclara nul. Tout cela se faisait sans que le duc de Bra- 
bant y prît part. L'an 14^5, Il passe en Hollande, y est inau- 
guré comte , et s'en relournc en Brabant. La même année, il 
obtient' du pape Martin V une bulle datée du tj décembre, pour 
réfection de l'université de I.ouvain, à laquelle il accorda de 
grands privilèges , par son diplôme dalé de Bruxelles , le 7 no— 
■"rembre de l'an 1 ^s.'i. ( Marten. Aiierd. , tom. l , chap. 1 ^69. ) 
^est tout ce qu'il a fait de mémorable. Mais cet établissement ^ 
r les biens înfmis qu^'il a produits, suffit seul pour l'immorta- 
B connaissons point d'école qui ait plus fidèlement 
conservé la doctrine et le langage des pères , sur le dogme et la 
morale jusqu'à nos jours. Sans les lumières qu'elle a répandues , 
sans le zèle que ses divers membres ont employé pour garantir 
les peuples du poison de l'hérésie , peut-être la religion catho- 
lique serait-elle entièrement éteinle dans les Pays-Bas. Le duc 
Jean mourut le 17 avril de l'an 1427 ( et non 14^*5; 
marquent des modernes ) , à Bruxelles , à l'âge de vingt-quaira 
ans , sans laisser de postérité. Son corps fut inhumé à Tervue— 
^Krem, près de Brunelles. L'auieur anonyme de la chronique des 
ducs de Brabant, publiée par Antoine Mathieu , dit que , le jour 

Iàe sa mort , qui était le jeudi-saint , il fit dire , en sa présence ^ 
jtreute-lrois messes , qu'il entendit fort dévotement.- Il emporta 
bans le tombeau le titre de père des pauvreâ, qu'il avait mérité 
bar ses abondantes aumônes. 
I 14» 



^^^Hber 



\ 



PHILIPPE I. 
1437- Philippe , deuxième (ils du duc Antoine 
XIV. 1 



comte de 



lb6 CHRON. HIST. DBS DUCS DE LOTHIER ET bS DRABAT^^ 

Saint~Pol et de Lîgni, devintlduc de Brabant et de Limbourg 
par ia/inort de Jean IV, son frère , i laquelle il avait assisté. Son 
inauguration se fit le 23 mai 1427* Ce prince mourut sans 
alliance , à Page de vingtncinq ans , le 4 août 1 4^0 , selon les 
historiens, le i5 octobre 1429 ^ suivant un r§gistre du parle-*^ 
xnevt. 11 était sur le point d'épouser Yolande , fille de Louis 
d'Anjou, roi de Sicile , à laquelle il était déjà fiancé. A la mort^ 
il reconnut deux bâtards, qu'il avait eus de ses maîtresses, 
Antoine et Philippe de Brabant. M. Dujardin le confond avec 
son prédécesseur dans les éloges qu'il lui donne. Après sa mort, 
.Philippe le Bon , duc de Bourgogne , fut reconnu duc de Bra- 
bant par les états du pays, contreles prétentions de Marguerite, 
comtesse-douairière de Hollande, qui voulait l'exclure , comme 
héritière plus proche du sang. Cette princesse était en effet sœur 
de Jean 'sans-Peur , due de Bourgogne, et d'Antoine, duc de 
Brabant ; mais son compétiteur av^it l'avantage sur elle d'être 
fils de l'aîné de sa maison. ( Voyez la suite des ducs de Braèant , 
fiomù les ducs de Bourgogne et les comtes de Flandre* ) 



:hronologie historique 



I 



DES COMTES 



DE LOUVAIN OU DE BRUXELLES. 



I pas des çlua 



LiS comté (leLouvain, qui tire son nom de sa capitale, ne 
contenait, dans son origine, que le territoire de cette ville 
l'une des principales de la Belgique, 
anciennes, puisqu'il n'en est iâit nien 

fois c]ue dans la chronique de Reginon,sur l'an èH^. Les 
Kormands , cette année, l'ayant prise, la fortifièrent d« 
haies et de palissades a leur manière et s'y maintinrent pen- 
dant deux ans, malgré les efTnrls que.iîrent les généraun de 
Charles le Gros pour les en déloger. C'est ce que raconte 
#Sigel)ert, qui les fait sortir de là, en 887, pour aller faire lii 
siège de Paris. Mais il est certain que ce sîége fut commencé 
en 68S. Il faut donc avancer, au moins de deux ans, l'ir 
■'«je Louvain , faite par les Normands , ou la reculer d'u 
espace de tems. Quoi qu'il en soit, l.ouvain , après la r 
de ces barbares , se repeupla. Le plus ancien comte de L 
qui ait échappé à l'oumi, est, suivant les n ' 
Lahb^ht, qu'ils font le premier de son nom et dont l'exis- 
tence n'est appuyée que sur un diplôme d'Ollon I , roi de 
Germanie , dnié de l'an 948 , et publié par le JA'ne. ( Dipiam. 
Bâlg. , I. 1, p. 4iO I-c monarque y déclare, qu'à la prière d« 
Guiltcrt, fondateur de l'abbaye de Gemblours , il a conféré 
l'avnuerie de ce monastère à Lambert, comte de Louvain , 
homme vaillant et belliqueux : Dedlmiis iidiiocaliaui ips'ius ai- 
batiiz. de Gemblouei Lamberlo comifi Laoaidetiii, vira JorU ac 
Mliroso. Mais ce diplôme porte une foule de caractères qui le 
rendent très-légitimement suspect , et qu'il serait trop long de 
marquer en détail. Nous nous conlenlerons de relever les sui- 
Tfuits. 1°, Le roi' de Qerma^ie y déclare que s'il arrive que le 
mie de Lonvain ait avec ses pairs quelque guerre qai l'in— 
e persaunellement et priva t i vemenl , il doit la faire à sec 



I 



tTS -THRO'SaUMTlS BtSTORIQUf 

vers le mois d'août ia3K. Henri laissa Je N. , sa femme, ua*' 
fils, qui suil, avec tcoîs filles, Adélaïde, Ciinégonde ei Adèle,' 
nommées dans la généalogie de saint Arnoul. Baiidoiain 
d'Avénes s'est mé]jris dans les siennes en donnant à Henri I' ~ 
les enlant» Ue LamWrl , son père. ' 1 

orroN. 

io38. Otton n'est connu pour fils et successeur de Henri 
Que par le Icmoignage de Sî^ebert , co(>ié par Albéric , sous 
Pan io38, ea cfs \Kiiavs : Jle/tricus t.ovanieiisis comes donii su» 
perimilur à eapiivu Hrrmauno , eù/ue sucredit Jiiius saus Ol/ui , 
cui îmmalurâ murte pieoento sttrcedit patruus ejus Baldiicux t/uîi 
el Lumberlus- On voit par -là cju'Ollon survécut peu à son 

piTC. 

LAMBIÎRT II. 

1040 ou environ. I.ambeht II, Oit aussi Baudci, comme 
un vient de le voir, fds de Lambert I, f«l le successeur d'OtloOi' 
son neveu , au comté de (^uvain el dans l'âvouene de Gem-*' 
btours. L'an 1047, le iG novembre, il fit transporter, de 
l'église de Saint-Géri à Hruieiles, le corps de sainte Gudule, 

Far Gérard , évoque de Cambrai , et fonda une collégiale dans 
église de cette sainte. L'ati iul>3, il signa, le 21 septembre, 
une charte de l'empereur Henri IV, en faveur de l'église de 
Sainl-Servais de Maastricht, f est le dernier trait connu de sa 
vie. Il avait épousé Oi<£, fille de Golheloo le Grand, duc | 
de Lorraine, dont il laissa Henri, qui suil; Rainier, tué, I 
suivant Butkcns, l'an 1077 , dans une rencontre an pays d'Has- 
Laye; et Adélaïde , m.ipée, i*^. suiianl l'annaliste sanon , à 
Otton d'Orlamunde , margrave de Misnie et de Thuringe ; a*. 
à Ce don , marquis de Lusace. 

I HENRI H. 

10G2 au plut/il. Henri H succéda, l'an 106a, au plnlAt, 
à Lambert, son nère , dans le comte de Louvain . l'avouerie de 
Gemblours et celle de Nivelle. L'aa 1071 , il marcha au secours 
de Richilde, comtesse de Hainaut, sa parente, contre Robert 
'le Frison. 11 vivait encore dans l'automne de loyS. Adèle , ou 
Alix, son épouse, fille, comme le conjecture Butkens, 
d'Ollon, marrjuis de Thuringe (iporle en lotiË) , lui dnnna 
Henri et Goddroi , qui suivent , Adalbéron , qui devint évoque 
rie Liège en iia)^, avec Ide , maries. L'an 1064) ^ ]Iau- 
'n n, comie Je Hainaut. 



l^ES COMTES DE LOUVAIN OU DE BBJDXELLES. II X 

HENRI m , DIT LE JEUNE. 

1075 au plutôt. Henri III , fils aîné de Henri II et son 
^ Successeur au comté de liOuvain , fonda , l'an 108Ç , Fabbaye 
9 d^Afflighem , près d'Alost, au diocose de Cambrai, maintenant 
• (1785) de Malines. Dans la charte de fondation , rapportée par 
Butkens , il se qualifie comte et avoué du pays de Brabant. On 
le qualifiait aussi comte de Bruxelles. L'an 1096 , sur la repu* 
tation (le valeur qu'avaient Everard , châtelain de Tournai, et 
ses chevaliers , il vient dans cette ville en bon cortège pour pe 
mesurer avec eux. On fil un tournoi dans lequel Henri pro- 
voqua le chevalier Goswin de Forosi au combat singulier. Ce- 
lui-ci , par respect pour Henri , qui était son suzerain , s'ex- 
cusa d'accepter le défi dans la crainte de le blesser. Henri in- 
siste, le traitant de lâche et de poUron Goswin, à ces mots, 
pique son cheval , court sur lui la lance en arr^t , la lui passe 
au travers du corps, quoiqu'il n'eût intention que de le désar- 
çonner. Henri tombe roide mort du coup , dit Heriman de 
Tournai, auteur contemporain. D'autres prétendent qu'il sur- 
vécut deux jours à sa blessure. Quoi qu'il en soit, il fut extrê- 
mement regretté de son peuple , qu'il faisait jouir d'une pleine 
sécurité par son zcle pour faire observer la justice et par le soia 
qu'il avait eu d'exterminer de sa terre tous les brigands. Son 
corps fut porté à Sainte - Gerlrude de Nivelle pour y être' 
W inhumé. (Sigebert, Chronogr, Heriman^ Tomac. Giselb, Montens,) 
11 avait épousé Gertrude , fille de Hobert le Frison , comte 
e Flandre , dont il ne laissa point d'enfants. Sa veuve épousa 
n secondes noces Thierri d'Alsace , duc de Lorraine , dont 
elle eut , entr'autres enfants , un fils de même nom que son 
père , qui fut comte de Flapdre. 

GODEFROI, DIT LE BARBU et LE GRAND. 

1096. GoDEFaoi, dit LE Barbu et LE Grand, succéda à 
Henri, son frère, dans le comté de Louvain. L'an 1099, il eut 
une contestation avec Otbert, évêque de Liège, pour le comté 
de Brugeron, qu'il fut obligé de déguerpir en faveur du comte 
de Namur, par sentence d'arbitres. L'an iioi , il suivit l'em- 

Sereur Henri IV au siège de Limbourg. Il quitta depuis le parti 
e ce prince pour s'attacher à son fils Henri V, révolte contre, 
lui. L'an iioG, Henri V, ayant dépouillé Henri 1, duc de 
Limbourg, du duché de la basse Lorraine et du marquisat 
d'Anvers, revêtit Godef roi de ces deux bénéfices. (Voy. pour 
la suite les ducs de Lotliier 9 ou de la basse Lorraine , tt de 
Mrabant.) , 




CHRPNOLOGIE HISTORIQUEJ 



COMTES ET MARQUIS DE NAMUH. 



__ «ut u 

^^1 on te 
H duc, 



J^E comté 011 marquisat de NAmun , silué entre le Haiiiaut « 
le Brabanl, le Luxembourg et le (lays de Liège, n'a présen- 
tement (178S) que douze iieucs de longueur, sur un peu moins 
(le largeur. Sa capitale, d'où il lire son nom, est située sur la J 
Sambre et i câté de la Meuse. Elle 3 été érigée en évèché s 
fragant de Cambrai, l'an iSSq. Les aulres villes Je ce comlé 
soolBouvîne9,Cliarlcinonl, \alcourt, Thil-le -Château el Cliar- 
leroi. BÉRlîl'GEii est le plus ancien comte de Namur qui paraisse 
dans rbisloire. Ce pays faisait alors partie du comté, beaucoup^ 
plus étendu, de Lcmme, Pagas ou romitatus Lommeimùi , dont g 
Bcrenger prît le titre. Il est fait mention de lui sous 
dénomination pour la première fois, dans un diplôm 
roi de Germanie, Louis iV, en faveur de l'évoque de Liège; ' 
litre daté de l'an 908. {Oall. Çlir. , l. ITl , Inst. c. 146. ) L'aa ] 
ç)24i il secouru! le comte Boson , dans la guerre qu'il 
contre Giselbprt, duc de Lorraine, frère de sa femme. Ayant J 
lait celui ci prisonnier, il le remit incontinent en liberté , stt 
cunleiilanl (le retenir en oUge les enfants de Rainier II , 
comte de Hainaut, frère du ^luc Giselbcrt. ( Toy. Gislebert , 

de Lurroine. ) La pain se Bt alors par l'entremise de Henri, 

roi de Germanie. Bérenger vivait encore l'an cjis. , comme ! 

on le voit par un diplôme de ce roi. N, , son épouse, que \ 

modernes nomment Symprobienne, tille de hainier 1* 

de Lorraine et comte de Hainaut (vivante en 924)1 lui 



jfils, 



qm 



CHROK. HIST. DES C0MTÏ5 DE HAMCa: 



UODIil' 1. 



j pliilûl. Robert, fila ei successeur de Bôrenger au 
e Loriitne, fui U[i tics seigneurs , suivant Flodoard , 
Ee l'aichevf'igLie Britnou , archiduc îles Jeux Lorraines, eut 
itlepcineà réiluire. Le pritice ayaol publié un édit pour 
: ilélruire les forteresses qoe la noblesse avait élevées sans 
l'ordre du souverain , hobert se aùt à la t^ie île ceux qui s'op- 
posèrent à Pe.iéculion de celte loi. ( Floduii'd , ud aiiii. 960.) 
On de sait ni l'aniiêe de sa mort, ni le nom de sa femme , 
«loni il laissa un Ëts, qui suit. 

ALBERT I. 

r I, fils de Robert auquel il succéib, prit le parti, 

Ï973, des enfants de Rainier III , comte Je Hainaut, que 
TârcniducBrunon avait dépouillés de ce domaine, et leur envoya 
des secours pour le recouvfer. Ori ne sait pas combien il vécut 
depuis celle époque. LHNEnGAKDE, son épouse, fille de Charles 
iè France , duc de la Lasse Lorraïue , lui donna detïï (ils , qui 
Jiïvâni! , et deux filles mentionnées dans la' gédéalogié de saint 
ihoul : Hatvide, femme de Gérard d'Alsace, (fac de Lor- 
; et Euime, éfiouSc de Gisleherl, comte <îe Loss. Le P. je 
^rne donne à Alherl encore deux filles : Ermengarde, qui 
hjïa'Ofion , comte df Cliini ; et Gode, ou iVlarguerile, dont 
oHnalt point l'époux, quVllé fil pèi'e d'une Clle qui 
e jour ^'saint Arnuul dâ SoissonS. 

KATBODE, OD ROBERT IL 

f RaTbodb, on Robert U, fils d'AHjert et son snecesseur, 
% du secours à Lam^bert , romie' de f^ouvain, beau-frère 
de sa mère, ronire Baldetii; Je fi^ss , évfque de tiége, et 
combattit pour lui à la bataille de Tirtcmont, ou plutôt de 
Hoiigarde, près Tirlfimont, donnée le 10 octobre ioi3, où il 
fit prisortnier Herman , comte de Verdun , frère de liodefroi IH, 
duc de la basse Lorraine. H encourut par-la l'inimillé de l'em- 
pereur Henri li. Hais , par le conseil d'Ermengarde , sa mère, 
ayant rendu la liberté à son pri-sonmer, il regagna les bonnes 
gr3ces de l'empereur, et acquit un ami dans la personne du 
comte de Verdun. On ign'ore l'année de sa mort. Ralbojft 
avait un fils, dont parle l'histoire des miracles Je saint Gen- 
hil {Bollantl. die 1 1 maît, t. II , p. 6S1 , n. i5) , qui est peut- 
> Albert , qui suil ; mais la généalogie de saint ArnouL qui 
XIV. i5 



^^^Hul (BoHartd. 
^^Ko Albert, r 
^^■^ Xl\ 



CBnoKOLor.iE nisTOniQiiE 
ne nomme point RatboJe , le donne à Albert 1 el à F.rr 
sarde. 

ALBERT II. 



1 fi'ère . 



' ItaibnJp 



[lùur cmpér.lierl 



Albert II, filx et i 
11 clait .déjà célèbre par des aciii 
■I s'éln'it joint à J.am!)erl, canile di 

Godefioi 111 (le sfi mftire en possessinn du dui^lié de la basse 
Lorraine , cjne IVmpereur Henri II lui avait donné. Cette 
guerre dura t'espace de dorise ans. ( l'o/. Gndefroi MI.) Une 
ancienne chronique (Bouquet, t. XI, p. 17a) dit nu'il fut 
tué, te i5 novembre de l'an 10,^7, près de Barle-Duc. eà 
combatlani pour l'empereur Conrad 11, contre l'udes, romlé 
de Champagne. Il avait épousé Ragelikde, (illc de Gothe- 
ion I , duc de la haute cl de la basse Lorraine ( el non pu 
Erniengarde,fdle de Charles de France, frère du roi Lolliaîit), 
dont il eut deux fils, Albert, cjui suit, et Henri , comte de 
Durbui. 

ALBERT IIL 

loSy. Albert III, fds d'Albert II, lui succéda en bas 3ge 
imis la tutelle d'Ermengarde, son aïeule. Celle princesse mourut 
en io44> lorsqu' Albert avait à peine atteint 1 âge de majorité. 
L'aa 1047, Albert lit «s premières armes sous l'empereur 
Henri 111, dans la guerre que ce prince eut avec le comte dfi 
Flandre. Il Taccompagna, les années suivantes, dans les diffé- • 
rentes eupcdilions qu'd fil en ce pays-l^, jusçiua la jpaix qui 
fut conclue en loSt!. L'an 1072, Albert prit la défense d^^^ 
Richilde, veuve de Baudouin, comte de Ebndre et de liainaut^^V 
contre hohcrt le Frison , el combattit pour elle à la famens^^^ 
jonmée de Broqucroic, où Robert fut vainqueur. L'an 1076, 
après la mort de Godefroi le Bossu , duc de Lorraine , il aida 
elEcacement Thîerri, évêque de Verdun, à se remettre en 
possession de son tromié, dunt ce duc avait eu la jouissance. 
L'éïèque, par reconnaissance, l'établit son vicomte. L'an 1086 
(et non 107S, comme le marque le P. Anselme), il défendtc 
i'évÉque de Verdun contre Godefroi de Itouillon, qui voulait 
reprendre ce comté pour en jouir comme avait fait son oncle 
Godefroi le Bossu. Il alla mOme, à la téie des vassaux de l'é- 
vêque, attaquer le château de Bouillon, sur lequel il avait des 
prétentions du chef de sa fenuue, et dont Manassés, archevêque 
de Reims, lui avait promis, comme haut suzerain , l'invesli— 
turc. Mais Godefruï, dans une sortie, battît le comte et fit 
beaucoup de prisonniers, du nombre desquels fui Henri, 
comte da Grand-l'ré. Celui-ci , ayant recouvré sa liberté , se 



DES COMTES DE NAMTTR. 



la engager par 



le du. 



S Venlun . 
ce pays par la garni: 
^Thierri, qui gouvernai 

bU (les troupes aiixilia 
comte (le Namur et le ci 
l devant cette 



1 faire des incursions sur le fcrritt 
Goi^ufrcii, de son côlé, faisait rav: 



qu'il 

it touji 



,ger 
t mise au château de Sienai. 
l'église de Verdun, aîsem- 
\?te desquelles étaient le 
de Tout , lit assiéger ce château , 
imbat dont le succès fut 



I • Ch.r 



incertain. L'évoque de Liège sVlanl rendu médiaieur entre les 
parties liellig^ranles , parvint à les accommoder vers le com— 
BiencemecU de l'an loog. {Lauitnf. Leod. Hist. Episr. Virâun.") 
Albert mourut au plutôt en iio5. (De Marne, Hist. de Na- 
itiur.) Il avait épousé Ide, ou Reijuoe, fille de Bernard, duc 
de Saxe, cl veuve de Frédéric, duc de luthier, de laquelle il 
euç GodcTroi , qui suit; Frédéric, évéque de Liège; Henri, 
comte de la Roclie, en Ardennes : Albert , ou Alberic, mort en 
Asie ; Ide , première femme de Godefroi le Barbu , duc de la 
basse Lorraine ; et Ali», femme d'Otton 11 , comte de Chini , 
et non de t'olmar, cooiIc de Metz, comme le marque Bertel. 

GODEFROI. 

plulfll. GODEFHOi, fils aîné d'Albert III, devint 
successeur après avoir été son collègue pendant l'espace de 
iq ans ; car un voit qu''il prend la qualité de comte dans une 
charte d'Ermesinde, sa femme, de l'an iioi ; ce qui suppose 
qu'il avait été associé dès ce lems-là au gouvernement par le 
tcomie Albert, *on père. (Hist. de JVamar, p. iJy.) Godefroi 
'fut un des plus zélés partisans de l'empereur Henri IV. Lorsque 
ce monarque , poursuivi par son fils dénaturé, se fût retiré à 
Liège , Godefroi lui amena des troupes pour l'empêcher d'être 
forcé dans cet asile, fxt jeune Henri ne tarda pas en effet d'en— 
»oyer des troupes pour attaquer la ville de Liège. L'évéque 
OlDert venait de célébrer la cène du jeudi-saint , lorsqu'on lui 
annonça qu'elles venaient de s'emparer du château de Viset, sur 
la Meuse, entre Liège et Maëslricht. A cette nouvelle , le comte 
de Namur , secondé par le duc de Limbourg el son fils , se met 
à la téie des IJéscois et de ses gens, court i l'ennemi, el, 
l'ayant attaqué à la tête du pont de Viset , en tue une partie , 
et met en fuite l'antre, qui s'étant jeté sur le pont avec Irop de 
précipitation pour le repasser, Tenfooija par son poids, et fut 
presque entièrement noyée. (Voyez Olberl, évêque de Liège.') 
fiodefroi , dans la suite, défendit Frédéric, son frère, élu 
évêque de I.iége en iiig, contre Alexandre, son compétiteur, 
et l'alfermit sur son siège. 11 fonda, l'an 1121, l'abbaye de 
Floreffe pour des Prèmonlrés, ea considération de saint Nor- 



U6 r,HIIO!tOL0Gie BISTOniQQB 

Ijert, soij atni. L'an ii36, t1 prit quprelle avec Gode froi ttf 1 
Sarbti , cAinte de Louvaiii et duc de l.olhier, son beau-frère «, 
au sujet i|r l'électiuu d"un nouvel abbé de Gemblours. 
choses allercut si loin, que le coiole de N'ainur, ayant [ 
\et 9^naes, rentra dans le Brabant, assiégea la ville de Gem.-^ 
blour^, et y jeta desinalièreseflliammées cjui la réduisirent près* | 
(jveeiilièremenl en cendres, sans (ju'il pût nédnmuins s'en rendra \ 
nmitrr pour lors. Mais étant revenu peu de tcms apn'-s devant 1 
la place avec le comle de Hainaut, son gendre, il l'empoclv- j 
d'asaaut , et en abandonna les habilaiits, ainsi que t'aboaye^ I 
k la fureur de ses troupes. I.'ao u^g, Godefrai de Namur 
se relira dans l'^lbaye ae Floreffe, où il mourut le iç[ 
<je la Rj^me année. H avait épousé, vers l'an loSS, en premifrat. '' 
noces, Sibylle, fille et héritière de Roger, comle de Ch3-< | 
l£3U-Vorcien , qui le quitta ensuite pour donner sa main ik , 
Eogueraiid de Boves , comte d'Amiens et sire de Cooci ; source- i 
(le g^e^re entre ces deux seigneurs et de malheurs pour leur» j 
sujets. (Vov. Us sires de Coucî.^ Sibylle avait fait Godefroi pèr« 
de deux IiIIl-s : ËlisalieLh, mariée, i"- à Gervais, comte de i 
Kéthel ; 2". à Clerembaud, et non Roeer de Kosoi ; et Flan- ] 
drine, mère de lingues, seigneur dAnloing et d'Epin» 
liB3iBSi?<i)E:, ou l'.RMRNSOiJ, Glle de Conrad I, comte 
Luxembourg, veuve d'Albert, comte de Dagsbour^, sa second» I 
femme du vivant de la première, morte le a4 juin ii43, Ol.^ 
inhumée auprès de son mari, lui donna Henri , qui suit; Ail 
niQrt avfnl son pt^re; Clémence, mariée à Conrad, dut 
Zeringea; iiéatiix, femme de Gonthier ou Guilier, comlH 
de Rethel ; et Adélaïde, appelée aussi Ërmengarde, femma 
de BauJoutn IV , dit le Bâtisseur, comte de Hainaut. 1 
M comte de Mamui-, dit le P. de Marne, ne fut plus 
ji de ses sujcU que Godeiroi. Il les (fouveinoit avec une bontA | 
ii et une modération qu'on ne devoit pas attendre d'u 
« ractere aussi impétueux que le sien ». Guîbert de Notent 1 
(liv. i,dc vUa sua, c. 3) dit qu'il était aussi beau princ« j 
(ju'il étïii bon. 

HENRI H. 

L'an nSçf, HENBidevimle successeur de Godefroi, sDnpére, 1 
au conaite dJé Namur. S'étant brouillé, l'année suivante, aveo ^ 
Adalbéron, évétjuc de l-iége, il attaque à l'improvisie la ville d^'l 
ïosse , daiii,le pays de Loaune, qu'il livre aux flammes et àm I 
pillage, (^.iiictar. Gemilar,) Celle ruplure n'eut point de suites 1 
car nous voyons qu'eu i i4i ■ la paix était faite entre le coml» f 
et le prélat, puisc^i' Henri fut un des alliés d'Adalbérun, dan», j 
Veipédition qu'il ht cette anaée , pour recouvrer le château d^ ] 



^r ~ SES COMTES D^ KAMUK. tlj 

Hnwlloo, fisiiri>^ sur .wri rglise par \e comte de B«r>le-Uiic. 

^H|IM''aut rcs {iroucssi^a .juil tit Jaiis cette expéililion , Oilles 

^KPrval rapporte <]ue, vnulanL ilétruire un moulin cjui était à 

^WH^ dei uBiégés, il Mula h cheval dans la rivii-re, à la t^ 

^n ses gens , pour couper h digue qui arrêtait les eaux ; ce que 

^H^'ant les assiégés , trois d'entre eux lancèrent chacun un trait 

^■ir son ctieval , «ju'ilg renvcrsèrenL dans l'eau , avRc le cavalier, 

Hfeis ses eetis le relevèrent aussi) At, vt , ani-nés par ses «hor-^ 

B|lioj>a, ils vinrent à bout de rendre à la rivière son libre cours, 

^■^'empèclier, par-là, le moulin de tourner: car la rivière 

^H^ëUit le Semois] était trop petite pour le faire mouvoir sans 

Hutlice. L'empereur Conrad ayant donné, l'an it45, au comte 

^wuri, l'avouerie de Çalnl-Masimin de Trêves, il prit la défense 

^b celte abbaye contre l'arrhev^que Adalbéron , qui voulait 

^■laquer son exemption. Ce JifTérent, qui oecasiona une guerre 

^B^vive entre le comte et le prélat, fut terminé a la diète de 

^bire par un dipidme Je Cuiirad , daté du 4 janvier 1146. 

HKuy. its An:hin>. de l'i^s.) L'an ii49i suivant Lambert 

^B^ai«rloi, ou ii5<i, selon un manuscrit des annales d'Anchio, 

^Ktidouin le Bâtisseur, comte Je Haiuaut, étant en guerre avec 

^Hierri d'Alsace, comte Je Flandre, implora le secours de 

^■enri, son beao-frèie (et non son bcau-p^n-, comme dit Wa- 

|bto3), qui lui amena des Iruitnes, avec Henri , évêque de 

^pMége, pour empèclier le comte de Flandre Je ioi'lîGer le châ- 

l«au Je Caiihautin; mais ce fut inutilement, <:t ils se relirÀrent 

avec la confusion Je n'avoir pu réussir. (Bouquet, tnm. XllI, 

pp. ïi(>:i--j'6j.') L'an iiSi , suivant la chronique Je Lnbbes, le 

eontte Henri renouvela ses entreprises sur les tern's Je l'église 

de Liégi!: mais il tmnva dans Henri de Lcyen, qui la gouvernail, 

alors, un adversaire vigoureun , qui arrêta les efforts de son 

ambition. Il arriva, dit un auteur du tems {Aurlar. /4/fiighem.), 

que ses troupes s'élant jetées sur un village du Liégeois, nonimé 

Hoylon (aujourd'hui Hollogne), un des che& mil la main s^p^ 

l'évéque, qui se trouvait là pour le faire prisonnier. Mais la 

prélat ayant v.n l'adresse ou la force de lui échapper, on en vint 

nnibat sanglant , dont l'issue fnl l'incendie de l'église et 

grand nonibre de personnes qui s'y étaient réfbgiees. Ce 

eut sa revanche bienlât après: étant tombé sur lui, la 

premier février de l'année suivarile, il le battit à plaie couture, 

dans la plaine d'AnJentke, sur la Meuse. L'an ii5â, tandis que 

^ eu en Italie , où ses affaires l'avaient appelé , il protite 

alisente pour recommencer ses hoslililés. Mais le comte 

e Duras, marécnal de l'église de Liège, pour le rappeler chez 

î, va faire le siège Je INamur. Henri , déconcerté par cette 

rersion, prend le parti de faire la paiï. (Voy. les é-ét/aes de 



t 



IlO eUBONOLOClE lltSTORIQUR 

Liège.) L'an (i63, se voyani sans enfanls,el n'en êspérani ploÂl 
de sa femme IiADR£i4CE, il dispose , au mois de Juin, Je toussera 
doioaines , en faveur de Baudouin , son neveu, nls et hérilier dff' J 
Baudouin IV, comte de Uainaut, ne s'en réservant <]u 
fruil. Laurtnicc étant morte , ou s'^lant retirée dans un monas 
tère, connut: le dit Gilbert de Mons , Henri épouse, 
ii6(j (i)i Agnès, fille de Henri, comte de Gueidre, Le but d 
ce mariage ctait de retirer des mains de l'empereur la 
Maê'sl rient , [ju'il avait engagée pour seize cents marcs d'argent ^^ 
laquflle somme le comte de GuelJre s'obligeait de rendre ; maiÂf 
ayant inan(|iié à son engagement, Henri renvoya la princesse aii^l 
bout de quatre ans, sans qu'il eut habité avec elle maritalement^ I 
Godefroi , duc de Branant , formait contre le comte HenrI'T 
certaines prétentions, qui, en i [Ëq, furent le sujet d'une guerre,- 
dans laquelle celui-ci eut pour alliés le comte de Haîaaut et- 
son fils, qui lui procurèrent une paix avantageuse. L'an 1 172^ 
le jeune Baudouin, nouvellement comte de tLiiiiaut, secouruC'J 
etlicacemecit le comte Henri, son oncle, dans la guerre (|uH|_ 
ent avec le duc de Limbourg. (''o^- Henri III, duc de Limtourg.y't 
Baudouin ne servit pas un ingrat; et, l'an 1 17b, il trouva da 
le comte de Namur , un allie fidèle contre Jacques d'Avâm 
avec lequel il était en guerre. {^Gisleb. Monl.) Henri, depuis 
lang-tems, n'avdil qu'un œil, dont il vît: il le perdit, l'anitHs^' 
dans une maladie qu'il eut à Luxembourg. C laid, ) De là le surJ 
BoniiV Avfiigle qui lui fut donné. Attaqué, l'an iiSS, parle dudi* 
deErabanl, ile$t puissamment secouru parle comte de Hainau' '' 
son neveu. (Voy. Baudouin V, comte de ISahiaut.') Il devi 
père, l'an 1 if^b, contre son allente, d'une fille, que sa serondi 
femme Agnès lui donna. La naissance de cet enlânt, à 
donna le nom d'Jiirraausette , ou Ermenson, cbangea les dispoi^ 
silions du père à l'égard du comte de Hainaut , son nc-veu ~ 
L'an 11^7 , il fiança sa fille avec Henri 11, comte de Cham 
pagne, en promettant de la faire son héritière universelle, Bau- 
douin , pac- là frustré du fruit de la donation que son oncle liû 



(0 Gilbert de Moi>i placer 

I qua le comte H^iiri reprit Agi 

pendant quinze aiu , ce t|iii su 

L porterait à l'année iit>5 ou 1 1 

^^^_ jiour di^s années i ne empiètes 

^^^ ne volt le comte de Haiuaut, 

^^H liage I s'unir d'intérêt avec II 



3 vague 



'prit A gnèi en 1 185 , aprèf 
t|iii suppoterail ([u'd 1' 
'avait gardée qi 
porterait à l'année ii65 



piétés. Ce qu'il y i 
itt de Haiuaut. qui devait voir d'un mau- 
il'intfrit avec le comte ie Namur, que 



\li sépara d'el 

nanaee» . 
ud le compte de Gïlbei; 



-, mil c. 
c la &n ^ 



tirs COMTE! DE NAMUB. ■nft§' 

avait faim en ii63, et qu'il avait confirmée en ipJii, en donna 
avisa l'einpi'rPol- t'rêiléric, qui, 'Jesoncôlé, traversa le mariage 
projeté, par la dt-claralioti i[ii'il (it à Tout, aux fuies (1« la Pen- 
tecâlc , (le ne i^inais souffrir qne la succession ùf mitre comte 
passât entre les m^iiis d'un prince français. Au mots de juillet 
suivant , le comte Je Champagne étant venu !i Wamur, emmena 
avec lui la fille du comte, âgée d'un an, avec promesse de 
IVpousec i et Henri ■ de son côlé , lui fil prêter liummage par 
ses V3ssau;[, malgré la réclamalion du romie Je Hainaut, qui 
•'était rendu sur Tes lieux. iN'ajaot pu rien gagner surson oncle,' 
il (il porter ses plaintes k l'empereur, le i5aoi1t , ilans la diète 
de Worms, lequel renoui^a les assurances qu'il avait données 
I3 prcmii're fois. L'année suivante, au terme pascal , le comte 
de Ilain.iut . muni de lettres de recommandation de son oncle, 
va liouver l'empereur à Selinenstadt, et obtient la même assu- 
rance de lui et de son fils. Alors levieiix Henri, vovanl le clief 
de l'enipire déclaré pour son neveu , fait une 11 
tinn avec lui, Icdécrare de nouveau son hériiit 
fait rendrmommage, lui confie le gouvernement du comté de - 
Kauiur,, avL'c promesse de travailler à ravoir sa fille et de re- 
noncer aux engagements pris avec le comte de l.liampagne. i^ 
comte de liaînaiit vivait à ses propres frais dans le comté de 
Mamur, pour n'être à chargea personne ; mais la sévérité avec 
U'iuelle i( réprimai) les violences, le (it haïr des granils, accou- 
tumés à les exercer. Us le noircirent aupi-ès du comte Je Namur, 
et lui firent craindre qu'il n 
neveu, s'il lesoulfrait plus 
le soupçonneux vieillard lui 
lui réitère cet ordre .ilans une audience que le comte avait 
obtenue avec peine. Forcé de se retirer pour ne pas irriter 
davantage son oncle, il demande d'être dér.liargé du serment 
qu'il avait fait comme gomTcueur: ce qui lui esl accordé. Kinnt 
retourné en Hainaut, il revient bientôt apr^s à la lilte d'una 
armée taire le siège de Namur. La ville est aussitôt prise <;t 

Eillée par le .soldat, contre la délense du prince- Il entreprend 
? si<''ge du eh.ltrau, ou le comte était renfermé avec une forte 
garnison, qui est forcée de capituler. Le comte de Namur n'nli- 
servanl pas les conditions qui venaient d'êlre accordées , celui 
de Hainaul continue ses conquêtes et s'eqapare de la plupart 
des places de son comté. (Tout ceci est tiré île la chronique de 
Gilbert de Mons, depuis la page iSq à 184 de l'édiliorj do 
M. le marquis du Chasieler.) Baudouin, considérant qu'il ne 
pourrait se maintenir dans la jouiManee du ronilé deNamirr, 
contre le gré de l'empereur, ne pouvant l'aller trouver en per- 
■oaoe , lui envoie des députés à Erfort. Le comte de Ciianipague 



e fût entièrement d 
long-tems dans le 
1 ordonne de sorlii: 



elle tra 

^t , lui ayant 






lia 

y avait aa^si (^nvoyc lus sii 
la faveur de IVmpereur : 
qiioiipic moinJru, furenl 



irchanda dii part et <)'a 



(II* 1 



i 



Il au mois I 
(le Cologne : le comte <l 
dont il s'éialt emparé 
oncle dans tout le 
trailë ayant éié pré 



uaïs les offres du comte de Hainaut^ 
préférées à celles dt son rival. AyaM , 
otireim une ueve au comie de Naniur et du dm: de lirabant , 
il se rcndil aupri-s de l'empiTCiir, à Worms, trois jours avant à 
^Aël<)e l'an iitlH, et, pour comble de fa feu r, te chef de l'em^ f 
pire érigea en mar<|uisat le comté de Namur uni avec cem dB.| 
burtiui et de la Roclie; il en donna t'invesiilare ait comte 
Hainaul ; mais il voulut que la chose fOl tenue s*crè)e. {liid.fË 
fag. iS8-ig4.) Apr^s (jutitques trêves mal observées, la paiitJ 

_. i:. . I. :. -11.. — pg|, |'e,|||.p|„i^p ^g l'arcliev^que ' 

iit re^a maître des places fort-a 
l'assurance de succéder à sOft 
le après sa mon. (li/d.. p. 207. ) C« 
té » Tcmperrur , à Hall , en Siisbe , H. 
ilerlara avoir érigé les comtés de Namur , de Duibni et de U 
Roche , en niarc|uisal. Le duc de Brabant s'oppose ii celle érec 
tion , prélertdant que ces trois ronilés dépendaient du duché de . 
■ luthier. Gilbert, prëvflt de Sainl,-G«rmain de AfAns , chân- I 
telirr de [taudotiln, et clurgé de ses alfaires à la cour de l'empe^ j 
reiir , assnre avoir prouvé le contraire ; mais quoiqu'on I eif i 
ail cru, il est pourtant vrat (p'il avait tort. Depuis c 
Eaudouin prit les titres de prince de l'empire et de marquis I 
lie Namur, comme on l« voit dans une charte qu'il fil eupè* ■ 
thcr,ran ii(ia, en faveurde IVglîsede Saint-Alban de Namui*. ' 
IMîreeus , lii/tlom. hetg. , I. i , pag- 2g4-} ^''^n 1 1 ^^3 , le com(« 
Henri maria sa fille (1), que le comte de (.hampagnc avait 

I renvoyée, dès ixfi , avecThibaut, comte de Bar. L'an iig4) 
ses Ironpes et celles de ses alliés furent battues par son neveu , 
le ■". aoi^t, à la bataille de Neuville, sur la Mehaigne, Le 
chagrin qu'il eu conçut, fut si vrf , qu'il en mourut peu dfl 
jours après , suivant le commun des historiens. Le P. Bertholet 
et le P. de Marne prélendeut néanmoins , avec plus de fonde- 
ment, qu'il ne fmil ses jours qu'en ii9t>. Il avait épousé, 
paj 
; 



(I) A l'arlirie J« 
" utor>lid'Albéii< 
om , uutc!Ui* ron 
[larler, ii lo mariage 1 
tem$ qu'il licrivait , n 
le Jdnombrcineiil dci 
comte Hcori à la ha 
pa> Thibaut Nous rro 



..95. 



e Baudoi 



I adnpli! cet l« dits 
■ silcnre de Gilkeni 
ne pouiail pas if iliipcnscF A'tm 
'.t Thibaut 1 eùl eu lieu dans 1» 
>uiperl>!. £n rlTet . Gilbfri fait 
ii94> combailii'PDl pour kr 
e . vt il ne nuninie sealemenl' 
m mariaye avec Ennanselle êsV 



-^d-^^^îm ^Ëtmss^ 



i'. l.*iiRr.,\CE, lillc du 'riiicrri d'Alsace, tomtc dp Flandre, 
<|ui avait déjà eu Irois maris ; a". Agnes, filtr de Henri, 
comie de Gueldi'e, de b(|uelle il fut séparé durant quinze 
ans, ei qu'il repril à la sollicitation du duc de BrabanE, du 
comte de Flandre et de rarchevèque de Cologne, (Ces deux 
êpouK sont enterrés à Florefie.) Du premier lit, il eut une 
fille, morte avant nd'i; du second sortit Krinanseile, dont on 
vient de parler. 

MARQUIS DE NAMUR. 

PHILIPPE 1, OiT LE NOliLE. 

1196. Philipfk I , dit LE Noble , second (ils de Bau- 
douin V, comte de Hainaut, lui succéda au comté de Namui', 
en vertu de son testament; maïs avec dépendance du comte de 
Hainaut, son frère, de qui il était dit, par ce même testa- 
ment, que le comté-marquijat de Namur relèverait à l'avenir, 
ainsi que de ses successeurs dans le Hainaut. Le comle de Bar 
lui fit la guerre pour avoir aussi le. comte de Namur du chef de 
sa femme; mais l'an 1197, on fit une espèce de trêve qui fut 
convertie, l'an 11991 le 26 non d'audt , cumme de Marne le 
rfit , mais de juillet , en un traité de paix conclu près de Dî- 
nant, lequel assura la possession du marquisat de Namur jus- 
qu'à la Meuse , a Philippe. (Ou Mont , Corps Dip/ora. , lom. I , 
part. 1 , p. laS.) Etant allé peu de lems après au secours du 
comle de Flandre, son frère, qui était en guerre avec h France, 
au sujet de l'Artois, il tomba, près de Lcuze , dans uue em- 
buscade des Français , qui le firent prisonnier avec douze cbe- 
valiers et Hugues, élu évAque de Cambrai , qui était de la 
compagnie. Le prélat , sur les menaces du légat du pape , fut 

Kresque aussitôt remis m liberté , suivant Kuger de Hoveden. 
lais Philippe ne fut délivré que par le traité de Pérou ne , 
conclu avec le comte de Flandre au» f^les de ^oi■^ de la mâme 
année. Ce dernier, l'an 1:^02 , partant pour la croisade , où il 
fut élu empereur de Conslantinople, confia la tutelle de ses 
deux filles, i Philippe, avec la régence de ses étals. Mais le 
roi de France, craignant que ces deux princesses ne s'alliassent 
avec ses ennemis , engagea le marquis de Namur à les envoyer 
h Paris pour y être élevées sous les yeux de la reine. Le ma^- 
"•"' «'■'"■'■1 por-li de sanglants reproches de la pari d 
; alla si ' ' ■ ■ ■ ■ 



loands, dont le mécontentement a 



Iiffégence. L'anizta, Philippe mot 
t chroniques de Clairmarais et de 
XIV. 



rutTsT"' 



i Fia- 






122 CHRONOLOGIB HISTORIQUE 

comme dit Albéric, sans laisser de postérité de Marie , filk 
du roi Philippe Auguste et d^ Agnès de Méranie , qu'il avait 
fiancée par contrat du mois d'août 1206 , et épousée en 1210. 
Le) dernières circonstances th sa vie , rapportées par Albéric 
de Trois - Fontaines , d'après Césaire d Heistcrbach , auteur 
contemporain , sont trop remarquables et trop édlfiantfs pour 
n'être pas mises sous les yeux de nos lecteurs. « Le comte Hif» 
M lippe, dit Albéric (ad. atin. I2i3) , se sentant atteint d^une 
M grosse fièvre dans le château de Blaton, près de Condé, qu'il 
'm avait enlevé au châtelain de Caudri, l'un des six pairs de 
M Yalencienncs , se confessa plusieurs fois k quatre aobés en 
ji même tems, savoir, à Conrad, abbé de Villers, Baudouin 
M de Cambron, Nicolas de Marchiennes, et Régnier de Saint- 
» Jean de Yalenciennes, s'accusant de ses péchés avec une hu- 
» milité si profonde et une douleur si vive , qu'il faisait verser 
» des larmes à ses confesseurs. 11 n'en demeura pas lit ; s'étaiit 
» rois une corde au cou , il les pria de le traîner par les mes « 
» disant: J'ai vécu comme un chien , i7 est juste tfu'à ht p/têri 




transporter dans 1 hôtel du prévél, 
» Mais , y étant , il connut que cet officier avait commis plu- 
Ji sieurs injustices et plusieurs vexations contre les peuples de 
» Blaton. Au même moment, il changea de domicile et préféra 
» la maison de son chapelain,' toute chétive qu'elle était. Là, 
M excité par l^esprit de justice , il distribua toute sa vaisselle 
» d'or et d'argent aux églises et aux pauvres , sans réserver 
M même une seule cuiller ». 

Son corps, rapporté à Namur, fut inhumé dans Téglise de 
Saint-Urbain. Six mois après l'avoir perdu, Marie, sa femme, 
se remaria avec Henri 1 , duc de Brabaut. Le surnom de Noèie 
fut donné au comte marquis Philippe, soit à cause de sa magni- 
ficence et de sa générosité , soit i cause de la grandeur de sa 
maison dont il y eut de son vivant, deux princes, ses frères, 
empereurs de Constant inople. 

YOLANDE ET PIERRE DE COURTENAL 

1212* Yolande, femme de Pierre de Courtenai, comte 
d'Auxerre , et sœur de Philippe le Noble , se mit en possession 
du marquisat de Nâmur après la mort de ce dernier, avec le 
consentement, au moins tacite, de Henri, son autre .fr^re^ 
empereur de Constantinople. Elle demeura en paisible jouis- 
sance Fespace de deux uns. Mais, l'an 1214 9 Waleran, eomte 
de Luxembourgi ayant épouse Ermanselte, fille de Henri i^A-- 



É 



5 

Des «AAQtHS «e ItAimK. taS 

WHgle, nrétenilir ijue et inartjuUat éiait dévolu ^ sa fenune , 
wivanl 1 iulerprélalioR qu'il doaoail au traité de Dînant. Cette 
conlfslalÎDii occasinna une longue guerre, durant laquelle 
Pierre partit avec sa fenune au mois de janvier taiy, pour aller 
remplir le irône de Constantinople. Aiant son départ , Yolande 
ledémii du nii:irquiMl de Namur en faveur de son. fils, ijui suit. 
^txas, Dipéom. Belg., loni. I, pag. Suo.) 

PHILIPPE II DE COURTENAI. 

lai6. PhiI.IPI'B 11 deCoURTFNAI, dit A LA LÈVHE , fiU de 

Pierre de Coiirli;nai et d'Yolande , succéda au marquisat de 
Naniur, en vertu de la donation que sa mère lui en avait faite. 
Mari il fallut défcTidre celle succession contre les attaques du 
comte de l-uxemboorg, commencées depuis deiu ans. iLtles en 
duièrent encore quatre saos aucun succès décisif de part ni 
d'autre. I.'an laao, l'archevêque de Cologne et la comtesse de 
l'Itndfc, s'élant rendus médiateurs, obtinrent un armistice, 
pefidant lr<pii:l ils travaillèrent à concilier les parties. Les négo- 
ciations durèrent près de deux ans , et enfin la paix fut conclue 
il lUnant , le i3 mars laa'^ (n. st.}, sur le pied du traité signé 
au laëme licit l'an iiijf). Philippe, depuis ce leras, resta 

Îaisible possesseur de son marquisat L'an 1326, ayant suivi 
nuis VIII dans la guerre contre les Albigeois, il contracta au 
sié|!e d'Avignon la maladie qui régnait dans le camp , et s'étant 
faittranspoiierâ Saint- Flour, en Auvergne, il y mourut peu de 
tenu après . sans avoir été marié. Son corps , rapporté dans les 
Pays-ilas , fut inliomé à Vaucelles , nrîs de Cambrai. ( Albéri- 
cus, ad an., laaG. } Une preuve du désintéressement de ce 

Prince, c'est que le tri^ne de Constantinople lui ayant été offert , 
an t3<7, après la mort de son père, il te refusa, et le céda k 
ibert , son frère puioc. 



HENRI DE COURTEN.W. 



iaaG. Hemu de CouftTEKAi , frère de Philippe II , fut mis 
m possession du marquisat de Namur après la mort de celui-ci , 
n'étant pas encore majeur, par Enguerand de Coucl , son 1 utcur. 
11 ne régna qu'environ deux ans , et mourut sur la Cn de 1328 , 
Dencement de l'année suivante. 

MARGUEiUTE DE COURTENAI. 

laaS ou laaq. Maugubbite DE Couhtf.sai , femme Aé 
B£HA1 , comlL' Je Viandeu, et soeur de Henri de Couftenai , se 




, Margucrjle ï 



eilROT40L0r.IE niSTORIQCS 

1 hi^ritière , qi]t)i<|u'il restât à ce pnnce tm ftèrtr - 
lin II, pnipcreor <\p Constanlinople , eaeanr 
mineur, sans pailer d'Yolande, reine de Hongrie, sœur aînée 
de Margiirriie. Cependant, elle nVprouva aucune opposUtun 
pour lors de la part de ces plus prochains héritiersi mats elle ^ 
cul un concurrent dans la personne de Ferrand , comte <lff^ 
Flandre, (]ui prétendit au comlédeNaniur diichcf de ^afeiume^ I 
nièce d'Yolande, femme de Pierre de Courlenai. C'était par F 
conséi|uent vouloir opposer usurpation h usurpation. Le comte i 
de Flaudre soutint sa préteniion par la voie des armes. Maîf- J 
Philippe, comle de lioidogne, ami commun des partie 
l3nt nndu nfcdiateur entre elles, enfm, au mois de novùnbrd 
1^33, on en vint à un accommodement. Marguerite et son 
époax cédèrent h t'errand quelques terres, qu'ils possédaient en 
Flandre et en Hainaui, au innyen de quoi il renonça au mar- 
quisat dt: Namur. L'an tsSti, Margueiiie fut inquiéiée par un- J 
nouveau prétendant mieux fondé que le premier : c'élaitiBau^l 
douin, son frtre, alors empereur de Constaniinople. Cepcince^v 
élanl venu en France pour soUtciler du secours contre les GrecSffl 
«nirepril de se faire reslitiier le marquisat de Mamur et le restci-| 
Dulut en vain le faire fi 
nouveler la scène , dor 
autre imposteur avait , depuis quelques années , donné le spec-^ 1 
lacle en Flandre. Baudouin , avec les Iroupes que le roi saioi ] 
Louis et Jeanne, comtesse de Flandre , lui fournirent, contrai-^ 1 

Fnit Marguerite, après bien du sang répandu, à lui abandonnée 1 
liérilage dont elle s'était injustement emparée. 

BAUDOUIN DE COURTENAl. 

la.Hy. BïËDOii'iN , devenu maître du marquisat de Namurj J 
n'y fit pas un long séjour. Obligé de retourner promntement en 1 
Orient , il donna les ordres nécessaires pour assurer [a tranquil- 
lité du pa^s durant son absence, et parlÎT. I!in passant à faris, . 
il liypoltiéqiia son marquisat au roi saint f.ouls, pour une 
somm>' de cinquante mille livres , que ce prince lui prêta. Sur J 
la (in de 1^44 , étant revenu en France, il fit un nouveau vo 
à Namiir, où il trouva toutes choses sur le même pied au'' 
»'3it laissées. Mais, l'an la^S, il apprit, à Constantinoplé, 
Jean d'Av'ues, qui se portait pour comte de Haloaut, s' 
fait adjuger le marquisat de Mainur par une dêclaratiun de Guil-J 
laiime, roi des domains. Le fondement de celte déclara 
datée du 37 avril 124s , et rapportée par D. Marlène ( Aiiecd. « 
tom. î . Ciil. io34'), élail que le mnrtjuisal de Narour claiit u~ 
fief du Hainaul, il était tomlfc en commise , faute par Baudoui 



É 



«ES HAIIQUIS DE MAMUH. ia5 

avoir fail hommage au suzerain. Hors dictât d'aller dë~ 
idr^ soa hcriiase en pfrsoiine , Baudouin envoya l'impéra- 
trice Mahie, sa fnmme. sur Us lieux. Elle vit, en passant à 
Rome, le pape Jnnocrnl IV, et à Paris la reine Blanche, sa 
lanie, lesquels lui promirent, l'un et l'autre, leur proteclion. 
Arrivée à INamur, elle trouva évanouies lés mnnaces de Jean 
d'AvêtiPS. I.'imtiéralrirc revient en France, où elle reste jusqu'à 
Umort de U rcme Blanche , arrivée le i". décembre taSi, Jean 
d'Avf nés. la voyant privée de l'appui de sa lante, renouvela ses 
firéteniioas au comté deNomur. L'an laSti, le roi saint I^uis, 
choisi pourarbiire de ce différent , prononce, lu a4 septembre, 
en faveur de l'empereur Baudouin et de sa femme, Mais bicnjlât 
un nouvel orage s'élève à Namur contre l'impéralrice-comlesse. 
Ues impositions qu'elle mel sur ses sujets , les irritent. Le bailli, 
charge de Ici'er ces taxes , est niis à mort. On recherche les au- 
leurs du crime. C'étaient les plus accrédites de la ville. Pour se 
iDCllreà l'abri des poursuites, dss'adressenten secret à Henri III, 
comte de Luxembourg , cl s'otlreul de le reconnaître pour sou- 
verain. Henri , (]iii avait des prétentions à ce marquisat , arrive 
à petit bruit à Namur, dont il se rend maître, la veille de Noël 
1256, sans coup férir. Marie, n'ayant eu que le loisir de se sau- 
ver, va mendier des secoui> chez ses voisins , après avoir laissé 
la défense de la citadelle au brave Francon de Wraemale. L'an 
laSS , la comtesse de Flandre envoie des troupes au secours de 
la plar^, sous la conduite de Baudouin d'Avënes. Elles sont 
jointes par li'S seigneurs champenois, à la I^te desquels se trou- 
vent les dciiK fr^ros de Marie. Mais le général s'entend avec le 
comte de Luiejnbourg. Instruite de la trahison , l'armée auxi— 
liairfse di'h^nde, et la citadelle, manquant de tout, est obligée 
de se rendre le 32 janvier laSg. Henri , maitre de U cipitale , 
soumet , rn peu de lems , le resto de la province. Alors Marie , 
privée de loutcs ressources , prend le parti de vendre ses droits 
à Gui de Dampierre, fils aîné du second lit de Marguerite , 
coiiilesse de FUndre. Cette vente ne fut néanmoins tonsommée 
ia()^, et l'empereur Baudouin la ralijia, (^Voyei. Mm- 
li , empereur de Cunstanlinitplc. ) 



GUI Dli DAMPIEURE. 



t 



S^. Gui de D^hpiehhe , associé au gouvernement de U 
Flandre par Marguerite . sa m^rf , fut obligé de prendre les 
armes pour faire valoir les droite que IVIarie lui avait cédés sur 
le mari|uis.ii de Namur. Il poussa d'abord vivement le comte 
" Luxembourg, son rival. Mais voyant le comte de Hainaut 
~ isé à secourir ce dernier , il pritleparti d'eotrerea accotar 



SaOT^OLOGIE UISTOntl^CB 

Ayant di^manJé en mariage Isabelxs, 
fcHnIe de Lunrmbours, avec le mar<]iiisat conteslp pour sa ilot,. 
h L'oliMnt , e-t ia païx Tut ainsi conclue au mais lie man île l'an. 
laGS (n. st. ) Gui , i'ao layo , ar.cotnpagna sainL Louis , aveu- 
un* troupe choisie de sa noblesse, dan» son expédition d'\- 
frilue. II snrréda , l'an 1 980 , à sa mère , dans te cumlé -de- 
n*ndre. L'an lagy , il se démit du mart[uisat de Namur e»- 
feveur de son fils , cjuii soit, ('■'oj- Gui de Dampicrre, comte di- 
Flandre. ) 

JEAN 1. 

1297, Jea^ï I , fits aîné de Gui de Dampierre ei d'Isab(>)l«- 
<le Luxenilwiiii'g , leur succéda, l'an 1297 , datis le marquisat 
de Namiir , m vertu de la cession qu'ils lui en firent. Né »vec- 
vn caraelèi<^ ferme, ii en fit Sfnlir les cfTris â ses notH-esuit- 
Sujets, que son extriîme jeunesse avait enhatdis à se lévollcr.. 
L'an 1.S02, il comliailil, le i3 juillet, à cfwé de Gui , soA, 
frère, à la journée de Courtrai, si funesie aux Français. Vtm>, 
1^4 1 ^^ i(t aoOt , il perdit, contre le roi de France , la Waillfr. 
de Mon| en-Poelle, 00 de Mons-em-Pnele , (>|ii il comman-*^ ' 
dait svee Philippe, sou fière. \jt furie.ric échec qu'il reçut en- 
cette occasion ne le découragea pas, moins encore les Fla- 
mands, qui , voyant Lille assiéf^, accoururent de toutes parlt 
au secours de la place. I^ roi, dit on, voyant une nouvelle* 
È/mté.f de Flamands sur pied après le carttage quM venait d'e» ■ 
faire, demanda s'il pleuvait lies Flamands. On fit une trêve 
fjui fui convertie en paix l'année soivatire. L'an i3io , le mar- - 
tjurs Jean accompagna l'empereur Henri VU dans son expiidi- , 
lion d'Italie. Pendant son alisence , des impûts, (jue la mar- ' 
4]uise, son épouse, veut lever sur ses sujets, occasioneni un< 
jévolte. OUigéc de se sanver dans la citadelle arec ses entants , 
pUe y esl assiégée par les rebelles.- Le marquis , à son retour, -, 
(l'an iSiS) ilélivre sa famille avec le sitours du comte de ^ 
ï.oss. Les matins , après avoir demandé grâce , sont condamné; 
]rs uns i une forte amende , les autres au bannissement. L'ftit 1 
i.^iU,la qneri-lle particulière des habilanis de Ilouvigne ,SujctKl 
(lu marquis de Namur, avec ceus de Dînant , sujets de IVglis&i 
de Liège, met aux prises le marauis avec les Liégeois. La gnerr«>J 
dura quatre ans, el finit , l'an i')23, par un traité de paix dontn 
on ignore les conditions. La même année , Lnnis de Créci^'j 
comte de Flandre, cède au marquis de Namiir le port de l'E- 1 
cluse, PII reconnaissance des services qu'il avait reçus de lui 
( Voyei Us comtes de tlandir. ) Les Rrugeois , à i|ui ce piirt est i 
important pour leur commerce, s'offensent de celte aliénation. rj 
Ils vont attaquer le manjuis dans l'Ëcluse, dout il était veiial 



çreHi)re urtswssion , roircm b pUce, cl font le inar({iii9 prison- 
nier.. Délivre peu de letns après par l'adresse d'un g'-jniUiomme 
^ui pprça IVgoAt (te la prison , il va trouver le comli' de Flandre 
à Paris. Le roi Charles le Bel i^intéreue pour enx. On indique 
«ne coiifei-ence à Cniirlrai, oii le comte el le mafquis se rendent. 
Mais le cnmte s'apercevaut que tes dépulcs de Bruges «ni de 
mauvais desseins, les fait arrêter. Les Brugeois, it cette nou- 
velle, accourent ais nombie de cin<| à sii mille pour délivrer 
4eur5 com patriotes. Louis m prépare k soutenir un siège dans 
Coiirtrai, et commence par mettre le feu à un di's faubourgs. 
Mais l'incendie s'étant cominuai()ué 6 la ville, \fi Brugeois, 
^éjà laaiiutentionnés, en prennent occasioa do se wulever. Le 
comte, obligé de prendre la fuite ^ est arrêta a deux cents pas 
de la vdie, ei livré aux bourgeois qui l'emmëneul. dans leurs 

Srisons, Toute la KUmlre est en comUuUon. Les villes de tianJ, 
'OudenJirde , et quelqites autres déclarées pour leur maître, 
finit mnrcher leurs troupes sous U conduite iiu marquis de Na- 
mwft contre les rebelles commandés par Robect de Cassel. DeoK 
victoiri». que le inar<|ui5 remporte sur eux, les obligent k 
draundcr la paix. Elle est conclue la nuit de Noël de l'an 1^:16, 
4]ans la ville d'\rques, près de Saïnt-Omcr. L'an iSsH, non- 
Teau soulèvement dei Flamands contre leur roiote. Le marquis 
de Namur , ayant joint ses troupes i celles du roi de France , a 
part à la victoire remportée sur eux, le n'^i août, à Cassel. L'a~ 
vantage qu'il en retire, est b confirmation de la donation de 
l'Ectuse , et de la possession de quelques autres terres qui lui 
appartiennent en Flandre, Ce fut \k soji dernier exploit. IL mou- 
rut à l'aris, le 1"- février i3Si, âgé de soixante - quatre 
Ans, et fui enterré, le 4 du m^ime mois, aux Cordeliers de celle 
ville. Le mar.|uis Jean avait épousé, i". vers lio;, Mari;iie- 
BiTE, pclile-Glle de saint Louis., par Bobert de Clermont , 
son p^re, morte sans enfants l'an i3oq; a". M&niE d'Ahtois , 
fille de Philippe d'Artois, seigneur ^e Conches, dont 11 eut 
sept fils et trois filles. Quatre de ces fils lui siiccédÈrent l'un 
après l'autre. Deux autres , BobcrL et Louis, se rendirent 
célèbres par leur valeur. Isabelle , ia seconde des filles , épousa 
Robert, comte palatin du Rhin; Blanche, la troisième, fut 
mariée k Magnus, roi de Suède. Le marquis Jean t fut autant 
regretté de ses sujets , qu'il en avait été peu ainaé de son vivant. 
On ne rendit justice ù ses grandes qualités que lorsqu'il n'en 
resta plus que le souvenir. 

JEAN IL 

t33t. Jean II , fils aîné de Jean I , lui succéda. Lorsque son 

^f Bourut, il était à Paris, d'oi'i il partit, après lui avoir icudu 



i 



130 CHRONOLOfilK HISTORIQUE 

les derniers devoirs , pour venir prendr 
(juisiit. Deux aas auparavant, il étail parti pour la Boliême, lai»- 
sanl à Marie;, sa laère, le soin de son étal. L'objet de son voyage 
était de secourir le roi de Boliénie, Jean de Luxembourg, dans 
U guerre qu'il faisait, de concert avei- les chevaliers Teoloniques, 
aux Lithuaniens, encore idolâtres. Fendant son absence, le 
maii^uis, son père, ayant donne asile au fameux Ifobert d'Ar- 
tois, son frère, proscrit de la France, le roi Philipjie de Valois, 
instruit que Robert y cabalait contre lui, engagea l'évËque de 
Liège a porter la guerre dans le Namuroîs , pour l'obliger d'ert 
sortir. La régente alors n'eut rien de plus pressé que de congé-- 
dier son frère. L'an t3S4) 1^ marquis Jean , de retour de 
Bohême, entra dans la ligue de l'évoque de Liège , et de plD-> 
sieurs princes de la basse Allemagne contre le duc de Brabànt; 
etf l'année suivante, il prit encore parti contre ce ilcrnier, dans 
la guerre qu'il déclara au comte de Flandre, par rapport i la 
seigneurie de Malines. L'an i335,le marquis Jejn termina ses 
jours, le 3 avril, sans avoir élé marié. Il laissa un fils naturel, 
nommé Philippe, qui fut tué, l'an i39o, en dèfeudanl IJen- 
dermonde pour le co«ite de Flandre, contre ses sujets révoltés. 
(Ue Marne.) 

GLI IL 

i335. Gui II, frfere du marquis Jean II et son successeur^ 
partit , peu de tems après son inauguration, pour l'Angleterre, 
et accompagna le roi Edouard III dans la guerre qu'il fit ea 
Ecosse. Etant tombé dans une embuscade des ennemis, il fuP 
fait prisonnier, et rendu au bout de quelques mois jux Anglaisl 
L'an t'-i'6H , revenant dans son marquisat, il fut tué dans un 
tournoi, le 12 mars, par un gentilhomme de la maison de 
Saint-Venant. 

PHILIPPE m. 

i3.?6. Philippe III, troisième (ils de Jean I, succéda à Gui, 
son frère, mort sans avoir élc marié. L'Sn 133^, il partît pour 
l'ile de Chypre, accompagne de plusieurs seigneurs de sou âge. 
Lu dévotion n'était rien moins que le motif de ce voyage. Cette 
troupe débauchée commit tant d'excès à Famagouste , qu'elle y 
eicila une sédition , dans laqtielte Philippe fut tué , au mois de 
septembre de la mène année, ai-ec trente de ses parents. 11 n'a- 
vait point été marié. . 

GUILLAUME I. 
133;. Guillaume I , dît L£ Kjche, quatrième fils de Jean I, 




«âe^-inl le successeur de Pliilippc, son frère, à l'âge de treîae ans > 
hous la I nielle de Marie, sa mère, et Ju comte de l.oilî , son 
tHictc. L'an i^Si), par le conseil de sa mcre, il se laUea lialrai ■ 
ner datis le pani de l'Angleterre conti-e la France. 11 se trouva 
ail' siège de Cambrai , (|ue ie roi Edouard lU fui obligé de lever, 
J.'an tiMt^ , il relira des rnaios du comte de Luxembourg , â prix 
d'argent, la terre de Poilvarlie , et d'autres (]iii avaient été dê- 
tadiées du martjuisat de Naraiir par le irailé de Dinaiit. Il 
accompagna, l'an iS45, Guillaume II, coihle de Haïnaut, dans 
la mallieureuse guerre qu'il fit aux Frisons, et comballit h sus 
coiês i la bataille de Stavcren, où Guillaume fut tué le a6 ou 
M7 septembre de celle année. L'an i346, détacbé de l'Angle- 
terre depuis la morl de hoberl d'Arlois, son oncle, il alla join- 
dre',' en Wcardic, l'armée du voi Philippe de Valois, et fut 
enveloppé dans la déroute des Français , à la fnraAise journée du 
Créci. Ce monarque, l'année suivante, voulant reconnaîlre les 
bons services de ûulllaome, et se l'allacher encore plus étroi- 
Jemenl, lui assigna sur le Trésor royal, pour lui et ses succces- 
seurs, par lettres du mois de décembre , une renie perpéluelle 
de mille livres , au mb\-en de cjnoi Guillaume se reconnut son 
homme-liao, et lui Etliommage en celte qualilé. {Rec.deFun-- 
tanleiii, vol. "76. ) L'an i'-15(î, Guillaume matclie au secours de 
l.ouls de Mâle, comte de Flandre, dans la guerre que l'avoue- 
ric de Malines avâil occasionnée entre ce comte et Wenceslas, 
doc de nrabant. Guillaume eùi pari à la vicloirc que Louis rem- 
porta sur le duc à Sclieut, prfs de IJruxelles, le 17 août de 
celte année, et à la conquéle de presque tout le Brabant, qui 
en fut la suite Maïs Wenceslas, ayant recouyré dans ta même 
campagne tout ce qu'on lui avait pris , entre à son tour sur les 
lerrcs de Namur , où il brûla plusieurs villages et fit trembler 
Jusqu'à b capitale. La paix se iit l'année suivante. L'an i38o , 
Guillaume, voyant le comte dc Flandre près de succomber vis- 
à-vis de ses sujets révoltés, alla lui-même solliciter le secours 
lie la f"rance,eidélermina le mi Charles VI à venir dompter les 
rebelles, animés et appOyês par le roi d'Angleterre. Guillaume 
cl son fils aîné se distinguèrent dans'cctle guerre, L'an i384, 
après la mort de J-oois de Mâle , Guillaume , se trouvant, te 
tnef de la maison de Flandre, supprima dans ses annoiries la 
brisure ou bande de gueules que ses prédécesseurs avaient prise 
comme cadets. L'an i3l)i, Guillaunîe échangea la seigneurie 
de l'Kcluse avec^Pbilippc le Hardi , duc de Bourgogne et comte 
de Flandre , contre la lei;re de Eéthune dont il prit le nom. Il 
mourut le 1"- oirlobre de laméme année, à l'âge de soixante- 
^■^■Jluil ans. Guillaume avait .épousé, i'''. Jeanne de Haïnaut, 
^^^Hhpinlesse de Soissons ei veuve de Louis de Cliâlillon, comte de 



I 



I 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE f 

' Bloû, dont il n'eut l'oinl J'enfanls ; a", l'an i35a, Caih) 
DE Savoie , veuve d'Azzon Visconti , seigneur de Milan , 
(le haoul m (le Brienne , comte J'Eu et connétable de Franc* 
De ce second lit, Guillaume eut deux fils, qui 
Marie . femme de Gui de Cliàtilbn , comte de Ëlois. I.e comC^ 
Guillaume eut de grandes qualités mêlées à de grands défaut^ 
Il était brave , magnificjne , équitable ; mais il aimait passionn^ 
s el les divertissements , jusqu'à tes aller chercha 



■Ht les Ktes e 



divertissement 
dans les pays clrarigers, oubliant qu'il avait un élat à gouverned 
et des sujets aiiii<|"els il se devait. Violent et emporté par c: 
raclèi'e, il se porlait, dans les accès de sa colère, auxdet.. 
nières exlrémllcs ; témoin Louis de Vianden , chanoine de LiégR 
et prévôt de Munster, qu'il fit tuer dans un de c 

GUILLAUME U. 

1391. Guillaume II, fiU de Guillaume 1, lui succéda aa I 
marquisat de Namur à l'âge d'envirun trenle^huit ans. Il était 1 
déjà célèbre par ses exploits militaires. Mais", se voyant b la tâte J 
d'un éial, il modéra son ardeur martiale, et n'en conserva] 
qu'une grande fermeté à soutenir ses droits et ceux de ses sujels^^ 
Ces dispositions maintinn-nt en paix le marquisat de Namufcl 
pendant dix-huit ans. L'an ijoS, il fut du nombre des nrii 
qui se joignirent au duc de Bourgogne pour secourir Jeai 
Bavière, évéque de Liège , chassé de son siège par ses diocésainiJ 
Il fit merveille le aî^ septembre de cette année à la bataille 
d'Othei , où les rebelles furent entièrement défaits. Ce fiit U 
seule guerre où il eut paît durant son règne. Il passa le reste de^ 
ses jours dans le repos et les divertissements , c>ii il étala una.^ 
magniricence qui fut onéreuse à ses sujets par les im pats .qu'ICQ 
leva sur eux pour la soutenir., Sa mort arriva le 10 février i4i8. 
11 availépousé, i". Marie, ou MAflGUEKiTE, fille de Robert, J 
duc dellar, dont il n'eut point d'eiilanls; 2". JEA.NNE, 6ll,edc 1 
Jean VI , comte d'Harcourl , morte en i4^5 , qui ne lui donna j 
qu'une fille, morte en lias âge. 

JEAN ni. 

t4i8. Jean III, dit Thiekiii, seigneur de Wincniiale , sue- 'J 
céda à Guillaume , son frère, dans le marquisat de Namur. 
son avènement , il trouva l'état bbéré par les délies que le luxe i 
de son prédécesseur avait occasionnées. 5on peu d'économie,. 
joint à une mauvaise administration , le réduisit bienlAt à U 
nécessité de vendre ses états à Philippe le Bon, duc de Boui^*| 
gogne st comte de Flandre, celui de ses voisins qui était leplusl 



DÈS HÂBQUId DE KAMURw Idw 

en état de faire une telle acquisition , et avec lequel il était 
le plus étroitement lié. Philippe, qui ne cherchait qu'à aug- 
,nienter ses domaines, accepta la proposition avec joie^ £n 
moins de six mois de négociations » les deux princes s'accor-. 
dèrent sur les conditions de la vente, et, le 23 avril 14^1 , 
le contrat en fut passé moyennant cent tren le -deux mille cou- 
ronnes d'or, Tusufruit du marquisat réservé à Jean-Thierri 
pour sa vie. Elle ne fut pas longue. Jean-Thierri mourut le i 
mars i^u^ (n. st.). Avec lui finit la maison de Flandre, après 
avoir possédé le comté ou marquisat de Namur l'espace de cent 
soixante-six ans. Jean-Thierri avait épousé^ n'étant que sei- 

fneur de Winendale, Jeanne d'Abgoude, dont il n'eut point 
'enfants. Il laissa de Cécile de Savoie , sa parente , un 'fils na- 
turel, nommé Philippe, seigneur de Duy, dont la postérité 
subsiste encore aujourd'hui , et forme deux branches du nom 
de Namur , à la tétq desquelles sont le vicomte d'£lzée et le 
baron de Jonqueret. 

PHILIPPE LE BON. 

i42i. Philippe le Bon, après la consommation de la* vente 
da marquisat de Namur , vint sur les lieux pour en prendre 
. possession , et fit frapper de la monnaie à son coin pour marque 
de sa souveraineté. Le peu d'application de Jean-Thierri au 
gouvernement de l'état lui fit r^rder avec indifférence une 
cérémonie qui lui donnait un maître en lui donnant un col- 
lègue si puissant. Depuis ce moment, on ne s'adressa plus , 
Soa.r ce qui concernait l'administration du marquisat , qu'au 
ac de Bourgogne , qui s'y comporta en souverain jusqu'à la 
mort de Jean-Thierri. ( yoyez , pour la suite , les comtes de 
F/ûndne de la maison de Bourgogne, ) 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COMTES, 



PUIS DUCS DE LUXEMBOURG. 



XjE Luxemltourg , province dcl.i [)35sc Allernfignc, iloiit l'éteitf 
■lue est d'environ 70 lieues, a pour bornes, au sepicpirion, uns 
partie du Liégeois et du Liinbours -, au rnidi , la Lorraine ; aut 
levant, l'éleclorat de TrÈves el la Muselle; au couchant, la 
>Ieuse et les Ardennes, Ce pays, sous les Uomaîns et avant leur 
entrée dans les Gaules, était composé, pour la plus grande 
partie, de Tréviriens, de Médiomairiciens ou Ulessins, de Pé- 
maniens ou Phémanicns (aujourd'Kin les habitants de Famcnc , 
?iuit euvirons de Marche) , de Condrusiem [ceux de Condt^z^ , 
de Segntens (partie des habitants de Salm), de Céresii~»s (ceux 
de Carasgow , dans l'Eyfel , du rflté de Pruym) , tous peuples 
Germains d'origine, si l'on exrepte les Messins. I.a ville c|ui 
donne son nom i la province était originairement un cliSttiau 
<)ue le P. Dertholet, sur des conjectures assez faibles, fait ri.'- 
monter jusrju'au règne de l'empereur Gallien. Quoi qu'il en 
e la fondation de Luxembourg n'ap- 



partienne 



TE^ 



is furl reculés 

SIGEFKOI. 



SlfiEPnoi , fils, suivant M. Crollius, de Wideric ou Wig( 
rie, comte en Ardennes, et non de Iticnin, comte de Verdui 
comme le prétend le V. Bet tliolei , acquit paréchangc fait av( 
l'abbaye de Saint-Maxiiuin de Trêves , du conseolemeni i 
" 1 . 1 .-. ■ \icaire de l'empereur c 



ISrunun , archevêque de Cologne 



CRROIK. HISÏ. SES fAMTES UG MIXEMBâUttG. l-'iS 

graine, la proprîélé ilu château àe. Luxembourg, par traite 
^^ é le juur tlfs Kamcaus , 12 avril de l'an 963. U&s nu'il fut 
][K)ssesseur Je celle forteresse , alors pre3<|iie ruinée, il donna 
8P5 soins pour la réparer. L'an 971 , il obtint de l'empereur 
Olton I on diplôme pour rëtulilir la discipline dans l'dbbayc^ 
d'fîplcrnach, dont it était ablié laïque, suivant l'abus qui 
" ait alors en Vmnce ei en Allemagne. L'an ç)84, il défendit 
ivec Godcfroi, son neveu, comte de celle ville, contre 
bthaire,'Toi de France, qui en était venti dire le siège dans 
irpplion qu'il (it en Lurraïne. Mais l'onrle et le neveu ayant 
È faits prisonniers dans une sortie , b ville fut obligée de si> 
"■e, Lothaire les eramena en Franco. Sigefjoi fut remis eu 
é dès le mois de mal tfib; mais Godefroi ne sortit de 
n que le 17 mai de l'année suivante. (Voy. Us comlfS dû 
un.) L'an ÇI92 , Sigefroi fonda un hôpital dans l'abhnye 
Epicrnach. Il donna, l'an qçjS, la terre de Mprsch à l'abbaye 
la Sain t-Maxi min de Trêves, dont il avait pareillement l'avouc- 
rie , à condition que lui et sa femme Hedwige y seraient inhu- 
més, et qu'on y prierait Dieu pour le repos de leurs âmes. 
Sigefroi mourut l'an iii.jS. Le jour de s» mort est marqué nu 
t4aoAt dans Ic.nécmlogcde Sa in t.- Maxim in, et au ati novembre 
dans celui de Gorzc. Sun cercueil ej celui de sa femme furetil 
découverts à Salnt-Maximin en jlioS. De son mariage il eut sÏk 
fils.el trois filles. Les (ils sont Henri, dit aussi Heselon, avoué 
de'Saiitt-Maximin, premier comte d'Arlon, suivant le pËra 
Bei'thotei, et créé duc deikivière le :ii mars 10049 Frédéric , 
qui suit -, Thierri , évéque de Metz depuis looS jusqu'en Lo4(J : 
Adalbéron , prévôt de Saint-Paulin de Trêves ; Sigefroi , men- 
ïionné dans un acte de c)84 ; et GillnTl , comte dans la Mosel- 
laue, tué, l'an looS, à la suite Je l'empereur Henri II, dans 
.unesédilion.à Pavip, Les fdles do Sigefroi sont ; Cunegonde , 
^^^laame de l'empereur lleml li ; Lutgarde, femme d'Amiiul, 
^^^Kpmle de Hollande; et Abenïe , dont on ne sait que le nom , 
^^^Bflcore vivante en 1040. 



FREDERIC I 



iucccsseor de Sigefroi dans l 
. l'.-in 1008, Adalbéron, soi 
E-Paulin, dans les efforts qu'il fit après 



FllÉDÉmc I, (ils et; 
ie Luxembourg, appu 

Erévôt de l'église de bai 
■ mort de l'archevêque Ludnlphe , pour s'emparer dn siège de 
■Trêves. Henri IV, duc de Bavière, et Thêodoric. évêque do 
jMelz, frères de Frédéric et d'Adalbérou , se joignirent à eu^ç 
obligèi'CntMegingaud, nommé à l'arclii'vèché par l'empereur 
[enri II , de sortir de ta ville pour aller implorer le secours (Je 




ce prince. Le 
quatre frires, 



CHKOKOIAGIE tf ISTOKIQUS 



mois de 



i de Gei 
L \es a 






leg^^i 



il fut oblieé de se 



, Hen 
dans Trêve! 



II, beau -frère d« 



■ Lac 



Mai 






a guerre d 
X ans, pt ne finit qu'en loi^, par la soumission entier 
rebelles, ( Voy. /es anheeéqires de Trêves. ) Le corale Fré 
lermina ses jours l'an loit,. De N. S., son épouse, petile-fille d 
Megîngaud, qu'on croit avoir clé comte de Gueldre , 
i.>ntr'aitlres enunis, Frédmc, duc de la basse Lorraine; Gilber 
qui suit! Adalbérot^ évêqu*' de Melz depuis 1U47 jusqu'ei 
1073; Henri, créé duc de Bavière en loaS, après Henri, so 
oncle, et non son père , comme le dit le P. Berlholct; Ogive 
femme de Baudouin le Barbu , comte de Flaifdre ; et Judith , 
femme do comte Guelfe, tige des marquis d'Est et des ducs d< 
Bavière. 

GILBERT, ou GISELBERT. 



^H ^oig. GiLBEBT, OU GiSELBBBT, succéda à Frf'dérîc , son 

père , dans le comlë de Luxembourg. On le voit qualifié comte 
de Salm dans une charte de l'an to35. Il n'était point délicat 
sur les moyens de s'enrichir. L'an 1028 , pendant que Poppon , 
archevêque de Trèvfs , était à la Terre-Sainle, il se jiiia avec ' 
Son lîls Conrad sur les terres de l'église de Trêves, où ils con 
mirent d'borribles dégâts. L'urchcvêque, à son retour, en poi 
ses plaintes à la cour de l'empereur. Voyant qu''il n'y était puinL 
écoulé, il s'adressa au pape Benoît IX, i|ui lui envoya 
légat pour l'aider à soumettre , par des censures , les ravisst 
et le.!! perturbateurs du repos public. Poppon n'en vint pas 4 
reltc extrémité , et l'on croit qu'il s'accommoda avec le comlQ^ 
de Luxembourg par l'oniremiBe d'Adalbéron, évèque de Meizi, 
frère du comte. Gilbert mourut, au plutôt, le ijaoût loôy,, 
laissant de N., sa femme , trois fds : Conrad , qui sait -, Herman , 

Itige des comtes de Salm , élu roi des Romains , l'an 1081 ^ 
après la mort de Rodolfe , rival de l'empereur Henri IV % 
Hei ' ' 
San 
pré. 
alta 
de: 
rép 
: 






CONRAD L 



t une fille , mariée en 



5; au plotût. CosR*D l , fils aîné de Gilbert, lui eut k 
peine succédé , qu'il réveilla les annîennes querelles de se& 
prédécesseurs contre les archcvSques de TrÈves. Ayant un jour 
attaqué l'arcbevéquo Eberhard comme il était dans le cours 
de ses visites , il le fit prisonnier, le traita indignement jusqu'il' 
, répandre les saintes huiles qu'il portait avec lui. l^e pape ( cni_ 
-ne sait lequel), sur les plaintes qui lui furtrnt portées de ccfc' 



DES COUTBS DE LtJXSHBUDnO. 

violences, ejicommunia Conrad en plein concile, laissant au 
pouvoir de l'archevêque d'absoudre le coupable. 1..GS foudres 
de Rome firent leur ef'iel. Conrad , reconnaissant sa faute , Gt 
sa paix aveu Lberhard, en demandant pardon, et promctiant. 
d'aller expier safauieolaTerre-Sainie. {GestaTrevirms, Epine.) 
Mais il n cxccula sa promesse qu'en iot*S. Il mourut en revenaiil: 
de ce pèlerinage , le 8 aodt ioS6. Son corps , rapporté deux ans 
après a Luxembourg, fut enterré dans l'abbaye de Munsler, 
qu'il avail fondée en io83. De Ci.emenck (dite ëhmesikdk 
par Albèric) , sa femme, hmlière de Longwi , qu'on fjit 
mal-à-propos fille de l'empereur Henri IV, il bissa , enlre 
autres enfjnts , Henri et Gudlaume, \\\n MiiveiiL; Kodolfe, 
abbé de Saint-Vanne de Verdun ; Adalbéric , princier dfi 
l'église deMelz, lue en Syrie, l'an loijH, au siège d'Anlioche; 
Mathilde , femme, suivant Adalbëron, de Geoffroi , ou de 
Godcfroi, comte de filis-Caslel , ou de Castres , à qui elle 
porta en dot le comté de Longwi; et Ernienson , lemmc, 
1°. d'Albert , comte de Dagsbouig et de Moba , 2". de Gnde- 
froi, comte de Namur. D. Calmet lui donne, sans preuves, 
pour troisième époux Bérenger, comte de Sultzbach. 

HENRI I. 

T08G. Hewbi 1 , (ils aîné de Conrad , lui succéda au comté 
de Luxembourg. L'exiîLence de ce comte, omis par le I'. Jîer- 
iholel , est prouvée par une charte de l'abbaye d'Epternach , 
que cet auteur rapporte lui-même, (fns^njra. lom. 111, p. 42.) 
Dans cet acte, qui est de Van lo^J, il est dit que le comte 
Henri, fils du comte Conrad, a lenoncé à plusieurs droits 
qu'il avait usurpés à titre d'avoué de l'abbaye , et l'on y déter- 
mine ceux qui lui appartiennent réclleniciit en celle qualité. 
ait qu'il mourut sans enfants, puisqu'il eut pour socces- 



r son frère 



GUILLAUME. 



ingG'au plutôt. Guillaume, second Gli df Conrad, pri» 
possession du coml^ de Luxembourg après la rnnrt de Henri, 
son frère. Il était attaché depuis long-lemsà l'empereur Henri fV, 
et le servit dans ses guerre» aveu succès , sans néanmoins 
prendre pari au schisme que ce prince avait excité dans l'église. 
Mais il paraît que dans la suilc il le quitta pour suivre le 
parti de Henri V, son Gis. Ce qui est certain, c'est qu'après 
fa mort de Henri IV, il accompagna son successeur dans U 
plupart de SCS expéditions. J^'an titi , fiichard, évêqne Ue 



l3G .CIIBOTîOLOGIE HISTDntQtîÊ • 

Verdun , lui conféra le comté de sa ville, qu'il avait retiré i 
Renaud , comte de Bar, pour n'avoir pa3 défendu le château de 
Diculoùart , assiège et pris par les Messins. Guillaume reprit 
cette place ; mais il eut à soutenir , contre Renaud , une 
guerre assez rude, dont il sortit av€lc avantage. L'an iii4t 
il fit la paix avec Renaud , et lui rendit le comté de Verdun. 
Uan II 20, à Texemple de son. père, il fit des excursions 
funeste^ sur les terres de rëglise de Trêves. L'archevêque Bru- 
non ne pouvant le réprimer par les armes temporelles, em- 
ploya contre lui les foudres ecclésiastiques. Elles firent leur 
t'ffet. .Guillaume fit satisfaction au prélat, et demeura tran- 
quille jusqu^en 1127, qu'il reprit les armes contre Meginher, 
nouvel archevêque de ïrèvcs Celle guerre fut abrégée parla 
' mort dé Guillaume , arrivée l'année suivante. t>e Lutgarde, 
son épouse, fille de Çonon , comte de Bichling , suivant Tan- 
'naliste saxon ( a J an, iio3 ) , il laissa un fils, qui suit. 

CONRAD ir. I 

1128. Conrad II fut le successeur de Guillaume, son père, 
au comté de Luxembourg. H le posséda huit ans , et mourut, 
Tan ii36, sans avoir rien fait de mémorable. £n lui finit la 
race masculine de Sigofroi , premier comte de Luxembourg ^ 
ses deux femmes, Ehmekgarde, comlesse de Gueldre , et 
Gisèle, morte en 11 55, ne lui ayant point donné d'enfants. 

HENRI II, DIT L'AVEUGLE. 

II 36.' Henri II, dit l'Avjbugle, fils aîné de Godefroî ^ 
comte de Namur, et d'Ermesinde, fille de Conrad I , comte 
d& Luxembourg , succéda , du chef de sa mère , à Conrad II , 
son cousin, dans ce dernier comté. {^Voy. Henri. Il, comte 
de Namur. ) 

ERMANSETTE et THIBAUT. 

iic)6. Thibaut, comte de Bar, devint le successeur de 
Henri rApeugle ^ au comté de Luxembourg, en vertu de son 
mariage avec EkmansEtte, ou Ermesinde, fille de ce der- 
nier. Mais, pour en jouir tranquillement, il fallut qu'il s'ac- 
commodât av^c Olton , comte de Bourgogne, à qui l'empe- 
reur, son frère , l'avait donné comme un fief vacant de l'em- 
pire. Après cela , Thibaut fit la guerre à Philippe de Hainaut 
pour avoir le comté ou marquisat de Namur. Mais ne pouvant 
y réussir, il consentit à uji traité de paix qui fut conclu , le ^G 



BtS COMTES bt !.rTE»BOCR0; î3y 

)utl)et 1 1()9 , à Diiiant , dans l'dbbaye de Saint-Médard ; traité 
psr leauei le ntarqi/isat di; Namur, justju'à la Meuse , fut adjugé 
à Philippe ôe Hainaul , et le comté de Luxembourg , avec ceux 
(le Uorbui et de la Roche , à Thibaul el i son dpouse. Thibaut 
finit ses jours le i^ février i3i4- (_Voyet Thibaut, comte de 

^-) _ 

^Bâ £BMANSETT£ et WALERAN. ^Ê 

^^^K^taii- ËHMAMSETTE, après la mort de Thlb.iut, sonépoux^ ^H 
donna sa main à Waleaan, mar(|uis d'Arlon , fils aîné da ^| 
Hruri III , duc de Limbourg. Peu de tems après son mariage, ^^ 
Wiileran revendiqua, au num de sa femnte, le comié deNamur, i^H 
contre Pierre de Courtenai. Guerre à ce sujet , qui dura plu- ^H 
sieurs années, et qui fut trî's-vîve , disent les nisioriens du ^H 
(enis. (Marlènc, Ampliss. coll. , tom. V, pag. 5i-55.J Dans ^H 
le cours de cette guerre , Waleran eut une qoerelle avec En- ^H 
fiilbert, archevêque de Cologne, à l'occasion d'un fort QU'IL 
avait fait bâtir sur les terres du prélat. £ngill)ert l'ayant inu- 
tilement sommé de détruire celte forteresse , vint lui-même 
l'allaquer , la prit et la ruina de fond en comble. Il n'en de- 
meura pas là ; il entreprit de faire casser, pour cause de pa— ^H 
rente, le mariage de Henri , (ils de Waleran , avec Cunégonde, ^H 
ou Ecmengarde, Bile et héritière d'Adolphe , comte deSerg, ^^k 
frère du prélat ; mais ce fut inutilement. Ces dissensions s'ac- ^H 
crurent après la mort d'Adolpbe , arrivée devant Dami^te , ^^k 
Tau i2tU. L'empereur Frédéric 11 , craignant qu'elles ne trou- ^H 
blasent la tranquillité de l'empire, chargea le duc de Brabant, ^H 
parent des parties, de ménager entre elles un accommodement. 
On s'y prêta de part et d'autre , et le traité fut signé au mois 
d'aoât iii3o, à Cologne. Le fils de Waleran s'en étant rapporté 
au prélat sur la succession au comté de Berg . Engilbert s'en 
réserva la jouissance pour sa vie , après .quoi il reviendrait à ce ^M 
prince, auquel il assura dans cet intervalle un« rente annuelle ^H 
pir forme de dédommagement. {Voyti Waleran, duc d« Lim- ^^| 

■ i^urg.) ■ 

1 HENRI III. ■ 

• 1226. Hfnbi m, dit LE Grand et le BtONO, fils de Waleran ^ 
et d'Ermansette , leur succéda aux comtés de Luxembourg et de 
la îtoche et au marquisat d'Arlon, sous la régence de sa mère. 
L'an 1x44 I il Gt di>uà Frédéric, abbé de Slavelo , de sa vicomte 
de Rraz. L'an 13S6, il profita d'une révolte des habitants de 

Wamur, contre Marie de Brienne , femme de Baudouin , empe- ^H 

teav de ConsLantinople , leur maître, pour tenter du faire rc- ^H 

XIV. iS, ■ 



l3S CHIIOTOLOGIE HrSTOKIQDE 

Vivre la prétetilmns de sa mère sur ce marquisat, S'étant con— 'j 
certé avec les rebelles , il vint se présenicr , la veille de Noël ^ 
devanlla vilU de Namur, dont ils lui ouvrirent les portes. Mais 
il fallut assiéger la citadelle, qui Et une langue el vigoureuse- 
résistance. Elle ne se vendit que le U2 janvier isSif (n. st.)f 
après avoir éprouvé toutes les horreurs de la faim. ( elte cnnqu^le. 
entraîna celle de tout le marqui^t , dont Henri demeura pai-^ 
sible possesseur jusi^u'en laGd. Celle année , ou même la pré- 
cédeule, Gui de Pampierre , ayant acquis les droits de l'em- 
pereur Baudouin et de sa femme sur la province de Namuri 
pril te.s armes pour les faire valoir Henri, préparée le recevoir, 
disputa le terrain pied à pied, I.'an i2f;4, Gui vient mettre \\ 
siège devant Kamur. Le comte de UaiiiaMt se déclare alors, 
comme suzerain du Namurois , pour Henri , dont il avait reçu 
l'hommage. Sur la sommation qu'il fait à Gui de lever le siège, 
et de laisser en repos son vassal , il ralentit l'ardeur du FU-' 
mand. On entre en conférence. Gui demande en mariage la fillrf 
du comie Henri , avec le marquisat de Namur pour dot, 
proposition est acceptée , et le mariage conclu l'an laëS. L'anT 
iab6, Henri se ligue avec Kerri III, duc de Lorraine, contre: 
Thibaut II , comte de Bar, protecteur de Guillaume de Ttai— 
nel , évêque de Metz, que Ferri avait entrepris de chasser de 
son siège. L'évêque ayant rais le siégfi devant le château de' 
Preny , voisin de Pont-à-Mousson , Henri vole au secours do* 
la place. Mais il est surpris, le 17 septembre delà iji^me année 
12^6 , par le comte de Bar , qMÎ le bat , te fait prisonnier , et: 
l'envoie au château de Monçon, avec un gentilhomme de sa. 
cour, nommé l.a Boche. Celui-ci , sur la roule, iJchait de la' 
consoler. 3t tCai plus àe foi à les discours, lui dit 
me disoïs hier en latin que Dieu était pour nous : mais lu ai pris' 
k diable pour lui. Fier de celte victoire, Thibaut marche droit' 
il la ville de Ligni dans le Luxembourg, la prend et la livre auj^ 
flammes , après l'avoir pillée, l^es deux fils aînés du comte d< 
Luxembourg, apprenant la captivité de lenr p^re, et voyant le» 
hostilités que Thibaut exerce sur leurs terres , se jettent sur le? 
comté de Bar, où par représailles, ils mettent lout à feu et it^ 
sang. L'an 1 abS , des amis communs s'étant entremis pour ac- 
commoder les parlies, on prit le roi saint Louis pour arbitre.- 
Ce monarque, par deux sentences du mois de septembre de. 
cette année , ordonna que la chStellenie de Ligni serait restîrv 
tuée au comle de Luxembourg, qui serait remis en liberté. [Loi, 
P. Gi'iftel met par erreur ce jugement en 1266. ) L'an H'ji ^ 
Henri se met en roule pour la Terre - Sainte , avec une nnm--^ 
breuse escorte U employa deux ans à ce voyage , el mourut ^ 
toniËtour,ls:i4déceiubre i374- 11 avait épousé MAHGUE&iTXf 







I 



DES COMTES RE LUXEUBOURn. î^ 

fille lie Henri 11 , cotnlc de Bar ( morte le aii novembre iaj5), 
idont i) eut Henri, qui suit; Waleran , sire de Ligni et de 
iloDSsi , tués, Tun et l'autre, à la fameuse bataille de Wœ- 
nagen , en 1288 ; Baudoin et Jean , menlionnés par Duchêne 
et Berthalet ; avec deux bâtards tués aussi à la bataille de Vœ- 
ringen; Philippine, femme de Jean d'Avénes , comte de Hai- 
^" 1 et de Hollande ; Isabelle , femme de Gui de Dampierre, 
le de Flandre; et quatre lilles, religieuses. 



HENRI IV. 



.1275. Henri IV, avant de succéder k son père Henri lllj 
déjà célèbre par ses exploits. Il avait £iit la guerre, dès 
'366, au comte de fiar , après la captivité de son père. L'an 
jayS, ligué avec le duc de Brabanl, les comtes de Flandre et 
de Namur, il fait la guerre à Jean d'Anguien, évéque de Liège. 
(Voyez les éifétjues de Liège. ) L'an latia, le comte Henri IV 
confirma la charte d'affranchissement, accordée par son père 
et son aïeule Krmansette aux bourgeois de Luxembourg. L'an 
1288 , le lË mai , il traite avec Heuaud H, comte de t^ueldre, 
pour les prétentions que celui-ci avait au duché de Limbourg, 
comme usufruitier, et dont il se prétendait lui-même héritier, 
comme pelit'fîls du duc^Valeraii, quoique jusqu'alors il n'eût 

Joint figuré dans la guerre que le comte Je GuclJre ei le duc 
e Brabant se faisaient, à ce sujet, depuis six ans- Mais, aalmé 
par Isabelle, sa sueur, comtesse de Flandre, par l'archevêque 
de Cologne, et parles autres princesalliésdu comte de Gueldre, 
Henri prit alors les armes pour faire valoir ses droits contre le 
duc de BrabanL Ce dernier élant veau assiéfi;er le château de 
Wceringen sur le Rhin , entre Cologne et r^uils, apparie nanC 
à l'archevêque , le comte de Luxembourg et ses confedéréa 
volent au secours de la place. Bataille donnée, le 5 juin 1281^, 
entre les deux armées. Le comte de Luxembourg y est'pcrré 
d'un coup de lance , par Wautier de Bisdomc , et tombe mort 
sur la place , au gr.ind déplaisir du duc qui l'honora de ses re- 
grets. Waleran , son frère , eut le même sort. L'arclies^que de 
Cologne et le comte de Guejdre furent faits prisonniers après 
avoir fait des efforts incroyables pour rétablir le combat , et la 
victoire fut complète pour le duc de Brabant. On cbcrdia en 
vain , après la bataille, les corps du comte de Luxembourg et 
de son frère : il fut impossible de les distinguer parmi les autres 

Henri ÏV avait épousé EÉathix, Htle de Baudouin d'Avèn*s, 

eJgneur de Beaumont, dont il eut Henri, qui suit ; Waleran , 

irt au siège de Bresce en i3i 1 ; Baudouin, archevêque de- 



I 



s 40 CHEQ^OLOGIE HISTORIQUE 

Trêves ; et trois filles religieuses , dont la première , Félicité ,' 
avait épousé Jean de Louvain , dit Tristan , baron de Gaesbeck 
et d'Herstal , après la mort duquel elle se fit religieuse dominî- 
eaioe, à Tige cle vingt-deuk Sius , le la mars- i3i2y au prieuré 
4le Beaumont , à Valenciennes , et mourut prieure l'an i33G« 
(Richardf Histoire des couoents des Domimcains de Lille eà Flandre^ 

K\%% a8. ) Marguerite , la seconde, fiit religieuse dominicaine it 
arienthal 9 et mourut prieure. 

HENRI V. 

lâiSS. Henbi y succéda , en bas Ige , au comte Henri IV » 
ion père 9 9ov» la tutelle de sâ mère. L'«n laga , pour cimenter 
la paix entre sa maison et celle de Brabant, la comtesse, sa 
mère , de concert avec Marie de Brabant , reine-douairière de 
France , et la comtesse de Flandre , lui fait épouser Margue- 
BITS, fiUe aînée du duc de Brabant. Le contrat de mariage, 
dans lequel il fut expressément dit que le Limbourg resterait aa 
duc, fut signé à la fin d'avril, et le mariage célébré le mercredi 
d'après la Pentecôte (a8 mai). L'an 12949 le coAite Henri 
^igna, au mois de novembre, un traité avec Philippe le Bel, 
roi de France, contre Edouard I, roi d'Angleterre , ionoyennant 
une rente de 5oo livres tournois , et une somme de 6000 livres ; 
et comme la guerre était violemment allumée entre ces deux 
mohar(][ues, le comte de Luxembourg marcha en personne contre 
r Anglais 9 et y signala ta valeur. L^in i3oo , Henri , attentif à 
augmenter son revenu , établit un bureau dans une fle sur la 
Moselle , pour lever certains droits sur les passants. Les Trcvi-< 
rois s'offensent de cette nouveauté , qu'ils prétendent injuste et 
contraire à la liberté du conunerce. Ils courent aux armes , dé-^ 
truisent le bureau et maltraitent les commis. Henri y pour se 
venger de cette insulte , vient faire le dégât jusqu'aux portes de 
Trêves, qu'il menace même d'assiéger. La paix se fait en i3oa 
( V. st.) y le lundi après la mi-Carême. L'an i3o8 , Henri fut élu 
roi des Romains, le i5 novenAre, dans la diète de Rentz^ 
près de Coblentz, élection qui fut confirmée, le 27 du même 
mois, à Francfort. T^ aq juin i3i2 , il fut couronné empereur 
a Rome, et, Tannée suivant, il mourut, le 24 août, à buoii* 
conveoto , en Toscane. ( Voyez Henri VII , empereur. -) 

JEAN, 

1809. Jean, devenu roi de Bohême en 1S09 par son mariase 
avec Elisabeth, seconde fille du roi "Wenceslas, succéda, la 
même année, à rempereur Henri VI! , son père, d^ns le comté 



DES COWtfS HE LMEMflOl'RR. I^I 

«le Lnxenihoiirg, en vei'lii de la cf^ssion <jne ce prince lui en fit. 
Il a'avait alors que onze ans, suîvatit Albert <Ie Strasbourg. 
Le duc de Carinthie, qui avait épouîé la sueur aînée d'Eli- 
ubeth, se maintenait toujours sur le irâne de Boh^mL-. Jean, 
à la sollicïtalion des grands du royaume , s'y rendit sur la fin de 
l'an 1 3 lo, accompagné del'archevéque de Mayence et deBerlhold, 
" " ' roi à Prague , le 5 février 

traitements que les cheb 
essuyer, ou, selon d'à 



e d'Hennentcrg, et fut 
i3ii. L'an i^içti indigné des 
des Boh< 



très, pour s'éloigner de sa femme, avec laquelle il élait brouillé, il 
quilia la Bohême et vint demeurer à Lu.'tembourg. Le mardi 
ftvant le dimanche des Rameaux i3ig (v. st. ), le roi de Bohême 
fait à Louvain hommage au duc de Brabant pour le marquisat 
d'Arlon et le comtéde la Roche. ( Bulkens , tome I , p. .i«4- ] 
L'an iSaa , il se rend i, la cour de Charles le Bel , roi de France, 
qui épouse sa Heur, non le ai septembre, comme nous l'avons 
dit , mais le a4 août, jour de Saint-Barthélemi. (CAroniVa aulie 
regiœ , ch. XI.) De là il nasse à Avignon , et arrive par la Lom- 
bardie, en Bavière, où il combat , le aS septembre 1H22, à la 
bataille de Muldorff, pour l'empereur Louis de Bavière, contre 
son compétilenr Frédéric d'Autriche. L'an i3a4, élanl entrd 
dins la confédération de Ferri , duc de Lorraine , de Baudouin, 
- archevêque de Trêves , d'Edouard , comte de Bar , et d'autres 
princes, contre les Messins, il vint mettre avec eux le siéga 
devant Metz. Après avoir ruiné, pendant l'espace de diK-huit 
mois, les environs de cette ville, on accorda la paix aux Mes- 
sins, par traité du 3 mars liJ^S (v. st. ), â des conditions fort 
dures, Le comte Jean retourna, quelque tems après, en Bo- 
hème , où de nouveaux troubles l'appelaient. L'an i332 , de re- 
tiiur en Luxembourg, il prit parti dans la grande ligue de 
l'évêque de Liège contre le duc de Brabant ; et, l'année sui- 
vante , la même ligue s'étinl renouvelée contre ce duc pour un 
autre sujet, il fut encore du nonibre des chefs qui la compo- 
saient. ( Voyez Adolphe de la Mark , éeéque de Liège. ) Le mer- 
credi avant le dimanche des Hameaux (20 mars) i34i (v. st.), 
l^uxlouin , archevêque de Trêves et oncle de Jean , lui trans-- 
]<orte le comté , ou marquisat, d'Arlon, qu'il avait conltsijué 
sur Jean III , duc de Brabant, faute par celui-ci d'en avoir 
r."ndu hommage k siin église , dont ce fief relevait. ( Voyez Bau- 
douin, ari:beoi<jue dt Trives.) L'an, 1846, son attachement pour 
riiilippede Valois, roi de France, l'engagea, malgré ses infir- 
mités (il était aveugle pour lors) , à aller joindre l'armée de cO 
iirince en Picardie, Il combattit à la bataille de Créci , donnée 
II! 36 août de celle année, et y périt. ( Voyez Jean, roi" da 
Bohême.) 



I 



I 



CBBOTtOtOGIE niSTOBIQUS 

CHARLES. 



iceslas , son frère, qi 
lî propriétaire après 



I 



i34G. Charles , fils aîné de Jean l'Aveugle , lui succéd 
, ftu comté (le Lii«eml>ourg coinme au royaume de BoIiSiof 
I-e père Berlholet prétenD qu'il ne fui ■■ < - ■ 

de ce comté pendant la minorité de We 
en était devenu , selon cet écrivain, le V 
mort de leur père. Mais , par un acte de Baudouin de Li 
bourg , archpvéquede Trêves, daté du 4 novembre i34ti, et 
porté dans Tliistoire diplomatique de Tiùves (I. Il, p. i6i)i 
on voit que le comté de Luxembourg apparienait alors 
propriélé à Charles. Très-haut et très-puissanl prince C/iari 
y est-il dit , à t/uî le comié de Luxem/<ourg est échu. Chai 
avait été élu roi des Romains le lo et non le 19 juillet de 
même année. £urm , après avoir joui huit ans de ce comté « 
s'en démît en faveur de son frère , qui suit. 

WENCESLASI. 

i353, "Wencfslas I , fils de Jean , roi de Bohême , en r 
cevant le Luxembourg de l'empereur Charles, son frère, s 
la fin de i353 , le vil presque en même tems érigé en duel 

rar un diplôme de ce prince, donné à Metz, le l'à mars (i 
année suivante. L'an iM5 , après la mort de Jean 111 , duc à^^ 
Brabant, Wenceslas loi succède du chef de Jeanne , sa femm 
fille et héritière de ce duc. L'an i383, il termina ses jou 
à Luxembourg , le 7 décembre , sans laisser de postérité tgu'u 
fils naturel nommé Jean. Son corps fut inhumé à l'abbaf 
d'Orval. Pendant sa régence , 'Wenceslas relira la plupart * 
terres de son duché , que Jean , son père , avait aliénées. ! 
acquit, de plus, le comté deChinî, qu'il réunit aul"-""" 
bourg. ( Voyez Jeanne , duchesse de Brabant. ) 

"WENCESLAS II. 

i3B3. "Wenceslas II, fils de l'empereur Charles IV et*" 
d'Anne tle Schwtidnits, roi de Bohême en i363 , roi des Ro- 
mains en i37(f , empereur en jS^S, succéda à "Wenceslas I , son 
oncle, dans le duché de Luxembourg. L'an t388, le besoin 
d'argent le détermina à transporter ce duché avec le comlé 
de Chinî et l'avoueric d'Alsace , par forme d'engagement, à 
Josse de Luxembourg , son cousin , marquis de Moravie, Mais 
il parait qu'en faisant ce transport il se réserva quelque part au 
gouvernement. {Voye:^ "Wenceslas, parmi Itx empereurs el l ' 
roi'i de Boliéme- ) 



D£5 Docs DE luxemboueg: i43 

JOSSE. 

i388. JossB, marquis de Moravie, fils de Jean de Luxem- 
bourg, frère de l'empereur Charles IV, prit possession du 
duché de LuxeuiUiurg, du comté de Cliini et de l'avouerie 
d'Alsace, en venu du transport qui lui en avait été fait par 
Wenceslas H, son cousin. L'an iSgS, indigné, des excès de 
tout genre auxuuels Wenceslas se livrait, sans que ses malheurs 
pussent le corriger, il se concerte avec Sigismond , frère de ce 
prince, pour le faire arrêter. Ce dessein s'enécule, et Wen- 
cestas est enfermé pour la deuxième fois. Josse, néanmoins, 
ainsi que tous les .princes de la maison de Luxembourg , ne 
laissèrent pas de soutenir Wenceslas aprfcs sa déposition , pn;- 
teudant qu'elle ét^it nulle. L'an i^oa, Josse se dépurta du. 
gouvernement de Luxembourg en faveur de Louis, duc d'Or- 
léans, frère de Charles VI, roi de France. L.ouis ayant été tuà 
ie a3 novembre 1407, Josse reprît ce même goiivernemcnl. 
L'an i4i'3 T après la mort de l'empereur Robert, il fut élu, le 
1". octobre, par une partie des électeurs, pour surcéder â l'em- 
pire , dix jours après qu'une autre partie avait élu Sigismond , 
son cousin ; de sorte qu'on vit alors trois empereurs à la fois; car 
Wenceslas était encore vivant. Josse mourut, le 8 janvier de 
l'année suivante, âgé de soixante ans, à Bryn , en Moravie, 
sans laisser d'enfants de sa femme, dont on ignore le nom. 
Koebler lui donne, cependant, une fille nommée Elisabelb, 
d'après une épitaphe 01^ elle est simplement i^ualifiée^/ja Mar- 
thiimis Moravia:. 

ANTOINE DE BOURGOGNE. 

S jii- Antoise de BotjHGOCSE, duc de Brabant, ayant 
épousé, l'an 141^9 1 Elisabeth, fille de Jean de Luxembourg, 
duc de Gorlilz, obtint de l'empereur Wenceslas, oncle delà 
princesse, le duché de Luxembourg avec permission de le 
retirer des mains de Josse. Ij'an i4i > > i' conduisit quelques 
lances h Jean, son frèi'e , duc.de Bourgogne, dans la guen-e 
qu'il soutenait contre les Armagnacs. (Chaque lancier, avait 
neuf hommes sous lui , tant h. pied qu'à chevaf. ) De retour, la 
m^me année, il entreprit de retirer, les armes à la main, 
les villes de Montmedi , de Damvilliers, d'Orchimont et d' Yvoi, 
que le duc Josse avait engagées au duc d'Orléans. Après quel- 
ques lioslilJlés de part et d'autre, la duchesse-douairière d'Or- 
léans s'adressa au roi Wenceslas, qui conservait toujours la 



Srand'icain dans le I.usPmîiourg. Ce prince régla qu'elle gaJ 
erait les quatre villes conlcstéés jusqu'à ce qu'on lui eût renv, 
boarsé le prix de renj>3geii1enl. Anioine eut ensuite des déf 
, mMés avec ICdouard , duc lie Bar. L'an i4'5, Anioine étâ 
venu au secours de la France, contre l'Angll'ierre, fur lue, , 
s.T octobre, à la bataille d'Azincourt; son corps ne fiit reirdirf 
que trois jours après parmi les morts. On le parla à Bruxell^ât 
cl de U a Tervueren, où il est inhiinid dans l'église paroi 
( Co/ei Antoine, duc de Bratant.') 

ELISABETH DE GORI.ITZ. 

i'4i5. Elisabeth db Gorlitz , veuve du duc Antoine, pr 
les rfnes du gouvernement do Luxembourg aprb la mor * 
son époux. L'humeur impëiieuse de cette princesse indis 
(l'abord les esprits contre elle et causa un soulèvement dar 
duché. Pour le réprimer, elle s'adresse au duc de EourgognÇ 
son beau-frère, qui lui fournit des troapes, à la vue desquell 
tout rentra dans le devoir. Mais, pour prévenir la renaissance i 
ces troubles, Elisabeth donna sa main, l'an i4i8i à Jeaw 1 
Eaviehe, évéque non sacré de Liège, qui ne fit pas difficut 
de quîltsr son sïêge pour l'épouser. Il nt peu de séjour dans' 
Luxembourg, élaut tout occupé dans la Hollande, dont il 
obligé la comtesse Jacqueline, sa nièce, à le nommer son lîei 
tenant et son héritier présomptif. Sur la fin de l'ai 
élant allé en Frise pour y apaiser un tumulte , il y t 
.grandes oppositions de la part des mutins. Vn d entre eux 
nommé Jean Vliet , désespéré de ses succès, lui donna du p 
son, dont il mourut le G janvier i425(n.sl.). Son corps C 
enterré aux Dominicains tle La Haye. Mais l'empoisonaeui 
ayant été convaincu de son noir attentat , fut décapité, pui 
Bcarlelé, et ses membres aliachés aux quatre principales port 
de la ville. Elisabeth , sa femme , peu de lems après , Et cession 
de ses droits au duché de Luxembourg à Philippe le Bon , duc 
de Bourgogne, et se retira à Dijon , laissant à Philippe le soin 
(le s'accommoder avec le duc de Brabant pour toutes les 
tentions qu'il formait contre elle. L'an 14^1 , ayant fait de 
veaux arrangements avec les ducs de Bourgogne et de Brabanfl 
elle reprit le gouvernement du Luxembourg, Mais pendant piï 
de douze années qu'elle y régna ensuite, elle essuya une mq 
nité de contradiclmns. Lan i438, Albert d'Autriche, a 
des Romains, prétendit, au nom d'Elisabeth , son épouse, 
de l'empereur Sigismond, faire le retrait du Luxembourg i 
Elisabeth de Gorlitz n'était qu'engagiste. Maïs d'autres occu] 



^^^roi 



np niori ])réri|>iiit' ne lut avant pas permis Je poar» 
relraït, l'impériiirice . sa veuve, ceds , l'an 14^4, 
mois <!e décembre , la piopriéto du Lnxemhoufg à son ^narC 
illaiime , .lue «le Saite, ei à Anne, «afillc. EliwbHh de GorliU 
■ose à cp nouveau coiidiiTenll'hilippe le ltnii,iluc,(leBourgD'' 
, (ju'clle nomme Tnaml>our ou gouvenienr ila ).iiiinnl>ourg, 
bourgeois de celle ville, gagnes par tfs iVniss.iîres du duc 
de S31C , se souUvent contre ETisabclh de Gorlil/ , et l'obligent 
d'en sorlir avec les siens. La dudiesse se retire une seconde fois 
il Dijon. L'an 144:^, le duc lihilippe pari de celle ville le 9 
septembre , accompagne d'Elisabeth , et suivi de la pins bril— 
lanle cour, pour aller se melireà la l^te dci lioupes qu'il faisait 
filer dans te Luxendinurg. Les liciurguignuu^ prennent , par es- 
calade, la ville de Luxembouig la nuit du 31 au 33 novembre, 
et obligent, le it décembre suivant, la citadelle à capituler. 
J.e aq du m^rac mois , traiié de paix entre le duc de Saxe et le 
duc de Bour{;ogne. Le premier renonce à toutes ses prétentions 
sur leduchédeLuxembo irg, ordonne aux troi« élals du paysde 
reconnaître pour leur inailrc le doc de Bourgogne, et lesafeout 
dej serments qu'ils pourraienl avoir prêtés i d'aulres Elis:ibeth 
de GurlilE conljrme ce traité par la cession qu'elle fait à Phi- 
lippe de tous ses droits au duché de Luxembourg, au comté 
de Chini et h Tavouerie d'Alsace ;' après quoi elle se- relire à 
Trêves, où die mourut le 3 août t^ii, chargée de dettes, dit 
~ luver, et de la haine de ses peuples. 



PHILIPPE LE BON. 



I 



i444- Philippe lk Bon, duc 
de paix conclu entre lui et Guillaume, dur. 
nation qu'Elisabclh de Gorlilzlui lit de tous 
de Luxembourg et dépendances, prit posse. 
sous le simple litre de mambour , an commenci'i 
1444 C n. st. ). Il en partit , le 14 du mPme mi 
public une amnistie qui fil revenir à Luxembou 
belles que ses succès avalent oblïgi's de preiidr 
i45i, après la mort d'tLflsabeth de Gorlitz, éla 
le Luxembourg, il assembla , le aS octobre, les iro 
le reconnurent solennellement pour leur souverain. 
i4&9 1 le duc de Saxe, qui neregardait Philippe que comme di 
engagistede Luxembourg, fit revivre ses prélenlions de proprié- 
taire foncier de ce duché , et en traita dans ' 
annéeavec Charles VU, roideFrance. Celti 

,t point d'effet. L'an i4tia, Philippe, po 
XIV. 



,' après le taîlé 
Saxe, et la do- 

droits au duché 

■mrnl de janvier 
lois, après avoir 
,irg Ions les re- 
re la fuite. L'an 
nu dans 



s de la même 



X46 CHRON. «I5T. DE« BU€S B£ LUXEMBOCftG. . 

ment ce' duché dans sa maison , prit le parti d^acquérir le§ 
droits du duc et de la duchesse de Saxe. L'affaire fut beureu-» 
sèment conclue à Bruxelles , le 3 septembre de la même année ; 
et, le aS novembre!suivant , le roi Louis XI donna son désiste* 
xoent de la vente qui avait été-Êiite au roi soapère. Mais la 
maison de Montmorenci-Luxembourg a toujours conservé ses 
prétentions sur ce duché. Le duc Philippe mourut le i5 juin 
1467 Y laissant à Charles , son fils , le Luxembourg avec ses 
autres états. Charles étant mort le. S janvier i477t Marie, sa 
fille uniaue et son héritière, porta le Luxembourg dans la 
maison aAutriche , par son mariage avec rarchiduc Maximi-; < 
lien. 



N 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES COMTES, 



PUIS DUCS DE LIMBOUH& 



^^^Efe duché (le Limbourg , qui &il aujourit'hui , avec les cOlllISi 
lié Fauqiiemont et de Daelem et U seigneurie de Rolduc, 
des dix-sept provinces des Pays-Bas, est placé entre le p.iys de 
Lipge et lecludié Je' Juliers. Son étendue est d'envirort .dix 
lieues en loiij^ueur et s\x en larseur. Le Limbourg ancienne- 
ment était eii partie la demeure des Conjrusiens, des Segnîens, 
et depuis des Sinices. Conquis par les Romains et ensuite par 
les Francs, il échut à Louis le Germanique avec tout ce qui 
était en deçà delà Meuse, en tirant de l'Ourthe vers l'orient, ^r 
le partage que ce prince fit en 8 jo avec le roi Charles le Chauve, 
son frire. Ou prétend que, peu de tems après, c'est-à-dire au 
commencement du dixième siècle , le Limbourg eut déjà ses 
comtes, mC'me hérédilaires ; maïs tout ce qu'on hazardc à ce 
sujet est si incertain, qu'il ne mërile pas qu'on s'y arrête. Il est 
même fort vraisemblable que le pays de Limbourg ne fui connu 
sous celle dénomination que vers le milieu du onxième siècle , 
et qu'alors seulement il commença d'avoir ses comtes particu- 
liers, dont nous allons donner la suite d'après les mémoires 
que M. Ernst , chanoine régulier de l'abbaye de Rolduc, nous 
a fournis, munis de leurs preuves très-.savanles et très-claires , 
maïs trop élcnilues pour élre insérées dans cet abrégé. 

WALERAN 1, BIT LE VIEUX. 

ALERAH 1, nommé aussi Udon dans une charte de io6i,' 



^^Hn^ALERAH 



I 



comte J'AHon 
d'Adèle , fille il 



fih de Waieran, 



Tliif 



r de I<1 MoselUne 



t le 



■ ire 



I 



comte de Limbonrg ijui soit bien distinctement connu. Ce f 
pA- i» feta«n^ JWttk, oq JtjmtK» fille de Frédërie II \ 
Lùîeirtijouia, duc dp la fiasse Lorraine, (|u'il devint, vers r 
possesseur île ce pays. Il b3iii«lfirs sur le Wescr, ou l'Eau 
Wese, à cinq lieues d'Aix-la-Chapelie, et six de Liège 
château de Liiubourg, qui est aujourd'hui la canOale du du 
Waleran vivait encore vera loyn ; mais il n'était plus en i 
De son mariage il eut Henri , qui suit. 



HENRI I. 



1081 au pins tard. Hknhi, (ils de Waleran. devint son sur- " 
cesseuraii eomlé de Limbourg. l.'an lollâ, il fui de rassemblée 
des seigneurs de la basse Lorraine, (jui fut convoquée par 
l'évoque lie l.ii-ge , pour aviker aux moyens de réprimer les brt- 
gandagi-s qui dé.wbii'nL le p-ays. Le prélat leur ayant proposa 
d'établir un tribunal souverain , où les coupables seraient défé- 
rés et punis , tons y ronsenlirenl , à rç\ceplion du eiimte de ix 
Koche qui j'y opposa. Dcs-ters il fot regardé comme un enneqi^ 
public, tï^ forma une ligue contre lui , et Henri vint avec 1<4 
autres l'MEiéger d.ins son cbàleau. Mais celte ex|>édil.ian fuf 
«ww Succé», Vers l'an roqS, Henri fut aui prises avei 
bert, archevêque de Trè\-es, au sujet de certaines ti'ir 
d»le , coml esk d'jirlon , avai l léguées à l'église de Trêves, potM 
ra juiiir ap[^5 sa inori. Henri, prétendant qu'elles devaient !■ 
Tcventr du Hicf ilt- sa femme , lève des troupes et va /aire fl_^ 
tl^ll dans le Trevtruis. Le prélat, après I avoir inulileraent 
sammti de se iriirer, fubnina conlre hn une excommunication 
qui ne svfvii (ju'a lirrrlc)''- Hriirivint insulter la ville de Trêves. 
Mais il lut repoussé vigooreusement et obligé de se retirer s 
ses terifs. Ut-S' dissensions s'élanl élevées dans le même lems.j 
ï'alibaye de baiot-Tnin, Henri, en qualité de haut 
ce moiiitslère , ^milul en prendre connaissance, et augmenla |i 
mal en pralég«^nL les auteiiw de ce trouble , comme s' 
l'aUjé Hodulle dans h chronique de Sainl-Tn.>n. Si celle & 
duite demeura impunie , il n'en fut pas de même de l'u 
tion qu'il fit d'un alcu nommé Wumîsfeld , sur l'abbaye 1 
Vraym , el des venaiions qu'il commit envers d'autres églises. 
L'enipi'i'i-ur Hruri IV, de l'avis des princes, lui fit i ce suiet 
ta guerre au mots île mai iiix, détruisit ses châteaux, et ^ 

l'ayant assiégé <l.ii)s Limbourg, lu força de se rendre et de ré- 

larer les torts qu'il avait laits. Le comte Je Lïmb 

à la faveur d'une gioue somme qu'il offrît â i 



B]?$ COMTES DE hlMBOVM. l49 

|»i{nce , regagner ses bonnes grâces , et s'y insinuer si avant , 
iiu*il oUtint , la mt!me atmée , ie duché de la basse Lorraine 
avec le marquisat d*Anvers, vacants par la mort de Godefroi 
lie Bouillon. ( Voy. les diicx de fa èasse Lorraine:) Mais> dans la 
suite ly il abandonna son bienfaite-ur pour suivre le parti de son fils* 
rebelle. Il n\ persista pas néanmoins , et ne tarda pas à sentir 
la honte qu'il y avait d'aider un fils à détrôner son père. Voici- 
ce que nous apprend là-dessus la chronique des Sclaves. « L'an 
» 1 106, comme le duc de Limbourg étoit à la chasse , il aper- 
» 'Çut l'empereur Henri qui fuyoit , accompagné seulement de 
» neuf pei-sonnes , devant son fils. Il court à lui, et d'abord lui 
* cause de l'effroi , parce ciue l'empereur crut qu'il venoit 
» comme ennemi. Le duc, l'ayant rassuré, l'engage à venir se 
» reposer dans son château, en attendant qu'il puisse rasscm- 
» blér ses gens pour le conduire en sûreté à Cologne. Peu de 
» jours après, le duc lui donna une escorte de 800 cavaliers, 
» avec laquelle il se rendit en cette ville. » H n'en demeura 
point là ; ayant appris qu'il s'éîail depuis retiré à Liège, il alla 
Py trouver pour s attacher à sa fortune. Il en sortit un jour avec 
Vvaleran, son fils, et le comte de Namur, sur la nouvelle de 
' Papproche du* jeune roi Henri ; et s'étant posté au pont de 
Tîset , il y défit, le jeudi-saint 1 106, un corps de cavalerie que 
*e prince avait envoyé d'Aix-la-Chapelle pour oc< uper ce pas- 
sage de la Meuse. Forcé par cet échec de se retirer en Alle- 
magne, le jeune Henri tint une diète à Worms, dans laquelle 
fl mil le comte de Limbourg an ban de l'empire. 1^. comte 

Iroscrit n'en demeura pas moins fidèle à son devoir. H obligea 
î jeune roi d'abandonner le siège de Cologne, par les secours 
i^u'il y fil passer. Peu s'en f«*Uut même qu'il ne le surprît dans 
une autre occasion. Le vieil empereur étant mort sur ces en— 
trefaites au mois d'août, le comte de Limbourg fut cité à venir 
fendre ses hommages au nouveau roi. Mais il n en fut pas quitte 
pour une simple soumission : Henri V le fit mette en prison 
chez l'évêqne d'Hildesheim. S'étant échappé, il prit les armes, 
en 1 107, (>onr recouvrer le duché de I>orraine , dont ce prince 
avait donné l'investiture à (àrodefroi , comte de Louvain ; mais 
te fut sous succès. ( Voy. les ducs de la basse Lorraine. ) 
' L'an II 14, il entra dans la confédération des sdgneurs de 
Westphalie , soulevés contre leur souvei^ain sous les auspices 
de Frédéric, archevêque de Cologne. A la bataille d'Ander- 
nach , il fit la première attaque de l'armée impériale , qui pensa 
Penvelopper. Forcé de se replier sur le cor[)s de l'aimée , il 
combattit avec une nouvelle ardeur, et fut un de ceux qui 
roQtribuèrent le plus à fixer la victoire dans son parti. Le coml^ 
«le Limbourg signala encore sa valeur l'aiinée suivante à U 



i5o ctntoRotoGiB umomonB- 

bataille donnée, le 31 février, près de ia furêl de WeTphon^, 
entre GerUlad et Sandcrsieben , au comté de Mansfeld , où les*' 1 
Impériauit furent de nouveau iléfaits. Ce prince, aussi incfuiett ] 
et violent (|iie brave, linit sa carrière vers l'an tiiU. Il avait, ^ 
«pousé, suivant l'annaliste sanan, Ai)Éj.aïd&, fille de Bodon,. 
cooilc de Polteoslein , eu Bavière, et petitR-GlIe d.'Olton, niar-. 
quis de Scliweinfurl el duc de Suabe-, dont il eut Waleran^" 

3ui suit, et it autres. lils, avec trois filles : A^nès, mariée à Fré->'^ 
éric, corole palatin de Pulelendorf, eu Saxe (l'annaliste saxon^ ] 
la dit sœur de Henri, duc de l.imbourg; ce qui prouverai^ i 
qu'elle élail fille de Wakran II); N. , femme de Frédéric 1» ' 
Belliqueux, contle d'Arnsberg, en Weslphalîe ; etN. ,aUiéo ' 
à Henri 1, romle de la Eloche, en Ardennes. (jîlbprLdt! Mon^ ] 
me â Henri une seconde femme , fille tle Gérard , comte df "] 
* ' Gueldre ; mais il se trunipe , elle lipousa Walerau , soc 

WALERAN II, DIT PAYEN. 

n8. Waleban, successeur de Henri, son père, au comté* ] 
' de Limboorg , joignit ses aimes, l'an 1 1 iq , à celles de Gode— 
frùi, camie lia Niuiiur> pour soutenii' l'éleclinu récente d(Q 
Frédéric, évèque de Liège; frère de ce dernier, conlr* I 
Alexandre, son eompélileur. Celui-ci, assiégé dans Hul paP'Tj 
' ces deux comtes et d'autres seigneurs, fut obligé de se renoie^v 
*L de renoncera ses prétentions. L'an 112S, Waleran fiiti-^ 
gratifié par l'empereur j.othaire 11 du duclié de la ba^ Lorrainb' 
et du marquisat d'Anvers, dont il avait ifépouiUé Godefr&i d^^ 
Louvain, Ce dernier prit les armes pour se maintenir, ' '^ 
-à hçal de conserver le marquisat d'Anvers avec une partie ds 1 
la bosse Lorraine. (Voy. les ducs de ectie proxHtwe.) L'aoné»^ 
■uiv.inte, Walerau ajouta eni;ore à SCS domaines l'avouerie dft 1 
la ville de Duisbourg sur la Roer, que l'empereur lui doonV 
avec la charge de grand-niaJtre de la vaste forci voisine de celtSEl 
\ille Ces dignilés ne furent point viagères ; elles passèrent àum^ 
successeurs de Wab'ran dans le pays de Llmbourg. La mên 
année, de concert avec 1 ev^tiiie de Metz, il enleva, tes arraujiM 
i la main, la sous-avouerie de Sainl-Tron à Gidcbert, coml«a 
de Duras, qui ialctiail de lui comme liaul-avooé, et eu abuuît'J 
pour vexer cefie ablaye. Alexandre, évoque de Liège, poup4 
punir Gislebert de ses violences , avait aussi confisqué le coml^v 
de Duras, qui élail de la mouvance de son église. Waleran aîdap 
de s M armes le prélat à mellre ce jugement à exéçulioi 
[ distiogua dans d'autres expéditions , et mounit au commence-^ | 
L ment de l'an 1 1^9 , avec la réputation d'un excellent prini 
f JuTTE) ou JuutTU, Goa dpouse, fille de Gérard^ comtç. ^'^ 



l)Ed DUCS DE LIMSOURG. l5l 

Gueldre , Wrilîère de Wassemberg , lui survécut jusqu'an 24 
Juin iiSi , et, sur la fin de ses jours, se fit chanoinesse à Pab- 
iMiyedeRode, aujourd'hui (17H5) Closter-l\ode , ou Rolduc 
«n- français. Leurs enfants furent Henri, qui suit; Waierany 
comte dPArlon, mort, avant Tan i i5i , sans lignée ; Gérard , 
seigneur de Wassemberg, décédé après iiS3; Béatrix, femme 
âe Rupert, comte de Luremberg, ou Nassau, déjà veuve en 
tiS8^; et Adélaïde Y mariée à Ëkebert, ouËrlebert, comte d% 
Tecfklenboftrg. 

HENRI IL 

Il 39. Henjii ^ fils aîné de Waleran , lui succéda au comté 
^e Limbeurg , ainsi qu'aux àvoueries de Duisbourg et haute 
avouerie de Sainl-Tron , à quoi il réunit le comté d'Arlon , 
Van ii5i , après la mort de Waleran , son frère , nui en était 
pourvu. Le duché de la basse Lorraine ayant élc clonné. Tan 
•1140 , â Godefroi le Jeune, par l'empereur Conrad, Henri fit 
^e vains eJfForts pour l'empêcher d'en prendre possession. ( Aucf, 
'Oemblac. ) S'étant réconcilié depuis avec Conrad , il fit en son 
nom la guerre , en 11 44 9 ^ Goswin , seigneur de Fauquemont 
■et de Heinsberg, pour avoir refusé de rendre à ce prince 
des alleus royaux qu'il tenait en fief de la couronne. Après 
l'avoir battu et avok saccage son château de Heinsberg, il l'obligea 
de satiisËiire Tempereur. Il espérait que le ducné de basse 
Lorraine serait le prix de ce service , comme l'en avait flatté 
Conrad. Mais, se voyant trompé dans ses espérances, il fit 
la parx a\'ec ce même Gosw^in , et tous deux se jurèrent de 
•s'entraider réciproqnement. Alors Henri , assuré de ce secours, 
lounla ses armes contre le duc Godefroi le Courageux. F.es 
hostilités durèrent jusqu'en 1 155 , et finirent par le mariage de 
Marguerite^ fille de Henri, avec Godefroi, qui, par-là, de- 
tneura paisible possesseur de la basse Lorraine. Henri, cependant, 
retint une grande partie desArdennes, qu'il transmit avec le 
litre de duc, à ses successeurs. Le duc Henri mourut avant la 
fin de II 70. 11 avait épousé en premières noces. Tan 11 3^, 
Mathilbc , fille d'Adolphe, comte de Saphenberg et seigneur 
de Roldijc, morte le a janvier i i4^ ^ ^^ inhumée à l'abbaye d& 
Rolduc , après avoir donné à son époux, Henri , qui suit ; Gé- 
rard, seigneur de Reifferscheid ; Philippe, seigneur de WiU 
denberg; et Marguerite, dont on vient de parler. (Mathilde 
lui avait apporté en dot un grand alleu dans l'Hasbaie avec 
Tavoueriede Rolduc.) Il épousa, en secondes noces Laurexce, 
ou Lauaette , fille de Tniérri d'Alsace, comte de Flandre, 
<i, veuve, i^ d'ivaia , comte d'Alost ; :t^. de Raoul, comlc de 



|Sa CHRON0ix)r.i£ historique 

Vermandoîs • mais ils fuient depuis séparés pdur cause df 
pareille, (Bouquet , tom. Xlll, p. 558.) 

HENHI fil. 

1 170. Henri III devint le successeur de Henri II, son père, 
9u duché de Limbourg et au comté d'Arfon, qui de son teins 
fut érigé en marquisat* L^an 11 72, il se jeta (Ton ignore* paf 
quel motif), sur les terres de Henri l'Aveugle, comte de 
Namur , où il fit le dégât. Le comte, qui n'était point pré- 
paré a une attaque si brusque, sortit de ses états et s taifuil jus- 
qu'à Metz. Baudouin V , comie de Hainaut , neveu du comte» 
.de Namur, n'oublia pas. son oncle dans cette détresse. li entra 
dans le Limbourg, dont il saccagea une partie , et vint ensuite 
assiéger le duc dans le château d'Arlon, où il s'était retiré. 
ïiC siège fut poussé avec tant de vigueur . et la place serrée de 
si près , qu'au bout de dix jours le duc demanda à capijtuler. 
On conclut un traité de paix, où le duc et le comte se firent 
réciproquement quelques cessons. (^ Hannoniœ' Chron.) L'»n 
iiiiâ , au mois de mai , Henri de Limbourg procura réiectiOQ 
de'Folmare, archevêque de Trêves; ce qui occasiona un 
jschisme dans cette église. L'an 1(^9, ayant donné en fief la 
sous-âvouerie de Saiftt-Tron à Gérard, comte de Loss, il se 
compromit par-là avec Henri, son neveu, fils de Godefroi, 
duc de Brabant, qui avait des droits sur ce bénéfice, du chef 
de sa mère. !-.e /eune prince avait dans le même tems une 
autre querelle avec le comte de Loss , qui lui contestait le 
comté de Duras , qu'il avait acheté de Conon , son dernier 
possesseur. Le duc et Gérard faisant cause commune, Henri de 
lîrabaut vint les assiéger dans la ville de Saint-Tron , où iU 
Volaient reaifermés. Mais , swv la nouvelle d'une irruption que 
Baudouin V, comte de Hainaut, à leur demande, avait faite 
dans le Brabant pour faire diversion , il leva le siège ppur 
aller à la défense de son pays. Baudouin ne Tallendit pas. Le5 
hoslilités cessèrent ; mais on ne s'accommoda que l'année sui- 
vante. ]/an iiyy-, il prit la défense d'Albert de Louvain , son 
neveu, promu a révéché de Liège, et chassé par i^lhaire de 
îiochstad, son compétiteur Lui ayant donné retraite chez 
lui, il le fit sacrer à Beims, après avoir obtenu ses bulles 
lie Borne, et se préparait à l'amener à main armée à Liège; 
niais le meurtre commis sur la pers(»nne du prélat , le ^3 no- 
Ncmbre, rompit toutes les mesures. Le duc. néanmoins, ré- 
solut de venger le sang de son neveu. Comme l'empereur 
Henri VI était soupçonné d'avoir trempé dans ce crime, dont 
\à voix publique cliargcait le comte de Hoçiistadt çt Lothairej^ 



isnn fi^Tp, le* ducs Je Limliourg et de Biabant, fomièrcnl 
niw cotijtiralion avec plu s'u'uvs princi-s Je l'empire, pour dé- 
poser le monarque ; et, eti atlenJant qu'elle «ûi son effet j jls- 
allèrent saccager , au commencement ae l'un mij3, le comt 
de Hmhilalt. Des amis communs vinreiil néanmoins i lioul de 
les réconcilier avec l'cmppreur. Alors le duc de Limbourg 
brigua le siège de Liège pour Simnn , snn fîli, et gagna la 

Flviralité des suHriiges. Mais, sur Tappcl Je i|ua1re arcliidracret, 
élection ayant élé cassée □ Rome , en eo fit , le i8 iio\-embre 
iiq4» ""e nouvelle nui tomba sur Albort de Cuycic. Le dix: 
Henri voulut soutenir celle de son fils par b forç« ; il n'y 
réussit pas. Le pape Céiestin III donna la pi L'férenceiu nouvel 
éla; el. pmir dédommager Simon en i)uel([ue aiirle, il l'éleva 
'au cardinalat , dignité dont il ne ijouit que quelques mois , étant 
mort le i". aonll i itjS. L'année précédente, à pareil jour , le 
duc de Limbourg avait élé pris avec Henri , sou lils, il la ba- 
taille de Neuville, sur la Mchaigne, où il combaiiait pour 
Henri l'Aveugle, comte de Luvembourg, contre le comte «le 
Hainaut; mais, quelques semaines après, ils recouvrèrent la 
liberté. L'an 1 197 , il envoya Walecan , son fils , à la croisade, 

K or acquitter le vœu (ju'il avait fait lui-mC'me d'y aller, et 
nt H s'était fait ensuite relever. Ce jeune capitaine, brû- 
lant d'envie de combattre, rompît d'abord à son arrivée, l'an 
roi d Angletene avec les Sarrasins : 
II croisés De retour en Allemagne, 
, pour l'hilippe de Suabe, élu roi 
1 du BrnnsMvirk, son compétiteur. 
nés de rendre la place, il se tourna 
a avec son père au couronnement 
ii()8. Il se retourna dans la suite 
m vil le duc de Limbourg et soi 
; parti , suivant que tours iiiléréts 



iiqy, la Iri-vttiaile par le 
■intidélilé qui roilta cher a 
il défendit Aix-la-Oliapdli: 
desKomains, cimlre Otio 
Forcé au bout de six sema 
du calé d'Otlon , e! asîis 
de- ce princ, le 4 juillet 
du côte de Philippe; el 1' 
fils changer 



particuliers le demandaient, (rodefroi de SaiLil-Panlaléoi 
puie mt)rae a Waleran tous les maui qui aflligi^rent l'Alle- 
inagne dans celte funeste querelle. Ce fut lui, sillon quelques- 
-uns, ou son père, suivant d'autres, qui embarrassa les troupes 
d'Otlon , dans des marais , à la bataille de Wassembej-g , 
flonnée l'an laoti, ce qui déroula entièrement les affaires 
de ce prutce. Avant cet événement, il avait pris part à qucl- 

3u«s aulres guerres. On voit en effet, qu'eu i202,aubiois 
c septembre, il joignît ses armes à celles du duc de Brabant, 
-contre ThierrI VLl , coraie de Hollande, qui fut battu et 
pris au combat de IleusUcn. Deux ans après , il appuya Louis, 
-comte de Loss, contre Guillaume, comte d'Ost-Frîse, au- 
^al il disputait te comté de Hollande. 11 fit d'abord le peo- 



I 



XIV. 



\i 



r 
I 



CHROSOLOGIS HlSTORIQnS 

sonnagc de médiateur: et, voyant que Guillaume, fier d 
corps de troupes qu'il avait tormé, ne voulait entendre à i 
cun aCcomniodement , il s'en retourna cliez lui apr^s 3\ 
aeiaé la terreur dans l'armée de son allié. Mais, Tannée s 
vante , !l revint en forces an secours du cunile de Loss. 
n'y eut cependant point de combat : sur le point d'en ve 
aux mains, les deux compétiteurs terminèrent leur quere) 
par un traité. ( Voy. /es comtes de llollande. ) Lar 
duc de Limhourg combattit, le i3 octobre, pour l'év^qj 
de I^iége, contre le duc de Ërabant , à la journée de Steppi 
oit le prélat fut vainqueur. L'année suivante, il fut un d 
chefs de l'armée d'Otton IV à la bataille de Bouvincs. qi 
fut si funeste à ce prince. Ce revers a>anl détaché la plupa 
des seigneurs de la Belgique et de l'Allemagne du parti d Otlr< 
Je duc de Limbourg fut de ce nombre , et entraîna aiec luî 
duc de Br^lianl dans celui de Frédéric de Siiabe, au couroil 
neroent duquel ils assistèrent i Aix-la-Chapelle. L'an iai5,i 
duc Henri prit la croix avec plusieurs autres seigneurs; ma 
on ne voit pas qu'il ait rempli cet engagement qui ne coDV< 
nait guère à son âge. Ce grand guerrier termina enûn sa rai 
rière l'an 1221, avant le i8 aoill, apr^s un récne des pli 
longs et des yfliis glorieux. Son corps fol porte à l'abbaye i 
Bokluc. il avait épousé Sophie , de la maison de Deux-Ponù 
(morte après l'an t i^S) , >qui lut donna Simon, dont on 
ci-devant parlé; Henri, seigneur de VVassemberg, mort ve 
l'an i:>(n ; Waleran , qui suit; Frédéric, avoué de Hasbayâ 
mort avant le i". mars 1212; Gérard, seigneur, à ce quM 
prétend , de Born , décédé le 7 décembre i2a5; Julie , mari^ 
à Goswin IV, si-igneur de Fauquemont, et Mathilde, dont I 
sort n'est point connu. 

WALEBAN in. 

L'an 1221, Walfran succède è Henri HI , son pire, 
dans le duché de Limbourg. I^es hostilités continuaient toi 
jours entre ce prince et fliilipne de Gourtenai. L'an laa 
(n. st.), Jeanne, comtesse de tlandre, s'élant rendi 
àiatrice, parvint à faire conclure, le i3 mars, un iiouveai 
traité de puix auquel celui de 1 199 servit de base. L'an ia34i 
wSèran noria du secours â Gérard, comte de Gucldre, 

delà Lippe, évéque d'Utrecht, dont les ofticiers avaienj 

molesté quelques-uns desvas&aux du comte. Mais, suivant Hedft 

comme on élail près de livrer bataille, Conrad, légal di 

étant survenu , termina le différent sans effusion de sang 

aab, la mort de Gcrtrude I fille et béritieru d'Albert 



. Jl _ __ . 

DES BCCS t»E llMBOmC, iSS. 

eonite de Dasslwure , de Metz et de Moha , ùécèâèe. sans ea~ 
fants, réveilla l'amUiliun de Walerau , et lui fit convoiter une 
partie de eel le riche surcession. Ddns ce dt-ssein , ïl s'empara, 
(le quelques iliAleaux que la fene conrilesse avait, comme son 
père , tenus en fief de l'église de Metz. 11 ae le fil pas inipuné- 
ment. Jean d'Aprtinonl, évéque de Metz, s'upposa forlement 
à celle entreprise.' On en vint aux armes, Pt il ne paraît pas que 
risque de cette guêtre ail été avanlagonsf à VValeron. Duns la 
même année, Engilberl , archevêque de Cologne, ayant été 
assassine le 7 novembre, Waleran pi-ofila df la consturnation 
de l'église de Cologne , pour détruire le chèteau de Weland- 
sbaus, où est aujourd'hui Wilnus, que le prélat avait fait l>â tir 
près (le Itolduc. Cet acte d'hostilité fut pour le successeur 
d'Kngilbert un motif de refuser au jeune Henri, fils de Wa- 
leran , l'investiture de certains fiefs que l't'gllïe de Colugne 
avait accordés à son père. L'an la^ti , W'il''r3n finit ses jours 
dans le mois de mai , au retour d'un voyage d'Italie , où il avait 
accompagné le jeune roi Heurt, Bis de l'empereur Frédéric 11. 
Il fui inhumé à, l'abbaye de Kobluc, près J'Aiit-la-(.hapeile. 
C'est à ce comte qu'on rapporte l'étahlissemenl du Siège des 
Nobles, tribunal qui subsiste encore 'i7'*'^l daiis le Luxem- 
bourg , et où l'on juge toutes les causes féodales et tous les 
tlifféients survenus parmi la noblesse. D'AnÉLi'iOE, sa pre- 
mière femme , fille , selon Bulkens, de Goswiu III , seigneur 
de Fauqucmoiit , Waleran eut Henri , duc de Limbourg ; VTa- 
, dit le Loitff ou le Jeune, seigiieui de Poilva 



; balai lie , en 124^', et MaT-guerili 






fut tué dar 

de Frédéric, comte d'IsJ'mberg, le meurtrier d'Engilbert, at^ 
ehevêquc de Cologne. KilM\^SETTE, sa secondf femme, veuve 
de Thibaut, comte de Ilar (moite le 2.1 ft^vrler i^^), lui 
donna Henri, comte de IiUicembijurg ; Gérard, seigneur de 
; Catherine , femme de Mathieu II , duc de Lorraine 



^^1^1 



HENRI IV. 



Jaafi. Henri IV, fils de Waleraii et de sa première femme , 
devînt duc de Limbourg après la mort de son père. L'au 
" ipereur Frédéiic II, (lui allait ou fel- 
■ eti Calabre , pour la Terre-Sainte. 
lyant allégué une maladie pour s en revenir de Brindes 
ou sa aotle l'attendait, le duc Henri ne le suivit pas dans ml 
retraite. Il s'endiaDjua avec plusieurs prélats et seigneurs de 
diverses nations , et arriva en Palesline , où sa présence releva 
lecouragi- des Chrétiens du pays. Déjà on y était instruit de la 



Frédéi 



inme-f 



(I«r«ctton <le re^pcL-eur i ei , surcettp nouvelle, nuarante n 
croJE» avaient abanilarrné la Terrt-S.ninli; pour s eu reioiti 
ohez eux. Le. dur, de Limliourg fut rois à la [èle de eu (pi 
tait de trougv^. Mai» à t^uoi les employer i* On éiaii eu li 
alost pour ileigx ans avec le siillan Coiadi». On s'asseii 
pour délibérer lii-Jcssus. Tiwis les croisés dyplareut un; 
ment qu'iU ne sont pai venus en Paleslîrt) pour y dt 
(Hslfs; qu'il n'y a point à liaUnccr pour -e\\\ entre 1a guerrt^ 
et leat départ. £n consrijui'nee, Les clier^.j laul ri:clésiaïlit|U0|i 
que laïques, concluent à rompre la u' 

ëe scrupules, que Curailin , disciil-ils, ne Tayanr lâilc que patt 
néceisilé, ne inati()UF-rait pas de Li violer le premier, des qu^ 
apprendi'ail le dépari des croisés. Mais , comme on approcnaîj 
dei'hiwer, il fut coiïvenu qu'on emploierait celli' saison ii rfj 
parer les villes de Cesarèe el de Joppé, pour aller, datis I^ 
prinlems suivant , à la coni^uèLe de Jérusalem. Vnilii ea sob^ 
stancece ijue le palriarche d« celle ville inandail au pape Gr^ 
^oire IX , qai a eut pas lion.te de rendre puIilUjuo ctilte letlré*. 
<:u l'iiisëraiit dans une liulle adressée à loui 1rs fidèles, pl rapyf 
poflée par Malhieu f*3rîs. Les réparaltrins que Iks croisés entrfrl. 
prirent, les occupé reul plus long-letos qu'ils n'avaient peni^ 
ik y travaillaient enraie au mois di-septembre t ast), lorsque l'eiqi^ 
persil i'Védùric aniva à la Terre-Sain le. Le dut Je Lioibooi^ 
fut au-devant de lui avec lo dergé et ses Iroupes , dont il 1«% 
remit le cfimmaudement. Mais, sur le refus que lirent le^. 
grands-ntakres des iriiis cliet vjerias , d'obéir à ua, prince, esrri 
(onunHitié , l'emptircur, pour prêveuir une déseriion totale j 
consentit que le duc de I.imbourg Pt les autres r.liefs donna»*) 
sent k's iirttres , sans le nommer, eomnie de la p.irt de Dieu 
de: la chirci'-iile. I.e duc Henri, A son retour, entra, l'a*, 
ii»3o, en f^iii'i're avec Henri de Moli'iiarck, arcliewsipie dft 
Çologtio . iiii sujel de l'avouurie de l'alibaye de Sigebert. Il a^i 
enl p<imL de Latailto mire eux , inai^i beaucoup de villes et w^ 
citâleaux plis et saccages de part Cl d'autre, 
ciierre du duc de Liaibourg avec Conrad, su 
deU»]eiM«-L IL eut dans <-clle~ri pour allié, le duc de Bra-'^ 
banl, que la prélat avait alt;3<}né au sujet du cliSieau de Da^s 
lem. La (laix se fit, en 1340, ati moyen ^u double mariage 4^ 
lisnnr de Conrad avec le premier (ils du duc de Limbourg,«j 
ducomlc de Hochsladl , neveu de Conrad, avec la (llle de \l^» 
lerau , fi-rre du duc. L'an la^t^ ou environ, Henri finit M% 
jiiurs, laissant de CumgaHDe de TiEac, sa fi^mme , Adolphe^ 
iTgc des dernii'is enraies de lîfirg . el Waleran, qui suiU 
Henri (ul inliuuie à Tabbaje d'Alienberg. 



Z, 



WAI.ERAN IV. 



Caleras IV, fils cl sucresseur Ju duc Henri , vert ia46, 
aTranOniina le parii de l'empereur Frédéric II, auijiiel son 
e avail été allarhé , pnur suivre celui de Guillaume , comlc 
Hollande ,'élu mi des Homains rn ia47- Après Utho" de 
'«limier, arrivée l'iin i^^l-, il embrassa le parli de Richard 
(|u'uno partie des élerlcurs lui avaïl donne 
L'an 1=58 (n. si.), il vendil à Henri III, 
îs fanions du comlé de Daelem. que les comtes 
HpchsIaJl avait lenus fn ficrde sesancStres. L'an 1268, il 
PS armes à relies de Tliicrri de Fau[[uemonl , son 
des comlrs de Clèves cl de la Marck, et du seigneur 
Heinsbcrg , pour assiéger Cologne dont les hnUtanis refu- 
- ' 'lire à leur archev?(|ue, Engilberl II. Il fut 

introduire par un suuterrain dans la ville, 
ijiwit du r4 au i5 cicinlive. (Chron. aUemaiide de Cologne, 
' 33iO Sa caplivité fut d'environ .piaire mois. Il recouvra 
ibcrié avant le iS février de l'année suivante, par l'entremise 
la garantie des rnmtes de Luxembourg , de Saine et de 



fclî?>' 



, 'Waleran s'appliqua , comme grand-voyer 
e la Meji^e et le Rhm , à le nettoyer des brigands 
ifestaii'nt impunémuit à U faveur de l'anarchie où rem- 
îre se Irnuvail depuis plusieurs années. L'au 127», après la 
mnrt Iragique de Unillaume , camie de Juliers , arrivée le 17 
mars de ccUe année, '\Valeran prend la défense des enfanti 
<le.ce prince, cniilre SifFroi de Weslerbnurg, archev^rjue de- 
ivabir leur hénlage. Lui ayant déclaré 
[guerre, il entre avec une bonne armée sur ses terres , où il 
j^ toul à ffu et à sang. Il assiège ensuite le château de ZuU 
, durant celte expcdilion , le légat étant survenu , 
ménnge un accord entre tes parlics. Cet accord ne fut pas du- 
rable , comme la suite de la vie de Siffroi le fait voir. Le duc 
^jlcrait li-i mina ses jours vers la fin de l'année lajq , ou dam 

I premiers mois de la suivante. Il avait épousé, 1". JurvE 
ideThierri IV, en ' "■ ■■ ^ ' 

m JBuikcns, d'Otl. 
al fûiat d cuFàiiits. 11 laissa 
suit. 
ERMENGARDE et RENAUD. 



e de CUves; a*». Ciphégonde, fdlei 

ÏLiis de Branilebourg, dont il 
u premier lit, Ërmcngarde, 



b'A?') <*a toSo. EnHEnr.Ar.DE , 
I au duché de I.imbour^ , a\ c 
, son épouk. file mourut : 



fiUe de Walcr 
: Renaud I, et 



rllV,IuisUC- 

ule (le Guel- 
ut le 1:: tuai 



I 
I 



I 



J 



ensoNOLOoie histoiu( 
IVSS. ItMECeque nousinférons d'une lettre d^E~s<>n ïUccAsstnq, 
combinée avec La suite des événements. (Bulkcos, tom. I, fie. 
p. 114.) 

ADOLPHE. 

126a. Adolphe, comte de B^rgi sixième db nom, pré-^ 
tendit, après la mon d'ErmengarJe , succéder an Huche de 
Limboui'g , comme plus proche héi'ilier. Maîï le comte â» 
Gueidre , mari de cette duchesse , refusa de s'en dessaisir, et 
se mit en élal de défense pour en conserver l'usufruit. Adolphe,, 
ne se trouvant pas en forces suffisantes pour le déposséder « 
vendit $esdroiis à Jean, duc de Urabant. Celui-ci, apr^sa»oii« 
inulilemenl oOerl les voies de droit à son rivât, prit celle des 
armes pour souienir son acquisllion. Le comte de Gncldre (, 
apprenant (|u'il s'éiaît mis en campagne , marche en dili5en.ce 
isa rencorUre. Elle se lit le 17 juillet 1284, pi'^s de Galope 
sur la Gueule. Les deux armées étant campées vis-à-vis l'une 
de l'autre , tout se disposait à une bataille. Des frères Mineurs 
la prévinrent , et par leurs remontrances, engaçèreni les dem 
chefs à s'en rapporter a l'arbitrage des comtes de Flandi e et de 
Hainaut. La décision fut que le duché contesté resterait au 
comté de Gueldre pour sa -vie, après quoi il reviendrait au 
duc de Braliant. Mais une clause qu'on ajouta, savoir, quête 
comte de Flandre aurait la garde du château de Limbnurg jus- 
cju'à U mort du comte de Gueldre , mécontenta presque éga- 
lement les deux parties, qui retiisèrent , l'une et l'autre, d'y 
acquiescer. Le feu de la guerre se ralluma donc et continua en- 
core l'espace de quatre ans. Le comie de Gueldre fut le pre- 
mier à s en lasser. Par le conseil de l'archevêque de Cologne, 
l'un de ses alliés, 11 prit enGn le parti de transporter son droit 
à Henri IV, comte de Luxembourg. L'acte de celle cession fut 
dressé au cliSleau de Fauijuemont , dans une assemblée de sei- 
gneurs, le 16 mai, jour de la Pente cfi te ia«S (et non laSj 
comme le marque Bcrtholet). Le duc de Brabaot , instruit ife 
re qui se passait, lole aussitôt vers ce château dans le dessein 
d'y surprendre ses ennemis ; mais ils s'étaient déjà retirés lors- 
qu'il arriva. Le comie de Flandre , qui était resté dans ta plor' ~ 
menaça un accord avec le comte de Gueldre et le duc. 
dernier, qui en voulait surtout a l'archevêque de Cidogne 
mit aussilAl à ses trousses, et , n'ayant pu L'alielndre , il > 
chargea sa colère sur les environs de Bonn , qu'il ravagea, i,es 
renforts que lui amenèrent les comtes de Juliers , Je IWrg st 
de la Marck , l'enhardirent ensuite à faire le siège du rhâleaji 
de Wceringen , place située enlie Cologne et Nuys, Le prélaL|f 



AéSt 



i 



DES DUCS IHE LIMBOtmG« tS^ 

<à qui elle appartenait , s^avance avec ses confédérés pour la 
^secourir. Les deux armées étant en présence , la bataille s^en^^ 
£agea le 5 juin. Elle fut opiniâtre et long-tems douteuse^ 

tisqu^à ce que le ccgmte de Luxembourg et son frère y périrent^ 
«Wcbevéque, le comte de GueMre^ «t d'afutres seigneurs ^ 
ayant été obligés de mettre bas les armes pour sauver leur vie, 
le duc eut bon marché du reste. Le -duché de Umbourg fut le 
prix de la victoire. Pour s^en assurer la possession tranquille 
et prévenir toute nouvelle contestation à ce sujet , il donna sa 
fille au comte de Luxembourg, fleuri Y, depuis empereur, après 
ravoir obligé, par (leur contrat de mariage, à renoncer à toute 
prétention sur le pays de Limbourg. C'est ainsi que ce duché 
resta dans la maison de Brabant , a où il passa ensuite , après 
son^extinction, dans celle de Bourgogne et de là, dans celle 
d'Autriche, parle mariage de Marie' de Bourgogne avec Maxi-> 
nûlien. 



I 

^ 



.^ Su 



■n^ 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES 



ÉVÊQUES ET PRINCES DE LIÈGE (*). 



^MVyit¥tM VWW %M¥yi m MVV¥ 



JjE pays de Liège, qui tire son nom de sa capitale appelée 
en latin Ludica^ Leodium , Leodîcum et Legia , a pour bornes 
leBrabant, la Meuse, le comté de Namur, la Gueldre et le 
Luxembourg. Il comprend cinq provinces, i®. la Hâsbaie, a**. 
.ie comté de Loss, 3". le marquisat de Franchimont, 4**« ^® 
Cpndros , 5°, l'entre Sembre-et- Meuse. Son étendue, est de 
trente lieues depuis les frontières du Hainaut, qu'il touche à 
l'occident, jusqu'à la Gueldre., qui borne le Liégeois à l'orient, 
et de vingt lieues depuis le Luxembourg, qui Tavoisine au 
midi, jusqu'au Brabant, qui le ferme au septentrion. Ce pays, 
lorsque César entra dans les Gaules, était habité par les Ebu- 
rons, dont on voit le nom changé, dans le siècle suivant, en 
celui de Tongrcs. Plusieurs pensent, néanmoins, que ce n'est 
»as le même peuple, et que les Eburons ayant taille en pièces, 
'an 54 avant Jésus-Christ, une légion romaine sous la conduite 
d'Ambiorix, César, après avoir vengé cet affront, fit venir les 
Tongres pour remplacer les r.burons, dont il avait fait un grand 
carnage, et que leur nom prévalut dans le pays. Mais, outre celle 
dénomination générique , il y en avait de particulières pour les 



(i) Cet article a été revu et corrige par M. Tabbé de Vaux, doyca 
de Saint-Pierre de Lie'ge. 



\ 



GHROF. 8IST. tta JVÊÇUU'IT PRtHOBS DK uiriE. l6l' 
habitants (les «lirTérentes contrées tjui composaient le Liégeois. 

Oay voyait les Atu3ti(|ue3, ainsi nommés de la ville Atualica, 
ou Aduallca Tangrarum ; Les Condrusiens, habitants du Coii- 
dros ; les Ambivariens, dopl U position est la jn^me que celle 
des ToxanJres, ou . Taxandres , représentée par le village de 
Tessender-LooE et par celui d'Ampl-van-Relz; les Centrons, 
dont )e nom subsiste dans le Heu de Chender-Malle ; les Gru- 
diens , qui avaient pour chef lieu Grool-Lonen ; les Pa^mens , 
qui habitaient entre le Condros et les Ardennes; les Segni , au- 
jourd'hui les Esseneux , etc. 

Suivant la tradition commune, Eucher , Valère et Materne , 

furent envoyés par saint Pierre, a Trpves , à Cologne et à Ton- 
gres, pour y prêcher révaftgile. Eucher était évéque, Valère 

diacre , et Materne sous-diacre. Materne , que Valère oi^onnst 

évËque , jela les fondements de l'église de Ton grès , y bSlîE 

une chapelle, ou plutôt une crypte 

ment du onzième siècle, y établit ui 

jusqu'à la translation <jul en fut faite, i 

par trente évèques. Telle est l'opinia 

les écrivains des bas tems, et dot ' 

f'ges dans la haute antiquité, 
aur *"-■■ '- •'" 



, vers le commence- 
1 siège épiscopal , lequel,' 
;n 730, à Liège, fut occupé 
n que nous ont transmise 
lous ne trouvons point de 
:i ce que le flambeau de Isi 
s fait apercevoir de plus conforme à U vérité. 

SAINT MATERNE. 

Saii^T Maternk éiait le troisième évéque de Trêves et le 
premier de Cologne et de Tongres, au commencement du 
quatrième siècle. Il assista aux conciles de Rome et d'Arles , 
tenus contre les Donatistes, le premier en 3i.^, le second en 
'àili, et il y souscrivit avec U seule qualité d'évéque de Cologne, 
parce qu'alors le pays de Tongres faisait partie de ce diocèse. 
" ';n fut séparé qu'après la mort de Materne, dont on ne 
fixer l'époque. ^ Voyez Us étêt/uei de Cologne. ) 



i 



SAINT SERVAIS L 



Saint Servais I, successeur de saint Materne, fut pro- 

F rement le premier évéque particulier de Tongres. Il assista, 
an 347. au concile de Sardique , où il prit la défense de saint 
Alhanase. L'an 35o, il fut du nombre des ambassadeurs que le 
tyran Magnence, après avoir lue l'empereur Constant, envoya 
i l'empereur Constance pour traiter de la paix avec lui. L'an 
"' ^, étant au concile de Himini , il fut du petit nombre des 
répidcs défenseurs de la divinité de Jésus-Christ. Les savant» 
ii'accordent point sur l'année de la mort de saint Servais. 
XiV. 




I 






^^^^^ cHRoiïOLociB msToaiQi_ ^_ 

I Dm la mettent en 38a, les autres en 384, pTuMetm 
'Î88, et quelques-uns en 38g. Mais un manuscrit trouvé pi 
Vendelin, à MaëslHcht, décide la JiTficullé, en marquant I 
Ainrt de ce saint au troisiènne des iiles de mai, ou treûièn 
jour de ce mois, la deuxième férié de la Pentecôte; ce quî'S 
rapporte à l'an 384. Sous le pontificat de saint Servais, U 
Francs saliens s'étant empnrés de la Toxaiidrie, le césar Julie 
marcha contre eux l'an 358 , et les obligea de se soumettre 
l'empire romain. 

SAINT AGRICOLE. 

Saint Agricole fut le successeur de saint Servals. C'fS 
tout ce que l'on a de sdr touchant la personne de ce prélat. Oi 
n'a pas plus île lumiëtes sur les trois qui viennent après lui^ 
quoi qu'en disent certains maniiscrils du bas âge, oii t'oa' 
marque l'origiiie de chacun d'eux et la durée de leur épiscopaUit 
lrf>s anachronisraes que renferment ces monuments sufGst'Al 
pour leur ôter toute créance. C'est ainsi qu'en ont jugé nos plu 
habiles critiques. Ces prélats sont : Ubsicin ; Désighê, don 
la fête se célèbre le i"^. décembre, quoique la chronique bëh 
gique marque sa mort au i3 janvier; et RehÉ, ou RbsighÊ. 

SERVAIS II. 

Servais II remplaça ce derniw. C'est le même qui est 
nommé Ah&vais par Grégoire de Tours, et Arvais par Frédé-fl 
çaire. Ces deux auteurs racontent que ce prélat, apprenant quOV 
les Huns se disposaient â pénétrer dans les Gaules, fit un voyagw 
à Home pour consulter le seigneur devant le tombeau de saiiit| 
Pierre sur ce qu'il avait à faire, et le prier de détourner cti 
Héau; mais que saint Pierre, lui ayant apparu en songe, liât 
répondit que l'arrivée des Huns dans les Gaules était ari^léé^ 
dans les décrets du ciel; que cependant il n'en serait pas té- 
moin , sur quoi Servais , étant de retour cbez lui , ordonna dél 
cacher tous les vases 'acres et de préparer tout ce qui était n^ 
cessaire pour sa sépulture; qu'en effet il mourut quelques jours'' 
après au milieu des larmes de ses ouailles , et que l'année suï— ' 
-vante les Huns accomplirent sa prédiction par l'irruption qu'iUl 
firent dans les Gaules. On voit, par-là, combien se sont méprisa 
Sigi-bert, Gilles d'Orval, et d autres historiens qui ont écHA 
depuis le douzième siècle , lorsqu'ils ont confondu Servais I|t 
avec Servais 1 ; car l'entrée des Huns est de l'an 43i , et en pr<v^ 
longeant la vie du premier Servais jusqu'à l'an ^Sa , il faudrait^ 
lui.donnrr au moios cent trois ans d'épiscopat. De ce que Grè^ 



nés tvifjVES et fkihres »b miégs: 



10» 



Îjoire Domme loujours cvéque île Maëstriclit le second Servais, 
esauteurs <lu Gullia Cliristiana^ d''aprèsHenichenius, inf&rent 
qu'il transféra son siège de Tongres en celle ville. Mail le pèrs 
Foulon met cette traoslalion sous Servais, en 'àà'i ou 3U4; à 

3uoi il ajoute que les successeurs de ce prélat ne-laissérent pas 
e se qualifier toujours , malgré celte translation , évoques de 
Tongres, de raéme que les papes, durant leur résidence à Avi- 
gnon, coulinnèrent à prendre la qualité d'évêqMPs de Rome; 
Le père de Marne soutient, au contraire, qu'ils furent pro- 
prement évêques de Maëslricht , et qu'ils furent souvent ainsi 
quaUGés depuis iju'iU eurent transféré leur siège en celle ville. 
Du reste, c est ici, comme il le reconnaît lui-mÉme , uoe pure 
question de nom qui ne mérite guère qu'on s'arrête à la dis- 
cuter. 

SULPICE , OD SUPPLICE. 

45o. SULPlCE , ou Supplice , vient â la suile de Servais 11 
dans les catalogues des évéques de Tongres, Le P. Lé Cointe met 
sa mort au iS janvier de l'an 4&3. Sa fSte est marquée à ee jour 
dans les calendriers du pays de Liège. D'autres la mettent au 
jour précédent. Celui de la Chartreuse de Kruxe Iles place au 
i4 août sa transUlion. 

QumiLLE, OU QUIVILLE^ 

4^5. QuiRiLLE, ou QïiiviLLE , qui munta sur le siège ôt 
Tongres après Sulpicc , était fils du comte de Uisnanl, suivant 
un manuscrit de la bibliothèque d'Eirées, qui lui donne qua- 
ranl» ans d'épiscnpat ; ce qui est uo« erreur , comme U suit» 
le fera voir. 

EUCHER, ov EUCHAIRE. 

EccuEB, OU EucHAiRË , succéda à Quiville. Quelques-un& 
L'honorent du titre de saint. On ne lui donne communément 
que deux ans d'épiscopat, 

FAUCON. 

L'an 49^. Faucon , frère d'Euclier, lui succéda au siège Je 
Tongres. A peine en eut-il pris possession, qu'il empiéta, 
peut-être sans le savoir, sur les droits de l'égfise de Reims , ea. 
ordonaaitt des clercs à Mouson , ville dépendante de ce diocèse, 
et en y levant la dixme. Saint Rcmi , évSque de Reims , lui 
•ccLVÎt i ce sujet une lettre très-forte , laquelle néanmoiiui 



renferme des traits honorables à Faucon ; car elle nous apprend 
<fu'il avait été Tait évâque par violence , que son ordiiialion 
*l3il l'effet d'une singulière providence , et que son zèle l'avaic 
porté à faire t'antiripation dont le saint év?(|ue se plaignait, 
tes anteurs du GaUia Ckrlstiona placent cette lettre en 497! 
et le P. Foulon , d'aprJ^s le P. Siimond , en 5a4. On ignore 
Tannée de la mort de Faucon. 

EUCHER II. 

Faucon eut pour successeur ËUCHER II, suivant quelque! 
ancien^' catalogues, qui ne nous apprennent que le nom de c« 

prèlàt 

DOMITIEN. 

"DoMtTtEN remplaça l'évêqoe Euclier. Le pays de Tongres 
Êisait alors partie du rdyaunie d'Austrasie depuis la mort de 
Ctovis, qui ivait partagé en quatre sf.« états pour Mt quatrf* Gis. 
Domitien assista, l'an 549, ^*^ cinquième concile d'Orléans et 
I à celui de Oermnnt , tenus cette année l'un et l'autre; et son 
i Bom te trouve dans les souscriptions , en celte manière ; Domt- 
tianas epîscopus Tungronim quod est Trnjer.lum. Sa résidence u« 
fui point fixe : il demeurait lanliit à Tongres, tanlfti à Maës- 
iricliC , et tanlât à Hui, Buchcrius met sa mort en 558. 

MONULFE, ou MONHOU. 

558. MoNDLFE, ou MoNBOU, successeur de Domitien, goa-< 
veroa ion église l'espace de trente-neuf ans. Il fit construire k 
Uatistrichi , où il résidait , une église magnifique pour le tems, 
sous l'invocaiion de saint Servais, dont il y fit transporter !b 
corps. Il avait entrepris de rebâtir la ville de Tongres , enseve- 
lie sous ses ruines depuis qu'elle avait été dévastée par les bar- 
bares : mais l«s conjonctures n'étantpoinlÊivorablesa ce dessein, 
1 il fut obligé de lais.ier h ses successeurs le soin de l'etécuter. Il 
i mourut dans le mois de juillet Sgj, et fut inhumé à Maëslricht| 
[' dans l'église qu'il avait bâtie. 

' GONDULFE. 

Scij. GoNDDLFE, succeseur de Monulfe, gouverna saînte- 

ihentl'éRiise de Tongres, ou de Maé'striclil, l'espace de sept ans^ 

", suivant Gilles d'Orval; d'autres font durer son épiscopat plus 

Itjng-Iems. Il n'y .t rien de rertain U-dessus, sinon qu'il mouruf 

\* :>(] juillet , -ians qu'on puisse dire en quelle année. 



BFs iytijtnts vr ïrikces im i\ic«. «fis 

SAINT PERPÉTUE. 

r.SAlNT Perpétue , dont le nom est célèbre à Dinani , succéda à 
^_*ondulfe, et fut remplacé par Euregesile. Tous deux sont rais 
I tfi nombre des saints. Mais la mémoire des actions r|iii les ont 

saiictîriés , n'est point parvenue jusqu^à nous. Il parait qu'Ebte- 

gesile mourut vers l'an ti3i, 

JEAN L'A-GNEAU. 

63i ou environ. Jbw l'Arceau (Joaimes Agnus") monta 
r le siège de Tongres, ou de Maëstrîcht, après Ehregesiie, Il 
Ut d'une famille noble , et avait été eaua^é dans le mariage, 
bn gouvernement fut sage, Hériger , suivi par le P. Foulon , 
tel la mort en 63^. Mais elle dut arriver beaucoup plus ta(d, 
Htooins qu'elle n'ait élé suivie d'une vacance de douze ans dans 
f siège de Tongrei , ce qui n'est nullement vraisemblable. 

SAINT AMAND. 

V'64g. Saiwt Amand, nalif d'Herbauge au diocèse de Nantes, 

witaire dès l'âge de vingt ans dans l'Jle d'Oye , sur les cfites da 

nloitou , retiré ensuite dans une cellule voisine de la cathédrale 

e Bourges, où il vivait sous la <Iîfertion de l'évâque saint Aus- 

rfgesile, tait évéque lui-mËme en 628, coaisévéque régionaire, 

■ar les prélats de France , au retour d'un voyage qu'il avait fait 

pHome, missionuaire ea Flandre, en Esclavnnie, en Catinlhie, 

\ dans les provinces voisines du Danube , fut élevé sur le siège 

f Maëstricht ou de Tongrcs en 649. U ne l'occupa que l'espace 

e trois ans, et le quitta, l'an 65^, pour reprendre ses travaux 

wsiollaues. Dans les dernières années de sa vie, cassé de vieiU 

e et de fatigue . il se relira dans l'abliayc U'EInonc , l'une de 

Iules qn'i) uvait fondées en Flandre , et qui porte aujourd'hui 

' 3 nom , la gouverna pendant quatre ans eu qualité d'abbé , et 

mourut l'an 6jâ , suivant l'opiiiion la mieux fondée. 

SAINT REMACLE. 

. Saikt Remacie, premier abbé de Solignac en Limosin, 
Ipis de Cognou , ensuite de Malmedi et de Stavelo, fut choisi 
V saint Amand pour le remplacer sur le siège de Maeslrlcht. 
bn 653 , il fit , par ordre de Sigeberl , roi d'Austrasie , et de 
kgrément de Cuniberl, archevêque de Cologne, la consécra— 
bn de ces deux derniers monastères, que ce prince, à la cour 



I 



"- 1 

our ^M 



TintowiioGrE HiïrmwîirE' 
duquel il élait granJ-réfé rend aire , avait fondés en sa con^Jéra-^ 
tion. L'an titis, le ilorangemenl de sa santé l'ayant obligé d'ab— 
otquer, il se. retira à Matmedi . il'où , après quelque tcras, il se 
fendil à Stavelo. 11 gouverna d'abord ces deux monasiére»; puis 
il se démit de Malmedi en faveur do Papolen , qu'il en lit élire 
■bbé. Kemacle mnurut en odeur de saialeté, le 3 septembre, 
entre les années 6G7 et 67 1 , suivant les Bollandistes ( ad diem ,' 
3 sppt. ) , et en CjS , selon le P. foulon , doot l'opinion Hoiu- { 
paraît moins fondée que lelle de ces critiques, 

SAINT THEODARD. 

66a. Saint Théopabd , nd de parents illustres et distingué» 
\ la cour do roi Cioiairc 11 , d'abbé de Siavelo et de Malmcdî ,. 
devint évêque de Maastricht par la démission que saint Remacle. 
fit 4c l'épiscopat en sa faveur. Il marcha sur les traces de son 
prédécesseur; mais plus zélé que lui pour les intérêts lemporeU. 
e son église , il entreprit de 1 a faire rentrer en possession de.' 
plusieurs fonds, que des laïques avides et puissants lui avaient 
mievés. Sun autorité n'étant pas assez forte pour opérer ce re— 



n marche 



pour aller implorer la prolec 



Ecouvremeiii, il se n 
Ption de Lhildéric , roi d'Austrasie. On devina le but de s 
, Tnyage ; et ses ennemis , l'ayant attendu sur la roule , le massa—' 
srereni dans la fori^l de Bivall , près de Spire, le 1 7 septembre 
de l'an 672 ou environ. Il fut in humé sur la place; mais son suc-- 
cesseur fit apporter ses reliques à Maestricht. L'église l'honarey ' 
comme martyr au jour de sa mort. 

SAINT LAMBEftT. 



673 ou environ. Saint Lambert , né , vers l'an 640 , de pa~- 
, renis noMes à Maëstricln , disciple de saint Théodard, lui suc- 
céda dans l'episcopat. Les premières années de son gouverne-. 
Bienl furent tranquilles sous la protection du roi Childéric, qui. 
honorait ce prébt d'une estime singuUàre. Mais ce prince ayant' 
' ^té tué l'an 674 i Lambert se vit eu butte aux persécutions du- 
I luaij^ Ebroin, l'ennemi déclaré lic tous les évéques qui n'ap-' 
; prouvaient pas sa tyrannie. Lambert , par l'ordre île ce ministre, 
* tut chassé de son siège , et Faramond mis en sa place. C'était un 
toup qu'on substituait au pasteur. Pendant les sept années qu'il 
I jouit (le son usurpation, Lambert, retiré à l'abbaye de Stavelo, < 
I y vécut dans les exercices delà vie religieuse. La mort d'Ëbroin, 
arrivée au commencement de t^an bS\ , changea la face des al- ' 
£iires. Pépin de Hérislal, son successeur dans la dignité de.' 
nuire d'Austrasie, l'cmpressa de rendre Lambert à son églisa^, 



hi 



■Après avoir chassé celui qui l'avait suppbiilé. Le prêtai, k ma 
E Ktour. déploya son zile pour rt-parer 1rs maux (joe sa, longue 
K absence, et les ileportemenlsdeFiiraniond, avaient cautcs parmi 
Etes ouaillej. Mais, tandis qu'il consacrait tous ers soins au salut 
P ^ âmes , deu» parents de Dodon , principal officier de Pépin , 
Wv. frère, dit-on, d'Alpaïde, sa cnncutiiae, abudai^ot de leur 
H^rédit pour envahir les terres de son église. I^iamlierl , après des 
^nnionlrances inutiles, n'opposa que la patience i ces eic^s , et 
Rie contenta d'en gémir devant le seigiieur. Celle nmdrralion ne 
■^t point du goOt de ses neveux; ils se déclarèrent hanlemi-nt 
Hps ennemis de Gai et de RiolJ : c'étaient les noms des deux 
P^visseurs. l^es choses en vinrent au point que, n'y ayant plus 
Hoc sûreté pour les neveux du saint évoque, ils prirent • à l'insu 
■de leur oncle, la résolution de prévenir les mauvais desseins du 
■leurs adversaires, et les assassinèrent avec le secours de leur* 
■amis. Dodon , furieux de la mort de ses deux parents, s'en prit 
Bal'évéque de Maëstricht, dans la famille duquel le crime sV- 
Bnnt commis. Lambert s'était retiré dans un village sur la Meusi?, 
Ul six lieues de celte ville, où ses neveux l'avaient suivi, Dodon 
■^nt l'y- chercher avec une troupe de soldats, et massacra l'oncle 
Vci les neveux, confondant ainsi l'innocent avec les coupables. 
■ Cet événement est de l'an 70a ou environ. L'église a mis Lam- 
n^rt au nombre des martyrs. 

I SAINT HUBERT , ou HUMBERT. 

■^ 708. Saint Hubert , ou Humbkrt, Tds do Bertrand, duc 
■■'A qui lai ne , et pelit-fils, par son père , du roi Cariberl , frère 
Eie Dagohert I, fut élu pour remplir le siège de Tongres, ou 
fy Maé'striclit , après la mort Je saint Larubert dont il était 
^nttciple. Les hagiographes entrent dans un grand détail de ses 
Hfwrtus , que nous abrégerons en disant qu il réunit toutes les 
BtMalîtés qui feint le ponlife selon le cœur de Dieu. L'an 7aO| 
^U leva de terre le corps de son gloricon prédécesseur , et le lit 
Btra mporter à Liège dans l'oratoire ou chapelle que Manulfe , 
Hrtiii de ses devanciers , y avait fait construire en l'honneur des 
Bâints Cdmes et Uamien , et près de laquelle on bâtit depuis 
BFéglise cathédrale sous l'invocation de la mère de Uîcu qui en 
Kst encore la |>3trone. quoiqui* depuis long- tems elle porte le 
num de Saint-Lambert. '>illes d'Orval dit que le corps dtt 
■Haint arriva le jour de \nël à Liège. Hub<Tt fit construire dans 
Itteite ville une nouvelle église, qu'd dédia aux saints apStres 
n>ierre et Paul, et joignit à ces dLUx temples deux monastères 
UMar les desservir Quelque lems après , le prélat vint s'établir 
n Liège; et ce lieu, qui n'était qu'un simple bour;, coœmençik 



CIUOVOUIGIE mSTOBlQUE 



dès-lors i s'agrandir 
les pèlerinages que li 



e qu^il devint fort fréquenté paf 
«s (le saint l^mbert y ailirèrent. 
Hubert mourut à Fures , entre l.ouvain et Bruxelles, un ven- 
drefji 5 novembre ^a^ , et non l'année suivante, camme le ■ 
dit le P. Harihïeim, laissant une grande opinion de sa sainteté, 
^ue Dieu confirma dans la suile par un grand nombre de mi" 
racles. 

SAINT FLOREBERT. 

7aH. Saint Flortbebt , fils de saint Hubert , q^ui l'avait 
eu d'un mariaee contracté avant son éplscopal , lui succédai 
dans la chaire Je Lîége. Il marcha sur les traces de son père^ 
et gou»erna son église avec beaucoup de sagesse. L'an 744»' 
le i novembre, il fit lever de terre le corps de saint Hubert 
en présence du prince Carloman , qui porta lui-mSme les 
saintçs relnjnes dans le lien où ellps devaient être exposées k la 
vénération des fidèles. Florebert termina saintement sa carrière , 
vers le milieu de l'an 746. 

FOUCHER , OU FUIXAIRE. 

747. FOCCHER, OU FuLCAiRE, en latin Fulchmia , d'une 
noble et ancienne famille du Poitou. Il est nommé aussi Folerio 
parle pape Zacarie , et par d'autres , Fotaric. 11 monta sur la 
chaire épiscopale de Liège un an , ou environ, après la mort 
de saint Florebert. Les historiens du tems ne nous apprennent 
rien de particulier de son épïscopat. Les auteurs du nouveau 
Gallla Christiaita mettent sa mort en 76$; le P. Foulon l'avance 
Je quatre ans, et la place en 761 : mais on voit parmi les 

frélats qui assistèrent, l'an ybâ , à l'assemblée dAtlignï^ 
oleric, évéque de Tongres, ( Harlhieim , Concil. Germ., tom. I,, 
p. 343.) Foulon se trompe donc, ainsi que Gilles d'Onal, 
son garant , qui ne donne à ce prélat que quinze ans d'épis-' 

AGILFROID. 

765 au plutôt. AciLPBOiD fut tiré du monastère de Saint— 
Bavon, dont II était abbé, pour gouverner l'église de Liégtf 
après la mort de Foucher. Sigrberl le nomme évoque et abbé 
tout ensemble; ce qui semhlc insinuer qu'il conserva son abbaye 
dans l'épiscopat. AgilTroid était d'une naissance illustre, el' 
jouit par son propre mérite d'une grande considération à la 
' rour de Chartemagne. Son crédit procura des biens conside— 
ailles k l'église de Liège, Il mourut, suivant la chronique 
d'hasQon, lan 787. 



Bî,S Év^tltS ET ÏRIWCES Dt tifcE. jtjjj 

GËHBAUD, ou GAEEBAUU. 

^87. Gebb\cd, ou Gaerbaub, successeur d'AgîlfroiJ, linL 
le sï^ge ciivlron Veapaci; de vinf^i-irois ans. Il eul à la cour de 
CharlemagriP lo inânii? crédit ijue son prédécesseur, et le mit à 
profit comme lui ]Kiiir, l'uvaiilage cle soa église. Les privilèges 
Et les imiDuiiilés ccclésiastitjuvs eurcnL en lui un zélé dérenseur. 
Fi zen CI Foulon lueUent sa inurt au lîit octobre de l'an ffog.. 
D, Marieiie a pulilié dans le tome Yll de son Ampliss. collecl. 
des avis fort solidi^s âv ce piélai à son peuple, sous le litre de 
Gerbandi iaslrudio ad grçgem sunm. 

\VALC.\ND. 
810. "Walcand, appelé \Valrgand par Epîoliart , fut 
substitué i Gerbaud l'an fiio. Il fut ua des prélats iiui sous- 
crivirent le testament que Charleaiagne fit à Aix-la-Chapelle. 
L'an 81 4, il assista ce princt^ à la mort, étant alors dans la 
<]ualriègie année de son épiscopat. 1,'abbaye d'Andagine. ou 
Andaine, fondée par l'epin d'iiéristal et Plectrude, sa femme, \. I 
au milieu des Ardennes, était alors tombée par disette dans le ' 

relâcbenjent. Walcand pourvut à ses besoius en lui donnant 
des fonds tirés de son patrimoine , et y rétablit l'observance à 
l'aide de (guélques pieux cL savants moines, qu'il y lit venir des 
autres mooastères. Quelques auteurs prélcndent quu jusqu'alors 
cette abbaye avait été possédée par des clercs auxquels Walcand, 
solon eux, substitua des moines. Quoi qu'il ensuit, elle devînt 
(iorissante sous son épiscopat. L'an 817, il y fit transporter, 
avec l'agrément de l'arcbevque de Cologne, son méiropolil. ' 






de saiol Hubert , dont elle prit depui 



. Les 



anciens monuments portent que celte translalio 
tre-vingt-dixième année depuis la mort du saint ; re qui montre 
l'erreur de ceux qui mettent cette cérémonie en Ha5. Gilles 
d'Orval ne donne à Walcand que dix-buil années d'épiscopat. 
Mais Bucherîiis cite un diplôme de. l'empereur l.ouls le Débon- 
naire , adressé d'Héristal à ce prélat , le l'à des Calendes de mai 
(ici avril), la dix-huitième aimée de son règne ; ce qui revient 
à l'an 8di. I^s auteurs du nouveau Gallia Chnstiana reculent 
la mort de Walcand jusqu'à l'an 83G, et la mettent, d'après 
le même Gilles d'Orval, au village de Champ-Scrain , près de 
saint Hubert. 

PiRARD ET H1RC\1RE. 

836. PinâHD et HlHCAiRC sucrédèrem, l'un après l'autre, 

k l'évéque Walcand. Gilles d'Orval Gse la mort du premier à 

l'an 840. Le second l'avait sûrement remplacé cette année-U , 

XIV. ai 



VJÔ CHftOSOLOntE mSTORIQCB 

puisqu'il est nommé parmi les pères du concile d'In^enlieS 
leau l'an 840, On met conkmunt?inriiL sa mort en S53. C'a 
tout ce i]ue l'on sait de ces Jplix prélats. 

FRANCON. 



856, Fhascon, moine de Lobbes 



l'an 856, évoque de Liège. Trois 



Sens, acctisi! de trahison par le 

il fut du ' ' ■ ■ 



r la Sambre, fut éliM 



la cauje de Veniloi 



e des évffpies qui , 



■chevéqu< 
i Charles le Chauve. L'an " 



> le 






Chapelle, eurent la criminelle c.oinpiai 
riage du roi Lothaire , leur souverain , avec Tbietberl 
Francon mit le-comble à celle faute, l'année suivante, 
approuvant nvec les antres pères , du moins Incïlrment , l'ailji 
tere de ce prince. Le pape Nicolas ayant condamné r 
assemblées et interdit les évêques qui s'y claient trouva 
Francon demanda pardon cl fut des premiers rétabli dans t 
fondions. AprJs la mort de Lothaire , arrivée l'an 86.-) , Charli 
le Chauve et Louis le Germanique , ses oncles , partagèrenL:! 
royaume de Lorraine entre eux , de manière que ce qui était pi 
deçA delà Meuse lut ailrdiué à Charles, et ce qui était au 
fut la part de Louis; et comme la ville de Liège embrassai 
lors les deuï rives de la Meuse , chacun des deux princes • 
la portion qui était de son côté. L'an 880, Francon fnt lém 
des ravages que les Normands firent, an mois de nnveml 
dans son diocèse, où iU pilleront Tongres, Liège et niaëslri 
Ils revinrent plusîem-s fuis dans ce pays les années suivantes 
plus remarquable de leurs descentes, pendant l'épiscopat 
Francon, est celle de l'an 8yi. Les généraux d'Amoul , roi ^ 
Germanie, leur ayant livré bataille, le 2(1 juin, sur les bords del 
Dyle , l'armée gci-manique fut taillée en pièces. Ârnoul , peu q 
tems après, répara cet écliec par une victoire complète q 
remporta surces barbares. Anselme de Liège dit que Fram 
ayant lui-même pris les armes, chassa de son diocèse les a 
. bandes de normands qui l'infestaient. Sigcbqj^ met la mo 
ce prélat en 90^, et Anselme en marque le jour aux 1 
ou i3 de janvier. Nous avons deux lettres qui lui furent écr 
l'une , vers 6G0 , par Theutgaud , archevêque de ïrèy* 
l'autre par Ilinemar, archevêque de Bclms. (Marlène, 
toliecl. , t. ],pp. iSu-iSy. ) 



ETIENNE. 



Qo3, EnfiNNE, chanoine dt; 
■le Simple , fut élu pour snccéiler à Francon. C 
lats les plus distingues de son siècle par leur savi 



parent du roi CharUj 
r et ieui 



r PniNCES DE LIEGE. 

4l composfl un offict Ji.' ia Triuiié. tionl so<i surcesseur établit 
la fêle a Liège , J'où elle se répamlii dans tuuies les églises des 
Gélules ei de Geraianie. Etienne mourut , l'an >)Zo , après un 

fiiuveriiemenlde dix-liuil ans commencés. Il lut inhumé dans 
'église de Saint- Lambert. 

RICHER. 

920. RiCBEs, abbé de Pmym et de Slavelo, fut élu pour 
évëque par la plus saine partie du clergé et du peuple de Liège 
après la mort d'Eiicnne, Mais, dans le même tems , l'autre 
partie donna son su ff rase à Hilduiii, homme savant et de haute 
naissance. (îisleberl, duc de Lorraine, favorisa ce dernier, à 
l'appilt , dit Sigebert , d'une somme considérable qu'Hilduin lui 
offrit , et le lit ordonner , l'an gai , par Uériman , archevPtjwo, 
(le Cologne, son métronolirain. Kîehers'étant pourvu au saint 
EÎége , le pane Je.iii X. cita les parties devant lui. L'un et 
l'autre se rendirent à Rome ; mais Hilduin ne comparut pas de- 
vant le pape, et donna par-là gain de cause à son adversaire. Le 
'pape écrivit une lettre a Hériman, où il lui parte ainsi 1 « Je 
u suis obligé d'avenir voire frateniilé de la faute qu'elle a faite 
u en ordonnant Hildiiîn ijui n'avait pas été élu par le cierge, 
« fil approuvé par les laïques. Vous l'avez fait par la crainte du 

• duc Gisleberi; mais ignoriez-voua que, selon l'ancienne cou- 
>> tume , il n'appartient qu'au roi, qui tient de Dieu sa cou ~ 
« ronne, dedonnerdesévéchés?,.. Nous déclarons d'avance quB 
v nous ne voulons en rien préjudicier aux droits de Charles , et 
n que nous nous faisans au coulraire uo plaisir de maintenir 
u l'éclat de sa couronne , et de confirmer l'usage où il est ils 
» nommerdes évéques dans toute l'éienduede ses états, comme 
v ont fait les rois ses prédécesseurs, par l'autorité des papes 
» qui nous ont précédés ». Le pape écrivit en conformité une 
lettre au roi Charles , où il dit : <> Quant à ce qu'a osé le duc 
s Gislebrrt contre votre autorité , nous en avons été sensibli;- 
» ment alHigéS', parce que l'ancienne câniume est qu'aucun 
« évèque ne soit ordonne qu'en vertu d'uu ordre du roi , et 

• que la noblesse du royaume l'a ainsi jugé 1.. ( A6r. r/uvn. lie 
i'Hist. err.lés., t. 11 , pp. i3S-i3(i. ) On voit 5>ar-là que la Lor- 
raine obéissait alors au roi Lharles le Simple , et que i'évéquede 
Liège ne jouissait pas encore des droits ite souveraineté. Richer, 
dé retour en son église , l'an ^32 , après avoir été ordonné par 
le pape . y trouva tous les esprits réunis en sa faveur. Le nou- • 
veau prélat employa ses soins à réparer les maux que son com- 

I'iiteur avait causés dans l'église de Liège pendant prés de dix- 
fa mois qu'il avait joui de son usurpation. On verra par 



172 CHR0I70L0GIE HISTORIQUE 

Bernard , ayant de son autorité ^it construire un cliâteau prèf 
d'Arches , dans le pays liégeois , Richer, offensé de cette entre- 
prise , arma ses vassaux et rasa la ptace. Le diocèse de Liège ^ 
pendant son épiscopat , souffrit beaucoup des fréquentes guen-es 
que les rois de France et de Germanie se firent pour la posses*- 
sion de la Lorraine. Richer mourut le 2^ juillet 94S , et fut en-^ 
terré à Saint-Pierre de Liège. C'est à lui qu'on rapporte com— 
'imunément l'institution des douze chanoines tréfonciers de l'é- 
filise de Liège ; et voici ce qu'ils furent dans leur origine. 
C'étaient douze abbés séculiers , chefs d'autant de collégiales 
répandues dans le diocèse, qu'il établit dans sa cathédrale. Ces 
églises , si l'on en croit le G allia Christiana , étaient dans l'origine 
autant d'abbayes de l'ordre de Saint-Benoît. Ce fut aussi soua 
l'éniscopat de Richer que fut fondée, par le comte Wibert^ 
l'abbaye de Gemblours au pays de Lommc. 

HUGUES, ou OGON. 

945. Hugues, ou Ocon, abbé de Saint-Maxîmin de Trêves^ 
succéda , malgré liîi , à révô(jue Richer. On eirf besoin de l'au- 
torité d'Otton i , roi de Germanie , pour le contraindre d'ac- 
cepter cette dignité dont ilne jouit qu'environ dix-huit mois» 
étant mort \e 2.'^ janvier 947 , on , selon le nécroioge de Saint- 
Maximin de Trêves , le :i6 décembre précédent. 

FARABERT, ou FLORIBERT. 

947. Farabeut, ou Floribert, abbé de Pruym , fut donné 

Ïïour successeur à Hugues dans l'église de Liège. On fait l'é- 
oge de sa piété sans en rapporter aucun trait. Son épiscopat 
fut dY'nviron six ans. Il assista. Tan 94^ f an concile d'ingcl- 
heim, et son nom se trouve le vingt -quatrième parmi les sous- 
criptions , après celui de l'évêque de Cambrai. Sa mort arriva 
.l'an 9S3. 

RATHIER. 

953. Ra-THIER, fameux par ses aventures, devint èvt^que de 
Liège après la mort de Farauert. Pour bien connaître col homme 
singulier et comment il obtint cette place, il faut reprendre sa 
vie de plus haut. Natif de Liège, et d'abord moine <ie i.obbes, il 
se distingua de tous ses couirères, dont plusieurs étaient sa- 
vants, par ses progrès dans les lettres. Lorsqu'Hilduin^ comj^è- 
titenr de Richer pour l'évêchc de Liège , partit pour Home sur 
la citation du pape, il emmena I\athier avec lui, sans doute 
pour l'aider à défendre sa cause. Mais , à son arrivée , s'èlaut 
aperçai! que Vair du bureau ne lai était pas favorable , il aima 
, mieux se laisser condamuer par défaut que de comparaître. 



DE5 ÉviQUBS ET P&tNCES DE UFGE. I73 

nilduinet Rathîer, à leur retour, sVrétèrent en Pro\-ence, où 
le comte Hugues les retint avec promesse de les avancer Tun 
et Tautre. Ce prince étant devenu roi d'Italie en 928, ils le 
suivirent^n ce pays. Hugues , deux ans après, 6t placer Hilduin 
sur le si^ge de Vëronne , ou du moins il lui donna les revenus 
de cet évéché ; car il nest pas sûr qu'il ait exercé Tépiscopat à 
Vérone. L'an 9^0 , ou 981 , Hugues le fit élire archevêque de 
Milan , et Rathier fut chargé d^aller à Kome pour faire approu- 
ver cette éiedion. Il réussit dans sa négociation , et par-delà ; 
car il rapporta des lettres dn pape Jean XI qui demandait , tant 
en son nom qu'en celui de l'église romaine, que Ralhier fut &it 
évéque de Véronne. On eut égard à la reconmiandation du pape; 
mais Hugues s^opposa quelque tems àla consécration de Rat nier, 
li'ayant plus les mêmes sentiments à son égard. Il y consentit 
ennn pour ne pas déplaire au pape , et parce que Rathier, at- 
taqué pour lors d^une indisposition qu'on regardait comme in- 
curable, ne paraissait pas avoir long-tems à vivre. Rathier fut 
donc ordonné Tan 902. Mais il guérit parfaitement contre l'at- 
tente de Hugues , qui jura dès^Tors qu'il ne s'en réjouirait de 
sa vie. Pour ne pas être parjure , ce prince ne cessa de persé- 
cuter Ralhier et de chercher des prétextes pour le chasser de 
son siège. Ralhier lui-même en fournit un des plus spécieux 
dans la conduite qu'il tint envers Arnoul , duc de Bavière, 
lorsqu'il vint ep Italie ( l'an 9^4 ) pour enlever la couronne à 
Hugues. Ârnoul s'étant présenté avec son armée devant Vé- 
rone , révoque et le comte Mi Ion lui eu ouvrirent les portes. 
Hugues , après avoir chassé l'usurpateur, se saisit de Rathier 
comme d'un traître, et l'enferma dans une tour à Pavie. Il resta 

' deux ans et demi dans cette prison , au bout desquels il en fut 
tiré pour être relégué à Côme , où il passa un pareil espace de 
tems. Ayant ensuite obtenu la liberté de sortir de son exil , il fit 
divers voyages. A son retour, il trouva l'entrée de Vérone ou- 
verte pourliii par la retraite du roi Hugues, que Bérenger H, 
son compétiteur, avait forcé d'abandonner l'Italie. H se hâta 
d'aller rejoindre st's ouailles , qu'un certain Milon gouvernait 
comme administrateur nommé par Manassès, archevêque dis 
Milan. Ne pouvant Tempècher de remonter sur son siège. 
Milon et ses partisans s'appliquèrent à le contrecarrer en toutes 
choses pour le» forcera déguerpir. Rathier tint ferme pendant 
deux ans contre les contradictions sans nombre qu'on lui susci- 
tait. I^ plu:> forte et l'une des dernières fut de voir Milon sacré 
par Tarchevëque de Milan pour le supplanter. 11 était bien ré- 
solut de défendre le terrein contre cette usurpateur: mais le roi 

' Lothaire l'avant fait avertir sous main que sa vie n'était pas en 
sûreté, il abandonna son siège pour la seconde fois. Son dessein 



-t- 



174 CHBOKOLOGIE tllSTOnlQITK 

élait {l'abord d'aller poursuivre son adversaire en cour de BoiD6;fl 
mais , manquant de t'uiids pour les frais de b procédure , il pnKT 
leparli de se retirer en Provence, auprès d'un seigneur de si 
amis. Il en fut bien accuellU , et par son moyen il obtint i 
petit évéché dans le pays. Maïs , comme il avait le doi ' 

fiiaire nulle part , il ne passa pas un an dans cette éslis 
ul oUigé de la quitter. Alors , ne sachant où aller , U retouroi 
dans son monastère de Loblies, Il n'y fut pas long-tems k 
ennuyer. Apprenant qu'Oilon I, roi de Germanie , cherchaïS 
un habile homme pour perfectionner Téducation de Urunon,: 
frère, il se rendit à la cour de ce prince, et se fit estimer à 
son élève, au point que l'éviiché de I.iége éiant venu à \a^uqi 
en 9S3 , Brunon , pour lors arcliev<ïuue de Cologne et archldu» 
de Lorraine , le nomma pour remplir. ce siège. I,a récompen^ 
élaît belle; mais elle devint pour Uathier la source de 11014 
vellesdisgrSces, par la manière dont il se comporta dans q . 
'poste. U trouva parmi SCS concitoyens, devenus ses ouailles., dç) 
abus à réformer et des vices à corriger. Son xèle bilie 
gardant aucune mesure, éclata en invectives satiriques contci 
tout ce qui lui déplut. Il nota, par des' Irai's piquants, soi|| 
dans SCS discours, soit dansses écrits, les différents états, " 
ir là il se les mit tous i dus. On crut mi'-me apercevoir i 



personnalités ijans ses ci 



., comme 



:^élaieul les plus di 



lingues qui formaient ces sauçons, ils soulevèrent aisemeat b 
multitude contre le prélat. En un mot, il devint l'objet d 
mépris et de l'aversion publique. On l'insulta, on l'oulragea^ 
*t enfin on en vint à une conspiralîon générale contre sa 1 
sonne. Elle se forma , l'an q5o , Tandis qu'il célébraità Loi 
les fêtes de Noël. Il fut résolu qu'on lui fermerait les portes (I 
la ville à son retour ; ce qui lui ayant été rapporté , il crut dan 
voir céder au tems, et donna son abdication" au mois de 
suivant , moyennant une portion des revenus de l'évêché qu'oil 
lui laissa. On n'est pas assuré du partit qu'il prit après cel^j 
.Les uns disent qu'il se relira à Lobbes , les autres qu'il aiU^ 






, fds du 



,n.Qu( 



e lerétablirs 



mpr^sdu prince (îuillaui 

-qu 11 ensoit , au bout de deu; 
Euilc d'Ollon, qui lui avait pr 
Térone. Mais il le trouva remiili p^run netit-nc 
son ancieR persécuteur , à qni ]^Ianassès l'avait v 

.avec dispense du p;ipe. four déposséder cet iutr 

-d'abord au saint siège; ensuite d écrisit une lettre circulaire < 
tous les évoques d'Italie , des Gaules et de Germanie, par la— 
qui'Iie il les priait de venir juger sa cause dans un concile. Il 
s en tint un en effet ( mais on ne sait où , ni précisément en 

.quel tems ) , dans Iciguel ou prononça que sou éyéché- inj »d^ 



e d'IUlie 



, il s'adresw 



3 



DES évÊQUES ET PRINCES DE IIÉGE. 17! 

ràit rendu. Cependant Tintrus ne laissa pas de le faire arrêter i 
dé le maltraiter , de le dépouiller et de le faire mettre en pri- 
son. MaîsRathicr, par rautorité d'Otton , fut bientôt élargi; 
Rétabli pour la troisième fois sur le siège de Vérone , il y porta 
le même caractère, et éprouva, pour la troisième fois , les 
inéme désagréments. Il fallut encore déguerpir pour mettre ses 
jours en sûreté ; mais ce nefut qu'à la fin d'avril 967 , puisqu^on 
▼oit son nom parmi les évéques qui assistèrent au concile qui 
se tint cette atinéë ,1e nS du même mois , à Kavenne. il apporta^ 
en revenant eA Flandre, de grosses sommes d'argent , avec les- 
quelles il se retira d'abord à l'abbaye de Sàint-Amand. Mais à 
peine y eut-il passé'une nuit, qu'il en fut dégoûté. Aine sur ia 
oambre, aujourd'hui monastère de l'ordre de Cîteaux, était 
alors une terre de l'église de Liège , qu'on lui avait laissée poui» 
sa vie lorsqu'il quitta cet évêché. Il alla de Saint-Amand pour 
s'y établir , et en partit encore au bout de quelque séjour pour 
se retirer à Haumont , dont l'abbé , nommé Folcuin , homme 
«le mérite, le reçut avec plaisir. Dans la suite, ils se brouillèrent; 
et Folcuin , voyant Rat nier déterminé à le perdre, «lui céda sa 
place, et alla demeurer ailleurs. Les parents de Folcuin , qui 
étaient des premiers du pays, mertacèrent de venger cette in- 
sulte; ce qui fit queRathier munit sen monastère comme une 
citadelle, pour empêcher l'effet de ces menaces. Notcer, évêijue 
de Liège, ayant réconcilié Rathier avec Folcuin lan 971, le 
premier retourna dans sa terre d'Aine , d'où étant parti , l'an 
974, pour aller voir le comte de Namur, son ami, il mourut en 
cette ville la mt*'me année , et fut rapporté à Lobbes pour y être 
inhumé. Il avait fait lui-même son épitaphe qu'on peut voir 
'4ains le VU* tome de V Histoire littéraire de la France^ avec la 
liste et l'analyse de ses écrits. 

BALDERIC, ou BAUDRI L 

q56- Balbehic, ou Baudri I, neveu de Rainier, comte de 
Hamaut, fut donné pour successeur à Rathier, dans l'évêché 
de Liège, après qu'ilcut fait son abdication. Il mourut dans 
la troisième année de son épiscopat , le 29 juillet 969. 

ÉRACLE, ou ÉVÉRARD. 

gSg. Éragle , ou ËvÉRARD, né d'une famille distinguée en 
Saxe, élevé d'abord par Rathier à Cologne, dans le tems que 
celui-ci vint s'y rendre auprès de rarchevêque Brunon , en- 
suite perfectionné dans les sciences par d'autres maîtres ha- 
biles, fut tiré le la collégiale de Bonn, dont il était prévôt^ 



>7S CBnmtotooiE bistohi^uf, 

pour ^Ire placé sur la chaire é piscopale Je l.ii-ge. L'un de $a 
premier^ soins fui Je rélabtir les étu'Ies dans son diocèse. ^ 
îontla pour cela, près de l'église de Sa int- Lambert , une 
qui devint- fameuse. Il en éublit d'aulres en divtrs lie 

Îays liégeois, et mil à leurliHe de savants ecclésiaslifjues, qu'il 
t venir de France el de Germanie. Son alienlion se pord 
aussi sur les monastères, où il fil refleurir la discipline el 1^ 
lellres. Les princes rhoiiorèrcnt d'une Pstime siiigulic 
prirent souvent ses avis dans les affaires «■pineuses. L'an gSoJ 
il accompagna Brunitn , archevi'qiie de_ Cologne, dans " """ 
dition qu'il fil contre Uobi^rl , duc de Bourgogne, pour I 
contraindre à se saunie|[re an rot Lottiaire, son soi 
L'an 966, il fut de celle de l'empereur Oiron I en Italie. ï 
arriva, dans celle-ci, que le soleil s'élant éclipsé, le^n juillen 
aur.les quatre heures du soir , l'armée fut tellement effrayée ^ 
ce phénomène, que les plus braves ne savajenl où se cachet 
Eracle, qui se connaissait en astronomie, les rassura, en I 
prometlant que le soleil allait reparailre. A son retour, 
précéda cela» de Femjicreur, il essuya un soulèvement d< 

ÏopuIace.liégeuise, excité (l'on ne sait à quelle ocrasion) par il 
omme séditieux, nommé Henri de Marlagne, suivant un tnf 
cicn manuseril. Celte émeute durait encore lorsrju'Eracte n 
rot, vers la fin de Tan ijyi. Kraclc est fondateur des ég 
collégiales de Saint-Paul et de Saint- Martin , à Liège. CeTle-(| 
a riionut-ur d'i^lrc la première du monde où l'on ail célébra 
la félt! Dieu. 

NOTGRR, ou KOTKER. 

pya. Notceu. ou Noiker, dil aussi Notchrr, différenl A 
Notger, moine de Saint-Gjl, mudéraleur des éludes à l'abbayH 
de Slavelo , fut nommé , l'an 972 . évfiqne de Lîége, par l'eni'J 
pereur Oiton, 3 la demande <iu clergé el du peuple. Dès qu'il 
fut sur le siège épiscopal, il ne s' occupa c|ue du bien public de 
son diocèse et de l'instruciioo de ses peu|iles, l'Icin de gran- 
deur d'âme et de courage , il lenta de grandes entreprises,, 61 
les exécuta avec suecès. Il commença par faire arrêter éf punir 
les chefs de la dernière révolte. Il allaqita ensuite divers peiirî 

ans qui mettaient le pays à conlribulion, détruisit leurs 
cnSteaux , et les mil Lors d'état de continuer leur^ brigandages. 
Ayant rétabli U paîx dans son diocèse, il s'appliqua à relner 
les lieux sacrés, dont la plupart étaient en fort mauvais état. U 
r^lâUit de fondencomblesa cathédrale, qui tombait de vétusté* 
^(■'est la même qui subsiste encore de nos jours , si l'on eu 
croit le P. Foulon; ce qui est difQwls à croire.) U y joignit un 



llES ÉVOQUES ET PfllTICES »E UÈgZ. 

[Sîlreavpc dpsrdificps pour la demeure des 
Il fit construire d^autres églises à Liège et ailleurs. 11 répara 
aussi et augmenta les rorlincattons de cette ville pour fa mettre 
à l'abri de toute Insulte. Il éleva Je nnOvelles forteresses sur les 
frontières de son diocèse, pour arn'ler les incursions de ses 
voisins. Mais ce qui fait le plus d'honneur à son épiïcopat, ce 
Sont les divers éiablissemenls qu'il fit, à l'exemple d'Eracle, 
son prédécesseur, pour l'instruciion de \i jeunesse. L'école 
de Liège fut de sou tems et par ses soins une pépinière de 
savants oui portèrent la lumière des sciences et des arts en di- 
verses églises, dont plusieurs devinrent les pasteurs et les chefs. 
L'empereur Oit on II honora Nolger de sa confiance. Les pri 
d'Allemagne lui confièrent l'éducation du jeune Ollon III, fds 
et successeur de ce prince, Henri It, qui monta ensuite sur le 
irûnn;, se servit ulileraent de ses conseils, 
plaisir. Ce fut ce prélat qui , l'an 1007 , ménagea ta paix entre 
— ' ' 1 Robert. Notger, dans ses dernières a 



e prince t 



lu! 



es. Les ayant divisées e 
, donna la seconde à h 



i des. 



I de fâcheuses 
I retint une pour 



trois [iaris, 

noblesse du pays , et la it^oisièm 
aux églises et aux monastères. Il arriva de là, par le laps Je 
tems. que les nobles, oubliant ce qu'ils devaient à l'église de 
Liège, se prévalurent des bienfaits qu'ils en avaient reçus pour 
se tirer de sa dépendance. Notger termina aa carrière, suivant 
un ancieR auteur ci:c par le P. Foulon, le 10 avril, jour du 
jeudi-saint de l'an 1007. Mais ces notes chronologiques ne s'ac^ 
cordent pas, PSques tombant celle année le li et non le i3 avril. 
Nous aimons mieux nous en raiiporler à l.ambert le Petit, qui 
met simplement la mort de Notger en ioof5, sans marquer le 
mois ni le jour. Les funérailles de ce prélat furent très-solen- 
nelles et Jurèrent cinq jours. Le premier jour, Jil Gilles 
d'Orval , on porta le corps à l'église de Saint- Lambert, le se- 
cond i celle de Sainle-Croix , le troisième à celle de Saint- 
Martin, le quatrième à celle de Saiiil-Paul, et le cinquième à 
Saint-Jean, mi il fut inhumé dans la chapelle de Saint Hilaire. 
Notger fonda les églises de Sainte-Croix et de Saint- Jean , 
àms sa ville épiscopalc , et y commença celle de Saint- 

BALDERIC, ou BAUDRI H. 

^^'008. BALtiEHiC, ou Baubri II , frère de Gisleberl, comle^ 
de Loss, parvint à l'év^ché de Lîége après la mort de Notger, 
sur les traces duquel il se fit gloire de marcher. 11 augmenta, 
les revenus de son église nar la libéralité de l'empereur Henri lï 
,oar la donation qu'il lui fit de ses propres fonds. La cita 1 
XIV. u3 




tjQ CHSONOLOGIE HISTORIQ^ 

, (lelle d'Hugaî-'rJe , qu'il eiitrepril d'éiever , fit ombrage à Lan 
bert le Barbu, comle de JLouvain , qui, l'ayant vaiDPntei 
sammé d'abandonner cette entreprise, prit les armes pot 
l'y contraindre. Balderic, suivant l'usage du tcms, ciDploj 
d abord les censures pour sa défense. Mais voyant qu'elles n'o 
péraient rien, il prit les armes et fit marcher des Iroupi; 
corilre Lambert. Le 36 septembre, ou, selon d'autres, le 10 oC 
lobre de l'an ioi3, on en viot i TiUemont, près d'Hugaërd^ 
à une action où l'aimée de Lambert fut d'abord mi^e en dé; 
roule. Mais le comte de Naraur, son oncle, ayant rétabli I* 
combat, défit à son tour les Liégeois, dont trois cents rcsi 
tèrent sur la place , sans compter les prisonniers. L'évêqui 
reprochant la mort de tant de braves gens, fonda, dans); 
suite, l'abbaye de Saint-Jacques , près de Liège , pour le repo 
de leurs âmes. La même année, Lut^arde, belle mère de notr 
prélat , s'étant mise eu route pour le venir voir , fut arrihée é 
enlevée parles gens de lambcrl, qui l'amenèreot a leur maître; 
Loin de maltraiter sa prisonnirre, Lambert se servit de sa ma; 
dialion pour faire la paix avec Balderic. Mais cette paix, j^^ 
vaut les historiens liégeois , ne fut pas Je longue durée, i^ 
guerre, disent-ils, ayant recommencé, l'an ioi5, entre li 
comte et le prélat, on en vint , le 12 septembre , à une batailll 
près de Floréaes, que Balderic gagna, et dans laquelle Lamr-j 
Lert fut tué. Les écrivains étrangers disent au contraire qu^ 
cette victoire fut remportée par Godefroi , duc de la basai 
Xorraine , sur les terres duquel Lambert était venu faire de 
excursions : et cela paraît plus vraisemblable , car llorÈnes e 
son territoire faisaient partie des étals de Godefroi. 1,'an ioi4| 
ou environ , Arnoul 1 , comte de Loss , oncle de Balderic , a 
voyant saos enfants, fit don Je son comté à l'église de Liège, e 
ensuite le reprit d'elle en fief. L'an 1018, l'empereur Henri 1 
se disposant à porter la guerre en Frise contre le comle Thierrî 
le même Godefroi , dont on vient de parler , somma de sa par 
l'évoque de Liège de fournir son contingent, et de conduire luk 
mOme ses troupes à l'armée impériale- Balderic , après s'êtn 
vainement eicusé sur ses infirmités pour le second article, fq 
(Contraint d'o&éir. Mais il ne put arriver jusqu'au camp de l'eut 
''pereiir, et mourut le 29 juillet, dans le village il'£rmanJou| 
à l'heure même oue Ttiierri gagna la bataille de Flardébei^ 
ou Flardenges sur l'empereur. Le prélat était instruit et avai 
. du zèle pour la discipline ecclésiastique. Ce qui le prouvCi 
c'est une collection de canoas, divisée en deux livres, qu'il fi 
a\rr l'aide de l'abbé Olbort . pour l'usage de son diocèse, (^ 
dont on conserve un exemplaire manuscrit k l'abbaye de Saïnt 
Laurent de Liège. (Marlène, 2'. yo/ageiitl-, p. iti3>) 



BES ÎVÊQUES ET PRUfCCS D£ tiÉGE. t;^ 

WOLBOD, OD WOLBODON. 

1018. "WoLBOD , on WoLBOBON , d'une in.iison illustre de 
Flandre, fut tiré de l'i^glise d'Ulrechl , dont il était doyen, 
pour élre placé sur le siège épiscopal de Liège. Il y fil briller 
toutes les vertus qui entrent dans le caractère d'un vérilalde 
évêque. Ses aumAdes n'avaient de bornes que celles de ses 
facultés ; son assiduité à la prière allait jusqu'à passer des nuits 
entières dans ce saint exercice ; son zèle pour le maintien de la 
discipline eMlésiasiiqne ne connut de ménagements que ceux 
qu'inspire ta cKaiilé. Favorisé dy don de la parole, il l'i-mploya 
soigneusement pour l'instruction des peuples. Il acheva les 
édifices du monastère de Sainl-Jacques , commencés par son 
prédécesseur. L'église de Liéee ne jouit pas trois ans entiers d'un 
si digne pasteur. Il mourut dans les exercices de la plus rigou- 
reuse pénitence, après Pâques de l'an 1021 , et fut enterré 
dans I église de Saint- Laurent. Plus de trente martyrologes 
mettent Wolliod au nombre des sainrs. M. Pfeffel lui donnelcs 
titres d'archichapclain et de vice-chancelier de l'empereur. 

DURAND, 

Durand , modérateur des écoles de Bamberg , fut 

envoyé par l'empereur Henri II , pour remplacer W^olbod dans 
i'évècbé de Liège. Sur sa route, il rencontra Gotcscalc, prévât* 
de cette église , qui, ayant été pareillement élu évêqueparles 
clianoîaes , allait demander à l'empereur la confirmation de 
son élection. Durand était fils d'un domestique de Gotescalc. 
'Après le premier salut , s'ètant raconté mutuellement le sujet 
de leur voyage, il s'éleva entre eux un combat de modestie et 
de charilé , cnacun voulant renoncer à l'épiscopal en faveur de 
l'autre. Golescatc enEin prévalut , et retournant sur ses pas , it 
accompagna Durand jusqu'à Liège , où celui -et fut reçu sans 
contradiction. Mais lorsqu'il fut intronisé, Gotescalc s'élant 
présenté pour lui faire hommage ,. le nouve^iu prélat se leva de 
son siège , disant à haute voix , qu'il ne reconnaîtrait janiais 
pnur son vassal , celui qui avait été son tnattre. Celte anecdale 
est tirée de Gilles d'Orval. Mais le silence d'Anselme et de 
Rupert, qui n'en font pas la plus légère mention , nous la rend 
un peu suspecte. L'histoire ne dit presque rien de la conduite 
que Durand tint dans t'épiscopat. Elle nous apprend seulement 
<iue son prédécesseur ayant légué une somme considérable pmiv 
rebâtir le monastère de Saint-Laurent, il distribua une paiti« 
4k cette somme à ses courtisans , et iippliqua l'autre à Gon'pra.^ 



fil. On sait aussi (lu'apiès la mort de l'empereiir Honri, Duran 
fut un Ac ceun qui s'apposèrcnl avec Golhelon, duc de la bas: 
J-orraine , A l'élerlion de Conrad , que la plii.s grande partie di 
priitces avait élu pour lui succéder. Mais hieutdt il 
tJe son opposition , à la persuasion de Gi^rard, évêque d« Cain 
fcrai. Durand mourut le 32 ou le 2^ janvier ioï5 , et Fut in 
bumé dans l'église de Saint- Laurent , â laquelle il avait laiss» 

Eu- son testament, quatre livres d'or, pour l'indemniser é 
gs de Woll)od , qu'il avait diverti. 

RENAUD , OD aEGINALD. ■ « 

loaS. Renaud, ou REcmiLii , dit aussi Regiiiaihe, pa» 
de la collégiale de Bonn , doni il avail été fait prévàl par Hég 
uert , archevêque de Cologne , sur" le siège épiscopal de Liège 
qu'il remplit l'espace de treisle ans. Son enlrée dans cette plaq 
ne fut rien moins que canonique. 11 avait d'abord été demand 

four évêque , par les habitants de Verdun. Maïs l'évêché a 
.if^ge étant venu à vaquer dans te même tems , il aima mîei] 
acheter celui-ci de Conrad , roi de Germanie , à prix d'argent 
que d'accepter l'antre, qui lui élail offert gratuitement. Cetl 
faute néanmoins, quelque grave qu'elle fijl , n'emp^chif pa 
qu'il ne remplit les devoirs d'un pasteur vigilant el zélé , sur 
tout depuis qu'il l'eut expiée sur le théâtre même de la cliré^ 
lienlé. Il élail dans la cinquième année de son épiscoplt , lors 
qu'il publia , dans son diocè'Se , qu'il avait dessein de £iire v^ 
pèlermage k Rome. Tant de personnes , de tout élat , s'empre) 
sërent de lui faire cortège en celte occasion, que son voyag 
avait plus l'air d'une expédition militaire , que a'une affaire 
dévotion. Arrivé à Rome , et s'élant présenté au pape, il se j( 
h ses pieds , les larme.t aux yeux , confessant au milieu des sa 
glols et des eémissemenis , qu'il avait acheté l'épiscopat, 
qu'ayant par -là encouru la coWe de Dieu, il n'y avait d'autr 
ressource pour lui que l'abdication ; que tel était le but de si 



voyage , 



'0.1" 



1 à Rome pour déposer si 



lulel de Saint-Pierre. Le pape (c'était Jean XIX), difféfl 
trois jours de lui faire réponse. Maïs ensuite , l'ayant appel 
à son audience , îl lui ordonna de reprendre le bâton pastoral 
après lui avoir donné l'absolution , précédée d'une pénîiçnc 
qu'il lui imposa. Tri esl en substance le récit de l'abréviateijr i 
Rupert et celui de Oilles d'Onal , son copiste. Mais ni An 
sclme de l.iége , ni Lambert le Petit, ne parlent de l'entré 
simoninque d'' Qenaud dans l'épiscopat, et de ses suites; le 
historiens de l'i-glise de Verdun gardent également le silenof 
U-dessu» : double raison qui nous porte à Jguter un peu de If 




VF.S ÉvAçtJES ET PStNCES DE LIÉCË. rRl 

vérïtédetoule cette histoire. Renaud, (lit le P. Foulon, (jlbnlfcr 
deux vertus principales dans son gouvernement , la sévérité et 
la charité. Il Et usage de la première envers les personnes riches 
et puissantes qui aousaient de leur opulence et de leur crédit 
pour opprimer les TaiLles et les pauvres. Il exerça la seconde 
envers tous ceux qui étaient dans le besoin , et envers le publie 
en général, dit Laurent de Liège, par la construction d'un pont 
i|uMfitlàire, à ses frais, sur la Meuse. Mais nousne mettrons pas, 
avec cet écrivain, parmi les qualités qui honorent ce prélat, la 
valeur martiale qu'il déploya en di frère n tes occasions. Henaud np 
$e faisait aucun scrupule de combattre les armes à la main. Son 
plus mémorable exploit fut à la bataille donnée , le i5 novembre 
^oSj , près de Bar-le-l)uc, pour Golhelon, duc de la basse 
Lorraine, contre Eudes II , comte de Champagne, (|ui dlspu- 
j«t le royaume de Bourgogne à l'empereur Conrad II. Un an- 
tien roman , déjà cité ailleurs , dit que l'évÊque Renaud , qu'il 
fnme Beginaire, s'étant trouvé dans Tannée de Gothelon, y 
merveille, cl lua de sa massue l^on , sire de Couci , à qui 
roinan donne neuf pieds de hauteur. I^urenl de Liège dit 
: , de retour chez lui , Renaud offrit le saint sacrifice pour 
s ceux des siens qui avaient péri dans le combat. Ce prélat 
kirut le 4 ou le 5 décembre i d3S. 



«<i38, NiTHAao 
cathédrale de Liège , et ir 
mis à la tête de cette égli 
peuple demandait à haute 
Celui-ci , pour éluder son 
l'empêcha il. de iouir dudi 
^._.;.. ...... 



NITHARD, oo RICHARD. 

Blf.HAR 



aine et custode de la 
11, par sa mère, de Renaud, fut 
lar un événement singulier. Le 
X Vazou , prévôt de la cathédrale, 
action , se plaignit que le tumulte 
oit de s3 place, qui était de donner le 
premier sob suffraee dans l'élection de l'èvfque. On se tut , et 
1 nomma Nithard, respecté généralement pour la gravité 
«le ses mœurs ; ce (jui entraîna les suffrages de toute l'as- 
semblée. Le gouvernement de Nithard ne fut que de quatre 
années, dans la dernière desquelles l'empereur Henri III fit 
donation d'une partie de l'Hasbaie à l'église de Liège. Ce prélat 
lit construire le château de Dinant. L'est tout ce qu'on sait de 
sa vie. Il mourut, suivant Chappeauvllle , le q des calendes de 
Ifplembre (^4 aoiil) , l'an 1042. Mais une ancienne inscription 
à plomb, trouvée l'an i568, avance sa mort de huit jours, 
t là met au 17 des calendes de septembre, ou 16 août. 

YAZON , OU VALTON. 
I 1042. Yazon, ou Valtoit, le même qui avait si généreo- 




iSa cHiioiTOtOGlE HtSTOni^Ë !■ 

sèment àétéré Vévèchi de I.îpge à Nilhard , ne put l'évilcrfl 
après la mort de ce prélat, et fut traîné, plutôt que pnriéla 
sur la chaire épiscopalé^fant il fit de résistance. PlacenliiniJ 
Euivï de plusieurs modernes , 3emciquG,en di^nl qu'il était Rl^l 
d'un comle de Juilîej's. Loin d'avoir une telle illustration ,' sJM 
naissance était tr^s-obscure , puisque, suivant Anselme dis 
Liège , son grand panégyriste , il avait été d'abord valet 3ffM 
l'évi'que Nolcher. Ce fut unii|uement à son mérite pci^onnsM 
qu'il fut redevable de son avancement. Nolflier, lui voyant drifl 
talents pour les lettres, le mit a la i^te de l'école de sa cath^4 
drale, avec le titre de scbolaslique. l.a réputation qu'il s'ac^l 
quit dans ce poste lui atlir» des élèves de toutes parts. Bal^9 
deric , successeur de Nolcher, le lit ensuite doyen de so^B 
église. Cette place l'exposa au ressentiment Ou pré\'6t Jean ^| 
par la nécessite où elle le rnil de s'opposer aux violences C^M 
cet homme , qui voulait tout régler au fjré de son capriceM 
I.a rupture en vint au point cjuela populace, toujours aveugl^S 
ayant pria le parti duprévflt, mit le feu .t la maison du doyeft^B 
qui eut à peine le tems de se sauver. Ceci arriva sous l'épis^f 
copat de Renaud, qui favorisait le prévôt. I.es amis de Vazo ïijJ 
voyant l'orage difiicile à calmer, lui eonseillfrreni d'a-cenHl 
vne place de cliapelain qu'on lui offrit à la cour de l'eai^^l 
reur Conrad. Ce fut là qu'il eut un<i célèbre dispute avec SB 
médecin de l'empereur, tjui était juif, et consenlait de perdflM 
un doigt de la main droite , si Ion pouvait le convaincre (lA 
la vérité de la religion chrétienne , nnr l'autorité des écriture », j 
Yoïon , ayant accepté le déli , mit la chose en telle évidence*j 
que le juif, sSvouant vaincu, se coupa aussitôt le doigt, en 
le remit à Vazon , pour le garder jusqu'à ce qu'il le rcJorW 
mandât , comme un bien qui lut appartenait. Le prévôt Jeatu j 
étant mon sur cm entrefaites , Vazon fui rappelé pOur le l'en!*] 
placer. l.es abus qui s'étaient glissés dans le chapitre cxril^rcatl 
son zèle, et les obstacles qu'il rencontra, pour les réformer jfl 
mirent à l'épreuve sa patience et sa fermeté. Apr&s avoir rem-^ 
pli celte dignité l'espace de quatorze ans , il fut élevé, commffj 
on l'a dit, à l'épîscopat. Jusqu'alors Vazon avait mené uaçl 
vie très-austère. Il ne changea pas de régime étant év?que*B 
Accoutumé a vivre de peu, il distribuait le superflu desesl 
revenus aux pauvres. Mais sa charité ne p.trut jamais plus com-f ■ 
pâtissante que la première année de son pontifical, qui fut untfl 
année de disette en France et en Allemagne. Il fit venir deËI 
(nnns de toutes paris, el les distribua gratuitement à toui^ 
ceux qui étaient dans l'indigence. Lorsque Godefroi , duc de J 
Lorraine, eut pris Verdun et réduit la ville en cendres, san*1 
CKcepter la cathédrale , l'évCi^ue de Liège , sensiblement touch& V 



DBS mQIIEé ST PniHCIiiS DE Liir.z. iSS 

de ce<]>''Sd&lre, envoyu aux chanoines une somme considérable y 
pour leurs besiiins parliculiers et pour les aider à réparer leur 
église. Fidèle envers IVmpeieur, u détourna le roi de France 



b'iandre et de Hainaul 1' 
était en Italie. Il fit plL 



! Gode- 

■n sollicitaient 
;. Sur la nou- 
à ravager les 



de venir mettre le siét 
froi et les comtes d1 
pendant que l'emperei 

velle que Goderroi < , 

frontières de son diocèse, il se mit à la l)?tL' d'ui 
dérable, et alla au-devant d'eux la croix à la main. -Les ennemii 
furent repoussés , mis en fuite, et chassés des places dont ils 
s'étaient empar£s. Vazon , par cette victoire, parvint à rëublîr 
la paix et la Iranquillilé dans la ville et le pays de Liège. Ce 
prélat jouit d'une très-grande considération dans le. corps des 
evéques et dans les diltertnls ordres de l'empire. Il s'attira , pa^ 
la sagesse de ses conseils , le respect des puissances étrangères. 
En voici une preuve. Pendant que l'empereur fleuri était k 
Rome (l'an lo^S) pour son couronnement, quelques courtisans 
persuadèrent au roi de France , Henri I, de profiter de cette ab- 
sence pour faire une Invasion dans la Lorraine, qu'ils lui repré- 
sentaient comme un apanage dt sa couronne. Vazon, instruit 
du dessein de ce monarque, lui écrivit une lellre très-forte 
pwir l'en détourner. Henri, après l'avoir lue en particulier, 
assembla les évêques qui se trouvaient à sa cour pour en en- 
tendre la lecture. Après quoi , prenant la parole , il leur dit: 
Voiià ce qui s'appelle un ée^Que , gui /ail à im prince étranger des 
remontrances salutaires , lelies i/u 'il aurait dû et qu 'il n 'a pu les 
rerevoir des prélats qui lui sont soumis. {^Gesta Leod. Episc. c. 3.^.') 
L'an io48, Vazon termina, le 8 juillet, une vie remplie de 
bonnes œuvres , par une mort édifiante. Il fut inhumé dans sa 
cathédrale avec cette énitaphe qui , sous un seul trait de pii}- 
ceau, présenlË l'éloge le plus complet : Anli ruet munUus, 
qaàm sargat Vazo secundus. Il nous reste des écrits de Vazon 

3ualre lettres : la première . écrite à Jean , prévôt de sa cathé- 
raie, pour loi reprocher le despotisme qu il exerçait sur ses 
confrères ; la seconde, de l'an 1046, au roi de France, Henri I , 
de laquelle nous venons de parler; la troisième à I\og;er H , 
évoque de Chàlons-sur-Marne, pour lui prouver qu'il n'est pas 
permis aux ministres de l'église de livrer les nouveaux Mani- 
chéens au bras séculier pour être mis à mort ; la quatrième , 
écrite à l'empereur Henri 111 ,"a pour but de le dissuader d'in- 
terposer son auturilé dans l'élection du successeur du pape 
Clément 11. {Wst. Ull. de la Fr. , tome VII , pp. 391-393. ) 

TllÉODWlN. 



E[flo49. Théodwi:^, de la 1 



i de Bavière , fut donnt 




I 
I 



CBBOKOIOdTB BtSTORlQtË 
par l'empereur , son parent , pour successeur à Vazon. l) élam 
auparavant prévôt de Bruges, Les premières atiaées de son épi» 
capat furent extrêmement agitées par les guerres nue Godefroi 
m- cessait d'enlrelenir dans lus Pays-Bas. rhierri IV, comte «le 
Hollande, ayant eu le malheur de luer dans un tournoi le frets 
(le l'archevêque de Cologne , ThéoJwin se joignit à ce prélat , 
aux évêques d'Utrecht et de Meiz, et au margrave de Braude- 
Iifjurg, pour tirer vengeanre de ce meurtre. Ils prirent Uor-> 
drerht sur le comte, au milieu de l'hiver de l'an io48. Mais 
à peine y étaienl-ils élahlis, que Thierri reprit cette place, oà_ 
les alliés coururent risque d'Ôtre faits prisonniers. L'an io5? 
Baudouin de Lille , comte de Flandre , étant venu fondre si 
les terres de Liège , et y ayant commis les plus sanglantes boi . 
lilités, Théodwin donna i ceux qui en avaient soufFert, àéi 
ti^moignages éclatants de bienfaisance pour les relever des perteil 
qu'ils avaient faites. Il fit réparer la vdle d'Hui, niie le comlfl 
avait brûlée. L'an 1071 , Richilde, comtesse de Flandre et àé 
Hainaul, pour avoir sa protection contre Robert le Frisoni^ 
usurpateur de la Flandre, lui céda le comté de Hainaut^ 
qu'elle reprit ensuite de lui à lilre de fief. Le traité fut concli^ 
à Fosse , dans une grande assemblée à laquelle se irauvèren 
cntr'autre» seigneurs, Godefroi , duc de U basse LorraitlJ 
Albert, comte de Namur , Henri , corole de Louvain , 1 
comtes de Chini et de Monlaigu , avec les principaux du payd 
de Liéçe , oui tous se confédérérent pour remettre Hichilde eaj 
possession de la Flandre. Mais la valeur et l'habileté de ftobej 
rendirent inutiles le.s efforts que fit cet te ligue pour ledépouilleid 
(Voy. lea comtes de Flandre.^ Théodwin défendit avec plus Aw. 
bonneur les privilèges de son église. Des ennemis t'accusèrent' 
de simonie , sur la fin de ses jours , auprès du pape Gré- 
goire VII. Us l'accusèrent aussi de tolérer les prêtres concubi- 
iiaîres. Grégoire écrivit là-dessus au prélat une lettre trèi-forte 
cl pleine de hauteur à son ordinaire. I^a mort ne laissa peut- 
être pas â Théodwiii le loisir de répondre. En effet , la lettre 
de pape est du aS mars loyS , et 'Hiéodwin mourut le 24 mai 
suivant. On sait qu'alors, les messagers ne faisaient pas, à beau- 
coup près, la même diligence que de nos jours. Théodwin fut 
enterré dans l'église d'ilui. (Albéric.) Il fut un des ennemis 
les plus déclarés de l'hérésie de Bérenser. Nous avons deux 
1(111 res qu'il écrivit pour la comballre, 1 une au roi de France, 
Henri I, l'autre à Berenger lui-même, 

HENKI , BIT LE PACIFIQUE. 

10-5. HENlii, dit LE Pacifique, fils de Frédéric , comte 



T>F5 é^tQUKS n *HlfTCi9 biaifir.K. iSl 

âel'oul, pufvint à i'év^i:hë de Liëgi:, sur U nomioalion de 
r^mpereur Henri IV, par le cretlit de Godcfroi , duc dt 
Bouillou, son parent, el lut sacré par Annon, archcvét^ue J< 
Cologne, Tan loyb. Il avait élé él«vé dans IVgliseJe Verdun , 
ilonl d était devenu archidiacre. L'an 1076, ayaitl entrepris uti 
pMerinageà Itome,!! fut dévalUé sur la route par Arnoul, conil* 
tIeCtiini, (fui lui (il promellre, avec serment, de ne poini régiélet 
te qu'il lui avait pris. Lepape, insiruit de celte violence , re^ 
leva 1p prélat du aermcnl forcé (fu'il'âvail fait, et lui onlonaa 
r^ruia de faire pénitence 
il fit rnnsiruirc 



«l de resliluer ce qu'il a 
un pont sur la Meuse à Dînant. L'an 
nique manuscrite des ducs de Brab»ni , 1 
le marque un moJcrne, l'évéi]iie Heur 
mceurs portée aux derniers excès dan 
n'entendaut parler de tous calés C|U 



oSa, luivaot U difo' 
t non pas 10H7, conitiK 
, voyant la lïceiico de» 
I tout son diocèse, et 
rapin 



:, chacun prétendant se faire justice par ■oi-mdme, 
fit assembler les personnes les plus aualiriées du duché de ta 
liasse Lorraine, etiesût consentir à élire un juge souverain qui 
put connaître de tous les délits et les punir. Le choix tomba 
sur le prélat. Mais le comte de la Hoche refusa ilo se soumcittre 
à son jugement. On marcha contre lui pour l'y contraindre , 
et on L'assiégea dans sa ville. 1^ comte se défendit avec valeur^ 
et fit traîner eu longueur le siège. Cependant la lamine pressait, 
de jour en jour, les as.siégés Jcser-ndre. Le comte , pour donner 
le cliange aux ennemis, fil jeter dans les fossés un porc engraissii 
avec du fcoroent. Cette ruse lui réussit. Le» assiégeants, iulërant 
de là que la place abondait en vivres , prirent le parti de se re- 
tirer, et le comte se maintint dans son indépendance envers 
l'évâque de Liège. Ce prélat mourut, selon Gdics d'Orval , l4 
3t mai de l'an toi)i , ou, selon d'autres, le a novembre suî- 
^ULi, et lut enterré dans l'église Je Notre-Dame. 



OTBEIIT. 



^^1091. Otbeht, char 
ie l'église de Sainte - 
Henri IV , en llalit 



; la cathédrale de Liège el prévit 
était à la suite de l'empereur 
e ce prince apprit la mort de 
par l'empereur pour le 



t'évoque Henri. Olherl fut 

remplacer. Les monumcnlf de l'abbaye de Samt-Laurent de 
Liège , disent que ce ne fut pas gratuitement , et peignent en 
gênerai ce prélat , avant et depuis son épiscopat , avec les plus 
noires couleurs. Mais les moines de Saint-J.aurent eurent avec 
Otberl des démSlés qui ne permettent pas de les en croire sur 
Uur parole dans le mal qu'ils diaent da lui, Gilles d'Orral , 

XIV. • 24 



ï86 



CHBOKOTûGtB aiSTonioûï 
'avait nul intérêt k le louer ni i li: blâmer, dit que i 



fui un prélat Ir^s-sage, Irèii-pruJenl tt trè.s- instruit, 
ij fit, au nom de son église, l'acquisilion du châlcau ( 
Bouillon , que le duc Godefroi lui vendit à son départ poiii 
Terre -Sainte, moyennant la somme de treize comIk ma 
d'argent et trois marcs d'or. ( l^oyei Godefroi de Beuiltniii 
parmi Its ducs de Bradant. ) Celte acquisition élail trè.i-i 
portante pour l'église de Liège, parce que, le chStean c 
Bouillon étant situé près de ses fronlièrcs, les garnisons qo' 
ymctlail, faisaient souvent des excursions dans le pays lîègeoHî 
dont elles tenaient continuellement les habîlants en alarinq 
Le contrat Je vente- portail la facullé de radial pour GodeÀl 
froi et trois de ses héritiers consécutifs ; ce qui n'ayant poittifl 
eu lieu ,. Bouillon demeura sans retour aux évéques de IJée'' 
On verra dans la suilc comment il est passé depuis en d'auli< 
mains. Ce châleau de Bouillon, comme on l'a dit aillenri(l 
était un .fief de l'église de lieims, dont l'évéque île Liège d<4| 
vint, par conséquent, vassal en faisant celle arqnisilion. M 
l'égard du prix de l'achat, ce fut en grande partie le proditu 
de la vente de ce qu'il y avait de plus précieux dans l'église d»; 
Liège. Olbert n'ép.irgna pas mt'mc le lomLi^au de Saint-I^nd V 
berl , dont il enleva loc cl les pierreries que ses prédécesseuN| i 
avaient consacrés it ce nKrniimenl. Mais dans la suite il rèpaiî-f 
ce tort, et remii la ciiSsse du saiut duis l'état oi!i il l'avait I 
trouvée, Vers le même (ems , Olliert acquit de Baudouin Hf I 
comte de Hainaut, le cliàlrau de Covin et quelque 
terres. Olbert vivait mal avec Henri , comtir de Durbui 
sait pour quel sujet, ce comte, l'an ioc|6, l'ayant surprit 
dans une rericontre, le fit prisonnier, et l'emmena à Uni^ 
lur un cheval fuugueux qui le Iroissa par nne cliuie qu'il |j| 
fit faire, de manière qu'il en fut incommodé le reste de s 
jours. (^HisC. Andai^la. Monustmi , n". iio.) 11 ne paraît [ 
que la captivité d'Olbeit ail élè longue. L'an lorjg, il Kl fui^ 
tifier le châleau de Mirewart, situé sur les frontières du Lié| 
geois , malgré les oppositions des moines de Sainl-Huberri 
à qui l'évêque Meniî avait cédé celle place. Ulbert fui un dd 
preljits qui demeuiècnt înviolaLlement attaches h l'emnercvl 
Henri IV, sans prendie part néanmoins au schisme qu'il a^ 
excité : sage tempérament par lequel ils surent concilier 
qu'ils devaient à César et ce qu'ils devaient h Dieu Le p. 
Urbain 11 , qui ne voulait que des prélats aveuglément dii 
vouéii à ses intei'èts , «communia, dans un concile, Olbcrt.S 
comme il le. marque dans sa seconde bttre à Béringer, 
du' Saint-Laurent de Liège, où il le représente comme u 
taoniMue > un porte-étendard de l'anlechrist , va suppûl d 



I ET FMSCIiit -M 2>lÉGt. t^ 

Katan, etc. : loules (ju^^UAcatioii:! qui parai^ïoiit ù D. MarL&De, 
fuHdçes sur la plus e;«acle vwilé. D- Mabillon , fort éloigné Je 
ficmer ainsi, blâme ilans Jiirtntoa, alibé de Sainte-Bénigna 
lie Uijan , (le seinUablfs Irails lancés contre notre pruau 
L'an I lai , Otbi^rt amena Jcs troupes à l'emperfur pour taire le 
siège de Lîmiiouig , donl ie comte Henri avait eaibraasé le nartî 
des rebelles. L'empereur, après celle expuJiiion qui fut heu- 
reuse , étant venu à Liège, y fuL reçu par Olberl avec lea hon-^ 
peurs dus à sa dignité. Ce pape Pascal , irrité de la conduite 
it'Olbert envers ce monarque, sollicita, par des leitros très-. 
pressantes, Hoberl, comte de Flandre, à faire la guerre aux 
i.iégeoi«, tomme il l'avait faileiceiiK de CamLral pour le même 
sujet. IJbicumque poteris , lui dit-îl, lienriçum luerefinorum èapui 
et e]ua faulores pro miliiis persequerU. Ces lettres étant venues 
à la connaissance de l'église de Liège, elle prit hautement ie 
parti de son èvêque. Sigebeit, célèbre moine de Gemblours, 
tut chargé par elle de répondre, en son nom, anx plaintes du 
pape : commission dont il s'acijuitta par une ample lettre qui 
contient une apologie sage, lumineuse et complète de la con- 
duite d'Otberl et de son église, à l'égard de l'empereur. On peut 
assurer, malgré le P. Lalibe, qui a la témérité de traiter cet 
i:crit de scliismalique , qu'il y en a peu où les droits. du Mcer- 
diicc et de l'empire soient distingues avec plus d'exactitude et 
ije précision. L an i :oS , les princes d'Allemagne ayant déposé 
lleiiri IV, Otberl ouvrît une retraite chez lui i^ ce monarque in-' 
fijriuné. Henri V, que les cnnjurés avaient substitué à son père, 
résolut de l'arracher de cet asile. Mais , préférant la ruse à la 
iorce , il marqua au prélat, dans le carâme de Tan iiolî, 
qu'il se proposait de venir célébrer les fêlos de Pâques avec lui. 
}x piège était facile à découvrir. Dans la mâme-tems , on appirit 
que le jeune Henri envoyait en ayant dans le pays liégeois une 
partie de son armée. Otliert , à cette nouvelle, exhorte snn 
peuple à venger les outrages faits par un fils à son père; et, 
sans plus larder , il fait marcher des troupes le jeudi saint , 
sous la conduite du duc de Luthier et du comte de Namur, pour 
aller repousser l'ennemi. Les Liégerïis, ayantsurpris les ri'.be'.les 
dans une embuscade à la t^le du pont de Visel , entre Liège et 
(laëslricht , en taillèrent eu pièces une partie) l'autre, qui 
voulut repasser le pont, s'y jcla t'n foule avec tant de précipi- 
tation , qu'il fondit sous eux , et iju'ils périrent presque tous 
dans la Meuse. (Sigebert, Hériman.J Cet heureux succès encou- 
ragea toute la Lorraine h pren(lre la défense de l'empereur. Mais 
la mort ne permit pas à ce prince de .recueillir le fruit de ce 

Srand zèle. U finit ses jours le 7 août de cette année. Otbert le fit 
.abord enterrer dans sa cathédrale avec la pompe convenable !k 




[ 



i88 ctTiifmot(>c)e nisTORiçvt 

u di^ité. Maù le roi Henri V, son lils, le fit »huiner et parti 
Sur le mont Cornilloo ; de ti il fui transporté , le 3 seplembi 
suivant, â Spire, où il resta, pendant près de deux ans , sm 
■éf>ulliire ; après (fuoi , il fiit inhumé dans le tombeait de m 
ancêtres ii la cathédrale. La même année 1106, Otbcrt, ctai 
venu trouver Henri V ï Aïx la-<.hapelle , fit sa paix avec lu 
L'année suivante, il obtint (lu pape Pascal on bref adressé 
l'arch?v#(^>ie de Tours , en date du 11 novembre, pour le rt 
lever de l'excocimunicalion. Voici la formule que ce ponlîl 
chargea l'archevêque de faire signer à notre préUt avant ta 
absolution : Moi N., j 'itnalhêtnatisc toute hérésie , H aurtout ed 
fui trvubfe t'éfat prêtent de l'rgHie, enseignant à méprisera 
ànathèmea et tout tes inayens tfu 'elle emploie pour lier les Ani 
Je condamne rj:lle hérésie aeee ses auteurs et fauteurs , pr 
«àélf»aiite au pape N. rt à hs successeurs , soutiens ce que l ' 
unioerselie soutient f' et condamne ce qu 'elle condamne. Que il' 
eherrhe à m'érarter en qaeltfue chose de cette profession de fa 
je déclare que /'ai moi-même prononcé ma eonthmnutiùa, (M» 
tène, ylmpl, coll., loin. I, col. tiaa.) Le riergé de LIA 
eut port , ainsi que le peuple . i b réi oncihation de noa évëqi 
avec le nouveau roi. On voit dans Chappeauville des leltrcs 1 
tepritice, données à Liège le 1". janvier 1107 (v. st.), p 
lesquelles il amanchit de la juridiction sérulière le clergé 1 
nége. Olbertmourut Ie3i janvier de l'an 1 1 19 (n. st.) , et t 
inhumé dans sa rathedrale. Sous Tepiscopat de ce prél» 
l'église de Liège fut une des plus fertiles en hommes célèbr 
par leur savoir et leur vertu. De ce nombre sont Slgeberl, lia 
on vient de parler; Riipert , qui, de moine de Saint-l^uren 
devint abbé de Tuits . et illustra son siècle par la tnuUilude 
la beauté de ses écrits; Alger , qui , après avoir gouverné 1 
écoles de Liège avec gloire et combattu par écrit l'hérésie 1 
Béreitger, alla finir ses jours à Cluni ; Hezelon et Thesselii 
deux autres chanoines de Liège, savants cl vertueux , qui 
retirèrent avec lui dans le m^mc tnonastcre. Le fameux Pier 
l'Hermite. auteur de la première croisade , doit èlre encore n 
rarnii les hommes extraordinaires qui fleurirent dans l'egtisel. 
Liège sous IVpiscopal d'Otbert. Après ^Ire revenu de cell 
expédition , il fouda un monastère , bous la règle de sait 
Augustin, dans la ville d'Hui, en l'honneur du saint sépulo 
et (le saint Jeaii-ltaplisie , et y mourut le H juillet de Vt 
1117. {C/uvn. S. Andréa. Leod.') 

FRÉDÉRIC. 

itiçi- FnÉDÉRic , fils d'Albert III , comte de Naraur , êli 

préi-ôl (le la catltédr^k de Liège à la mort de l'èvêque OtbeH 



DES iÊrÈ(j»ns ty tHM« Mm&is. 



•»S 



iCJpaux du clrrgr cl d 
!>cédfn«nt sons les yem 
kinîr^ni en f.iv 



Dit que le prt'lal pliI I"s yeux farmiv, rorchiJiacre Alexandre, 
excilé par fe coml^ île Lout'aia, se rendit en diligence h la 
cour de reiiipci-etir , el obiint Ju lui le siège vacant pour la 
somme de sept mi Ik Hvj-ei en argenl. Le prévAt [''redéric, 
instruit de ceUe venle simoniai|uc , dt'fenJit au clpi'g<^ de 
ncrvoir Alriandre, el toux obéirent, à l'eitceptioa dea cha- 
ioM de Saiiit-Î^ul et de ceux d'Hui. Ces deux clia^itres, 
DÏlM par (imikfroi ie Barbu, duc de Lolhier et protecteur 
Kksandre , viorcnt au-devant de rinlrut conduit par ce 
e , el, l'ayant accompagné jusqu'à la cathédrale , ils l'in- 
ntsàrcnl av«c acclamalion, L'archevikiue de Cologne ne laissa 
alienlal imponi. Après avoir cité jiisi|a'jk trois fou 
à son tribunal sans qu'il romparilt, il le déctafa 
phu de tftni droit au siège ppiscopal de I.iége, et ordonna 
I èlill iiu nouvel év^ijue. Mais romme la puissance de 
<i ne permettait pas ijue rdeclioii »c fît i Uége , les 
' ' ' ' Ju peuple sVtant rendus à Cologne, y 
X du méli'opolilain. Les suffcitges te 
v\Al Frédéric, qui fut loi seul étouné 
a e&t pensé à lui. De Cologne il alla trouver à Kciins le 
; CalltKI<>, ijui cnnBrma son ék-ctinn dans te concile qu'il 
Jgait aiars eii celte ville, et le sacra <lc sa mniu. tVéïléric, en 
HanrRintii l.îrgc, ât le \oyagc nu 'pieds. Son ariivée causa 
B joie universelle dans le pays. Cependant Ateicaiidre, ré>i)la 
et» maiiiienir, se tenait renfermé dans la forlcresse d'Hur, 
*n attendant t]uc ses alliés vinssent à son secours. Parmi ceux - 
ci , outre le duc de Lolfaler , leur ctief, ou complait LamberL) 
comte dcMuulaigu, Gislebert , comte de Duras ,' Renier , 
c d'ilasbaic et gnufaionier de Liège. Du côté de frédéric 
.1 le comte de Natnnr , son frère, Waleran de JJmbourg, 
in de Kau(|uemanl , la ville entière de Liège et tous les 
m au diocèse. Par le conseil de ceux-ci , Frédéric mil des 
l'int assiéger sou rival dans Hni. Les par- 
I d^Alexandi-e accourent a sa défense. On se bat sous les 
s de la place, cl le parti de Frédéric remporte la victoire. 
I le duc Gadrlroi, (fui n'avait pu se trouver au combat , 
faire le dégSr dati.i le tenJtoire de Liège. Bientôt il est rap- 
é dans tes terres fiar les ravages nue le comte de Namur fait 
i environs de l^uvain. La ilivision cependant s'rtant mise 
la garnison do In <iiad>'l!e d'Hui, Alexandre , qui ne s'y 
trouve plus eu sùri'ip , prend l;i tulle : la place enlin se rend, 
Alexandre vieul (rnuvi-r Knilcrit. , et fait une pais simuléeavec 
lui. Rétabli dans ses limci ions d'archidiacre et de préï3t , il ne 
a de prséci'ler Frédéric par des menées sourdes jusqu'à la 
Oïl de te prélat , arrivée le a; mai de l'an i tai. On pnitend 



1 



I 



cnnoKOLOCiE ersTonige»; 
gu'euê Tut Te^et du poison. FrrJiric t\il inhume uana'sic«^tf| 
urale, dont le necrologe le qualiiie de sâînt. 

ALBËRON , ou ADALBÉRoN I. 

1123. AlbËroh, du Adalbékun I , de Louvaia, frère d 
duc Godefi'oi , rh.inoine et primîcier de .Melz, lui élu évêi|al 
de Liège après que le sii-ge eut vaqué près de deu» acis. 1^ ca 
principale de ci'lli" longue vacance furent les démêles de l'e 
pire et du sacerdoce louchant les investitures. La. paix en 
ces deux puissances ayant été faite, le a'à septembre 1 132, l'e 
pereur Henri V vint, Tannée suivante, célébrer les fêtes c 
Pâques k Liêae. On traita, pendant sdo séjour,de Télection d'u 
évêquo , et Albéron eut toutes 1<» voiï en considération du diM 
son (rère. Le premier soin de ce prélat lui de purger son dig 
cè$e des brigands qui T infestaient. Leur retraite étaî 
délie de Fauquemonl, L'empereur, à la prière d'Albéron., 1 
fit raser. On vit ainsi reparaîti-e, sous Tépi^copal d'Albérun. 
les beaux jours de la paix cl de- la tranquillité. Sur la En 
l'an 11:^3, Il fonda un monastère de Prémontrés sur le mt 
Cornillon ,| quelque tcm» après la fondation de celui dcFloreff f 
appartenant au mi^mc ordie. L'an iia4i '1 ^'l- des cbanoin 
réguliers dans l'église de Saiat-Gilles~au-Mout. L'an iii 
Renaud de Marligné, archevêque de Keiins , céda la dire 
de son église sur la seigneurie de Bouillon , à notre prélat é.l ) 
ses successeurs , mais en s'en réservant à lui-même et à c 
qui lui succéderaient dans le siège de Reims , l'hommage s 
fa justice et le service mililaire ; et , en méme-tcms , il ruçuj^fl 
l'hommage d'Albéron. ( Marlot , tom. 1! , pug. :iQ^. ) Les évè^ii'a 

3 lies de Liège, par une ancienne coutume, éi aient en pi 
e prendre dans les meubles de chaque chef de fâmitli 
décès, celui qui pouvait le mieux leur convenir. Albëron abolit, 
, usage qui s'appelait le druii de main-nuuic , parce que , 
e ancienne chronique, lia fjnssé les Muian morts , on leur ci 
pait la maiu , et au Heu de ce droit un duniia (e meilleur gage. 1 
conduite d'Albéron fut édiliaule et rcpandità la dignité t! 



ictère. Il n 
bert et Gilles d'Orval, 
selon le nouveau style 
Saint- C illes-a u. Mont. 



Ile 



r de l- 



)loge de Saint-L 

m I i2<S,c'cst-.'i-dire^I 

imé dans l'église dq». T 



ALEXANDRE 1. 



iiaq. L'archidiaereALEXANDRE.aprèsavoirété rejeté deux foîs| 
réunit cnfiu les suffrages en sa laveur , le iS mais 1 isij 




DES ÉvtQOES ET PKPOnES nBXlÉGE, ïgi 

l'évJcho de Lirgir. Son humeur guerriÈre trouva de l'exercice 
dans la gunrr<^ iju'il eut à soutenir conlre les comtes rie Louvain, 
de Flandre et de Uuias. (,c dernier, nommé Gislebert, étaii 
celui qui l'avait excilée. Obligt^, en qualité de sous-^voué <de 
Saint-Trou, à dci'cndre cclti: ville , il abusait au contraire de 
ce titre pour l'oppriiner. iiéf L'an ii:iS, ne la trouvatil point 
disposée i se souinetlrc aus exactions injustes qu'il voulait lui 
imposer , il ne cessait de vexer en toutes sortes de manières les 
malhenrcLix habitants de cette viLle. nodolfe , abbé respectable 
■le Saint-'IVon, lui ayant vainement fait des remontrances à cet 
égard, porta ses plainies à Waleran, duc de Limbourg et haut- 
avouédeSaint-Tron,(]iiidépouil!aGislebert deson litre ' 
avoué. Alexandre , devenu évéïjue de. Liège, ajouta à c 
vatioD celle du comté de Doras el de tous les fiefs que Gtsle- 
liert tenait de l'éelise dp Liège, l.e comie, ainsi dépouillé, n'en 
devint que plus lèroco. Résolu de se venger, i! appela 



jecours Godefroi le 1 






Flandre, 
après 



Thîerri d'Alsace, comte de 



lesquels il ravagea tout le pays de Liège. L'évêijue, 
r excommunié Gisleberl et Goiicrroi , marcha contre 
le duc Waleran, le comte de Loss el l'èvéquc ùm 
Metz, assiégea Unras sans succès , et tut plus heureux dans 
deux combats qu'il livra aux ennemis. Le second de ces combais 
»e donna près de Wirle, lieu voisin de Duras, le 7 août de 
l'an I12Ç4, Le carnage y fut si gr.and , dit Albérk, que de part 
et d'autre il resta huit cent vingt-quatre hommes sur le champ 
de bataille, sans compter ceux ijui , ayant pris la fuite après 
avoir été blessés, allèrent expirer dans les bois voisins. Le champ 
de bataille resta aux Liégeois. L'étendard de Godefroi fut pris 
'" " "■ ! ce qui (It donner le nom fie standurt au lie 



I 



elle s'était passée. Les Liégeois furent si li 
<\ae tous les ans ils portaient ce ti-opliée a 
rogations. L'an ii3t, Alexandre recul à J, 
centll. lequel arriva dans cette ville, le 22 
de saint Bernard. Le roî l.olhaire y était ar 
auparavant avec son épouse; et , étant allé 
devant du pape 



de cette prise, 
i processions des 



epapi 



In m 



Huit jours après ( le nu m 

reine , par le ponlîfe dans 

même jour, dans celte égli 

<iû l'on excommunia Pier 

Frédéric, son frère, enne 

(Voy. Us Conciles. ) Les écrivains liégt 

avait alors deux tils , chanoines ilans h 



accompagne 

rive quelques jours 

avec 1 évoque au- 

'it d'écuyer à son entrée dans la ville. 

ars ) , ce prince fut couronné . avt-c la 

l'église de .Saint- Lambert. On tint !e 

se, un concile ou assemblée mixte, 

fv de Léon, antipape, Conrad, et 

mis de Lotliaire , avec leurs parlisans- 

disent que Lolhaire 

hedrale de Liège, et 



m y comptait sept autres Sis de rois, quarante-t 
s et de comtes , et sept fds de barons ; ce qu 



,s fils di 



■■ait 



»r(s eimoïiOLORiF îiistokiçwb- 

nuDcntPTit prouvé. Il faul en dire autant d'un décrol par lerjtipl, 
iKs«nl-ils, ce m^me pape av^nl ordonné, l'an ii38, que tnui 
les chanainps de la caihédrale de l.iége seraient faits snub 
diacres dans raniiée de Ipiir réception , vingt des plus qualilîrà 
aimèrent mieux se retirer que de subir celle loi. 
Alexandre se fit une affaire fâcheuse avec le saint siéM poirv 
avoir refiuc d'y comparaître sur trois ciladons qui lui furent 
faîtes. Le sujet qui l'avait fait ri ter était l'accu.uiinn de simonir^ 
internée conlre lui par Nicolas , chanoine de Saînl- Marlin. Cm 
Tice ne tuî élait point particulier : il int'eclait les prîncipauS 
membres du cierge de J.iégc. Un voit , dans le <louzième tum* 
du Spieilèee ( pag. i.'^i^ } , des lettres du pape Honoré II » 
l'évéque Aleiandre et à son clergé , par lesquelles il déplore la 
détestable coutume qui régnait daiw l'êgliae de IJége , de n'ad* 
mettre aucun chanoine qu'il nVOt pave une somme détermtoéit 
doyen et au prévdt : coutume imitée, dit Câ p<jnlife, pw 



-i] des Rouveaua 



les arcliidiacres et les dojens i 

curés. Alexandre n'ayant point répondu à la cftal ion d'innocent f 

ce pape, dans le concile de Pise , tenu l'an n'ii, le condamna 

par contumace et le déposa de l'épiscopat. Vei 

suivant Albéric, Renaud, comte de Bar, ayant corrompu pac 

argent la gaiiiisun du château de Bouillon , se rendit maitre d« 

ta place apri-a s'y être fait introduire avec des cnrdes par-desso* 

les muirs. Kenaud , comme on l'a vu à son article , descendait 

des anciens comles ou dties de Bouillon , et tenait pour nall« 

la venle qui avait été faite de cette terre à l'égh&e de Liège. 

Alexandre, ayant appris coup sur coup et sa condamnation et Ife 

prise de Bouillon . tomba dans ime telle afUietii 

|ioiivanl plus supporter la lumière, il alla s'enfermer dam I0 

monastère de Sainl-Gilies-au-Mont. 11 y mourut, le fi juillet 

de l'an ii35,et y fut iidtiimé sans aucune cérémonie. So« 

episcopal fut lemarquaUe par la fondalion de pli 

Fastères dans le diocèse de Liège , tels que l'abbaye du Paie f 

]»és fk> l.ouvain, celle d'tverbode au comté de Loss, celle» 

d'Hi'ilesem et de'J'onçies, toutes de l'ordre de Wémontr^s 

relie u'Ulierbrc!^ . de 1 ordre de saint Benoi't , dans le comté d« 

Louvain , et celle de tieioiisart , au comté de Nautur, 

ALBÊRON 11. 

it3H. AlkÉROK 11, de ta maison des comtes de Namor 
et primirier de l'église île McU , succéda , l'au 1 1 ili . à l'évêquo 
Alexandre après neuf ^ dix mois de vacance. 11 trouva son 
église dans un état déplorable à l'égard tant du spirituel <|ue di^ 
tempçrel. Le dernier point l'afîecta plus que le premier. L'a» 



ït40) ïl eut unp guerre iri-s-vive avec le camte de Pîamnr, ^| 

Henri 11 , le plus inijuiet et le plus eatrepfenanl de ses voisins. ^H 

Elle se termina, la même année ou au comme rieeinenl de la ^^Ê 

suivanle, par un Irailé de paix, où il se fît un allié de son en- ^| 

nemi. Après cela, il tourna (outel se» pensées vers le château de ^| 

Bouillon , dont le recouvreinenL l'avait occupé dès son entrée ^M 

tlans t'épiscopat. Déjà il avait fait trots voyages à la cour de ^^Ê 

l'empereur et autant à celle du pape, pour engager l'une et ^H 

l'autre puissances à lui fiiire restituer celte importante place, ^H 

Mais l'argent que le comte de Bar sut répandre dans ces deu» ^^ 

cours, avait rendu les démarches du prélat inutiles, tnfin, 
voyant qu'il ne pouvait obtenir juâtine par les voies de droit, 
il se détermina à tenter le sort des armes, L'an i i^i , il fn une 
ligue avec le comte de Namur ; et tous deux ayant réuni leurs ^H 

forces , vinrent assiéger le château de Bouillon. La place était ^^Ê 

regardée comme imprenable. J^es assiégeauls, après de longs ^H 

I tt pénibles elForis, commençaient à désespérer de s'en rendre ^^Ê 

^^^HWtres lorsqu'il vint en pensée aa prélat de faire venir au camp ^H 

^^^^P^rlîques de saint Lambert. Oit les apporte, et au bout d'un ^H 

^^^^BVISi deptris leur arrivée (le Z3 septembre), les assiégés, ^H 

^^^Binquant de vivres , et surtout d'eau , prirent le parti de se ^^ 

rendre. Les historiens lïégenïs ont célébré comme un miracle 
cet événement , dont Nicolas de Liège , écrivain du tems, nous 
a transmis une ample relation sous le litre de Triumphe ée 
ttànl Lamberf. La conduite d'Albéran , si l'on en croit Gilles 
d'Orval, n'était guère capahie d'attirer snr son église la béné- 
diction du ciel. Il se comportait , suivant cet hisforlen , d'une 
manière tout-à-fait indigne de son caractère. Ce qui est certain, 
c'est que, sous son épiscopal , la licence des peuplas et les dé- 
sordres du clergé (iirenl portés à l'excès , sans qu'il paraisse 
3ue jamais il se soit mis en devoir de les réprimer. WuUe sûreté 
ans les villes ni dans les campagnes. Les vols, les assassinats, 
ies adultères, s'y commettaient avec la plus grande impunité. 
Tout , jusqu'aux saints mystères , était alors vénal dans le sanc- 
tuaire de l'église de Liège. La clôture des chanoines était rom- 
pue, l'accu était libre au\ femmes dans leur cloître , et leur 
impudence allait jusqu'à donner a leur commerce honteux avec 
elles le nom sacré de maiiage. Les Liégeois même s'étaient laissé 
séduire par ces guides aveugles, au point de marier leurs filles 
auK chanoines préférahlement à d'autres. Mais le ciel suscita un 
nouveau fhinées dans la personne île Henri de Leyen, prévôt 
de cette église. 11 fil le voyage de Rome, et porta ses plaiates 
(le ces désordres au tribunal du saint siège. Le pape manda 
l'éïSque dé Liège , qui se rendit à la ritatioii. On ignore ce qui 
te paisa dans l'audience qu'il eut du pape. Mais , -en s'en reve- 
XiV. a5 



194 CHWmoiOGlE HISTORIÇTE 

uaat , il fut aitaijiié de la fièvre , et mourut à Otride , na Italie^ 
le ^7 mars 1 145 , et non pas J046 , comme le marquent Albërif 
et la diionic|ue de Lobbes. {Gall, Chr., aov., lumc 111, p. H-ji.] 



HENRI DE LEYEN. 



Baïissece, prévâ 
nai 114^, pour succéder. 
son épiscopat L'idée avao^i 
nt J'y parvenir. 11 rétabt'* 
diocèse, t'ar se 



II 45. Henri DE Leyem , 
de l'Église de Litige, fut élu, le is 
l'évêcjue Alltéroii. Il soutint peridai 
tageuse qu'il avait donnée de lui a 
la paix, et fit relleurir le bon ordre uans son 
économie, il augmenta co us iUérabl entent les 
évêché ; il répara toutes les maisons et tous les châleau 
appartenaient, et il embellit avec magnificence Les é 
sa dépendance. 

L'an 1 147) le samedi après l'octave des Rois ( i8 janvier)! 
saint Bernard étant venu prêcher la croisade à l'iege, fit i ~ 
si grand nombre de miracles en préseuce de Henri , qu'ils in 
pirérent à ce prélat la plus grande vénération pour Lui. Ne pou-^ 
vant le retenir dans son diocèse, il voulut y avoir au moin|. 
quelques-uns de ses disciples, et lui donna la collégiale d'Ali^ 
pour y fonder un monastère de son ordre. L'an ii53, il eul 
querelle avec Henri , comte de Namur et de Luxembourg, poui 
«ne somme d'argent que ce comte disait avoir prêtée à t'évéqn| 
Albéron II , et dont il exigeait le remboursement. Notre préla^ 
demandait qu'on lui représentât l'obligation de son prédéce» 
seur, et le comte voulait en être cru sur sa parole. N'étaa 
point écouté. Il prit les armes, et vint faire le dégât tlans J« 
pays de Liège. L'évêque marcha contre lui, et le battit dans U 
plaine d'Andenne, entre Namur et Hui , le i". février i iSjç^ 
Le continuateur de Sigeberl met celle victoire en iiSo; Laia^ 
bert le Petit la place en i i5â; Gilles d'Urval la rapporte à Taq 
ii5S (v, st.). Le comte, -abattu par cet échec, fit la paîl 
avec le orélat- [y oytt, les comtes àeNamur.'^ Au mois d'oclobi:^ 
Ii54 , l'évfque Henri se vit oblige d'accompagner Frédéric I^ 
roi de Germanie, dans son eupedilton d'Italie. L'absence dW< 
prélat paru tau comte de Namur une occasion favorable derecooir^ 
mencer les hostilités. Mais II se liompag le comte de Eurasgf 
maréchal de l'église de Liège, vint à sa renronire, L'obi i gra li 
retourner, et alla même l'assiéger dans Namur. L'an i 



■poque 




fâche. 



- l'honneur de notre prélat. . 



, . pour ' 

; Adrien étant mort te 1". septembre de celte années 

clion d'Alexandre lli, son légitime successeur, fut ti'oublé<| 

par celle d'un antipape qui prit le nom de Victor. L'cmperei^ 

s'ciani déclaré pour ce dcruier, les évéques attachés à ce princA 



DES ÉVÊQCtS ET rniTÎCES DE LIEGE. itj'i 

suivirent son exemple , et VcTÊque de Liège fut de c£ nombre. 
Ce ae fut point en lui . comme en qucl<|ue3 autres, une illusion 
passagère. Il persista dans le schisme, et s'y distingua ije ma- 
nière qu'après la mort de Viclor, arrivée le ao ou le 32 avril 
j iG4t on jeta les yeux sur lui pour le remplacer. Mais , sentant 
l'odieux du fardeau qu'on voulait lui imposer, il le fil tomber 
à Gui deCrflme. Il était alors en Italie à la suite de l'empereur. 
Albéric dit qu'il sacra le nouvel antipape, qu'il nomme par 
eireur Jean de Slrume ( celui-t-ï ne fiit que le sucresseur de 
Gui de Crêrae). Il ajoute nue l'eiopereur, ayant créé Barasoii 
roi de Sardaigne, chargea I evêque de Uége de le couronner. 
Ce fut une des dernières actions de sa vie, tl mourut à Pavie, 
le 6 octobre 1164, selon la chronique de I.obbes et Gilles 
d'Orval. Albéric met sa mort en iiUS, et la petite chronique 
de Liège en i i&i. L'un et l'autre nous paraissent se tromper. 
15 de Henri fut rapporté à Liège et inhumé dans la ca- 



^thédraîe 



ALEXANDRE II. 






64. Alexandre II , (ils du seigneur d'Orrée , près de 
Tirèves, prévôt de l'église de Liège, devint le successeur de 
l'évéque Henri. L'an 116B, l'empereur Frédéric le joignit au 
duc de Saxe et aux archevêques de ^layence et de Cologne , 
qu'il envoyait au roi d'Angleterre pour l'engager dans le schisme 
qu'il avait formé contre te pape Alexandre III , promettant de 
lui fournir d'abondants secours dans la guerre qu'il avait alors 
avec la France. Gervais de Canlorbi^ri dit que les ambassadeur» 
furent reçus avec beaucoup d'honneur, mais qu'ils ne rempor- 
tèrent qu'une réponse vague avec de. forts beaux présents. La 
même année, Alexandre fut de la quatrième expédition Je 
1 Italie. Il mourut de la pesle, au camp de te priucv, 

nt Rome, le 8 août 11 (iy. 



RAOUL. 



1167. Raoul, fils de Conrad, duc de Zwingen, et de Clé- 
mence, fdle de Godefroi, comte de Namur, fut élu canoni- 
quement. à la recommandât ion du comte de Namur, son oncle, 
pour remplir l'évécbé de Liège après la mort d'Alexandre II. 
Les assassins d'Arnoul , archevêque de Mayence, l'avaient fait 
élire de force pour remplacer ce prélat ; mais l'empereur, irrité 
entre loi , l'avait obligé de se démettre. ( Voyei lès aivheré^ue» 
'ifiMayence.') Raoul soutint avec beaucoup d'ardeur les intérfis 
HtporeU de l'église de Liège. Ce fut pour les défendre qu'"it 




irfi 



oin050ï.nr,iE RiSToniQPE 



:n[ra ep guerre 



lai 



"7yi 
1 les hostilité 



: GérarJ , comte de Lôj 
se de Tongres , dm 
après les avoir j " 



C«luî-ci rommcnça les hostilités par l 
il brûla l'église avec la mai» 
lëes. L'éïêque , par représaill 

dam le comlé de I.oss, y mit tout à feu et à saog, réji 
cendres k château île Ixiss, Chaumonl et BiUen , tl ne 
les armes mi'a la prière des rnmtes de Namur et de Hai 
s'en fallait bisf] que Baoul montrât le mêine zèle pour 
spirituel de son diocèse : il donnait l'exemple de la plus infân 
avarice , en veodanl publiquement les béoeliçes, et même qualM 
fois plus cder que ses prédécesseurs n'avaient fait. Il açaît pou 
çoartier, dans cet abominable commerce, un boucher nomnd. 
Uilelin, qui vendait les prébendes à l'enchère sur le même été 
DÙ il débitait sa viande. Une simonie aussi manifeste — — " 
révoltante ouvrit la porte à tous les vices : on les > 
sans pudeur dans les dlfTérenls ordres du diocèse. Les nariafft 
des prêtres recommencèrent, les blasphèmes, les parjures, 
l>rigandages , se multiplièrent à mesure qu'ils demeuraient î: 
punis. Un homme, cependant, éleva la voix contre des abus 
criants. C'était un vertueux prêtre nommé Lambert, et 5i 
nommé tantôt le Bègue ou le Begg' . tantôt ùf. 9. -Christophe, I 
du titre d'une église qu'il avait fait l^tir.JI reprit hautement J 
les mceurs de ses concitoyens, lés menaçant de la colère du cîel)]l 
s'ils ne changeaient de vie. Ses prédications véhëmcrtles et pA^il 
théliques firent des iinpresaioiis tout opposées sur le clergé M I 
sur le peuple. Nombre de laïques , recoimaissant les êgarémenlA.l 
on leurs pasteui's les avaient engagés, vinrent trouver te nouvtfdv j 
Jerémte , et se mirent sous sa direction. Lambert choi 
les plus fervents de l'un et de l'autre sexes, ceiii dont l'état êtA 
libre, et en composa deux congrégations religieuses, l'u 
fillps, qui furent appelées Béguines; l'autre d hommes , qu'a 
iitimma Béguards. Maïs les clercs furent opiniâtr^entsourdsl 
s\ voix. D'aburd ils n'accui'illircnt sei censures qu'avec nté^rWl 
Voyant ensuite que plus ils se montraient incorrigibles, ph>t'| 
il haussait le ton, leur indifférence se tourna e " 
instigation, révf<]ue fit arrêter Lambert dans l'église de Sainte- 1 
Marie , où il prêchait , et renferma dans le château de hivogne^ I 
Lambert prolita de sa prison pour traduire en français les ai 
des spûlres. Délivré quelque tems après , il se rendit i Hoi 
mil le pape écouta avec attendrissement la peinture a((ligcanl4'l 
qu'il lui fit de l'elal de Téglise de Liège, el des persécutionl J 
que lui avait atlii-ées son zèle. Le samt père, après l'avotC ] 
imblé d'éloges, lui conlinna sa mission, el approuva te donbUt | 
'''lut reli^ieUK qu'il avait établi. L'auteur de la grande r 
iiiqiie bclgi((ue dit qu'il mourut il^iis le retour. Gilles d'Orvil J 





■DT.S ÈVÉQTÎES ET PBITtCEï CK Llir.E. isf^ • 

»aun au conlrairc, et plus vraïsemblablcmenl, qii^îl revint 
dans» patrie, qu'il y reprit ses fonctions, et que ce fut alors 
qu'il construisit celle égh.se de Saint-Christophe , dont il porta 
depuis le surnom. Maïs l'on et l'autre liislonens s'accordent i 
mettre sa mort, J'après Allwric, en 117^ ; époque adoptée par 
tous les historiens modernes , i l'exception d'Aubert le Mire. 
Ce dernier prétend qu'on doit reculer cet événement jiisqii'aa 
mois dWlobre i [Sy. Ainsi , selon lui , ce fut sous le ponuricat 
d'Urbain III, qui tînt le saint siège depuis le a5 novembre 
ii85 jusqu'au 19 ocMbre 1187, que Lambert vint à Rome, 
retourna dans sa pairie , et y mourut. Il est vrai qu'il n'appui6 
son opimon d'aucune autorité; mais les faits qui suivirent de 
près le décès de Lambert sembltint la justifier. Qtioi qu'il en 
Soit, peu delems après le départ de Lambert, suivant ton» les 
historiens, le cardinal Henri d'Albani ayant élé envoyé de 
home , avec litre de légal , à Liège , ses exhorlalions , mêlées 
de menaces, hrent une telle impression sur les clercs , qu'Lm 
grand nombre remirent entre ses mains leurs bénéfices ; mais, 
par indulgence, il se contenta de les faite passer d'une églisei 
une autre. Plusieurs, cependant, ne se croyant pas en sûreté 
de conscience par ce ménagement , se dévouèrent , pour e;<pief 
ienrs fautes, au service delà Terre-Sainle, L'évêque Raoul fut 
lui-même de ce nombre. 11 partit, Tan "8y, avec l'empereur 
Frédéric pour b croisade, d'où ^tant revenn , l'an l'yi, 'l 
mourut près Je son pays naial , le 5 août de la mi^me année, 
et fut eoterré à l'abbaye de Saint Pierre , dans la forêt Noire, 
près de ses ancêtres, 

KALBEÏ\T 1 DE LOUVAIN. 
191. Albert I de Louvais, fils de Godefroi le Couragenx, 
de BrabanI , et de Marguerite de Limbourg , chanoine de 
J'élise de Liège , iut élu par la plus grande partie de ses con- 
frères pour succéder à l'évêque Uanul. Toute cairooîque que 
fut celte élection , elle essuya de grandes oppositions de la part 
de Baudouin , comte de Hainâut , et de quelques chanoines, 

aui portaient un autre Albert de la maison de Kéthel , homme 
e peu de sens et qui n'avait de recommandable que sa nais- 
ijnce. L'empereur Henri VI, ayant pris connaissance Je ce 
démêlé, rejeta les deuxconlendanls, et leur substitua Lolhait-c, 
pi-evôt de l'église de Bonn et frère du comte d'HochsIat. Lo- 
ibaire, aussilAt, vînt A maîn armée prendre possession du siège 
-'-iscopal de te ville de Liège et des places qui en dépendaient , 
^ugua tout par la terreur, et fut en apparence universelle- 
"H lecoanu pour évéque. Albert de Louvain s'était cependant 



I 




I 



iiit la régie ^'Aix-MFl 
L^ envoyé sur les lieôktl 
il faites à celle obseiAj 



fldO «IKOSOLOCIE HISTOniQtfB 

li'année su'ivanle , ïl fut obligé de lever Aes 4raupes poui 
ditire les babilanls d'Hui , qui refusaient de payer les trïbult 
ordinaires, et qui , pour se rendre indépendants, avaient 
tr>-pris de s'empaier de la ciiadelle de leur ville. Inslruits 
l'armement qu'on faisait contre eux, ils drinandéreat gr&i 
«■r ne i'obllnrenl qu'a condition de venir jiieds nus faire lei 
soumissions au prélat. L'an lao^, Louis, comte de Loss, 
^uiialion de presque lous si?» ctiâleann à IVgliie de Liëge , et M' 
reprit ensuite de t'ëvêque à tilre Je (ief. L';in ixu4 fut le lei 
de la vie commune qui avait été jusqu'alors observée parmi 
chaTioiues de Ucalhédrale de Liège, su 
Cliapelle. Le cardinal Gui , lé^at , ayani 
pour réparer les broches que le tema a 
varice, trouva tant d'obsiacW A l'obji 
jugf.a plus à propos de couseuLir que chacun véctlt 
que les revenus fussfnt partagés enire tous les ehi 
qui se fit, comme de droit , avec l'agrément de t'éveque. 
nii^me année, Albert , comte de Moha , se voyant sans enfanl 
fit donation de son comté à l'église de Liège, avec ces coiv*] 
ditions que si , dans la suiie, il ne lui venait point d'entants, 
l'église, aussitôt après sa mort, eutrerait en possession 
comté à l'exclusion de tout autre héiilier ; que si , au contcairii^i 
il laissait un Ëls ou une fille à sa mort, ils tiendraient cecoiall 
en fief de l'évÉque de IJége. 11 arriva elfecti veine ni qu'AllMlt;' 
eut une fille, nommée Gortrude. Comme il se repentait al( 
de la donation qu'il avail faite, l'évéque, pour l'engager à 
railfier, lui promit une somme de cinquante mille marcs d'aj 
gent. Albert mourut l'an laia, laissant sa fille sous la lutell _ 
(le Thibaut, fils aîné de Ferri II, duc de Lorraine, lequel>f 
syaul louché la somme promise au défunt , laissa l'évéque eft' 
possession du comté. Mais , presque aussitôt , Henri 1 , duc de 
llrabant , forma des prétentions sur la succession d'Albert, 4' 
raison de certaines avances par lui faites à ce comte, et dont 
il n'avait point été remboursé. Il intenta procès a l'évêque pour 
ce sujet au tribunal d'Oiion LV, roi de Germanie. Mais Hugueft, 
qui ne reconnaissait plus alors ce prince , ayant refusé de cumi 
]i,iraîire, Henri se jeta à main armée sur ses terres, se rendit 
martre de la ville de Liège , et , après l'avoir pillée pendant 
Iruit jours sans distinction du sacré ni du profane , il obligea Icf 
babitants à lui prêter serment de Ëdélile, après c ■' ' 
tourna chargé de butin. L'évoque fulmina d'abord 
sentence d'ercommunicalion, et mit en interdit ses états. Mais,, 
voyatjl qu'il n'avançait rien par-la , il fit venir de Flandre unt 
armée considérable , à la léte de laquelle il se mil. Les comt« 
■de ^amu^ et de 1x)sî l'élanl venu rcjoindie dans le m(!me iftm*> 



DES Ék&Qbm sa PBiNCEa sK iiegh. 



t&r€ul de L 



àfe. 



:nte<]ans)c brsbani 



et à 



sang. 



Le <liic, assialé Ju 
ailles dans le i 



s lié 



e de Gueldriî 
. Enfin 



. ,ils mirent 



e rppresailii 

f!ii'à, oii en vint a une bataille, le i^ octobre, à Steppes , au 
W arc] es— Steppes , dans le Brabant. L'évoque y fut vainqueur ; 
et l'écViec ^ue le duc. reçut en cette occasion fui si grand, 
qu'après avoir fait d'inutiles efforts pour s'en relever, il prit, le 
parti bumiliant de venir, le ;ilS févriLT 1^14, l^le et pieds nus, 
demander pardon à l'évêqueel à son cliapitre. On lui fil gr3ce, 
cl son cscommunicalion fut levée à condition de répartir les 
lorts qu'il avait faits à 1 "église de Lîëge. ( {■'uyez Henri I , Juc de 
SraLaat.) L'an 121a, Hugues, s'étant croisé avec plusieurs 
seigneurs au couronnement de Frédéric , roi des Rom^iins , iiuî 
se fit, le ï5 juillet i2i5, à Aix-la-Chapelle , se rendit de U a 
l\ome, où il assista au concile Je Lalran, On remarque qu'à 
la première séance il y parut en habit laïque avec un manteau, 
une robe d'écarlalc et un cliapeau vert, en qualité de comte ; 
qu'à la seconde il avait une chappe verte à manclies,cnmmc duc; 
qu'à U troisième, enfin , il parut avec les ornements épîacopaux, 
La raison de ce cliangemeni d'uniforme était que le pape avait 
appelé à ce concile tous les princes d'Italie et d'Allemagne 
Hugues revint de Home à Liège, abandonnant le projet de ia 
croisade. Il se trouva, l'an i3=a , au couronnement de Henri, 
roi des Romains, fils de rcmpereur Frédéric : cérémonie qui 
se fit, le B mai, à Aii-la-Cliapclle. L'an laaS (n. st, ) , Ger- 
trude, comtesse de Molia, étant morte sans avoir pris d'alliance, 
IVvéqiie de Lléae , suivant les conventions qui avaient été faite* 
avec le tuteur Je GertruJe , se mil en possession de ce tomté 
le 19 mais (mercredi avant les Rameaux, dit Heinier) de la 
même année. Ce prélat mourut à Uni, le la avril de l'an 
J321J , ayant , la veille , admis les Dominicains à Liège. Il fut 

a cathédrale. 



de Pieirepoi 



que rbéodoi 



avec qui Iqufs compagm 
fivaillà une chapille dédi 



îvCqui 



de Celles, chanoine de Liège, 
templative, se relira, l'an : 211, 
■ une colline près de Hui. Il y 
saint Thibaut de Clairlieu , que 
lastère qu'on y bâtit est devenu 
le cliei liin dt cet ordre, qui embrassa la règle de saint Au- 
gustin Il fut approuve par Ilonorius III , confirmé au treizième 
poncite général tenu à Lyon, en 124^, par Innocent IV, et 
s'étendit en France. Les prédications de Jean de Sainte-Fontaine 
lui procurèrent un établissement à Paris , sous le règne de 
uint Louis, dans le lieu nommé depuis Sainte-Croix de I4 



XIV. 



I 



I 





aô4 ciifiosoi.or.tF niSTORnîrK 

prît de lui succéder ; et , pour acheter des suffrages , it piH» ti 
eglUcs et cxlfirqua Je son clergé Jes sommes considérables. Sdi 
amliiliûn fut trompée : le clergé de Reims, où pinifli Ip pajd 
Innocent IV, lui piefêra, Tan i3^ii,mi\nré.sa puissante liriguejj 
Juhel, arrhevêqiie de Tours, ei il ne Ini resia que U honl^ 
d'avoir fait une dépense simoniaque en pure perte. L'an i 
il assista au concile général de Lyon, où rcmpereof Frédét 
fut dcpnsé par le pape Innoteiil iV. 11 avait mené avec 1 
cette asscmolée , Jac<|ues Paolalcon, son archidiacre, homnt 
savant et disert, *|iie le pape retint à son service, et quîl 
dans 1a suite , parvint lui-m^me h la papanté, sous le i 
d'Urbain IV. De rcloni' en sou diocèse , il y élahlil, à la sdf| 
licimtion de la bieidtemeuse Julienne et du clergé de Liégi 
la ftle du tressailli Sacrement de l'aulel, dont il lixa le jnfl| 
an jeudi après le dimanche de la Trinité. Son mander 
ce sujet, rapporté par Chapprauville , est de l'an i34l>. Cet» 
ftle, diinl il fut le premier instituteur, passa, dix-huit «fl 
après, dans toute la chrétienté, par un uéciei du pape Un 
tiaiu IV. Robert ne surveriit pas long-jems à cet clablisr 
ment, Il mourul, le iifi octobre 1246, à Fosse, lieu de s 
dîocpse , dans Je grands sCnlimenls de pénitence. Son r. 
dépost' d'abord ;i rablioyé d'Aine , fut ensuite transporté à 
Clairvsux où il avait choisi sa sépuliiire étant ëvfque dâ Lan- 
gTCS. Ce n'est que depuis l'épiscopal de ce prélat, a eo'ai'- 
mencer en 'a4-i qu'un trouve à Liège les noms des boufr 
guerhcsires on dfs mailres à ttms . comme on parlait alors; 
mais il ne sVnMiil pas que ces olficieiS municipaui o'exlstasseilt 
point auparavanl. 

HKNRI m. 



1247. Hi:nhi III, fds de Gérard III, comte de Gueltfre, 
fut élu, non sans de grands débats, évéque de Liège, le 10 oc- 
tobre is47,api(« une vacance dp prés d'un an. Il fui prin- 
cipalement redt:vable de ^on électinu à la reroni manda lion du 
légat Pierre Capulio et de Guillaume, comie de Hollande, 
nouveau roi des Romaihs, dont il favorisai! le parli, Henri 
gouverna pendant ilonze ans l'egUse de I iêgc , sous le liirc 
d'élu, nVtant puinl daus"I« ordre» et ne se tneitani pnint en 
peine de les recevoir. Il fut le premier qui, iiour lairr ses 
fonctions, prit ce que nous appelons aujourd'hui un éviqae 
iuifragant , usage (juc ses successeurs ont adopté. Dans les 
premières années de son gouvcniemcni, les révolles et les sé- 
ditions furent très frcquciiies à Liège, et les Liégeois eprou- 
" en! tous les malheurs que ta discorde en— 



DES ÉVÉQUES ET PBINCES DE LIÉGE. ao5 

ttatnè- après elle. Ueiiri vint à bout de fatiguer et d'abattre 
ses ennemis par ses succès. L'an 1248, il se trouva à Passem'- 
blée'OLi Guillaume reçut la couronne impériale. On a parlé 
sur Henri lii , duc de Brabant , du démêlé que ce prince eut, 
en 12S5 y avec l'évéque de Liège , pour la défense des habi- 
tants' de Sâint-Tron , vexés par ce prélat. 

L'an 1258, Henri, pressé par son chapitre, se détermina 
enfin à recevoir la prêtrise , puis la consécration épiscopale. 
Mais il n'en vécut pas avec moins de licence. L^an 1262 ou 
environ , il abusa par violence de Bcrthe, fille de Conrad , dit 
Coën ie Frison , de la noble famille de Pfafo , dans le Liégeois. 
Thibaut , des Viscomti de Plaisance , l'un de ses archidiacres , 
ayant osé lui reprocher l'atrocité de ce crime, paya cher cette 
liberté. L'évèque le fit maltraiter d'une manière cruelle ; ce 
qui engagea Thibaut à quitter Liège pour passer à la Terre- 
Sainte. 11 y était depuis près de neuf ans lorsqu'on vint lui 
annoncer , en 1271 , que le sacré collège l'avait élu pape. Il se 
rendit à Home, et prit, h son intronisation, le nom ue Gré> 
goire X. I.'un des premiers soins du nouveau pontife fut d'é- 
crire à Tévêque de Liège une lettre fulminante pour lui retracer 
tous SCS di^portements scandaleux et le presser d'en faire péni- 
•tence. Henri ne tint compte de la lettre , et continua de vivre 
comme il avait fait. Grégoire, voyant qu'il était incorrigible^ 
le .fit citer, l'an 1274 , au cortçile général de Lyon. Toutes 
les villes de son diocèse envoyèrent des plaintes contre lui à 
dette assemblée. N^ayant rien à alléguer pour sa justification-, 
il prit le parti de remettre son bâton pastoral entre les mains 
du pape , se flattant que , touché de cet acte de soumission , 
• il le lui rendrait. Mais il se trompa ; Grégoire nomma un autre 
«▼êque en sa place. Henri , livré à lui-même , et abandonné à 
ses proprés réflexions, ne s'occupa, depuis son retour, qu'à 
décharger le poids de sa vengeance sur son successeur , qui ea 
•fut ennn , comme ou le verra , la victime. Nous réservons la 
.suite de sa vie pour l'article suivant. 

JEAN m D'ENGHIEN. 

1274. Jean d'ënghien , troisième fils de Zégers , sîr©^ 
d'Enghien , et d'Alix de Sottengen , élait évêciue de Tournai , 
lorsqu'apr^'s l'abdication de Henri de Gueldre il fut nommé par 
le pape a rèvoché de Liège. L'an 1275 , une étincelle excita un 
embrasement général dans le pays liégeois. Un paysan de Goeu 
avait volé une vache à Cinci , ville du Condroz. Le bailli du 
canton, l'ayant fait arrêter, le fit pendre. Cet actç^ de sévéïité 






cnnoNOLOGiE nisTORcoos 
irrita le seigneur de (îocn, qui se mil rn devoir de .veng« 
ninrt de san vassal. l.'c\êque prend fait ei cauie pour 
Ou arme des deux câtes. Le seigneur de Goen , dont les lia 
laiils d'Hui , par ordre du prélat , venaient de dtlraire te c 
tenu , met dans ses inlcrêis le duc de Qrabant et les comlek 1 
de Linemboiirg , de Flandre et de Nsmur. Ils envoient danB I 
le pays de Li>^ge des troupes qui laissent partout des iracck J 
funestes de leur passage. Les Liégeois useiil di^ représailles 
les terres de leurs ennemis. On se livrf.en dillerente» rencon 
lies rombats qui sont à l'avantage tantâl de l'un , tanlAl de l'au'^ 
Ire parti. Hntin , l'an 'J^yfi, fatigués de leurs perles réciproques^ 
ils choisissent pour arbitre Je leur querelle le roi de Franc ' 
l'bilippe le Hardi. Ce monarque, laissant à l'écart comi 
inutile la première cause de la querelle, ordonna que le si 
gneur de Goen et ses deux frères, les seigneurs de Beauforl ^ 
de Kallaix, renoureraient i l'honunage qu'ils avaient fait »m!\ 
ramie de Namur eu dépit i\v tVv^que de Liège, et contre lipi 
foi qu'ils lui devaient. Henri Je GueMre ne fut pas de ceux qui^l 
applaudirent à cette pacifical ion. Trop jaloux conlre sou succès— 1 
scuc , il aurait désiré qu'il eût succombé sous les efforts d«: se», ' 
(ennemis. Après avoir cberch-é divers moyens de lut nuire , il'^ 
en imagina eufin un qui réussit. Il préleitdilqu 'étant évËque,A 1 
avait fait , des deniers de son patrimoine , k l'église de LïégB 1 
un prêt considérable , qu'il somma Jean d'Enghien de li£^ î 
rendre. Après avoir disputé beaucoup sur ce prêt sans s'aC- ' 
corder, on convient d'une conférence à Hougarde. Jean s'; 
étant rendu avec peu de suite , Henri le fit enlever peildant li 
nuit et conduire au galop à l'abbaye de Helisem , sur un ebeva 
vicieux , qui le fatigua tant , gros cl replet comme il était , qu'iÇ 
mourut en y arrivant, le jour de Saint-Barthelemi , a4 aoi) 
de l'an 1:181. Comme il avait soutenu faiblen>ent les privilège 
de son chapitre, et qu'il y avait clé même plusieurs foU o~ 
posé, on lui refusa la sépulture dans sa calhcdrule, et il f 
inhumé à Notre-Dame- a ux-Fonls. Mais, quelques année* aprc 
jes cendres furent rapportées à l'eglisc de Saint -Lambert. 

JEAN IV. 

laBa. Jeau IV, fils de Gui de Dampierre, comte Je Fbn-! 
dre , fut transféré de l'évêché de Metz à celui de Liège par U 
pape Martin IV. après que ce pontife eut réprouvé la doubî" 
élection que le chapitre de Liège avait faite de Bouchard ( 
Hainaut et de Guillaume d'Auvergne. Jean de Flandre fit *• 
CAlree à Liège le 3i octobre latJa. Henii de Gneldre, 



I CAlree à J 



va EVËQUES ET PRINCES DE LlicE, X07 

vivait toujours, et loujoiirs rrgreiiait son évêclié , ne vit pas 
de boD œil ce nouvpau successeur. Il était retiré i Ru.exDondc. 
Comme il ne pouvait demeurer en repos , il s'avisa, l'an 1284, 
de tain; des excursions sur le territoire de Kranchimont. Elles 
lui devinrent funestes; Thlerri l'Ardeniiaig , éianl tombé sur 
lui et sur sa troupe, le tua el loil ses gens en foiie. L'annc;; 
(uivanle fut orageuse pour l'évêque et son chapitre. Les maElres 
<le la bnurgeoisie et les échevins établirent de leur autorité un. 
impdl sur les denrées, sans le consenleroenl du clergé ni du 
peuple. Cet attenlat, qu'ils soutinrent par ta violence, irrita le 
prélat et ses chanoines, au point qu'ils abandonnèrent la villo 
de Liège pour se retirer à Hui, où plusieurs nobles les suivirent. 
C'était abandonner le champ île bataille à l'ennemi. Mais on 
n'était p.is en force pour le réduire. On se menaça de part et 
d'aulre, an r^s cette retraite pendant près de deux années, sans 
qu'il paraisse néanmoins nu on en soit venu aux effets. Les 
négociations du duc de Drabant, qui se i-enJil médiateur, sus- 
pendirent les hostilités , et aboulireiil enfin , l'an 1387 , à un 
traité de paix entre les parties , par lequel il fui convenu que 
l'iinpot serait aboli , et que tes deniers qu'il avait produits 
jusqu'alors seraient employés aux ouvragi^s puUics, Cette paiv 
fut nommé /it pai.v /tes clercs. Jean de Flandre rentra dans 
Liège vers la mi-aoùt de la mi-me année. La suivante, ça 

Erélat s'engagea dans la guerre qui était entre le duc de Bra- 
anl et le comte de Gueldrs au sujet du duché de Llmlaurg.i 
Il prit le parti du premier , sous la promesse que le duc lui lit 
da rendre à son église le château de Kode que le due de Lîm 



bourg lui avait enlevé. Les troupes que Jean ,le 
à son allié furent conduites par le comte de T^ss, et conlri-i 
huèrent à la victoire que le duc de llrabant remporta, le .^ 
juin iï8(t , â WœringeUv Mais le vainqueur manqua de pan.le, 
et retint le château de fiode qu'il av.tit promis de lui restituer. 
Ce fut peu de lems après celte guerre qi]e le prélat, étant allé 
pour se récréer au château de llouitlon , fut enlevé dans une 
partie de chasse par ordre de la comtesse Isabelle de Luxent- 
Lourg, sa belle-mère, irritée de ce qu'il favorisait Jean, duc 
de Brabant , qui avait tué son frère, Henri de Luxenibooi-f.-. il 
resta prisonuier( on ne sait en quel endroit) l'espace de ciuEi 
mois,et ne fut remis en liberté qii'en promettant de ne point tirer 
vengeance de cet aftront. Jean de Flandre ne fit que languir 
depuis ce lems~là. Incapable de régir le temporel de son églisf , 
il en abandonna le soin au comte Uni , son père, lilntin il 
mourut, le i5 octobre laqa, dans un château près de Mamur. 
8on corps fut porté à Flines, près de Douai, pour y èlre 
itjhiimé. 



rjlB.OKOLOOIS ni6T0RlQbE 

HUGUES m DE CHALON. 



1396. Hugues de CirALON , fils âe Jean de ChSion \ 
romte en Iiuui'°ogne , et de l.aurn de Comiucrci , mciiiia , l'u 
J3Ç|6, sur le siège épiscopal tte Liège, après une vacance J 
quatre ans, pendant lesquels deux concurrents, nommés chacu4 
par une partie rlu chapiire, se dispulèreiiL celle place. Le p 
micr était Gui île Hainaut, frère de Jean, mmlf^le llainaul, 
lesecond, GuilLiume Berlhoud de Matines, dncleur de. ib 
logie. LVlciliun de Gui a>ai]i tlé confirmée par L'arclicvèqtj 
de Cologne , il s'empara de lous les cliâteaux, el fut reconiy 
pour évéque dans lotîtes les villes du Liégeois. Il olilî 
plus, en lagii l'inveslilure de l'empereur Adolphe. Son rî*& 
toutefpis ne renonça point à ses pr«lenlions. 11 le cila 
bunal du saint siège ; el tous deun se rendirent à home poia 
plaider leur cause devant le pape Nicolas IV, Ce pnniifc, élj? 
mort avani d'avoir pu rendre son jugement, ne fut reinplac_ 
qu'au bout de deux ans par Cèlesiln V. Le peu de Ictns <|ii9ll 
celui-ci occupa la papauté ne lui permit pas d'examiner à foi " 
une affairé de celte imporlaiice. Mais fioniface VIII, qui 1 
suceéda , cassa li's deux élections, el nomma lingues de Clwî 
Ion év('quede Liège. Néanmoins , ixiur dédommager (>u" 
Uerlhoud . homme savant el de bonnes mceurs , il luî donj 
l'évéché d'Ulieclil; mais il ne lionna lieii à Gui de Hainai^ 

Farce au'W s'èlail mis en possession dri temporel de Liège , 
autorité de rempeipur, el sans alleiidre la confirmât ioiMl 
saint siéçe. Toute la grâce r|u'il lui accurda Cul de ratilitr^ 
qu'il avait fait avant sn déposition. Hugues lut à peine inlronia^ 

au'il se vit obligé de prendre les armes pour reiiier Maësirt 
es mains du duc de Ûrabant : ce prince l'avait usurpé penda 
(jue les deux coniendanis, Guillaume eL Gui, poursuivaîeM 
■leur affaire à l\(ime. Après quelques lioslililés réciproques, 
couiie de Lonemlinurg , s'elanl rendu méjiaicur , termina 
(jnenlle en dèridaiil que la seigneurie de M.ié'ïtriclil apparliei^ 
tirait, par indivis, au duc dii Brabanl el li l'evâiiue de.Lién" 
La paix que procura cel accord à l'église de Liège, fut Licnt^ 
aprr.'i froidilee {lar les' dissensions de quelques laniilles nolil^i 
du pu^s. Hugues, en se déclarant pour un des partis contoE 
l'aùtiê , allÎMi le teii de la disf^orde au lieu de l'ételudrc. Uf| 
mil à ilos par ià loul son chapitre. Ou le dénouça au snii 
«I on l'accusa «ur tout de deux choses : 1''. d'avoir abaudnniiÂÉ 
•h discn.'lion du duc de Brabaiit ceux de ses clianoines (\i/f 
hii étaient le plus opposés.; ^''. daveir donné cours à de It 
laussc monnaie. L« P'>pe liuiiilace VI 11, après avoirdt^utélês 



m 



tors i^çTES t* Mrscrs Bfi tiiîr.F; iog 

rTiefs ^accusations , fit v("iiir Hugues devant lui. Ce prélat 
n'ayant osé disconcenir des faits , le pupe , dans la crainle qu'il 
n'excitâl, par h suite , de plu.t grands troubles , l'obligea de 
«Innner son abdication. Mais comme i) avait pérbë plutAt par 
iprudenre ([uc par mérhaiireté , il loi donna . ponrle dédom- 
iger, Tarchcv^ché de Besançon. C^ci arriva l'an i3oi. 



ADOLFË I , DE WALUECK. 



m 



'3n^, Ad(h.fe, fiUd'Âdolfe, romie de Waldeck, «t d'H^ 
!ène de Brandebourg , chanoine de liège , «Isnt à ftome , oà 
il disputait l'évécVié d'Utrecht i Gui d'Avânes , lorsque Huguea 
donna son abdication , fut nommé par le pape pour le reni- 
)tlacer. Ce fut un prélat éijuiuble , mais d'un caractère dur et 
violent. A son entrée à Liège ( a4 juia iSot), il trouva les 
liabilants lîe cette ville en guerre avec ceun d'Hui. Il «e rendit 
arbitre de leurs différents , et condamna ces derniers. Ceux de 
Fosse s'éiant rév. liés centre les cfaanoinci, il ie rendit en dili- 
gence sur les lieux , obligea les bourgeois à demander grâce, 
•t leur retrancha une partie de leurs privilèges. Ce tjo'ii fit de 
plus louable , fut de bannir de Liège les usuriers qui étAiSDl es 
srand nombre , et exerçaient impunément leur conunercs 
lufâme sous la protection des échcvin». Son épiscopal aa fut 
l'enviion dix-huiT mois. Il mourut le li décemlire i^ 
3o3 , et fut inhumé devant le grand autel de sa calhé— . 



THIBAUT. 
laut II, I 



.^03. Thibaut , fils de Thibaut II, comte de Bar, clianoioe 
de Liège, en fui élu, d'une voix unanime, évéque, au refus de 
Guillaume d'\rlois, archidiacre de celle église, sur ijni tous les 
ïufiVagea étaient d'abord tombés, Thibaut était pour lots à Rome. 
Sonflection fui confirmée par BonifeceVIII, peu de lems avant 
la captivité de ce pape , ijui surv^'cut peu A cet affront , et en- 
suite par Benoît XI , qui fil la cérémonie de la con sécrétion de 
Thibaut en iHo3. Le nouveau prélat lit son entrée solennelle 
dans Li<^ge vers le i". novembre de la m^me année , accompa- 
gné des comtes de Luxembourg , de Flandre, de Uainaiit,de 
Gucidre, de Juliers, de Vianden .'de Loss et de Bar, el d'autres 
seigneurs. L'an lî'lo-i, il ^t hommage à Hobert de Courtenaï , 
archevêque de Reims, pour la seigneurie de Kouillon. (TiA, 
âes Chart. lae/rnt- , vol. 6, fol. 70K.) L'an i3o^, it transigea 
atec Gilles Berlhoud, seigneur en partie de Mahncs, touchant 
leurs droits respectifs sur cette seigneurie. La même année, le 
aelgncur d'Hèbes, son vassal, s'élant plaint à lai du château de 
XIV. 27 



A10 CHRONOLOGIE niSTOIlTQIji 

Montvireuîlf que le duc de Lorraine avait construit dans soil 
voisinage , Thibaut alla faire le sié^e de cette place , la prit et 
la rasa. 11 eut ensuite querelle avec le comte de Hainaut , pour, 
le château de Mirevaut ou de Mirewart , et, après quelques nos-, 
tilirés réciproques, il fut convenu que le comte le tiendrait en 
fief de Tiéglise de Liège. Thibaut, Tan loio, accompagna l*em^, 
pereur Henri VII dans son expédition d'Italie. Comme il était 
exercé dans l'art militaire, il servit de son bras ce prince en 
différentes rencontre. Sa valeur , à la fin , lui devint funeste. 
L'an i3i2, les troupes impériales en étant venues aux mains , 
dans Rome, avec les Ursins, au mois de mai , l'évéque de Liège 
accourut à la défense des premières. Il reçut dans le combat plu-- 
sieurs blessures , dont il mourut quelques jours après. Le pnnce 
Jean , frèi*e de Hobert , roi de Sicile , et général de l'armée des 
Ursins, fit enterrer le corps de ce prélat sous le portique de l'en 
glise de Saint-Pierre. 

ADOLFË D£ LA SL^CK. 

i3i3. ÀBOLFfi, fils d'Eberhard I, comte de la Marck, et 
d'Ërmengarde de Bere, chanoine de Worms, né l'an 1^88 , 
étudiait à Nevers, où l'université d'Orléans, mécontente de la 
bourgeoisie , s'était retirée , lorsqu'on apprit en France la mort 
de l'évéque Thibaut de Bar. Avide de succéder à ce prélat , il 
obtint à cette fin, du roi Philippe le Bel, des lettres ae recom- 
mandation auprès du pape Clément V. Elles eurent leur effet p 
et , le 7 avril i3i3 ( n. st. ), Adolfe fiit nommé évéque de Liège 

{)ar ce pontife , qui , le lendemain , jour des Rameaux , lui donna 
e sous*dîaconat. Il fut ordonné diacre, le samedi suivant, par 
l'évéque de Paleslrine, prjêtre, par le même, la veille de la Pente- 
côte, et le lendemain, il reçut la consécration épiscopale des 
mains du cardinal , évéque de Tusculum. I^ ville et L'état de 
Liège étaient cependant en feu, par la discorde qui s'était élevée 
entre le chapitre de la cathédrale et la noblesse, touchant l'élec- 
tion d*^p mambour, ou capitaine-général, pendant la vacance 
du siégé. Les chanoines avaient élu, pour cette fonction, leur 
prévôt, sans consulter les nobles laïques , qui prétendaient avoir 
droit de suffrage dans cette élection. Ceux-ci fiirent appuyés par 
le comte de Loss ; mais le neuple se rangea du côté descnanoines. 
On se livra plusieurs combats , dans l'un desquels le prévôt fut 
tué. Mais les nobles eurent presque toujours le dessous , et il j 
en eut jusqu'à deux cents , des premières maisons du pays , qui 
périrent dans l'embrasement de l'église de Saint-Martin, où ils 
s'étaient retranchés. Adolfe, instruit de l'état de son diocèse, ne 
jong<«a , avant de s'y rendre j qu'à amasser des fonds pour ré-^ 



H pc 



lits ÉVÉQOES ET PBIHCBS US IIPCK. ait 

iâuire le peuple qui abusait de sa victoire. 11 engagea pour cela 
H portion de la seigneurie de Malînes au comte tic Hainaut , 
moyennant la somme de quinze mille florins. Muni de éeite 
tme, il envoya des ordres à ses, officiers pour fabriquer de 
ivelles machines de guerre , et les placer dans les difiérenles 
'jdaces de son diocèse. Il s'avança ainsi précédé de la terreur , et 
nt son entrée solennelle dans LÏége, le jour de Noiil, monté sur 
un vigoureux cuursier qui , «'étant cabré à la porte de la cathé- 
drale, le renversa, mais de manière qn'en lombaiit , dit Hoc- 
aem, il se' trouva sur ses pieds. I^ superstition fit, de cet acci- 
dent, iiffl présage qui annonçait que le gouvernement d'Adolfe 
serait fort agile, mais que ce prélat se soutiendrait au milieu 
des violentes sBcousses qu'on lui ferait éprouver. C'est en eflei 
ce que l'événemml vérifia. Les dis-sept premières années de son 
goirvi^rnement se passèrent presipie toutes en guerre avec ses 
sujets, et surtout avec les habitants de Liège, dont les 'soulève- 
menls, sans cesse renaissants, l'obligèrent, l'an î324, i trans- 
porter son siège a Huî , où la plus grande partie de son chapitre 
le suivit. Enfm , l'an i33o, les députés. Je part et d'autre, sa- 
lant assemblés i Flone, y conclurent, le (S juin, veille delafSle 
(lu saint sacrement, un traité de paix, dont la principala 
clause fut que l'évêqiie et la bourgeoisie partageraient, entre 
eux , 11! soin et les émoluments des ponts, des murs, des fosses 
et des autres ouvTages publics. ( Voyei Renaud II, fomte de 
Gueldre.) Les troubles domesliqties apaises, le prélat se vit 
eneagé dans une guerre étrangère, qui commença par mit; que- 
relle particulière des habitants de Saint-Tron avec le duc de 
Bralunt. Adolfe prit le parti des pre.miers , qui étaient ses su- 
jets, et fut secrètement appuyé, par Philippe de Valois, roi de: 
France, qui cherchait à se venger du duc de Braliant à cause de 
la reitaite qu'il avait donnée au fameux Robert d'Artoi&. Le mo- 
nart]ue , non content de lui faire pas.ser des sommes d'argent , 
lui procura pour alliés, par ses émissaires, ruri:hevt!que de 
Cologne, les comtes de Namur, de Gueldre, de Julicrs, de 
Hainaui , de Loss, de Luxembourg, et presque tous les sei- 
gneurs des Pays-Bas. Ayant réuni leurs troupes le G mai inAa , 
tous ces confédérés entrèrent, après diverses hostilités récipro- 
ques, d.ms le Brabant , où ils trouvèrent le duc si bien préparé 
à les recevoir, qu'ils n'osèrent accepter la bataille qu'il leur pré- 
senta. On convint d'une trêve de six semaines, pendant laquelle 
Philippe de Valois, roi de France, ayant oETert sa médiation 
pour accorder les parties, elles l'acceptèrent, et se rendirent 
auprès de ce monarque à Compiègne. Là , ou plutôt dans l'ab- 
Ijaye de Royal-Lieu, prés de celte ville , elles firent, le 20 juin. 
Ma compromis, par lequel elles s'en rapportaient sur le sujet Je 



J 



CnROyOLOGIE lIlSTOntQUC i 

là foaw) Hb décision de ce monarque. Philippe* dêijalï 
ITia,iii , rendit ta sentence arbitr.ile, dont nous Avons une > 
SDiAles yeiix. KUe pnrle en subslanre que les prisonniers fait» | 
de pari ft d'aiilre seront remltji el délivrés sans rançon ^ ■ non J 
» coairesiant quelconiques obligations, prosiesses ou arcorda | 
Il que ils aytnt fuît, et quelcomques pleiges, âances 
* tes que ils ayent donnés et mis; d^qnellcs obligati 
■t messeï , acconls et seuretés , disons , prononçoos , déclarotM | 
M estre nuls, et lesdils pleîges estre quittes; mais ce qui devant I 

t» ceste prononciation en a esté payé, demoiira payé ains^ I 
>• comme il est.... Item que touz cïl qni oot rendu ledrt hon^* 1 
n mages ou leurs liels à leurs seigneurs pour lesdiles guerres tant I 
11 d'une part comme d'une autre, revendront à leurs béritaçw I 
» et il leurs £efs, et feront leurs hommages aux seigneurs a 
u quels ils les avoient rendus. La roi se réserve k prononcer 
K tous les autres débas , décors , querelles et contreverses àét 1 
» parties toutes el quanles fois il lui plaira. Lesquels dil«f 1 
u aioule-l-il , prononciations , déclarations lesdites parties anl 3 
H loé, gréé et ratiËé >i. {Ms.i. de Foalmiieu, vol. yi.) Ainil I 
finit celte guerre i U gloire du duc de Hrab^nl , qu'elle semJ | 
blait devoir éia'aser. L'an li'^S, nouvelle RiienT orcasionm 
par .l'évéque Adolfe, et qui mit en feu lous les Pays-Bas. fi 
voici le sujet. Ce prélat et son chapitre, voyant l'indoeililé di 
liabilanis de Alaliiies et de ses dépendances, qui avaient reTuafrl 
de marcher dans la dernière guerre contre le duc de Brabinl^V 
et n'ayant pas U force de les réduire, prirent le parti dt rendra m 
cette seigneurie , sous la réseive de l'hommage , à Ijouis, comM I 
de Flandre , pour la somme de cent mille r/oKX im iftouhM) ; vim 
qui fut exécuté le a octc^re de cette année. I^uit, en mâwtfl 

' leras, acquît du comte de Gueidrc l'avouerie de la même sei-cfl 
gneurie. Mais les habitants de Matines, escltés par le duc drf I 
Brabant qui se prétendait suzerain de Matines , renireni fort malr U 
les députés que Louis avait envoyés pour prendre possession dcJ J 
sa nouvelle acquisition, et les chassèrent î<;nonii nie use ment. G^l 
soulèvement fit revivre la première confédéralion contre le dufill 
Chacun des chefs qui la composaient renriuvela ses anciennfatfl 
répétitions contre lui , ei l'évoque de Liège comme les autresilf 
On lève des troupes â la hSte , on déclare la guerre a 
entre sur ses terres, on lui prend quelques places: maison n'asaK,fl 
accepter la b^ilaiile qu'il présente. Le roi de France «'offre ^J 
comme la première fois, pour arbitre. Ayant obtenu raequi«fi-«ï 
cernent di^s parties, il les asM>mble è Amiens, où il rend sont J 
jugement le «7 août [.^34. Tnuies le* prétentions respfOises y« | 
furent décidées, à l'esceptiou de la principale, r'eat'^dira' J 
C«Ue c[ue le duc de Bt.tbanl iormail sur Malines- Le monarque ,- 



DBS ÉvéQaS&'SI FIUCICS8 UB LIÈGE. âl3 

en attendant cju'il fût tn élai de pionnnccr sur ce point , retint 

l'obiel conlenltfux sous s^ partie. Mais comme par ses dcUia U 

œlilait vouloir se l'approprier, le duc de Brauant et le comte 

! Flandre firent i Dendermonde , le 3i mars ii:Hi ( v. st. ) • 

B traité, par lequel il fui dit qu'ils posséderaient en commun 

iiiWe el la seigneurie Je Alulïnes, comme TévÉque de Liège et 

I comte de Gueldre en avaient joui, (llutkens. } I/an |.S3I;, 

s la mort de l^uis IV, cotnie de Lo.ss, décédé sana enfaiils 

X janvier de celle année, le chapitre de Liège 6.1 saisir 

^dalement ce comlé, comme étant un lief dévolu àleur église, 

nt le traité conclu , l'an laol . entre le comle Louis M et 

ir£<]ue Hugues de Pierreponl , et en vertu de l'inf^odalIoO 

té i l'église de Liège, par l'éTéque Baldcric. Mais 

e Godefroi 11 , lire d'Heinsberg, et neveu, pur 

^tbildc,sa mère, de Louis IV, prétendit lui îuccédtT- L'é- 

i Adolfi'. , dont il éuit le lieau- frère, le iavoritail sous 

; mais le rhapirre, «ncouragé par le pape, lOainlint la 

, ce qui le brouilla avec le prélat. Il y eut à ce sujet une 

lerre qui parut terminée , l'an i3.3H, par uue lentence arUi- 

^e de l'archevêque de Cologne et du comte de [lainault 

^BIeF)ce qui adjugea le comté de Loss au sire d'Heinsberg. 

{iHocsem. ) Cependant Adolfe , par la crainte du pape à qui le 

rlaapitre &l des plaintes de ce juj^emenl , n'osa donner à son 

beau-frère l'investiture de ce comté. (Voyez /« comtes de L«sî.) 

Adolfe eut ensuite avec les chanoines d Hiii , soutenus par le 

duc de Brabant, des démt'Iés qui furent terminés par le comle 

de Hsimul. Ce prélat était alors valéludin.iire. Sa santé alla 

iDujeurs depuis en dépérissant , el enfin il mourut au rhâteaii 

de Clernoiil , le i novembre i344 , Sfié de unquante-sîn ans. 

Son corps fut pnrté dans sa cathédrale pour y ftre inhumé. 

<^uelques-uns , dit le P. Foulon , célébrèrent ses funérailles par 

de* larmes, mais le plus grand nombre par des marques de joie. 

Ce fui sous Adolfe , et de son consentemeri , que fui institue 

le (ribunul municipal des Viagl-deui, pour modérer l'auioriTa 

aintenir les droits, privilèges et francbîseï 



ENGILBERT DE LA MARCK. 

1345. Encilbehtde la Mahck , prévôt de l'église de Liège 
■ itereH d'Adolfe , lui fut doiiné pour successeur, le !i3 février 
tS45 , par^e pape Clément VI , auprès duquel il était pour lor» 
' sa rour d'Avignon. Il fit son entrée soleiinelle ï Liège , le li 
rpiUuivant, reçut la préirise, le 1 7 décembre , dans la chapelle 
R chiteau de Moba , et le lendemain la consécratign épiscopalo 




I 



CHRONOLOGIE HISTORIQUa 

& fabbaye du Val Saint- Lambert, Son gouvemeiBsafr iIl ^^ 
guère moins agité que celui de son préilécessear. Il eut dl 
guerressanglantestàsoutcnir contre tes habitants de Li^ge, d'fl 
GldeSaiiiI-Troii. L'an i3i,6, Fliili()pe de Valois, roi dé tV^nc , 
^ant convoqué le ban et l'arrière-bun du royaume <:mtrel([ 
Flamands , enjoignit à l'évpque de Liège deVy rendre ; îi^ond 
lion qui lui Tut faiie , non ii câiise de son éj^jise di- Liège, m ' 
parce que les lieux de la Meiist étani de la no, i'eraijtelé deiatt 
j^nne âe France , Udk éeéi/ue âeçaiC sen/ir comme sire de BotMt 
li tfrre.1 adjacentes. (iLy a divers ajournements de cette nalbCei 
irésor des cbartes duToi.) L'an 1^47., une victoire ipi'Ëngil 
liert remporta, le 20 juin ,'sur les Liégeois, disposa les cspn 
à la paii qui fut conclue , le a4 'lu même mnis , à des coadi 
lions onéreuses aux vaincus, Il entia, Tan iâ55 , danslxqw; 
relie d« Louis II; comte de Flandre, et de Wcnceslas, daoi 
Brabant, louchant U seigneurie Ue Malioes , q'u'idolfe am 
'vendue, comme on Ta dit , au premier. Lambert d'Upei, nu 
réchaldu prélat, mit en fuite les troupes du duc. Tj paixiw E 
deux ans après, à Maësiricht, par les soihs de l'empereii 

~ /-harles IV , frère de Wenceslas. L'an i36i , Engilbert I 
' lîgnit à son chapitre pour faire rentrer le comté de Loss-dsn 
i domaine de son église, après la mort du comte Tbien 
d'Heinsberg. 'iodefroi de Dalenibrouct, neveu deThierrii^iijù 
l'avait institué son héritier, s'était mis en possession d'une pM 
lie de ce comié les armes à la main. L'ev^que , s'ctant ligne.avfi 
ies comtes de CLèves et de la Marck, lit marcher contre lui un 
armée considérable , commandée par Evrard de la Marck, soi 
frère. Maseick , qu'elle assiégea , fut obligé de se rendre aprè 
vingt-six jours de siège; Brèe ouvrit ses portes à la premier 
Eommalion , ainsi que les autres lieux dont Godefroi s'étaï 
rendu maître. On prétend qu'alors cejui-ci fit sa paix en re- 
nonçant au litre de comte de Loss. Mais it ne tint passa parole 
car , en iiG3 , il vendit ses prétentions sur ce eomié à son pa- 
rent .\rnout d'Oreille , seigneur de itummen , fils de Guilbum 

. d'Oreille et de Jeanne de l.oss, sœur du comte, Louis IV. Ar 
noul prit austilât le titre de comte de Loss; et , apprenant qa( 
l'évéque Engilbert avait convoqué tous les ordres de l'étal di 
Liège pour le contraindre h (|uitter ce liti-e, il envoya des dê^ 
jpulésà l'empereur Charles IV pour le prévenir en sa faveur^ 
L'argent qu ils répandirent à la cour de ce prince, suivant tefl 
historiens liégeois, fit plus que les raisons qu'ils alléguÈrentf, 
Les députés du nrébt,[]ui arrivèrent dans le mâme tems, 
furent mal accueillis. Mais Ëngilberl, étant venu lui-m^me k 
Prague, où éiait l'empereur, obtint, malgré les efforts de set 
parties , un jugement (|ui lui confirmait provisoirement la fOi» 



fut promu à l'archevfclié île Colugne [lar l'abcllc.itîon d'ÂJolfc 
de la Marck , son neveu , qui quitta re siège et l'élat ecclésias- 
tique pour se marier, et (leviiil, quatre ans après,com(e de Ctèves. 
( Voy. les comtes de Lois. ) 



^*mfe 



JEAN V D'ABKEL. 



JEisV, fils lie Jean , sire J'Arkel, et d'Ermengarde ,■ 
Fe d'Otlon, comte de Clèvea, fut transféré par le pape Ui^ 
udin V, delevêché d'Utrechl, qu'il occupait depuis vingt- trois 
ans, à celui de Liège, où il fil son entrée solennelle le io juil- 
let i36.'(. I.e commencement de sun nouvel épisco pal fut occupé 
k réduire Arnoul d'Oreille, et à lui enlever le» places du comté 
de Loss , doiiL il s'était emparé. Il y réussit ; et , l'an l'iô-j , il 
réunit à peppétuité ce comlé au domaine de son église. ( Voy. lei 
comtes de Lois. ) L'an i3y3, la proscription de deuiécbevins de 
Thuin , le refus que fait te bailli, Gilles Chabot , de prêter ser- 
ment de fidélité à ce[l« ville, et le meurtre de l'un des deux 
boorguemeslre , dont le corps sanglant fut conduit de Dinant 
à Hui, et de Hui à Liège, excitent une émotion générale 
contre le prélat. Les états assembles arrâlcnl leur jonction avec 
le peuple. On crée Mambourg du pays Vallère , de la maison 
des camtes de Rochefort. Le prince est cité au tribunal des 
Vingt -deux pour y répondre de sa conduite. IndigTic de cet at- 
tentat , il met la vdle en inleriJit , puis va trouver te pape Gré- 
5 aire XI .\ Avignon , pour le prier d'apnuyer ses censures. Les 
éputés des Liégeois suivirent de près leur évoque; et chacun 
ayant plaidé sa cause devant le pape, Grégoire nomma une com- 
laiaîon pour aller e^iamioer i'élat des choses s^r les lieux. Celle 
commission n'eut aucun succès. Les esprits , aigris de part et 
d'autre , se disposèrent à la guerre. Mais le duc de Brabant , s'ê- 
tant rendu médiateur, fil conclure un traité de paix, dont un 
des articles portait que les Vingt-deilx n'auraient aucune juri- 
diction sur le prince ni sur le clergé. I^ prince revint de Maas- 
tricht , oii il s'était retiré pendant les troubles, et fut re^u avec 
acclamation dans Liège , sur la fin de juin ià-jG. 11 passa trar- 
quillemeot le reste de son épiscopat , que la mort termina dans 
le mois de juin i.^vB. En mourant, il ordonna que son corps 
lit transporté à Ulrcclit. 



^^i 



ARNOUL DE HORN. 



i3y8. AanOcl de Hor[» , évteue d'Ulftcht, passa de cet 
•vSché i celui de Liège par lé choix du pape Urbain Yl. Il 



ai 6 CimONOLOGIE BESTOniQ^tlB 

élaîl aoprès de ceponlife lorsqu'on apprit à Home la mort d« 
Jean d'Àrkcl , et l'élection (jiie, cin<] jours après cet événe- 
ment, le chapitre avait faite de Persand de Rochefort. Ce qui* 
fil rejeter celui-ci par Urbain , c'est que les députés qui furent^ 
envoyés pour faire coofirmer souéleclion parle ssînlsiége, açK 
lieu d'aller à Rome vers Urbain VI, qtie l'église de Liiige tenait 
pour le vrai pape , se rendirent auprès de son rival, Clément 
VII , à Avignon, Persand cependant, k l'aide de Gaulliier de' 
Roctiefort . son trère, élu mambour pendant la vacance du 
siège , se mit en possession des villes et des chîieaux da pays.^ 
Mais les deux frères s'é tant brouillés ensuite, Persand s'atti^. 
ta haine des Liégeois en voulant appeler à son secours le due^, 
de Brabant , dont ils araîent sujet de se défier. Dès qu'on fi^' 
donc informé k Liège de la numination d'Arnool , on lui fit 
une députation pour l'assurer de la Sdélilè de ses riou veaux dio- 
césains. Arnoul arriva vers les fStes de Noël à l.iége. Mais , sut* 
le bruit qui courut que le parti d'Urbain commerrçaît à chan-' 
celer, il ne voulut pas quitter son évêché d'Utrechl , et ne prit 
que le litre d'administrateur de celui de Liège. 11 partit ensuite' 
pour aller régler ses affaires à Utrecht, laissant le soin du tem--' 
porel de l'église de Liège à son frère. Le duc de Brabant vint 
au secours de Persand, cnmme il y avait été invité. Mais lei' 
Liégeois le poussèrent si vivement , qu'après lui avoir fait es-- 

. suyer différents échecs, ils l'obligèrent de retourner à Bruxelle?^' 
Peu de lems aprrs la relralte du duc , Arnoul revint à Liège, 
le ai octobre 1^79 , non plus comme administrateur, mail 
comme èvêqiie , et fui inauguré par l'empereur Wenceslas , 
après avoir prêté les sermensar.coulumés. Pour assurer la tran- 
quillité de son diocèse, il fit la paix avec le duc de Brabanb 
Persand, son antagoniste, n'ayant plus alors de ressource, prit le 
l>arli de renoncer a ses prélenlions. L'an t38o, étant allé ironver' 
l'empereur, à Aix-la-Chapelle, Arnoul assista à l'assemblée où' 
l'on reconnut solennelUment Urbain VI pour lever! table pape. Il 
passa, l'an i583, en Flandre pour ménager une réconciliation' 
fhlre les Gantois et Louis H, leur comte, auquel ils faisaient' 
la guerre avec le secours des Anglais , commandés par l'évéqud 
de Norwicb. Mai» il s'en revint sans avoir réussi dans sa négo- 
iialion.( Froissart. ) A son retour, il éprouva lui-même une ré-. 

1 voile de ses sujets à l'occasion suivante. Un bourgeois de Di-' 
nani , qui avait un procès a l'oflicialitë , se voyant épuisé par 
les frais que les chicanes et les délais de son procureur lui 
avaient causés, en porta ses plaintes au magistral. La ville, 
loucbée de sa misère , entre en fureur, ngn-seulement contre le 

» procureur, mais contre toute Toffïcialilé. On court au greffe de 
Ce tiibunal donl on enlève t(>us 1rs papiers qu'on brûle ensuite 



.^^ 



t«S irftl^BS »« «MMCE8 BK llt^flE. Sif 

CD plein marche. I.e prélat, instruit de i^elte 9édîtian,vo1eà Hut 
où les Dinantinoii s'étaient rendus en foule pour soulever celtA 
ville , se jette au milieu de la foule , et l'apaise en lui proAiétw 
lanl de réparer le passé ei d'obvier à l'avenir. L'an i384, Araoot 
approuva oupermil une innovation dans la police, qui eul de 
factieuses suires. Douze familles de la noblesse de Liège étaient 
en possession de .choisir tes magistrats civils. Le peuple , dans 
une assemblée tumultueuse, voulut leur ôter ce pouvoir. Les 
chek de ces douze races prévinrent l'orage , el se désislèretrt de 
leur prérogalive. Le peuple, satisfait, nomma bourgmestre un 
de ces nobles à la prochaine élection. L'an i3W, le seigneur lîe 
Bavestein étant venu faire des courses sur le territoire de Liège; 
Arnoul fit marcher contre lui une armée si considérable , qu'ef- 
frayé du nombre , il vint humblement lui demander la paix, '( é 
prélat finit ses jours le 8 mars de l'année suivante , à l'Sge dé 
cinouante ans. ( Foolon, ) .Son corps fut porté non pas aux Ber- 
nardines de Horn, comme le marquent Chappeauville , Fisen et 
foulon , mais à Keiserlos , abbaye de filles de l'ordre de Pré-* 
montré. 



1^ 



JEAN VI, DE BAVILRE. 



.3go. Je.ms VI, Gis d'Albert de Bavière , comte de Hollande 
.de Hainaut, fut nommé par le pape, l'an i3i)o, i l'évéché 
i Liège, au refus deThiem delà Marck, tjue le chapitre avait 
élu d'une voix unanime. Jean n'était encore Ssé que de ly ans, 
et cependant il avait déjà été préconisé pour I évéché de Cam- 
brai. Le 9 mai, il fit son entrée dans Liège, accompagné d'Al- 
l>erl, son pérc, de Guillaume, son frère aîné, et de plus dé 
mille gentilshomme.s. Le lendemain , il reçut de son père 
l'hommage pour la partie du Hainaut située en-deçè de 1 Es- 
caut, laquelle relevait de l'évêclié de Liégfr. En attendant qu'il 
fût eu ùge d'âtre élevé au sacerdoce, il se fit ordonner sous 
diacre vers le milieu du mois de décembre suivant. L'an i3q:i 
Jean fit ieler les fondemenls de la grande tour de son égïis 
cathédrale; mais elle ne fut achevée qu'en j^^i. La deleiise 
qu'il fit, en i3i|3, de couper du bois dans une forêt oi^ les 
nabilanls de Liège prétendaient avoir droit d'usage, occasiona 
un soulèvement qui l'obligea de se retirer à Diest et d'y trans- 
porter son olficialité. Ce fut la seule ville qui lui resta fidèle 
avec Maseiclc La paix néanmoins se fit la même année, e 
en coûta de l'argent aux rebelles par forme d'indemnité. 

Les Liégeois s'étant ligués, l'an i-igS, avec les Brabançons 

contre le duc de Gueldre, Jean de Bavière entre, à la têle de 

Ks troupes, sur les terres de ce prince, se r«9id maître -de 

XIV. aS . 



F T^B tn B OKOLOU lE niSTOBHïrjE- 

«rmée. Ih vontensemblc à la rcnconire du duc, et seréuninenP 
à lui uomme il est sur le point d'entrer dans le pays de Liégel' 
la nouvelle des ravagea que le premier venait de faire, et le 
bru|t qui se répand que son arm^e et celle des Bourguignons ( 
tout arrivées près de Saint-Trou , cause un mouvement exlraor- 
' is l'armée liégeoise. Diijâ ceux de UJuanl , de Tliuin ^ | 



l dcCovin, l'avaient quitté 



-ner chea" 



eux. 1-es autres opinent à se retirer à J.iége. On décampe s 
l'heure, el les Liégeois , aprèïs s'être morfondus pendant prè*' J 
de quatre mois devani Maëslricht , renlrenl, le ai septembre,' 
en assez mauvais état , dans leur ville. lA-irmce des princi 
suivait ife près. Dès le surlendemain , dans la crainte d'essuyé^ 
nif siège, ils marchent au-devant d'elle , et la rencontre se &'' " 
1e 23 septembre, près des tombes d'Olhies ou d'Olhey. On e 

f'^nge au^ilAt le combat. Les Liégeois , inférieurs en nombre ^ 
armée ^es princes, sont taillés en pièces. Le mambour et l'în^ 
li'us son 'ils périssent dans k'action. Ceux qui échappent à \lf 
jport sont (ails prisouuiers. Les princes choisissent parmi ce» 
ci. les principaux des Haïdralts qui s'y trouvent , et en lir 
une veugeaiice éclatante, ( Nous avons un poème du tems 
celte mémorable journée, intitulé, /a Bataille de Liège, \ 
primé dans les Mémoires pour servir à i 'HUloire tir- Vrcnne e 
Bourg,, part, i , p. 3^5. ) On éiaii cependant it Liège dans 1» 
plus grande conslcrnatioii. La meilleure partie des habitanli 
viennent dans le camp des vainqueurs implorer leur misérîJ 
corde, et amènent avec eux quelques chefs des mutins 
vingl-sepi sont décapités sur-le-champ. On expédie désordre 
ùLiége pourenjeiiîr lesoir, du pont des Arches dans UMeuM 
vingt-quatre autres avec le légat de l'antipape Benoît XUl , " " 
avait approuvé l'éleclinn del intrus, el contribué plus Que|_ 
sonne à fortifier la faction des Haïdroils. Jean de Bavière a 
TJve à Liège , n'y prend qu'un repas , et va joindre les prin« 
à Hui , où ils s'étaient rel ires. Le 27 octobre , Liège et toutes lï 
villes du Liégeois em oient aux princes les titres de leurs privi 
léges, Ils sont remis à Jean de Bavière , qui les fait briller. C 
jpréiat , de retour à Liège , sévit avec tant de rigueur et c " "' 
celle ville ei qontre toutes les autres de sa dépendance, q 
pays liégeois, suivant l'expression d'un moderne, sembla 
n'être qu'une iiir^l de roues et de gibets ; la Meuse, outre cell 
était couverte de corps qu'on y jetait tous les jours. De pare" 
«(écutions mèrilèrent à ce prélat le surnom de Jean sans più 
L'an 14.17 , après la mort du comte Guillaume, son frfre, 
vée le 3i mai . il quille Liège pour toujours, et se rer 
Hollande > auprès de Jacqueline , sa nièce , fille ci héritière de 
Guillaume , dans la vue de l'épouser ou de lui servir de tuteur. 



DES ÉirfiQnss .BT FBiifcu nk i,iege. âar 

Mais il n'abdiqua que l'année suivante son évficlié , qu'il remit 
outre les mains Ju pape Marlîn V. Peu Je lems après, il devint 
duc de Luxembourg par »nn mariage avec Elisahclh de Gorlilz , 
v«uve du duc Anloine, ( Voy. Iti duc Je Luxembourg. ) 

JEAN VII, DE VA.LRNRODE. 

i4iS. JE\f vil, DE Valenbode, (l'une famille illustre d' Al- 
lemagne, docteur en droit, arcliev^<]ue Je Riga en Livonie, et 
l'un des pères duconcile général de Constance, fut transféré à. 
l'évéché de Liège par le pape Martin V , après l'abJicaljon de 
Jean de Bavière. 11 prit possession de son nouveau siège le j, 
aoûl i4'f*i et donna dès-lors loole son attention au bien spîri- 
loel et Icmporel de l'église de Liège. Bien différent de ceux qui 
l'avaient précédé dans les dernier» lems, il remplit toutes les 
fpactions épiscopales par lui-mf'me et les remplit avec ëdifica- 
lion. Il fut le modèle de son clergé par son assiduité et son re-' 
cueîllemenl aux divins otïices. Il fui le pasteur de son peuple 
par le soin qu'il prit de lui administrer les sacrements et de lui 
rompre le pain de la parole divine. Sa fidélité à remplir les de- 
voirs de Tépiscopat ne lui fil point oublier ceuxauïquds ît était 
lent) en qualité de prince. 11 veilla soigneusement à l'adminis- 
irationde la justice, et souvent ilprésidaii lui-mOme auxjuçe- 
Rienis pour eclairerde plus près la conduite des juges. Il ratifia 
les privi!<"fjes qu'Albert de Cuvk , l'un de ses prédécesseurs , 
avait accordés à U ville et au» echevius de Liège. Le ciel ne fit 
que montrer aux Liégeois cet eiteellent prélat , et le relira, le 
^ mai de l'an 1419 ■ par une mort qui les plongea dans le' 



JEAN VII, DE HEINSBERG. 

ki4i9- J^an vu, de IIeihsberc, archidiacre d'Hasbaie , 
f de Jean , sitigneur de Heinsl:)erg et Lcvembcrg , fut élu , à 
vingl-lrois ans, te ilj juin 1419 . par le cbapître de 
£ge, pour succéder à l'évoque Jean de Valenrode. Son élec- 
^11 fut ratifiée par le pape Martin V. 11 fit son entrée solen- 
gjp.lle à Liège, le m décembre suivant, recul la prêtrise la 
ille de N(i''l . «i fut sacre le quairièiae dimanche du carême 
l'an 14^0. Peu de lems apré^ , il rétablit le tribunal des 
nngl-deux , qui depuis la journée d'Olbey avait cessé ses fonc— 
L'an i.fai, il re^ul il Liège , le a3 juin, le cardinal 
.|raiida , légat du saint siegi' , ([ui venait pour y prêche 
saje contre les Hussiles. Le prélat prit fa croix le 1". aoiît 
u roule le même jour pour la Bohême avec la Heur 



I 



I 




I 



au «RMMOMMUB suToiugnt 

la noblesse du pays. Celte expédition fut <ie trois mois samfc 
aucun avantage marqué. L'an i^^^, au mois de juillet, grandm 
émeute à Dinanl. Dans les derniers troubles , U plupart detf. 
bourgeois de cette ville avaient contraclé des dettes considé— '. 
rabics dont il» se trouvaient hors d'éial de payer les inléréls^. 
Poursuivis par leurs créanciers, ils s'attroupent , les contrai- . 
gnent de livrer leurs contrats qu'ils jellent au fi^u , et condam-^* 
nent au bannissement ceux qui le refusent. Va pareil attentat. ^ 
ne devant point rester impuni j le prince fait citer les princi^tl 
TUux séditieux , au nomlire de cent quarante-deux , à son lri-4 
bunal nommé VÀnmau du Palais. La multitude des accusés nfti^ 
sert qu'à les enhardir. Ils refusent de comparaître, cbassent d»i^ 
la ville , k l'aide de leurs complices , ceux des proscrits qui ne.^ 
veulent pas suivre leur )ian, niellent à l'encan leurs biens, et\i 
massacrent tout ce qui ose leur résisicr. Bientôt néanmoins cet, 
orage se calme par la prise des deux nrincipaux lioute-feui „ 
lesquels ayant été amenés à l<iége, y subissent le dernier sup*- 
plice. ( Foulon , Hisl. Ltod. ) » 

L'an 1433 , l'évéque de Liège, ayant assisté au concile pro-.,« 
vîncial de Cologne, en rapporte les statuts faits pour la ré— .,( 
formation du clergé. Les différents chapitres de son diocèse ^' 4 
sur la communication qu'il leur en donne, aiment mieux se « 
réformer eui-mêmes oue de l'être par un concile. L'année 1 
suivante est mémorable dans le pays liégeois par b refonte 1 
qu'on y fit des lois et de la procédurei Le nouveau code fut J, 
nomme le Goueeraenieat à'Heiiuberg. Il y fut statué, entre. .• 
autres chnses , que trente-deuK commissaires, nommés par ,J 
l'évoque et la bourgeoisie , éliraient deux ropsuls annuels , Tes- ^ 
quels, avec le prêteur, auraient la principale autorité dans , 
l'adminisl ration de la justice et de h police. L'an i43o, Blondel, ,f 
gouverneur du marquisat de Namur pour le duc de Bour— ^ 
gognc, tente, mais en vain , le 5 février, de surprendre le cbâ- « 
te.îu de Montorguei) , appartenant aux Liégeois. Guerre à celte . 
occasion entre ceux-ci et le duc de Bourgogne. Elle tourna', | 
mal pour les premiers. Battus en dilTeientes rencontres, iU> , 
demandent la paiv, et ne l'oblienncnt qu'^i des conditions bon— ^ 
truses. Par le traité conclu le 30 décembre à Matines, ils , 
s'obligent , 1°. à démolir le château oui avait fait le sujet de la , 
guerre, 3°. à payer une gomme considérable au duc victorieux, 
.V. à venir nu-pieds au nombre de vingt, l'évoque à leur tête , 
lui demander pardon. A cette guerre étrangère succèdent k 
Liège des troubles domestiques. Les consuls ayant demandé aux 
échevins communication des titres dont la ville appuyait ses 

t'fiviléges , Gauthier d'Antine, le plus riche d'entre ceux-ci et 
e plus accrédité , s'oppose à ta demande, cl empêche qu'ella ' 



DES ÉTiQDBS ET PRINCES Ht LI^GE. aaS 

n'ait son effet. Arrêt (]ui condamne 1« échevins au bannisse- 
ment. Viagt-nuatre jours après , ayant fait leur paix avec les 
-consuls , ils sent rappelés , àVcxceplion de Gauthier d'Antine. 
Maïs, enivré de son crédit , il suit ses collègues dans leur re- 
tour, et la même s'asseoir avec eux sur leur tribunal. I-es con- 
suls décerneat une prise de corps contre lui , et le poursuivent 
si vivement , que , n'ayant pas le loisir de rassembler ses amis , 
il est obligé de prendre la fuite. Du lieu Je sa retraite , ît ne 
laisse pas de travailler a son rappel. On l'espérait des deux nou- 
veaux consuls, dont l'un était Guillaume d'Antine, son pa- 
rent. Mais TalTaire traînant en longueur , les partisans du fu- 
gitif se soulèvent, le 5 janvier :4''^3,et courent la ville les armes 
i la main, Celte sédition n'eut pas le succès qu'ils en atten- 
daient. Les bourgeois s'étaut rassemblps sous leurs bannières, 
marchent contre eux. les mènent en désordre ; précipitent du 
haut des maisons ceux qui s'y ^'si^nt réfugiés, punissent, par 
divers supplices , une partie des autres , et condamnent le 
reste au bannissement. Les biens des proscrits sont ronGsqués 
au profit de la ville ; et . afin qu'il n'y ail pas lieu à la repéli- 
tion , elle fait confirmer la conSscalion par l'empereur Sigis- 
mond. L'évêque Jean de Heinsberg est compté avec son père, 
par Olivier de la Marche , parmi les princes qui assistèrent 
aux fameuses conférences qui se linrent, l'an ii|35, à Saint- 
Vast d'Arras, pour la réconciliation de Philippe le Son , duc 
de Bourgogne , avec le roi Charles VU ; et , ce qui est remar- 

3iiable, le père de ce prélat est qualifié , par cet auteur , duc 
u Bouillon , vraisemblablement parce que son fils lui avait en- 
gagé ce duché uour sa vie. 

L'an 1438, l'évéque de Liège est chargé par le pape Eu- 

Sène IV, de l'administration ou de la coadjutorerie de l'église 
e Trêves , à la demande de l'archevêque Kaban. (foy. Baban, 
orcfiteiljue de Trêves. ) L'an 1443) " assista au couronnement 
del'empereur Frédéric à Aix-la-Chapelle. Quelques Lems après, 
il entreprit ie pèlerinage de la Terre-Sainte. Arrivé à Venise, 
il fait demander aux Turcs la liberté du passage. Mais ceux- 
ci ayant aperçu parmi les titres qu'il prenait, celui de duc 
de Bouillon, refusent le passeport , dans la crainte que ce 
prélat n'allât renouveler eu Palestine les exploits de Godefrol 
de Bouillon. L'an i455, Louis de la Marck , seigneur de 
Neufchât&au, de Kochefurt et d'AgimonI , obtient de Jean de 
Heinsberg la prévôté et le gouvernement du château de Bouil- 
lon et de ses dépendances , comme Eberharl son père en 
avait fooi. Le chapitre de Liège lui en espédia les provisions 
le dimanche neuvième jour de mars de la même année, après 
lui avoir fait prumettre d« garder ledit château lidèlemenl , et 



« 



2Il4. CnitONOLOCtE RISTOniQOE V 

de le rendre lorsifu'il en serait besoin, renonçant à fous ItfM 
droits qu'Ëberharl , son père, pouvait avoir sur cette seîgnearîèfS 
«le quelque nature qu'ils pussent être. ( Eaptan. ufier. Jur^SI 
eccieS' Leod. m Ducal. Bullion., pp. G-7.) "VB 

Enfin , Jean de Heinsberg, las des contradictions que srSJa 
diocésains ne cessaient de lui susciter, vient trouver le dd^l 
de Bourgogne à la Haye, traiie avec lui de son év^ché poi^S 
Louis de Bourbon , neveu de ce prince , et , le 22 novembrÀfl 
143s , s'étanL rendu à Breda, il y fait sa résignation entre I4fl 
mains du pape en faveur de Louis. Le repentir suivit de prèsB 
son abdication. Etant revenu à Liège , il la tint secrète le plulf 
long-tems qu'il lui fut possible. Mais , à la Pentecôte de l'âAf 
i45â, son chapitre, ne pouvant plus en douter, renont^H 
publiquement à son obéissance. Le prélat tjuitie Liège peu mfl 
jours après , et'se retire à Maëstrichi , où il vécut encore trottfl 
ans, étant mon, non en 14S6, comme le marqne Suffndjfl 
mais en i4^9i suivant Zanfliet, mieux in.slniit c|ue SufMofl 
Quoique débauché justju'au scandale, les Liégeois lui silred^l 
mauvais gré de son abdication, prévoyant les maux qu'ils ail^| 
raient à souffrir sous te gouvernement de son suci:esseui'. "*fl 

LOUIS DE BOURBON. W 

1456. Ixiuis, fds de Charles, duc de Bourbon, et d'Agnès^ 
fille de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, fut nommé à l'é^ 
e Liège, sur la résignation de Jean de Heinsberg , pat 
le pape Calisic III , à la réquisition de Philippe le Bon, aaS 
'e Bourgogne. Les bulles furent présentées au chapitre, dans 
: mois de juin 14^*^1 p^r les procureurs de l'élu, âgé pour 
ItM-s de dix-huit ans. Le 20 juillet, il fit son entrée solen- 
lelle dans Liège, en habit d'écarlale, entre les évéques d'Arra* 
et de Cambrai , suivi des comtes de Horn et de Meurs, et de 
plus de quinze cents gentilshommes à cheval. Ce faste annon- 
ait le goût du jeune prince pour la dépense. Il ne mit en eflet 
aucune borne à ses profusions. L'avarjcc, qui nait de la pro-- 
lui fit imaginer les moyens les plus odieux poui* 
; l'argent, tl pilla les monastères; il emprunta par- 
t à de gros inléréisi il haussa le prix des monnaies, et jela 
par U une grande confusion dans le commerce. Ces moyens , 
ei d'.iutres semblables de sVnnchir, joints i la rapacité de stn 
officiers, le firent tomber dans le mépris, cl du mépris dans 
publi(|ue. Bieuldt on renouvela contre lui tous les 
attentats commis contre Jean de Baviî>re. Dans sa détresse , 
t recours au duc de Bourgogne , son oncle. La protection 
que lui accorda ce prince , contint pendant quelque tenu U» 



£■■ 



SES BvAQais-st-vmitcES'Oft Lt^i:- u5 

I^é^ois. Mais, l'aa i4t>^i ils ne gardèrent plua de mesures. 

Ay^nt chijssé leur évi^quc, ils élurout, le 34 mars, pour maœ- . 
liour, Marc de Rade, fr-fri; du mariiuis de Bade, de I arclievéque 
de Trêves et de l'éveque de MeUi. Le roi de France, Louis Xf, 
iiislruit de celle révoluliun , dépêche un ambassadeur dans le 
mois de mai , pour Lire alliance av^'c les l.iég>.'OJs. Le i". aoLlt* 
W marquis de Bade arrive à Liège avec se^ frèrus , l'archeïéque 
et iMarc, à la léle de quatre cenis cavaliers et d'un moindre 
nombre de fantassins qu'il avait ramassés en Allemagne. Tout 
se dispose à la guerre : mais l'argent manque. Un reçoit enita, 
3,6 août, la somme que le roi de Krauce s'était engagé à 
^er par le Irailé. Fiers de ce secniirs , les Lii'geois envoient , 
io du même mois, un héraut a ^iruxellcs, pour délier le 
<l^c de Bourgogne â feu et û saiig. Le même jour, ils sortent 
de leurs murs en ordre de bataille, et vont faire irruplion dans 
le Liiuboura. La fureur avec laquiillc iU se comportent, dé- 
goûte les AlTemamls de leur alliance. T.e marquis de Bade les 
abandonne et reprend la route de son pays, avec le mambour, 
son frère , qui ne reparut plus à Liège. ( Koulou. ) D'un autre 
côté , les llinanlais n'avaicut pas attendu la levée de bouclier 
ili'» Liégi'ois contre le duc de Bourg'igne, pour commencer les 
liostililes sur ses terres. Ennemis des habitants de Bouvines, 
leurs voisins, sujets de ce prirtce, ils avaient fait des courses 
sur leur territoire dès le commencement de il^Sà Mais, sur la 
iki de juilU't , un taux bruit bruit s'étant répandu que le comte . 
de i.harulais avait été Lit prisonnier à la bataill» de Montlhéri, 
leur insolence ne counul plus de bornes. Ils firent l'effigie de ce 
prince et, l'ayant pendu à un gibet vis-à-vis les mursde Bouvines, 
ils criaient de toutes leurs forces : Véei, le fils de oatredue , le faux 
traàlre , U comle rie Charolais , tfiie le roi de France u fait ou 
fera peadre , comme il est ici pendu. Il se dismlfili du dur. ; il 
nentoil, aias esloit eilm'n baslard. Cette bravade leur coilta cher 
par la suite. Lq duc en réserva la vengeance à son fils, qui 
était pour lors en France. Mais, en attendant le retour de 
ce prince , il fit imtrer dans le pays de Liège , au mois d'oc- 
tobre, un coi'ps de dix~huit cents hommes, sous la conduite 
du comte de Nassau Cumliat de Montenare, k cinq lieijes de 
Liège, enlic ces troupes et les Liégeois. Ce ut-ci, quoique le, 
douille et plus en forces, sont taillés en pitres, l.,cs vainqueur» 
ne perdirent qu'un seul archer ; ce qui fut, dit M<uislrelel,,u»M 
helk besogne pour les gens du dur. Le là novembre, le comte, 
de Charolais assemhleà Mezièrus une armée qu'il conduit dans 
le pay^ de Liège, La surprise et ta consternation , à son arrivée, 
s'emparent des Liégeois 5!imaginaat que le roi de Krance le* 
<vaii iàit comprendre dans le traita de CoaBans , ils eiaienC 
XIV. 29 




I 

I 



cnnoKOT-ociE BiSTo&iQtnt — 
I ficcurîté. Revenus de cette illusion, iU envoient 
ambassade au duc de Bourgogne pour ik-mander la paix et n 
ikiinent qu'une Irève. Le ii janvier i4lJtJ (ii.st), autre ; 
bassade des Liégeois au comle de Charolais pour accepter 
paix aux conditions qu'il voudra y mctlre, Le comte \'i 
mais , le aii du même niuis , elle est violée par ceui de S 
qui prenoent querelle avec les troupes du comte au 
de ceik's-ci par leur ville. Le romte survient et apaisi 
multe. A Dinant , les bourgeois . comme des forcenés , sem 
lilaient courir de gaieté de cœur à leur perle. Non co 
l'outrage qu'ils avaient fait , l'année précédente , au comie i 
tJiarolais, ils le renouvelèrent, cette année, envers le duc É 
Bourgogne, Ayant fait l'clligie de ce prince, ils la plac 
devant Bouvines sur un banc qui traversait une mare inl 
en criant ; Vèet-ey le grand crapaud vasire duc , et d'autres pa-^ 
rôles infâmes. Résolu de les punir, le comte de Charolaii 
assemble son armée, le i4 août, à Namur, et marche dfoit A 
Dinant. ayant pour lieutenants le connétable de Saint-Pole 
le bâtard de Bourgogne, Le duc, lui-m^me, malgré ses i " 
mités, se fait porter en litière à Bouvines, pour être témoiiti 
du siège. On le commence. Les attaques sont vives et la 
fense vigoureuse. Mais, le 24 août, les assiégés , réduits à 1 
trémité. demandent à capituler. Le duc ne leur accorde 
la vie. L'armée victorieuse entre dans la ville, qu'elle pill 
durant trois jours. I^ feu prend par accident, le quatri^m 
jour, à r hûtel -de-vil le , et se communique aux quarti 
sius. Le comte ordonne aux soldats de le mettre à toul 
(k? la ville. Les murs, les tours et toutes les fortifications soni 
en même tems détruites. Ainsi fut renversé de fond 
comble Dinant, l'une des plus opulentes villes de la Gaulai 
])tflgi<]ue. (elle de Liège ayant fourni des secours aux Dinan-^ 
tais , pendant le siège , le comte s'avance en ordre de liatallM 
pour lui faire subir le même sort. I*s Liégeois trouvent moyeii 
de l'apaiser en s'ulfranl à loi payer sl« cent mille florins, et i 
le reconnaître pour mambour perpétuel. Le traité est signé 1( 
6 septembre. 

Lan 1467 voit éclater une nouvelle révolte des Liégeois,' 
contre leur évAjue. Ils viennent l'assiéger, au mois de sep— , 
lembre, dansHui, dont ils s'emparent, le 16 ou 17 de ce'] 
mois, malgré la résistance d'un corps de cavalerie, que Charles 
depuis peu duc île Bourgogne, y avait envoyé. L'évêqut 
sauve à Namur, et de là se rend à Bruielies. Charles, louchi 
de Son état , rassemble prompiement une armée pour 1 
fenger. Mais , avant de se mettre en marche , il délibère a 
»on conseil sur ce i^'il fera d«s otages que les Liégeois lui 1 



CES ÉviguES FT PRINCES Dt llÉfîÊ. aîy 

«Innn^s par le il«rnier Ir^ili? <le paix. L'opinion du seigneur iju 
Conlai est qu'on les &sse mourir. D'Imbercourt s'oppose à ce 
cruel avis, et cunseïUi? au duc de renvoyer, au coutraïre, es 
otages à Liège. Charles prend ce di;rnier parli ; mais les Lié- 
geois étaient trop agites par l'esprit de sédiiion pour sentir 
la générosité d'un pareil procédé. Le duc commence par nn^ntrr 
son armée devant une ville du Liégeois, nommée Sainlon p^r 
Philippe de Comines ( c'est Saint-Troo, suivant le P. FoulooJ. 
Le a3 ocLuhre, les Liégeois, au nombre di- ijente mille hom- 
mes, volent au secours de la place. ïtaiaille de Brustheint , 
donnée, le ^H octobre , entre les Bourguignons et les l.iégeuù. 
Ces derniers sput défaits avec une perle (pie le bruit commun 
fait monter à neuf mille hommes : « ijid semble beaucoup', dit 
Comines , à iuules gens gui ne i/euls/U point inea/îr. Mais depuis 
que je suis né , ajoute-t— il , J 'ay uru en, beaucoup de lieux oit t 'ùa 
dliuii pour un homme i/u 'an en avoil lue i:rn/ , pour euider com- 
ptaire : et aiiei: ieh meiisoi^es s'al/uscal liien aur.unes fuis les mais- 
tret. La ville de Saint-ïron se rend après cet échec, et livre 
dix homioes au duc qui leur fait Irauclier la lête. Tongres , 
voyant le duc approcher de ses murs, prévient sa mine eu 
lui livrant un pareil nombre de victimes- Charles dirige sa 
marche vers Liège. Le seigneur d'Iinberrourt, qui le pn'cî^diî 
avec deuï cents hommes, va se loger à l'abbaye de Saiat~I^u- 
rent , dans un faubourg de la ville. Connu et estimé di's Lié- 
geois , d'ImU-Tcourl les délennine, le i.i lujvemlwc, .^ se tvw- 
dfe malgré les oppositions du seigneur d'Herse, le principal 
auteur de la révoile. Deux jours »pi«s, le due, accnmpagné de 
l'évéque et suivi de quatre mille hommes, entre dans Liège, 
non par la parle, mais par une brèche de vingt brasses, qu'il 
avait ordonné de faire. Le a5 du même mois, ayani assemliliï 
le peuple, il fait lire, par un liéraut, les conditions auxquclli-s 
il veut bien acconler le pardnu h la ville. Elles éta'ent durrv: 
mais les conjunclure-s no permirent pas de les refuser. Il part 
le a8 novembre , laissant à d'Imberconrt le soin de faire raser 
les murs et les fortifications de la ville, suivant un des arti- 
cles de la paix. Le légat du pape , anivé , l'an i4t>!l , à Liège , 
lève publiquement , le H mai , l'interilit auquel élait soumise 
la ville depuis cinq ans. Le service divin , qui avait ces.sé pen^- 
dant tout ce téms, y est rclnblï. Louis de Bourbon, ({Ut 
s'était fait ordonner dans les derniers troubles, officie le jour 
de la Pentecôte. Liège commence i jouir des avantagea de La 
paix. Mais bientôt elle se trouve replongée dans les horreurs de 
ta sédition. Les bannis, prolitant de l'absence de l'évéque et 
de d'imbercourl , qui étaient à Tongres, et de l'éloignennent 
du duc de Ituurgogne, occupé à faire la guerre au toi d« 



CnRONOtOr.lE niSTORIQUE 



'France, rentrunL dans I.iége à main armée, et forcent 1 



- pnlever IVvéque 
aïoir maiisacré s 
avec dix aulrcs 



iuLever de nouveau. Le 8 octobre , ils ^ 
lansTongres, et le ramènent à Liège, aprl 
r la roule, six de ses chanoines tes plus aFËdél 



•■Des 



A Péronne-'J 



cutions courent en avertir le duc île Bouteogne 
(lù il élaii alors avec le roi pour traiter de la paix. Exagéra 
le- mal, ils l'assurent que l'évéïiue et d'imbercourl ont i 
• compris clans le massacre , et attestent avoir vu-, dans la c^tiI 
pagine, les ambassadeurs du roi qu'ils nomment. Transpor~ 
. de colère à ce récit , le duc fait fermer les parles du châlej 
•où est le roi, le relient prisonnier durant trois jours*, el j 
contraint à marcher avec Itii pour réduire les Liégeois. Le a:i M. 
tubre, l'armée des Bourguignons commence k se loger dans le| 
:faubuurgs de Liège, el celte ville, quoique démanlelêe, 
■encore soutenir un sïege. Le 211, les assiégés font une so 
durant la nuit, au nonibro de six cents, pour surprendre 
' roi et le duc dans leur logis Peu s'en fallut , suivant PhîlipA 
de Comines, témoin oculaire, qu'ils n'y réuswssent. Le lea 
demain , jour de dimanche , la ville esl emportée d'assaut ; 
les vainqueurs la trouvent presque vide, les habitants ayant e 
ie bonheur , pour la plupart , de s'évader pour gagner tt 
Ardennes, Le duc, y étant enlré, livre la ville au piilagtf'J 
et n'épargne que l'église cathédrale. I^a plupart des malheaC^ 
reux habitants qui restent sont précipités dans U Meuse. C'^ 
taient presque tous des vieillards , des femmes et des enfa>it3 ; 
les autres sont égorgés. Le roi , témoin de ces horrenrï, prend 
ronge du duc, le 2 novembre, après lui avoir conseillé de 
mettre le feu à la ville. Charles suit ce conseil affreux, et laisse, 
en partant, le même jour, quatre mille hommes, sous la con- 
duite de d'imbercoort pour l'exécuter. U e«cepte néanmoins 
de t'incendie les é({lises et les maisons des chanoines; et cela a 
tsiè cavse, dit Cnmiues, ifne la ville sîloH a été repeuplée ; car 
ce grand peuple ivvint ilemewer avec les prêtres , qui étaient en si 
grand nombre , suivant le même auteur , qa'îl se âhait autant 
de messes par jour à Liège i/u 'à Home. Le tems alors était si 
froid , que le vin , gelé dans les tonneaux, était coupé i coupi 
de hache el fondu au feu. (Paradin.) On peut juger parla 
combien il dul périr de Liégeois dans leur fuite. Tant que 
thaï |ea vécut ,■ le pays liégeois et sa capitale ne purent fjii-e nue 
de fajbles efforls pwur se relever de leurs perles , accablés qu if* 
étaient par lis laxea ilunl ce prince les chargeait. Mais , après 
sa mort, ta remise que Mavie, safdie el son héritière, leur fit 
des arrérages qu'ils devaient, ranima' leur industrie et leur 
courage. Un életa dans Liège à l'eiivi de nouveaux édifice», 



rrS ÉvtQCES ET TRIT^r.IÎS DE LIÉGn. 229 

IS ordre a la vérité ; ce qui fail qu'encore aujounrhui , 1k 

, de celte grande ville sonl étroites pour la plupart ei mat 

alignées. 

Tandis que les habitants de l.îége sont occupés à ces travaux, 

un nouveau tyran trouble la paiï de CPlle ville , et entreprend 

iç la subjuguer. Guillaume de la Marck , seigneur d'Aremberg 

' de plusieurs autres terres dans le Liégeois, surnommé pour 

férocité le Sanglier des Ardennes , avait scn'i , du vivant du 

PC Charles, tanlAt les Liégeois, tantôt les Bourguignons, et s'é- 

lit rendu toujours formidable daus le parti qu'il avait embrassé. 

Mais après la mort de ce prince , ayant été fait grand inayeur 

de Liège , il voulut y dominer , et ne souffrit pas qu'on y prît 

n. L'évèque, j.-' ''" ' — '" 



aucune délibéra 



rite qu'il usurpait, voulut le réprimer d'abord par les voies de 
la douceur ; puis, voyant qu'elles n'opéraient rien sur ce coeur 
féroce, il employa celles de la rigueur. Ce qui le détermina 
surtout à prendre ce dernier parti , ce fut l'assassinat de Ri- 
chard , garde du sceau : crime que Guillaume commit presque 
sous les yeux du prélat. Indigné d'un pareil alternat , Louis de 
Bourbon assemble les tribus au mois de septembre 14H0, et 
l'ait proscrire le coupable comme un ennemi public. Guillaume, 
furie-UK de ce châtiment, quoique trop léger, sort de la ville, 
ne respirant que la vengeance. Mais il laisse en pnrtant troe 
semence de division entre l'évëque et les magistrats , dont la 

fluparl étaient mécontents de son gouvernement. 11 passe en 
raoce, offre au roi Louis XI , de faire soulever le pays de 
J.iêgc en sa faveur, et d'ouvrir aux Françaisl'entréedu Brabanl. 
' , le trouvant propre à exécuter l'entreprise qu'il proje- 
ui donne une compagnie de cent lances et trente mille 
pour faire de nouvelles recrues. Mais,poui' donner le 
nge à Louis de Bourbon , il fait donner ordre à Guillaume , 
_ lelque tems après , de sori ir de ses élats. Celui-ci , étant ren- 
tré dans le pays de Liège , se trouve bientôt à la téie de quinze 



cents hommes déterramés 
habit rouge ave 
-Avec celle trou 
arrêt de bannis; 
le fer et le feu 1 



de i 



: disti 



pour unifor 
brodée sur la manche. 



il d. 
ngli. _ 

el qu'il était déclaré par son 
i capital de la patrie , portant 
1 du sacré et du profane. 



ntait à proportion du peu de résistance qu'il 
éprouvait Le prince d'Orange , envoyé par l'archiduc Maximi- 
lien pour s'opposer à ses progrès , agit faiblement contre lui , 
et manque vslontairement les occasions de le mettre hors d'état 
le nuire. Enfin, l'an 148a, l'évëque, apprenant que Guillaume 
'avançait en diligence vers Liège , assemble A la hâte les 
"inrgeoises , et les conduit à l'ennetni qui n'était plus qu à 




J 




I 



ayaau 



S'^a CHROT'âLOntE HISTOBIQUE 

de complot avait été concerté, ) Frédéric tire en mânie-tcffl*: 1 
33 poche un napier, priant la Macck de IVxcuser s'il n'a pi4>'| 
se dispenser d'obéir aoi ordres de son souverain. Où prétendes' 
iiousme conduire? dit la Marck. A Maësirkht , répond Frédéric.' J 
H'iles à la mort , réplique la ftfarck. , et il se laisse conduire. La> J 
procédure -ne fut pas longue. La Marck, condamné dès le 5ot^-| 
même par les échevins à perdre la lélc , monta trauquiller 
•ur Téchafaud , ôta lui-même ses habits et sa chaussure qu'il- 1 
jeta au peupleassemhlé , donna ses cheveux à couper ao bouc- J 
reau, ei Lui tendit le cou sans démentir un seul moment celte' [ 
6erté martiale ou plutôt cette férocité naturelle qui lui avaikij 
mérite le surnom de Sanglier des Ardmnes. (M. l'abbé Garnier.)'! 
n corps fut inhumé le lendemain dans le cimetière de Saint—' ( 
rvais. Cet événement répandit la consternation dans la v 
Liège. Hubert de la Marck , frère de Guillaume , ay 
assemblé le peuple , le conjura de rester tranqurlle sans prendreffl 
parli dans cet le affaire, l'assurant que la ville ne souffrirait poin" 
de la vengeance qu'il prétendait tirer des auteurs de la mort d 
Guillaume. Peu de tems après, on vit arriver Gis de Canne à Iw 
tête de qoinie cents cavaliers allemands au'il amenait au scco 
~ de Itoberl. I-' éloquence avec laquelle il harangua les Liégec 
lui conciha d'abord leur confiance et leur afËction, Cientd 
se rendit maître absolu dans la ville. Le roi des Romain 

I envoyé des ambassadeurs à Liège pour ménager un accc 
dément, Gis de Canne empêcha, par ses discours, que \& 
traité n'eût lieu. Peu de lema après, il fit une irruption dan 
le comté de Horn , où il commit de grands dégSis. Bobert d 
la Marck , de son côté, ravagea les environs de Maé'siricht ave 
£berharl , son frère. L'évoque, cependant, relire à Louvain,,) 
fuliliîna contre ses ennemis une sentence d'excommunication ^ 
dont on conserve encore un exemplaire dans les archives dd] 
l'évÊché de. Liège, 
L'an i486, le 8 du mois de mars, Gis de Canne, au retooi 
d'une expédition qu'il avait faite dans le comté de Loss, assass' 
en plein marché Pierre ftonchair, sans antre sujet aue celui 



Alors il employa la violence contre tous ceux qui osaient h 
résister. L'excès de son despotisme irrita les Liégeois , peuple, 
ime on l'a vu jusqu'ici, peu disposé à supporter une a ' 
, m^me légitime. Une tour que Canne fait construire à lj ^ 
porte de Sainte- Vauhourg , pour tenir les Liégeois en bridefl 
achève de les révoller. Ils s'assemblent en armes sur la placed 
S mars , pour aller délrnire cet ouvrage. Gis de Canne sur-3 
vient avec ses satellites , dans la conRance que sa seule présence 
^^ipsTA cette multitude. Il est renversé par un des bourgeois] 



D€S ÉVÈQPTîs'rr PRIUCCS DB UÉCE. • a-53 

Tes autres l'achèvent, el mettciil sa Iroupe en fuil*. Robert *le 
la Marclc et ses partisans , itérés cet èvéuemeal , se sauvent dans 
les ArJeniii-'s. Mais bîenlât , ayant rassemblé <Je nouvelles 
forces, ils rentrent Jans le pays, et viennent sepréBentertle-- 
vant Liège. Ayant établi leur>i balieriessur la montagne iJe U 
Chartreuse, le 7 jaovier t^Sj , ils presseot le siège île celte 
ville avec la plu» grande ardeur ; mais, toujours repoussi's avec 
b m^mc vigueur , ils sont obligés de se retirer aa bout de 
(lix-buil jours. L'an i4K(t,le i3 inar's , petidAnl l'absenee tie 
Jean de Hoio , Eberhart de U Marclc, bëi-e de Rnb.M't , an 
moyen des intelligences qu'il avait pratiquées dam tiege , se 
rend maître Je celle ville avec cinij cents hommes, après 
qnel(]ues combats contre les gens iln [irélai. I.a faction qut 
lavait appelé, se jette dans le palais épiscopal (ju'elle met »ii 
pillage , et décharge sa fnreur contre les pcrsonrtes et les biens 
de ceux qui lui étaient odieux. Jacques de Croï profila de celte 
Tévoluliea pour faire revivre ses prétentions i l'évéché de 
Liège. Jl s'empare de tous les revenus épiscopaiw, el se porte 
ouverlement pour évêque. La Fpsnce , dont il avait réclMné la 
protection , lui envoie , dans le mois de septembre, neuf cents 
chevaux sous la conduite de (jr^tien de (îarre, ca^iiiaine de 
Mouson, qui fait arhorer les armes de cette monarchie dans 

Lan i4^|^h la faction de la Marck,aprèsavoir tenté vaine- 
ment , le 2S mars , d'escalader Mai'Stricht, va faire, leai avril, 
avec ausii peu de succès, le siège de Saint-Tron , oii Jean de 
Horn s'i'tait renfermé. Les hostilités continuèrent avec le plus 
grnnd nrharnpmenl pendant le reste de celte année et les Jeun 
suivantes. On convint de quelques trêves au commencement 
de i4<13i pour aviser à la paix. Knfin elle fut conclue le 10 
avril de celte année, par la médiation du roi de France, A l'a- 
vantage de Jean de Ilorn. Pour la cimenter, le prélat nomma 
Ebi-rhart de la Marck grand mayeur de Liège, et fit époii.ser 
à Kobert, son bis, la lUIe du comie de Horn. 1^ 20 juillet 
fuivani , il entra dans Liège: mais, ayant trouvé son palais 

Sresque eolièroment détruit, il n'y fit [laa im long séjour, pl 
epuis ce tems , on ne le vit plus que rarement un celte ville. 
Maé'strichi fut le lieu qu'il choisit Juns la suite poursa résidence 
ordinaire. Le pays de Liège, pendantles deux années suivantes , 
eut beaucoup â soulïrir des excursions des trnupes du roi des 
Romains, qui étaient dans le Brabanl. Le 12 décembre i,4<]4 , 
elles prirent par escalade la ville de Saint-Tron. Jean de Horn , 
à celle nouvelle , leva prompleTnenl des troupes , et vint 
a.tsiéger la place , qui fol évacuée-, le a3 janvier suivant , par 
l'urdre que Maximilien fit donner à la garnison, de retourner 
XIV. . ^o 



s34 CHR0T90L0GIE HISTORIQUE 

Ml Brabant.' Délivré des guerres étrangères et domestlquos, l^ 
prélat 9 sous prétexte d'acquitter les dettes quVlles lui avaient 
occasionnées , surchargea ses peuples d'exactions. De là les 
murmures qu'il punit avec rigueur, et quelquefois même avlpc 
cruauté. L'an i5o5 y il tomba dans une maladie de langueur 
qui Pavertissait de penser à l'autre vie : mais, plus occupé du 
soin d'amasser de quoi fournir à son luxe, que des affaires de sa 
conscience , il cherchait de nouveaux moyens d'augmenter les 
&Qpositions publiques. S'étant rendu pour ce sujet , le 9 dé- 
cembre de la même année, à Liège, il assembla les différents 
ordres de la ville, et leur fit la demande d'un nouveau tribut; 
11 essuya un refus net , après lequel il partit le 1 1 , transporté 
de colère, pour ne plus revenir. Il mourut en effet, le u) du 
xnéme mois , à Maëstricht , et fut enterré aux Cordeliers àe la 
même ville avec l'habit de ces religieux, comme il l'avait 
ordonné par son testament. Jean de Horn n'eut d'épiscopal 
que le titre : voluptueux , superbe , impétueux , il ne connut 
ae borner ni dans ses plaisirs, ni dans son faste, ni dans sa 
colère. On raconte de lui des traits de violence qui font horreur. 
Sa mort, comme celle d'un tyran, répandit la joie dans tout 
son diocèse. 

ERARD DE LA MARCK. 

i5o5. Erard db la Marck, chanoine de Saint-Lambert 
et protonôtaire apostolique, fils de Robert de la Marck et 
frère d'un autre Robert , seigneur de Sedan , fut élu d'une 
voix unanime , à l'âge d'environ trenlc-trois ans , évoque de 
Liège, le 3b décembre i5o5 ( i5oG, suivant le style du pays ). 
Après son élection, il se retira dans la Chartreuse du Mont- 
Dieu, oik il passa le carême poi^r se préparer à recevoir les 
saints ordres. Ses bulles étant arrivées de Rome dans les filles de 
Pâques i5o6, il se fit ordonner prêtre à l'abbaye de Saint- 
Laurent, reçut ensuile la consécration épiscopale à Tongres, 
après quoi il lit son entrée solennelle dans sa capitale, la veille 
de la Pentecôte, iiiége vit en lui ce qu'elle n'avait pas vu depuis 
long-tems, un prince équitable, modéré, préférant le bien 
public à ses intérêts particuliers , un prélat qui avait des mœurs , 
de la science , et du zèle pour le salut des âmes. Dégagé de 
l'esprit de faction , il travailla à le détruire entièrement dar^ 
le pays. 11 traita également , contre l'attente des uns et des 
autres, ceux qui, dans les derniers troubles, s'étaient déclarés 
pour 9B maison et ceux qui avaient suivi le parti opposé. Le 
mérite seul, de quelque côté qu'il se trouvât, fit pencher la 
b^ilanoe rentre ses mains, et il n'eut point d'autre règle dans 



DES £vËQCES ET PRINCES DE UÉCE. 
lailislriliutian ilrs emjiliiis n rlcsrli^nilés. Il eùl été néanmoins 
à souluiur (ju'enliercmenl il''t;.içe U anibilion , il se tilt appti- 
iggé â lui-niémt! les régîtes de l'église touchanl l'uicompatimuté 
(les béuélîces à cliarge d'âmes ; car il ne 6t pas difficulté d'ac- 
cepler révéehé de Chartres que le rai Louis Xil lui procura 
dans le luoîs de juin iSo; , el de le joindre à celui de Liège; 
Mais, de son lems, l'abus en cette matière avait prévalu sur 
les canons qui le proscrivent. La même, année, notre prélat 
étant pani pour les Ardi'nnes, dans le mois d'octobre, visita 
l'abbaye de Saint-Huberl, où il établit la réforme.' De retour à 
Liêee, il entreprît d'en relever les murs, et jela les fondements 
de deux bastions aux portes de Saint-Laurent et de Sainte-- 
Vaubourg. 

L'an lâoS, il commença la reconslriiclion du palais épisco- 
pal, ouvrage qui l'occupa pendant trente années, et qu'il laissa 
a finir à son successeur. Les dépenses que ces travaux lui occa-^ 
lionaienl, ne l'empèchÈrenl pas de faire, dans la même année 
i5oS, plusieurs riches preLsents à son église, tels que le busie 
en or de saint Lambert, du poids de vingt marcs, la châsse en 
argent de saial Thedart, et de riches tapisseries qu'il (it venir 
de Paris. Les soins du prélat ne se bomèrenl point à fortifier et 
à décorer la ville de Liège, Pour mettre en sûreté le pays, il en 
fu réparer les places les pbis importantes, cl donna particuliè- 
rement son alleulion à la citadelle d'Hui. L'an iSio, il fit re- 
construire le chdtean d Hierges, qui avait été détruit de fond en 
comble sous le eouverneraenL de Louis de Bourbon. Ce fut dans 
celle année, seRtn Chappeau ville, ou plutôt la suivante, que le 
roi Louis Xll l'envoya, en qualité d'Ambassadeur, auprès de 
l'empereur Maxiinilien , pour le retenir dans l'alliance faite par 
le traité de Cambrai contre les Vénitiens. Comme le pape 
Jules II s'était déjà détaché de la ligue, le clergé secondaire de 
Liège prit occasion de cette ambassade, qui ne pouvait être 
agrêabre au saint père, pour lui dcmaader qu'il étendît les pri- 
vilèges d'exemption que les [Mpes Nicolas V et Sinte IV lui 
avaient accordes. Jules fit droit sur la demande, el donna pour 
fiupérîeurs immédiats à ce clergé, les davciis de saint Pierre 
de Liège , de l^uvaïn et de Bois-lc-Uiic. Telle est l'origine de 
celte exemption , sur le pbn de laquelle on créa, dans la suite, 
diven évéchés , formés des démembrements de celui de Liège. 
On dit qu'Adrien Florent, précepteur de Charles-Quint el <»- 
puis pape, fut celui qui donna le conseil de solliciter celle 
exeoiptiDa; avïs , ajoule-l-on , qui, dans la suite, lui causa du 
regiet. 

L'an i5i3 (n. st. )i Erard partit, le i3 jaiKÎer, pour assister 
au sacre du roi François L IJ abandonna, l'an i5iS, le parti de 




CnROMOLOClE 11151 



n iQiTt ■ 



CfrpHnce, auouel il avait clealt.-ii.lie jusqii'alon, pàurcmbra 
' li de Charles-Quint. On prélenJ que les n 
lu roi (le France lui firent prendre cette rps 

I plus plausible que l'on donne à ce changetnenU 
Eranl avait engagé le roi Prancois 1 à sulliciler pour lui le cha< 
peau de cardinal : mais tandis que le monarque fbisalLpoi 
ccH^ affaire à Rome, la; duchesse d'Angouléme, gagnée par 1 
promesse il'une snmme de quarante mille écus, écrivit au aa\ 
du roi 7 son ûls, et, à !inn insu, ;iu pape Léon X, et à l'amlia 
sadeur de Franco , «ju'il désiraii pluiot cet honneur pour 1 
chcvt-que do îtourges ,. frère de Boyer, Irésorier de son épargoW 
( qui avait' promis ies quarante m.ille écus) , ([ue pour l'ev^ffi 
de Liège; 1^. laiire lit son effet, rt l'archevâque de Kourges a 
tînt le cardinalat au préjudice de l'ovèque de Liège, (tïat 
inLemX.) Quoi <|u'il en soir de celte anecdote, le dimani 
danS'l'octavi; de l'Ascension, OJrard fit , dans la ville de Saint 
Trot), un traité d'alliance «vec les ambassadeurs de Charte 
engi^emenl dont rien , dans ljt suite , ne put le détacher. L'en 
pereur. Maximilien , ravi de voir nntrc prélat dans les intérêtf 
(le son pelil-fils, lui en témoigna sa reconnaissance par un iJiJ 



n pehl-bls. In* e 

B du a4 ji^i" de c 



mfirmalt l< 



s le» privî 



léges et toutes Ira possessions -de l'église de Lîége , défendait d 
traduire à des tribunanx élraiigcrs, les sujets de c^elle église , f 
lie pcrmclialt d'appeler des jugements rendus par Ifs magisiraU 
du paysan consul impérial, que pnitr des causes dont robjet 
^^^ excéderait la somme de Goo Horins d'or. L'an lâig, apris !• 
^^L mort de Maximilien, révoque de Lieges'étant rendu à Franc-^ 
^^^1 Ibrt., fit si bien par ses intrigues , que Chartes-Quint y fut cll^ 
^^^H empereur par préfi'rencc à François I , son compétiteur. Robert/ 
^^^L Eon frère, prince de Séd»n, qu'il aviit engagé dans son alliancfl* 
^^^B avec l'empereur, s'élnnt remis, l'an i-Sai, sous la 
^^^H <le la Tfanoe, et ayant usé m^me déclarer la guerre à Charles 
^^^B Quint , l'évoque de Liège fut le premier i se jeter si 
^^^1 de ce prélendu rebelle, à. lui enlever ses places, et à le traitai 
^^^1 comme Irpltiscruel ennemi. Celte conduite lui al 
^^^B rhen, dont il se rnnsola par le ch.ipeau de cardmal que Charles 
^^^B. Quinl lui obtint de Lénn X, le q anùl de b même année. L'ai 
^^^B toas ^nouvelle faveur qui liai la beaucoup son ambliton. Ce fiH 
^^^^ la tégslion des Pays-lias qui lui fui conférée par le pape Cl^ 
^^B ment ^11. Charles-Qnint lui i^ndil, la même armée, le duché<l 
^^m de Bouillon, dont le comte de la Marck avaii pillé cl brâlé li 
^^H ville et le château, l'an tSao. par onlie de ce prince. Cfipen-il 
^^^B dant , le roi de France avait fait saisir Irs retenus de ton évi^h^' 
^^^B de Chartres. Ërard , désespérant de les recouvrer , fit la résigna-^ 
^^B lion de ce bénéfice , l'an i ii23 , en faveur de l'éviiqne de Toup-i 1 



erra dans s 


:a cathédrale 


in lnail>('.iii 


qu'il sVlait 


oir encnrc 


sji staliie de 


)(lalcs,îlla 


lisia diiersra 


., les lieréi 


liipies et les 



bits ÉvâQUEf ET PRINCES UB UÉGK. aSy ' 

Tiaî , moyennant une pension de 4^"" florins. L'empereur le 
dédommagea peu tie lems après en le nommant à l'archev^clié 
de VaUnco en Ksnagne. Il eloiiifa, l'an i5îi, non aans peine , 
une spjilion que ta famine et l'avarice des riches avaient occa- 
sionée dans Liège. L^an iSHs, révè(|ue de Liège sévit contre 
les Luthériens qui itViaieRt introduits dans son diocàse, et y 
dogtnaiisaiem à la faveur de l'édit impérial qui suspendait les 
contrnversps de religion. Quelques uns de ces scclaircs furent 
rondamnf'S au feu , d'autres h la piison, au banni^emenl ou à 
l'a'mende. On rnntinua , dans les aniii'es suivantes , à les pour- 
suivre, et le payï à la fin se irouvii purgé decelte poste. J.'an 
i538, Er;ird de l;j Marck tombe mihde, le 18 février, d'ime 
indigestion de moules, dont il meuil le 18 du mois suivant, au 
grand regrei de ses diocésains. On T 
avec une pompe extraordinaire, dai 
préparé lui-même, et sur lequel 01 
bronze doré. Outre ses ordonnances s 
ronsiÎTulions contre les blasplienuK 

CORNEILLE !>E BERG. 

i5i^8. CdKXEiLLE ot Biînr, , fils de ('orneille, seigneur d« 
Berg, el de Marie de SuemSerg, qu'Erard de la Marck avait 
olnenu nour coadjuleur dès i5aa, lui succéda, et fil son entrée 
solennelle .l.ins Liège, le ty mai i^'AH. Des anabsplîsteâ s'élant 
introduits di'ii son diocèse , il en G( punir de mort une partie, 
El par-là nul les antres en fuite. L'an i54o, il reçut à Liège, 
dans le mois de mars, Ferdinand, roi des Romains, au passage 
de ce piinee, pour aller trouver l'empereur, son frère, dans 
lesPays lias. Corneille publia divers édils pour élablir une enacle 
police, Il pourvut 3 la sûreté du pays en fortitiant la capitale, 
vti'réparjut tes l'.bâleaux, en éloignant les gens sans aveu, en 
pré\'enant les séditions î et eu mettant les troupes sur le bon 
pied. L'an l'i^i, i la prière de l'cmpejeur, il se donna pour 
coadjoleur, a.i mois dejauvier, Georges d'Autriche, quis'étail 
fait agréger au rhapilre de Liège dans le mois précédent. 1,'an 
I ''44t accablé il'iufirmilés, il si^ dénnit de l'épiscopat dont il n'a- 
vait jamais exiTce les foriclions, n'étant pas même prêtre, et se 

la ville d'Hui, où il mourut quebjue tems après sans 

' III quel mois ni en quel jour, 

GF.ORGËS D'AUTRICHE. 

g4i- GEnnr.BS d'Autkicue, fils naturel de l'empereur 
'■' :, arclievéïjue de Vaieuc*', en E.spagnc, et êvfque de 



" !l4f> CSROWïlOCtE élSTOBiljtiE 

de Berlhe He GûJïr, d'uni? maison distinguée .le tlueldre, à»yA 

alliédralc de L'ége, el l'un des ciinj nue lu rliapif 
proposés k l'erapcrcur, |>our coadjuleiic de I Cïôijne 
d'Autriche, succéda, l'an i563, à Hubert de Berg, eu verlti J 
SA résigniilîan. L'an i5b5, il recul .^ Herkenrode la cnni^cerJe 
lion épiscn])ale le 20 mai , et , te .i juin sulvani , il lll sou entr^ 
solennelle à l.iêge. Les troubles qui agitaient les Kiys - B 
espagnols ayant pénétre, l'an iSHS, dains le Liégeuis, les lialHi 
tanis Ji: Hassell , Maëslricbl , M.iseick, Slokeîm , pi'jverris (â 
moins le plus grand nombre), par les pr'édiealions st-ditienset 
du miniilre llerman Sluickcr, déjà Eimeun par ]:> révoluiion 

3u'il avait excitée h Anvers, arborent l'élendard du faujlisme et 
c la révolte. Le prélat , après les avoir vainemcn'l exhortés jt 
rentrer dans le devoiri luarde cuire )a première de r 
h b t(?te de ses troupes. Hasiieit ffiiégé, se rend le 1 1 
iStiy, et fililîfnt , grâce anx condilîons, de payer les frais de 1 
guerre, de réparer les lieun saints qu'on y avait déti-uîlsi et ( 
reprendre l'ancienne relîgiun, Mai'slrichl n'aliendît pas l'Sn'j, 
' ' ■ ' ''lire ses snumisûbiM 

iiié à l'Espagne 'elB 



! des 
Mais , 



ville ; 



ippai 



! de Liège, rarchiduchesse Marguerite 



elle affaire. Les a 
cl on fit à Mflëstr 
, et prévinrent pai^^J 
Sfifî, après le Buppli(|^ 
son li'èrâj 



l'é 

Pays-Bas, fit drrficullé de lui i.ardnni 

fut oliligé do av rendre médiateur 

villes rebelles , effrayer* des ejiécuti 

chassèrent ceux nui les avaient soi 

le chfilinienl qui leur était préparé. 

du ooBiie de llorn et la mort uaiurelte de Moni 

cnmme ils ne laissaienl point de poslérîlè ni l'un ni 

eomlé de llorn , qui éiail un fief masculin de l'églisi 

lui revint par droil de dévolution , qiiuitiu'il y eiît des hérilia 

un ligne collatérale, mais f.'miniue, La même année, nolpr 

lat refuse le passage aux iroupes que (inillaume , prince i 

range, amenait d'Allemagne au secocrs den ni^'conlenls du 

lianl. Le prince Irari-rse inoplnémenl la M<'use , et s'inlr(>dii]B 

daiKt Saint-Trufi . qu'il livre au pillage, sain diïlinclioii du 

ri dn profane. Obligé de retourner en Allemagne, a{>^èfi 

échoué dans le Bialjani , Guillaume rentre dans le Liégeoîs, 

Il se présenter, dans le mois il'uclobre. devant la capiialfl 
dont il se met en devoir de faire le niége. i\Liis , repous^ ^ Ù" 
"4i*gései piiursutvi par le duc d'.\lbe, i' — "■' ;-*-■-■ — ■ 



-.ia»- 



: Plu! 



lannee de ce (iriDce, 
. étaient d'înlelligendé avec 
i-ci, dont les ptinripauK furent pui 



e prérfpilai 

ursiiégeoissi, 

n'i, restés dat 

■s recherches 

s Jésuites, 



t'évèque .Gérard a^'^it appelés dans le commencement de' 



i ÉVÉ^IJES ET PaiNLES DE LIF.OE. 

épiscopat, pour l'aider à combattre les nouvelles erreurs, for- 
mcnl, l'an iStii}, un élablissemenl â Liège : mais ils ne com- 
mencèrent à y ouvrir des écoles qu'en i5bi. Celle môme année 
i5'>ç) est l'épncgue (le l'clablissement (lesmannfaclures lie gbces 
à Liège. L'jn 1S71 , au mois de juillet, le jprince d'Orange se 
rend maî)re de Rureifionde après on sïége vrgoureuscmeuE sou- 
tenu par k- gouverneur de ta place. Pendant les sept années sui- 
vaulcs, le prélat fut ncq^ipe à rejtousser les Espagnols et les 
confédérés, (]nî, selon qii ils étaient pressés les uns par les 
antres, refoulaient «m' le pa^'s liégeois. L'an iS^f), l'évoque de 
Liège sort de l'espèce de neutralité qu'il avait aifeclée dans U 
guerre de la confédération des Pays-Bas, en/aurnissaD^ilel'ar- 
tilU'rie au duc de Parme pour faire le siège de HaëstricWt. Cette 
ville ,, comme on l'a dit ci- devant ^ appartenait moiliéà l'église 
de Liège , ci mi/uié A la aiaison d'A-.ilriche, La ville fut empor- 
tée d'assaut le 29 juillûi , aprits un siège des plus mémorables, 
où l'on vil les femmes combattre avec la même ardeur que les 
hommes. L'année suivante, l'èvêquc Gérard termina ses jours, 
le a8 décembre , a l'âge de soixante-trois ans. Ou loue la pru- 
dence, le zèle et la fermeté 3e ce pcëlal. 

ERNEST DE BAVIERE. 

. Erkest, fils d'Albert, duc de Bavière, et d'Anna 
iche, évoque de Frisiogue et (FHîsdCshcim , r.i depuis 
^« chrini>ine de Liège , en fut élu év?que , le 3o janvier tS8i , 
sur la désigualion que Gérard de G-roësbeck en avait faite avant 
de mourir. Son inauguration se (il le 13 juin suivant avec ime 

Sompe extraordinaire. Ce prince avait d'excellentes qualités pour 
! guuvernemenl; affable , éloquent ., adroit à inanier les esprits, 
fécond en ressources dans les cas épineux , aclil avec circons- 
ueiJKnn , il passait parmi ses égaux en Allemagne pour le plus 
habile d'cnlie eux ; mais un lui reprochait deux défauts dont il 
par^t qu'il ne se corrigea point , le vin et les femmes. L'an i5S^^ 
après la dêiiositiou de Gebebart Truchsès, arcbevérjue de Co- 
logne , le chapitre de celle église élut , le aS mai , pour le jem- 
placer, Ernest de Bavière, lequel par là se trouva cliargè de 
quatre évèrbés. Tniclisès ne se laissa pas dépouiller sans se dé- 
fendre. Il fallut en venir aux armes pour l'obliger à désemparer. 
Ernest, appuyé de l'empereur, mil à la tâle de ses troupes Fer- 
dinand son frère. Celles de Trucbsès , dans un premier combat 
qu'elles livrèrent, près de Hulsl, aux Liégeois, eurent l'aran- 
tage par la désertion des Allemands qui étaient avec ces der- 
Mais ceux-ci , dans la suite ^ prirent amplement leur re- 
iC , et la guerre , commencée au mois de septembre 1 563 . 
XIV. ài 




U^2 CHRONOLOGIE HISTORIQUE 

finit ail mois de mars de Tannée suivante , par une grande vic- 
toire qu'ils remportèrent sur Truchs^s; après quoi le prélat dé- 
posé, abandonna le pays. ( Voy. ies archevêques de Cologne, ) 

L'an I5^J5 , Ernest , voyani les Hlspagnols ravager impunément 
le pays liégeois jusqu'aux portes de la capitale , sans égard pour 
les représe niât tons qu'il avait faites à leurs chefs , envoie contre 
eux , le i5 janvier , uu corps de tronpesqui les taille en pièces. 
Ernest , la même année , fui pourvu, le 2.'^ avril , d'un cin- 

Juième évèché, celui de Munster. Quelque tems après, l'évêque 
e Verceil , nonce du pape , étant venu à Liège pendant l'ab- 
sence d' Ernest , y assembla un synode ou il fit recevoir le cou— 
cile de Trente. Ayant ensuite parcouru le diocèse pour y faire 
observer les décrets de cette assemblée , il revint mourir à Liège 
le 28 février de Pan i58G. £rnest, de retour à Liège, publia , 
l'an i58d, divers statuts pour le maintien de la religion catho- 
lique et pour la décence du culte divin. 11 érigea , l'année sui«- 
vante, deux séminaires, l'un à Liège et l'autre à Sàint-Trou. 
L'an 1694 9 Ernest , sur les plaintes que le pape Clément VIK 
faisait de ce qu'il possédait plusieurs évêchés et de ce qu'il dif- 
férait de se faire sacrer , députe à Rome, pour se justifier , le 
docteur Hennot , chanoine de Cologne. Le P. Foulon a soi- 
gneusement recueilli les moyens que ce prince alléguait en sa 
faveur, et n'a rien omis pour les faire valoir. L'an iSgS, la 
nuit du 3 au 4 février, la citadelle d'Hui est surprise par trente 
soldats du prince de Nassau , et le lendemain, le capitaine He- 
rauger, qui les suivait de près à la lele d'un corps de troupes, 
oblige la ville à se rendre. Mais les i^iégeois, avec l'aide de cinq 
mille esp.'^gnols que l'archiduc Ernest d'Autriche, gouverneur 
des Pays-Bas , leur envoya , reprirent et la ville et la citadelle 
après huit jours d'allaques. L'archiduc Ernest étant mort dans 
ces entrefaites, le comte de t'uentes , vice-gouverneur, pré- 
tendit mettre garnison espagnole dans la citadelle d'ilui. On 
disputa pend nt trois mois, et ce ne fut qu'à force de présents, 
qu on engagea le comte à rappeler sts troupes qui étaient dans la 
place. L'an iScjy, les impôts causèrent à Liège de grands tumultes 
qui mirent en combustion tout le pays. Le prince eut besoin de 
son génie et de sa fermeté pour les apaiser. L'an 1612 , Ernest 
étant tombé malade à Arnsbourg, en Westphalie , y mourut , 
le 17 février, à l'âge de soixante-trois ans , dans de grands sen- 
timents de pénitence. 

FERDINAND DE BAVIERE. 

1612. Febdiis AND, fds de Guillaume V, électeur de Ba- 
fière^ ci de Renée de Lorraine , succéda dans l'évéché de Liège, 



DES ÉVÊQUES ET PRINCES DE LIÉGR. ^^i 

à Ernest, son onrlc paiernel, qui l'avait fait élire pour son 
roaJjuteur d^s l'an i(*)oo. Il (l(;viiil en mâme tcms son surces^ 
seur à Coloane et dans les trois autres év(^chôs dont il avait été 
pourvu. rres(|ue tout ic tems du gouvernement de ce prince 
lut agité par des guerres intestines. Si l*oa excepte quelques 
petits intervalles de calme, il fut toujours aux prises avec le 
peuple de Liège sur leurs droits respectifs , et on n'entendait 
parler que de bannissements, de tortures çt de massacres. I^a 
principale cause des brouilleries était l'éleclîon des magistrats , 
à laquelle Sébastien de la Ruelle, premier boiirguemestre, avait 
droit de présider. Attaché k la France, aimé et respecté de ses 
compatriotes, la lluelle employait tout sou crédit pour empê- 
cher que la faction espagnole , appuyée par le priiice-évéque , 
son chapitre et le mayeur, ne devant le parti dominant, et que 
les bourgeois de J.iége , ne se prétassent aux vues ambitieuses 
de la maison d'Autriche. Mais, Tan i()3i , la crainte que Fer- 
dinand ne les fit mettre au ban de l'empire , contraignit les 
Liégeois de. recourir à sa clémence , et , le 7 avril , ils obtinrent 
un pardon général. Ferdinand se retira ensuite à lioiin . sa rési- 
dence ordinaire , apr«\s avoir conféré la charge de grand maveur 
de Liège au baron de Berlon, comte de Hosemont. Au milieu 
de ces troubles, il ne laissa pas de faire pbjsieursélablissenients 
de sociétés reliî^ienses dans sa ville épiscopale. Il y vint des Au- 
gustins du saint sépulcre en i'3i4ï les Carines-déchausses , .-linsi 
que les Minimes, s'y établirent en i^'n'j ; les Urselines, l'année 
suivante ; deux ans après , il fit venir les ( élestins, les IJoniii/i- 
cainSj les Capucins , les Récollets, les Carmélites , les Reli- 
gieuses de la conception, les Urbanistes et les lilles du tiers 
ordre de saint François. 

L'an iG-H6 , au mois de mai , les Impéiianx , sous la conduite 
de Charles, duc de lx)rraine, de Piccolomini et de Jean de 
Werth , viennent fondre dans le Kiégrois, le ruine*, et 
mettent le siège devant la capitale, pour l'obliger à se déclarer 
contre les Français , et la punir en même tems de leur avoir 
fourni, l'année précédente, des vivres pendant le siège de I.ou- 
vain Dans cette extrémité , les différents partis de la bourgeoisie 
se réunissent contre reniieini commun. (>n chass<* de la ville 
fous les rhdnoines , et le giând-mayeur est empiisonné. I/a- 
mour de la liberté arme tous les citoyens: ils rejettent \jfs con- 
ditions de paix qiTon leur offre, et font des sorties heureuses , 
dans Tune desquelles ils brûlent le quartier de Jean de VVcrth. 
Knfin le nonce, qui était alors dans Livge, négocie un accom- 
modement entre les bourgeois et leur é\cque. Ceux-là promet- 
tent de reconnaître l'empereur , de contribuer aux affaires de 
Tcmpire , donnent de l'argent au prince Charles , et le siège 




iti CHBOHOI.0r.IE IlISTOnHÎUE 

pst levé. Hais à peine l'enncnii sVst-il relire , qtte Iss trootles 
icommeacent dans Liège. Les bourgeois portent leurs plaï 
1 pape Urljain VIU contre les entreprises de leur évfque. 
jurgiicmeslrela Ruelle éiait l'âme, pour ainsi dire, de 
'S grands mouvements : c'était un autre Barncweld. Il ftit j 
tmme lui , la victime de son patriotisme. Il avait donné a 

depuis plusieurs années, dans Litige, au comte de Warfuz^ 



eil de Malin 



lie 

I 



_. plusieurs annet 

ïlan.an<I,condamnil 

versaiion âons les fmances -dont il avait eu L'adminis 
"Warluzée, a6n'd'o!ilenir sa grâce et de rentrer dansses 
s'engage envers les EspagQols à les défaire de la Ruelli 
remplir cet engagement, il l'invite, avec plusieurs pewonnes 
'distinguées , â un grand repas, au milieu duquel, ayant fait 
entrer des soldais apnstés , il le fuit égorger le i5 avril ttii-]. l,e 
peuple de Liège, instruit de cet événement , court aux armes, 
■enfonce les portes de la mp.ison du comte, le perre de mille 
coups , le pend ensuite au gibet , et , raj>ant enfin lirilté, jf!lU 
•ses cendres dans lo Meuse. ( D'Arligni.) L'évi'f^ue était poi 
larsaWnt, et il âul se savoir bon gré de nes'élre poini Iroili 
à cettchorrible tragédie , dont la catastrophe auraill'ifnpu 
veloper, tant tes cspriis étaient avenglés par la fureur. 
i638, il reçut h Sainl-Troii Marie de Mcdicis , veuve du roi 
Henri IV , et mère du roi Louis XIII ; laquelle , fuyant la per- 
sécution du cardinal de Richelieu , s'était retirée dans les Pays- 
Bas. LoTsqu'en 164Î , on rapporta en Francele corps de la re' 
décédéc à Cologne, le 3 juil^t 164^ , le convoi passa par L!< 
où Ferdinand lit faire à Àtle princesse de roagniliqucs 
sèques. 

Le duché de Bouillon faisait toujours nn sujet de contestât: 
entre les princes de Sed.in cL l'église de Liège. Frédéric Maurii 
de la Tour , menaçait d'y rentrera force ouverte, si on ne M 
faisait pas raison des sommes qu'il répétait sur ce ducb 
élats ric Liège, s'étant assemblés a ' ' 

arrêtèrent qu'on lui paierait . dai 
somiac de cent cinquante mille (1< 
renança à ses prétentions sur ce Hi 
étant, allé au rli.ile.-in d'Aremberg, en Westpbali 
bilement, le iS septembre, àl'Sge de soitanle-s 
ttrchtv&/aes de Cologne. ) 



' MAXIMILIEN-HENIII, DE BAVIEHE. 

i65o. HUximilibs-Hënbi, neveu de Ferdinand de Bavière, 
et fih d'Albert , duc de Bavière, et de Mathilde de Leuchlem- 
berg, élu coadjuleur de Liège , le ic) octobre iG^j, archevêque 



s de septembre iG^Si 



!, y mourut jj 
itans. (Voy.ji 




DES iviffCES ET ralWCÉS DE LI^GZ. âïS 

âeaCologne, et évPtjuc (i'HililMfiL-im, sVlanI rendu à Liège, le 
■ ■ ■ ■ -. 1. es premières 



aoctobrf; ilibo, f 






prit possession lun 
\ées de son gouvernement furent troublées par les incursions 
Lorrjîiis et des Espagnols. 1-e marquis de ï'abert , gouver- 
ir (le Sedan , eut ordre du roi de France de venir au secours. 
jBgeois avec dix mille hommes. L'arrivée de ces troupes 
ilfiTsil L'effet -jiron désiraii, On tint à Tlrleinont des confé- 
ices dont le rt^sullat fut un Irailé île paix , signé le 17 mars 
1S4, par les pléiiîpnienliaires d-p IVriipeieui' , du roi d'Espagne 
et de l'évêtjue de Liège. Ce dernïtr y gafjna un poînl imjiorlant. 
Par un des articles , le bourg d'Hérislal , situé dans le Drabant, 
et promis, dès les années i54G et ^548 ,à l'église de Liège, en 
échange du bourg de Fresne , qu'elle avait cédé à l'Espagne , 
pour y iiâtir la citadelle de Marleaibourg , lui fut enfin aban- 
donné. Les ministres de MaKimilien- Henri en prirent posses- 
sion, en présence de cens du roi caiholi(|ue, le.Si oclalire i655, 
4nalgré les oppositions des lutrices du jeune prince d'Qrange; 
ce qui fut la semence d'une longue dispute nui s'est renouvelée 
dans notre siècle. L'an 167.1 , le roi Louis XIV , ayant le comie 
de Lorges sous ses ordres , commence, le 14 mai , le siège de 
_Maëslric!i! ; ce fut l'un .des plus meurtriers de celle campagne. 
Le gouverneur espagnol cupituU le 3o juin, et la place fut 
rendue le lendemain. L'une des clauses de la capituUtion fut 
que l'évéque et prince de Liège continuerait de jouir , dans 
Maësti'ichl des mêmes prcrogaltvcs dont il jouissait sous les 
ducs de Brabant et les rois d'I^spagne. Fidèle 3 cet article , le 
monarque victorieux consentitTn^me que les oflfbiers de Maxi- 
milien-Henii précédassent Jes siens, et que les armoiries du 
prélat fussent placées !t la droite de celles de France, comme il 
. avait été observe à l'égard des durs de Brabant. C Foulon. ) De 
Ma&tricht, les Fran^'ais se répandirent daiis tout le Liégeois, 
où ils levèrent de grandes contributions. Tongres , avant osé se 
. défendre , fut pris après quatre heures d'assaut cl pillé durant 
trois jours. Il faiit observer que l'évèqne était allié de la Krance , 
et que les Liégeois gardaient ou feignaîrot de garder la ueulra- 
lilé. L'annéesjoivanle, ils nefurenlpas mieux traités parles Im- 
périaux , qui , s'étant rendus maîtres de Uinant et d'Hui , éten- 
dirent aux environs leurs contributions. L'an itiyS , nouveaux 
malheurs pour les Liégeois. L'empereur, par une déclaration 
du iC janvier, réuni) le pays de Liège à l'empire , parce qu'il 
ne se déclavii pas contre la France. Le cardinal de Bad^t, qu'il 
dans la capitale, tente de gagner par des pro- 
icsses le baron de Vierzet, gouverneur de la cidadelle. Le 
jmtc d'Eslrade , gouverneur de Macstrii ht , ayant connu , par 
Vriefcttre interceptée dn cardinal fà quoi il tenait que les Aile- 



J 



I 



a46 CBBtmOLDeiE mSTOBIQIIK 

manda ne fussent reçus itans la plare, fait pnrlcr p!i 



pnrlcr plusefiicaf 

de mars, la cilaïKlfl 



leurs 



ment àVierzei , qui remel, d^ 
aux Français. Après f Ire resiée l'espace d' 
mains, ils la firent sauter, le'-t mars 1676 , par ordre du roi ^ 
sur le refus i|ue les EspagnnU et les Hullandais avaient fait, dana 
les conférences tenues à Marcliiennes-au-I'ont,de conseUû'à la 
neulralilé pour le pays de Liège, l.esbourj!;eois, loin diî^lïlî- 
ger de la démolition de cette place, en témoignèrent leur joie, 
- parce nue les évoques ne l'avaient fait liâlir que pour les lenir 
en bride. Elle a été rebSlie dans la suiie. Au mois de juillet sui- 
vant , le prinre d'Orange amtne nne armée considérable devant 
Maëslricbt. Mais aprËs avoir fait les derniers efforts pour sVn 
rendre mahrc, l'arrivt-e du maréchal de Schomberg , l'oblige 
h se retirer la ùuit du 26 su 37 aoùl , ou bout di» cjuaranie 
jours de siège. I.e 3o septembre suivant , le comte de Iterloa 
rend Bouillon au marédiai de Créqni , sans faire dt^ résistance, 
ei malgré la garnison. L'évôi^iie de Liège parle ses plaintes au roi 
de cette invasion. Sa majesté répond, qu'elle n(t l'a commandée 
que dans la crainte qoe les Espagnols ne se saisissent de Pioiiillon 

S our s'ouvrir un chemin en Champagne , promettant d'ailleuri 
e le rendre à la paix. Elle se fit, l'année suivante, k Nimègni 
Mais Bouillon , au lieu d'élrp rendu il l'église de Liège , fut a^ 
jugé au prince de la Tour- d'Auvergne, sans égard pour les r< 
pvéaenlalloiis des députés de l'évéque et de son cbapilre. Mai 
trirbl , par le m^me Irailé , fol cédé aux Hollandais 
servant icsdroiis deTévéqne de Liéce. 

L'an 1G7C). les entreprises dea magistrats de l.icge, sur l'anfl 
rite du prince-évfque, donnèrent naissance à de grands démËli 
qui ne Ënircnl , après des lioslililés-rèciproques, qu'en lûS'i, par 
un traité de paix conclu le 29 novembre. Mais a peine cul il été 
publié, qu^une faction s'éleva pour le rejeter. Le tumidle recom- 
mença dans Liège. 11 y eut descnmb;)lsdansla ville et des meur- 
tres. On élut de nouve'aux magisirais sans consulter le prince, qui 
cassa l'életlion, el l'année suivante, il envoya l'évfiipie de Stras- 
bourg, (juitl.iume-Egon de I'"ursleniberg, avec un corp 
troupes pour réduire les mutins. Lrlni-ci étant entré di 
Liège sans résistance, fil arrêter les chefs de la rê' 
furcnl décapités le 9 octobre. Le prince suivit de pri 
demanda grâce ; el après l'avoir accordée , il changea la foi 
des élcclions, el Cl élire en sa présence de nouveaux inagislrais^ 
On trayaillali cependant par ses ordres au rétablissement de 1a 
ciladdle de Liège. 

L'an 16B8, sur ta fin du mois de janvier, Maxïmilien-Henri 
tombe dangereusement iDstadc k llonn. Deux coricurrents , h 
cardinal de Furstemberg,^ qu'il afail déjà fait élire coadiuteq 



.m 

>rinS| 



1 



BÏ3 ÉVÎ^M et PRIKCB3 Dï LIÈGE. aj^ 

;ne, et le cardinal de Bouillon, grand-prévôt de Saint- 



jEliert , le solli 
rie 






de Liégt?. Il SI 



1 Rome. Le 



pap* 



e pour le premier , et t 
se refuse à sa demande. Enfin Maximîlieti-IIenn fini 
le 3 juin de la icëme aiin^e. Après sa mort , le baron d'Asfold , 
ambassadeur extraordinaire du roi de Fiance auprès du chapitre 
de Liégu , brigue oiiverti^menl , au nom de son maître, le siège 
vacant pour le cardinal de Furstemberg. Le roï lui-même an- 
nonce aux Liégeois tfu'il a des droits, comme ils ne peuvent 
l'ignorer, sur Te comité de Segni, (jui s'étend jusqu'au milieu 
de Liégé, sans [larler du marquisat de Franchimont, qui dépt'nd 
de ce comte; qu'il a dill'ér<' jusau'alors de répéter ces Jeu* 
objets , mais guil faut s'atlendie i les lui resliluer , si l'on ii'ëlil 
pour évéqne le cardinal de Furstemberg. t^s faction du cardinal 
de Bouillon, nuiiiq n'affaiblie par l^exclusîon que la France 
donnait à ce prélat , ne perdit point courage, Fiirstemberg était 
déjà lui-mârae eicln de l'archevêché de Cologne par rautorïtê 
de l'empereur. Il était odieuiaus I.iêg^cois pour diverses rai- 
sons , et bientôt il connut qu'il ne ferait pas meirteure fortune 
1 Liège qu'à Cologne. Alors il se tourna dilkâté du cardinal ilc 
Bouillon , et Iravailla lui-m^ine pour le faire élire. Mais , le 
■ 7 août, le clia|iitre s'étant asscmliic, élut , â la pluralité , pour 
évoque le grand doyen, qui suit- (Voyez les archevéyues dt 
Col ogne. ) 

JEAN-I.0U1S D'EI.DEREN. 

Cï6S8. Jfan-Louis d'Eldereh , grand doyen de Saint-Lsm- 
Iwrt el prévit de Tongres, issu d'une ancienne maison du l-ié- 
^ois, fut élu, le 17 aoill iliSrt, evéque de l.iége par le plus 

rnd nombre des capitulants. A peine eut-il obtenu ses bulles 
Rome, que le roi de France fit éclater son ressentiment 
contre le pape innocent XI , pour s'être opposé à l'élection du 
cardinal de Furslembcrg. il menaça d'envoyeifcne armée eu 
Italie pour reprendre le duché de Casiro, qu'il prétendait ap- 
partenir au duc de Parme; et , en allendaut qu'il pu] rfr'er.tuer 
ces menaces, il se saisit, le 7 octobre, de la ville et du comié 
d'Avignon. La guerre était alors recommencée entre la France 
et l'empire. C'était une belle occasion pour le monarque, d'eiier- 
cer directement sa vengeance sur le nouvel évSque de Liège : 
aussi ne fut-il point épargné. On le*-a des contributions exorbi- 
tantes dans tout son pays ; on refusa de lui rendre Dînant et 
Hui , contre la teneur du traité de Nimègue. Le prince , pour 
détourner les malheurs de sa patrie, envoya le comte de (îroë's- 
beok à Versailles pouc li^tcc avec le marquis de Luuvois , mi- 





^m Fenli 
^V cardi 



CHRONOLOGIE HlSTOniQUE 

nlstre de la guerre. On traila efleclivemeiil te 9 janvier iG.'ljj 
el il fut convenu , eniri; le* Jeux minislrcs , que I 
serait gardée par les troupes du roi sur le pied qu'elle avait ê 
par le Irailé de Tirleinoiit; que, tani nue 
avec l'empire, le pays liégeois paierait ciiaque année] 
nquanle mille écus ; que b citadelle de Lièges* 
de nouveau déiruite ; que le roi retirerail sus troupes des v 
et châteaux du pays qu'elles occupaienl depuis le i". ocli 
de l'aunée précédente, à l'excepiion de Dînant , qui ne se 
rendu qu'à la fin de la guerre ; que les muis de la ville et 4 
château d'Hui seraient rases, et qu'en dédomtnagemenl des dfl 
neuses faites pour les fort! G cal ions de cette, place, on paier>iM 
la France la somme de quatre-vingt-dix mille livres, Pundaa^ 
qu'un traitait ainsi à Versailles , la diète de IVatislioi 
un décret pour ol)liger tous les ordres et taules les provinces d 
l'empire à se déclarer contre Louis XIV et à le regarder comm 
un ennemi commun, Liège, en eonserpence , fut sommée ij 
renoncer à la neutralité qu'elle venait de conclure 
France, et elle y fut contrainte par les Hollandais , qui s'em- 
parèrent de lavill^Lcs courses des Français dans le Liégeois re- 
coTomeiicèrenl alWs avec plus de fureur qu'auparavant. Les ab- 
l)3ycs do Stavelo et de MalmciLuri, après avoir elé pillées, 
furent réduites en cendres. Quautilé de bourgs et de villages 
subirent le in^nté sort. L'an i6i|i , le marquis de UoufHers, à 
la têie de soixante escadrons et de vingt Iwiaillons, 
après lui une. grande arlilicrie, vient se poster, le i".;Hiii^ 
8ur la montagne de la charircuiie de Liège. De h il canOMO J 
bombarde la ville , saos relâcRe, pendant ia^l jours. Mai: 
prenant qui' le comte d.; I.ippe arrive aveu àùt armée coi 
raMe, il fait prècipitninmeiit sa retraite. L'honneur de 
goureuse défense que Krent les Liégeois en cette occasion (^ 
attribue pi in ci paiement à t'évéque-prince , qui les 
par SPS discours, et empfclia, pjr sa prudence, qu'au miliq 
de l'orage qiiU'nui!ai> sur la ville, le trouble et la confusion J 
se missent pffiui les luibitants. L'an 11192 , le maréchal de S 
leroi se rend maiire d'Muî, le a4 juillet, parcapilulalic 
riuq jours de siège. L'an ib'rj^, 1* ^'^ février, un catart^ 
tiiRoc^nt emporte subilement le prince-évfque de Liège, 3ei 
Loiiiâ d'Eldercn, au grand ifgret de son peuple. Après s 
cinq concurrents se mirent sur les rang; pour lui su 
savoir, le piînccJe Neubourg, grand-maitre de l'ordre 
nique, cvêque de Worms et coadjuleur iJe Mayence; l'élecielt 
de Cologne ; l'ÉvSque de Breslaw, chanoine de Liège ; 
Ferdinand île Mearu , grnnd-doyi u île saint Lambert; 
cardinal de Bouillon, Ce dernier, le plus ardent de tous et i| 




laodé 



DES ÉVÊQL'ES ET PUntCES lH IIÉGE. aj^ 

par le roi de France , élait venu , suivant le père 
, avec (les hrevcts de bénéfices en blanc pour acheter les 
frages. Les chanoines dcâaint-Lamberts'assemblèrenli^apilu- 
I pour l'élection , le 20 avril , an nombre de quarante- 
six. On commença par lire les lirefs d'éligibilité accordés par le 
pape. M. de Méan protesta de nullité contre celui de l'électeur 
de Cologne. Vingt-deux furent de son avis; les vingt-(]uatra 
s'étanl retiré avec 



sCs partisans , les vingl-quatre resl^inls ne laissèrent pas de pro- 
céder à réleclioQ , el li'urs suffrages se réunirent en faveur de 
l'électeur de Cologne, qui fut auisildt proclamé et installé. 
Mais, le lendemain, IV1. de Méan et sa faction, rcdirite i vingt, 
firent de leur côté une élection qui tomba sur le grand- maître 
de l'ordre 'feulonique. Les deux ékts, après les protestations 
réciproques de droit , conviennent que Tudministralion resterait: 
entrC' les mains du chapitre jusqu'à b décision du saint' siège) 
Sur ces entrefaites, le grand-maître de l'ordre Teu tonique tomo» 
maladie qui le conduisit au tombeau, te 4 mai i6g4> 



JOSEPH-CLEMENT DE BWŒHE, 



1694' JoSEPH-Cl.£MEl«T, 

Marie, électeur de Bavière, e 



, l'a 

d'Adék 



.67,. 
ide-Hei 



land- 



arc h evëque -électeur de Cologne, évËque d'Hlldcshcim et de 
hatisboKne , élu , comme on l'a dit , évéque de Liège, le ao 
avril, par vingt-quatre capitulants , fut confirmé dans cette di- 
gnité, le 18 septembre 16^4, P^f ^^ jugement de la cour de 
home , dout il reçut une eupédition à Bruxelles , où il était le 
38 du même mois. 11 fit son entrée solennelle à Liège , le a4 
octobre , avec le plus brillant cortège , el fut reçu avec accla- 
mation. L'an iliyfj, il amena des troupes au roi d'Angleterre 
pour faire le siège de Naraur, qui fut pris le 2 septembre. Ce 
monarque lui rendit alors la ville et le cliâteau d'Hui, qu'il avait 
repris sur les Français , le aS septembre de l'année précédente. 
L'an 1697, par le douzième article du traité de paix conclu, 
le3o octobre à Riswick, entre l'empereur et le roi de France,' 
ve dernier s'engagea de rendre a l'évoque de Liège la ville et le 
chSteau de Dinanl dans l'état où il les avait pris, avec les villes 
et bourgs du Liégeois dont il s'était emparé durant la guerre. 
Mais Umant ne fut rendu qu'après qu'on eut rasé les fortifi- 
cations. 

L'an 1700, Joseph-Clément fait juger au tribunal de la Bote 
la contestation qu'il avait avec Varchi-prétre d'Aiit-la-Cha- 
^^™ " elui-ci prétendait que celle ville n'était d'aucun diocèse. 
XIV. 3a . 



â50 CHRONOLOGIB HISTORIQUE 




pour la France dans {a guerre 
cession au trône d^Ëspagnë , entraîne Joseph-Clément, son 
ffère, dans le même parti. La citadelle de iiégo, en consé- 
quence , est livrée, le u novembre 1700, aux troupes fran- 
çaises, qui, le lendemain, s'emparent de tous les postes de la 
ville. Le I'^ décembre suivant, le baron de Méan , grand- 
doyen, est enlevé par des officiers de la garnison , qui le con- 
duisent prisonnier à Namur, et de là au château dWvignon , 
où il ^t étroitement renfermé. Après y être resté plusieurs 
l^is, il est ramené à Namur, dont Tcv^que se rend caution 

ÎQur lui. Le prince-évéque de Liège était alors vettré en 
iandre. L'an 170a, les troupes des alliés, commandées par le 
duc de Marlborough , s'emparent, le i4 octobre, de la ville de^ 
(liège, dont la garnison française se retire dans la citadelle, 
^ui est emportée d'assaut le a.'6 du même mois. L'an 170.^, les 
ç^aréçhaux de Villeroi et de Boufllers forcent, le 10 mai, 
Tohgres à se rendre après un siège de vingt-quatre heures. L'an 
1706, les Français, comtn<indés par le comte de Gj^cé, se ren- 
dent maîtres d'Hui le 10 juin, et de là dirigoant leur marche 
vers Liège, ils y rentrent le 18 du même mois; mais ils en 
sprtent le 27, sur la nouvelle que Marlborough approche. \^ roi 
de Prusse, qui avait ses troupes dans le territoire de Liège» 
veut profiter de l'occasion pour se mettre en possession d'Hé- 
ristal, sur lequel il avait des préteiilious. Mais le comte d^Al- 
bemarle, qui commandait dans Tiége, s'oppose à ce dessein de 
la part des états généraux. U y avait alors procès entre le roi (le 
Prusse, le prince de Nassau, gouverneur hérèditaire^i^iî la Frise^ 
et le prince de Nassau-Siegen , touchant la succession de Guil- 
laume , roi d'Angleterre ; et leurs H'. V. voulaient qu'Hèristal 
restât en séquestre jusqu'au jugement définitif. L'an i7.<3, aux 
conférences d'Utrecht pour la paix, et Tan 1714 à celles de 
Bastadt, les ambassadeurs de l'évéque et du chapitre de Liège 
réclamèrent, mais sans succès, le duché de Bouillon et le 
comté d'Agimont. A peine même y purent-ils obtenir que lest 
Hollandais évacueraient la citadelle de Liège et la ville d'Hui ,• 
que ceux-ci voulaient faire comprendre dans les places de bar-, 
rière qui leur étaient accordées par le traité d'Ulrecht. L'an 
1716, le prince-évêque arrive, le i5 janvier à Dinaiit, d'où 
s'étant rendu au monastère de Saint-Gilles, il y célèbre les. 
jaints mystères, et fait un discours au peuple. Le lendemain^ 
il fait son entrée dans Liège, où il est rcv^u avec des démons- 
traiions de joie extraordinaires. L'an 17169 le 2:1 décembre, il 






BES ÉVÉQCES ET PRI\r.ES DE ^lÉGE. aSl 

liîplome tk- réact.-Mion au crrrli; He Westphalie, 
déc tirant qu'il eiil di5[iiisL' j fournir sa iiuiile-parl du contingent 
auquel ce cerdii est lasé pour les mois romains. I/an i^ad, il 
meurt, le 12 novcmltrc , ji Bonn. ( Voyes in électeurs de ù^~ 
iogite.) Dis que. la nouvelle île sa mort fut deVenue publique, on 
vil arrivei en grand corlége , l'un après l'autre , à quelques joura 
■le difïeience , cinq candidats pour remplir le siège vacant. Le 
pi^emier était Clémeni-Augusle de Bavière, neveu du défunt, 
auquel îl venait déjà de succéder dans l'archevêché de Culogne^ 
i"! (lui possédait , outre cela , les évêchés de Munster et de Pa- 
derboni. Le cardinal de Saxe-Zeitz, le prince de la Tour-d'Au- 
vergne, archevêque de Viennu, en Dauphîné, le comie de 
Louvestein ,'évêque de Tournai , et le comte de Cuftein, com-~ 
missaire dt l'empereur pour assister à l'élection , étaient le* 
quatre autres conipéiiteiirs. Rien ne fut épargné de leur part 
pour gagner des suffrages : festins , jeux , spectacles , largesses , 
tout fut mis en usagi? il l'envi par ces ambitieux , comme s'il ne 
se fJi agi que d'une dignité temporelle. Mais ils furent lOus 
également trompés dans leurs espérances , et ne remportèrent . 
de tant de mouvements qu'ils s'étaient donnés, de tant dé 
dépenses qu'ils avaient faites , que la honte d'avoir échoué dsns 
leurs démarches sinioniaques. 



i 



G EOi\ G ES-LOUIS DE BERGH. 



!lja^ GEonciis-Loms de Bergii, chanoine de Saint-LamLert, 
in élu , le 7 février 1 7:14 , i ''''ge de soixante - (jiiatre ans , 
évAque de Liège, par le plus grand nombre des capitulants, sans 
avoir lirïgué la place et sans avoir même paru la désirer. Il «naît 
le troisième de sa maison qu'on y eût élevé. Le 24 février, il 
«e rçllra chez les Capucins , pour se préparer à recevoir les sainis 
ordres. L'an 1740,1e différent du roi de Prusse avec l'évéqué 
de Liège , au sujet de la baronnie d'Hérlstal, se renouvela. Le 
prcmifir, écrit de lyesel , le 4 septembre au second , pour se 
plaindre de la désobéissance des hc^ilants de cette baronnic à 
son çgard , et lui dematide une explicatiua tinrère et catégoiii/ue 
daia l'espace lie deux juins ; explication consistant à déclarer s'il 
est e/tcore résolu Je soutenir sa prétendue sottoeraîiieté sur Héristtil , 
el s'il veut protéger Us mutins d'Heristal dans leur désordi^ et 
disobéisam:e abominable. L'évèque, n'ayant pas jugé à propos de 
répondre dans le court délai que le roi lut accordait , ou pour 
nneux dire , ne l'ayant pu ( la lettre ne lui ayant été rendue que 
k () du même mois), ce monarque fait marcher un corps de 
deux mille hommes de troupes vers le comté de Harn. Cette 



sSa caKONoi/>r>iE btstohiqus 

Setitearmée ayant passé la Meuse, enirc, le 1 4 septembre , dani 
laseick dont elle se met en possession. Pendant qu'eUe est e 
marche , le roi de Prusse publie , le 1 1 septembre , un mani ^ 
feste, auquel l'évêque de Liège répond, le même jour, par w 

Eoste. Le prélat , dans cette réponse , réitère au roi l'offre qufh' 
s élats de Liège ont déjà faite à sa majesté, d'acheter stfs droite 
sur Hérislal , puurb somme de cent mille écus. 11 écrit en méma J 
leins aux rois de France et d'Espagne , comme garants du Iraitéj'l 
de i(J5g, qui assurait à l'év^.quede Liège la partie du Hérislal^l 
située en-<Ieçà de la Meuse. Mais ce différent est terminé danàa 
le mois suivant, au moyen d'une somme de cent vingt millCi^ 
écus , que Tévêque s'engage à payer au roi de Prusse , pour se» T 
prélenttons. L'an t-juri . l'évoque Georges-Louis de Berg|)t J 
meurt le 4 décembre, à l'âge de quaire-vingl-un an 

JEAN-THEODORE Dii BAVIERE. 

1744. Jehn-Thl'odohe deBwière, frëre de l'empereuj 
Charles Vil et de Clément- Auguste de Bavière , électeur dj 
Cologne , né le 3 septembre 170^ , évêque de ttaiisbonnB\ 
depuis le ag juillet 17 19 , de Frisîngue , du aS février 1727 .)» 
fut élu évoque de Liège, le aS janvier i744i 
omarssuivanl. I.'au 174.6, il fut c 



Îir le pape Benoît XIV. Il mourut, le 27 janvier 1763, 
ié 



iiége. 

CHARLES-NICOLAS-ALEXANDRE. 



I" 
1763. Cha.RLES-NicolaS-Alekasdre, comte d'Out remont,, fl 
fut élu , le ao avril 17(13 , évoque de Liège par le plus granit | 
nombre des capitulants, tandis que les autres se réunirenteq J 
faveur du prince Clément de Saxe. Ceux-ci firent sur-le-chamB^ 
leurs prolestatiops contre l'éleclioa du premier, prétendat; 
qu'elle n'était point canonique, et les renouvelèrent en pr^, 
sence du comte de Perghen , commissaire impérial. La coniei 
lation ayant été portée à Rome , la congrégation noiniçéc^. 
re sujet , cuniirma , leai décembre i7tJ3, l'élection du camIU 
d'Outremonl. Ce prélat mourut subitement, le 22 octobre i' 
au retour de la chasse. 
: 



FRANÇOIS -CHARLES, COMTE DE WELBRUCK. 

. François-Charles, comte de Wclbnick, cbanoin. 
de Saint- Lambert , ne le 11 juin t7>3) fut vin cviïquc <t9il 



i>ES ivtqvtS ET PRIIfCES DE tif'GE. aSS 

Liëge, le i6 janvier 1772. Le x4 mars sutvanf , il fit son entrée 
solennelle au palais.. Le 24 <lu mois d'avril , il conclut avec leà 
ministres de France , un traité d'échange de quelques villages 

3ui lui appartenaient sur les deux rivés de la Meuse, contre 
'autres , que possédait cette puissance dans l'entre Sambfe 
et Meuse liégois. Il mourut au château de Hex, le 3o avril 

1784. 

CÉSAR-CONSTAN TIN-FRANÇOIS DE HOENSBROECK- 

D'OEST. 

1784. CÉSAR -Constantin -François be Hoensbroeck- 

d'Oest , chanoine de la cathédrale de Liège , et ëcolâtre de 

l'église royale d'Aix la-Chapelle , élu ëvêque de Liège , le 27 

■ juillet i784> à l'unanimité des suffrages, fut installé le 17 août, 

ft fit son (entrée solennelle au palais , le 23 du même mois. 



a&6 OHmasoLOciE' bistobiqiik 

Ep. G3-G4) f Pl f"' P^re Je Gisleberl , comte de Duras , sdof 
I généalogie de saint Arnoul de SoUsons. Uermati , frère d'i^ 
comte (le X,o3s, et archidiacre de Liège, tgui, en 1047, 
]a collégiale de Loss, doil ^Ire encore regardé comme fi'èfM 
d'Ëmmon et d'Olton. {Roltyns, Viplont. Lùisfnsia , n. aS.) 

EMMON. ■ 

1046 au plus tard. Ëmuon, &1s aîné de Gisle1>ert, était (I1 
comte de Loas en 1046, selon la cliartc citée plus haut. l.'a?i 
1067, il fonda un hôpital à Loks, comme il est marqué daos 
la généalogie, assez inexacte, de la maison de Luss, au lome 11 
du supplément aux trophées de BrahanL, de Bulkens , p. 49- 
Celle généalogie lui donne deux femmes: 1°. Ehm£ingardg , 
fille et héritière de Conrad , sire de Horn ; 2". Mathilde , fille 
d'un comte de Juliers ; mais cette seconde alliance paraît trÈs- 
suspecte. En effet, sans garantir l'origine qu^on donne à Ëiv 
mengarde, il est certain qu'en 1078 vivali une dame de ce nonti 
qui était de la maison de l.oss , comme on le voit par la âr 
luation des biens qu'elle donne aux églises de Sainl-Jean et de 
Saint-Barthélemi, à Liège, en prenant le voile de relig;ioa. 
' {Diptomala LossEitsia-, n. t3.) Celte ii^rmengardc, prenant le 
titre de comtesse, pourrait Lien avoir été la femme d'Emmon, 
auquel elle aurail survécu. Quoi qu'il en soit, il laissa de sa 
■femme, Arnoul , comte de Loss, et Sophie , duchesse eu Hon- 
grie, mentionnés dans la généalog:ie de saint Arnoul de Sois- J 
sons. Au supplément de Butkens, on lui donne encore uns I 
fille, Gertrude, mariée à Gudlaume, fils d'Eusiache tl , comtf|-J 
de Boulogne, Thierri , chanuine de Cologne et Je Hui, inorta 
vers 11 15 , et Gérard. On peut l'accorder pour Gérard ; maU 1 
pour Thierri ^ il est plus probable. qu''il était fils J' Arnoul , qi4 j 

ARNOUL II. 1,1 

1067 au plutôt. Arnoul II succéda à son père Emmon,aM 
comté de Loss. L'an loSa , iV concourut à rétabllsscmenl de )|fl 
fameuse paix de Liège. (Bouquet, lom. Xlll, p. (joli. ) L'aifl 
loflS , il mit des soldais en garnison dans une tour de l'abbajMfl 
de Sainl-Tron, h l'occasion des désordres que l'amhition tU9 
Luipon avait fait naître. L'empereur lui confira, en 1094 onl 
iog5, certains domaines et droits, dont l'évéque Je Metz avait 1 
joui dans ce monasicre ; ce qui le compronût avec Henri I fM 
comte de Limbourg , qui en était haut-avoué. ( tliid. pp. 5^^^ 
5^4. ) 11 est difficile de déterminer jusqu'à quelle année Arnout. I 
aura vécu. Dans UQ diplôme du 1". juillet 1101, publié par I 



I 



te Mire {Opéra Diplonr., t. I , p., Stig), on voit, entre les l<;- 
ntoins, Gerardas eûmes dr Lus, ArnuUiis el fratev ejitx Thcodeiiçus, 
L'éditeur ne fait point tliflicuUé Je donner le litre de coinle 
de Loss ft cet Arnnul, qu'il porie rëcllement dans un .lulre di- 
plôme , du 16 mal de la même année. I^Ihid. p. 674-) H faut 
donc que Gérard , mentionné dans l'acte du 1'^'. juillet 1101, 
soit maUa-prupos nomme comle de Lms, on qu'il ail été 
l'oncle il'ArnouUllet deThieirl; car oc trouve, en ii38, un 
ArnoMl, comte de Loss, qu'on ne peut guère supposer être 

^B' AKN'OUL III. 



109g. lifes le mois de mars de celle année, paraissent dans 
un diplôme, non encore imprima, Arnoûl , comte de Loss, 
et 'ïhierri. son frère, comme dans b charte de moi. Nous 
croyops qu'ils étaient fils d'Arnout II. Abnoul III accom- 
pagna l'empereur Henri IV , l'an iioi , dans son expédition 
contre Henri I, comte de Liraboorg. L'an 1107, peu di' lems 
avant l'Ascension, il amena des Iroupes à Teffificreur jusqu'à 
Verdun , conjoiniemniil »vec l'arcVicvÈque de Cologne et Go-- 
defroi de Louvain, (lue de basse Lorraine. (CArjn. S. Trudonts, 
ait. y, ) L'an 1 1 19 , il pj'it quelque part aui troubles de l'église 
de Liège en faveur de Frédéric de Namnr, par respect pour 
l'aulnrilé du saint siège, Kodulfe , abbé de Saint-'l'ron , était 
dans le même parti, et avait encouru la disgrici! du comfe 
de Uuras et du duc de Lorraine, Arnoul se porta iiiulilement 
pour médiateur; et, n'ayant nu le soustrairealeur vengeance, 
il donne retraite à l'ablté lugilif, l'an iiai, après Pâques. 
Ilud. lib. II.) L'an 1129 , dans la guerre d'Alexandre , é\-éque 
de I.iége, contre Godefroi le Grand, comte de Louvain, il 
prit le parti du prélat, quoique proche parent de Gislebert , 
comte de Duras, qui était dans le parti opposé- Sa valeur con- 
tribua beaucoup à la victoire remportée par Alexandre , suf 
(îodefroi, au village de Wirle, près de Duras. (Fisen, Uù. g , 
§39.) L'an ii35, il fonda, sur les confins de son comté et 
duitrabant, l'abbaye d'Everbode , pour des Prémonirés. Ar- 
noul se montre pour la dernière fois dans deux dipUlmes du 
mois d'avril 1 138 (Mirœi, Opéra Dfplom., t. I , pp. 386-526) , 
dans l'un desquels il est nommé Conrad , par erreur de copiste. 
Sa femme se nommait Al^DE ou Alix , selon une charte 
publiée par Berlholet (Hij(. de Luxemb, , t. IV, pr. p, xxvj), 
et non Agnès, comme le dit Manielius. Rlie le fit i ' 
Louis, quisnil, et de Jean de Ghoer, lige des comtes J 
XIV. 



. Rliele fit père dé 
!es Je Cors- 



* 



a58 CHBOHOLOCIE HISTORIQUE 

«arem. Albérîc de Trois-Foolaines parle d'un Philippe , comiel 
(le Lois, sous l'an iiliS, qu'il fait p^re de. Louis, sous l'an 
) i6« , mais qui ne sérail que son frèie, si l'on pouvait élablir 
quelque chose sur le premier paswge. Gérard, qu'on donne 
pour fils à Arnoul, est également incerlain, ainsi que deus 
nlles, Agnès et Kmme de Loss, dont on ne connaît que le 

LOUIS I. 

ii3!J au plutfit. I.OUIS I , mentionné avec son père dans I» 
cliarte de fondation- d'Everbodc, se nionire pour la première 
fois dans un acte du .^o décembre 1146, ou plutôt ii45, sui- 
vant notre manière de compter. ( Mirœi , Opéra Dipiom. , I. I , 
p. 182. ) L'an 11481 il V eut guerre entre lui, le comte de 
rj^amur et celui de-Uagsoourg, qui alQigea beaucoup le pays- 
(Wibaldi, Epitl. 84, Ampl. cvllect., l. Il, p.a56.) L^an iiSa, 
accompagné du comte de Montaigu, il fit te dégdt sur les lerres^ 
de l'abbaye de Stavelo. (/Ji'J. p. 5o4.) Il obtint, en ii55, 
l'avouerie d'un certain bien à Eyck, qui venait d'être donné à 
l'abbaye d'Everbode , fondée par son père, H passa dans 1> 
suite en PaleAtine, et à son rL'iour il écrivit au roi de France, 
" I^uis le Jeune, dont il avait l'Iionneur d'fitre parent, pour 
jse iilaindrc de ce qu'il ne l'employait pas dans les a^'aires qu'il 
avait â traiter dans les états de l'empire. H lui apprend ensuite 



les hostilités de ses 



il s'est vu engagé dan: 



plusieurs guerres, tant 
' querelles di 



qu-; 

P" 

smîs ; et, à ce sujet, il prie le roi de lui envoyer une cui' 
rasse et un casque, qui soient larges, amples et de bonne 
Irempe, d'autant qu'il ne s'en trouve point dans le pays qui 
(ni soient propres. (DucbSne, ScrlpC. Fr., I. IV,p.7ti, A.) 
Celte lettre, dont nous ignorons la date, sert à faire con- 
naître l'humeur guerrière et la corpulence peu commune du 
comle Louis. Mais l'histoire ne nous a transmis aucun détail 
de ses exploits. Il mourut le to août 1171 , laissant d'ACNl£9 
DE Beneck, sa femme (Albérîc , ad an. 1 163 , la nomme Er- 
tnensinde, et la dit lille de Gérard, comte de RenecV ou 
3Viéneck,en Kranconîe ). Gérard, qui suit; Hugues; Alix, 
mariée i Gilles, comle de Duras; Imaiue. seconde femme de 
Godefrai lll , duc de Brabaut; Agnca, première femme d'Ot- 
toii VI, comte palatin de Scli^ren et duc de Bavière, men- 
tionnée, par Albéric ( a(J an. 1168), avec Laurettc; Gerlrude, 
ftimme d'Albert, comte de DagsFfourg et de Moha ; Laurettc, 
dont on vient de parler, mariée à Thibaut I, comle de 
Bar; et Sophie, feaune de Wautier Berthout, seigneur de 
M alinéa. 



DES COIITES DE- tOii, 

GERARD. 

Ciyi. GiH\HD, fils aînc de Louis, lui succéda. L'an 117g, 1 
Dt entré en guerre avec Raoul, évoque de Liège, il s'em- 
^^. a Je la ville ilo Tongres , ta pilla ei y Lrûla le palais épis- 
copal. Le prélat , usant de représailles , prit et livra aux tlam- 
mes les chflteaux de Loss , de Chaumont et de Bitsen. Les hos- 
tilités Ëiiirent entre eux par l'entremise des comtes de Haînaut 
et de Nainur, nui les engagèrent à faire la paix. L'an iif^, 
Raoul , évéque de Liège, ayant acquis en pur don le comlé 
de Duras , de trois frères de cette maison , Gilles , Conon et 
Pierre, dont l'aîné était lépreux, et aucun n'avait d'enfants, 
pour en jouir après leur mort, vendit à Gérard de Loss, le 
comté de Duras, et à Wideric de Walcourt , Clermont et 
rtorlicfort , avec l'avouerie , de Dinant. Vers le même tcms , 
Henri ill , duc de Linibourg , vendit à Gérard, comte de Loss, 
la sous - avoue rie de Saint -Tron, après en avoir dépouillé 
ConoR, comte de Duras, pour avoir négligé de remplir un 
devoir que ce fief lui imposait, aavoir la garde du château de 
l'imbourg en certain tems. {Slagium in castra de Lùnfwrch. ) 
Conon s'elait croisé pour la Terre-Sainte, et avait besoin d'ar- 
gent. Il vendit donc pour huit cents marcs â Henri le Jeune , 
duc de Brabanl, la sous-avouerie qu'il venait de perdre et lis 
château de Duras. Le doc le fortifia aussitôt pour infester de 
là le comté de Loss, où il entra, dans l'octave de la Pentecôte, 
avec une armée d'environ soixante mille hommes, et le ra- 
vagea en partie. H alla ensuite assiéger Saint-Tron , où Gérard, 
comte de Loss, et le duc de Limbourg, s'étaient renfermés 
avec plus de vingt mille hommes. Le comte de Loss ayant fait 
avertir le comte de Haiuaut, son parent et son allié, du 
danger où iïse trouvait, celui-ci, pour faire diversion, cnira 
dans leBrabant dès le lundi après l'octaye, et fit tant de dégât, 

3ue le duc fut obligé d'abaoïlooner' le siège. Tel est le récit 
e Gilbert de Mous, qui ne dit pas comment l'affaire fnt 
terminée. Mais on voit par une charte de 1190, que Phi- 
lippe d'Heinsberg , archevêque de Cologne, mit fin à ce dif- 
férent , sous la garantie du comte de Flandre et de GnJelroi. 
comte de Louvqjn , père de Henri, moyennant huit cents 
marcs que le comte Gérard paya à celui-ci. (Manlelius, p- t3â.) 
Gérard s'ëlait croisé pour la Terre-Sainte , en iitiK; Il ne- 
partit cependant ou'en 1 194 , plus de cinq ans après son vceu , 
comme le dit Gilbert de Mons : ce qui prouve l'erreur d'Al ■ 
*•--■' - "' '- fait mourir devant le siège d'Acre en 1191, Le 
s ne revint pas de aon voyage; mais s 



3U1 le 
e Lo 




fui rapporté el inhumé k l'abbaye iVlIerkonrode, qu'il avai^a 
fondée, en 1192, pour' des filles de Cîieaux. Gérard avaîtW 
Cpousë Marie, fi\\p. de Henri, comte de Gueldre, dont ïti] 
eut Louis, i]ui suit ; Gérard, comte de Reueck ; Henri, pré.-*' 
vflt de Sainl-Servais à Maiîstrirlil , et puis tomle de Uiiras^J 

'Arnoul, seigneur, à ce qu'on pcéirnd, de Slayn , fin-deçà doJ 
laMeiise;Tnii'iTi, ooi,s'élant croisé pour l'expédition de Lont-" 
tanlinople, y signala sa' valeur m différentes occasions. "' 
fui lui qui, l'an 1204, prit Alexis Murzuphle, usurpateu 

•tiûue de l'empire des Gi-ets, elle livrai l'empereur 1 
douïn. Mais, ayant été nommé, par ce dernier, sénéchal dél 
sou nouvel empire, il fut assiégé, l'an laoC, et pris-snr 1> j 
f Ole de Micodèraie , par Théodore Lascaris , (lui , peu ap(is«i' 
le relâcha en vertu de la Irèvc conclue avec les croisés. De— ^ 

'caoge se trompe ,_en prétendant que ce Thierin n'clait pasdeil 
la maison des comtes de Loss , au diocèse de Liège. Le comted 

■ Gérard eut encore deux autres fils, savoir ; Arnoul , dontilsertf|| 

Iarlé ci-après, el Guillaume de Loss, nnnmié Willans par Ville- J 
ardouin ; avec cinq filles , dont l'airiée , Imainc , épousa -Gnil-B 
, laume, châtelain de Saint-Omer ; Mathilde , qui fut abbessef 
' de Munster-Iiilsen , et virail encore en 12H1 {D'iplom. Loxjennn, | 
n. 5 ) ; les autres sont Anne , Jeanne et Yolande. 

LOUIS IL 

Louis 11 , fils aîné de Gérard el son successeur au comté de 
" Loss, irausigf.i, l'an (197 , nvec Henri II, duc tlu' JtrabanI, 
■au sujet de la seigneurie de Mciba , dont il lui ab.inilonna ta 
Tnoitié , et retint l'autre , en s'obligeanl de lui en faire boia-« 
mage; mais celle Ira'usaclion n'était qu'éventuelle pour le c 
qu'Albert, comte de Moha el de Dagshourg, vint à mi 
enfants. L'an 1:101 , le comie Louis el Guillaume'de 
rendirent pleiges d'Ollon I, comte de Juliers, poi 

■ des mains du duc de Brabant/qui l'avait fait prisonnier. L'ad 
taoi, vers la Saint-Jean, Louis lit hommage des châieau^ dH 
Moutigni et de Hallud , ainsi que d'autres terres , à Hugues dd 
Pierreponl, évëque de Liège , qui lui promit toute assislancefi 
et lui céda les prétentions qu'il avait au château de Duras ^ 
ou'il reprit en fief de l'évÉque, quoique |^u auparavant, 

1 eût relevé du duc de Brabant- 1^ duc, irrité de ce procédë,« 
qu'il regardait comme un acie de félonie à son égard , déclarai 

■ la guerre au comte de Loss. L'évêque vint au secours de «mil 
vass.1l. Mais uneaulre guerre que Louis eut à soutenir, fteuaprc^ 
l'ohlisea dcfaiieune trêve avec le duc. (}-lMlcne . Ampl. foÙecl.fi 
Um. V, pag. aô.) Tbierri VII, con.le de lloilaude, etaiH| 



BBS OOMTBa IW UJSS. aBt 

morllei novcmitre 120S, ne laissa qu'une fiile, nommée Adeî 
qu'Adélaiik-, ou AUiilc , sa mère, fit épuusfir au comte de 
Loss, dès le limdemain, ou du mniiis arant l'inhuma il on de 
Thierri. I.oiiîs , en vertu de celle olUaiice , voulut se mettre en 

f obsession du comlé de Hollande. Mais Guillaume, comte de 
rîse et frère de lIjierrL, apiielé par la noblesse du pays, lui 
dî$pul3 celle succession. La comtesse Ade s'élanl reliree dans 
-Leyde , y fut enlevée , le 34 novembre , par un parli de Guil- 
laume , qui la fit conduire à l'île de Tenel , d'où elle fui envoyée 
en Angleferre, auprès du roi Jean, son oncle, partisan de 
Guillaume, parte qu'ill'était lui-même de l'empereur Ollon IV, 
neveu de Jean. Cet enlèvement n* déconcerta point le comte 
de l<oss. Il avait un nombre de partisans en Hollande , et s'était 
fortifié d'uiie puisante ligue de princes voisins, don) les prin- 
cipaux étaient lévêqne d'Ulrechl , le comte de Namur et le duc 
de Limbourg, Avec le secoiirs de ces alliés, il se rendit maître 
en peu de lems de la Sud-Hol!aude, soumit l'île de Walchercn, 
et poussa si vivement son rival dans l'île de Scbo>ven , *|ii"il ne 
lui échappa qu'en se cachant sous des filets , dans une barque 
de pêcheurs. Mais ces premiers surcès de Louis furent suivis 
d'uD revers qui ruina ses affaires. Le duc de Limbourg , appre- 
nant que Guillaume arrivait à la télé des Kennemers, au lieu 
de l'allendre , se retira ISchemenl avec ses troupes. Sa dé- 
sertion et le miilif dont il l'appuya, en exagérant les forces de 
l'ennemi , jethent une telle épouvante dans le camp de Louis , 
que son armée prit aussitôt la fuite , abandonnant lentes , 
vivres , .irme^ et marchandises. Guillaume ayant atteint la queue 
des fuyards, les tailla eu pièces, secondé par les femmes du 
pays, qui les assommaient sans qu'ils osassent se défewlre. 
{Chrun. llollandiuc ad an. laoi}. ) Apres celle déroule, l'évoque 
d'Ulrechl paraissait être te seul qui pûl arrêler les progrès de 
Gutllaumc. Celui-ci acheta la paix: du prélat , à prix d'argent , 
et en se reconnaissant feudataire de son église, La guerre iu';iii- 
moins entre les deux rivaux ne fut point terminée par-là. L an 
i3o5, Louis, ayant renoué son alliance avec le comte de Namur, 
rentra dans la Hollande , et y cul des succès variés , mais dont 
l'issue fut telle, que par iio Irailê conclu dans le mois d'ocl.ihro 
i2ci(3 , Guillaume lui abandonna la plus grande partie du paj's, 
et promit de lui faire rendre son épouse. I\ien n'était plus avan- 
tageux pour Louis que ce traité ; \nais , par des causes que l'his- 
toire nous a laissé ignorer, il demeura sans exécution. Louis 
quitta , la même année , la flollande , pour ne plus y revenir , 
et laissa son compétiteur paisible possesseur du comté. L'an 
laoy , Adélaïde, mère d'Ade , obtient du roi d'Angleterre le 
renvoi de sa fdie , en doDnSnt pour otage Arnoul , son hcaa-. 



I 



a63 CBRONOIAGIB HISTORIQUE 

frère, et la rend à son époLu. L'an 1:1 ta, Louis marcha i 
secours de l'£véque de Liège , conlre le duc de Brabant, 
étant entré dans son pays, en avait pris et pillé la capitale. Ij 
combattit pour le prélat, l'année suivante, a la bataille di 
Steppes , donnée conlre le duc, le i3 octobre. Le comre de Loa 
y courut risque de la vie, ayant eu un cheval tué sous lui ; e 
avec le secours des Liégpois , il mit les ennemis en déroule 
prit ensuite la ville de Lieu^ve , que les Tongrois saecagërenta 
ce qui mit fin à la guerre. La paix dans laquelle le comtes 
Loss fut compris, se fît au mois de février i^i4' Louis s'ct, 
croisé , l'an I2i5 , pour la Terre-Sainte ; mais il mourut avs 
son départ , le 29 juillet 121H, sans laisser de poslérilé. IteM 
nier de Liège ail que sa mori ei celle de plusieurs seigneuiP 
de sa compagnie, furent l'eflet du poison. Ade , sa veuvC 
lui survécut peu de mois , cl. fut enterrée dans l'abbaye d'HM 
lenrode, auprès de lui. Quelques auteurs ont avancé qu'clw 
mourut en 1204; mais on a des actes signés d'elle en tai8i 
Renier de Liège fait un grand éloge de la valeur et de la bonM 
du comte Louis. Arnoul , son qualrième frère , lui survécut. Ç 
était resté en oiage à la cour d'Angleterre , pour Ade , 
sœur, jusqu'en latG. Après son relour, il épousa AdétaïdftJ 
ou Alix, fille puînée de Henri 1, duc de Braisant, 
de Marie, femme, 1". de l'empereur Otion IV, et maria 
ensuite à Guillaume, comte de Hollande. ( f'oy. Guillaume J 
comte de Hollande. ) 

HENRT. 

12:8. HfiNRi, prévât de l'église de Saint-Servais de MaSI 
tricht, succéda dans le comté de Losa à Louis, dont il était ] 
troisième frère, et mourut quatre jours après lut. Dans un aet 
de l'an 1216, non encore imprimé, il porte le tilre de c 
de Duras. L'espérance de succéder i son frère lui avait i 
quitter l'état ecclésiastique, quelques années auparavant, _ 
épouser, en isi^iMahalt. veuve de Lolbaire, comte d'HÔcfai 
ladt , dont il eut Imalne, al>bi.'sse de Salzinu. 



ARNOUL IV. 

iai8. Arnoul IV remplaça son frère Henri dans le comté 
de Loss. 11 mourut, le 6 octobre laai , sansctifanls, d'AoKLAÏiiE 
sno épouse, fille, comme nous l'avons dit plus haut, Je 
Henri I, duc de Brabant, qui se remaria ensuite à Guillaume i' ~ 
comte d'Auvergne. 



J 



DES COSmS SS L05S. s€3 

LOUIS II!. 

1221. Louis III, petit-fils de Gérard, comie de Loss, par 
Gérard de l.oss, comle île Uieiieck, son pÈre, avait déjà saC" 
i:èdé à Arnoul, son oncle, le ao septembre 1221, comme le 
prouve une charte norï encore iinprimée , où il se qualifie Lu^ 
doaicas Dei gratià cornes de Loss. On en ErouFe une autre parmi 
ïea Dïplomala Losseraia, n. 24, commençant par ces mois , 
Ludavicus romes de Loss et de Reneken , et finit , Actum apud 
■Lfifs , /// nonas décembre anno Incarnat. Dont, laaiî , Iiidicl. X!lî. 
I^uis mourut avant ou au plus tard en 123) ; car, en celle 
année, Louis, son fils, était comte de HipiiPck (Gudenî, 
Codes: Diplom. , t. IV, p.SyS), et Arnoul, son successeur dans 
le comte de Loss. 

ARNOUL V. 

1229, Abnoul V, frère de Louis, suivant Albéric (niiiiB. 
iitjB) , ou plutôt son fils, selon Césaire d'Heisterbach (_Dia!ogi 
MiiVc., iib. g, c. 4**)» '^ montre comme comle de Loss, et 
aussi comme comte de Chini, du chef de sa femme, dans une 
charte non imprimée de l'an laag, et dans plusieurs de l'an 
1280. H combattit, l'an i234, dans l'armée des croisés, contre 
les Sladings. L'an 1 288 , il aida l'évêque de Liège dans la guerre 
qu'il eut contre Waleran de Limbourg, sire de Poilvache. En 
1239, il £t un traité d'alliance avec Henri II , duc de firabaat. 
Il avait été jusqu'en ia4i , un àes plus zélés partisans de 
l'empereur Frédéric II; mais il l'abandonna par la suite, et 
suivit le parti de son rival , Guillaume de Hollande. L'an 1244» ■ 
il eut la guerre avec le sire de Heinsberg. Il prêta main-forte , 
en ia53, à Henri de Gueidre, évéque de Liège, contre ses 
sujets révoltés. Mantelius s'est bien trompé, en plaçant la mort 
du comte Arnoul, en laSS, comme le remarque le P. Ber- 
thollet , d'après une charte de Tan 127 1 , sisnée par Arnoul. il 
vivait encore le 34 novembre 127a, puisqu'il fut clioisï ce 
jour-li pour arbitre dans un différent du chapitre de Saiat- 
Servais de Maastricht , avec les officiers du duc de fimbant en 
cette ville , comme il consle par une charte qui nous a été 
communiquée par M. Ernst. Jeahne , sou épouse , fille et hé- 
ritière de Louis IV, comte de Chini,lui donna Jean, qui sait; 
Louis, comte de Chîni dès 1271 , selon une charte du jour 
de Saint Clément, de cette année, où il se qualifie Xiuianem 
fir nohiUs cornes de Chisaeio , ce qui prouve que sa mère était 
déjà morte , et que son père lui avait remis le comté de Chini ; 



I 




iR^ cimONoior.lE ftrsftniiQCt 

Arnoul, évoque et comie île Ohâltiiia-sur^SIarne , en lijtf* 
(mort en isyS), surnommé mal-à-propos tie Loches par ïtW 
P. Rapine; Gérard, sire de Chaveoci , différent d'un aulrél 
«;prar(! , mort le 3 septembre luS; , et enlerrê à l'abbaye d*J 
Waasor, suivant son epilaphe ( Mantelius le dît fi'ère d'Ariioul 
fadàs it pourrait plutôt avoir été son oncle ) ; Isabelle , feraraîS^ 
(le Ttioiaas III, sire de Couci-V'ervins ; et d'autres enfanl*. 



JEAN. 

■ JeAS succéda à son pire Arnool , an comté de Loss , aprfrs^ 
l'an liya. Dans un acte du mois d'avril latnj. non encoi-e iof , 
primé, lise qualîlie. Nos Johtatnfs de Los , primogtnitasJiUuf^U 
1). Analfihi Ciimflii ; niais on y voit qu'il se mêlait de l'adrat^ 
nistratii>n des affaires , puisqn il accorde des grâces. L'aA r 
il joignit ses armes h celles rie "W'aleran , duc de Limboure!, 
dans la guerre qu'il fit à l'arrhevéque de Cologne , pour la dé^fl 
fense des enfants du comte de Juliers , dont il avait épousé UT 
sibup eu premières, noces. Il mourut l'an is!Jo, laissant de sonV 
premier mariage, Arnoul, qui suit; Louis, dont l'exUtén^ 
est douteuse! Guillaume de Loss , sire de Neufcbâlel,. e 
dennes. Isabeau de Condè , sa deuxième femme, fille de Ja^* 
iiues, slredeCondé, de Bailleut et de Moriamcs, lui donatl<fl 
deuK autres fils , Jean de Loss , seigneur d'Agimoni , et Jacques^ 
- de Loss, nommé Jacqucmin, chanoine de Liège et prévôt d^ \ 
Saint-Uenis. 

ARNOUL Vi. 

• laSo. Abnoul VI avait déjà succédé à son piTe, au comté 
' lie Loss, le jeudi après la nativité de saint Jraii-liaptisie laSuj 
jour auquel son mariage avec Marguerite de Vianden , fut ai 
rélé. L'année suivante, il s'arrangea avec ses frères, Jean « 
Jacquunîn , fils d'Isabelle de Coudé, pour leur apanage. Vm 
i^tS, il commanda un des corps de l'armée de .lean 1, duc dl 
llrabant, à la bataille qu'il livra , le S juin , prùsde Wccringeilfi^ 
cotUre l'archeyéque de Cologne et le comte de Gueidre. lÂv 
valeur et l'Iiabilcté qu'il fit paraître dans l'action contrrimèretA.f 
beaucoup à la victoire éclatante que le duc remporta. L'au tagg* I 
il succéda â Louis, son oncle, dans le cotiilé de Chini, coma 
mi voit par un acte publié dans l'bisloire de Luierubonrg, d 
V. JJerlholel (t. V, f/r. p. 82), où il dit, AW« (.Aei- 
jMfs fui défont mis sans nwyen fui Cuens de notre Contelt a _ 
Chiaa.Van iBoa, il était mambour du pays de Liège. Il l'étaiVi 
aussi en i3i3^ mais il n'dvait été nomme que par la nobl^Kf 1 



M s COMTES DE U»S. aSS 

ei If cliapilre le força d'abJitjuer celle dignilé , le 3 novembre 
de la mpme anii^e , et de rpconnaîire que tes comtes de Loss 
n'avaient pas le droit, comme il Pavait nrélendu, d'être mam- 
bours hén'iiilaireï, pendant la vacance du siège. Apri^» l'étec- 
ïion d'Adolfe de la Mardc, les rebelles le choisirent de noa- 
veau pour mambour, en iii3^ten i3i5 , conjoiniemeMlarec 
«on fils, lesquels, en cette qualité, eurent beaucoup de part 
aux troubles qui ïgilèrent le pays de Liège, julsqu'à la paix 
conclue à Tese, le .» juin i3i6. Arnoul mourut le aa août 
l'iiti, après s'être démis, cinq ans aonaravant, de son oanl^ 
en faveur de son Tds aîné , Louis ^ qu'il avait eu de MaRguB- 
SITË DE ViANDËN, 53 femme , morte le H mars l'itG. Ses antres 
enfants sont Arnoul de Loss , et quatre filles, Mathilde , 
Marie, Jeanne, Marguerite, et un bâtard, nommé Martin de 

LOUIS IV. 

i3a3. l,oiilS IV , lils atné d'AtTiouI VI , comte de Chlni ," 
depuis i3i5, par la cession (le son pire, loi succéda de Son vivant 
au comté de Loss par la résiguatifln qu'il lui en (it le 3o dé- 
cembredcl'an t'62'A. Jean 111, duc deRrahant, s'êlanL attiré, en 
iS.Ha, l'indignation de Philippe de V;dois , roi de France , pour 
avoirdonnê retraite à Robert d'Artois, son sujet rebelle, Louis 
fut du nombre des seigneurs qui se liguèrent avec Jean de Luxem- 
bourg, roi de Boh^e, contre le duc, pour venger le mo- 
narque. Le duc fit sa paix la même année , au mois de mai , 
avec le roi ; mais il continua la guerre contre tes seigneurs con- 
fédérés avec lesquels il avait d'autres démêlés à vider. Le comte 
de l.oss, sur Its lèvres duquel le duc était obligé de passer pour 
aller aux ennemis , Fut un de ceux que ses hostilités incomm*^ 
dèrent le plus. Le roi de France, dans le traité de paix qu'il 
engagea les parties à conclure, le 27 août i334, en sa pré- 
sence dans la ville d'Amiens, condamna le duc i payer au comte 
de Loss-dix-huit mille réaux d'or (t) pour ses dédommagements. 
Louis mourut sans enfants de Margi;eriT£ Di'; Loua^ine, (ille 
de Tlûbaut II . duc de Lorraine , sa femme, le ai janvier i3S6 
fn. st. ), après avoir institué son liériliei" univei-sd 'fhlerri 
a'Heinsberg, son neveu. 11 eut un fils naturel nommé Louis 
s lui , et deux filles. 



I 

I 



(t) I^rùl, nupluiatioyal , 



wd'hHi 357, tâi lîv. t4 *■<)'• I 



ï 



S6(> GHKOHOtOGie BISTORIQUE ^^^^H 

THIERRI D'HElNSBERG. ^^!^^| 

jZ^Q. TaiEBRt d'Heinsberg, fils (le Gotlerroi II, scignpo^ 
d'Heinsberg, et deMathilde, fille d'Arnoul VI , comte de l'UsvJ 

' se mit en possession de ce comté après la mort Je Louis, «iml 
oncle, en vertu du testament fait en sa laveur. Les chaiioînçil 
de Liège réclamèrent leurs droiis sur ce comté , prétendanlM 
qu'étant un Iief mouvant de leur église, il devait lui revenicl 
faute d'héritier mâle en li^iie directe. Mais Adolfe de la Marck,^ 
leur évêqiie , refusa de se prêter à leurs vues, el favorisa sou* ^ 
main Tliieni, qui était son beau-frère. Le cbapilre s'adregsa g 
au pape , qui approuva la résolution où il était de contraindre, . 
par la force des armes Thlerri à déguerpir. Thlerri se mit m 
état de defi^nse ; mais, avant qu'on en fût venu aux mains, il 
fut proposé un accommodement. On choisit pour arbitres de 
la querelle l'archevêque de Cologne, te marquis de Jullers et 
l£ comte de tlainaul. Leur sentence , du t8 mai x'i'iS , fut fa- 
vorable à Thierri, qu'ils maintinrent dans la possession du comté 
de Loss. I^s choses reslêrent en cet état malgré la prolestation 
d'une partie du chapiire. Maïs après la mort de Godefroi, fitt , 

' unique de Thierri , arrivée en 16^2 , le chapitre reprit ceiUi 
alfaire avec plus de vigueur. Thierri est exrommunié de l'av 
du pape , et le comté de Loss soumis à l'interdii. Une nouve 
sentence arbitrale du lomte de Hainaut , prononcée le 8 août'l 
1^4^ , confirma la première. Nouvelles réclamations de la parL 1 
de quelques chanoines. Le pape commit fabbé de Saint-NîcaisQ i 
de Reims pour revoir le jugement, lequel fut conGrmé, lerj 
dimanche avant la Sainl-J'>aii-Ilaptistu i346, par l'abbé, t. 
présence de cinq chanoines députés du rhapitre, qui s'obligËrenl 
île le faire ratifier par le chapitre et les états. Quoique cet« 
clause n'eût point été observée, Engilbert de la Marck , suc^l 
cesseur d'Adolfe dans l'év^ché de Liège , ne fit pas dlfficulti I 
d'accorder a Thierri l'investiture du comté de Loss. Soulève--. ■ 
ment du chapitre et du peuple li ce sujet , et guerre civile contrft , 
le prélat. Li-s Liégeois vîcloiieux i Wolliem, le ly iuiUet do, J 
la même année , et dans plusieurs autres occasions, sont battu*, \ 
à Yalèwe, le 21 juillet Je l'année suivante, par Engilbert et 
sesdlliés, el forcés de faire la paix. Thierri, qui avait eu part, J 
il celle victoire , continua de jouir du comté de Loss jusqu à s», f 

.mort ,afrivéelei(JQu le 17 janvier iSGi (et non i34'J , comme, j| 
le marque Moréii. ) 

'"■ " étant mort sans enfants , Godefroi de Dalembrouck ,,^ 
ton neveu et :an héritier, prétendit au comté de Loss, et ea, | 
pi il le litre. Ëugilbcil de U Alai'ck , pour lors évétjue de Lié^,. 



•jfii' côMTfcs bb toss: 

«Ison cTi3pilrc,le»èrcnl des ironpi-s pour s'en mrtiref i 



*7 
1 pos- 



session. Les comlPî lip ("Jî'vi's ■'! ili' la Mar 
secours. La même aniiw, li; lemlrruain tU- lj iVif-Dieu , Ips 
IJpfiPoîs allèrent assîpner ]<? château de Siockliem , la principale 
place de celles dont Goiléfroi s'érait emparé , et la prii-enl après 
vi ngt' huit jotirs de siège ; apris quoi l'évèqiie de Liège fut reçti' 
sans opposition , et mSme avec joie , comme comte , par tons 
les habitants du pays. Mais , l'an i363 , Godefroi vendit ou céda 
ses prétentions a son parent Arnonl d'Oreille , seigneur de 
Riimmen, on Rumîgni , tîls de Guillaume d'Ori^iUe, ou d'Huile, 
et de Jeanne de I^oss , fdie du comle AriKiul V[. Dès le aS no- 
TPmbre r335, ses père et ra&re avaient renoncé, pour le bien 
àe Upix,âla succession du comle Louis en faveur de Thierri 
d'Heinsberg,au moyen d'une assignation de quelques terrcsâ tenir 
*n lîet ducomtedc Loss, eid'unerente annuelle de sept cents 
livres tournois. ( Ùlplom. Losiênsiu , n". 3t, ) Mais Anioul en- 
treprit de faire revivre leurs droits. S'élant pourvu au tribunal 
de l'empereur Charles IV , pour ^Ire confirmé dans le titre de 
comte de Loss qu'il avait pris , il fut évincé par un jueement 
provisoire de ce prince, qui adjugea le comté del-oss àl'cglise 
(le Liège , en attendant qu'il fât en ^tat de rendre une sentence 
défmihve. Engilbert ayant été Iransféré, l'an i364. sur le siège 
de Colngne, Anioul profila du tems de la vacance pour se 
mettre en possession du comté qu'il revendiquait, prit baute- 
menl le litre de comte de Loss , et se lit prêter serment de 
fidélité par tous les habitants du pays qu'il put y contraindre. 
Le chapitre de Liège ne resta pas spectateur oisif de ces entre- 
prises : il fit marcher contre Arnoul des troupes qui lui enle- 
vèrent le château d'Herckdont il s'était emparé. Jean d'Arkel, 
qu'tl^iigilbert eut pour successeur à Liège peu de mois après sa 
translation , entra dans Us vues du chapitre , et résolut de 
pousser vivement la guerre qu'il avait entamée. Mais le duc de 
lir.ibant la suspendît par l'espérance qu'il <' 



tageuse et solide. S'il agit de bonne foi , il r 



1 fut r 



de rafme d'Arnool. Les hostilités que la garnison de son château 
de llummen exerça sur le territoire de Liège, firent bientôt 
connaître qu'il ne cherchait qu'à tromper. Alors le siège de 
Rummcn fut déterminé. I^mbert d'Upei , maréchal de l'église 
de Liège, le commeni;a le t) août i3b5 , contraignit la place à 
se rendre au bout de neuf semainps de défense, el la fit raser 
(le fond en comble apris avoir fait trancher la tête au com- 
mandant. La femme d'Arnoul , bâtarde du comle de Flandre , 
.se sauva auprès de son père, où peu de tems après elle mourut 
de chagrin. Arnoul , manquant absolument de ressources , prit 
enfin le parti, l'an iStij , de renoncer à ses prétentions- air 



'7° 



OHlOWOlOrllK' HWrtBHîWS 
, ablK' deSainl-Huliert, puMice par âittfi 



î du B. TWe 
Mabillon el Ifs HoUandisles, et •lans l'iiistoîre 
monastère, doiiniie pari). Marlène. {Ampliss. coll., tom. IV v ^ 
pag. q^. ) Suivant ce dernier monumt-ut , \rruiul , cnoite d#. I 
Chi m , eomes Chiniarensis , iil cei'laînes Jonalions à l'abbé ThierrÎÉ 1 
Or le premier, parlaul de ces mêmes donations, nomme tel 
Arnold rvmes de tf^arr.he. Arnoul , cdinle de Chîni , ^lail donc 
aussi propriélaire du cliâleau de Wafc, <]it'i] Iciiail sans doute 
de ses ancêtres. Ajoutez ijue dans le litre de (bndaiioii du prieuré 
de Priez, il donna la chapelle de Saint-Jean de Warc à labliaye 
de Saint-Hubert. Olton , bisaïeul d'Arnoul , suivant l'hisi ' 



t de Verdun {Sjjicîl., tom. l\ , pag. 24- )> n'est 



des t 

donc point dilTérent d'Otton , comte de. W^rc , en 1)71. Ma» 
celui-ci avait une origine bien plus noble que celle qui est donnée 
par les historiens modeniesà leur Otton, comte de Chini, au 
diiième siècle, qu'ils disent fils d'Aninid I , comte aussi de 
Chiai, issu, selon eux, d'une maison noble en Bourgogne , et 
«ffirler du comie Ricuin. Ouon , suivant la chronique de Mou- 
ton , descendait des Oi tons , rois de Germanie et empereua. 
"Voici ces propres paroles : In/ei' lias... rlivtus Otto erat cornet,. 
Oitonum sàlicel Romanorum imperatorvm et nMiu: tuitc Umpora ' 
srepCra nobilUantium riarissima el germattisaimm progentes , sangid> 
paliirAus, et, ut ex ompHssimi pafxmi el materai jurh dilissimo- 
pntrimonio apparel , fundh ffr et opibus et digitale laliî praàilusJ 
(^Spirii., tom.il, pag. 5(33. ) Voila donc l'origine des comte; 
de (hini bien positivement établie par un témoignage qu'on 
TIC peut révoquer en doule. Mais nous n'avons pu découvrir 
Sans quel degié le sang d'Olton louchait à celui des empereurs 
de son nom. I.a chronique de Mouzou nous apprend , p. 5fi5 , 
«ju'en 971 il rnira en guerre avec Adalbèron , archevêque d( 
Keims , dont le Wre (lodefroi, comte en Ardeunes, vint' 
mettre le siège devant le château de ^^arc , et sVn rendîi' 
maiire. Ou mel la mort d'Olton en tor'i. Le P. de Marne 
( llist. de Namur, p. ()(i) lut donne pour épouse ErmamgarQC* 
00 MAnGKERiTE, fille d'Albert I , comte de Naraur. Des enfant» 
qu'il eut d'elle, le seul dont l'existence soi t bien avérée» es» 
»on successeur. 

LOUIS L 

I.ODI$ T , fils d'Olton , ne le remplaça pas seulement dans W ' 
comté de Chini, mais m après la inoit d'Hermau, comte dtf ' 
u Verdun, l'évl^quc Raimbert donna son comté à Louis, filï ' 
» d'Olton , comte de Chini ; ce qui déplol i Gozrlon , duc à» J 
à lamine et frère du comte Herman , qui 9e fhttak de lui> * 



I 




RES COHTBS DB CRIHT. 37 

Ipccéder <bns cet emploi. Uatmbert avait fait ratifier la chos 



rl'e 



ipereur poui 



a rendre p 



il i 



ab!e. Gozelons' 


en plai- 


e put rien obte 


.lir , d. 


la force, l'injii 


''■« 1"'»' 



• giiit 3 1 empereur r 

» sorte qu'il résolut de ^ , ^ , , j.. ._ 

u prétenuaîL lui avoir clé faite. 11 entra à main armée à Vt-rJun, 
» tua (ou plutôt blessa morlelteinenl) le comte I.ouis , brilla 
u la niaison épiscopale , et fit plusieurs dégâts sur les leires de 
u l'êvêché. a (Calmel, Hùl. de Larraàte, tom- 1, p. 1230.) 
L'auteur que nous transcrivons met cet événement en 1038: 
mais il nous paraît qu'il l'avance un peu Irop. Louis fui 
inhumé à Saint- Vanne , où il avait pris l'habit de 'rebgieiix en 
expirant. De Catherine, son épouse, Hlle de Roduife, comte 
lie l^^ss , il laissa un tils , qui suit, 

R LOUIS II. 

028 ou environ. Louis U , fils de Louis 1 et son successeur, 
n''a pas eu d'historien qui nous utt transmis le détail de ses 
actions. On met sa mort en 1068, et peut-f'tre la recule-t-ou 
"an peu trop Les enfanls qu'il laissa de SoTtllB, sa femme, 
dont Torigine est incertaine, furent Arnoul , qui suit, et 
Manassès, qui , sur la Gn.dc sa vie, se lit religieun à S;jint~- 
Hubert, suivant l'historien de celte ntaiiOB. (Mart. Amplisa, 
fiaii. , tom. IV, p. 930. ) 

ARNOUL U 



I 



.IfNOUL I, fiisjiîné de Louis 11, Iromme vain el méchant 

(Hartèn, , Anipliss. coll. tam. IV , pp. cfjii et 1023 ) , aviit déjà 
succédé à son n^re en 1066, puisqu'eo i\-i& il y aviiit déjà 
quarante ans qu il avait tlonné à saint Hubn-t le prieuré de 
^ieï. i^lliid. p. gSo. ) Arnoul causa depuis it celle abbayi; divers 
torts, pour reparalian desquels il lui fit, en 1071). plusieurs 
donations. (/iiV/. tom. IV, p. giii-) Cette mdme anii!'i;, il se 
saisit de Henri , éveque de Liège , qui s'acheminait à Itomc ; 
«I , après l'avoir dépouillé, il ne le relScha qu'en lui faisant 
{iromeltre, avec serment, de ne pmais réclamer ce qu'il lui 
avait enlevé. Mais le p.ipe Grégoire VII , instruit de celte vio- 
lence, déclara nul, dans un concile, le serment dii prélat, 
et lui ordonna de tirer vengeance de l'outrage et du vol qui lui 
avaient été laïls. (Martèo. Ampliu. coll. Inm. l , p. 654; et 
tom. IV, prie/- p. nxvij.) Arnoul, l'an io84j o" environ, 
tenta également de surprendre Richilde, comtesse de Hatuaut ; 
comme die revenait de Rome. Mats elle évita ses embilches, 
^insi qu'on l'a dit ci-devant à son article. Arnoul mourut le 



ib avHI 1106. (Martène, Ampliss. coll. lom. IV, co!. i 
Malgré sa rapacité , il Gt plusieurs fondalions du nombre 
nucHes on mêl «elle de l'abbaye d'Orval et celle du prieuré dt^l 
SainiF-Walburgc dans son chaicau de Chini. D'AUX, dVi 
Adèle , s,i première femme , fille J'Hilduin , comie de Rouet* ¥ 
il eui Aonx fils, Ouon , qui suil, et louis; avec une mki 
nommée Heilwi^e , mariée à Dodon , sire de Tonz. U'un | 
second mariage, il eut Adalbéron, évéque de Verdun. 

orroN II. 

. Ottoh ÎI , fils atné d'Arnoul I et son successeuf ^ 



acheva l'abbaye d'Orval , et ' 



, f„ri 



mplacés \ 



mit, 



* des ( 



, descbanoinesqi 



Alix 

. fille d'Albert l'il, romie de Namur, lui donna deus 
fils, Albert, qui suil, et Frédéric, nrévrli de l'église de Reims. 
II assista, le 3o septembre «rai, à la dédicace de l'église d'Or- 
val , et mourut avant l'aa 1 iSi , comme le témoigne Albérici 
en disant sur cette année, Otto eomts de Chisneîo jam da&; 

ALBERT. 

ii3i au plus tard. Albeet , successeur d'Olton 11, MA 
père, mourut le 29 septembre, non de l'an uti.î, comme le 
marque Beribolet , mais de l'an 11^2 au plus lard; car un acte 
de l^iuis 1 son lils , qui est entre les mains de M. Ernst , lait 
foi qn'il avait cessé oc vivre en cette dernière année. Il arait 
'épousé, avant l'an i i^i , AC!IÈS|, fille de Renaud 1, comte de 
Bar, dont il eut Louis, qui suit; Thierri , sire de M>rliii«; 
Arnoul , évéque de Venlun ; N. , dame de Hirges , ou Hiergeffi 
îde, femme du sire d'Aprï-monl ; et N. , mrre de Roger "^ 
Walclien, ou Walden. (Albéric, ad. an. iiW et 1170.) 

LOUIS m. 

116a. Locis lU, fils aîné d'Albert, prît possession dn 
de (,hini après la mort de son père. A IVxenipte de ses ancAtrCfc J 
il favorisa licaucoiin l'abbaye d'Orval. Etant passé à la Tfrrtbfl 
Sainte, il mourut, l'an iitji , au siège d'Acre, suivant AlbèriC^J 
et non pas A llelgrade, ctrmme le porte son épiiapbe plus i*-l 
cente que cet écrivain. Il Svail épousé, avant 117^, S<Jt*RlX« I 
que Bcrlholel iâil nial-à-t>rupos fille de Renaud, comte tldj 
Bar, dont il laissa dea« nU , l.auis, qui suil. 
nommé dans une charte manuscrite de l'aa 11^7 i acte [ 



I 



DBS cottTSiS DE CBtm: »;3 

lequel on voit que Sophie élail alors remariée i Anselme de 
Gerbade. Une autre charte, aoa imprimée, de l'an laoi , 
atteste ()u'elle avait alors pour troUièiae époux , GAucbar ^ 
•eigneur J'ivoi. ' 

LOUIS IV. 

1191. IéOUis IV, aurnommé te JBUrtE^ succéda ati comid 
Louis 111 ; son père , dans un âge tendre , gous la lulelle, k c« 
qu'il paraît, de sa mire et de Thierri de Marlij'.re, son oncle 
puis d'Anselme de Gerlande , son beau-père ; car dans une 
charte non imprimée , de l'an 1 il^^, il est dit; Sàendum qubi 
Adc ^nu/n tegUimèfaeluin estper nianam Ludooîei Jumaris eomitif 
prmtenle fl laudatite pmlmo sua Theoderiea de Marliers. Pareille 
formule, par rappart i Anselme ^ dans une charte de la com- 
tesse, sa mire, de l'an 1197 , où ce Thiern est témoin. I^uis 
mourut l'an 1 ïï6 , avant le ni^ts d'octobre , comme le prouvent 
deux chartes manuscrites. Il avait épousé , 1 an i3o5, aupllitdt , 
MatHIldb, fille de Jacques d'Av^nçs , dont il eut Jeanne, 
qui suit, et AgnJs, que Baudouin J'Avênes donne pour femme 
à Jean, comte de Rëthel , ce que nous ne garantissons pas, Le 
mâme auteur donne une troisième fille, sans la nonnner, à 
J^uis IV, femme, selon lui, d'Olton , sîre de Trassegniesl. 
La mère de ce» enfants convola en secondes noces avec Nicolas , 

Bdeflumigni. (Bouquet, tom. XIII, p. 56(. ) 
JEANNE. 

laaG. Jeanne, fille atnée de L-ouis le Jeune, lui succéda 
avec Arnoul, son époux , comte de Loss, cinquième du nom , 
comme le témoigne Baudouin d'Avênes , d'accord en cela avec 
les chartes. L'an laSS, le samedi avant la j^adejeine (21 juillet), 
ils firent, avec le comte de Luxembourg, un aciomraodeoient 
au sujet des terres de Vîrton et de Saint-Médard , dans çp 
comté, dont la première appartenait au comte deChîni, et 
l'autre ï celui de Luxembourg, qui avaient des droits dans 
l'une et dans l'antre. (Berlholel, tom. V, pp. iit\~i\-j.) 
Arcioul mourut entre le a4 novembre 1372 et le 3 mai 1274. 
Avant son décès , le comté de Cbint aysit passé à soa ^Is puîné , 
qui suit. 

LOUIS V. 

bb-1891. Loris Y, Ëb puiaé d'Âmoul , comte de Chini et Je 
^ XIV. 35 



Sy} CHAOnOLOGIX 

LosSf et dé Jeanne , héritière du premier de ces denrcomtér/ 

Iivait déjà succédé ( vraisemblablenient par mort ) à sa mère y 
ea3 novembre 1271 9 comme le j^rouve line charte non im^ 
primée , qui porté cette date. Il était marié long-tems aupara^ 
vaut. Plusieurs chartes attestent que dès le mois de juillet 1288 , 
il avait épousé Jeanne de Blamont , de Albomonie , que 
Baudouin d'Avénes dit sœur de Thibaut , comte de Bar , et 
veuve de Henri • sire de Sakn : Uworem duxU Dominom - de 
Albomonie , germanam comitis Barrensis Thèoàaldi , reUciani 
demùd Henrici de Salmis. Dès^lors il portait le titre de sire 
d^Ëstalles , auquel il ajouta dans des chartes postérieures celui 
tde sire d/e Virtoa Sa temme , avec laquelle il fonda , Tan 1286, 
le prieuré de Croisiers à Sussi , dans le comté de Chini y mouml 
le 01 août 1296, suivant le P. Bertholet (tom. V, p. 233)^ 
et fut inhumée à l'abbaye d'OrvaL II la suivit au tombeau , l'an 
1299, sans laisser de postérité. Butkens a confondu ce comte 
avec Louis YI , qui viendra ci-aiprès. ( Foy» Arnoul Y ^ comUt 
fkLassm 

ABKOUL III. 

t 

1299» Arnoul III f comte de Loss, sixième du nom , neved 
de LcAiis Y , lui succéda au comté de Chini après le miois d'aoàt 
12999 ou du moins dans les premiers mois de Tan i3oo : car 
le P. Bertholet ( tom. Y , pr. p. Ô2 ) produit un acte d'Amoui ,* 
portant la date de l'an 1 299. Mais dans le corps de l'ouvrage 
i^ibid. p. 334) 9 il dît que ce titre fut donné au mois de mars 
1299; ce qui doit s'entendre suivant le vieux style. (Fo/« 
Arnoul Yi^ comte de Loss. 

LOUIS YI. 

'. i3i5. Louis YI| fils d' Arnoul, devint son successeur , l'an 
i3i5f au comté de Chini , par la cession qu'il lui en avait faite^ 
Il mourut le 22 janvier x336. (^Foy. Louis lY , comte île 
Lois. 

THIERRI. 

i336. TniEREl, fils de Godefroi II, seigneur d'Heînsberg; 

et de Mathilde , fille d' Arnoul YI , comte de Loss , troisième 

de ce nom , au comté de Chini , succéda à Louis, son oncle, 

dans ce dernier comté, en vertu de la disposition qu'il en avait 

.laite en sa faveur. L'an 1340, Thierriet CraÉGONDSy sa femme , 




vu COMTES DE CHINÏ. «75 

vendirent, \t ii novembre, à Jean, roi de Bohême et ( 
de Luxembourg , les chîteaux , cWtellenies el prtvôlés d'ivoi , 
de Virton ^ de la Ferlé , avec leurs dépendances. { Bertholet ,■ 
tom. VI , pag. aSy. ) L'an iSSo , au plus tard , il céda le comté 
de Chini , à Godefroi , son frère , et non pas son neveu , comma 
le marque Berlholet, ( f^oy. Thierri , comte de làoss. ) 

GODEFROI. 

i35o. GoDKFRor, successeur de Ttiierri , son frère, au comté 
de Chini , accorda, Tan liiSo, des privilèges aux habitants de 
Montmédi , par une charte qui commence ainsi : iVous , Gode-' 
fiai de Loss, comte de Chini, faisans savoir'.... qu'après une mure 
délibération , etc. Le P. Berlholet qui rapporte ce d«but en ter- 
mes rajeunis ( lom, VI , pag. 164 ) , a toit de dire que Godefroi 
avait épousé Philippine de Fauquemont , et de mettre sa mort 
vers l'an i353. Il vivait encore le uH août i3S4 , comme en faî* 
foi le testament de Henri de Heinsberg , fils de Jean , site d& 
Dalembrouck , qui nomme ses oncles le comte de Loss , et Gode- 
froi , comte de Chini, domînonim meurunt et a\'unculorum sctlicet 
tomitii de Los et domini Godefridi r.omltis de Chlney fratrunt 
( Kreraer , Dipfom. Beitr. , lom, I , pa^. 34- ) On voit par deux 
chartes , l'une de i334 , et l'autre île t'àl^b , qu'il avait été cha* 
noine de Liège , et prévât de la collégiale de Sainte-— Maiie , à 
MaiJstricht. (/rf. Cad. Viplom. , pag. a4.) 

PHILIPPINE. 

i3S4. Philippine, fille de Jean de Fauqœmoni , sire de 
Born , et Jean , comte de Salm , son époux , avaient déjà suc- 
cédé , le saroedi après la ïoussaints [(i navembre ) t354, à 
Godefroi , dons te comté de Chini. ( Bertholet , t. VI , ji. 365. ) 
L'année suivante , Philippine fit homra^e de son comté au duc 
de Luiembourg. C'est ce qu'elle déclare elle-même , par uti 
acte du aa mai i355 , en ces termes : Nous , Philippe de Falke- 
mont , comlesse de Chini , faisons savoir à tous comme à jourd'hni 
aoslre cher sàgnsur, monseigneur le dur de Luxembourg, nous ayt 
Ter.eut en fuid et hommaîge de ruistredtl comfcit , tout comme de 
de aosti-e duuuire , etc. Ces dernières paroles donnent lien de 
croire que Philippine, étant sœur utérine dii Godefroi d'Heîns- 
Lerg, el de'Ualembrouck, ce coiste, ou Thierri, son fi-ére » 
lui aura assigné Chini pour son douaire, sans abandonner le 
titre de comte de Chiot ; car dans un acte de tSS; , TMem etl 



\ 



§fm CRRON. BIST. MS C0HTE9 INt CÊXfftt 

encore fiomiùé cbmte de Loss et de Chîiri. fKrêider, iUK 
Diphrt^ , n<». 3| I pag. 4^ ) Mais Wenceslas, ooc de BriJMitiit 
^ de Luieikibourg , ayant mcheté pour TÎngt miU^ BcHÎns le 
liovaire que Phîlijppipe y avait (Bertholet, iftAJL peg. ^) ^ 
Amool, sire de Rumignîf peti^-fiis, par sa mère, d^Ârnoul III, 
comte (le Chial , lui vendit , par acte du iti juin i364 9 la ptrl 
qui lui était échue dans ce comté , par succession de son cousin , 
le comte Thîerri , ainai qi|e celle qqi , par succession du même 
Tfaierri, était échue à Godefiroi de Dalembrouck , duquel Ar* 
noul , son . consin , Tavait acquise Tannée précéd^te. Oette 
Tente avait pour objet les châteaux de Chîni , de Montmédi ^ 
o^Estalle et aeBuemenne , avec leurs dépeDdaAces.X'^/<^. p. a68«^ 
})epuis ce tenit , )e fomté de Chini fat rea té uni ati duchifr d« 
liuzemoourg. 



# ' 




Lb pays de Gueldhe , ea hlîn Ge!na ou Gddiiii , ijui iatiat 
l'une des dix-sept provinces des Pays-Bas, lire son nom de sa 
capitale, aimée dans un lieu marécageux, sur la rivière da 
Miersc, qui lui sert de fossé. Ses bornes au septcnlrion, sont la 
Frise, aver le golfe de In mer germa ni<| ne , appelé leZuyderzée ; 
au midi , la Meuse et le pays de Juliers ; i 1 orient , une partie 
du Hhin et du pays de Clèves j à l'occidenl, la Hollande et 
le pays d'Utrecht, On divise la province en quatre quartiers. 
Bans le premier , est placé la ville de Gueldre ; dans le second , 
nommé la Betutve , est Nimègue ; Arnheim est dans le Iroi- 
tième , nommé la Veluwe ; et Zuiphen fait le quatrième. 
L'étendue la plus grande du pays de Gueldre est de vingt-- 
six milles en longueur , et de dis milles en largeur. Les Bataves , 
lesSicambres,lesiVIénapiens, les Maitiaques, en furent les pre- 
miers habitants; les Francs leur succédèrent. La Gueldre fit 
parlie du royaume d'Austrasie, sous la domination de ces der- 
niers , et forma une préfecture particulière , qui d'amovible 
devint héréditaire , comme les autres , par la faiblesse des sou- 
verains , et fut ensuite convertie en comté , puis en ducbé. Rien 
: incertain, au reste, que ce qu'on a dit jusqu'à présent 
ffilïts de Gueldre et des comtes du Zutphen , antérieur! 



I 



' (•) Cèiartlclca iié rem et corrigé par M. Ernsl.ctianoîncrégiiliel 
iV l'abb>]re de Rotiltic, 



au XI*. siècle. Noi 



-eirsoimioGiE- msroBwîBï 









état , 4 i'aiJe des savants n: 
\ ni. £rnsl, chaaoine régulier de ^ 



i opposes H 
i! que de'a ^ 
: d'ajtres, 
i mènerait 



^ 



titrer le peu de fondement des sysièr 
de Pontanus et de Gudling sur celle matière, aii 
opinions hasardées par Tesïbenmacher, Geleniusi 
Sur le même sujet. Mijis comme cetlr^ discussion noi 
Irop loin, et passerait les bornes dans lesquelles m 
obligés de nous renTermer, nous croyons devoir la 
Pour nous arr^ier donc à ce qu'il y a de eerlain , 
meucerons la liste des préfets de Gueldre et com 
phen par 

OTTON I. 



Otton I, comte deZulphcn, était père de Mathilde, femme 
de Ludolphe , fils aine d'Ezon , comte palatin. Voici le passage 
de la vie de ce dernier , qui sert de preuve à ce que nous avan- 
çons : Ludtilpîtus major iuitu..,JÎUam OUonia comiUs de Sadveno ^ 
Tiomine MatkUdem l'n cunjugem airipûns , dua:i tti/ué per omniiM 
simillimos ex eâ geruraoU JUiui , Henricam aîdelket et Cunonem. 
(Bolland. Acla SS. ad dicm 21 mutï, t<>m. V, pag. 5i.) Lu- 
dotptie étant décédé l'an 10.^2, ou iû33, trois ans avant si 
père, il faut supposer qu'il avait épousé, vers l'an loio , Ma—- i 
thilde, qui lui donna les deux enfants qu'on vient dénommer, A 
et dont. l'aîné devait avoir un certain âge a la mort de son père , 
d'où il suitque lecomlc Ullon, grand-père de ces enfants, vivait. J 

Il fin du dixième siècle. Alais nous ignorons qu'elle fut. 

ndue de ses domaines. Il nous esl ^ 

de dires'il laissa des iils, el quel fut si 



I borné 
par l'Ôver 



ipossîbla» J 
ledia . ' 
mais nous croyons pouvoir assurer que ce ne fui poinl sua 

Îentlre LudolpHe, ni l'un des trois fils de celui-ci; Henri, Tainr 
entre eux, ayant eu le Palaiinal de Lorraine, Conrad, la Ba- 
vière, et Herman étant entré dans le clergé. 

GODESCÀLC ET .\DÉLA,1DE. 



Étition. 1 
ioiWf de ' 



En io5c), le comié de Zulphen. ainsi nommé de sa capitale^ 
— " - rd, par l'Yssel qui le sépare de la Veluwc ; ouest, 
- Yssel i est , par l'évéclie de Munster ; sud , par le . , 
Cléves , était possédd par Goufscalc et AdélVi'bk , 
sa femme. C'est re qu'on voit par une charte oi ces dcui époux , 
en qualité de seigneurs de Zutpheii, et leurs fils Gebbebard et., 
" " traitent avec Guillaume, évoque d'Utrecht, touchant J 

i faisaient entre eux le sujet d'une contes-- . 
lition. Ponlanus a donné l'extrait de cette pièce dans scm his— 
toirtf de Gueldre ( pag. 84 )> Butkcns , qui ae cooiuissait poûU 



BBS COMTES DE GUELUITK a^g 

Otton I , donne Godesr aie jioiir premier comiR de ZutphcTi , 
■t lAéine de Gueldre. U prélend de plus que Gfbbeliai'd , fil» 
""^é de ce dernier , mourut avant son père. 

OTTON 11» PREHiER COMTE Dtt Gueldhe: 

nON It, second fds de Oodescalc, le remplaçait dès l'an 
ifji, comme le témoigne une charte qu'Annan, archevêque 
r Cologne , donna cette année, au sujet des biens qu'Evei^ 
liard, comte de Clèves, avait laissés à l'église de Cologne et à 
l'abbaye des dames de Nuys. (_Diplom, Colon, , n. vili, p. 207. ) 
Ony voit en effet, parmi les témoins , Otto cornes deZutpJitn et 
de Getiia. Le compilateur de la grande chronique belgique met 
sa mort en 1107 , en quoi il a élé suivi par les historiens de 
Gueidre. Mais , dans un autre endroit , il recule cet événement 
jusqu'à la sixième année de l'empereur Henri V; ce qui ne 
s'éloigne pas de la chronique de Satnt-Panlaléon , qui s'exprime 
en ces termes, sous l'an iii3 : Otto hcupleliisimus r.ames de Sui- 
vent obiit. Ce fut en sa faveur que l'empereur Henri IV érigea 
la Gueidre en comté, l'an toyg. (Busching.) Otlon avait épousé 
Judith, dont il eut trois fib et une fille; savoir, Thierri , évê- 
que de Munster, en iiai , mort en 1137, et qualilî^ par l'an-r 
oaliste saxon oir illustris natu et «irtutibus famosux ; Gérard, mort 
avant iiof(; Henri, et ErmengarJe, mariée à Gérard de Was- 
senberg, qui viendra ci-après. Loiig-tems avant sa mort, Olton 
avait partagé, dit-on , ses états à ses deux fils, Henri et Gérard,' 
de manière que Gérard avait eu le comié de Gueidre , et Henri 
celui de Zulphen. (Pontanus, klst. Gelrite , pag. 97.) On voit 
en effet Gerardus cornes de Gelria dans une charte de 1036, 
rapportée par le Mire (_0p. Uiplum., tom. 1, pag. 771)' *' parmi 
les souscripteurs d'une charie d^lRean, évêque de Spire, datée 
du 9 novembre loy^. Un diplôme de l'empereur Henri V, 
donné l'an 1108, atteste pareillement que Henri était alors 
comte de Zutphcn. C'est un acte par lequel ce prince lui donne 
l'inveslilure du comté de Frise, en échange d'une certaine 
seigneurie que Henri lui avait cédée, (Butkcns, tnm. 1, p. 207,) 
Henri, au rapport de l'annaliste 'saxon (ad an. tio'i , pag. Sgg) , 
épousa la fille de Conun , cumie de Bichling. Il entra, l'an 
iii4, suivant la chronique do Saint-Pantaléon , dans la ligue 
de l'archevêque de Cologne et d'autres seigneurs , contre l'em- 
pereur. (Eccard, Cor/>. hist., Idm. I,p3g. tjati.) Il vivait eosore 
^X'an ii38. Depui$ lui , on ne trouve plus de comte de Zutphen^' 
k.t'on voit que venlafia duxti*. siècle, ce comté était r^unià 
lï de Gueidre; 




aSo CnoBOLOetE RISTOStQUK 

SAMENGARDE et GÉRARD I, dit DE WASSENBERGi 



I 



iTi3. ËBHEMGAnnE, fille il'Oilon II , lui succéda au comtj 
de Guetdre, .-nec Oikaud de Wassesbeig, wn épaux, 
naliste tl« l'abluye de Itulduc , cité plus haut k larlicle de 
Boger , comte de CIèvpî , le dit arrière - petit - fils de Gérard , 
•eignrur de Wassenberg ', esl-ce par les feoimej ou par lei 
mâles ? c'est ce qu'on ne voit point. Ce qui est certain , c'est qae 
Julie, sa fille, a porté celle lerre en mariage à son mari Wa- 
leran-fayen , duc de i.imbourg. Il eut encore une autre filte, 
Yolande , femme de Baudoin III , comte de Hainaut. La com- 
tesse Ehhencarbe se remaria en secondes noces, en ii.54i 
tu plus lard , i Conrad II , comte de Luxembourg. La mort du 
coraie Gérard ne devanija point l'an iiaS, rotnnie le prouva 
une charte publiée rar Anl Malbieu , qui , bien que sans date , 
est postérieure à I an 1137. Outre les deux filles qu'oi] vieni 
de nommer , il laissa un fils , qui suit. ' I 

GÉRARD 11. ' 

II 28 au plutôt. Gc»*nD 11 , Clset successeur de Gérard I au 
comté deCuêUre, éiaii marié, dès l'an 1129, i Clémencb , 
comtesse de Glisbere. ou Glejberg, comme lenionirela charte 
de la fondation qu'elle fit cetli" année d'un monastère en ce lieu. 
On y voit en effet qu'elle transporle ou délivre les biens qui 
font l'objet de cette fondation , per maaum Gerhardi mariti jifl 
^mitis de Gelre. tlle survécul à son mari , dont elle était déjà 
veuve , en 1 141. Elle eut de lui un (ils nommé Guillaume', 
tnort avant l'an 1141 , avec un autre fils, qui suit, ei une fille 
nommée Ermessinde. L'annaUsle saxon rapporle , sur l'an 1 1 ag 
(style d'Allemagne), que l'eilpereur Loinaire tenanl une diète 
è Worms , aux f*ies de No^l , Gérard de Gueldre y fut accusé, 
CD/Son absence , de mauvais desseins contre ce prince ; qu'in- 
fonné de celte accusation , Gérard vint, à la Purification sui- 
%anic , trouver l'empereur pour se reraelire à sa discrétion , et 
qu'enfin il Gt sa paix avec lui au moyen de trois mille mard 
( 166,378 liv, de notre monnaie actuelle ), qu'il lui promit. 

HENRI 1. 

ii4t, HESm, fils de Gérard et de Clémence . leur succcch 
su comté de (iueldre. L'an 1 it^i nu environ , il donna du tà- 
cours aux ctiSlelains de Groniiigoe , el comm.inda leurs troupes 
daivl^ guerre qu'iUavaient avccl'évÉqued'Ulri'cht. Il vivait eog 



\ 



1 177, connue l'atlesle un ade (|ue M. Ërnst S 



aS-, 



. De sa femme, qu'on noinme Seisahe, et tru'on Jît , sans 
[irptive, delà maison i!e Lorraine, il laissa Gpraril Pt fJMon , qiii 
suivent ; aïCc trois filles , Harguerile, Tenime J'Engilbert I , 
comle Je Berg ; MaWe, femme de Gérard, coihme iIl* l.oas ; et 
Agn^s, femme Je Henri l'Aveugle, comte de Namur et de 
Lu ïem bourg, 

GERARD IIL 



1177 ou 1 178. Glrahd fut le successeur de Henri, soc père, 
au comié de Guuldre. Vers Tan 1 1 «o , il eut gucne avpc Bau- 
douin 11 , évê(|ue d'Ulrecht , au sujet Je la. Veluwe , Joui il 
refusait de faire hommage n ce i>ri'lat, quoique ce fût un fief 
mouvant de sou église. Le succéa favorisa les armes de Bau- 
douin , qui se rendit maître de In Veluwe, en uliassa les troupes 
du comte de Gueldre , cl y établit dans toutes les fiirieresses de 
bonnes garnisons. Gérard, par représailles , entra dans le pays 



du Deventer , dont il assiégea I: 
siège, l'empereur Frédéric 1 
iuwe à Gérard, et ménage. 
Gérard ntourut avant qu'elle 
( Chroa. Andr. ), et non 1 18 . 
d'après Hoveden. Nous avons en dfet 
„... ïi A •"■-■nin. C Mi 



itale. Mai 



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sur la fin de l'an iisi 
1 Ta marqué ci-devant 
charte de l'an itS3, 
Op. Diplom. , lom. i, 
dil-on, Marguerite , fille 
comte de Spanheim et d'Hasbaie ( mariage a notre avis fort 
douteux); 3°., l'an iiSo, ou il8i, iDB, fille et héritière de 
Mathieu, comte de Boulogne , et déjà veuve d'un premier mari. 
On ignores! Gérard eut des enfants de l'uneet de l'autre femme; 
mais il ne Laissa point de postérilé. Idc , sa seconde femme , 
après sa mort, emporta son douaire de vive force , retourna dans 
le Boulonnais, et deux ans après, se remaria en Iroisièmca 
noces â Bertbold , duc de Zeringen , puis eu quatrième , 
naud , comle de Dammartin. ( Vuy. Ide, cumlesse de Boa 
) 

OTTON 11 ou lu. 



I 



iiSS.Otton llljfrèje de Gérard, loi succéda au comté dé 
Gueldre. Ce fut un prince fort avide d'étendre ses domaines: 
I^ trêve conclue entre Baudouin, évêque d'Ulrecht, et lé 
cortite Gérard , prédécesseur d'Otton , étant expirer, les hosti- 
lités recommencèrent , l'an 1 1S7 , au sujet Je la Veluwe. Beau- 
dûuin, ligué avec le comte de Hollande et le comte Je Clêves, 
étant entré Jans la Gueldie, y fiL de grands dégSts. OttOn, dâ 
XIV. ^^i 



aSz CBROtlOLOCIE HISTORIQUE ^ 

3on c4^Lé, s''étant allié avec l'arcliev^quc <]e Cologne, l'^vf que cUS 
Munster, le iluc Je BraLant , et le comte de tierg, vini assicç^^ 
Uevenler, on étaieiil les principales forces de l'évSt|iie d'Util 
trecht. l-.VinpTeur Frcdénc se reodil, pour la seconde fuis';^ J 
arbitre entre les parlies , et , par un jugement provisionucl , il I 
adjugea la Veluwe au comte Je Gueldre, à la charge d'en rendnî:] 
liommage au prélat ; ce que l'empereur Henri VI , fils el snccca^B 
seur de l rédéric , ratifia , Tan 1 1 9> , par un jugement dcfiniliCtl 
(Miraei Uonal., liv. a , chap. 84.) ■ 

Otlou ùtant parti , l'an 1 1B9, pour la croisade avec l'emptt* m 
reur, fiit téoioin de la mort de ce prince sur la roule. Etant au* ■ 
siège d'Acre, il forma un complot avec l'évêque de Beanvais^i 1 
.Robert, comte de Dreux, frère du prélat, Gni de Damptprrej J 
rt le landgrave de Hessc , peur trahir les croisés, à ranpàt de 1 
trente-deux mille besans et cent marcs d'or que SaUJin leur 1 
donna. C'esl ce qu'Anseric de Monircal, qui était du complot; I 
déclara pende jours apris, à l'article de b mort, suivant Kaoûl I 
i/e Viceto, doyen de Londres, dont le chapelain , Guillaume^ M 
ëlail à celte expédition. On ignore quelles furent les suites de ■ 
iretle accusation , el, si les accusés réussirent à s'en laier. Quoi M 
qu'il en soit , (Ji'ion revint dans ses terres, Tan 1 ii^r , après U J 

SrisR d'Acre. L'an 1 iç)G, pendant que deux concurrents, Thierri V 
e Hollande ut ArnoiM d'Isenbourg, se disputent l'évi^ché d'U*M 
trecht, Ollun . déclaré pour le second, le mène â Deventer,et I 
Je fait recevoir par les peuples de l'Over-Yssel , 6ù il commet iet fl 
|ilus grands excès. Mais il fut battu dans une action qui se donna I 

firès a'Reimenberg. L'année suivante, il donna retraiteà GuiM M 
aume, comte de West- Frise, qui s'était écliap|>é de la prison H 
ouThierriVII, conite de Hollande, son frère, Taiail renfermé. ■ 
Il fit plus; la même année, avant que Guillaume parlTt pour I 
retourner i son comié, il lui assura la main de sa fille Adélaïde) fl 
qui lui fut amenée l'an 1 11)7. Mais Guillaume était alors récan- S 
cilié avec son frère. ( Voyez /w comtes f!e HoUa/ide.) Tbierrij ■ 
de son côlé, fait la paiit avec Otlon; el, pour la cimenter, il M 
consent que sa <illc , nommée aussi Adélaïde, épouse Henri , fils I 
de ce comte. Mais Henri mourut peu de Icms après les fian-< 1 
' cailles. [^Chroa. Egmond.^ ■ 

L'an 1202, te comte de Gueldre, de concert avec celui de 1 
Hollande, déclaïc la guerre JiThierri, cvêque d'Ulrccht, à l'oc- ■ 
casion des impôts que levait ce prélat dans la partie de la l^rise, ■ 
qui appartenait au comte Guillaume. Après diverses hoslilitét, I 
le comte de Hollande assiège Ulrecht. Pendant ce Âége , le fl 
coiule de Gueldre fui arrête , l'an 1 202 , par le duc de Drabant ■ I 
. «Iliéderévéqued'Utreclit, en allant trouver l'empereur Utlon^ I 
L 4gui l'avait ntandù à Maestriilit poiii' l'obliger ^ faire la paix. Xf ■ 



■DES COKTES »K GOTOHl».' 4*^ 

eemle de HoUnnde, à celle nouvelle , ouille le siégff dTJf rPclit 

E3ur voler à la délivrance du comte de G'ueldie , fjue le (ïuc dp. 
rab:tnl tenait prisonnîtr à Luuvain ?ui- la Meuse. I.a ville de 
Eois-le-Uuc se trouvant sur sa roule, il l'aliaijue, et s'en rend 
niaitre le 4 septembre i2o:i (Kluit) ; après quoi il continue sa 
marclie. Mais son arm^e ayant été surprise par les Brabançons , 
il est fait lui-même prisonnier, malgré la brave défense de ses 
gens ijiii se firent écliarper. Les deux comtes furent relâchés, l'an- 
liée suivante , à des conditions humiliantes, dont les principales 
furent qu'ils paieraient les frais de ta guerre, et (ju'itsse recon- 
naîtraient, l'un et l'autre, hommes liges du duc de Brabant. 
l'our cimenter la rcconciliaiion . on conclut le mariage de l'une 
des filles du duc avec Cérard , fils du comte de Gueidre. Berclie- 
mîus place , vers la fin de l'an iao3 , la mort d'Otion , et dit 
<]u'il fut enterré à Fécara ; mais on voit dans Heda, pag. iS8, 
J90, deux actes, qui prouvent iju'il vivait cficore en i3o4- IL 
csl encore nomme, comme vivant, dans un aulre de l'an 120G, 
rapporté par Butkens; et cet écrivain dit même qu'il vécut jus- 
qu'en laog, ce qui est difficile k croire. De Qicuarde, son 
épouse, dont on ignore la naissance, il laissa Gérard, qui suit, 
el Olton, prévôt de Sanlen, puis évoque d'Ulrccht; avec au 
moins trois fdles, Adélaïde, dont on vient de parler; Margue- 
rite, femme, non pas d'Engilliert I, comte de Berg, mais de 
Jjjibaiir H, comte de Hnc.hstadt; Mathilde, femme de Henri, 
Crtfnie de Nassau. A ces filles, on ajoute N. , mariée avec 
Adnife 1 , comte de la Marck. Peut-être , néanmoins , celle-ci 
fut-elle fille de Gérard IV. Richarde, mère de ces enfants, sur- 
à son époux. 

GIÎRARD IV. 

'ïfiARn IV, fds aîné d'Otton , lui succéda dans ses étals. 

R'àn 1^1 a, 11 donna du secours ^ Henri I ,duc deBrabant, son 
beau yi-re, cnnlri? l'évoque de Liège. Mais il eut le malheur 
li'êli'e battu avec lui par ce prélat, à Steppe, le i3 octobre de 
Tannée suivante. L'an i224,Otlon II, évêque d'LItrechl,àson 
retour de là croisade, obligea le comte de Gneldre , par les 
exactions qu'il fit sur les domaines que celui-ci possédait dans lu 
$^lland,à prendre les armes pour sa défense. Florent, comte de 
Hollande , et Walerao , duc de Lïmbourg , vinrent au secours 
de Gérard. Mais comme on était près de livrer bataille , Conrad. 
évêque de Porto , et légat du saint siège dans les Pays-Bas, en- 
gagea les parties à faire b paix. Gérardr,parfailement réconcilié 
avec l'évéque d'Ulrechl , lui mena , l an laaS, des troupes 
pour l'aidcr k réduire bu de set sujets révoltés, Cette expédition 



fijlmallieureuse. Le prélat ayaiil atlacjué l'etinemi campé Jfir- 
rière un marais près lîe Coevorden , ses lroupes< pcsammi^nl' 
ijrinées j s'y enfoiiCPrenl , et lui-même y péril. I.e omie cw 
ÇuclUre , apri-s avoir reçu plusieurs blessures , fut pris el em- 
mené prisonnier à Copvortien- Cetîe action est du aj juillet 
J2zti Salon \cs uns , du i août suivant selon les ^ulres, ( Pontan. 
ffùl. Gel- , (>ag. 1 23- ) Rcu dp teins après , on tint une assem- 
Iblée dans la villt' d'Uirecbl , pour l'élecliQn d'un noupel évéqoe. 
Gérard y ayam élé iranspoilépar )e commandant de Cocvor- 
gpo , couché sur un lit , ainsi cjiie Gisbert, prèlrt d'Amstel, 
blesse comme lui à la m^mo bataille, contribua beaucoup à faire, 
nommer , à la place tl'Otton 11 , Wilbrand , évèc|up de Pader- 
hflrn , Bon paient, { Ponlaniis , pag. i3o. ) Gérard mourut l'an, 
13=^ , suivant tous les hisiorîtns cl s<jn épitaphe. Richarde , «4 
mère, lui survécut ; elli: avait Fondé un monastère de filles \ 
Rurciuondc, dont elle fui la première abbesse, et y mounH 
l'an 13.^1. Gérard avait épousé , l'an 1206, Marguerite, fille 
de Henri le Guerroyeur , duc de Brabant , donl il laissa Otlon» 
nui suit; Honri, évênue de Liège; Marguerite, femme de 
Guillaume IV, comte de Juliers. Ricni.itD{:. ne Nassau, qu'on 
li^i donne pour seconde femme , n'a aucun garant pour elle. 

OTTON m ou IV. 

1229. OttonIII, surnommé Cladde ou le Boiteux , fui le 
fuf^ccsseur de Gérard , son père. Pour mettre son pays k t'abr» 
des incites de ses voisins, il en fit enlouri-r de mun 
les principales villes ; et pour y faire fleurir le corfimerre , il 
leur accorda différents privilèges. On remarque aussi qu'il est 
le premier comte de Gueldre qui ait donné aux paysans de> 
lettres d'affranchissement. (Pontanus, pag. l'àG. ) L'an iaî4, 
i\ marcha au secours de l'archevêque de Brame canlre les Sla- 
dings, ou liabiiants de Stade, que ce prélat poursuivait comin« 
dus rebelles et des hérétiques. Proscrits sous ce dernier lUre^ 
on avait- publié contre eux une croisade oi'i plusieurs seigneur^' 
Vear(llirenl. On se battit devant Siade , le a^ mal de cette aoi 
Bée t :i34 , et les Sladîngs furent taillés en pièces. ( PonUnus ^ 
pag. l3;1. J 

UUon , l'an 1:47 1 embrassa le parti de Guillaume , comle 
de Hollande , son parent, que la faclion opposée à Frédéric II 
avait élevé à l'empire. Les services qu'il lui rendit furent ré—, 
compenses par le don ou l'engagement que Guilbume lui fit d<; 
la ville de Niraègue , pour la tenir en Cef de l'empire , suivant 
fon diplâmc daté du )5 juin 1348- 

i,'«o iat>3 , et non ia5$, OlLon IV fut nomme par la no^ 



blesie de 

tuteur ri u jeune comte Florent V, .nprès la mort de Florent , 
son oncle et celle de Henri , duc d>? TIraltant , qu'on avail <ufOti 
Clés l'un et l'aDire, ou pluLAt subslilués dans cet emploi , ^ 
Adélaïde, veuve de Jean d'Avénes , et lanle de Florent V. 
Mais la Zéelande , où Adélaïde s'éiail reliree, prit le parli d^ 
cette princesse. OlLon alla l'y chercher , et remporta sur l<y 
Zéelandais, près de l'ErnoutAzée , dans l'iste de Zuidhevcland, 
une victoire qui lui assura U jouis-sauce exclusive de la tulell^ 
OUon mourut le lo janvier 1371. 11 avail épousé, 1". MarguEt 
BITE , fille de Thierri V , eopite de Clèves , morte en laSj , 
a», Phiuppote, iroisiipw Elle de Simon de Dammartin ,, 
comte de Ponlhien , et vnive Ue Raoul U , cumie d'Eu , soi) 
premier mari, et de Raoul 11 , sire de Couci , son deuxième, 
morte le 14 avril iï(iiS , suivant l*on|anns : le P. Anselme dit 
néanmoins , mais sans en donner d^ preuves , qu'elle vivait en- 
core en 1375. Mws le P Turpir 'e trompe évidemment en U 
disant fille de H.iRues V , comte de Saint - Pol ( sur qupj 
voyez Duchesnc, JJ'ul- àe la maison de Châlillon , liv. 3 , pag, 
35.) Oiion eul du premier lit Morguciite, femme d'Eiigner-r 
rand IV , sire de Cpuci , ei , du second , Uenaud , qui suit | 
Ermcngarde, femme de Thierri Vil , comte Je Clèves ; Pliilipr 
pôle , mariée k \Valeian de Walkenhourg ; Elissbeth , femma 
îi'Adolfe Vil , comte Je fierg .; et Marie , mgrtc dan^ le cé-n 



^K, RENAUD I, DIT Lli BELLIQUEUX. 

^^1371. Remauo I, fds et successeur d'Ollon 111, disputât 
l'an 1380 , le duché de Limlmurg à Adolle de Berg, comme 
«tant gendre du duc Waleraii IV, par EAH£>GAR»F,sa femme, 
morte peu de lems après son père, el en prit, dès cctia 
aonéc, le liire, ainsi qu'on le voit par différentes chartes.. 
Il fit même des progrt^s , par ses armes, dans ce docbé , dont 
une partie se soumît à lui. Mais le comte de Berg ayant cédé, 
l'an 1284, son dioit à Jean, duc de Brabanl, la guerre con- 
tinua entre Renaud et ce dernier. On les engaÇi^a , jusqu'i 
trois fois a mettre raffaire eu coaiproaiis , et trois fois la né- 
gocialion échoua. Knfm Renaud , les de batailler pour une suc- 
cession dont il ne re\ endlquail que l'usufruit , Iranspone sa çtè- 
lention, par acie dii 16 m.ii 1388, à Henri IV, comlc de 
Luxembourg. Hrnri pi-enJ aiissiiiit les armes pour b faire va- 
loir. Toute la basse Allemagne se partage entre les deux non.» 
veaux conlendanls. Lqs comtes de Juliers , deRerg, de la 
Uarck , de HolUiiuIe , de 1.dss , du Waldeçk , «de Bourgogne « 



~aBH cfiSàJtôtoôiE lîiiTôfcïQufe 

lie Hacha qu'apfès Câ a 
3 leur rPtour , aidèrent i'êvPcjiH 
tiJmpre l'edgageMent qn'il avait fait de Malines. C'est ainsi q ^ 
Anu8 enitriidons «s paroles d'Hocsem : Elealos aÙ'!ujif8ù tapfi\'ià_^ 
tlt îlKs fioslmodutn ihesaunmi îrnmodùum extort/uentlo ; Tlteàt/itU 
iîRus iftilbusfuU obligoiio Merlimit disso/iitii. I.'aii i33a , le cplil._ 
de Oucldrc entra dans la grande ligue qiit le mêtne Adolfc jéa 
ta Marck, évêqne de I-icge, fit coniri; Jean III , duc de Br^l 
bant. (Voy. l'art, de ce m éfat.') Ce r]ue nous en dii'oos ïcîtj 
c'est que U guerre qu'il fil en Biabiint lui valut cent mitté] 
réaux, dont le roi de France le grarifia. 

L'an i3;^3, Renaud, au num de Marguciile, sa fille atnë^J 
comme héi'ilière de Sophie, sa mère, vendit à Louis de Créct^J 
côiiile de Klandre, par contrat du i5 décembre, l'avùuerfi 
( mais non le pays) de Matines , pour soixante mille livres toiif^ 
nois (le gros compté à seize deniers) , qui furent partagée 
)'év?que de Liéee et son chapitre, nul avaïetit pareillemeM 
vendu, au mois dejuillet précédent, la seigneurie de MalinSl 
au comte de Flandre, pour cent mille réau* d'or. (BolteiW^l 
p. 4"(iO ^"^ 1^ ^"'^ ^^ Brabani fil opposition â cette doubnj 
vente, prétendant que Malines étant iians sa mouvance, en 
sa (|ualité de haut-avoué de l'églisû de l.iéee, l'aliénation 
n'avait pas dû se (aire sans son aveu. On en vint aux armes, 
■ l'an iï34, après une déclaration de guerre faite par le duc « 
dans l'octave de l'Epiphanie. Jean, roi de Bohl^me et diA 
de Luxembourg, les comtes de HoUanJe, de Namur,deJiv 
liers , de Loss , l'archevêque de Cologne ei l'évéque de Liège j 

Kireni le parti du vendeur et de l'acquéreur. Le duc de Bi^ 
Dl eut pour alliés le roi de Navarre, le comte de Bar, Chu 
les , comte d'Alencon , frère du roi de France , le con 
lampes, le comte de Viandcn , Guillaume, comte de 5aim A 
Ardennes. (Butkens, p. ^uH.) Celte guerre, dont les événe 
inenls furent peu remarquables, fut terminée promplemenM 

£ar la médiation du roi de France. Ce prince, chois! pou 
itre, prononça, le 37 aoûl , dans la ville d'Amiens, so: 
gemeni, dont un des articles fui que le Gis aine du com 
tiueldre épousera!) Marie, iille aînée du duc de BralianI 
autre article de ce jugement portait que Tiel serait donné a^ 
comte de Gueidre, en échange de Heusden. (Butkens, p. 4 
CToj-.Adolfe de la Marck, évoque de Liège.) 

l.e comte de Gueldre était ami du roi d'Angleterre, L'àl_ 
iS'JS, il lui fournil des troupes pour l'aider à envahir l'Ecosa^V 
(Buchanan, Ifàt. Seot., 1. ix.) (Quelques auteurs anciens ,telk" 
(fue Jean iMajor et Boeth , prétendent que BenauiJ marchA 
lui-même i la tète de ses troupes en Ecosse, et que les Ecos- 



bKS COHTBS DE GUCLMlS, «ft^ 

sa^sl'ayaot attendu dans la plaine J'Rdimbonrg, le contrai- 
gnirent «le se réfugier dans un cbâreau ruiné, oii bienlAt la 
faim l'obligea de se rftiilre avec se» gens ; qu'alors Bandulfe , 
général des Ecossais, pour le souitraîre à la mon, le fit con- 
duire au roi d'Angleterre, qui faisait le siège de Penh. 

Renaud , l'an l'iiG, acquit de l'évêque d'Utrechl, le fort 
ie Wollonhoven. Les Frisons, mécontenta de celte acquisition, 
6rent main'basie sur la garnison de la place. Renaud tira 
une vengeance éclatanle de celle sédition, aprèj une erande 
victoire qu'il remporta, le 3i août i3^-iG, sur les rebelles. 
(Pontan., Hùl. Guetr. pag. 3a3.) La lellre que les habitants dti 
comté de Luinde écrivirent, le 6 mai iSSy, au comte de Hol- 
lande, sur la conduite que tint le comte de Gueld e k leur 
égard, nous apprend que sa vengeance fut lernble. « Quand 
» tous nos membres, disaient-ils, seraient changés en lan— 
M gués, ils ne suffiraient pas pour exprimer les ravages, les 
» incendies, les meurtres, que te comte de (tueldre a exercés 
» parmi nous. » ftenaud , la mËme année, embivssa le parti 
de l'Angleterre contre-la France ; et, l'année suivante, s'étant 
trouvé a une assemblée de seigneurs allemands , it Malines , il 
envoya , de concert aïcc eui , son CArtel de défi su roi Phi- 
lippe de Valois. 

L'an i33ç(, l'empereur Louis de Bavière, dans la diète de 
Francfort, érigea en duché la Gueidre , par un dipMme du 
■ 9 mars, adressé aoi sept électears. Deux jours après, par 
un autre diplôme, ce prince, au moyen d'une somme de 
-quarante mille marcs d'argent , qu'il reçoit du nouveau duc, 
]ui cède toute la Frise orientale ., dont l'administration avait 
déjà été confiée , par l'empereur tlodolfe , au comte Renaud l. 
On ne voit pas cependant que les ducs de Gueldre aient re- 
cueilli le fruit de cette cession. Bientôt après, Kenaud va, 
joindre le roi d'Angleterre , son beau-frère , au siège de Cam- 
brai , qu'il fut obligé de lever. Les hostilités ayant été sus- 
pendues , l'an i34o, par nne trêve de neuf mois, entre les 
deux couronnes belligérantes , itenaud ne s'aliacha plus qu'à 
fortifier ses (ronricrcs et h se faire adorer de son peuple par 
des actes de bienfaisance et de piété, Il mourut, Van iJi4.i, 
des suites d'une chute , le 1 3 < ciobre , dans la ville d'Arnbeim. 
Il avait épousé en premières noces , l'au lïio , suivant But- 
kens (pageSti.j), Sophie, fille de Florent, seigneur de Ma- 
lines (morte le % mai 1329), ilonL il eut Marguerite , morte 
dans le céUbat, le 4 octobre i344 : Malhilde, femme, i** de 
Godefroi , fil» de Thierri III , seigneur de Heiitsberg , a° de 
Jean , comte de Clèves , 3° de Jeao, comte de^ Blois ; Marie , 
icmme de Guillaume Yl, marauiE , puis duc de Juliens; et 

XIV. 37 



ti^ CtUtOVOLOGIE RISTOHIQDB 

Isabelle, fiancée, suivant Ponlaniis , à un duc d'Autrïchef 
«lu'il ne nnninie pas, piiîs abbesse Je Grève nilau 1 , morle ea 
J376. LÉOBOBE, SŒurtrEdoiiard lil, loi d'Angleterre , <]u'ij 
épousa en secondes noces, l'an l'àia (morte en l'àSH, suivai4 1 
Diimbar, Anal. , tome 11 , page 28a), lui donna Renaud et | 
Bdouard, qui suivent. Le duc Renaud fut uu prince brave, . 
magnifique, et libéral jusqu'à la prodigalité. Sansle trailement 
indigne qu'il fit à son père, il mériterait d'être mis au nombra 
des grands princes. 

RENAUD 111, DIT LE GRAS. 

1343. Renaud III, II'. duc de Gueldre, succède au du^l 
Aenaud , son père, à l'âge de dix ans, sous la tutelle d'AdoKe II| T 
comte de la Marck. Plusieurs villes de Gueldre , pour se meUM 1 
à l'abri des troubles pendant sa minurîté, firent entre elles de^ | 
confédéral ions qui servirent beaucoup, non-seulement à assurer J 
leur Iranquillilé , mais à cimenter et étendre leur liberté. Héri- ^| 
tier de la valeur el des senlimenls de son p^e, le jeune duc^ 
l'an i346, va trouver en Normandie Edouard III, roi d'Angle^ ^ 
terre , son onrle, avec des troupes qu'il lui mène pour servicj 
contre ta France. , T 

LW i35o, il s'élève dans la Gueldre deux factions sembUfi 
blcsà celles des Hoekins et des Cabelliaux en Hollande, et à1 
celles des Guelfes et des Gibelins en Italie. La première s'apporfl 
lait des Hekerains , ei la seconde des Bronchons : c'éuient 1^ 
noms des deux lâmiUes qu'elles avaient i leur léle. Le di 
puyant les lironcliorls de sa faveur, Edouard, son frère, me*t 
tonlent de la modicité de son apanage, ae déclare pour l'autre I 
parti. On en vint bientôt auK hostilités Elles furent atroces de 

Sart et d'autre, suivant Pontanus (page aGi). Pendant l'espaci 
c dix ans la Gueldre fut le théâtre de la fureur barbare dea 
titux partis. Quelques traits peindront les excès presque incroya- 
bles auxquels ils se livraient à l'cnvi. Les paili»ans dit duc, 
ayant pris la ville de Tiel, brûUrenI, le 24 aodl Je l'an i35o, 
U tour de l'église de Saint-"VValburge et cent quarante per- 
sonnes qui s'y étaient réfugiées. I* propre jour de Pâques de 
t'an |3S5, ils poursuivirent un de leurs adversaires, nommé 
Emérik Uruylen, jusques dans une chapelle oh il s'était sauvé. 
U,5ur l'aulel où le malheureux eberchait un asile entre les 
bras du prèlre qui le rouvrait de l'hostie consacrée comme d'une 
égide vénérable, ces forcenés immolèrent leur victime, et 
. l'autel fut inondé de sang. D'un autre colô, les gens d'Edouard 
.ayant enlevé vinsl-ci[iq soldais d'une garnison qui tenaij pour 
««on. ^rèrc, il ordonna Je sang-ffuid qu'ils fussent tou* d«c»; 



piles. Leurs titts t'urenL exposées sur une montagne près de 
Nimegtie, qui a conservé le nom de Hoofbcrg, /e manl des Télés, 
(Pontan. , page aGS. ) Enfin, l'an t36i , Edouard, ayant livré 
bataille à son l'r^re , le u5 mai , près de Tiel , le fit prisonnier » 
et l'enferma, sans le lier ni garolter, au châleau de Nienliech* 
dans une chambre dont la portu et les fenêtrts restèrent ou- 
vertes; mais ces ouvertures étaient si étroites par rapport à i» 
corpulence de Renaud , qui était fort épaisse, qu'il Im fut im- 
possible d'en profiter pour s'échapper. 

EDOUARD. 

i3Gi. Edouard, Iroisième duc de Gueldre , a^ant fait pri- 
sûnnier son frère, s'empara du duché de Gueidre. Durant rcs— 
pace de dix ans qu'il jouit de son usurpation, il se montra digne 
de commander, par sa valeur, sa prudence cl son ét^uité enverft 
ses $u|cls. Il maintint dans l'équilibre les deux factions, et le» 
empêcha de nuire à la tranquillité de l'état, 1,'an i3tjj , piqué 
contre Albert, régent de Hollande et de Hainaut , pour avoir 
donné retraite aux partisans de Itenaud , il l'ajourne à une lia- 
tjille rangée aux environs J'Amersfort. Albert s'y rend à la l^i» 
d'une bonne armée ; el, n'y ayant trouvé personne, il pénètre 
dans la Gueidre, où il fait impunément le dégât. Edouard, 
tiors d'état de résister, a recours â ta négocialion , et conclut 
un traité par lequel il promet d'épouser Catherine , fille d'Al- 
bert , aussitôt qu'elle sera en âge. ('lus heureux l'an i3ii4^ 
Edouard repousse les troupes que Weficeslas, duc de Braliant , 
avait envoyées eo Gueidre, sous la conduite de Léon de Bou- 
chout, pour délivrer le duc Redaud. Faute d'être soutenues, 
elles sont contraintes d'abandonner Bommef el quelques autres 
places dont elles s'étaient emparées. (Bultens.) Ce même Wen- 
ceslas ayant déclaré la guerre, etj iSyi , à Guillaume, duc de 
Julicrs , Edouard vint au secours de ce dernier, et combattit 
pour lui à la bataille de Bastweitcr, db'ooée le aa août de cette 
année. Il y fut blessé raortellcnteni entre les bras-de la victoire , 
Suivant Pontanus , el mourut deux jours après de sa blessure , à 
l'âge de trenle-six ans. Berchemius donne une cause moin& 
bonorabli- de sa mort^ mais il a contre \'\x\ tous les autres his- 
toriens qui partent de la bataille de lîastu'eiler. Edouard avait 
épousé, avant le ifi mars 1^71, Catheoine, fille d'Albert ^ 
régent de Hollande, comme on peut l'inférer dfune charta 
[lubtiée par Van-ftlieris. Il mourut sans enfants. 

RENAUD Iir , rétabli. 

iSji., Après la mort d'Edouard ,_ U ducKenaud 111^ soa 



I 



I 



S9S cnfloiH)i.oGiB Hurrosioee 

frire, fui tiré de sa prison , et rélsbli ilans son rliirhé. Mail 
ji n'en jouit que l'espace Je Iroismois, tranl mort le 4 tlècem- 
bre (le la mc^me annéi:. Son corps fuL inbumc au monaslère dé 
Wiewcloslf r , ou Grevendapl , auprès île ccJut Jp son frère, tt 
avait épousé, au châlpau de Vînconiii^s , Van 1.^4? • suivant 
Bulkem, MA.niK, lille île Ji'on III, duc de Brabant, c|ui lui 
tvait été fiancée dès i334, ei mourut, 'an "Stjfjjsans lui avoir 
àoDSié. tl'enfant». 

La mort île itenaud lll réveillales deui factions des Hekerain; 
ft dfs BroncUoris , assoiipit's dejiiiis quelques années, Piquetas, 
d'une égale émulaiion, elles Iravaillîreut , cbacune de son câtê,' 
jiour donner un nouveau souverain A la Oueldre. Les Bron-» 
rliorts , qui avaient favorisé le parti d'Edouard , portaieo^ 
Guillaume, enfant de sef t ans , fils <le Guillaume le Vieux. 
duc de Jiiliers, et de Marie, sœur de Renaud et d'Edouard. 
I^s Hekerains se déclarèreul au coniraire pour Malhildc , filla 
du duc Beuaiid II, veuve alors de Jean I, comte de ClèveSt| 
ion second mari. Le droit de celle-ci était visiblement Iq 
mieux fondé. Arnoul de ilorn , évéque d'Utrccht, entra dan^ 
les vues des Hekerains ; et pour les faire réussir, il engage^ 
iean de Châiillon , comle de Glois, l'an iSya, à donner m 
main à Malhilde. Jean prit alors le litre de duc de Gueldre*. 
et les Hekerains lui prêtèrent serment de fidélité. Sur CCS 
entrefaites , l'empereur Charles IV , élanl venu à Aix-la-Cha- 
pelle, pense d'abord à investir du duché de Gtieldre, Guil- 
laume, fds du ducdeJuliers, afin de procurer , par cemoyen, 
l'élargissement du duc de Brabant, que ce duc avait fait pri- 
sonnier il la bataille de Baslwciler. Mais l'archevêque de Colo- 
gne , le duc de Bavière et le cgmle de Hollande , l'ayant faiV 
changer d'avis , il se dispose , à la (in de juiu, à marcher coutrs 
le duc Je Juliers. Instruit de son dessein . le due va le trouve^, 
avec Wenceslas , qu'il remet entre ses mains , et le fléchit, d* 
manière qu'il l'engage à nommer son fils, doc de Gueldre. 1^ 
HelLeraïns persistent néanmoins à reconnaître Jean de Bloii. 
I.a guerre civile est ouverte. On prend ei reprend des placer 
de patt et d'autre. Mais l'avantage est du cdté de OuilIauniQ 
de Juliers. linrtnl'an iS;?. JeandeChâlillon, accablé d'annéei^ 
voyant son parti décliner oc jour en jour après la perte d'Arnheiii^ 
où il avait établi sa cour, laisse le soin des affaires k safemaie^t 
a rév^ued'Ulrecht.else relire. (Teschenmacher.) Sa retrait^ 
achève d? décourager son parti ; et, l'an 1379, Guilbume da 
Juliers est presqiie universellement reconnu duc de Gueldre ef 
comte de Zulphen. Jean de Blo» ei Malhilde prennent la 
parti de s'dccommoder avec lui. Ils renoncent à leurs préien- 
ii«D] mayénnant une |HFmrân aonncUe et la coBËrmatlon 4ft 




SES DUCS SE GCÈLDRE. S^Z 

douaire ^ae Jtan , comte île Clèves , secood roari de Ms^lhildc , 
hn avait assigné. 

GUILLAUME I, DE JULIERS. 

Mprès te ikcès deMatbiUe, postérieur au mnis J'aoïlt 1-^83, 
et ]>eut-dtre à quelques um dt-s suivants . Guillaume de JulJers, 
l'an i38j , reçoit, à la manière accoutumée, l'iniTititure dti 
duché de GuelJre le jour de Saiui-Luc ( 18 oclolire), suivant 
les lettres de l'empereur Wenceslas, rapportées en entier par 
fontanus (p. 3ai ), L'année suivante, il mène du secours aux 
clievaLiers Teutoniques contre les l'rusniens révoltés. (/&/</. ) 
Penilantson absenre, laGueldreest ravagée par les Brabançoiu, 
après la mort (le Wenceslas, leur duc. Guillaume, îmtruit da 
ce qui ce passe chez lui, revlenl en diligence, et déclare la 
guerre, l'au |3S6, à la ducheise Jeaime, veuve de Wenceslas. 
Jeanne appelle à son secours Philippe le Hardi, duc de Bour- 
gogne , avec promesse de le faire son héritier. Philippe lui 
procure l'alliance du roi de France. Guillaume, de son cAlé , 
s'allie avec le roi d'Angleterre , et ose provoquer ic roi da 
France, par nne déclaration de guerre en forme. Elle iolsigtii-- 
£ée i Paris, le iï juillet liSy , par un ticuyer qui avait couru 
risque de la vie sur sa mule , ayant été arr<*lé et mis en prison 
à Tournai, puis, «lâché parordreduducdeBnureogne. Lorsqu'il 
se fut acquitté de sa commission, le roi lui rit présent d'un 
^□belei d'argent du poids de quatre marcs avec cinquante 
irarics di-dans. L'usage était de gratifier ces messagers de g^uerre 
et de leur faire le plu» favorable accueil. Toute la Gueldre ilor» 
tst en feu. Des amis communs se portent pour médialenrt, et 
ne peuvent réussir. L'an |3S8, les Brabançons , au nombre de 
quarante mille , «Stant venus atlaqinr la ville de Grave , dont la 
seigneur, Jean de Cuys, était pariisan du duc Guillaume, 
«oui mis eu fuite par ce dernier, avec cinq cents lances, le aif 
iuillel. Le duc de Bourgogne, à cette nouvelle, engage le roî 
de France à marcher au secours de la diichcise de Brabant. Le 
monarque , ayant pris sa roule par la Champagne et le Luxem- 
bourg, entre sur les terres de Juliens à la lete de cent mille 
hommes , et commence à y faire le dégât, Le duc de Juliers , 
p^i-e du duc de Gueldre, accompagné de l'archevêque de Co-> 
Ingne et de l'cvéque de Liège, vient se jeter aux pieds du roi, 
protestant de ne point tremper dans la faute de son fils. Nous 
Ivons l'acte du zz septembre i38S, par lequel le dnc, ta femme 
et leur âls puln^ , déclarent k aa majesté que le défi fait i elle 
par leur fils aîné , n'a été ib hur açu-, e\ en ^^^andeiil tout*- 



^ 



kffi CHKOMOtORIÏ historique' 

fois pardon, avec promesse que si leur fils ne les imite, il^ 
aideront ledit seigneur roi & lui Taire la guerre. ( Mm. àe 
£rienne , vol. 34 , pp. 201-208. ) Le roi s'avance dans la Guel- 
!. Le duc, effrayé, lui fait \vi marnes soumissions que son: 
père , et le preml pour arliitre entre la duchesse de Brabant et, 
ï. Il nliiîent le pardon , et le roi reprend la route de ses élats. 
(Voy. /m dufis rfe Bra/iant.') Le duc de Gueldre , la même 
»nnée, va de nouveau faire la guerre en Prusse. De retour 
l'an i3ç)o, il accompagne le duc de Bourbon à la guerre contre 
. les Sarra&ins d'Afrique. (_f^oy. Louis 1], tluc de Bourbon.") 

L'an i3g3, Guillaume hérite du duché de Julîers par U, 
mort de son père. Guillaume, l'année suivanle, est inauguré^ 
duc de Juliers au mois de juillet. I^a enerre s'élève. Tan iSgy»* 
ïntre lui et la duchesse de Braliant. Ce fut le duc qui la dé-r., 
:lara i l'occasion d'une sentence de mort portée par Its tnagis- 
Irais de Bois-le-Duc , contre on de ses officiers , pour y avoij | 
!, dans une émeute, im domestique de la duchesse. Lei^ 
Braiiançons et les Liégeois font , le 6 février de l'année suivante, 
E ligue conlre Inus leurs ennemis, et spécialement contre lOj 
z de Gueldre, Ils entrent, au mois de juin de la mteiOi 
lée , sur les terres de Gueldre, ayant à leur tèie Jean do, 
tiière, élu évêque dn Liège, Waleran , comte de Saint- 
Pol , et Thomas, seigneur de Diest. Après avoir pillé ^elts- , 
ladt, ils assiègent Ruremonde. L'évêque de l.iége, parent de- 
Guillaume, abandonne ses confédérés et se retire. Les Braban- 
, çons, afTaiblis par cette retraite, sont obligiis de lever le siège. 
l.e comte de Sainl-Pol, pour les dédommager, les mène devani 
Juliers. La ville, avant dvire prise, se rachète par une grosse 
■ Tançon. Le duc Guillaume se venge par la prise de Kempen el 
d'autres lieun appartenants au Brauanl. La paix , suivant But—, 
kens, est conclue l'an i'^9(), le jour de saint Boniface (>4maî 
m 5 juin ). 

L'an (4'Jii traité d'alliance conclu, le 12 mai, à Couei, entre 
le duc de Gueldre et le duc d'Orléans, contre le duc de Bour- 

Sognc. Guillaume, en conséquence, mène en France une Irouptt 
e cinn cents chevau.x et un nombre plus considérable de gens 
pied. 11 revient peu de tcma après, et meurt sans enfants 1« 
)b février de l'an i4o3. à l'ilge de trenle-huit ans. Il avait 
épousé, l'an rSyg , Catherine , fille d'Albert , alors niward, 
ri depuis comte de Hollande, la m^me qui avait été fiancée 4 
Edouard son prédécesseur (morte le ii novembre 1400 )• 
Fontanus rapporte le leslament de cette princesse, dans lequel 
elle fait un legs considérable à Marie, fdle naturelle de sait 
nari. U avait de plus quatre autces bltards. 



h. 



Dts ituca- us -assurk^ 



i4o3. Renacd IV, succéda à Guillaucne son fr^re, dans 
tous les états de son frère. Il mourut sans postérité le 3,'i jan- 
vier 14^3. ( Voyez Renaud , duc de JuUers. ) 

■ ARNOUL D'EGMOND. 

»423. Aknoul d'Egmond , fik de Jean d'Egmond et de Man 
rie d'Arliel, succède, sous la tutelle de son père, à l'âge de 
quatorze ans, dans le duché de Gueldre, mais non dans celui 
de Juliers, au duc Renaud, doot il était petU-neveu par Jeanne, 
eon aïeule maternelle , femme de Jean , sire d'Arkel. L'empe- 
reur Sigismond lui donna l'investilure de la Guel Jre et de Ziit- 
phen par ses lettres du 1 5 août 1423. Mais, l'an i4a5, il révoqua 
celle même investiture; et, par ses lettres datées du jeudi avant 
la PentecAle ( a4 mai], il en donna une nouvelle à Adolfe, 
duc de Berg et de Juliera. Les deux concurrents ne tardent pas 
d'en venir aux armes, et la guerre, entre eux, dura l'espace do 
neuf ans, pendant lesquels il y eut cependant une trêve de 
quatre ans, qui fut assez mal observée, surtout après que l'em- 
pereur, en i43'. eut mis Arnoul au ban de IV'mpire ; sentence 
qui fut renouvelée le G novembre il^'^i. Mais, l'an 1437. Phi- 
lippe, duc de Bourgogne, oncle de la mère d'Adolfe, ayant été 
cpoisi pour arbitre de leur différent, ce prince rendit, au mois 
de mai , son jugement , par lequel il était dit qu'ils garderaient 
chacun ce qu ils possédaient , et se feraient réciproquement ra - 
son des torts qu'ils s'étaient faits, Adolfe étant mort au mois de 
juillet suivant, Arnoul demeura paisible possesseur de la Guel- 
dre et de ^utphen. Mais , regrettant toujours la perte de Juliers, 
îl cnlraàmam armée dans ce pays, accompagné d'Adolfe, duc 
de Clèves, son beau-père , et y exerça , pendant l'espace d'envi- 
ron quatre ans, les plus grandes hosùlilés. Elles se renouvelè- 
rent en i444- Gérard y avait donné occasion en prêtant du 
secours, l'année précédente, à l'archevi^que de Cologne, pour 
enlever un fort , nommé Broich , au duc de Clèves. Celui-ci , 
étant rentré dans le pays de Juliers , y met en cendres dix-sept 
villages, après les avoir pillés. Le duc Gérard vient à sa ren- 
contre, lèbat le 3 novembre, el emmène prisonnier Guillaume, 
frère d'.Arnoul, avec beaucoup d'autres. 

Arnoul se brouille , l'an i458 , avec les principales villes de 
aes étals, au sujet des impAts dont il les avait chargées, pouc 
acquitter ses dettes et soutenir ta dignité de son rang. Des ar- 
^tr;^, choisis par les parties^ a'ayant pu réussir k les aceotn-^ 



\ 



fvMrtlWSSn RftOttv^^M 



moder, oa prend tes armes de part et d'autre, et Adolfe^ fitl 
du duc, se met k la léie des mécontents. Retranché daos Ven- 
loo , il y est assiégé par son père , et, près de se voir forcé dans 
la place, il demande grScc, el l'oblienl. 

L'an 1460, Adolfcpari, avec la permi&sîon de son pire, poor 
la Terre-Sainle. De retour, l'on (4^)3, il recomnienca a brouiller. 
Adolfe, craignant le ressentiment de son père, se retire à 
Bruxelles auprès du dur de Bourgogne , onck de sa mère. Guil- 
laume- d'F.gmond, frère du duc de Gueldre, travaille i faire Is 
Sait du fils avec le père , et y réussit. Mab à peine Adolfe est- 
rappelé, qu'il prend des mesures avec la durhesse, sa mèrtfjj 
pour s'assurer delà personne de son père. La fourberie en assu 
le succès. Etant venu trouver son père avec la duchesse, 
mère, à Grave , vers le jour des RnU 1466 (n. st.) , ils en su 
bien reçus, el passent ijuelques jours ensemble dans les div< 
tissements. Mais un soir (10 janvier tiliS). comme Arnotd t, 
vwilotl aller courher , aonfiis l'enl^te, le mène cinq lieues à p 
ions rhausse» , par un Irms tris froid (au château de Bueren^fl 
et le met au fond d'une tour, oit il n'y aooit nulle clarté que 
une bien petite luT-Ome. (Comines. ) Adolfes'emparir alors du gOBM 
vemement , et le jour de saint Ponllen ( iq novembre ) , iFeiM 
torque de son père une démission, en forme, de ses i 
L'atrocité de cette conduite soulève plusieurs princes conl 
Adolfc. Jcaa I , duc de Clèves, son oncle, lui déclare la g 
â ce sujet , le \^ février i4*J6- Charles , depuis duc de Bout 
gne, cousin d'Arnoul, voulait aussi venir au secours di 
prince infortuné; mais, trop occupé de ses propres affaires, i 
ae contente d'eihaler ton cuurroux en plaintes et en menace 
£ufin , au mois de juillet 1470 , pressé par le pape et 
de travailler \ la délivrance d'Arnoul, Charles engage AdolfèÉ 
Venir le trouver k llesdîn , avec son père. Délivré de sa prisM 
Arnoul est amené par deux seigneurs, dans le mois de décembr 
\ la cAur du duc , son libérateur et son cousin , qui travaille c 
vain ï ménager im accommodement entre le père el le 61s. î 
ht vêts fous deiLi , dit fhilippe de Comines , en la chambre du d 
de Bourgtigne, fMr plusieurs Jais et ea grand assemblée de ci 
où ils fitaidoyent leurs causes ; et fris le ban homme \'!eil préset 
le gage de bataille à souJUs. Charles , qui lavorisail ce der 
lui fait oil'rir, par ce m^mc Comines , le gouveroement de 
Kfi^ne et le pays de Gueldre , sauf une petite oille assise uuprtt 
du Brttbant (91'/ a nom. Grave") . qui devait demeurer au pire aaee 
le rtoeitu de tniis mille florins , et autant de pension. "J'aimerais 
» mieux, répond cet indigne fils, jeter moD père, la lëte b 
> première, dans un puits, et m^y jeter après, que de consentir 
» Icet accommodement. Il y a quarante-quaire (quanmie* 



ïi huil ans)-, qu'Arnonl est duc , il est bien j «île que j* le soii 
>> i mon lour. Je lui laisse par grâce Irois mille florins , à con- 
*» (Kliun qu'il ne mellra jamais le pieJ dans la Gueldi-e u. Après 
*]ne telle ré|ioBse, sentant liien qu il n'y a pasdesllreté pour lui 
•à la cour dû di/c de Bourgogne . AHolfe s'échappe de nuit avec 
■deux cavaliers. Charles fait courir après lui. Il esl pris i Namur, 
ramenée Hesdin, et conduit à Vilvorde, puis It Courlrai, où 
il resia jirisonnier jusqu'à U mort du duc de Bourgonne. Le 
Juc Amoul , renvoyé dans ses élats, trouve toules les villes dis- 
posées à lui fermer les portes, ejtcepté Rnremonde el Gueldre. 
Les autres defèrenl à Vincent, comte de Mears, le I lire de ru- 
Ward. Elles forment enire elles une ligue , s'engageanl h ne 
lever aucmi impôt que d'après les anciens usages, el à ne r«ndre 
au prince ni service, ni taxe. L'an 1472, las des contradictions 
■que les partisans de son fils , i la l^lo desqoi'ls étall la duchesse, 
sa femme, ne cessaient de lui Suscitir, il cède, à lïtrè d'angige- 
iment, ses états au duc Charles, moyenuaiit quatre vingt douze 
inille écus d'or (1), et certains revenus en Bourgogne. I,'acte 
de ce transport, entamé à Sainl-Omer le 7 septembre, fut ex- 
pédié àJBrugea , le .^o décembre, dîepenulllmâdeeemtins. (Pon- 
lanus , pag. .S^g.) ArnOul ne survécut pas long-tems à ce traité, 
étant mort le ^4 février (fête de salut Rlaihias), de l'année 
suivante. 11 avait épousé. Fan i^^o, Caturrine, fille d'A- 
dotfell, duc de Cléves,el de Marie, sœur de Philippe le Bon, 
duc de Bourgogne, de laquelle il eut Adolfe , dont on vient de 
parler; Catherine, qui viendra ci-après; Marie, alliée h Jac- 
ques II, roi d'tcosse; el Marguerite, femme de Frédéric, duC 
de Simmercn. T. a duchesse Catherine mourut en i479, au plus 
lard. (Ponlanus, pag. Sti;.) Le duc Arnoul, .son époux, fut un 
prince modéré, libéral et pieux. Son malheur fut d'ai-oir des 
sujets indociles , une méchante Temme et un (ils dénaturé. Le 



qu'Arr 



ullui 



3il faite de 



duc de Bourgogne, après la 

ses états, en reçut I investiture de l'empereur Frédéric. Mais 
trois ou quatre des principales villes de la Gueldre avant refijsé 
de le rcconnnître pour leur Souverain , il assiégea Nimègue , la 
principale d'entre elles, et, l'ayant prise vers le mois d'août 
1473, après trois semaines de siège, il en emmena les deux en- 
fants d'Adolfe, Charles, âgé de six ans, et Philippine, qu'il mit 
aupics de Mai'ie, sa fille, pour les faire élever. (Ponlanus, 



(0 En '47^. 
litre de a3 carat 
qa mille vaudra 




agS CH&OMeLOGtS lUSTOKIQUB 

pag. 553.) Le duc de Bourgofjne, en quïlUnt Nimègue, y laiisi 
pour gouverneur Guillauine ù'Egmond, frère du feu duc ; et lui 
substitua , l'an 147^ , Philijipe de Croï , comie de Chimai. Après 
la mort de Charles, les choses changèrent de face dans laGueldre. 
ADOLKE. 

1477. Adolfe, fils dArnoul d'Egmond, duc de Gucldrv, 
fut reconnu pour son successeur, nar les états du p.'iys , dès 
qu'oD y eut appris la mort Je Charles, duc de Itourgogne. l.ies 
Gantois , à leur demande , tirèrent ce prince de sa prison de 
Courtrai, et le mirent à b tête de leurs trou|ii-s. Ils firent plus; 
ils voulurent contraindre Marie , leur souveraine , â lui dounef 
sa maini C'était vouloir allier le crime avec la vertu. Maîtrisée 
par ces forcenés, Marie altend.-iit ce coup comnic celui de. la 
morl. Adolfe pari aprb avoir nommé CalKerine, sa sceur, gou- 
vernante de ses états , et va faire le siège de Tournai , occupti 
par les Français, Celle expéjilion , pour le bonheur de Marie, 
devient fatale à ce prince. Il est tué, le ::2 ( et non le ^ ) 
juin 1477 ï dans une sortie Jes assiégés. (Poulan. , p. SS?.) Il 
avait épousé, le iS décembre i4l33, Catherine, h lantc, fiUe 
de Charles 1 , duc de Dourbon (morte en i4%) 1 dont il eut les 
deux enfants,qu'on a nommes plus liauL Philippine, sa filk, 
devint, en i^iiS , feuime de hené II , duc de Lorraine, 

CATHERINE. 

i477' Catherine, sœur d'Adolfc, continua d'être reccnoî 
gouvernante de l.i Gueldre après la mort desnn frère. Le 
fanis d'Adoll'e él;iifut toujours retenus h la cour de M.irieS 
Bourgogne- Catherine les redemande , et ne p?ut les obteal 
Indignée de ce refus, elle se tourne du cdlé de la France, i 
engage les étais de Gueldre à conclure avec le roi Louis XI ^ 
traité d'alliance dans lenud entra I»uis de Bourbon , évêque 
Liège. Cependant Guillaume, frère du feu duc Arnoul, 






iatousie le 



de la Gueldre entre Ij 



mains de sa niice. Appuyé par Tarchiduc Maximilieii , il m 
porte, l'an 1478, pour tuteur des enfants d'AdoIfe, tt,ffl 
celle (lu.ililê , prélend à la régence du pays. La ville d'ArnhcÎB 
(•I nuelques autres embrassent son paru. Catherine apoellu 



u secours Frédéric , duc de Brunswick, si 



laisse prendre la ville de Gra 



( Braliançons. Cathcrtu 



alors , par la médî.ilion d'AdoIfe de Nassau , maréchal de Ma» 
in<li<!ii, se délertnînc à traiter avec ce prince ()ui lui al>a:i^9 
donne, pour sa vie, la ville de Gueldre avec ses dépendancos. 
Tout le iluchô lie souscrivit pas ioconliaent à ce traité. La ilo- 



DES BTîCS DE flUBLDRE. agg 

chesse Catherine elle-même cxitortait les Gueidrois, par ses 
lettres, à rendre nul, par leur résislarce , l'abandon forcé 
qu'elle avait fait de ses états à l'ambiduc. Mais la terreur, en 
peu d'années, !m subjugua entièrement. Nimtgue ayant con- 
senti h se rendre , l'archiduchesse Marie de Bourgogne y arriva , 
l':»o 148', en l'absence de Maxirailien, son époux, cju'elle fit 
■lussitdt inaugurer duc de Gueidre et comte de Zutphen. 
l.'exemple de celte ville entraîna les autres , qui passèrent ra- 
pidement sous la domination de l'Autriche. (Contan. , p. S-j'i.") 

MAXIMILIEN. 

L'an li"? , MAXIMILIEN est reconnu snuveraUi deb Gucldrfr 
el du Zutphen par les quatre principales villes. Cependant il 
avait pour la Gueidre un rival , dont il ne se défiait point , dans 
la personne de Charles d'Egmond , £ls du feu dtjc Adolfe. Ce' 
jeutie prince , dont il faut retracer ici les premières aunccs , 
était ne , le 3 novembre 1 4137 , à Gra*e. Ayant été pris , comme 
onl'aditpliishaut, l'an i/tfà , avec Philippine, sa sœur, danS' 
Kimêgiie, par le duc de Bourgogne, ils furent conduits, par 
son ordre, à Gand, pour y être élevés auprès de Marie , sa fille, 
Le jeune Charles, à l'âge de dix-sept ans, fit ses premières 
armes sous les grands capitaines Ensïlbert de Nassau , Philippe 
de Ctèves , et Charles de Chimai. H accompagna Maximilien , 
CD 14^5, aux sièges d'Ath et d'Oudenarde, où il donna des 
preuves de sa valeur. L'an 1487 , ayant été pris avec Engilbert 
de Nassau, dans une embuscade près de Béihune, par le maré- 
chal Philippe des Querdes, général français, il fut conduit 
àAbbeville, et confié à la garde de Jean II , duc de Bourbon , 
son oncle maternel. Mais, l'an 1490 , ou 149' , Pierre II , duc 
de Bourbon, et la princesse Anne, sa femme, sœur du roi 
Charles Vlll , s'élant rendus caution de sa rançon, le firent 
venir à ta cour, où il fut traité avec honneur. Les états de 
Gueidre , que le roi lui-même informa par lettre de la déli- 
vrance de Charles d'Egmond , répondirent à ce monarque par 
de grandes actions de grâces , promettanl de satisfaire comme 
il l'ordonnerait, pour la rançon de l'héritier de leur duché, 
dès qu'il leur aurait été rendu. ( Puntanus, pp. 532-5jii-578- 
SSo-.'^8i-59o.) 

CHARLES D'EGMOND. 

1492- Charles n'Er.MOHD, étant venu de. Venloo à Nimègue, 
le 2» mars 1493 , y reçoit le serment de fidélité d'un ^and 
nombre de seigneurs qui s'y étaient rendus. On chasse de toutes 
parts les gouverneurs el les garnisons que Maximilien avait mis 



3oo rHiio'eoi.ociï hixtoriqus 

dans la (Tuetdre. Charl<<N prend Ji^s mesures pour se mettra « 

garde contre (es menaces Je. l'empereur Frédéric , qui prêleB. 

que h Gueldrc est dévolue , comme un fief vacant ^ à l'empire.. 
IVlaxijiiiiii^a étant devenu empereur, Charles va k saluer, eu 
j4g4i à Grave. Ce prince fait examiner par quaire eleclcurs. 
les pi-êtenlions de (LharlPs au duché de Gueidre ei au comté de 
Zulphcn. De l'examen dca commissaires ^ il résulte que l'an- 
cienne race (les ducs de Gueidre a fmi, l'an 143^, dans U 
Scrsnnne de Renaud IV; qu'Arnonl et Adolfe, son (ils, pire- 
e Charles, n'ont point reçu l'investiture de l'empereur, et 
qu'ayant porté, pendant près de cinquante ans, les armes contre 
l'empire , leurs uefs , pour cette raison , sont tombes eo com-^ 
niée, Charles ayant protesté contre cette décision , l'empereur 
entre en Gueidre pour la faire exécuter. Il prend fturemonde, 
et assiège ensuite, mais inutilement, Nimègue. Les affaires, 
d'Allemagne l'obligent bientôt a s'en retourner. 

L'an 1496. mort de U duchesse Catherine , tante du duc- 
Charles , à Nimègue , qu'il lui avait abandonné pour sa vie. Des- 
excursions nue Frédér.ic d'Egmond, général de l'archiduc Phi— ^ 
lippe, fait dans l'île de Tiel, excitent , l'an 1497 , les habîlanta 
de Mim^giie, voisins de celle île , i prendre les armes pour 
leur défense. Toute la Gueidre prend parti dans cette guerre. 
On conclut une trèAC pourdeun ans; maïs elle est violée l'aRnée 
aiii^'ante. L'empereur Maximillen entre dans la Gueldrc au moi» 
d'octobre, accompagne d'Albert , duc de Saxe, de Georges^ 
duc de Bavière , et du duc de Juliers. Mais tes affaires d'Alle- 
magne le rappellent au mois de décembre. Louis 
France, se rend médiateur entre le duc de Gueldie et le du&' 
de Juliers. On arrête une trêve à l'expiration de laquelle It 
liostilités recommenrertl. 

L'an ■^"4, l'arcliiduc riiïlippc déclare ta guerre à Charli 
pour l'obliger à quitter le litre de due de Gueidre. L'affaire 1' 
âprf^ quelques hostilités, est mist^ en arbitrage l'année suivante. 
Pliilippe, devenu roï du Castille. se dispose k retourner eiv 
son royaume où le duc de Gueidre avait promis de l'accom- 
pagner. Mais celuici, dès qu'il a touché les Irais mille florins 
d'or qu'on lui assignait pour son voyage , se travestit, monte 
à cheval, et se sauve à bride abattue en Gueidre. Philippe , 
voyant que sa proie lui échappait au momeut de son départ 1 
se contenta de laisser le gouvernement de la Gueidre à Henri; 
de Nassau, seigneur de Breda. Revenu dans ses étals, Charles 
y reçoit les troupes que la France lui envoyait , et , avec leur 
secours, il fait rentrer sous son obéissance plusieurs des villey 

aui s'étaient déclarées pour Philippe d'.^otrichc. La mort de 
erniet' , arrivée te a5 septembre t5o6 , fut une heUireuse — 






m 



johcfure pour Charl» d'h^miiii'l. Jlarguerile, nommée gou- 
vtrnanle des Pays-lias |}ar l'emiicreiir Maximilien, son péra , 
fit lie >ains eflbrli pniii' ani^tpr les progrès Ju duc de Gufldre. 
Il Pnlre, l'an x^ny , ilaris le Brabant où il sojniet plusieurs 
places dont le nillsge enrichit ses troupes. De là elles se rabat- 
teni sur la Hi^llande dont elles ravageni la campagne. 

I.'an i5oi) ( n, si.), l'emptircur , au nom de Charles, son 

fnli(-(ils, et le roi de France, concluent, le S février, à 
Irimelles, le Iraîrt* que Marguerite, fille du premier, et gnu- 
vernunte des Pays-Bas, avait ébauclié à Cambrai , pour établir 
une tr&ve dans la Gueldre jusqu'à la décisiûn du procès tou- 
chant la propriété de ce duché. 1^ doc Charles , qui n'y avait 
acquiescé qu'avec peine , ne tarda pas à. reprendre les armes. 
On ouvrit, sur le m^me sujet, à l.iége , en iSlo, de nouvelles 
conférences qui n'eurent pas un meilleur succès. Marguerite, 
.ipprenant , l'an i^i i , que les Cueldrois se sont rendus maîtres 
.d'Hardenvic et de Bammel , adresse les plaintes les plus amères 
au roi de l'Vance, qu'elle accuse il'élre dans les intérêts du 
duc Charles. Le monarque te nie, et n'est point cru sur sa 
parole. Les Trajectins étaient alors en querelle avec Fiédéric 
*\e Bade , leur cvéque. Florent , sei^eur d'Ysselstein , ami du 
préiul, ayant entrepris d'escalader Ulrechl au mois de février 
1^1 1 , à )a faveur des glaces , pst travcrté par les (iueldrois qui 
ioni échouer ce projet. I.-es Trajectins, exaltés par la recon— 
jiflissance , prorlamenl aussitôt leur avoué , Charles, qui dis- 
pillait cerlait>3 (iiris au prélat, ei reçoivent garnison gueldroise. 
(Voy- les éaéfoa tl'Utreeht.'i Marguerite, voyant la Hollande 
inenacee par le duc, a recours au pape , à l'empereur , au roi 
d'Aragon fl au roi d'Angleterre. Quinze cents hommes, qu'elle 
obtient de ce dernier, s'étant joints aux Autrichiens, investissent 
Venloo. Iji place , attaquée avec ardeur , est défendue avec une 
i^Salc vigueur. 1^ siège étant levé après trois assauts , les An- 
glais regagnent leurs vaisseaux. Le ilnc Charles , abandonne de 
la France, demeure quelque lems dans l'inaclioii. Mais, lors- 
qu'on s'y attendait le moins , il entre en camtiagne et paratt h 
la lèie d'une armée, le ali décembre i3t3 , à la vue d'Amster- 
dam, dont il brûle un des faubourgs, détruit en même-tcms 
les vaisseaux qui étaient à la rade, et va se poster ensuite dans 
le parc du château d'Ulrecht. La rupture de la France avec lui 
w'elait qu'apparente , et la gouvernante des Pays-Bas ne s'y 
^népreiiait pas. Ce fut de concert avec le roi Louis XII que le 
duc envoya le comte d'Oyen, l'an ii»i4- avec un corps de 
troupes qui ravagea la Drcnte , soumit la ville de Groningue , 
et étendit ses conquêtes dans la Frise, I.e roi I»ois XII étant 
tnort le 1**". janvier i5i5, Français 1 , son successeur, ménagea 



So%' àSMOKOlOGin HISTOEiqHTl 

une trive entre le doc de Gueldre et ses ennemis. Le duc partit' 
quelque tenu après à la tête de vingt^deux mille hommes ^' 
qu'on nommait les bandes noires, pour aller joindre ce mo- 
narque en Italie. Mais, apprenant à Lyon le succès de la bal aille- 
de Ma ri gnan, il tombe malade de regret de ne s'y être pas trouvé, 
et revient dans son duché. Il continue ses ravages dans la Frise,' 
dont les peuples, poussés â bout , se donnent , Tan 1623 , aa 
comte de Hollande , sous la suzeraineté de Tempire. (Pontan.,. 
1. x) , p. 712. ) Tel fut en ce pays le succès des armes autri- 
chiennes, que, le 23 octobre i523, Charles-Qnint se vit en-' 
fièrement maître de la Frise. (Cerisier, Hist. des ProQ. Urnes y 
lom. Il , p. ddq. ) Le duc Charles ne cessa presque point dans 
la suite d'avoir les armes à la main contre la maison (l'Autriche.- 
L'an 1S27, ayant pris la défense des Trajectins, brouillés avec 
leur évéque , il s'empare d'Utrecht et d'autres places. L'évêque 
a recours à l'empereur, qui, s'étant rendu maître des pay&- 
d'Utrecht et d'Over-Yssel , obligea le duc à conclure , le 3 oc- 
tobre 1028, un traite de paix à Gorinchem, par lequel il s'en- 
gageait à lui faire hommage des pays de Gueldre , Zutphen , 
Groningue , Ommelandes , Coevorden , Drenten , comme duc 
de Brabant et comte de Hollande. L'empereur promet de soi» 
Ciîté de lui payer une pension de seize mille florins, de lui 
entretenir deux cent cinquante cavaliers , et de faire évacuer 
les places de la haute Gueldre dont ses troupes s'étaient em- 
parées. ( Du Jardin , Cerisier. ) 

La haine de Charles d'Kgmond pour la maison d'Autriche, 
loin de diminuer avec Tâge, augmentait à mesure que ses forces 
Tal^andonnaient. L'an i5i8, il fit contre elle un dernier effort, 
en voulant engager les quatre quartiers de Gueldre , qu'il avait 
convoqués à Arnheim, à se donner au roi de France. Mais l»' 
proposition fut si mal accueillie , qu'on pensa dès-lors à lut 
donner un successeur ; ce qui parut d'autant plus nécessaire , 
qu'il était sans postérité légitime. On le croyait capable de 
iaire , par lui-même, un mauvais choix. Les états s'étant donc 
assemblés à Nimègue , l^ contraignirent , le ^7 janvier 1 538, 
après bien des contestations , à faire cession de son duché a« 
duc de Clèvcsy qui suit, et à se contenter d'une pension de 
42 mille florins. Le chagrin qu'il eut de se voir dépouillé de- 
stin vivant, fut si vif, qu'il en mourut, à Arnheim, le 3o juin 
suivant , dans la soixante et onzième année de son âge, et la- 
c|uaraute-sixième de son règne. Les uns l'ont comparé à An- 
iiibal , les autres a Mithriuate. Il réunissait les bonnes et les» 
mauvaises qualités de ces deux personnages. Il avait épousé, 
l'an i5i8, ISABELLiî , fille de Henri, duc de Bcunswick^ 
Lunebourg, morte en 1572.. 



VtS DUCS DZ< GITSLSBB. -3Ô3 

GUILLAUME, dit LE RICHE. 

iS/ÎS. Guillaume, dit le Riche, fils de Jean ]I[, duc 
de CliHes, de Berg cl de Juliers, né k =8 juillet iSiU, ftiC 
recDHUu duc de Gueidre et comte de Zulphcn, parles (-lats 
<Ju pays , et inauguré, du vivant du duc Charles d'Egmoud , 
en vertu de la transaction passée , entre ce prince et les c-tatï 
de son pays, le 27 janvier i538. Marie d'Autriche, gouver— ' 
nante dos Pays-Bas , fit de vains efforts pour s'opposer à cflte 
élection , alléguant divers traités faits anciennement enlre les 
ducs de Gueidre et la maison de Bourgogne, puis confirmés 
par la maison d'Autriche. Cependant l'empereur concluait à 
Hice, en Piémont, le mariage de Chrisline, sa nièce, veuve 
de Franchis-Marie Sfor^ce , diic de Milan , avec le prince Fran- 
çois, fils aîné d'Anloîne, duc de lorraine , ([Ui avait .lussi 
réclamé la succession du duc Charles , comme son plus proche 
héritier. Le mariage se fit eRectivement l'an i54!> : mais le 
but que l'empereur s'élail proposé en fisrmant cette alliance fut 

Le même GUILLAUME, duc de Gi?eldre, de Clèves, 
DE Berg, de Julieks, comte de la Maeck et de 

RAVENSBEnC. 

L'an iSSg, Goilhume succède au duc Jean III, son père, 
dans tous ses élats du consenlrment de ceux qui les composaient. 
L'an i54o, il va trouver Charles Quinte Bruxelles, sous un 
sauf-conduit, pour lui exposer son droit au duché de Guetdre. 
Mais, voyant que te conseil impérial ne lui est pas favorable , 
il passe en France, où il obtient pour épouse, l'an i^4o , 
JeaNWE , fille de Henri d'Albrel, roi de Navarre, et de Mar- 
guerite , sœur de François I", roi de France. Dans un nouveau 
voyage qu'il fait à P^iris l'année suivante , il célèbre"son ma- 
riage, le i3 juillet, â Châlellerault, avec la princesse qui n'élait 
pas néanmoins encore nubile. Cette alliance, comme un va le 
voir, n'eut point de suite, et Jeanne épousa, quekpies années 
après , Antome de Bourbon, duc de Vendôme. Guillaume, l'an 
i54a, joint ses troupes, sous la conduite de Rossem , fam.°ux 
capitaine^ à celles de France, pour faire la guerre à Charles- 
Quint dans les Pays-Bas. Rossem ravage le Brabant, tandis que 
le duc d'Orléans soumet le l-unemboorg. Sur la lin de la saison, 
le duc Guillaume , s'élant mis lui-même à la tête de ses troupes, 
prend Suitercn ; et, ayant bloqué, dans te mois de décembre, 



I 



I 

■ 



une nouvelle 

(ur lus troupes île l'empereur, près de SilUril. Mais Cliai les- 
Qu!nt, éiant arrrivé en personne dans le p.iys de Juliers, met 
le siège (levant Duereo, l'emporte au cinquième assaut, le ^ 
août, passe la garnison , avec une partie des bourgeois, au fit 
de l'épce, et réduit la ville en cendres. Ruremonde et d'autm 

f laces, craignant un semblable sort, envoient li'urs clefs i 
empereur. I.e Juc Guillaume , voyant celle de Venloo, tjue 
Charles assiégeaiti sur le point d'être forcée, vîeal s'humilier, 
prêsenlé par le duc de Brunsvrick et les auibasiiadcurs deCor 
Itigiie, devant ce prince, (jui le reçoit avec un visage sévère . 
le tient long-lemsàses genous, et le renvoie a» prince d'Orange 
et au cardinal de Granvelle. Il obtient enfin la pnix , le 7 sepi*,. 
tembrc i543, aux conditions qu'il cédera la Gueldre et IftJ 
Zulphen i l'empereur (cession contre lailuullcla maison d'Ëg<f , 
mond a toujours protesté depuis) ; tjue le généraVdc si's troitpesï 
Mailin Rossetn, prendra parti dans l'armée impériale^ ^u'U 
réformera ce qui a élëfaît au préjudice de ta religion catholique 
dans ses étais, et qu'il renoncera à l'alliance de la France^ 
Guillaume , en conséquence de ce dernier article , fait c 
par le pape son mariaee avec Jeanne de Navarre , et épouse, 1 
5 juillet iS4(î, à Ralisbonne, MAHtE, fille de Ferdinand , frèr(SÏ 
de l'empereur. Le duc Guillaume, depuis ce tems, vécut enT 
bonne intelligence avec la cour impetiatc, de même qu'avec 
tous ses voisins. Il eut également soin d'entretenir la subordi- 
nation et la tranquillité dans ses états. Jean de Ruremonde 
ayant tenté d'y renouveler les extravagances des Anabaptistes | 
il le fil brûler, l'an i5So, avec ses femmes. Ce coup de vigueur 
arrêta ceu\ île ses sujets que ce fanatique avait déjà sourevé». 
Guillaume mourut, âgé de soixante-quinze a^is, Ir s5 juin 
I ^Cjt , à Dusseldorp , ou il fut inhumé. Ue son inariag;e avee, 
MÂrIB D'At'TftlCHE (murlc le 12 décembre i58i), il eâd 
Charles-Frédéric, mort avant lui ; Jean-Guillaume, qui sait^J 
Marie-Rléonoie , née le i(i juin i55o, mariée .i Koenisbei^^ 
le i4<Jclobre iSy^i, avec Albcrt-FréJéric , duc de Prusse, 
morte l'an 1608 ; Anne, née le 1'' mars i55ï, mariée àNureia 
berg, le 37 septembre i5y4 , avec Philippc-I.ouîs de Bavi^rt 
comie palatin deNcubourg, inorle en i63a; Madeleîn 
novembre i553, alliée, le 4 oclobre iSyij, A Jean ilè Bavièrtj 
dur de Deus-Ponls; Charles Frédéric, né le a4 avril i555, morL| 
Bome le 9 février 157a; hlisabetit, raorle enfant; Sibylle, 
le sf> avril iSS?, fiancée, en tS8f>,à Philippe, margrave d 
Bade, pois mariée, ea 1601, i Charles dAutriche, fil* d 



LeiL ■ 




rémpercur t'efdiiiand , el margrave de Burgaiv, décédé sans 
eiiHints , en i6l8 , dix ans après sa femine. 

JEA.N GUILLAUME, DIT LE BON et LE SIMPLE, duo 

UL r.LÈVES, BERG, JuUEKS, COMTE DE LA MaBCH £1 QB 

Ravensjierg. 

iSga. Jean Guilï.Atjmë , dit lk Bos et le Simple , né le 
uH mai i562, succéda au duc Guillaume, son père , dans le« 
duchés de Clèves, Berg, Julien, et dans les cumlés de la 
JJarctï cl de Ravcnsberg. Avant la morl de Cli a ries -Frédéric , 
Kon frère aîné , il avait été chanoine de Santeo , puis de Co- 
logne, el ensuite fait, en iSya, aiminij-lrateur de l'évéclié de 
Munster. Ce prince mourut sans poslérité, te 2S mars iliog. 
11 avait épousé, 1"., le il> juin iSqS , Jac^ji/Elinb, fdle ainée 
de Pbiliuert, margrave de Bade-Baden. Ce mariage fut. cé- 
lébré avec la plus grande solennilé ; mais il n'eu fut pas plus 
lieureuK. Le duc étant lomlié en démence, Sibylle, sa sceur, 

Srincesse ambitieuse, s'empara du gotivernement , malgré la 
uchesse, re qui alluma entre elles une haine dont Jac(|ne- 
line pensa être la vinime. Accusée d'aduilère commis avec un 
gentîlliomme , elle <'ut contre elle les différents ordres de l'était 

3ui souffraient impaliemment la stérilité du mariage de leui^ 
uc, et désiraient ardemment qu'il pût en contracter un nou-r 
veau. L'accusation fui déférée à l'empereur Kodolfe II , qui 
délégua, pour en connaître, des juges tirés di's ordres pro- 
vinriaui. Il n'y eut point de jugement prononcé, quai qu'en 
disent quelques écrivains, qui prétendent que la duchesse fut 
condamnées mort et exécutée, mais varient sur le supplice 
qu'elle subit. Il est prouvé qu'elle mourut d'une mort natu- 
relle, l'an i5t)7- (Voy, la nule trois de Dillimar, à lu page 357 
i/e Tesrheamaeher.) Le dur Jean-Guillaume épousa, en secondes 
noces, Antoinette, lille de tharles 11, duc de Lorraine, qui 
ne lui donna point non plus d'enfanti. Elle finit ses jours le 
iB aofll itiio. La mort du duc Jean-Guillaume fut une source 
de guerres en Allemagne, On vit jusqu'à sept compétiteurs se 
Qispuler sa succession. Les trois premiers furent Jean-Sïgis- 
mond, électeur de Brandebourg, du chef d'Anne, son épouse^ 
jfille aînée d'Albert-Frédéric, duc de Prusse, et de Marie- 
tlconore, sœur aînée du feu duc j. Wolfgang-Guillaume de 
Bavière, duc de Neubouig, fils d'Anne, deuxième steur dé 
Jean-Guillaume; Jean II, duc de Deux -Ponts, fds de Ma- 
délairie , troisième soeur de Jean-Guillaume, Ces trois concur- 
rents prétendaient à la succession universelle. Les autres furent 
Charles d'Autriche, margrave de Burgavv, mari de Sibylle» 
XIV, ;■'.'* 



r?Ô6 CnBOnOLOfilE flISTORIQUB 

dernière sœur du mérae 'Inc. Charles de Gonwgue, duc de 
frleïers, demandait de son côtd le duché de dèves , comme 
descendant d'Engilbert , fds de Jean I, duc de Clèves ; 
enfin Robert de Ta Marck, comie de Maulevrier, se préli 
llail héritier du comté de la Marck , dont il norlait les armes 
et le nom. L'électeur de Brandebourg et \e duc de Ncubo 
dont les droits paraissaient alors les mieux fondés , convinrent 
provisionnellemenl â Dortmond, le 3i mai ttiog, de s'en i 
porter à des arbitres, et, en attendant, de gouverner en r. 
mun les «lats contestés, sauf le droit des autres prétendants. 
Cet arrangement fut approuvé, le i6 juin suivant, par les 
éiats du pays, qui rcconnureni , en conséquence, les deus 

«rinres pour leurs maîtres par provision, Mais l'empereur 
odotpbe ne fut pas du même avis. Sous prétexte de mettre 
en séquestre la succession contestée, il envoya secrètement 
l'archiduc Léopold d'Autriche, évéquede Straslxiurg, avec une 
armée pour s'en emparer. I^^éopold se rendit maître, par trahison, 
du château de Juliers. Henri IV, roi de France , était pris de 
se mettre en campagne pour terminer la querelle, lorsqu'il fut 
assassioé l'an itiio. Le marquis de Brandebourg, assisté parla 
France et la Hollande, et le duc de Neubourg, prince catho- 
lique, soulenu par l'Espagne , se disputèrent , danslasuile, 
teitesuCcession , qu'ils ont enfin partagée entre eux par uni 
transaction conclue à Clèves, le 9 septembre 1666. Le duché 
de Llèves , le comté de la Marck et celui de Bavensberg , de- 
vaient resler au premier, et les duchés de Berg et de Juliers ^ 
avec les seigneuries de Winnandal et de Breskenland , au se»' 
cond. On régla le même jour, par un traité séparé , ce qui 1 
teinail l'exercice de la religion. L'an 1671 , 1 électeur deBraO' 
dehourg et le duc de Neubourg firent un arrangement lou- 
chant la seigneurie de fiavenstcin. Le premier la laissa au se-*" 
cond , qui , de son cftlé , lui promit une somme de cinquante! 
mille écus d'empire, et renonça à ses prétentions sur le cumt^ 
«le Meurs, en se réservant la succession évenluelle, au dëfaulC 
d'hoirs milles, avec le litre et les armes de Ravenslein. Ils cr-- 
dorent encore depuis une alliance de successînn réciproqi 
dans les pajs de l'héritage du feu duc Jean-Guillaume L'e 
pcreur Leopold confirma, l'an 167R, celle convention. Mai) 
ni lui ni ses successeurs n'en ont donné l'investiture à aucuns 
■ des parties , k cause de ropposition constamment formée par 1^ 
maison de Saxe. (Gundling , Disc, sur les états élecluiaux, (. 11^ 
p. xSy ; Pauli , HUl. des étals du roi de Prusse . t VI , pp. 54»t 
4iio.)Ln ly^ï, l'électeur palatin , Charles-Philirpe du Neu!> 
bnurg, ayant fait prêter le serment de fidélité à Charles 'l'h 
dore, prince de SuUzbach, ion successeur éventuel pour 



DES DUCS DE RDELDaE." 3oj 

étatj de Ecrg ei de Juliers, le roi de Prusse et IVlfcleur de 
Saxe, réclamèrent, chacun de leur côlé, contre cette dt'itiarche. 
Mais, en lySg, le roi de Prusse, par traité conclu k la Haye, 
consentit , moyennant la cession qui lui fut faite de qaclques 
districts du duché de Berg, que le rameau palatin de Sullzhach 
possédât l'un et l'autre duchd de la métut? manière qu'en jouis- 
sait actuellement le rameau de Neubourg. Cette convention 
fut confirmée par te traité d'alliance conclu à Ttreslaw, le 5 juin 
J74i , entre la France et le roi de Prusse, Frédéric II : Bien 
entendu , y est-il dit , que sa majesté prussienne garantira de sa 
pari , conjoiniemeal avec sa majesté très chrelienae et les puissances 
ijttî interviendront au prisent traité^ à ladite maison palatine de 
Sultibach et ses descendants, pareillement à perpétuité, la posses- 
sion des états de Uerg et de Juliers r.onire toutes prétentions Jor- 
mées et à former., de quelque part ijue r.e puisse être . sur lu sue~ 
cession des états de Juliers et de Berg. Pareille clause dans le 
traité de fireslaw, du 4 novembre 174' , entre le roi de Prusse 
et l'éiecteur de Bavière : Bien entendu f porle-l-il , qu 'en consi' 
dèration d'une renonciation de cette importance (celle du roi de 
Prusse à Berg et à Juliers ), la maison palatine de Sultibach re- 
nonce, delà manière la plus forte et ta plus solennelle, pour elle 
et pour ses héritiers de l 'un et de l 'autre sexe , à perpétuité , à toute 
prétention sur - ce que le roi de Prusse possède actuellement de la 
surcession des anciens ducs de Clhes, Juliers et Berg, selon le 
traité de it)66. L'année suivante, l'électeur palatin, Charles- 
Philippe, dernier de la branche de Neubourg, traita avec le 
roi de Prusse, conformément aui dispositions qu'on vient de 
rapporter, et Charles Théodore, chef de la branche palatine 
de Sultzbach, accéda, comme partie contractante, à ce traité; 
en conséquence duquel, les états de Berg et de Juliers, lui 
prêtèrent serment de fidélité. 

Le roi de Prusse s'étant déclaré pour l'Angleterre dans la 
guerre qui s'éleva, en lySB, entre celte puissance et la France, 
les Français s'emparèrent, l'an 17S7, du duché de Clèves, 
qui resta entre leurs mainsjusqu'à la paix de 1763, qu'il fut 
rendu à ce monarque. 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



COMTES DE JULIERS {*)., 



Xi* pays de JuHers , en lalln Pagus Juliar.ens!s , s'êteii'l >»- 
jourd'hiii sur environ Jouze lifufs Je loiif^ueur ei sept iIp lar- 
geur, enlre la Meuse et Icllliiii, ayant au levant , rarclicvfcHé 
de Cologne; au seplenirion, la GuelJre ; le Jàmbourg an cou- 
chant, ei l'archevêché de Trêves au miili. Ln l'iaS, il eiail 
compose des villes et bailliagi'sdi' Jiiliers, deDueren, de "' 
tereifel, d'Euskirchen, Hembach, de Wilhelmslei 
Hengbach , de Nidecken, de Casier, de Grrvi'nlirnifh , i_ 
nangeraiJ , de '-mge. Je Berchteim et Je Gladbach. Depuis Cfl 
temS'là , les seigneuries de Nurnaar , de Nonvîcïi , Je 
joye, d'OUendorf, de Tnmbuurg , Je Liml>er" , de Mer 
de Vrenien , Je Sclioenforst de WickeniaJe , de MlUen et d^f 
Ileinsberg , y ont été incoqiorces. ( Aix-la-Chapelle , ville 
périale , y est eompriso , mais n'yapparlient pas. ) 

La ville de Juliers, située sur la Roer, à cinq lieues J"ah- 
la-Chapelle , et huit Je Cologne , était connue dts le tems des 
Bomains, rnmnie en font Tui les incriplions sépulcrales, qu'au 
rapport de M. Lamei { Acfa Àcaâem. Valal. , lom. 1 , [ 
on y a trouvées , de même ijue l'itinéraire d'Antoni 



(•) Cri article a ^I^ re' 
lirdel'abbay.!dcRoMuc 



Tpgcpar M. Emsl. dianoîoe T^gft* I 



ainsi (jue de taut le pays 
verneurs, iesciuels , après 



CHRON. BIST. »B5 COHTEC VB JULIBUS. c!fir) 

tables de Peulingcr. Lorsque les trancs s'en furent emparés, 
en dépend , ils y mirent des gou- 
ablissement des liefs , eik devinrent 
héréditaires. Deux écrivains onl principalement entre- 
pris de donner l'histoire des comCrset ducs de Juliers , savoir , 
au dernier siècle , Werner Teschenmacher dans ses annales 
Clmce , Julia, Monlium , Man:iz WeslphiUtB , Gueldiioi ei 
Zuli'hanicE : ouvrage réimprimé en 1731 , avec des notes et ini 
code diplomatîijue de M, Dilmar; et M, Buchels , bililîotlie- 
caire de l'électeur palatin, qui s'est déguisé sous le nom de 
Brosius dans l'ouvrage qui a pour titi'e , Juli.e MonÛum^iie 
comiliim , Jnnirhianum et ducum annales. Culoniœ , an. l'jSi. 

L'on et l'autre historiens parlent des premiers comtes de 
Juliers avec un ton d'assurance qui doit étonner , et presque 
toujours sans citer de garants. Les mémoires que nousi ioumis, 
l'an i7yH, M. Ernsl , nous onl mis en étal d'en dresser une 
liste mieux appuyée ; car elle est toute fondée sur des chartes et 



GODEFROI. 

GoDEFHoi , l'an 941 , suivant un diplôme de l'emper^uf 

Ottou I , conservé au» archives de l'église royale d"Aîx-U-Cna- 

peile, gouvernait le comté de Sunderscas, compris dans celui 

de Juliers, et dont la ville de Dueren était le chef-lieu. Voici 

un extrait de cette pièce : Noferini... ifiuiUler hùs... guamdam 

rem proprielatis nostriz fratribus in A^uisgrunî palaiia deo dtgaè 

^_ Jumatanlibus jure perlierud in proprûim donaeùitus , là est. , fccle- 

j^^Uua/R unamtjuit est conslrucia m villa ffua ûkitur Ùuira in Comi- 

^^^Hâfu Sunderseas , tihi Goâefridus cornes pnzesse dinùscitur , etc- 

J^^aiata vu liai, decemb. an. Dam. Incarnat. 341 1 Indu:. 3UV , 

^ 'fegnanle Ottone serenisi. rege anao Vi. Ce seigneur est expres- 

Bément nommé comte de Juliers dans une charte , non encore 

imprimée , de Wicfrid , archevêque de Cologne , donnée en 

faveur du couvent dej onze mille Vierges, l'an ij44- Dedipitts 

itaque eis In pago Jiûiacemi in r.omitatu Godefiïdi comtlis ia cat- 

tetlo quiid cognominatur Juliche, ecclesiam r.um miiasa , elc. Data 

Coloma III nonas Àng. anao gloriasiss. i-egis Ottanis Vllll. Gnde- 

froi se rencontre encore avec la qualité de comte dans une 

charte de l'an 962. (Kremer, Àcadem- Beilictg., tom. lU , 

^hm, 4i pag. tii.) 

EREMFROl. 

EnEMFllOl pent bien avoir élé le successeur de Goilefroi ; 
au moios avait-il, sous son gouvernement, des endroits qui 



3l£ ClUtOSOteWIË RhWWHQTlfr 

nues. Noua savons seulement i^ii'il assista, L'an iiCa , k f4 
translation des relique'i des trois mis , faites par ttenauil , a 
thevêque de Cologiit^ : cérémonie que Brosius mit, par erreur^ 
en 1177. Nous croyons que Guillaume tinil ses jours ver» 1 165«^ 
D'Alvf.Rade , sa femme, fille d'Albert, comte de Molbach'l 
(mariage qui ^1 tomber, par la suite , ce comié dans U Qiak^fl 
son de Juliers ) , Guillaume laissa dejx fils: Guillaume , qull 
(uit, et Gérard. 



GUILLAUME II , suiinommk LE GRAND. 



Guillaume U { IV, suivant lire 






s:"^,. 



,,) ( 



' i4\ 



ait possesseur 
a preuve dans 1 
charte de Philippe , arclievéque de Cologne , de celle année, 
où l'on remarque , entre les témoins , WUIelmut , eûmes Juiia- 
censis, et Gerardus , fraler cjus. (Kremcr, Di'/i/oin. Coi.,n. XXII, 

5ag. ^iay. ) Ces deux frères se trouvèrent aussi à l'cxpédilion 
'une autre charte de ce prélat, donnée en iiSS. (//«W, , n. sxsi, 
2,i4- ) L'un et l'aulre intervinrent encore à un diplâmc 
i des Romains, Ollon IV, duimé, le i3 juillet 1198, 
après le couronnement de ce prince, à Alï-la-Cbapelle. {Iliid., 
p, xxxjv , pag. 247. ) On voit yar là que Guillaume Et Gers»! 
suivirent (TaLord le parti d'Otlon contre Philippe , son rivaL 
Ils lui étaient encore (idples en iao3 ; mais l'année silivanie , ils 
■'élaii^nt ranges du cf.lé de Philippe, commi- le prouvent trois 
diplômes de celui-ci, dont le premier est du 13 novembre de 
cette année , et les deux autres du m janiier laoS. (ltiitkeiU| 
l. l,;,r. p. 55. Gekn Uùt. S. Engeli , p. 3i.) Ce fut m^i 
Guillaume, suivant Arnold île Lulii'ck , qui déb.iucha depuîj 
Otlon la plupart de ses partisans, Lonaue U mi Ottun , dit 
chroniqueur , que nons traduisons . aprif s'é.'re rrndu maître 
Cologne , se eoyiif presque au nimlile de la piiispiriti , un orage f 
aaifoel il ne s 'atUndoit pas , fou/'ii-foiip s 'êleeii roii/re lui. Guïl- 
iaume, comte de Guliik (Juliers) , roniniença à lui tendre sKri- 
Uinenf des emhûrhes ; et; ayant eimoyé drs hoinmrs de confiance 
it PhÏÏippe, il lui manda que s'il t'uuloit l'élever à une plus grande 
foriuiie et à un plus liant rang, il se faisait jori de ramrner à lui 
tous les partisans d'Otlon. et minie l'arrlm'tijue de. Cologne, tt 
plus délerminè d'eiitn eut. PhiJippe , enr hanté de rrtte propiisilian, 
iui \ndique un rmihe~oous pour cia/èirr ensemble. Lit. Phi/ippt 
et Gtailaume s'ilaiU liés pur In fui du snmfnl, le premier tfr« 
tarda au seeand un béarfire qui renduit sÎ-.t rents marna d'argent, 
*t le rennaya chargé â'ar el d'argani , ti<-er des haliîls précir.Hx tt 
de* chevauT- de lu meùfeure espire. (iuillatinie fini parole . et fit 
à bienpar sr$ prestiges, qu'il àélacha d'Qlton et l'archeoéqneJl 







DES COMTES DE JtJlIEltfl; 
ta plapaH dit seigneurs pour les faire passa- dans le parti de 
Pfti/r/tpe. {Ckfon. S/af; 1. 7 , c. 1 .) Le moiif ilu changement de 
Guillaume ne fait pas l'éloge de sa probité. Mais alors l'inléréc 
n'était-il pas le mobile universel de la conduite des grandi 
de l'empire ^ Guillaunie ne jouit pas long-tems de sa défec— 
lioii CI lie SCS intrigues, il mourut â la suite d'une longue 
maladie dans son cliSteau de Nid<^cken,vers la fin île l'an 1207^ 
selon Césaire d'Heisierbach, auteur contemporain, qui écri- 
vait en 1222. Cet ïiistorien le représente nomme un prince 
livré à la débauche, et croit ne pouvoir mieux le comparer 
qu'au tyran Maxence, 11 mourut sans laisser d'enfants. 

GUILLAUME III. 

1208. GuiLi\UME m, fils de Guillnume de Hengebach, 
ei neveu , par sa mère , du comte liuillaiime II , qui est appi'lâ 
son oncle maternel , uuuncuAis , dans des lettres d'investiture 
des fiefs palatins , à lui acordées , en laog , par HeAri , comte 
palatin du Khin , devint son Successeur en 1308, Dans le même 
tems paraît , dans un acte daté du samedi avant la Sainle-Luce 
(6 décembre), un Waleran, comte de Juliers, Nos E^rhardus r 
y est-il dit , miles de Haier, iiolam facimus quàd nos rrvcrenda 
domino nostro tVaIrcmao , romili Juliacemi dcmonstramus çui'n— 
^ue fnarrdt. (Kremer, tom. lli, pag. %,) Mais la qualité de 
révérend, ajoutée k son titre, donne lieu de croire qu'il était 
ecclésiastique. Etait-ce un autre' neveu de Guillaume 11, et 
cohéritier He Guillaume III ; c'est ce que nous ignorons, (juoi 
flu'il en soit, il ne reparaît plus dans aucun acte suivant. 
V| Guillaume III intervint , l'an i20S,au traité d'allianccconclil 
«ntre Thierri , archevêque de Cologne , et le duc île Brabant. 
(Mirœi , Dipl. Be/g. lom. 1, pag. 407.) L'an lai 1 , il partit 
avec le duc d'Autriche , le comte de la Marck , et d'autres sei- 

fneurs allemands, pour la croisade contre les Albigeois. {Cetsar. 
feisterlaeh , Uv. 5. Mù-uc, c. 21 , pag. 283. ) Il fut garant, 
l'an t2i4, tics conditions du contrat de mariage passé entre 
\Valer3n de Lirabourg et Krmessinde , comtesse de Luxem- 
bourg. ( Bertholet , Illst. de Lus'rmà , tom. IV , pr, a. XLV. ) 
Ktant rentré depuis *la mort de Guillaume 11 dans le parti 
d'Oltou IV , il surprit cette année , de concert avec le duc de 
Limbourg, le duc de Bavière, et l'enferma dans le château de 
Nidecken. Mais les troupes de Frédéric 11 ayant investi la ville 
de Juliers, le 8 septembre, après avoir ravagé le pays , Guil- 
laume abandonna de nouveau le parti d'Olton , pour s'attacher 
ii Frédéric. (Marienne , ampL Cal/, ^ lome V, page Sa.) 
L'an laiii-. il assista , le aS juillet, au couronnement de ce 
XIV. 40 



3l4 PHONOLOGIE BîST<^RIQim 

dernier, et prit la croix avec un grand nombre d^auiyés seigneur^ ^' 

Sour aller taire la guerre aux Musulmans d^ Egypte. {GodefruU 
fonachi S. Panial, Annal.) pag. 383. , Il mourut à cette expé- 
dition , Tan 1218. {Acta academ, Paiat, tom IH, pag. 55.} 
De N. , sa femme, lilte de Waleran III, duc de Limbourg, 
il laissa deux (ils, Guillaume, qui suit, et Waleran , qui épousa 
Mathilde, fille de Conrad , seigneur de Molenarck , comme il 
le déclare lui-même dans u.no charte de Tan i25o, en ces 
termes : IValeranus , germanus domîni WillrJmi comilis Julia- 
censis ^ notumfacimus,.*,. MaiMldis filia dorrdni Conrad! de Mul-* 
narcken nostra sponsa. (Brosius , pag. 35.) 

GUILLAUME IV. 

iai8. Guillaume, fils aîné de Guillaume III, et son suc* 
cesseur au comté de J.uliers , était neveu , par sa mère , de 
Henri IV, duc de Limbourg , et de Waleran de IVlontjoye, 
son frère , comme le prouvent des chartes produites par M. Kre^ 
mer. {Acta atademiœ Palat. tom III , pag. 3o2. ) L'an 1226^ 
il joignit^es armes à celles de Henri de Molenarck, archevêque 
de Cologne, pour ravager les terres de Frédéric, comte d'Isen- 
bourg, le meurtrier de saint Engilbert. Gélénius et d^autres 
modernes , qui mettent le comte de Jullcrs de cette expédition , 
le nomment Gérard. Mais ils se trompent certainement. L'an 
i23o, le i4 février, Guillai^me, étant à Francfort, renouvela 
à Olton l'Illustre , comte palatin du Rhin et duc de Bavière, 
l'hommage de certains biens qu'il avait tenus en nef-î de Louis, 
son père , et entre autres du rumilatus et fus Nernoris dont le^, 
comtes de Juliers. ont quelquefois pris le ti|re. M. Kremer , 
dans une dissertation particulière, identifie ce comté avec celui 
de Molbach , quoique d'autres pensent qu'il faut le concentrer 
dans l'enceinte de la forêt , nommée la Ville. Guillaume , s'étant 
brouillé avec Henri de Molenarck , archevêque de Cologne , 
vint, l'an i234 , mettre le siège devant le château de ce nom. 
Le prélat envoya promptement des troupes au secours de la 
place. Le comte alla au - devant d'elles , et les arrêta dans leur 
marche. Les deux armées campèrent long-tems vis^à-vis l'une 
de l'autre. . Mais , à la veille de livrer bataille, on fit la paix. 
(Freher,;t. I, p. 4o^0 ^^^ comte de Juliers fut fort attaché 
à l'empereur Frédéric II. Ayant formé une ligue avec plusieurs 
seigneurs, contre Sigefroi , archevêque de Mayence , et Con- 
rad, archevêque de Cologne, qui se prévalaient d'une excom- 
munication , dont le pape avait frappé ce prince , pour ravager 
$çs terres, il leur livra bataille , l'an 1242, et fit prisonnier 
Conr^rd, dont il tira quatre mille marcs d'argent , pourdédom— . 



• H 






I COMTES UE JCLIEM. 3i5 

■nagement 4sft frw <le la guerre ( Chron. Saliburg. ) Bemis en 
liberté , le ^l^lal recommença la guerre, et enij.igea dans son 
parti le duc de Urabant , avec le cimite de Sayne., cl d'aulres 
seigneurs. Guillaume fil lOte à celle ligue , sur laquelle il rem- 
porta divers avantages. Henri, duc de Limliourg, s'étaut rendu 
médiateur, l'an ts.^, ne peut obtenir du comte de Juliers 
qii"ime irève, qui devait durer depuis le 30 juillet de cette 
année , jusqu'au 6 janvier de la suivante. (Bulkcns , tom. I , pr- 
I'»5- S;.) 

I.c comte de Julîers ne persévéra pas dans son allachement 
à l'empereur Frédéric. Il abandonna son parti, l'an ia47i P^ut 
suivre celui de Guillaume, comte de Hollande, nDuvelicment 
flu roi des Romains, par les intrigués de la cour de Home, et 
V persista juqu'à la mort de cet anii-césar. L'an izS5, il 
pignit ses armes à celles de Henri de Gueldre , son beau- 
frire , nouvel évéque de Liège , pour réduire les Liégeois 
soulevés contre lui. Après quelques avantages remportés sur 
euï , il s'onlrdmit , à leur prière , pour les réconcilier avec le 
prélat. (Brosius, p. 3(5.) La guerre entre lui et l'archevêque 
(le (Pologne durait loujours. Les Coloniens, toujours soulevés 
contre ce dernier, choisirent pour leur défenseur le comte de 
Juliers, qui leur envoya Walerau , son frère, pour tenir sa 
place. Une lettre du pape, rapportée par Raynaldi (^ad an. 1^55, 
n. 55), nous apprend que Waleran fit des maux infinis i 
l'archevêque. Cependant on auteur du tems ne laisse pas do 
dire, en racontant la mort de l'archevêque' Conrad de Hochstadt^ 
arrivée l'an latii , qu'il humilia les ducs de Brabant et de Lim- 
^uurg, avec les comtes àc Juliers, de Bcrg et de ClèVes, et 
^j^fendil vigoureusement l'église de Cologne. (^Cfuvn. Mencoais, 
epud Hugo , sacra anliq. mon. t. I , p. 539. ) Quoi qu'il en soit, 
le con^ de Juliers n'eut pas de moindres démêlés avec £n- 
gilbort de t'^uquemont , successeur de Conrad. Mais il est 
ûitrifile de les ranger par ordre chronologique , à cause de la 
contradiction où se trouvent, à ccl égard, les écrivains qui nous 
les ont transmis. Suivant les annales de Nuys, Guillaume 



;nca, dès l'an i263, à se brouiller avec le prélat, en 
prenant la défense des citoyens de Cologne, soulevés contre 
lui. Kogilherl, ajoutent-elles, le battit, cette même aunée , 
dans une rencontre. J^ous ne garantissons point cet événement; 
mais, l'an iaC5,le4 décembre, Guillaume et Simon, êvÉque 
de PaJerborn, s'engagèreât , par conveption faite entre eux, 
à obliger l'^rchevéquc de tenir l'accootmodement qu'il venait 
de faire avec la, ville de Cologue, Le reversai du comte se trouve 
d.irns un ouvrage imprimé, fan lËtS;, à Cologne, sous ce litre» 
Secun's ad radktm posita., etc. Les querelles des Coloniens avec 



3l6 CHRONOLU&IB BISTOfiIQr& 

Etigîlbert sVlant renouvelées dniis la suile , GntlI^me flcWfift 
la garde de Cologne, que les premiers lui offrirenï, et défendit 
vigoureusement celle ville contre tes altaques du prélal'. Peu 
s'en fallut néanmoins qu'elle ne fût prise, l'archevêque ajaiit 
trouvé le moyen d'y introduire secrètement une partie de» 
siens par un canal souterrain. Hais des deuï chefs dn strata- 
gème , le seifjneur de Favouemont et le duc de Limbciiirg , le 
premier fut tué et l'autre fiiit prisonnier. Tous ceui (jui le» ac- 
compagnaient partagèrent le même sort. La thronioue bel- 
eique et celte de Cologne, rn allemand, raconienl la chose 
diversement, et 4ûent que le prélat fut fait prisonnier dans 
une bataille donnée, le i8 octobre laGS, entre Léchenvch et 
Zulpich, dans un lieu nommé Marienwald. La-chronique de 
Cologne ajoute qu'il ne fi]t relâché que le 28 avril 1 270 ; d'au- 
tres, avec plus de fondement, retardent cette délivrance jus- 
qu'à Tannée suivante. L'an 1372 , Guillaume se croisa avee le 
comte de la Marck et d'autres princes, contre les ïnBdÈlcï 
de Prusse , iju'ils taillèrent ta pièces dans une grande bataille, 
suivant Longîn , cité par Raynaldi. Sifroi de 'W<'sterL»ouTg, 
successeur d'fc'ngîlbert sur le siège de Cologne , ayant renouvelé 
les différents de son prédécesseur avec les citoyens de celle ville, 
i;euic-ci trouvèrent encore un défenseur dans le comtede Julicrsi 1 
Pour les servir plus efBcacement , Guillaume forma une ligiie^l 
!e 7 avril 1^77, avec trente-cinq autres seigneurs de \Vest-»J 
Jjhalie , suivant un histoire manuscrite de ce cercle , compoa 
Gérard Kleinsorgi où l'acte de cette confédération, passé 1 
ts, est rapporté. Dans te même tems, Guillaume était eî" 
guerre avec les habitants d'Aix-la-Chapelle, au sujet d'une foi* 
qu'il prétendait lui appartenir en qualité de sous-avoué de cet! 
ville. On présume aisément que rarchev(''qoe de Cologne ir 
manqua pas de se déclarer pour eux. Guillaume, l'an IB7S,, 

la télé d'un grand nombre de chevaliers, étant entré, la nui 

«lu 16 au 17 mars, dans Aix-la-Chapelle, tes habitants, malgré 
la surprise, courun-nt aui armes. Le combat fut très-vif, et le 
comte de Juliers y périt avec son fils alaé, , de même nom que 
lui. (Bulkens, pag. 391 ; Pontanus, pp. i5fi-iS7.) Telle fut la 
fin Iraginue de ce prince guerrier , qui fut enterré dans l'église 
paroissiale dcNîedecken, où l'on voit encore sa tombe, suivant 
Brosius. Il avait épousé, 1°. MabaUERIte DE GireLonE , 
morte l'an iï5o au plus tard; 3". RiciiAnDE, que Kremer 
donne pour fille de Wateran , ducdff Limbourg, vÎTanie encore 
en 1287, dont il eul'Guillaumc, tué, comme on l'a dit, avec 
sou père, et laissant deui fils de Marie, son épouse, fille de 
llui , comte de Flandre ; Waleran , qui suit ; Gérard qui vien- 
dra ensuite ; et Otlon , prévôt de Maê'slrichi ; Catherine, kramn 



&^ 




pan, seigneur d'Areialterg, Alix, mariée 1 Guillaume, 
eàe Salm, en Aidennes; Malliilde, qui n'élait point encore 

mariée en i2<^7 ; et N. , feinme de Jean, comU Je l.oss. 

Bulkensfail sorlir celle-ci du premier lit. Guillaume V. suivant. 

Kreiner, est qualifie sur son grand sceau cumes Semons, nu 

comte Sauvage. 
M^ WALERAN. 

Hp 1278. WALERANiprévôldê l'église royaled'Aii-la-Chapclk, 

"roulul, comme liisaînédc Guillaume IV, lui succéderau comté 

de Juliens. Mais Gérard , son frère puîné, réclama cette succès^ 

lion , prétendant que Waleran y avait renoncé par sdd entrée 

dans le clergé. Jean , comte de Loss , leur beau-frère, choisi 

Eour arbitre de la querelle, se dmda pour l'aîné, Gérard eut 
ien de la peine â se soumettre à ce jugement; mais enfin les 
deux fr^es s'accommodèrent. Il en ctail Icms; car Sifioîd, 
archevêque de Cologne , avait profité de leurs divisions , pour 
s'emparer de presque loul le pays de Juliers. Les écrivains ^aî 
parlent des ravages c|u'i! y fit , ne s'accordent pas sor les cir- 
constances. Celui qui en parle d'une manière plus conforme aux 
anciens monuments, est WerneiTilianus dans ses annales de 
Nuys. Cet bislorien niius apprend que Sifroid, dès qu'il eut 
appris la mort du comte Guillaume, leva une armée avec la- 
quelle i) entra dans le pays de Juliers, où il pilla , brilla tout 
ce(]u) se trouva sur son passage, jusqu'à la capitale qu'il assiégea 
ensuite apràs avoir obligé le duc de Brabant , qui était venu au 
secours Ue ses cousins, à s'en retourner; que les habitants de 
Juliers , ayant fait une sortie pendatit le siège , furent battus et 
'jnis en fuite; après quoi la ville ayant éié eoiilrainte de se 
rendre, le prelat en fit démoUr la citadelle qui touchait aux 
mursf et en bâtit une aulre'fti centre de la ville; qu'il prit 
louteslesautres places, à l'exception de Niedeekeneid'Hambaehi 
qu'il en rasa une partie et en fit construire d'autres plus fortes. 
A la vue de ces hostilités, les princes de la maison de Lim- 
bourg, parenU de ceux de Juliers, el le comte de Loss, firent 
une confédération pour arrêter les proerès de l'arizhevéque. Le 
succès qu'elle eut, fut d'amener Sifroid , par la médiation du 
duc deBrabanl, à mi traité d'accommodement, oui fut conclu, 
le 14 octobre 137^ à Pinzheim , près de Lecbenicb , et au 
moyen duquel l^aleran recpuvra toutes les places qui lui avaient 
été enlevées. La comtesse^ mère de Walcran , el ses fils , s'ac- 
roœmodèrenl avissi, le 30 septembre de l'année suivante, avec 
la ville d'Aix-la-Chapelle. Lan ia84. dans la querelle pour la 
succession au duché de Limbourg, Waleran se déclara contre 
le duc de firabant , dont eusuite iï embrassa le parti. Il engagea 



I 



320 mnONOIOGIE BISrOttlQUE 

l'étcnilaït ikpuis l'ahljaye de Sainl-Corneille. prài J'Ai\-l*^ 
Chapelle, jusqu'au cliâieau de Montjoye. Ce fut dans la dîèlP de 
Spire, lenuaPan i3j6 , que le diplôme où ces grâces soai énon- 
cées, fui nxpédic. Elle avait été crinvot^uéc pour faire la paÏK 
de l'empereur, jusqu'alors vainement lentêe avec le pape Ih;- 
noîl XU f successeur de Jean XXll , qui avail exco^1muai£^ et 
déclaré ce prince déchu de l'empire. Ulric, évéque deCoire, 
etGcrIac, comle de Nassau , furent députés par la iliéie a la 
cour d'Avignon , pour traiter avec le ponlife , qu'ils Irouvéïeiit 
dans des disposîlions favoraiiles. Mais b eoiirde France iraversj 
sourdement la négociation. Pour lever cet tibsl.icle. IVnniereur 
envoya le marquis de Juliers au roi Philippe de Valois , avec 
lequel il fit , au nom de l'empereur et de 1 empire . un traité 
d'alliance qui fut signé au Louvre, le -/i décembre i'ià6, el ra-> 
tifié par l'eiTipereor à Nuremberg , le premier février suivant. 
Par ce traité, le monarque français se lUlt-ùl d'empêcher l'em- 
pereur de s'allier avec Edouard 111, roi d'Anglelerre, qui me- 
naçait la Franced'uue invasion, et l'empereur comptait, de son 
cAlé, ne Iroiiver plus d'opposition i sa réconciliaiinn ai-ec le 
p»pe. Dans celte confiance, Louis de Bavière fit parlir4c comte 
palaTîn avec le marquis de Juliers pour la cour d'Avij^non. Ils 
irouvËrent le pape aussi bien disposé qu'iU pouvaient le sou- 
haiter. Mais les lulri'gues des cardinaux français firent échouer 
les bonnes intentions du faible ponlife , qu'ils obligèrent, es- 
cilf'spar leur souverain, de renvoyer les ambassadeurs Hns leur 
rien accorder. Telle était ta fausse politique , pour ne pas dire 
la mauvaise foi, de tliilippc de Valois. L'empereur, pour se 
venger, se totfnn du cAlc du roi d'Anglelerre, et lui envoya 
le marquis de Juliers, i|u'Ëdouard chargea de lui ùire le plu» 
d'alliés qu'il pourrait dans lesJ^B-Bas. Pour âter à Guillaume 
tout sujet de crainte, ËdouardlOTprumït une pension de quatre 
cents livres sierlings , au cas que Us biens malernA qu'il possé- 
Oail en France , fussent confisqués. Il faut se rappeler qu'il éiail 
hérilii'r, par f.lisubeth , sami^ie, d'Hervé, si)n bisaïeul , der- 
nier seigneur de Vierzon. Le cas prévu arriva, el le monarque 
anglais lut fidèle ù sa p.tiole : le marquis le fui également a 
engagements ; ce fut par ses soins qu'Ldouard , i-liitl parli 
Flandre oii il rassemblait ses fl.>rces, vinlJrouver, ah mois 
septembre \'i66, l'empereur à Cobli-niz, « reçut de lui le lilro 



ieaire de l'empire dans la Belgique. De là , ces deux souvfr* " 
rains étant descendus à (^logiie, ils y jurèrent un Iraîte d'al-t J 
lianee pour sept ans cnnire ù France , mojennant une soiumay 
de quatre ceni mille Uurins qu'hduuard promit à l'empereur ^ 
«t dont il paya comptant ta meilleure iiarlie. De retour Ut^ 
Flandre , Edouard nomma ses lieutenants- généraux , le marquW j 



%is bru u i^Sa 

âeJuliers, le duc de Brabant, rt le comte de Hainaut, da 
hoUanile et de Zi^clanje. Il accorda de plus au iiremier , une 
■pension de mille livres sterlings, avec promesse de huil livres, 
mi'me monnaie , par jour, lors^n'il serait emplayé à négocier 
pour lui. C'était eu etïêl dans l'art des négociations que Guil- 
laume excelbit , et ce fut par-là qu'il mérita les faveurs et 
l'amitié d'Edouard, Ce monarque, l'an i34o, après l'a voir 
éréé comte de Cambridge et pair d'Augleterre, l'envoya en 
france pour traiter d'une trêve ! etnploi dont il s'acquitta heu- 
reusement. L'empereurayant retiré, l'an i^4'i l^'itr^devltaira 
de l'empire à Edouard, Guillaume ne discontinua pas de la 
servir. Nous le voyons député , cette mêoie année , par ce mo- 
narque au roi de France , pour traiter de la paix avec lui. Louis 
de Bavière étant itiort eu i347, le marquis de Juliers, qu'il 
s'élalt attaché par tarit de bienfaits, fut également recherché 
|)ar l'empereur Charles IV, son successeur et son rival. L'occa- 
sion de l'obliger était présente , et Charles ne manqua pas de 
la saisir. La lignée des comtes de Hollande et de Haînaut sVtant 
éteinte en i345 , Marguerite , sœur du dernier comte et femme 
de l'empereur Louis de Bavière, avait poi1é ses domaines ildo» 
la maison de Bavière. Ciuillaume ayant réclamé celle succes- 
sion après la mort de Louis, au nom de sa femme , le nouvel 
empereur lui en adjugea, l'an i348 , la quatrième partie dont 
il lui donna l'investiture. Cette année, d'ailleurs, fut malheu- 
reuse pour Guillaume. Un tremblement de terre renversa la 
ville de Juliers. Gérard , fils aîné de Guillaume , et son frère 
puîné, s'étant brouillés avec lui, furent assez dénaturés pour 
le mettre en prison. Mais il en fut tiré, peu de téms après, 
^r les soins de Baudouin , archevêque de Trêves, et d'autres 
seigneurs. Pontanus met la captivité de Guillaume en l'iGo. 
Mais l'auteur de la vie de l'io^ev^que Baudouin marque la 
date que nous Suivons , et d'aill^irs il est certain que ce prélat 
mourut en i354. Les disgrâces que Guillaume venait d'essuyer 
furent compensées par les bienfaits dont l'empereur le combla 

Sresqu'au sortir de sa captivité, l'an i34g, le lo février, 
l'admit dans son conseil intime , avec la promesse de lui 
conférer le premier fief d'empire qui viendrait à vaquer , excepté 
l'Autriche, la Bavière, la Misnie, le Brandebourg, la Saxe et 
le'Tirol. Il y eut cependant guerre entre le père etielîls; 
mais elle fut terminée par un Iraïlé de pain conclu à Heim- 
bach le mardi après la Saint-Pierre ( 3o juin) i349- L'an 
iSS^ , l'empereur Charles , dans la diète de Metz, où il pu- 
blia la bulle d'or , couronna ses faveurs envers Guillaume, en 
érigeant le pays de Juliers en duché , et dans le ml^me tems, 
il décora du titre de comté la seigneurie de Fauquemont , qK2 
XIV, 4» 



Xiix CnàoSOLOGlS HISTOBIQ^K 

Gtiîllatiniè avait acquise , par achat , depuis trois ans. Mal) 
la validité de cette acquisition fut , depuis, contestée parWa^ 
leran de Fauquemont, à qui Tempereur adjugea la terre en. 
i363é Waleran la vendit , peu de tems après , au duc de Bra^ 
bant. YButkens , tome I , page 4^4* ) Guillaume finit ses jours 
ail mois de février i36t. Il avait épousé, l'an i3i3, Jëaïine^ 
fille de Guillaume I, comte de Hainaut, et 111*. du nom, comf^ 
de Hollande (morte en 1 374)9 dont il eut Gérard, comte de 
Berg ; Guillaume , qui suit ; Elisabeth , que son père , de con^ 
éert avec le roi d'Angleterre, avait voulu marier, en iS^y^ 
à Renaud III , duc de Gueldrc , au préjudice de Marie d^ 
Brabant , à laquelle il était déjà fiancé, et qu'il épousa depuis; 
Richarde , femme d'£ngilbert III, comte de la Marck ; Jeanne , 
tnariéc, en i35S, k Guillaume, comte de Wied; Philippine ,' 
alliée à Godefroi III , seigneur de Heinsberg ; et Yolande ^ 
femme de Frédéric , comte de Linaiige. 

GUILLAUME VI , bit LE VIEUX. 

l36i. Guillaume VI succéda au duc Guillaume Y, son 
pire. L'an 1371, il est attaqué par Wenceslas, duc de Brabaot 
et de Luxembourg, pour les marchands de Brabant qu'on avait 
dépouillés sur les terres de Juliers. Les comtes de Namur et' 
de Saint -Pol prirent parti pour Wenceslas. Guillaume eut 
pour alliés les ducs de Gueldre et de Berg. Bataille donnée entre 
Wenceslas et Guillaume*, le 22 août de cette année, dans la 
laine de Bastweiler, qntre Juliers et Maëstricht. Le duc de 
uliers y fut vainqueur , après avoir taillé en pièces environ 
quatre mille hommes. Grand nombre de chevaliers y perdirenl^' 
la liberté ; Wenceslas lui-mt^u^ y fut pris et emmené prison- 
nier au château de JNiedecken* Guillaume, à la demande de la' 
ducitfsse (le Brabant, est menacé d'efro mis au ban de l'empire' 
par Tompcrcur Charles IV, frère de Wenceslas. L'an 1372, au. 
mois d«' juin , voyant l'empereur pr^l à marcher contre lui avec 
une anTKM* aussi lortt' par le nombre, que brillante et pompeuse 
par la qualité des thifs, il avise aux moyens de conjurer cet 
orage, i'u consérnM»nrc , au mois de juin , il se rend à Aix-la- 
Chap'lh\ a\îprcs de l'empereur, avec Wenceslas, qu'il remet 
en liber t(* s.n»s 'xii^'T <'(. rançon. Charles, après une sévère ré- 
piîniantle, non .smleiMffdt lui pardonne, mais le ciée duc 
de (ineUlre poijr Guillaume, son fils, et charge le père de la' 
n'goîhî^ jx-iuiau» sa îiiinorit»'. (Butkens, Zanlliet.) Guillaume, 
à la l».»iai;l(' de Ha.sl^vr^!^'^, avait fait vœu d'aller faire la guerre 
aiîx j)a'{'Mrs de IViîisc. S'vtan! mis en marche pour l'exécuter en 
iSj-S.^ il e^t anête, sur les frontières de la hauta Allemagne^ 



î 



DES DCCS BE JULIEHS, 

par (ks nobles, qui l'enfermenl dans un château. Mais sur 
menaces des chevaliers Teuloniques, préis à le délivrer de iorce, 
il esl relâché, et va les joindre, au mois de novembre, ea 
Prusse, où il donna des preuves de sa valeur contie tes Infidèles. 
tCorn, Zanfiiet, adkuncan., pag. 3oi.) 

Guillaume, au cooroiineœenl de Wenceslas, roi desKomains, 
où il assista, fut nommé, l'an i^yG , comme arbitre parce 

S rince , pour accommoder le dirTérenl de l'électeur de Saxe et 
u doc de Brabant, qui se disputaient le droit de porter l'épée- 
impériale à cette cérémonie; il décida en faveur du second ^ 
comme on le voit par un reversai donné h celui-ci par l'cmpe" 
reur, son frère. Ainsi , la grande chroniaue belgique se trompe 
en disant que ce fut le fils du margrave de Brandebourg qui eut 
cet honneur. Guillaume assista aussi , l'au l 'i&o , mais comm^ 
spectateur, au couronnement de Charles VI, roi de France. 
S'étant ligué, l'an i3i3B , avec le comte de Nassau et d'autres 
seigneurs, il déclara la guerre (on ignore pour quel sujet), aux 
ftlessins. 

L'an i3()3, le duc Guillaume meurt, suivant Ponlanns, le 
i3 décembre, laissant de Mahie, son épouse, rille de tie- 
naud l[, premier duc de Gueldie (motie le la mai 1404], 
Guillaume son successeur, et déji duc de Gueldre; Renaud^ 
successeur de son itère; et Jeanne, femme de Jean d'Arkel. 

GUILLAUME VU. 

l^6^y^. Guillaume Vil, duc de Gueldre, succéda à Guil- 
laume, son père, au duché de Juliers. Il mourut sans cnlànti 
légitimes, au mois de février i4oa. ( Voyez Guillaume I , duc de 
Gueldre. ) ^^ 

RENilt) IV. 

i4o3. RenAitd IV, frère du duc Guillaume, et son successeur 
dans ses états de Gueldre, de Zutphen et de Juliers, fut le qua- 
trième de son nom, duc de Gueldre. L'an 1407, Jean, sire 
d'Arkel ,^et Guillaume, son (ils, dont les sujets s'étaient donnès- 
au comte de Hollande , implorent le secours de ce duc , leur pa- 
rent , pour rentrer dans leur seigneurie. Renaud fournît à Jean 
d'ArVel un corps de troupes, avec lequel il surprend, le i3 sep- 
temlu-e , Gorcum pu Gorinchem, ville de U seigneurie d'Arkel. ' 
Il va se prcseaier ensuite devant Arlcel, dont il forme le siège. 
Le comte de Hollande l'oblige à se retirer , et assiège Gorcum à. 
son tour. La ■place est délivrée parle duc de Ooeldre, qui, ay anf 
ensuite vainement tenté de reprendre le siège d'Arkel, s'en 
lêtourne dans ses étaU. Les aires (i'Arket , voyant alor? qju'i^ 



3ȕ '^H 
ir les ^1 

orce ^1 



I 



Stf^ tMRÔWOT.'OClï mswnTQiTE ' 

n'auront jamais la paix avec le comlc de Hollande, transpnrtenfg 
Van 1409 > 3U duc Renaud, leur seigneurie, à condition quVllM 
denieureraf perpétuellement unie 3 la Gueldre, Son inaugura-jl 
tion,pDurcetle9eiçneurie,ser]tle aS août. ^Ponlanus, p. SyfUB 
La nt^ute année , il Sjt attaqué par le duc de Brabant , ({u'Ul 
déiarme en se sminietlant è sa féodalité pour le pays de Knil&j 
,L'an i4iO) 3U priniems, trêve conclue pour trois annêps, pM 
la médiation de L'évëque de Liège , entre le duc de Gueldre (M 
le comte de Hollande. La guerre recommence , l'an 1 4 ' " . i l'cifl 
piration de la trêve. Le comte de Hollande envoie des vaisseatuS 
sur le Zuyderzée, avec lesquels il incommode extrémemeim 
Harderwyck , Elburge et les lieuKvoîsins. Amersfort lui facilitï^ 
le moyen de pénétrer dans la Veluwe , où il met en cendres M 
petite ville ik Nieuwicerk. Renaud se détermine enlin à la paii^ 
elle est cuncine le ati juillet t^n. Le duc de Gueldre , moyeaP 
nant cent mille couronnes de France (1) ; cède au comte dm 
Hollande toutes ses prétentions sur le pays d'Arkel , qui , depu{a 
ce tems , demeure uni k la Hollande. Guillaimie d'Arkel accéda 
au traité, malgré son père, qui aime mieux se retirer dans hU 
terres qu'il possède en Brabant, que d'y souscrire. I^ duc *mI 
Gueldre donne à Guillaume , en dédommagement 1 le cli3iea|fl 
d'Oyet) , avec la seigneurie de Born. Il noue , le a avril de l'«n 
i4'7i une ligue avec les quatre électeurs du'Bbin, tendantell 
s'entr'aijer pour la conservation de leurs états respectifs. Im\ 
duc Efenaud finit ses jours, l'an 1433, par une mort subite, lin 
3.^ juin, suivant Viltius, auteur presque contemporain, et piçj 
conséquent prcFérable à*Brosius, qui met rei événement, au sw 
du même mois. Ce fut un prince recommandable p.-ir sa droi-i 
lure, sa fidélité à garder sa parole, ei son .iinour envers se» 
sujets. Le* noms autrefois si funçjles de Hekeritiiis et de Bron- 
cKorts se perdirent toul-à-faït ïOus son gouvernement. Il avait 
épousé, au mois de r ' ' " *' " ' ' 

s Harcourl e 



fiints légitimes, mais seuler 



I nis 









a d'Edouard de Jidiers. Marie , après sa mort , se remaria^ 
u février 1436 (v. st. ), à Robert, prince de Berg. 



ADQLFE ET JEAN DE HÈINSBEHG. 



1433. Adolfe. duc de lîerg IX'., ( 
Heinsberg, après la mnrt Ju duc Kenaud, 






(t) Elles liaient d'or fin cl de la taille de 64! 
rdeac actuelle (i 787) MrafI de t,3^^,i&i Ur, to *, 



n A\i pays de Juliers , si 

'e Ju premier. Ils furent r 



I>ES DTJCS tIE BTfHG FT DE JDtlKBS. SiS" 

mt la convention dont on a parlé 
nt reconnus par les états, sauf les 
droits d'Arnoul d'Egmond , qui était aussi parent du duc Re- 
naud. Adolfe alurs prit le litre de duc de Juliers , et Jean de 
Heinsberg se contenla de cciuî de seigneur de Juliers. Adolfe 
prélendit de plus aux autres parties de la succession de Renaud, 
etoblint, l'an iifîS, de l'empereur Sieismond, des lettres d'in- 
vestiture pour le duché de Gueldre et le comté de Zutphen. H 
y eut une longue guerre à ce suj^l, entre lui et Arnoul d'Eg'^ 
mond, dans laquelle il fut puissamment secouru par Thierri » 
archevêque de Cologne. L'an i4aq , Frédéric , comte de Meurs, 
engagea les parties à mettre leur oifferent en arbitrage. On con- 
vint d'une trêve de quatre ans; c'est tout ce qui résulta des 
conférences qui se tinrent à Meurs sur ce sujet. Mais, l'an i433, 
les hostilités se renouvelèrent. Enfin, l'an i+^y, on était en 
voie d'accommodement loi-sque la mort enleva , le i4 juillet, 
Adolfe & Cologne, où il fut enterré dans l'abbaye de âaint- 
Marlin-le-Grand. Son épitaphc se voit aux églises de Saint- 
Martin de Cologne, et du Vieiit-Mont. Robert, son fdsuniqne, 
(pi'il avait eu d'YOLANDE, fille de Robert, duc de Bar, l'a»ait 
précédée, l'an i434i au tombeau, sans laisser d'enfauts de Ma- 
rie d'Harcourt, sa femme, veuve i\a Renaud IV, duc de Gueldre, 
fju'il avait épousée, l'an 1426. (Foyei Adolfe, duc de Berg.} 
l)ans un acte de i463, publié par Kremcr {Acad. Belt., tom. 1, 
pag. 122 ) , il est dit qu Adolfe avait eu pour femme Elisabeth 
BE BAVitaE , vivanie encore alors. Elle fut par conséquent sa 
seconde femme. Le duc Adolfe mourut accablé de dettes. 

t GÉRARD ,VII<. DE JULIERS, I". DE BERG. 
1437. GÉltARD , comie de Ravensberg , neveu d'Adolfe , 
r Guillaume , son père , devient , à l'âge de vingt ans , le 
successeur de son oncle aux duchés de Berg et de Juliers. Mais, 
par le conseil de ses amis , it resta quatre ans encore dans son 
comté de Ravcnsberg , jusqu'à ce que les dettes dont ses duchés 
étaient chargés fussent ac([uittées. Arnoul, duc de Gueldi«, 
formait contre le duc de Juliers des prétentions qui, n'ayant 
pu s'accommoder, aboutirent à une guerre ouverte, Mais Gé~ 
rard , l'ayant battu le A novembre i444 > 1* contraignit de s'en 
retourne^' et de laisser en paix le pays de Juliers. Comme la 
léie de saint Hubert concourut avec la victoire qu'il remporta 
■iir Arnoul, it institua en l'honneur de ce saint un ordre de che- 
valerie, qut subsiste encore , et dont les princes palatins sont 
In grands- maîtres. On vit entrer à la première promotion dans 
«et ordre , les degx électeurs de Saxe et de Brandebourg , dix- 






' oniMWoMGiK ^BomavfBm - 



fiite i- 



■epl comtes et environ quai 
le 2 avril , Gérard , duc de 
de Blankenheim el seignt-ur pour un quart de Julifr.t , daaa 
nërent à Charles Vil, rnî d« Frauce , et nu daupbin X^oui^ 
scQ fih, des lettre.': duiit nous avons sous 'les yeii\ I w_ 
par lesquelles Us se reconnaissaient alliés de ces deux princa 
et obligés de les secourir , eut et leur vassaux , envers et (;onin] 
tous , à l'exception du roi d'Auglelerre , avec lequel ta Francf 
«lait sur le point de faire la pai». {Rec. de Fonianie 
i^ duc Gérard , en 14^0. quoique marié depuis quatre ans3 
il'avaîl point encore d'eiifanis. Tliierri , son oncle , archev&luj 
de Cologne , prît de là occasion de l'engager k trailer avec la 
de son duché pour une somme de cent mille Horins. L'acte il 
vente fut dresse dans une grande assemblée des--I^neurs, la veilli., 
de saint Jacques i45o, et signé par le duc, l'arcUeyfique, le doyenf 
el tout le chapitre méiropolilain. Mais les enfants qui viapeat 
ensuite, rendirent ineflicace ce trailé, qui snfGrait seul poQS_ 
montrer le peu de sens de ce prince. L'art liy-i, aprè 
é contre la donation qu'Amoul , iluc.de Gueldre 
c ses étais , sur lesquels il avait des prétentions, au dot 
de Bourgone, il prit le parti de transiger, le 20 juin , avec^ 
dernier pour quatre-vingt Enïlle llorins. Autre trait qut ne )ij 
fait guère plus d'honneur que le précédent. L'an 147$ fut i 
terme de ses jours. Gérard avait épousé SopbiE , fille de Be^ 
lurd , duc de Saxe'l.awembourg( morte en 147^'), dont il cuï' 
Guillaume, qui suit ; Adolfc, né l'an i^^H, et tué, l'an 1470* 
à l'assaut du château de Tumberch ; Gérjrd , mort de la dysen- 
terie ; avec deux filles, Sophie, femme de Bernard d'Auhalt, 
comte d'Ascanle ; et Aune , mariée au comte de Saertverd 

GUILLAUME VIII, I11-. DE BEftG. 

1475. GwiLlAtiME , fds et successeur de Gérard, 
marié , depuis 1 472 , avec Elisabeth , Rllc de Je.tn de Nassau ^1 
qui lui avait apporté en dot les seigneuries de Diesl , d'Heins-^f 
lierg, de Lewemberg et de .Schem. Celte prini 
sans enfants, l'an 14711 , après l'.ivoirfait donataire de sa dot J 
il se remaria le dimanche après la saint Jean-Bapiiste( 1". juit-^ 
lei) i4H[, k Sibylle, fille d'Alljert l'Achille, électeurdl 
Brandebourg, dont il n'eut qu'une fille , nommée Marie, qu'il 
institua son néritière uiiivi^rselle, t'an 149^1 ^» 1^ fiançant 
firince Jean, fils de Jean 1), duc de Clèves. Cependant l'e 

Fereur Frédéric III , par lettres du ati juin x^^'i , avait acco 
expectative des duchés de Berg et de Jullers , au défaut àtt 
postérité masculine, i Albert , duc de Saxe ; dispoùtîan qu.'ik 



»!■ nwsMi «sac BVMt' mutât, 4^ 

avait ConGrmé*; le iJ> sepiembre i4^t)) el que Maïimilien avait 
renouvelée le j 5 septembre 149 5 (ce qui est le- Ibodement J(?ï 
préleiilions de la maison de Saxe aux duchés de Berg el de 
Julièrs ). I.^ati ii^, le eomle d« Tekienbourg ayant aben- 
donné sa femme pour se livrer à une conculitne , Guillaume i 
parent de la comiesse, marche contre lui, le prend ilans son 
château de Tekletibours, et le jelie dans un cachot. Mais, 
comme il refuse, dans la suite, de rendre la place au fils dil 
<>omte, dans la vue de se l'approprier, plusieurs princes « 
prélats et seigneurs voisins, indignés d; cette usurpation, s» 
tiguËrent pour obliger \v duc à s'en désister, l.es confédérés 
«tant venus assiéger Tekienbourg , (juilUume leva des li-oupca 
pour les repoiiSBOr. Mais, avant d'en venir aux maïns , ort 
parla d'accommodem'ul. I.e contte priseunier fut Feaiis en 
liberté sur la promesse qu'il fit de reprendre sa femme après 
avoir congédié sa concubine , et son châleau lui fut rendu. 
L'an 1499, Guillaume se voit attaqué par le duc île Gucldre, 
qui prétend lui succéder aux duchés de Juliers et de Beig, dont 
il avait déjà pris les armes. I^uis XII, roi de France, est 
choisi pour arbitre entre eux. Les ayant engagés h se trans- 
porter à Troyes el ensuite à Orléans, il rendit, après avoir 
discuté leurs griefs, son jugement, par lequel il est dit que 
Châties d'Ëgmond, duc de Gueldre, quittera les armes de 
Juliers et de Berg, et rendra, au duc Guillaume, le bourg 
d'Lrkelens, dont il s'était emparé, l^ pain ne fut pas néan- 
moins conclue; mais on convint djune Irève d'un an, pendant 
laquelle on y travaillerait. ( Voy. 7jîî '3ucs de Gueldre.) Le roi , 
dans cetle entrevue, fit présent de quatre mille érus d'or (i) 
au duc de JulJers avec une pension , et répandit ses libé- 
raliiés sur tout son cortège. Guillaume, voulant faire passer 
toute sa succession à Marie, sa fille, obtint pour elle, de 
l'empereur Maximilien , des leilres d'habilitation , datées du 
aa avril 1 5o8 , confirmées par d'autres du 4 •"*' ' ^og , et rap- 

Sortées par Dilfamar num. 100 et loi. L'an i5io, au mois 
'octobre , Guillaume fait épouser cette princesse ^ Jean de 
Clèves , avec l'assurance de son entière succession. Guîllaum» 
mourut à Uusseldorf, le 6 septembre, ou, selon d'autres, 
de décembre de l'année suivante. Sibylle , sa femme , le suivit 
au tombeau le 9 juin de l'an i524. 



(■; Soui la règn? de Louis XII les écus au soleil et au porc-ëpic 
etai<-nt au titre de 33 carats 1/8, el de la taille de 70 au marc; ainti 
4 mille vaudraient aujourd'hui (1737) 4-''^^' ''*' i i' 9 <!■ 



ms 



^ CHBON, mst^pu mes jve vmig^ fa db julieb^^ 

JEAN , DIT LE PACIFIQUE. 

.iSii. JfiAii^ dit LB. Pacifique f fils de Jean III ^ duc de 
jÈJièvesi né le lo novembre x490t suéGéda,avec Marie, son 
épouse , au duc Guillaume ^ son beau-père , dans les duchés 




par lettres du ao septembre, un muthzettel^ ou rescrit de non 
ptnéjudidando» Mais f l'an i5i6, ce même empereur accorde ^ 
le 17 juillet, un reifers au duc Jean, dans lequel , à la vérité, 
les droits.de la maison de Saxe sont ménagés* i^oy} Jciin 1« 
PaciiSque ^ duc de CUves,) 




ItiHSBEnG, ville avec une seigneurie du raSitie nom, 

s de U Roer, i quatre lieues de Riiremonde, auxexlrémilés 
^ridentales du duclié de Jiiliers, dont elle fait partie 
V4L4H<t, avait dans le commencement des seigneurs parri 
B-#ii furent en mGme tems maîtres du lerriioire de Faiiquemont. 
■lBUis , vers l'an 1170, ces deux seigneuries furent divisées entre 
l^ Gts de Goswin 11; celle de Fauquemonl demeura au jeune 
l^àaswiii , et son frère Godefroi eut celle de Heinsberg. A celuî- 
' si succéda un seigneur de la maison des comtes de CÏèves', par 
JF^D mariage avec Adélaïde , fille et héritière de Godefroi. Mais 
f -Il pelite-ftlle de ceuï-ci porta encore b seigneurie de Heios- 
n Jierg dans une autre maison, en épousant Henri le Jeune, comte 
[ ^ Sponheim, qui, par cette alliance, devint la souche des 
I .fcigueurs de Hiiatberg connus depuis ce lema-là. 



, GoswiM I est le premier seigneur de Heinsberg et de Fau- 
ipiemont qu'on connaisse. Il descendait des seigneurs de Was— 
semberg, originaires de la Flandre. L'an loSS, le a6 mai, 
iGoswin , accompagné de son neveu Gérard de Wassemberg et 



ordre de l'e; 



1 antasBixjeis msiOKJfjVK 

un certain I.uipon , homme amljilieux, en possession de 
taye de Saint-Trou. Ce seigneur mourul ver 
du «iouziéme siècle, 11 avait épousé Ode, fille de Sigefroî,. 
comte de Waibeck, qui lui survécut, et fonda une église col-t] 
légiele i Heînsberg, du consentement de ses deui fils , (los 
qui suit, et Gérard, qui épousa sa cousine germaine, En 
garde, comtesse de Hoce^, veuve d'UduD 11, margra^ 
Slade , mort en i io6. 

GOSWIN II. 



1100 ou environ. GoswiN II succédai Gosivin 1, son père», 
dans les seigneuries de Fauquemont et de Heiusberg,auxquelle|h 
il joignit, dans la suite, Pavouerie de Mersen, alors celèhreJ 
jpneucé de Saiot-Uemi de Reims , situé au pays de Fauquemont. | 
L'an 1120, de concert avec Waleran Payen , comte de l.im- 
. jboiirg , Gosvvin aida GodL'froi, comte de Namur, à mettre ) 
Frédéric, son frère, canon iquement élu évpque de Liéee, eo 
possession de cet év&hé. que l'archidiacre Ale\andre lui dispu- 
tait. L'an 1 122 , Goswin ayant refusé de venir i Liège rendre . 
coiqpte à l'empereur Henri V des toris qu'on Taccusail d'aveu '-à 
&its à L'église de Saint Gervais à Maësiricht , Godefroi I , duc ^ 
delà basse Lorraine et comte deLuuvain, vint, nar ordre 
îprincc, assiéger le château de Fauquemont, qu'il força au bout^ 
âe six 'semaines , et le détruisit de fond en comble. L'an ii44* 
lecliâleaud'Heinsbcrgessuyalemêmesort de la part de Henri II 
ou lir , duc de Liniboure , qui se vengea par là de Goswin , 
pour n'avoir point voulu déguerpir de deux èeù de la couronne, 
nommés Gangelt et Kicblericli , nue l'empereur Conrad 111 lui 
iavait retirés. Le duc l'y contraignit après l'avoir battu plu^ivurs 
fois ; mais voyant que l'empereur ne remplissait pas les engage- 
ments qu'il avait pris envers lui , il se réconcilia avec Gos\via « 
et (it même une alliance offensive et défensive avec lui. L'ao 
1 iSy , nouvelle guerre avec llarperne 11 , seigneur de Kandear 
rode, dans laquelle celui de Heinsberg eut pour allié Fré- 
déric 11, archevêque de Cologne, qui, réduisit et rasa le château 
de Randenrode. Goswin termina sa carrière enlie iitîG et 
1 170, après avoir fondé à Heinsberg, un monastère double, 
c'est-à-dire, d'hommes et de fdles de l'ordre de Prémoniré. 
Sa femme ADÉLAÏDr., fille de Frédéric I , comte palatin de 
Sommcrsbouig, lui survécut de quelques années , 1 ayant fait 
^ère de quatre fils et de trois filles. Les fils furent Philippe, 
*arcbevËque de Col«gne; Goswin, son successeur dans la sei— 
{;neurie de Fauquemont, déjà mort en 117^,' Herman, décédé « 
à ce qu'il paraît, avant iiGti; et Gode&oi,()ui lui succéda «Uni» f 




w 



BE S * SÏWfNÏCifi ftS HÎËlITSBtllG. Ssf 

la, seigneurie de Heinslwrg, Des trois filles de Goswin , on ne 
sait ce que devint Uda; les deux an 1res furent mariées; Mathilde 
à Técon ou Uédoii le Gros, marcjuis de Roeldltz; Salomé à 
Gurcliard, comte de Dasset. A. ces entants il faut encore ajouter 
Rulger, mentionné en 1166, comme fils de Goswin, et Ger— 
ide , femme d'un certain Heiélon, qui furent peut-êlre lei 
lits d'une première alliance, ou des enfants naturels. 



GODEFROI I. 



tf 



1170 00 environ. Godefboi I succéda à son père Goswin ![ 
dans la seigneurie de Heinsbefg. L'an 1 1 88 , il se croisa pour la 
Tcrte-Sainte avec Tempereur Frédéric I et nombre de seigneurs 
de marque, entre lesquels était aussi, dil-On, Philippe, arche- 
vi^que de Cologne, son frère. Godefroi mourui, à ce qu'on pré- 
tend, en 1193. 11 avait épousé Sophie, décédée avant l'an 1201t. 

laquelle il eut Adélaïde qui loi succéda , et peut-être encora 

lutres cnfanls. 



ADELAÏDE. 



épouse A 



93. Adélaïde, fille el hêiilière do Godefroi I , son père, 
succéda avant l'an 120a , el cessa de vivre avant 1317. Elle 
■iioiildll, comte (le Clèves , qu'elle fît père de 
it , et d'Agnès, religieuse au monastère des '^ames 
de UsinsLcrg. Ce seigneur mourut vraisemblablement avant 

THIERRI I, 

TniERHi I devint seigneur de Heinsberg après la mort d'Adé- 
laïde, sa mère. Au mois de mai de l'an isi4, ilassura leronlrat 
de mariage entre Waleran de Limboure et Ermesinde. comtesse 
de Luxembourg. Il assista, l'an i3i5 , dans Aix-la-Chapelle, au 
couronnement de Frédéric II, élu roi des Romains; sept ans 
après , c'est-à-dire au mois de mai 1213, il se trouva dans ta 
même ville , au sacre de Henri , 61s de Frédéric H. Il s'engagea , 
l'an 1217 , avec plusieurs autres seioneurs, envers Philippe, sei- 
gneur de Hauterive ou Aotrcppe, en Hesbaîe, et Clarembauld, 
son pire, à les secourir au cas qu'ils eussent la guerre. L'an taao, 
il garantit le traité de paix enti-e Engelbert, archevêque de 
Cologne , et Waleran de Limbourg , comte de Luiemuourg. 
Thierri finil ses jours en la^S, ayant eu d'IsALDE, sa femme, 
décédée avant le 2 mars 1224, un fils , mort du vivant de son 

£&re , et trois filles, dont l'une fut religieuse au couvent de 
Icinsberg ; Agnès , qui lui succéda ] et la troisième devint U 



I 



_-_ — COSOKOlOGt» I __ _ ._, 

K âçconfle feqime de Roger, seigneur de Rosoi , et mourut r|iiel-'. 
■ -^é iems avant laôo. 

AGNÈS EX HENRI DE SPONHEIM. 

i^aS. AfiNÈS, fille et héritière de Thierri, son père , porta 

^ seigneurie (le Heinsberg en Jnt à Henri, ÔU piiine de Gode- 

\ .froi, comte de SponVjeîm , et d'AdêUïde , comtesse de Saine, 

3u'cUc épousa et fit père d'une nouvelle race des seigneurs 
'Heinsberg. Henri montra beaucoup de zèle pour les intérêts 
de l'empereur Frédéric II, dans le tems que ce prince fut, 
BEouitlê avec le pape, ce qui est attesté par l'empereur lui~'| 
àânie dans un dipldme de ia4i- '* 

L'an 1248 , le ■ 5 octubie, il donna ses biens patriiDontAïut ^.\ 
Simon , comte de Sponheim et de Creuizenach , son frère, eiv f 
échange de la portion que cdui-cî avait eue dans le partage d 
biens de son oncle maternel , Henri , comte de Saine. Ce furent ' 
écitr'autres les seigneuries de Blankenberg et de l.ewenberg, 
au duché de Berg, ei celles de Sassenberg et deHilkerad, dans 
l'cleclorat de Cologne. Mais l'archevêque de Cologne lui con- 
testa ces possessions , ainsi que les autres qui lui étaient échues 
de la part du comte de Saine , et réussit à l'en déposséder. 1^ J 
querelle finit après quelques hoslililé* , par un iraiiê de p>)ii>l 
conclu le 22 juin 11S2. Henri mourut le 20 juin 12B7 ou laSS.- ^ 
Sa têmme Agnès vivait encore le 19 juin \zS-j. Il eut de son 
mariage Thierri , qui suit ; Jean, tige des seigneurs de Lcwen- 
berg, éleiols vers l'an i35o, mort après l'an i2u8; Henri, 
chanoine et trésorier de. l'église métropolitaine Je Cologne. 
vivant encore en iHoi ; Agnès, chanoinesse prémon 
couvent de Heinsberg , en 1297 , et Adélaïde , mariée e 
i Thierri VI ou Vil , comte de Clèvea. 

THIERRI II. 

laSy on ia5S. ThlERRi II, fils aine de Henri de Sponheii, 
t\ tt'Agnès, succéda à son père dans la seigneurie de Heinsbergj 
l'an 1x58 ou enviion. Quelque lemsaprcs, Godefroi, comte A 
Saine, son cousin germain, forma des prétentions sur l'hérita^ 
de leur grand-oncle Henri, comte de Saine. L'an 126A, ^ 
23 janvier, on s'accommoda au moyen du renonremenl que f| 
te comte au château de Lewrnberg, et Thierri à celui de Vrairi| 
berg. La même année, il s'allia avec le seigneur de t'auquemonlH 
le duc de Limbourg et le comte de Cléves , en faveur d'Engel^- 
bert II, archcvfque de Cologne, coatre les habitants de cette 
nllc , qu'ils viorent assiéger. Uais ayant Icnté , dans la nuit dii 




SES ^iONETIItS DE miVSSBRb. 

i4 an i5 acidbre, de prendre la ville par surprise, ils (uren' 
Iraliis, baHus el fondés de lever le siég». Vers le même iems» 
'ihierri eut la guerre avpc Adolphe, comie (1p Berg ; elle ne fu' 
pas de longue durée, la paix s'élanl faite par l'enlremise de 
Henri , êvâi]iie de Liège, de Waleran , duc de Limbourg et 
d'aulres soigneui's, le i6 février 1169. Le seigneur de Heinsaerg 
s'y obligea, eoir'aulre» choses, i àémoltr sa forteresse, près 
de Heyse , et à n'en point construire de plus proche du pays de 
Eerg, rjue celles (ju'il avait alors, savoir , Blanlienbcrg el l.ewen- 
Lerg. Il entra, le 7 avril 1377 , dans la grande confédération 
des seigneurs de Wesiphalie, contre Sifroi , archevêque de 
Cologne. I.'an iaK3, il agrandît ses domaines par l'achat, de la 
seigneurie de Milieu. Il prit part, l'an 12HK, à la guerre de suc- 
cession pour le duché de Limbourg; et , uuuique vassal du duc 
lie Braliant, il envoya des troupes contre lui i Heiiaud , comte 
de Gueidreet ses allies. Thierri vivait encore en i3o2,el mourut 
avant le ati juillet i3o'j. 11 avait épousé, en i>54, JEAMte de 
I^uvain el de Gaesbeck, fille de Godcfroi de L,ouvain el de 
Gaesbeck-Hersial , morte après le 2 février laç^i , dont il laissa 
\Valeran, seigueor de Blankenberg , décédé vers l'an i-'ioy; 
Godefirol, sou successeur; Henri. Dienlionné en la^ai Thietri, 
chanoine de la métropolitaine de Cologne, en lioa; Marie^ 
chaBoirit^sseàHeiiislierg.eti 1237; et Adélaïde, mariée à Henri, 
cpmtede Nassau-Siegen , morte après le 9 février iii34- 

^m, GODEfEIOl IL 

^Fi3o3 OU i3,i3. GoQEPaot II, ms puîné de Thierri 11, lui 
succéda dans la seigneurie de Heinsbrrg, à latjuelle il joignit, 
vers l'an 1^07, celle de liUnkenberg , que Waleran, son frfere 
tossédée, Il augmenta encore, dans la suite , ses do- 
e plusieurs terres , et surtout de la sei- 



avait nossédéi 



e de Wassemberg , qu'il commença â posséder 

17 novembre l'^'Ji "u plutôt le io décemore lâio.. 
il eut avec Godefroi , cùmle de Saine , une guerre 



avantage par sentence arbitrale d'Adolphe, évê- 
que de Liège , el du comte de Berg du m^me nom , prononcée 
le 8 ou le i5 août de cette année. £ntre autres dispositions, il 
en est une qui oblige le comte de Saine, comme vassal du sei- 
gneur de Heinsberg, à lui fournir l'année suivante, en étant 
requis , cent cavaliers par écuage. Godefroi de Heinsberg ne 
survécu! guère â cet événement, ayant terminé sa carrière avant 
le iH mars i3-'2, et apparemment le 2 novembre i33i. De 
Matuilde, fille puînée J'Arnoul , comte de Loos el de Chini, 
a laquelle il était allié dès l*an lioo, illaissa trois &ls, Tbierri, 



I 



--«mtONOEOCIB HISTOSKλ» 

qui loi JÙccéda; Jean, spigneur de Bakmbrocch ou Datéa- 
brougi SitlarL de Wassemberg, époux de (^therinc de Vurnca- 
bourg, mort le a5 juillel (H.^if ; Gcidefroî , dit de Chinî, cha-J 
noine de la cathédrale de Liège , ei prévôt de Maëstnchl , vivsnl! 
encore en i354; et une liile, Marguerite, élue al>l>esse A& 
Thoren, le 28 novembre i337 , qui vivait encore en i3yi , 01" 
niSnte iSjS. Butkens ajoute Ide, femme d'Adolphe d'Agimont 
■eigueur de Neuchàtel. 

THIERRI 111. 

i3."îi ou i332. THiEnni HT succéda à son père, Godefroi 11^^' 
dans les seigneuries de Hcinsherg et de Blankenlierg. Jean , lOW 
frère, lui fit d'abord, a ce fiujei, quelques dilticullés, sans néan' 
moins y avoir rien gagné, par la décisinn que donnèrent les 
a]'bilres choisis pour l'accotnmodement de reltc querelle , te iS 
mars i332 (n. st.) La même année, un diffciont qu'il avait- 
iy-Qc- Jean III, duc de brabsnl, au sujet de la seigneurie de- 
Wassemberg, et des frontières .respectives de la seigneurie de 
Heinsberg el de celle de Koldur , annarlenanles au duc , l'en- 
gagea à entrer dans la ligue, que Philippe de Valois, roi d» 
Ërance.Jean de LuxcmBourg , roi de Bohême, et plusipun-' 
autres princes, avaient faite contre ce duc. L'an i336, Louis,-' 
dernier comte de Loos et de Chini, étant mort le 19 janvier,' 
aprùs avoir institue son successeur dans* le comté de Ixioa^ 
1 hierri de Heinsberg , son neveu , l'église de Liège s'opposa à 
l'exécution de ce testament , prétendant que ce comté lui était 
échu par déshérence. Thierri s'en étant mis en possession, l'é- 
xéque Adolphe de la Marck, son beau-frère , dissimula d'abord; 
enfin , pressé par son chapitre et par le pape, il prit les annes. 
Tar l'entremise du comte de Gueldre , on convint que jasqu'i 
ee que l'afraire fût vidée par les voies de droit , le comté serait 
Fccuis au prélat , et qu'en allenilani tout y resterait sur l'anckll' 
pied. Cependant, les officiers du pays refusèrent d'obéir au gou-- 
■wrncor mis de la part di; l'évéque; et le chapitre, craignant 
de pi'tdre sa cause devant les tribuuaov séculiers, la fil évoquer* 
par le pape. Thierri prolesta contre cette évocation, cl se ligna^ 
t)n iU'iÔ, avec le duc de Brabant contre les Liégeois. Le iS mar 
•le 1-1 même année , l'archevêque de Cologne , et les comtes dé' 
Juliers et de Uainaul , choisis pour arbitres par l'évêque dé 
Liège et le seigneur de Heinsberg, adjugent à ce dernier la pro-' 
priélé du comté de Loos, sous Ta condition de le tenir de l'è-^ 
glise de Liège on Gef. Une partie du chapitre réclame contre^ 
celle disnosilion; mais Thierri n'en litit compte. Après la raorC 
deionmSf l'ao i343, le chapitre continue son opposition a vei^ 



DU'SI?ÇHfUI«5 HE ■BKIBaSBHG. "SSï 

plus de rigueiir. Thierri est excoirimunié, de l'aveu du p3["', 
et le comté de Loos mis en tnlerdit. Cependant, une nouvelle 
sentencearbitiale du comte deHaiuaut, dunnée te 8 août i3,/, 
lui confirma le comlé, sauf la mouvance de Tévéché de Liiige. 
Mouvelle rédimation de la part de ([iiclf|ucs chanoines. I.'.m 
i34G, au mois de juin, l'abbé de s^iiit Nicaise , de Heims, ii'it 
à Lîége, en qualité de légat apostolique , pour tenpinef ce dif- 
férent. Cina chanoines turent d«pulcs pour traiter avec lui, 
sous la ratilication du chapitre et des étals. Cette clause ne fut 
pas observée, et le clergé se souleva avec le peuple coulre l'é- 
vê(jue Engîlhert de la Marcfe, successeur d'Adolphe, pour avoir, 
en vertu de leur sentence, accorde l'investiture du comié.au 
seigneur de Heinsberg. I^s l.iëgeois, victorieux h Wolheni , le 
19 juillet, sont vaincus à Walève , le ai juillet del'anniSe ^al- 
vante, par Kngilbert et ses alliés, et contraints àfaïre la pdix 
avec leur évêque. Tliierri , qui se trouva à celte balaille, conti- 
nua de jouir du comlé de Loos. Durant les troubles doUl oa 
vient de parier, ïhlerri fil une alliance, le mars i-^43', avec 
Waleran, archevêque de Cologne, el Adolphe, comte de Berg, 
dont le but était de maintenir le repos public de leurs pays. 
lilaU l'an i344 1 il se brouilla avec l'archevêque, au sujet de la 
seigneurie de Hurf, dont il avait reçu l'investiture de rempc- 
reur Louis IV, le si aodt de la même année.'Le prélat y formait 
des prétentions pareille.s à cellra des Liégeois, sur le coinlè de 
Loos. La paix se fit bienlât après au gré des deux parties , â 
Cologne , le ti janvier de l'année suîvaitle. TIjierri céJa un tiers 
Je ladite seigneurie à l'église de Cologne , et en reçut l'investi- 
luve des deux tiers; il eut même la permission de conserver son 
alliance avec les comtes de la Msrck et de Uornsberg , ainsi 
qu'avec qnelques'autres setgoeurs de Weslphalie, ennemis du 
prélat. Il aida, dans la suite, Guillaume, marquis, et depuis duc 
(le Jullers, dans la guerre.que lui firent ses propres fils. La paix 
étant conclue le 3o juin 1^49 > >1 ^t lui-même une alliance 
perpétuelle avec ces jeunes comtes, le 18 février i35d. L'nn 
1634, nouvelle paix publique entre Guillaume , archevêque Je' 
Cologne , Jean 111 , duc de Brahant , les villes de Cologne et 
d'Aix'la-Cliapelle, a laquelleTbierri accéda, en s'obligeant de 
fournir trois cents soldats et mille pionniers , pour faire le siège 
du château de Gryppcnhowon, repaire de brigands. L'an i35f>, 
il joignit ses armes à celles de VVeoccsIas , duc de Brabant, 
contre Lonis 11, cocute de Flandre. L'an i36i , le ï-j janvier, 
Thierri mourut au cliiteau de Stockem , dans le romié de 
Loos , étant encore excommunié , soit à raison de ses dettes , 
comme le dit Manlelius, suit pour la détention du comté de 
^os , comme l'insinue ZanHicl. U avait chai;i sa sépulture aa 



I 



aiaOtiOLOGIE HIST(»lIQtnf 

monastère d'Herckenrode ; mais au refus rjuc firent Im reli- 
gieuses Je l'enicrrer dans leur rglise , il fut inbumc à Hassell ,„ 
dans un lieu profiine , et ensuite, Ju consentement de l'évèqop 
Jîngilberl , an couvent àes Augustïns de cette ville. De Caitc^ 
GONDE, S.1 li.-mme.filied'Evërârd[|(,conile de la Marck, mortC: 
avant l'iS-j , il n'eut que Godefroi , seigneur de Mîllea , çt 
ficke, qui épousa, avant i338 , Mathilde, fille de Kcnaud lî^ 
duc de Goeldre , aui|uel il se joignit en cette année avec sôfr 
père pour aider Edouard lil, roi d'Angleterre, contre Mii^ 
lippe de Valois, roi de Kranre. Il tcssa de vivre en iZ^ti-.A 
femme , remariée deux fois , lui survécut jusqu'en j38o, RIfe 
ne lui donna point d'enfants; mais il laissa un (ils naturel ib 
son nom , de même que son père en avait laissé un du aiecr. 
A.insi leurs domaines passèrent à la branche collatérale ds 
H ei nsb erg-Dalembroccb . 

GODEFROI m. 

i36i. Godefroi 111 de Dalembrocch , fils cadet de Jen 
de Heinsberg - Ualembrocch , et petit -fds de Godefroi Il_ 
seigneur de Reinsberg, voulut recueillir la succession de son 
oncle Thierri III, comme son plus proche pai-ent et héritier 
universel. Il s'adressa d'abord à l'évêque Je Liéee , pour <;&' 
avoir l'investiture Ju comlc de' Loos. Au refus du prélat , |1 
s'empare de la plupart des places du pays. Les Liégeois les ri* 
prirent bientôt sans résistance ; et , étant venus assiéger te cbS-- 
teau de Slotken , le plus important de tous , ils forcèrent L 
garnison à capituler après vingt-sept jours de siège. L'évêqne À 
Liège fut alors rei:iinnu pour comte , par tous les habitants Se 
pays. Le seigneur de Dalembrocch , soit qu'il se repentît d'ft* 
voir renoncé à ce comté, soit qu'il ne se trouvât point assOI 
fort pour soutenir ses prétentions, les vendit, l'an 1 363, ï 
Arnoul d'Orlieille , seigneur de Rummen , qui en formait lut 
même, comme étant descendu par sa mère de la maison de 
Loos, Cependant Godrfroî ei ses successeurs . continuèrent Qp 
porter les armoiries et le nom de l.oos; mais il quitta aloA 



prédécesseur avait pris sans avajr i|t 
mais possédé ce comté. Les dettes que Godefroi avait contiaot] 
tées pour ubLenir la succession de son oncle, l'obligèrent, j^ 
'même année t36'j, d'engager sa seigneurie de Milieu arU 
les bourgs de Cangelt et de Vucbt à Kdouard , duc de GueldreL 
qui s'en défit i'année suivante eu faveur de Jean , seigneur £ 
Meurs, et celle de Blankentourg à Guillaume II, duc a 
Juliers, aux successeurs duquel elle paraît être demeurée. H 
jemble même qu'on empêcha Godefroi de prendre possesÙMi 



DM «EKDEDRs ne mHwnRr.. SS^ 

||iJa splgnetirte de Hcinsberg , puisqu'il iir reçut qu'en liGH 
fcemmage des liabitaots Je cti territoire. L'an {■^71 , Godetrtà 
xombaLlit pour le dut de Juliers son beau-frère , contre Wt-n- 
■ceslas , duc de Itrabant , à la lialailLe de BasUveiler , doont^e le 
an août , dans laaaelle les Brabançons furent défails. L'an t'i>iS^ 
au mois de mai , les Liégeois , au nombre de quarante mille , 
parlèrent U dësobiion sur les terres du seigneur de Ueinstx^rg, 
après avoir saccagé celles du duc de Juliers , pour y avoir laissé 
détroniser quelques mai^chands liégeois par le seigneur de Ma- 
veinslein et de Ueiferscbeil. L'an i^'i^9, au mois d'août, sui- 
vant Fisen , ou, selon Zandiet. le 8 seplenibre, Jean, fils 
aîné de Godafroi , brûb le village «l'Esen , près de Maëstricht , 
appartenant alors à l'évéché de Liiige. et en emporta un riclie 
butin. Une troupe de paysans des enviroos s'élanl présentée pour 
le Lui enlever , il les dispersa et en fit deun cents prisonniers. 
i^es Liégeois , irrités de ces hostilités , allèrent mettre le siège 
devant ilcinsbcrg , le a6 septembre : mais ceux du dedans ayant 
fait une vigoureuse défense, ils furent obligés de rebrousser 
chemin, le S octobre suivant, après avoir conclu la paix par 
l'entremise du duc de Juliers et de son fds. Sur la 6n de ses 
jours , Godefroi entra dans de vives contestations avec ton fi^re 
utérin, Renaud de Fauquetnout , seigneur de Borne et de Sit- 
laert , qui s'était emparé de la seigneurie de Dalembrocch , de 
la douane de Knick, de plusieurs villagos appartenants à \a 
maison de Heirtsberg. Ce difTérent fut vidé par l'arbitrage 
d'Adolphe, comte de Glèves , prononcé le 11 avrili3ç|i, en 
javcur de Godefroi. Renaud reconnut son tort et se soumit à 
cette sentence , le 6 mai suivant, Gndefroi ne survér^ut guère à 
cet événement , étant mort vers l'an i3q5. Il avait épousé en 
■ 357, Philippine, (ille de Guillaume I , duc de Juliers, dérédée 
le 24 août l'àgn, dont il laissa Jean, son successeur, et quelques 
filles, Jeanne, mariée en i'^74i à Guillaume , seigneur de 
Horne et d' Aliéna . tué à la bataille d'Acincourt , en i4i5 ; 
Philippine, unie l'an i3()4i •'n P^o^'^rps noces â tiérardjsei- 

fneur de Tliomberg et de I^ndscrone, et en secondes, avant 
an i4oo , i Gumbert , comte de ^uenar, laquelle ne vivait 
plus en 1429; Catherine , qui , en ■•^89, donnasa main â Gil- 
bert de Buiren , fils d'Abrd , seigneur de' ituiren , mort en 
ïS97 ; «l peui-âire encore Marie , épouse en 1^84. df Renaud, 
seigneur de heifi?rscheil , car elle était de la maison de Hein»- 
fcerg, 

JEAN l. 

■ 395 ou environ. Jfan I , surnommé le Belliqueux , suc- 
céda dans la seigneurie de Heinsberg, i Godefroi III, son 
XIV. ^1,3 



I 




CHBONOLOCIK HISTOfttQTTE 

n^Te. Jean , nVlant encore que seigneur de Dalcmbroccfa , coin*' J 
botlit dam rarmée du duc du (iutldre, à la bataille donnék-J 
près de Gnvs , le ai juillet l'SHH , où les Brabançons fureiM 
îlcfails. Il se ligua de nouveau , l'an l'^^o , contre la duchiissit 4 
de brabant , avec Gilles de Jauclie et d'autres mécoalents, <^^ 
alla briller la ville d'ische. l'eu après, il eui auerelle avec Phi»>'f 
lippe, duc de Bourgogne, pour avoir enercé iIm hosrill té» damH 
la seigneurie de Fauquemont. I« duc lui pardonna celte fautvl 
l'année mènie qu'il l'avait commise, c'esl-à'dîre eu iSgS* F 
Ayant succédé à sou père, où même dès auparavant, il enff 
guerre avec Jean , seigneur de Siein , pour la seigneurie dm' 1 
leivenbiTg, sur laquelle celuî-cl répi^iait une certaine 50inine;'j 
teaaiit pour ses sûrelés le cbâieau même de Letvenbsre , par 
tbrme de caution- lisse réconcilièrent parla médiation de Tari- 
chevénite de Cologne, le a4 avril i'6^5. L'année suivante, uft 
nouvel accord , passé le la octobre , rendit a Jean de Hein^ 
berg la possession libre de cette seigneurie, que deux ansaprii» 
dit-on , il se vît obligé d'etigager, pour racheter sa lîbertc qu'il 
avaîl perdueâ la bataille de Cleverbamm, donnée le 7 juin t^JPé 
en combattant pour Guillaume, duc de Berg, contre Adolpbéfr 1 
duc de Clèves. L'an 1400, à la réquisition de la duchessedi'l 
Brabant , il força , par un blocus, les habitants de Bois-le-OiML -j 
à si; soumetlre à leur Ruuveralae. Le 5 janvier i4o5 ( n. st.] 
Uarguerite, duchesse de Bourgogne , le fit son gouverneur x 
duché de.Limbourg et au pays de Fauquemont. L'an i4o6 tt j 
suivant, il ^ida Jean de Bavière, élu évoque de Liège, pAi^l' ' 
réduireses sujets qui sVtaient révoltés contre lui. Il filicn i4«V' I 
avec Renaud, duc de Julïerset de Gueidre, un traité par le(jael| . 
au moyen d'une certaine somme, il renonça à toutes les pré* ' 
tentions qu'il avait sur le duc etscselats, à la réserve néantnoina 
(lu droit qui lui élail dévolu par !a mort de sa mère Philippin* I 
de Juliers , consistant dans une renie annuelle de deux mille I 
deux cent cinquante Uorins du Bbin. M^ilgré cela , il eut dansÛ 1 
suite , outre la seigneurie de Borne et les villes de Sitl^crt et j 

de Susléren, ( qui ne pouvaient que depuis peu être i 

dans la maison de Juliers ) , encore un quart du duché de Ju4 ] 
Itets, par les arrangements «rue, du vivant même « 
itcnaud, il prit à cet égard ,le3i mars elle 1°'. avril 1. 
Adolphe , duc de Berg , son parent et son allié perpétuel depuji J 
le 12 décembre i4t4- ^ i 

La m^me année ( 14^0 ), ayant porté du secours à Jean IV4 i 
duc de Brabant , contre ses propres sujets, il fut saisi avec l« 4 
s seigneurs allemands venus avec lui , par les habitants dt 1 
Uru.telles, qui ne les relâchèrent que sur Idur parule.d'honiicui'f 
BU niiCaie, suivaul tisca, seulcmciiiranucti suivante, par unies , 



!t du gré âa 
;ii4»o,av«l I 



rrsSEicMBiîils de iiEiirsBRRn. 339 

Oe l'bmpprcur. Kenaud , duc île Juliers, étant mnrt le zd juin 
i4a3, sans ejitanis , laconv^nlioii faite entieleduc Je Beig ri le 
seigneur ùe Heiiisberg , fui etirore dans le même mnls , agréée 
par les étals de Juliers , sauf ncatimoins le droit de lout outre 
prétendant à celle succession ; clause qui regardait , ce semble, 
Arnaud d'Êgniond, parent du défunt , reconnu par lesélals de 
Gueldre , pour leur duc. Depuis ce teins , Adolphe de ISerg se 
qualifiait duc de Juliers et de lierg ; Jfan a;oula aussi à son. 
litre de Lous et de Meinsberg , celui de seigneur de Juliers , 
que ses successeurs ont conslammeul retenu. Les topartageanls, 
non contents de la succession de Julîeis, portèrent encore leurs 
vues sur le duché de Gueldre -, Jean y avail même fait avancer 
un corps de cavalerie : mais Arnaud d'i^.emond ne manqua pas 
de se mettre sous la défensive , et même de prendre sa revanche 
sur les terres du seigneur de HeinsLerg , avec lequel il fil une 
trêve, en i^a^, qui fut suivie, d'un autre accorainodemcnt 
passe le mardi , après la Visitation ( i) juillet ) , i42(>-par lequel, 
entre'autres choses , ils se jurèrent une paix perpétuelle, avec 
promesse de s'entre-aîder réciproquement dans le Ijesoin. Sur 
ces entrefaites , Jean de Fleînsberg se brouilla avec le duc de 
)tei^, jusqu'à en venir à des hostilités. Ces conteslalions , 
•quoique soumises à l'arbitrage de l'archevêque de Cologne. et de 
la noblesse de JuUers, dèsle 27 février i4^^) ne finirent aue\a 
16 avril 14^9, par un traité fort étendu. Au mois de juillet de. 
l'année suivante , Jean aida son Gis l'évêque de Liège , dans ia, 
guerre que ce prélat eut contre les Namurais , à prendre le 
cbSleau de Poilvache. Mais indigné de voir rasée une si bonne 
forteresse, ilramena ses troupes chez lui. Malgré cette retraite, 
il fut contraint, par le traité de paix conclu le uo décembre 
i43i 1 de taire amende honorable au duc de Bourgogne, coinine 
comte de Namur. Au commencement de l'an 14^2 , il eut que- 
relle avec Adolphe , duc de Lièves , dont les gens avaient fall 
irruption sur ses terres. On n'en connaît point les suites. Il 
entra , l'année suivante , en de nouvelles contestations avec le 
duc de Gueldre , qui se plaignait des contraventions de ceux 
de la maison de Heinsberg aux engagements pris en i^s.*^. 

Le duc fit entrer ses troupes dans le.terril.uire de Juliers ; et. 
b paix fut conclue vers le milieu de l'an i4^4i 3" désavantage 
de feux de Heinsberg, qui durent renoncer à la moilié Je ce 
qu'ils possédaient au pays de Juliers en faveurdu duc , à qui il 
fut encore permis d'acttuérir l'autre moitié au moyen d'une cer- 
taine somme, quand il lui plairait de la compter. Mais il. ne pa- 
raît pas que cela ait été exécuté. Nous le voyons, en i4^^iavec 
l'évêque ion fils , présent aux fameuses conférences qui se lin- 
rem à Sainl-Vaast d'Airas pour la réconciliation de rhilîppa 



J 




^ 

p 

^ 



3^0 eHTl'eSÔLÔr.IB mSTOHIQUE 

le Bon , duc Je Bourgogne , avpc le roi Cliarles Vil ; rt ce qtrf" 
uahic, il esl nuaiifiëOiicile Bouillon par OKvicr Ae\m 
Marcbe, uans le d^noiiibrtimenl.cpi'it fait des princes qui ms)f« 
fèrenl à cctle augusieassiinbtéc. My a li«ude crorire que l'évt* 
r\\w son fils lui avait engage ce duché pour sa tie. Quoi qo'il eit 
aoil , on n'a pas de preiwe qu'il ait pa«é k srs descendants: Nou- 
velle guerre , l'an i4^<3, dé Jean d'Heinsberg avec At]tilph«, 
duc de Juliers f I de Rerg , termméc au comme ne emont de rai^- 
nêe suivante. Malgré touies cpsguerres, Jean agrandit ses io— 
maincs par l'achat du châre.iu 3e Schonforst , des sfrigneurïep J 
de Ltmberg sur la Meuse , de Millen , de Gangell et Vuchi ; it | 
s'assuraaussi celle de Wassemberg , eï obtint encore l'avouerttf I 
de Gusien, te seigneur guerrier mourut enfin k 24 janvier 14^9^^ 
Ou même , suivant M. Krenier , le 3 novembre t^'iS , â'aprMl I 
une charte , ei fut entfrrédatisl'cglise collégiale de Heinibtrsril 
auprès de sa première femme Marguerite , Jante et kértlîiredB J 
Geneppe en|>i»'lie, qu'il ,ivait rpoust^earant i^i)5: après-le déetel 
decelle-cr,arrivÉleif octobie i4iq,il convola, surla fin dei^'a^] 
ou au roïmnen cément de 1 424 , en secondes noces , avec \miKf 
fille d'Oiton , comte de Solms , donairière de tératrd l", 1 
de Saine , morte 3\'3nt le ic) novembre 14^ 1 qui lui ajmorlaMI 
part qu'elle avait eue du chef de sa mrre , Agn^s de Farcken»^ T 
tein , dans le fiarlage des biens de la maison de Fakkenste'ra-J I 
Muzenbcrg , éleinFedans la personne de Wernicr, archevéqus^ T 
de Trêves , décéda le 4 on le i3 octobre 141K. Ihi premrerht^ | 
J-eau laissa trois fils et une filte : Jean , qui suit ; Guillanme ^ 7 
Seigneur de Hunf, et par cesnon de son père , depuis' 
juin i4<''^i d'une portion de Juliers, comie de Blanclcenheiirf 1 
et seigneur de Casielberg , et de Gèrastein , du chef de sxfetnmH^ 
Xlisabeth, tille de Gératif, comte de Ktanckenheim, qti'ii épauM | 
en i4'i , ou peu après. H cessa devrvre entre le 8 août 1437 e" 
le 2 novembre 14^ , et peul-^re dèjàavanElear avrit de cMta 1 
mnée : sa femme vivait encore en i4l5r. J.e troisième fils dif ' 
seigneur de Heinsberg fut Jean , prévôt d'Aix-b-Chaptilte lé 
de Maëstrichl , avant le iSmar» 141 [ , évoque de Li«îg8 le "^ 
juin t4i9t mort le g ou le t6 oelobre 14S91 ei «on tifSS ^ 
comme le dit Kremer , après avoir résigné son év#cbé 1» aa' 
novembre i455, à Louis de Bourbon. L»(itle était Pliilippine . 
■npouse dcGuillaume, comte de Wied , à qui elle fiit fiancée^ 
n'étant encore que dans l'enftinre , Tan r4o;! ; elle vivait eiKor^ 
en 1460, Dti second lit, sortirent deux (dies : Marie , néa ** 
14^4 . dép'i mariée , en t44^ ^ ^^'^*^ Jean , comie de NassMr-Dieix^ 
iBorie après 1463 ; Jacqueline, née après la Penircrtie »4^? 
laquelle renonça en i453, A la digiritp d'abbesse de Thoren,Ml 
aeft, l'année ^DtvantQ, chanoinnse réguliirci Maliiie»; tU0 



Vivait encore ea i46j , quoique, peul-êire , elle ne fui plus rs- 
lieieuse. Outre ces fruits de ses mariages .Jean laissa encore nne 
iiile nalnrelli:, nommée Elisabeth, qu^il maria, en 14^9? ^ 
Arnold de Horn , surnommé le Sauvage. 

JEAN II. 

14380U 1433. Jean II, 61s aîné tfe Jean I et de sa preroii^rt 
femme , lui succéda dans la seigneurie de HeinsLerg. (lavait, 
avant i4i4i épousé Walpurge, fille de Frédéric, romte ds 
Moers ou Mœurs et de Sacrwcrden , ce ijiii lui fit prendre , ceiW 
année-là , le parti de son beau-frère Thlerri , élu archevfr|ne de 
Cologne, contre Guilbume de Berg , son cnmpétïleiir , et 
AdolpFie, son frère, duc de Berg; à quoi celui-n consentit , 
quoiqu'il eût fait une alliance perpéluelle avec la maison rfi 
Ucinsberg. Jean prit part à presque toutes les actions remar- 
quables de sonpèfe, apr^s la moM du(]ifel it antortit , en i44^ > 
la mouvance à laquelle la seigneurie Dalerobrocch était sujette 
envei's Guilbtnne , seigneur de Vladorp , Comme bailli héiédi— 
l-airede Kuremonde. L'an i44^ t ■' assista , dans Ais-b'Chx-- 

J elle, au couronnement de Tcmpereur frédéric IV. Il mourut 
! premier mai de l'année suivanlc, ne laissant de sa femme que 
deux enfants, Jean, son successeur; et Marguerite, née le sK 
juillet i43ti , fiancée , te 7 janvier 143s, i Philippe It . comte 
de Nassau- Saarbrncken, qii'elledevait épouser le a5 juillet 144**- 
Ce mariage eut lieu , et il en sortît ileiw fils : Jean , né le 17 
hiin i44i • tige di*9 princes de Nassau, anjourd'liui régnants de. 
la maison de Walcran , et Philippe, mort jeune. Marguerite 
mourut, le i3 février 1446 j ^ Weilbourg où ses cendres re-^ 
posent. 

JEAN III. 

i443- JEANllt devint seigneur Je Hcinsberg, apr^s la m«rt 
de son père. Il joignit à son [>alrimniiie les scigneuriesde Dietz, 
de Zéelem et de Ziecherm, en Brabant, avec la châiellenie 
d'Anvers, qtiesa femme Joantie , fil^le et héritière de Jean de 
Dielz, à laqaelle (1 avait êlé fiancé le i3 avHt i435, lui apport» 
^n dot , pour en jouir après le décts de Thonus de Dietz , son 
grand-pére, arrivé le 8 juin i433. Il réclama encore une pm-- 
tion de rhéritage de ses prnpres ancêtres, et surlotrt \e fjnart 
du duché de Juliers, que son grand -père , Jean I , avait cédé 
à fon puîné Guillaume , comte de Blackenheim. H entra en con- 
teslaliorr à ce sujet avec son cousin Gérard, fils de &n)IUume; 

13 de l'avis de leur oncle , l'évfiqoe de Lîé^e , ils convinrent , 
k iG octohre i444 > ^u^ ^^^ mactit \ea sci^euries d& Heijis-, 



I 



àli CSBON: 'm$». tfSA SlSlOSStTBS BS BSXB5BBR6. 

) S^r , qm j après avoir été fiancée à Albert, marqnis dé Baadea^' 




depuis, et vendirent, le lo mars i433, au duc de Juliers et de 
Berg, leur beau -frère, tons les droits qu'ils y pouvaient avoir. 
Ce prince alors incorpora les seigneuries de Heinsberg et de 
Geilenkirchen au ducrié de Juliers, par un reversai donné aus 
états du pays, le 14 mars 1484* L'an i499f ^^ transporta lea 
terres de Dietz et de Zichem , avec la châtellenie d'Anvers , k 
Engelbert , comte de Nassau-^Dillenbourg , afin qu'il renonçât 
è toutes les prétentions qu'il formait du côté de sa mère , Marie 
de Heinsberg, sur Gangelt, Yucht , Milieu et d'autres terrea 
de ses ancétt^s maternels ; et depuis ce tems^là , les ducs de 
iuUejrs sont demeurés possesseurs pacifiques de ces seigneuries. 



■ I ' _ .l ' i l" 



CHRONOLOGIE HISTORIQUE 



DES 



SEIGNEUaS Î)E FAUQUEMOJST .(•). 



"tWWVMlVMMMWMWIfWMWMI 



a A.UQUEMQNT , en flamand , V(^ilcen^^(^urg ou Falkemhèrg^ est 
june petite ville à deux liqjLiçs à l'orient de Maestricht , avec une 
seigneurie de même nom-» as^ez étendue, <}ue l'empereur 
^Charles IV. érigea, Tan iSSy , en conpté. Aujourd'hui <:etlè 
contrée n'est plu3 connue que sous le titre de seigneurie , et 
/ait un des trois pays de la province de Litnbourg, appelés 
communément les pays d'Outremeuse^ appartenants par moitié 
Âla maison d'Autriche et à la république de HoUanue (17 85). 
Le territoire de F^uquemont eut , dâ avant le onzième siècl^, 
des seigneurs particuliers, qui , en même tems, possédèrent fa 
seigneurie de lleinsberg, cqn^m^ nous venons de l'observer sur 
.les seigneurs de ce pays , où nous avons donné l'histoire de 
Goswin I et de Goswin II , ^ui successivement tinrent ce;s deu^ 
■iseigneuries ensemble. 



GOSWIN III. 



L'an iï68 ou environ, Goswin III, fils de Goswin II,' 
^seigneur de Faviqucmont et de fleinsberg, succéda .à sqn. père 
dans la seigneurie de Fauquemont et dans l'avouerîe dé JVlersen. 
,11 ne vivait plus en i ijS, De sa .femme dont op ignore le 
nom et l'origine , il laissa Goswin IV, son successeur ; et Ottoi^, 
archidiacre de Liège , un de ceux {^M§idius aureœ çfolîis^ cap» xci, 
ap. Chappemillum Script. Leod., .iqm. Il, p. 184.) qui proteçtèp 
.rent côiiire L'élection de Simon , fils de Henri. III , ^l. IV, 



M( 



^ '(*) Cet article a été fourni' par M.' £rnst. 

XIV. 44 



I 



346 caHonoLOGiB hibtoriqus t 

duc de L!mbourg, pour l'évéché de Liège, Olton fut lui- 
même élu évéque, par une partie dfs chanoines, apr^s la 
mort de Simoti , sur le faux bruit de celle d'Albert de Cuiclc, 
en I tg5,et non, comme BiiLkens {Troph. du duché de Bmbanty 
t. 11, p. 334) le marque par distraction, en 1236; car lui- 
même rapporte dans un aulre endroit ( îùid. p. 3ïa ) ces pa- 
roles de la cVirunique il'Ancbiu, sous l'an iiq'.i : Rumor auleta 
faisus perlatus apud Leodium tamli avit canonieis illum esse mor^ 
tuuiti (scilicet Âlbertum de Cuick), qui slatim elegeruat ifunn- 
dam il/usfrem canonieum Cosuùii de Falcoia'smoiite filium. Albéric 
dit la nième chose: nous transcrirons encore son passage, A 
raison de quelques autres pantciilarilés qu'il présente sur le 
>ujet d'OUon ( Ad an. ii(i4i p- 3, p.4<^'^i inter accès. Hist. 
Leibnilii) Quo aadilo (Simonis obitu) grex r.anonicorum in 
eccleila S- Ijoniberli itsi/laitîum, alium subsdlueiunt e/ectum pef 
commune ca/ittulum , et delUierato coniiiio nominitùaiU et eligebant 
archidiacunum Ucionem, l'irum religitisum., Jralrem Gowai (\V) 
de Moate^t'akonis , f/ninù in prœptinitum et post ia episcopum^ 
CM pracîpue adoersabalur arrlûdiacomis Aago , ju-pos prapoâtî 
defuncli , Jrater Roberli de Pctra- fonte diiniùii , i/m Otto «eiiera- 
lilù non multè post miirluus est. A ces deux fils de Goswir III , 
Butkeas , dans sa lable généalogique des seigneurs de Fauque— 
mont (t. Il, p. •'^^if) ) ajoute un troisième, Thierrî de Fauque- 
jnunt, mentionné suivant lui, en iïïS, avec une fille, Adé- 
laïde, femme de Waleran, fils de Henri III , al. IV, dgc de 
LJmbourg. Mais en nous réservant de parler de Ttiicrri ci- 
après, nous croyons qu'il faudra abandonner notre généalogiste, 
*ur ce qu'il dit d'Adélaïde, s''d n'a eu d'aiitrci preuves de sod 
existence que celle dont il paraît se prévaloir a la page Ijaa y A 
où il prend pour sœur de Goswin, Adélaïde, pelite-fille dHa 
Goswiit 11, laquelle fit, en laoi , de concert avec Goswin iV, r 
seigneur de Fauquemunt , une donation au couvent des damei 
de Heinsberg. 

GOSWIN IV. 

L'an 117^, Goswin IV avait déjà succédé à son p^e dari^ 
la^seigncuric de l'auqucmonl. Il assista. Suivant Bulkens (t. l^M 
n.'i56), au couronncmenl Je l'empereur Ot ion IV, à Aij-1*-." 
Chapelle, le 1 4 juillet 1 i^S. Il vivait encore eu 1204, suivant 
une charte de l'empereur Philippe de Suabe, que Bulken* 
(/Wt/. p. 167, vq. pr. p. 56. ) rapporte à cette année, où ce 
prince donna au duc de Brabanl , Vavouerie de Mersen , au cas 
que Goswin consentit à s'en défaire, llem iupradicla duci pro- 
Biùimus quàd cvnducituii et adevcaliam de Mersen et iiuteii^t9'\ 



1 




DES âElGKZDnS DE F^GQCTHONT, i^y 

SUIS appendiliis , quant Gosuùiu.i de Valkenhnrg de pneâeces- 
\is Hoslns imperalordius habutl, ei in Jeodam roncedumus , d 
n idem Gusufnus eonsensum adhibeat. Il avair épousé Jutte, 
^le (le Henri 111 , al. IV, duc (1« Lïmbourg, morte après l'an 
Pl*3n3 . comme pti fait foi une charte conservée aux arcnivcs de 
N^l>!>aye <Ie Uoldiic Mais rVit un point assez difficile à décider, 
" e de dire qui lui succéda; car, suivant Bulkcns f lotne II, 
^33'), il mourut sans enfants. Cet hislonen met après lui, 
tir seigneur de Fauquemonl , VValeran le Long ou le Jeune, 
I cadet de Wateran III, selon lui , deuxième duc de Lin- 
de sa première femme , Adélaïde de Fauquemont. 
ce aysième s'oppose le cfintratde mariage fait entre 
_ 1 III de Limtxjurg et Ermesinde, comtesse de Luxem- 

Iwiiirg, au mois de mai iai4, où Waleran nomme son frire 
Henri , seigneur de Faitquemonl. ( Bertholet , Histoire de 
Luxemb. , t. IV, pr. p. 44-) Fralnim meorum Henrici à l-'alcken- 
boirq. Le Mire fOperum Diplom. ) a connu ce Henri de Eau- 
Ihemont et le fait m^me tige des seigneurs de Fauquemont , 
s lui, en lui donnant pour enfants , Thierri , seigneur de 
I , Engelbert , archevêque de Cologne , et un cer— 



I Wînsnd. En cela, néannifiins, il 



i parait a 






r tort ; 
que 



il est bien ctriain, comme on le verra e 

ierri a possédé les seigneuries ile Marvîlle et d'Arancî. Or, 

terre? étaient Tapanage d'Elisabeth de Bar, femme de 

aleran le Long. Il faut donc que Thicrri ait été leur fib , 

jr en avoir hérité, attendu qu'Elisabeth laissa encore d'au- 

s enfants , qui sans doute eussent recueilli cette succession , 

S elle n'avait point été laissée à Thierri. On n'échappe point 

en disant que Thierri jouit de ces terres du chef de sa 

me; car celte assertion est insoutenable, comme l'on 

!-ra s'en convaincre par ce que nous dirons dans la suite. 

s croyons donc devoir suivre Bulfcens, sur la descendance 

s seigneurs qui ont possêilé Fauquemont après la mort de 

)swin IV, dernier de la première race, qui , selon lui (ti 1, 

i8.H), vivait encore au mois de septembre iai4; en quoi 

i l'abandonnons pour placer en cette année, comme sei- 

irde Fauquemont, Henri de Lirabourg, oncle de Waleran, 

nnommé le Long ou le Jeune , dont il n'a point eu connais'* 



* 



HENRI DE LÏMBOURG. 

Henri de Limboubg, seigneur de Wassembere, fils 
aîné de Henri HI ou IV, duc de Limbourg, etjit dé]à, au 
moi« d'août d» cette année, seigneur de Fauquemont, comma 



ftUtemrtnGi» ii»Tr»iQ»ffi 



n iàîl foi le rnniral rie rnanage ci 



»ulre c.liaric de t 



n\e 



>Mw 



t enffirp nn«^ 
• Ip p. Ber- 



thoiet (Hij(. de huxtntb ,t. W , pf.,^. it^, sq. ), A' a^j'cs S fan 
le CarpeuliPr, sur raiithenlicilé de laquelle nous ne romplon* 
néanmoins pas beauroup, Henri aura sans doule élé institué 
hérilier de cptie seigneurie, par Goswin IV, son beau-frère. 
Henri était fort allaclié à l'empereur Ollon fV, Tnème après la 
l>alaille de Bmvines, sî malheureuse pour ce prince, au point 
qu'il aima mieux voir ravager ses terres, et soutenir pendant 
linéiques jours un siège de l'armée de Frédéric 11 dans son 
château de Fauqiiemont , depuis le 3o août de l'an 1214 • que 
de se ranger du cdié de ce rival d'Otton. Cependant, soit qu'il 
•e sentit trop faihie , soit par qnelque autre motif, il accepta, 
avant le S septembre, une trêve qui devait durer jusque là 
Saint-Hemi. C'est ce que Renier de Saint-Jacques , auteur cob- 
temporain , rapporte fort laconiquement en ces termes (ad. an. 
ïiii, ap. Martenne, ampl. Colloct., 1. V, p. 5a) : Sahbata 
(pDst fesiiim S. Barlholomaii} Episcopas Leodieaxû rum innu- 
rnerabiii exem'lu saù sîmiliter Hiasarn Iranstvit et regali exercitui 

- eojijunxiL Falkeèor obsidelur , terra devasialur, et Treuga usque 
aâ ftstum S. Remigii àea'piuntar. In Natmtaie S, Maria ju— 

liaeum obsidelur, etc. Cet écrivain ne nous apprend pas ce ' 

neur de Fauqucmont fit nprès l'expiration de )â ] 

, tr^ve. Mais il y a toute apparence qu'il s'accommoda avec 

. Frédéric , à l'exemple de Waleran , son frère , et de quelque* 
autres princes. Henri mourut avant l'an 1221, et peut-^lre 

' même ne vivait-il plus en latS. SOPHIE, son épouse, dont 
on ignore l'etlraction, ne lui donna point d'enfants : c'est ponr- 

3uoi Waleran , son fr^re puîné, succéda à leur père dans le ' 
udié de l.imbourR.; 

.■WALERAN 1, I)E LIMBOURG, dit LE LONG OP LB 

JEUNE. 



□vt de Henri , la seigneurie de FauquemoBt 
neveu Walf.ran I , surnommé LE hova nu bE 
let de Waleran III ou IV, duc de Limbourg. 
ière femme. Nous n'avons point de preuve 
étaycr cette succession ; car le passage que But- 
1 Waleran est très-distinc- *■ 
I tcmcnt nommé seigneur de' Fauquemont, U^alieramo Fa/ko- ' 

laltaiU, est à nos yeux de peu de pnids , comme étant tiré, 
I 1 ce que nous croyons, du catalogue des évéques de Liège, * 
L pM- l'iaccntius. Cependant, comme Thierrî, son fils, a pos- < 
I Èt<\i. cette seigneune, noue n'bcsitons point à le placer lui' 



Apiès la 
tomlia sur st 
Jeunb, lils 

expresse poi 
kens (lom. II, p. 3a3 ) rapporte 
r de Faui 



I 




DES SEtCHEURS DE TAUQGKUONT. 349 

Hi^me entre les seigneurs de Vaiiquemont. A cette spignettric 
il joignil cfUe de Coïkarhe, sur la M"iise. près île DinanI , et 
encore celle de Mourjoie ; il lut aussi maréchal de Jean d'Epe^ 
évoque de Liège. La preuve de tout cela se trouvera dans la 
suili: de notre récit. • 

L'an laiy, au mois de mai (Berlholet, HIst. de Luxemb., 
lom. IV, pr. i>. ^j) ) , il s'engagi-'a avec son père el d'autres sei- 
gneurs, à aider "fhillppc , seigneur d'Aurrcppe, qnî avait fait 
Boramage à Waleraii III, comme comlc de Namur, ainsi que 
Clarembauld , son père, au cas qu'ils eussent i» guerre. Lan 
I220 {Gehrru'ai in ao/ù, ad ap. 4i iib. i , V. S. Engeli. p. 7(1 )» 
il jura t avec son ppre et sou frère>, de garder le traité de paix 

3ue son père venait de conclure avec Kngelbert, archevÂjue 
e Cologne. En laaa , au mois de japvier (^Er a.'chms fhins- 
berg. liidict. x) il couffra, conjointement avec snn père, son 
frère el son oncle Gérard, seigneur de Wassemberg, :tx\ mo- 
nastère des dames de Heinsberg , le droit de patronage de. 
l'église paroissiale de Hoengen. L'an i2ï5, le m Hnvi'iubrc 1. 
trois jours aprps le meurtre Je saint Engelbert, archevêquB 
de Cologne, le duc. soD père, l'envoya avec son oncle dé— 
iruire le château de Valence ou Valandbus , que le prélat avait 
fait "lever sur les contins du Lïmbourg. C'est r.e que té- 
moigne Césaire d'Heisterbach , en ces trrmes (Vit» Ëogelb. ,1 
1. 2, c. 9, p. iTi^) : iiux yyalramus de Limhurg , ioret co'. 
mitis Fiitlerki (Ucssemberg).... lertid die a rasde ejiis ( Arcliie- 
piscopi } anlei/uam cor/jus ejus eeitùtet Culoniam , congregato milite, 
copioso et niuliis rusticis , castmm yaianliani , quûd beutus air ad 
muiiimenlum /erra non longé à Castro Rorlensi (Kolduc) maximo- 
iiimpla izdificarat , absem oèiedit et po$t paacw dits cum magna 
suorum tripudio deJEr.it~.. Jf^alramus ut àjaelo excusame potsetf. 
sieut et ftcit , prœsens ndesse noiutt , sed fralem tuum Gerardumi 
tilmjilia IValramo ad casl'um destruendum misit. ; aiebat enlm 
iii suant ignominiam tllud extrur.lum. Walcran le Jeune paya, 
ail rapport du niênie rcrivain, cette démarche d'une longue 
maladie : Posl ciij'us ( Ducis Walrami ) morlem , dit-il , àumfilii 
ejus W.iLHAMKS JuîilOR e/ tomes fîenrictts, gr'wi admodum 
iiifirmitate rorreplt , satis etxati sunt , nte adkue plene conva/uerunt. 
Cau-mm vero tittn marlis iflorum tutn harum ma/<e nati-ludims 
Ueus nouil. Il ét;iit donc encore malade en jtcz-j , puisque, selon 
la remarque du P. llarUbeim {Bibliatheca Colaiaens. , elr. p. 4H)» 
Césaire écrivait en c^tte année, Toulefoi.s, cette maladie ne 
doit point avoir été si considérable ou avoir seulement com- 
mencé quelques mois après la mort de son père, arrivée en 
mai laab , puisqu'il intervint à une charle de donation, que le 
duc Htnn , son fière , fit k l'abbaye de Jlolduc,_a/>RO Botnini 



359 cnaoHUAGiB ristouque 

MCCXxri, même Julio, non ejuiâem mensis ; c'est-à-dope, it 
ce c]ue nous croyons, le 2 juillet, suivant la manière de 
compter les jours du mois daaa un ordre direct, quelcjucfois 
employée en ce icms-U. {Nittuf. Tr.de Dipiam., t. IV, p. 734.) 
Au contre-scel du sceau*«]e Waleran pendant i cette charle, 
conservée aux artliives de ladite abbaye , on lit le raol Cus/os; 
le reste n'est plus décbi Arable. Serait-ce la tutelle des jeuni 
enfants d'Ërmesinde , comtesse de Luxembourg, seconda^ 
femme de son père, qu'il aurait voulu désigner par ce motrf 
Nous ne voulons guère appuyer sur celle conjecture ; mais îl 
est certain , par le témoignage d'un ancien hislorit-'n de Trêves 
que Waleran prit cette comtesse, ses enfants e 
■a protection. La caution (Martenne, ampl. Coileet., tôm. Hf^M 
p. t'ix; Bertbollet, tom. iV, pr. par., p. 56} qu'il donii»W 
pour celte princesse, condamnée par une sentence du con " 
de l'empereur, rendue à Aix-la-Chapelle le dimanche Jsti s 
A>A(iade mars 1227, v. st.), ï réparer les loris occasionntfî 
à l'alibaye de Stavelo par la détention des châteaux de Logne ë 
de Comblent, fait voir qu'il s'acquilla de son engageroenË 
Mîis voici le passage même de l'ancien écrivain de TrÈve»^ 
auquel nous en avons appelé : Circa eadcm tempora (i2a8)| 
iil-il , (Gesia Trevir. Arcliiep. n. 69 ; ap. Marlennc , Amplis. 
Collect-, t. IV, p. 242) visilavil Ùami/tus peccata papuH sut 
Sfiintu judicii et spiritu ardoris , lerram r.imiamens gladiu et igot ; 
t solum Treolrensetn , sed etiam Cvloniensem et Moguntiaeiuen 
iceesim , et har ea: parle per iValerannum et tamitem SefoeiOêm, 
JVum tValeraniiits , filius supradicii IValeranni ( duds ÏJmhurg)^ 
àafunr.ta paire , in eustodiam cesserai, comitissit uxoris patris aui et 
puerorum et terra , et hic kabail privlia mulla , et tiomirmtus joetas 
in eis. Ce fut principalement ciinlrc le comte de la Marck 
: Waleran fil la guerre en ce lems , pour recouvrer le pa- 
Tioine de ses neveux , les jeunes comtes d'Isenberg. Celte 
guerre fut longue , quoique de Irms en lems interrompue. 
Waleran avait Thumeur irop guerrière pour n'avoir point pris 
aussi part à la guerre que le duc son frère eut, en ia3o. avec 
l'archevêque de Cologne, de laquelle nous avons donné ci- 
tvant quelque détail. Mais les deux frères doivent avoir tait 
|>aix avec le prélat, avant le 3>H janvier 13-^1, puisque, i 
lie époque, ils se trouvèrent avec lui à la dièle que le roi 
Uenri, fds de l'empereur Frédéric 11, tint à ^VonIw. (Hon- 
ibeim, Htsl. Tretir., t. I, pag. 707 ; Schannat, Hist. fformal. 
'n Cod, profi. , p. 109.) L'année suivante, Waleran s'étant de 



>Nveau brouillé avec cet arcliev^i 



à quelques m 
repoussé par L 



ilut porter du seootur* 
ses ennemis. Mais il fût 



itphali 
ivêque de Muoïier, allié du préUi. 



DES SBIG'SïtIM DB FAUQUEMOST. 
lArchùpiscoptu, dil GocJefroi de S3int-Pantalêon( at/. an. laSa, 
p. 398, t. 1, Scripl. Freheri, edil. 1^2^} in Jf'eslfa/iam rum 
militia transit et hustibus in dedilionem receptis prospère reverlilar. 
Quitus hoitibuB ciim WaUramus de Limburg cum suis faultiribtis 
in succursum vtnissel, abepisropo nn/nastenensi , per cujus dlœ/:e~ 
sim transe intenderal , retnidilur el redire compellitur. Il se rt'- 
concilia encore avec le prélat avant le iS mars de l'an 1^34, 
■'étant trouvés ensemble ce jour-la à la cour du roi Henii,à 
Lutter, près Je GosUri comme le prouve une charte que c» 
prince fil alors expédier. ( Foppens supplem. Op. diplom. iVlirizi, 
t. IV, p. 337. ) 

L'an laSlJ, il reçut en fief de révSqrie de Lîége la pi-iiie 
ville de Sittaert, faisant aujourd'hui partie du duché de Juliers. 
Jiiiao 1235, dit la grande chronique helgiqiie ( p. a35 , t. 111 ; 
Script. Pislorii. ) l'une efàscopus Jaannes oiUam de Slltaert pro 
duobus millibus marcharvm arquisicit , quant Waleramo suo 
tnarachallo infendam dédit. Mais il rompit peu après avec ce 

Srélat ( Fisen, hist. ecclesiae Leod. pag. i , lîv. i,1, n, iij , p. 
22 ) , à l'occasion de certaines con testai inns mues entre <iue!- 
,qucs>uns de ses sujets et les habitants de Theux, bourg du p.iys 
«e Liège. Waleran épousa la querelle des siens , et alla briller 
Theux le 21 septembre i236. L'évêque de Liège ne crut pas 
de son côté devoir manquer à protéger ses sujets; et usant de 
représailles , il porta le ravage dans les terres de Waleran , et 
même t Berthotet , hist. de Luwmb, , lora. IV, p. 4,44), sur 
celles du comte de Luxemboure, son alité, où il mit le feu 
aux villes de Bastogne et de Uurbuî , ainsi qu'à quelques autres 
endroits. ( Fiseti, loco cit.) Ces hostilités continuèrent quel- 
ques tems de part et d'autre au désavantage des deux parité. 
Waleran se laissa enfin persuader par ses amis à demander la 
paiï, et l'obtint. (Bertholet , tom. IV, pag. 456.) Alors il com- 
mença à former certaines prétentions sur le comte de Luxem- 
bourg, son fi«re utérin : mais celui-ci rompit ses projets guerriers 
n en faisant des ligues défensives avec les seigneurs voisins, el eo- 
>■ tr'autres avec Arnoul III , comte de Loss et de Chinî.Ce sei- 
» gneur promit et jura parnnacle de.ia.ij, donné die Joois iioit 
" oclaoas PascluE anno Uomini laSy, mense Apiîli (c'est le 3o), 
» qu'il marcherait au secours de Henri, comte de Luxembourg 
u et marquis d'Arlon , aussi long-tems qu'il vivrait, contre 
» Waleran de Limbourg et contre tout autre qui se déclarerait 
» son ennemi. Cette ligue effraya le jeune Waleran et te retint 
» dans le devoir «. Tel est lerécit de l'historien de Luxembourg. 
Sans nous inscrire en faux contre le motif qu'il prête à Waleran 
de n'être point venu aux mains avec ces comtes, nous uhscr— 
vcroiu seulement que ce seigneur n'était point homme à s'et- 



SSa CRBOSOLOCIB BISTOBIQBe 

frayer aisémenl ; on le verra bientôt se mesurer avec des toi 
(rfs-superieu.res » etllesdeses tmiemis; encore la mfinc^ii» 
il ri.-coiftnnença ses incursions sur le territoire Je Liège. L'evëi 
ai: prépara ausù puar entrer de nouveau en campagn 
le (lue de Limbouig vint le troirver sur la lin du mots d'octolirç^ 
«t l'enga^i'a a diflerer encore queltjue tems Jes hostilités , ei 
Jui prumellant de ramener son Crère à uu acuimmo démenti 
iàule de ijuoi il prît sur soi de payer mille marcs an prélat , ■^ 
de se rendre à Liège cumi^ie pleige. C'est du P. Fiseo . à i'ei^ 
droit cite, ijue nous tenons ces particularités: les archives di 
chapitre de Liège sont ici ses garants. C'est néanmoins iMie fàuU 
de sa part de nommer noire jirlnce Waleran de LuKembour.' 
Brovrer (,>nu. Trevir. , lib. ib , n. 17)^, tom. Il , p. iii4) ^f" 
djiis une méprise encore plus grande en le faisant duc iiel.iii. , 
iLourg et comte régnant de Luxembourg : il a pris le père, mo^ 
iptiisieurs auiiées auparavant, pour lelîls. Zanlliet (aai 
ap. Martenne , ampl. Coll., lom. IV, p. 72 ) doit être tombi 
njans le nj^me écart pour l'avoir fait comte de Namur. Hut 
foor continuer son liistoîre , il rompît bientôt ces nouvelle 
^conventions , si toutefois le duc, son frère, réussit à lui per* 
suader d'en faire , et cdusa d effroyables ravages <lans les terrai 
de l'évêclié. Jean , de son côté , ramassa une belle armée , veià 
-la Purilication is.^ii, et alla assiéger le château de Poilvachei 
mais ce prélat étant mort le 3u avril , ou , selon Gilles d'Orvil 
(cap. l'ii ; ap. Cliapeaw. , Script. Leod. , tom. II, p. aSs) le 
n mai suivant, Waleran ramassa d'abord ce qu'il pouvait avoir 
de troupes, et passa la Meuse; ce qui jeta l'épouvante da» 
l'armée ennemie, consternée de la mort de son chef, et lui fit 
.piendre la fuite. La chronique d'Albérïc entre dans un assa 
grand détail sur tout cela ; en voici les paroles mômes ( ad. an. 
ia'6&, liv. 2, pag. 5oJ ) : a. Galleranus Dominus de PoiU 
vache , filius quondam ducis Gallcranni de Limborch, nmlU 
•• mala Itorribîlia et nefanda làciebat contra vicinos 
-M priEcipué contra episcnpum Leodieosem Joannem ; tjuaprop- 
a ter idem Joannes , sicut erat vir animosus et nobilîs, congre- 
- gans cxercitum copiosum circa Purilicationem Beaix Viiw 
H ginis, Casirum prsedicti Galeraoni , silum super Mosam , 
« quod dicitur Pilansvaccam , viriliter oUsedit. Post aliquan- 
■ tulum, maadatum episcopi , venit ad. obsidionem Thomas co- 
» mes FlandrÎK , qui crat honio ligius rationefeudï Hainiaci « 
u cum iiobili turba Flandrensium ci Hainensimu . adducens s&- 
H cum bibliam petrariamet cetera bellica instiumenla , eratque 
» in(cumJbiiscoinesquiAraulphusLos3ensis, elcumeomum 
-M nol>ilesvicini,quolidieinagnosetdirosfaciebantas3ultus jacien- 
» do,sagittando et ad m uros assa lien do ; et quia non erat muniluin 
s necaquamliabeiet sufUcieutem, citô illi deiutus reddidisieat 



DES SEIGTIECBS M FAUIJUEMOBT. 35S 

im epîscojio, nisi quidam, ut ilîcilur , fuissent qui 
a cohsilia episcopi eis revclabani , et ul furtîler se de^ 

fc femlerent clam exhortantes quia jbsidio soUerelur Cùm 

» adliuc obsidio esset ante supradiclum càsiruia Pilsrisvaccam, 
>• Joannés l.eod. epUcopus, pridîe cMendas maîi , in caalr» 
» DionAnto morilùr. Mors ejus propler obsidioiicm omnibus, 
B nUi quibusdam Bdellbus , celaiur... Crastino verà die tnorlis 
» episcopî , illi qui erant ad crencllos deTensionis , ludeutès et 
» gaudeiit^, dicebant foris astanlibus; RecedalJs, recèdalh ; 

■ Dominas vester mortuiiS est. Sic manifestala est prôdilîo , 
n de quà superiÙ3 meiilio ïucidil, Deinde tlalerannus, sicut 

■ erat vîr beilicosus et in beilis nimlcim exercilàtus , quolquot 
» habere porluil în uaum cnllîgens exercilum , lÂosaih traii- 
» sivil ; quod audiens exertitus episcopi , sine dilarioiie rœpit 
n fugere ( alius codex , siAe dilitione quoi capita t6t fugue )'. 
» infra Dionantiim se recepil ; tamen posleà comiti Flandrîse 
» sub nominç Begis fuit reddiium x. Ces dernièt'es paroles 
sont une espèce d'énigme. Est-ce que , malgré ce surets, Wa- 
leran fut obligé , par ordre de l'ettiHcreur , ou du roi Co'nra j, 
son fils, de remettre le chSieau de Poilvache au comte de 
Flandre?"Toujours est-il vrai que depuis au moins l'année lâfio 
(Bprtbolet[. tom. T, pag. 142 ) . le comle de Luxembourg . 
on ne sait à quel titre, a possédé cette forteresse, quoique 
cependant Vévêqne de IJége paraisse y avoir eu en même- 
tems quelque droit domanial. Comme Atbéric , dans un passage 
que nous rapporterons, homme encore Walerao , fils aîné de 
celui-ci , Waleraaam Àe Polkarhe , il est à présumer que seu- 
lement apr&s la mort de Waleran le I-ong , le comle de Luxem- 
bourg aura commencé de posséder Poilvache. 

Mais, pour revenir aux exploits de Waleran, ce seigneur 
n'était point d'un caractère à rester tranquille apr^s l'expédi- 
tion dont on vîfnt de parler. Le schisme qu'avait causé dans 
l'église de Liège l'élection du successeur de Jean , lui fournit 
l'occasion de satisfaire son inclination pour la guerre. Aiilé 
(Alber. ad an. la'iS) du jeune roi Conrad et de Conrad de 
Hochstade , nouvellement élu archevêque dé Cologne (1) 
Fisen , laco supra rit. ) , il prit les armes pour Otlon , préwAt 
de Maësirichi , qu'une panie deî chanoines dé Liège avait élu 
_ j^ur évSque, le xS juin i^t'iS , et lit le dégât dans les terres 



ri'(i) H«nrl3e Moleoarck, prcdécvsseur de Conrad dans l 'archer jlclirf 

de Cologne, mom-ul eo CaMme de tan ia39, suivliul Mbe'iif' p, $65. 

( AUer/ Slai. , p. a ; Script Kalpisii , |., 538. ) Les aul.iirs Au G„lt 

driiL, lome III , n»t. éHit. 691. Gùndling,, toûie IV. ps'ge 74;- 

XIV, i^ '■ 



I 
I 



I 



354 CHBONOLOGIE IlISTOHlyDÏ. , 

qui tenaient pour Guillaume de Savoiu , choisi par l'a 
partie Jes électeurs. Le comte de Flandre soulint l'eiectioi 
Guillaurne , son frère, et réussit à dissiper ses ennemis nd 
l'amiée c|ii'il envoja contre eun. L'année suivante, Walet 
prit toute la part qu'il pouvait à la guerre <jue la maison 
■ L Imbourg eut avec l'archevâ^ue de Cologne. Voici coi 
parle l'ancien historien de Trêves ( Gesia Trevir. jirchiea 
n, 177; ap- Marianne, Ampl. Collecl., tbm. IV, p; 246)1 
l'hçodoricus , arcltlepiscopus (.Trevirensis) , dit-il, castrum 1 
monte Kilkurch œdîficare cecpil aniio liomini 13'Jg. Negue pqten 
contra facere Wcûcrannui toto aiiao itlo vchementissimâ belfon 
iasianlid contra Conradum Coloniensem eler.tum intpedilus. 
même écrivain rapporte que le jeune roi Conrad favorisait 1 
maison de Limbourg contre l'arcbevêjjue ; car il ajoute | 
fl Tune temporis Conradus puer , filius imperatoris , rei 
» Hierosol jmorum , à plurîbus habitus est pro rege Roinano- 
u rum , qui etiam fovit partes Laicorum adversus Colonienseiân 
» electum. » Mous ignorons si ce que cet auteiir'dit un peilV 
plus basregardeencore lagucrre enqiiestton. n Ex bine, dit-îlil 
» (n. 180, p. 348),post mullascomminatioues, poslmultascom^^g 
» jnonitioneB,raiseratusDominusplebem suam,pacem dedil intM 






etWaleranuum, etreconclliali sont infœderept _ 
I Comme ilrapporte cet accommodement sous l'annés'l 
1 34 lapris le mois d'avril, il pourrait serablc-r,qu'en cet endrolÉ" 
il entend parler d'une querelle que Waleran eut avec t'archsi 
vCque de Trêves ; car les paroles de cet historien , sous l'annM 
13^9, insinuent assez qu ils n'étaient point trop bons amù^ 
encore que peu auparavant ils eussent vidé un différent s 
venu au sujet du château de Marbuch ou plutôt Mailberclil 
suivant une charte de Waleran, dont nous parlerons cï-aprii,'1 
Quoi (]u'il en soit de cette observation , la pnix , suivjot I 
Albêric (ad an- 1240) »e conclut l'an 1340 , entre l'arcbevêquit I 
' ie Cologne et la maison de Limbourg. Parmi lescAndition» I 
était celle-ci , qu'une des fdles de Waleran épouserait le comiâ f 
de Hncbstade, neveu du prélat : " Pax isla firmala est pef I 

■i duplex malrimonium romes de Dolchen el de Hnstad I 

■ duxit fîliam Waleranni fratris ducîs Ji; Lemborc, » Malgi^ J 
cela, la guerre rizcommença , peu après, entre l'arcIicvËqu* 1 



G?1enius. pp. 47-"26) qn' . d'après Godrfroi ilf ; 

place sa mnrl en laS;, ri lui uni I3II iucciiclcr Coi 
'onf pas Tait altenlion que rcl auteur fait p;irli 
ienf cmeiil, de l'année ; vlanlcerlain, par une ch 
tmbrE ia37i ^ue Heari TÎoît encore alori. 




BES SEICNEOM OB FAUQUEMONT. 

Cl les princes de Limbourg , qui êlaient graniJs pi 
1 empereur FréiJéric 11 contre le parii du pape. Cette guerre 
lut luneste à Waleran ; car il y perdit la vie dans une aciiou 
tloiinte l'an 124*1 après Pâques, comme il est rapporté par 
l'auteur des Gesia. Treoir. Archiep. , eonibiné avec celui Je la 
chronique de Salzbourg : en voici les exlraJLs pour vérifier 
noire récit : « Tune , dit le premier (ap. Martenne, ampl.' 
CoU, , tom. IV, page ^48 ) , après avoir raconté la mort du 
pape Célestin , arrivée en novembre ia4i , » insurrexerunt 
» duo archiepiscopi , Moguntinensis scilicet et Coloniensis', in 
•• res imperatorias, eLutroque gtadio, sviltceLmaLeriali et sDiri- 
■' tuali i-ehementissime ulentes , hinc prœliis et e^actionîbui , 
f incendiis et rapinis universa Cjoje atlingerc poterant invaie- 
" runt , satellitlbus imperatoriis in coriun res non minus 
" rcgrassanlibus.... Morluus est autem Waleraunus post Fas' 
n clia u de l'an 134^, comme ce qui précède le fait voir , 
:iinsi que [a clironique de Snlzliourg , en ces termes (ad at» 
124a; ap. PeK. Austriac. Scrip. , tom. I, p. iSy ) ; « Mogun- 
» liiius et Coloniensis archicpiscopi , roUccto excrcilu , domi- 
> niealia imperii vastaverunt , imperalorem per terras suas 
1 ad mandaium aposlolicum excommuoicatum denurtliantes. 
•» Quibus occorrerunt comités, barones, et ausilarii ûnpera— 
» tons , conflictu cum ijisis inito , vicissim iniiUis ipierfeclis , 
>• quvrum polior fuit (lus { immù fraler ducis ) Walrab de 
» l.itparch , etc. •> Ainsi Butltens (lom. Il, p. 3i2) a eu 
tort de placer sa mort vers lai^. Ce prince avait, lors de son 
décès, environ quaraole-siï ans, attendu qu'au mois de mai 
i2i4) il n'avait pas encore atteint l'âge de vingt cl un ans , 
comme on peut le conclure, de ce passage, du contrat de 
mariage passé alors entre son père et la comtesse Ëiracsinde. 
( Bertbolet , tom, IV , pr. p. 46. ) » Hoc eiiam aiecum jura- 
N verunt , y dit Waleran III, supra dicti filii mei Henricus 
» et Waleran us , qui cùm, pro nimia [uventuLe sua, eo 
» tempore quo pra^ens charla composila. fuît, adhuc sigilla 
" non habercnl, etc. » On sait (N. IV. de Diplom. , lom. IV, 
p. 2G5 ) qn'en Allemagne, en F'ratice , en Angleterre, les. 
nobles, à la fin du douzième siècle- et. aw suivant, n'eurent 
régulièrement dr™t de sceau , jus sigilli, qu'après avoir atteint 
U maforilé ou l'âge devinj^tet un ans accomplis. 

VVaLeran ie Zou^ avait épousé Elisabeth ou Isabelle de^ 
Sar, fille d'Ermesinde, comtesse de Luxembourg, et de soit. 
Iiremier mari, Thibaut 1, comte de Bar : témoin Albéric eit 
ces termes (ad an. iai4 1 pag^ a , pag. 476 ) : Cornes Bari Theo~ 
ùaidus.,.. de UHiavxort Krmeasende , filia Hearini eormlis Na- 
jttiircensis JUiam IsaÔellam noiuiiieSfflMil j quam laiûor JV^altraauêr 



I 



i 




356 CBRONOLOGIE histohique '^^ 
hongus habml, et ti pf périt pos/modum IVaierantim Je Poiieeaitht. 
Snuesimle die-nièine, (UmunaclR Je iï3i , ilil (apud Mi- 
n Opcrum Diplomatie. , tom. [. p.ig. âo6) : Si Elisabeth 
^iam meam piadirii comitii {^Hearici liarrensis) sororem, mti 
Jiiii ( imo pri*igDi ) W^aUraiii axorem , etc. Ajoiiiez une conveo^K 
tioa que lei deux époux ( Bertholet, tom. IV , pr. p. 5S)fireiil 
ois Je janvier 1217 (v. si.), avec l'abbé de nébais, pouB 
un dilléreot cfi;'ils avaient sur le p^lronage de IVglise de 
HarviUeet (|uel<)ues dîmes. Ce quiËiit voir(}ueBulkciis(toiD. ll« 
ta^. 3i2 ei 33o) a eu tort de placer le mariage de Walecan 
m i33i ; le P. Berikolel ( tom. IV, pag. 4> > ) ne l'a pas en 
Tioius, en le rapporlant à l'année 1327, puisque, dans an» 
chartede Waleran le père, donnée pour l'église de MetK,P» 
121H, Elisabeth est déjà appelée femme du jeune Waletan < t/H 
fappens. Sappl. aper. tUpiom. mirais tom. IV, pa^. 33«) : h Quti<i 
» diclus cames ( Litix^mburgi lyaleranus) de consensu.... Wa^ 
I lerani junioris filii cotnilis, et Ëlisabeihie uxtiris ejusdem^ 
» sororis Uominï M. ( Usex H . ) lune Umporis cumitis BarrcB^ 
i>. Moue croyons que le mariage de Waleran le pfre avn^ 
la ciimlesse de I.iixcratiourg . Fait en iai4,a donné oceasi on i 
relui de leurs enfants. Eli^abetli eut (Bertholet, loin. IV f 
.4ti)en dot les terres de Mar\'ille et d'Areiicy; mais elW 
[> jouit poipt «lu vivant de son mari , mort avant le pariags- 
des biens de la comtesse Ermosindc. ( iiid. tom. V, pag. ()4> f 
Après le décès de celle princesseï ariivé on i^i^ti, Hcnii, Mit 
fils aîné, et comte de Luxembourg , s'empara de ces deux terres; 
et , malgré les réclamations d'Elisabeth . il raiiiinna de les pos- 
sëder()Aid, pr. p. 4" ) Pendant plusieurs années. Une rouven-' 
lion passée i Slavelo , la troisième férié après le Jimancbe /!»- 
miahcere ( 10 mars is53,v.si.), mit fi» a ces conteslalioi 
liriiri restitua Marville et Ararici, donna la iiu.ilriMie partii 
de certains acquêts à sa sceur uléj-inc, ri lui càda, dans les bi 
de Flandre et de Hainaut, celle (pii lui apparienait. Le cointl 
de Luxembourg se réserva néanmoins alors la suzeraineté 
Marville et Aranci , ou Inen il l'acquit depuis ; car le P. 9 
iholet ( pr, p. 56 , tom. V, et pag. 140 et pr. p- 62 ) produit ui 
acte du i".. août 1263 , par lequel Waleran , fils d'Elisabeth J 
seigneur ée Montjoie et de Marville. et non pas de Fauquemont 
reconnaît avoir reçu ces terres en fief de son oncle, lecumiei' 
Luxembourg. Peu de mois après , Thibaut 11 , comte de Bai 
voulut être admis à la communication du droit féodal de ci 
villes et territoires en dépendants, c'est-à-dire que Walefan^' 
leur Ttossesseur , prêterait sèment de fidélité au conile de " 
pour la moitié ; mais que ce vasselage n'en sérail pas pour 
iiriti, puisijue Thibaut devait le leadre à Heaiif en 




neSSElGNEUBS BE FAUQDIHOHT. 35^ 

lalion des autres fiefs qu'il tenait Jcjl de lu! , avec promesse de 
ne. causer aucun dommage ni au comte de Luxemboure , ni à 
"Wakran île Montjaie, et que, pnvir ces rélrocessions, il devait 
leur compter ^Soo livres de Provins (i). l.Vsl ce que nov<s ^p- 
picnd l'historien, d'après un tilre Ou li novembre is6ï , qu'it 
s faitimptimcr ^mii$ ses preuves , au lom. V, pag. 55. iîhsa- 
lieth Junna plusieurs enfants à son mari , comqie il le témi)ign« 
lui-même dans un reversai qu'il donna à Nactmsen, au mois dq 
novembre taiW, A Thierci , archevêque de Trêves, en recon- 
naissance de six cents livres qu'il eu avait remues pour la parlio 
du cliâlcau de Mailberch et de ses •lépendances, qui lui appar- 
teaaicut à tilre d'achat, sous condili.io, néanmoins, (|ue doré- 
navant lui et ses bériliers tiendraient le château et ses terre^ 
en fief de l'église de Trêves, où il dit rntr'autres chosfs {ap. 
Itonleim, Hist. Trevlr.diplom., tom. I, pjg. 73^) (ï): « V,^ scien- 
V dum qund (ilii naei ipsum casirum , si filii mei non fuerint , 
» ab ecclesia Tievireosi (eudati jure leneliunt "■ L'aîné des Etû 
de Vuleran 1 fut VValeran dont il a dêji été parle. Il posséda 
peur-êtrc quelque temi> la scit^neurie de Puilvache, suivant ce 
qui a été dit ci-dessus, mais bien certainement cellos de Mar- 
ville, d'Aranci et de Monijoie, comme en iait foi l'acte d4 
l'h'inunage cité plus haut, et pour Montioie en particulti>r, une 
charte de donation qu'il fit au couvent de Iticbslcin , alors ha- 
Lité par des Glles, aujourd'hui par des hommes de l'ordre des 
V^L'montrés, situé dans celte seifiopurie, faisant à présent partie 
.du duclié de Juliers. Cette picre debule ainsi {ap.C L. Haga 
Ùt unaat. Piiemonstr., tom. 11, l'nl. prob, pag. 4>7 ) ' " Witiramus 
» iiobilis virde Monijoie, et mater sua nobilis niulier Elisabeth, 
B et uKor sua Julta , comitissa , etc. Datum apuil Aickiriais- 
K tein, anno Dotnini laSs, sexto idus maii •>> Une autre dona- 
tion (j'iùi, et pag. iii^ ) faite en faveur de ce monastère , qu^il 
Cl confirmer en laSii, par une charte de l'archevêque de Co- 
logne , prouve encore ia souveraineté sur ce territoire. Il suivit, 
l'an 134^, ( Butkens , lom. ) , pag. a5:i) Guillaume, comte de 
Hollande, compétileur de l'empereur Frédéric 11. U mourut 
émi« 1362 et 136g, sans laisser d'enfants, comme l'on peut s'en 
convaincre pjr ce que nous avons dit de son hommage fait au 
comte de Luxembourg, et par ce que nous dirons ci-après, Il 
iut enterré dans l'abbaye de Val-Dieu , au comté de Daelem * 



{ 



mi 



'(l) 160,400 livres loiirnoîs d'aujourd'liui. 

<a) Walei'Bii devait lui-m^e donni^r te rhlteau en fief à Çudplle . 
'fila du lirtre d'Agnès , demière damede Maikrak, dont ilayait acquit 
la part iju'il y avait avant cette conveulion avec l'arehEvique. ' 



CTIRMîbtÔCtÈ iaiSTOllïiîTft 
Montjoic et de Jutte , que nous avons cF 



■. Sa r; 



, parce que 



doTis nne charte dei: 



I 

■ 

I 



ieîgnear de 
&ans lignée. 

qu'il publie , Waleran II , ' selon Ini ill , seigneur de Fauqôf 
mont et de Montjoic, âii : est quoddam monasterium i 
ardim.1 PrannonsIrateiL^îs , h.û:fia'iaesleùie dwtum , in noslro allaJi 
à noiiiis F rog en ii on iBC s /um^d/u m. Mais il fatiaîl prouver ai 
paravani aue l'ainé de Waleran I , et non pas liii-ménie , a' 
été le fonaaieur deceltemaison religinise , pour que IVeuni 
eût quelque force ; et cVst ce qu'on ne fait pas;ei quand mj 
on le ferait , il ne faudrait pas pour cela prendre ces mots d 
charte à la rigueur , pour ne pas la mettre en contradiction avej 
d'autres également authentiques, et de plus, appuyés du li 
nioignage d'un écrivain presque coulemporain. Il faut donc n 
garder Waleran II comme le fils de l'hierri et son succes'' 
seur dans la seigneurie de Pauquemont , et encoïc comme 
l'héritier de son oncle paternel , si toutefois Thierri luî-mtoe 
e recuillît pas la succession de son frère : ce qui est d'antant . 



plus ' 



iLlable , 



epeu cl 



irés la mort de se 



ipèr. 



Waleran II vendit Mariille et Aranci au comte de Luxem.'J] 
bourg , et se disait seigneur de Monijoîe. Au reste , si ButfccAl 
a effectivement aperi^u un Thierri de Fauquemont en 1235/ 
comme il le cirque dans sa table généalogique ( lom. 11 , pag*» 1 
334), i' vantsansdoute mieux le prendre pour celui dont nont \ 
Tenons de disserter, alors jeune enfant de neufans tout au plus, 
que de le faire[, avec lui , fils de Guswîn IV, seigneur de Fau- 
quemont ; car ce personnage serait , pour bien des raisons , un 

fhénomène encore plus extraordinaire cette année-là , qno 
Arnoul de Fouijueinont du P. Bcrlholet , vers l'an laïa. " 
estitoons que peul-élre Buttcens aura pris pour im seignei 
Fauqucmont le Theodoricus de FaIckenbeTch , qu'on renci 
dans deux chartes de 1226 , publiées par Pont an us , dontl'une^ 
dans l'édition de M. lung, est datée anno izaS , vj kai Febr.j^ 
ce qui revient néanmoins à 1326, selon ie n. st. Mais il y abie^ 
de rapparcnte que ce seigneur le fut d'un Falckenberg, diflfâ^. 
rent dû nôtre -, car l'on voit, dans l'édition allemande du £c4f 
lionnaire de la Mariinière, qu'il y eut plusieurs endroit 
nom. Peut-^tre aussi est-ce une faute de l'éditeur , 
maïqué le n<im de Falcltenbere; certes, dans une rharle i 
Gérard, comte de Gueldre , de l'an 1237 , publiée par le mSina~1 
Pontanus, pag. i3i , ce seigneur est appelé Theodoricus de 
Vatltnhtri:h. 

A ces fils de Waleran I, Butkens ( lom. Il, pag. 3i2), 
ajoute un certain Tînand, neut-étre le Winand de Montjoic, 
qui, suivant lui ( ibid. tom. i,pag. 391), fut du nombre des seii 
ineiirs ligués en 12-6 , contre Siiroi , ai^hevËqne de Cologne , 



mtS SIIGWEtmÇ DE FAWÎOEMtWr. 86* 

pour reconquérir sur lui l'héritage des enfants du comte de 
Jutiers, qu'il avait envahi après ta mort de Guillauine IV, 
leur p^re, lue à Aix-la-Chapelle,, le i6 mars de la même année. 
Des Tilles deWaleran, une épousa , l'an i24(tf^bierrl, dernier 
comte de Saelem et de HochslaJe, comm"l a été dit ci- 
dessus; et, suivant Biitkens ( tom. II , pag. 99 el 3i:i ) , une 
auire nommée Marie ou Marguerite , fut mariée à Âruoul de 
Loss, seigneur de Stein :.nous n'avons pu rien découvrir de pliu 
sur cette alliance. 



^■K^i 



THIERRI OD THIBAUT. 



2^2. Thierri, nommé aussi Tbibaut (Or succéda î 
ileranI,son père, dans la seigneurie de Faufjuemonl, L'his- 
toire ne nous a rien conservé sur les premières années de ce 
seigneur, si ce n'est qu'on le voit intervenir k quelques chartes, 
soit comme témoin, soit comme juge arbitre (Rutkens, lom. I, 
pag, 77), le li mars laSS (n. st. ), le samedi après les octaves 
de la Chandeleur, i4 février ia54. (Maileune, Thés Anec, 
tom. 1, pag. loSa, et le i(^ juin labs.) En celte dernière qua- 
lité , il paraît, dans une charte da 5 janvier 1249 (v. st. ) (ap. 
Butkens, l. c. , p. gi ) , pour terminer avec d'autres seigneurs, 
un différent survenu entre Henri de Gueldre, élu évoque de 
Liège, et Henri lU, duc de Brabant. Sur la fin de l'an 1263, 
ou au commencement de 1264, s'élant Iroavé à Cologne , îl fut 
fait prisonnier dans une émotion populaire , par les habitants de 
cette ville, avecl'archevêquejson frère, contre lec^uel ils étaient 
irrités. Les évoques de Liège et de Munster , ainsi que les ducs 
de Limbourg et de GuelJre accoururent au secours des deux 
frères : mais ils ne purent jamais obtenir leur délivrance sans 
avoir préalablement juré avec eux de ne point obliger les Colo- 
nois à donner quelque satisfaction k leur archevêque, pour l'in- 
jure qu'ils lui avaient faite. Le pape Urbain IV , informé de ce 
serment , le déclara nul par des leti res qu'il adressa aux intëres-^ 
ses, le 3 mars 13.64, et enjoignit à l'archevêque de venger l'hon- 
neur de son siège. Tel est le récit d'OdericRavnaldi, dressé sur les 
lettres du souverain ponlife, dans lequel néanmoins nous avons 
cru devoir changer le dux Luxemburgensis en dux Limburgensis% 
les princes de Luxembourg ne portant alors que le titre <le 



(1) L'uiii(]ue monument où nnus ayons trouvt Thierri avec la Ai- 
nominalioD de Thibaut , c'est la charte de 13Ë9 , cîlce plus haut. Mais 
l'original de i:elle piùce ne difsignc-t-il peut-Ëlre le nom de ce sei- 
gneur que par les Ullrej imlialea Th. , suivant la COulume de r- >>'^^ 
U , dout le copiste aura Tait Tlieobaldui , au lieu de Tlieodorii 
XIV. 



I 
I 




3^3 CHItCHIC&OGtS JBUTMdQOB 

cntnins, et surtout parce(]ue le duc de Limbourg »Vst enrore, 
Jaos la suite, parti eu lie renient intéressé pourri? prélal. Nous 
tronvoM une sentence arbitrale, iJonudc te «iîm.iiiche (kuli 
^Smars) i3ii4Q||St.) par cjuelquea chanoines de Cologue . ainsi 
que par le coamàe iiAiets et quelques autre» seienears choisit 
par rarcbevéque el ceux de la ville, pour décider leurs contei- 
talîons el pour régler la salitraction à faire au prélat pour m 
dt-ieolion. Ce fut, sans doute, en conséquence des ordres da 
pape , qu'on entama ces voies de pacification ; mais il est sur- 

Srcnant que l'on ne parle point dans cette pièce de la caplivilé 
e Thierri ; au contraire on s'y propose de requérir ce seigneur 
c le duc de l.iir' -. ■ 



vouloir garantir, 



mbourg et quelques autres 



princes, les conventions qu'on venait de passer. La captivité 
pigneur de Fauquemont serail-etle donc bien réelle ? Les 1 



du 



loriens du pays n'offrent rien ici (|ui puisse répandre un plus 
grand jour sur ces lueurs , que prêtent les monuments que nous 
venons de produire. L'an 1267, le 12 de juin (Btilkens, tom. I, 
naç. 283) , Thierri se fit homme-lige du duc de Brabant , pOHri 
il somme de deux cents livres de Louvain , à percevoir sur Ifi'^ 
revenus du pont de Maëstrîcht. Il fut bientôt dans le cas de Iq 
rendre service. Henri , évèque de Liège , el le comte de Guék 
dre, son frère, ayant été forcés de lever le siège de Malin 
vouluri-nt s'en revancher sur Maëslricht ; ils y entrèrent 5 
beaucoup de peine ; mais ils n'eureni point si bon marché av! 
I4 tour qui flanquait le pont de la Meuse du côté de Wyck, faq 
bonrg de la ville; car le seigneur de Fauquemnnt y avait en»o 
trois cents hommes de renfort; cependant elle fut enfin « 

J>ûrtéc avant que de nouveaux secours v pussent arriver, 
[étriiile de fond eu comble (1). La ducliesse Ali» 011 Aleidj^ 
mère du jeune dur Jean l , et régente du Brabant , reoouvê 
alors , le 8 septembre , l'alliance avec Thierri , qui promit é 
l'assister contre l'évênue Je Liège et ses alliés, à ses propres «* 
pens, si la guerre se lalsail en-deçà de la Meuse , mais au» f 
de la duchesse, au cas qu'il dût passer ce fleuve : il s'oblig 
en outre, k faire tous ses efforts pour recnuquèrir la ville ( 
Illaëatricht , à condition de pouvoir la retenir six mois aprt 



(1) U P. Flsen mcl le aic'gp Ae Malioc 
d'oftobre; Hocstin se ronUole Je Jlre, 
Lii-geiiis hvèrenl ce ïiege à raïue de la 
celui de k tour de Wyck fut nnlrepris inronliBent après . cootinâ 
<li>ETiI ctt écnvaiia, il feudrait abandonner la cbronologie ^e not 
Avant ïixiv : maïs cnrame elle esil appuyûe mt les chartes 1 
' DUS pu nous résoudre à adopter celle iei ) 



l'avoir forcée, avant de la renwiire à la iJuthcsse el au iliw, su» 
liU. Nous ilDutoiis que Tliiurri ait pu remj^Hr cet (.'nga^fiTienr ; 
car peu de semaioes après , savoir, le iBoclobre, ii junlii nue 
balaille contre l'év&^uC de Liège, le comte di: Gneitiic , sun 
frère el leurs alliés , où l'archeYÈque de Cologne, snci (rert! , lut 
ribltgé de se rendre prisonnier à Guillaume IV, comij-Je Julieis- 
L'année snivante , ThieiTt s'allia avec le duc de Limiiourg , son 
cousin , le comte de Clèves et le aigneur de Heirisherg , [wur 
porter un coup aux baliitants delà ville ilc Cologne, qtii tenaient 
pour le comte de Juliers, et l'emi>^chaieot de relâcher l'art-he- 
véque sous la loi duquel ils refusaient de plier. Les confédérés, 
d'inlelligefice avec quelques boiH^ois affectionnés au préUt , 
tentèrent de surprendre la ville la nuit du 1 4 au i S octobre, en 
7 entrant par un conduit souterrain; mais le secret ayant (lé 
îi-vélé, ils furent mal accueillis des ennemis, et Tliierri perdit 
la vie dans la mêlée. Thierri fut fiancé, dès avant l'an 12S7, à 
Marguerite de Gueldre, comme en fait fiai le contrat condition- 
nel , par lequel Guillaume IV, comle de Juliers, s'obligea, te 
lamarsiaîy (n,st.}, d'épuuser cette princesse avant la Pen- 
tecôte de celle année , au ras que Thierri voulûl renoncer à ses 
fiançailles(i). (BulVens, tom. 1, pr. pag. yt).) I.fl condition eut 
lieu, et Thierri donna depuis sa main, suivant Mantelius, à 
Jeanne ou Aleiiie, fille a'Avnoul III , comiede Loss, rema- 
riée, après sa mort, àAlbert, seigneur de Voorn en Zélande, 
dont il laissa Waleran , son successeur, que le P. Berlholet dit 
roal-à-propos avoir péri a la jnurnée de Woeringen , le i5 juin 
tafia ; et, au rapport de Baudouin d'Avesnes, plusieurs filles. 
Itutkensen nomme deux, Isabelle ou Elisabelli, depuis istja, 
seconde femme d'F.ngelbert , comte de la Marck; et Aleidi; , 
abbesse de Munslerbilsen , morte en lagS. 

WALERAN 11, SURNOMMÉ LE ROUX. 

12G8. Waleran II succédai son père Thierri dans ta sei- 
gneurie de Fauqucmont , n'étant encore que dans la seizième 
année de son âge. 11 posséda aussi les seigneuries de Montjoie, 
de Marville et d'Arancy, soit qu'il y ait succédé immédiaie— 
ment à son père, comme nous le pensons, soit qu'il eu ail 
hérité lui-même de son oncle, dans l'intervaili! du li'ois écoulé 
depuis la mort de son ptre, jusqu'au mois de mai 1261), où il 
les tenait déjà. Mais Waleran se voyant chargé de dettes , que 
Thierri , son père, avait contractées sans doute pour soutenir ses 



(1) Hisl. ileLoMjur. ; 



ia p. So^i '' l'api'cl'e Aleyilem 



364 CHRCmOLOGI&HISTORIQUS 

guerres, il prit la résnlulion de vendre une ftarlie de ses bi«na 
pour les aCfiuUier, et ejnpéch<->r par-ià ([ue toutes ses possessiotu 
ne fussent absorbées par les exactions usuraîres des créancier». 
« De toutes Us terres qu'il possédait, dit Bertholet (tom. V, 
» pag. 174), celles de Marville et d'Arancy lui parurent ^tre 
j> moins à sa bienséance, à cause de leur éloignemenl de Fau- 
». quemont rt de Montioie , lieuK ordinaires de sa rësidopce i 
s cest pourquoi il résolut de les vendre à sou grand-oocle 
3> Henri 11 , comte de Luxembourg , qui désirait de les acbeler. 
» Mais Thibaut, comte de fiar , s'y opposait, prétendant que la 
» préférence lui était duc, parce que ces biens avaient été dé- 
M lacliés du comté de Bar pour la dot de la comtesse Ermesinde. 
» Dans l'appréhension de lesdésobliger l'un ou l'autre, Waleran 
» traita d'abord avec tous les deu:c ; mais peu de tems après, iL<j 
» vendit séparément , et par un acte du mardi avant le jour dtÊ 
s Rameaux, Tan 12G9, Marville et Arancy, avec leurs dépeil| 
» dances , à Henri , comte de Luxembourg u , en se réservaiT 
néanmoins pour lui et ses héritiers, le droil de les 
mains , au moyen de la re/asioa du prix d'achat , comme il e 
porté dans la charte du 14 fnsi , citée ci-dessus , dans Uquell 
Waleran renonce aussi à tous les privilèges que les lois accot^Q 
fiaient à son 3ge, en vertu desquels il edt pu , dans la suite, de- 
mander quelque changement à ces dispositions, etc. Il dressa 
enaore , suivant l'historien dii Luxembourg , n la mj^me année ^ 

> un autre acte, dans lequel il régla, au cas de retrait, ce î 
M Quoi les deux parties devraient se tenir , supposé que le comte 
s de Luxembourg eût fait de nouveaux acquêts , ou des pertes 

> considérables , par l'invasion de quelques enuemig. Il spécifie 
u encore la manière dont la justice devait s'administrer, corn— 
u ment les hommes des deux iîefs étaient obligés à la garde des. 
» forteresses , et dans quelles occasions on pouvait prendre dts 
u troupes auxiliaires pour d'Jendre les châteaux de Marville et 
i> d'Arancy. Afin que ces contrats fussent inviolahlement obteT' 
a vés, Waleran de Fauquemont se soumit lui et sa terre ii 
B l'interdit ecclésiastique, en présence de l'ofhcial de Liège, 
u au cas de contravention de sa part. Ensuite les deux princes 
» s'obligèrent mutuellement , l'un à perdre ses châteaux de 
M Montjoie et de But^cnbach , et l'autre son château d'Arlon, 
x s'ils manquaient à leur parole. Us constituèrent Waleran, 
» duc de Limbourg, de qui ils relevaient tous deux, pour juge, 
» le requérant de priver de son fief celui des deux qui violerait 
1. ses promesses. Non contents de telles mesures, iU écrivirent 

> à Guillaume, comte de Juliers , à Adolphe , comte de Monts 

> (Gerg) et à l'hlerri , seigneur de Heinsberg, leurs parer)ls,et 
a les conjurèrent, si Vua des cgptraclanls ,«ncourait la peinq À 



BIS ȣTG1!T8TTIIS' OE FATTQtJBMOnT^ 36S 

» laquelle cliacnti s'élail comlamné volonlairement , d'aban- 
» donocr le tefraclaire et d'aider l'autre de toutes leurs forces. 
» Waleran de Fauquemant alla plus loiti , et , pour preuve de 
» la sincérité de ses intentions, il promît au cotnlc deLuxem- 
w bourg de ne point aliéner ses ctiâleaux de Montjoîe et de 
» Butgenbach , et s'imposa une amende de quatre mille marcs 
Il de Liège s'il y contrevenait ». Il écrivit aussi aux bourgeois de 
Marville et d'Arancy de rendre hommage au comte de Lu*em- 
bourg; ce qui fut aussitôt exécuté que commandé, dit le P. Ber- 
tholet ( lom. V, pag. 187 ) , au rapport duquel l'acte qui en fiit 
dressé est du mardi avant Pâques tieuri 1^69, sans doute nou- 
veau style. 

■ Peu d'années apr&s, Waleran répara , en quelque façon , la 
perte qu'il venait de faire par l'aliénation de ces seigneuries 
( Ibid. pag. ii)o) , ayant reçu en iîcf de Marguerite, comtesse de 
Luxembourg, et de Henri lli, son fil», les terres de Saint-Vit, 
de Neundorf et d'Amblève, qu'ils avaient acquises de Philippe 
d'Ambléve. Dans le même tems , le duc de Brabant rachèlela 
rente de deux cents livres de Louvain , qu'il avait consittuée 
l'an 1267, h Thierri , pÈre de Waleran, sur le produit du 
pont de MaëSlricbt , en le recevant à hommage. Waleran as- 
signa au duc, par un acte ( Butkens , tom. 1, pr, , pag. loG) 
lait à Berg, près de Maësiricht , le i5 noveraVe 1274» ^n 
compengalion de celle somme, sa terre de Huuten , entre 
Mersen et Saint-Gerlac , avec quelques autres hicns situés à 
Amstenrode et ailleurs, pour appartenir, depuis cette époque, 
en propriété à ce duc, de qui les seigneurs de Fauquemont 
devaient les tenir en fief, et par là être ses vassaux ï perpétuité. 
L'an 1377 , le 7 avril, Waleran entra dans la grande confédé- 
ration des seigneurs du Bas-Rhin, contre Si^oi de Wester- 
hoorg (1), archevêque apparemment de Cologne , comme en 
fait foi l'acte Tnêmc, selon Gérard Kleinserg, dans son histoire 
de Wesiphalie , conservée en manuscrit àla bibliothèque du 

Cillégc des ci -devant Jésuites de Cologne. L'année suivante, au 
niois de mar.i , il accompagna Guillaume IV , comte de Juliers , 
dans son expédition contre la ville d'A ix-ta-Chapelle. Mais ]i: 
comte ayant proposé de surprendre celte place la nuit, Waleran 
fit tous ses efforts pour le détourner d'un dessein si dangereiix, 
iSoil que ce seigneur usât en effet des paroles que l'historien 



ce prélat ne fut que si 
'ommcn^a le premier 



) tire nonuiié de Bunk«l que de Woilerbourg. 



CTBOlSOtnCtB HISTORIQDK 
1 (liv. 7, pag. aoN) mi't dans sa bouche on d'.iulm 
PKmblablos , pour porter ses allïrâ à ne poi[it entrer (a nuit 
F' dans la ville; il ejI perlaimpj'il ne les y suivit pas, H oue J'wf- 
[ BPinent ae justifia que trop ses appréhensions, comme le tétnoî' 
I Jean Hucsemiii.s (lib. i, c. ii ; ap. Chapeanville srripl.; 
i Iiéo<l. , tom. 1 1 , pag. Soi) ).. Waleran fut Jii nombre des princet 
1 sang de Llmbourg, t|iii prirent les amies pour- veoger ït 
ort tragique du riHn te de Julien, sur ceux d'Aîn-la-Chapellc, 
r M pour Biire revenir aux enfauls de ce comte , l'tieiitage de leur 
I pte, i^ue l'archev^qoe i\e Cologne aval* envalw iiieantiiieiK 
L Mir^s sa niorl. (Vuv. tes dacsde Lûnbourg etUscomia, de Julien,} 
l 'Waleran rendit (Bulkens, lom. I, pr. , pag. lia), le li août 
'^SAyç), une sentence arbitrale, avec les comtes de Flainlre et de 
ni^xem bourg, sur un différent entre les ducs de Brabant ut de 
liimbour^. Il intervint aussi, le au septembre i3>ii>, au trailii- 
f d^paix conclu entre les enfants Ju romle de Juliers et les habi- 
I tonts de la ville d'Aix-la-Chapelle. Nous ignorons si c'est en 
I ee tems-U au dès auparavant (jue. l'empereur Rodolphe confér» 
à Waleiau la soiis-avoutrie (i) d'Aix-la-Chapelle, vacante par 
P'M'morl du comte de Juliers. Nous le rencontrons, pour la pre- 
BÎère fols en celte qualité , dans une charte du ^-eudredi avant 
B-K dimanche Latare (a mars isSS, n. st.), par laquelle il 
rfromel k Jean I, duc de Bralianl , de lui uinservi^r, pendant 
■ tout le lems qu'il tiendra la soiis-avouerie d'Aix-la-CIjapelle , 
I }es droits qu'il a sur cette ville , comme son haut-avoué , et de 
K&ire observer toutes les conventions entre le duc et les habitants. 
^Slais ceux-ci furent plus ptirtcs pour les interdis de ce prince, 
e le fui ^V.^lera^ lui-même; car ils tinrent conil animent 
f Kpartî des Brabançons contre le comte de Gneldre, dans -la 
' guerre pour la succession au duché de Limbonrg, qui recom- 
' iBCnça peu de semaines apr^s U date de l'acte dont on vient 
l'êit parier, la trêve étant alors expirée ; le seigneur de Fauque— 
f Sont y prit depuis, comme auparavant , plus de part qu'aucun 
lautie (les princes alliés au comte de GueMre, son beau-fi-ère; 
Wtfi iat même lui , suivant Jean Van-Héclu, auteur conrempo- 
l'nîn et Irès-inslruit de res évént^ments , qui avait attisé le leu 
^-de la guerre (a). Aussi ne fut-il pas Inug-iems à s'en* redisent ir ; 



i 



(l) Voici un Fuliail ilc Pontanu^ , ISist. Geir. . lIv. G, p. ibi , ifiie 

|MUX ne pouvons vëritîcr : ■ Na^n Walramus Falkenburdenus.,.. «liant 

■ ultrb ailbelium Hrabantinis inrcrrndum , oLiiiiurïjs sihi ab epricupo 

Wft Leodienti , qui Fallcobarpnm auxilio Biabantiz dueis pault> aiite 

y« obiedeial [il/atas) MiiniSabatiir ■. 

(a) On peut , rc Minble , t'inrérer en qnehpie sorte . île cr <]B*y 
V n^port de Ponlanus, ce prince s'engagea, «u lafla, àncfaiii "— - 




DÈS SEIGSETBS DE PAtTQUEMONT. 36; 

car le âoc He Itrabant , infnrmé de U ligue formidable que- le 
cnmle de (iueidre avait faite avec les princes voisins {Biilkens, 
tom. I , p. 3oi ), passa la Meuse e( vint mettre le siège devant 
tin de ses cbSleaitx nommé Limal^ l'emporta en peu Je tems 
et le fil raser, il alli ensuite à U rencontre de Tenaeini , qu'il 
trouva nuv envions de G^lnp ; mais les armées étant prés d en- 
gager le combat, on convint d'une trêve depuis le 17 juillet 1284, 
jusqu'aux fJies de Pâques de l'année suivante. Vers ce même 
temsj les cooilcs de Flandre et de Hainaut devaient ptononcer 
sur le droit des deui compétiteurs. I.a seolence des arbilies 
leur déplut égalementt étant tous les deux résolus à ne point 
se di-partir en rien de leurs prétentions. La guerre recommença 
alors : le Brossard de Limbourg se mit le premier en campagne 
fl courut avec une petite troupe, le territoire de Dalem ; 
miis il fut battu et fait prisonnier par un parli de brabançons. 
En même tems f Bulkens, 1. c. p. io3), Waleran <)c Fauque- 
mnnt, malgré l'ensagement qu'il avait pris peu de semaines 
auparavant avec le duc de Brabant, comme on l'a vu plus haut, 
lai-agea U banlieue de Maëstricht. Les bourgeois prirent les 
aimes et Qrent une vigoureuse sortie; mais Waleran soutint 
leur choc avec tant de nravoure, qu'il les obligea de reculer , 
, leur tua du inonde et fit prisonniers leur chef avec plusieurs 
autres. I^ duc ayant appris cet échec, envoya Weijnemar de 
(iimnich, seigneur de Hoogslralen , an secours de ceux de 
Mai'stricht : il fît le dégât sur les terres de Waleran . et y brûla 
plusieurs villages. A ce coup , les confédérés résolurent de s'em- 
parer de la ville de Maëslrichl le seigneur de Fauquemont 
((induisit cette entreprise. N'ayant pu lenir i bout de forcer 
la place, il se jeta sur le territoire Je Balem, et y mit tout à 
feu el à sang; il briïla encore le «dlage de Lomel , dans la 
(^ampine. Une nouvelle trêve (ït cesser les boslililés pour quel- 
(jiies mois : mais die fut aussi mf riictu< usl pour parvenir à un 
accommodement entre les parties belligérantes, cjue la pre- 
mière l'avait été , et le pays du Litnbourg se vit replongé dans 
les horreurs de la guerre; celui (le Kaiiquemont n'en souffrit 
pli moins. (Butkens , tom. I, p. 3io.) Vers le ^-oramence- 
ment de l'an laSSjl'évîqne de Liège, allié aux RraLançons, 
se disposait à y ravager, ce qui , jusque-là, avait échappé aux 
Elammes. Heureusement Waleran ea fut averti à tems, et ra- 



rlianj-iîmcnl daiis'Iei pays sitods eulre le 



e de Julien, <)ll^YaIcr 
r di: lleinsberg. 



n el la Meuse, sans] 
es enfants «le Gulllnu 
Fauquemoul et J» 



3S8 CHHOKOLOGIE BIStOtlIQOB 

maasa ané assez bonne armée nour couvrir son territoire. Cm! 
ce (]ui iléconcerla l'ennemi : il n'y eut qu'un des officiers de 
la garnison de Macslricht , qui , dans le tems que WateraR 
campait à Vourendal, se hasarda de venir mettre le feu au 
viliage de Mersen. Ces brigandages ne servirent qu'à jiffaiblir 
les deux partis; aussi parurent-ils s'en lasser : mais ce ne fut 

g Tune grimar.e, au nioius de la part des confédérés. Après avtfic 
it une nouvelle trêve , on se donna un rendez-vous à Maës- 
trichl , suivant la grande chronique belgique^ouà Fauqae- 
mont, salon Van-Héclu, pour y concerter la paix. Les con- 
fédérés nV pensèient néanmoins pas; leur dessein était d'ac- 
cabler le duc, en lui opposant un autre chef de la ligue, dana 
la per$onne 'du comie de Luxembourg, à qui le comte de 
Gneidre transporta ses droits sur le ilnché de Limbours, le 
iS de mai laJ^S. Le duc de Brabant s'était bien défié de la 
lincérilé de ses anlagonistcs; c'est rc qui VavSit déterminé de 
s'arrf'lfT à Maëîtricht : mais il n'eut pas plulût appris ce qui 
venait de se passer au château de Fauquemont , qu'il nt occuper 
tous les d'.'bouchés , pour coilper la retraite aux seigneurs qui 
l'y étaient rendus. Celte opération n'eut pas le aucc&s qu'il en 
altendait, ses ennemis ayant été avertis assez à tems pour s'en 
retirer. Nonobstant cela, le duc alla, le lendemain, attaquer 
cechAieau, et, selon toute apparence, il s'en fût rendu maître^ 
si , par l'envie qu'il avait de poursuivre l'archevËque de Co^ 
logne, le plus dangereux de ses ennemis, il n'eût agrée un 
jiccommodcraent que le comie de Flandre , qui était resté dans 
la place, lui proposa. Par ce Irailé, le seigneur de Fauquemont 
t'obligea h ne plus porter les armes contre le duc, dans la guerre 
de la succession au duché de Limbourg, sous peine deluipayer, 
en cas de conlravenl ion, quatre mille marrs d'argent (■), tte 
quoi le comte de Flandre demeura son répondant. 

Ce prince ne connaissait point assez l'humeur guerrière de 
Waleran lorsqu'il prit cet arrangement en sa faveur ; aussi paya- 
l-ît sa précipitation par la perle de cette somme ; car le duc de 
Brabantavaiti peine levé le siège de Fauquemont, que Waleran 
reprit les armes contre lui. Il mena un renfort considérable i 
l'armée confédérée, et combattit à la bataille de Woérïngent 
V le 5 juin 12S8, avec beaucoup de bravoure. Il ne fut point en 
néefait prisonnier, comme l'ont avancé certains écri-_ 
1 Van-Héclu, témoin oculaire, assure positivement 
qu'il évita la captivité par lafaveurducomiede Lossson parenl 
Ùais, malgré la défaite entière de ses alliés, il refusa de reconj 




Qxs sEir>iKEtns se FArQVEUocT.' 369 

naitre le duc de Brabanl pour souverain de Limbourgr, et il 
tâcha même de lui faire tout le mal qu'il pouvait. La cumlcssc 
de Flandre , sœur du comte de Luxemltourg, tué à la liataille 
de Woéringen, enlia dans ses vues ; et, pour l'y seconder, elle 
le lit son gouverneur au comté de Namur. Cependajjt le duc 
s'était détermiué à ramener cet ennemi remuant au devoir: pour 
cet effet, il porta, au mois d'aoïll, la désolation sur ses lerres, 
et mit le siège devant le château de Fauqu'emont : mdJs il fut 
obligé de l'abandonner pcnr aller défendre ses propres étais, 
où Waleran s'élait avancé le fer et le feu à la main , après avoir 
battu et tué le seigneur de Mélin qui vuulul l'en empêcher. Aus 
approches du duc, Waleran se relira à iNamur. Peu de lems 
après, il signa , avec le comie de Flandre el d'autres seigneurs, 
un Irailé d'alliance par lequel ils s'engagèrent , quoiqu'i. en pût 
arriver , à déclarer la guerre au duc de Brabant et a l'évoque de 
Liège, s'il était nécessaire d'en venir à celle exlréinilé , pour 
procurer la liberté du comte de Gueldre , que le duc avait fait 
prisonnier a la journée de Woéringen, Mais , heureusement pour ' 
la basse Allemagne, Philippe le Bel, roi de France, conjura 
l'orage dont elle élail menacée, en «'employant si efficacement 
pour la dêlivraiKede l'illuslre prisonnier, qu'il réussit à se faire 
agréer des deux partis pour arbitre de leurs prétentions. Wa- 
leran fiit compris dans la paix que ce prince procura par son 
jugement rendu le il'i oclotre izHçi: et, comme il se trouvait 
à Paris, il fit, de l'aveu du comte de Gueldre, hommage au 
duc de Brabant des fiefs qu'il tenait du duché de Lîmbourg. 
Wous ne voyons point que l'harmonie qui venait d'être établie 
entre le duc de Brabant et Waleran, ait élé altérée depuis; 
nous avons au contraire quelques preuves de leur bonne intel- 
ligence , en ce que, le 24 mars iai)3 (n, st.) , le duc requit 
avec d'autres princes , l'engagement qu'il avait pris envers 
ses sujets de n en exiger jamais certains impôts , elc. , et en 
ce que, le ili février i3a6 ( u. st.) , Jean II, successeur de 
Jean I, au duché de Brabant , et Waleran , comte de Juliers , 
le choisirent avec d'aulres seigneurs pour décider une contes- 
tation oii ils étaient entrés sans qu'on en sache le sujet. Les 
arbitres furent autorisés à traiter une alliance offensive et 
défensive entre les maisons de Brabant et de Juliers, et en 
général à taire tous les arrangements nécessaires pour affermir 
El concorde entre elles. L'année suivante , Waleranservaitdans 
l'armée de Gui, comte de Flandre, contre Philippe le Bel , 
roi de France, et commanda avec Kobert, fils aîné du comte, 
et quelques aulres seigneurs daus liille, lorsque le.roî en 6t 
le Mége. Dans une sortie, il se saisit d'un comte qu'un dit, 
mal à propos, d« Vendôme, al le mena aari;tté sur son cheval- 
XIV. 



1 »cr 

^^H mar 



3yfi CBROFOLOOIE HISTORIQUR 

dans la ville ; mais , poursuivi et pressé par l'ennemi , il fut 
obligé irab^n donner sa proie , et jeta le 'malheureux camte 
dans un fossé devant la porle de la ville , où , à ce que l' 
prélend , il périt. Waleran fut encore d'autres fois heureui 
sorties , et y causa beaucoup de dommages aux Françai 
Cependant les bourgeois se plaignirent de la durée du "' 
^t de la disette des denrées qu'il occasiona ; c'est ce qui 
la garnison à capituler au commencement du mois de sepli 
bre : elle sortit de la place avec tous Ifs honneurs milïlati 
Bpr^ un siège de onze seniairies. L'annaliste de Flandre fait* 
à celte occasion, l'éloge de notre héros , en l'appelant un 
chevalier Irès-vaîllant el que la nature semblait avoir dressé i 
Vianïer des armes : Fortissimo equile el quem prorsus ad arma 
nalura fiaasse oidchiUar. Ponlaaus (liv- ti , p. iti5) dit ausni^J 
sur un autre sujet, qu'il fut un capitaine Irès-expérimenté 
le plus entreprenant de son siècle : Vir uliqut utilli id Umpa _ 
Tei mililaris perilid audac'iàqut secundus. Les exploits qui Iri' 
ont fait donner ces louanges font croire qu'il était d'une corn- 
flexion forte ei capable d endurer la fatigue. Cependant il ne 
poussa pas sa cari'ière aussi avant qu'on l'edl pu attendre ; car il 
mourut entre le lA décembre i3ot , auquel on le voit encon^ 
intervenir comme témoin ji une charte, et le %o octobre |3( 
eu Thierri , son fils jiné, lui avait déjà succédé, comme t» 
le montrerons incessam.menE. Outre ce fda , Waleran en lai 
encore deux autres : Renaud , aussi seigneur de Kauquemi 
après son frère, et Jean, qui (Ëulkens, lom. Il, p. 3iï' 
vers l'an i3ao , acheta la seigneurie de Bornfrd'Ainoal, j 
gncur de Sainl-Leine : il mourut le .^ mars i356 el fiit enli 
à Sittaert, aprts avoir éié marié , en premières nnc4 
dame de Ravesiein el de Harpen, dont il eut Waleran et 
fille, Philippe, épouse de Jean IV , comte de Salm, en Vos(^ 
desquels il sera parlé dans la suite , ainsi que de son deuxièa* 
fiU , Kenaud , enfant de sa seconde femme Catherine 

Eas Jeanne , comme le dit Butkens , de Vj^erne ou Virnen- 
ourg , veuve de Jean , seigneur de Dalembroeck , fiU putnd 
de Godefroi 11 , seigneur de Heinsberg, qu'il épousa aprca 
l'an i334 et avant le S mai i342 , comme le prouve une chart«' 
de cette date, par laquelle Renaud 11 , duc de Gui^tdre, 
rangea un dilférenl qu'elle avait avec son Lcau-frère Thi 
seigneur de Heinsberg et comte de Loss, sur le douaire dfl 
son premier mariage. Cres trois enlanis de Waleran 11, fiirent 
le fruit de son mariage avec l'muppE de Gueluhe, saur àm 
Renaud 1, comte de Gueldre, et pendant quelque tems, duc 
4e Limbourg, (lu chef de sa femme, k laquelle il était dvjà 
marié en 127^ , coaune en fait foi un acte du 3o mai de cett* 



ir«a^ 



DES SBIOnEDR» DE PACQOBMOTT, 

année , par leq-iel il confcra , de concert ave« son épouse , le 
droit de patronage de l'église paroissiale de Glen au couvent de 
hichstein, Klle lui apporta en dul la petiii? ville de Susteren 
avec ses dépendances au pays de Juliers. C'est ce dont on peut 
se cnnyaincre par une charte du dimanche Juliitate ( a6 avril ) 
iB7(3, publiée par Poulaous , au rapport duquel Waleran 
lui assigna, la même année, pour douaire, les villages de Gien^ 
de BrunsvcU , de l.otnbach et de Wenbach , et en outre encore 
le château ou bourg de Butgenbach , de l'aveu du duc de Lim- 
bourg dont il le tenait en Cef. Au reste, la donation pieiise dont 
Qo vient de parler, ne fut pas la seul* que Waleran fit: 
nous trouvons qu'il conféra encore , eu layS , au monastère 
lies religieuses prémonirées de Saint-Gerlac , au pays de 
Fauquejnont . le droit de patronage de l'église d'Oirsbcck. il 
est vrai que ces sortes de concessions ne concluent pas beao- 
eoupi mais au moins celle que Waleran fit en 1275 , par;)tt 
ayo if porté , outri: ce droit, quelques revenus temporels. 

^K. THIEKRI H. 



^Ct^Soi ou i,Ho2. Thierri II fut le 
dans les seigneuries de Fauquemont et 
connaît que par les déjnarches qu'il fit 



de Waleran II, 
Monijoie. On ne le 

d'Aix-l a- Chapelle, que Waleran, son père, avait ob- 
tenue de l'empereur RodolpW, comme on l'a vu plus haut. 
Mais après le décès de cet empereur, Adolphe de Nassau, son 
successeur, dépouilla le seigneur de Fauquemont de cette di- 
gnité, en permettant à Waleran, comte de Juliers, son cousin, 
de la racheter de Jean 1, duc de Brabant , au moyen delà somme 
pour laquelle elle lui avait été engagée. C'est ce qu'avance But— 
kens ( lom. 1 , pag. 394 ) ■ J'après Pierre de Beeck , qui avait 
vu le rescrit impérial etpédié à ce sujet à Cologne , le i3 juin 
121)2 : mais nous croyons qu'il faut changer dans la notice que 
l'écrivain d'Ais donne de cette pi^cc , le nom de Jean , duc de 
brabant , en celui de Waleran de Fauquemont, étant certain 
^ua ce seigneur posséda la sous-avnuerie en question, en 1268; 
un bien il faudra dire , ce qui n'est pourtant guère vraisembla- 
Itle , que Waleran la reçut du duc de Brabant, et non de l'cm- 
pcrour lui-^némc. Quoi qu'il en soit , au rapport des historiens 
que nous venons de citer, l'empereur Adolphe la donna encore, 
au mois de septembre de la même année 1^92, au comte de 
Juliers , qiii la retint , selon Bulkeiis, jusqu'à sa mort , arrivée 
environ 1 an i3oo , et non , comme cet auteur écrit, peu après 
iaga. Alors Waleran de Fauquemont trouva moyen Je rentrer 
en possession de cettedignité, et la transmit ausji. à 'Fbiern,safl 



Sya ' cHRimotoGiB msTontgoE 

ûïs , et successeur- GcrarJ , comte de Juliers , ne 
œil ijuVlle lui fùl échappée. Il serait (lifScile de d 
lage particulier , lui au le seigneur de t'auquemont, pouvait jT 
trouver, pour a'étre donné tant de mouvements à son sujet ; mats 
quel qu'il ait été , il doit avoir été assez considérable , i moît» 
que l'envie de l'emporter sur son compétiteur n'ait poussé l'ua 
et l'autre plus que toute autre chose, à se disputer celtR sous— 
avoucrie. Gérard ût si bien auprès de l'empereur Albert I, qu'il 
lui accorda, au camp près de Cologne, le 20 octobre i3oz, le 
poui-oîr de la retirer dans deux ans, ad duos aimos, des ma!» 
de Thierri , en lui remetlant la somme pour laquelle elle avait 
été engagée à son père Waleran de Fauquemonl. Mais Thieni 
sut s'y mainicnir contre le comte de Juliers, qui paraît néa«»- 
moins avoir fait de nouvelles tentatives pour t'en déroger, pui« 

Îuc le seigneur de Fauquemont se vit obligé, en i3o5 , é' 
onner , à l'empereur Alliert , 1400 livres stellers li/irat stalle» 
ses au-delà du prix de rengagement; sur quoi Albert lui permit^ 
par un rescript du i^ juillet, d'administrer encore cinq ans ]* 
S0U5 avouerie. Mais Tliierri n'en jouit gufcre, étant décédé dan» 
le cours de cette année, ou, selon Bulkens, de la suivante, 
sans laisser de postérité. 



BENAUD. 



dan» 

^daàH 
thodH 



i3o5 ou i3o6. BEriAiiD, £is puîné de Waleran II, succédai 
son frère Thierri 11, au» seigneuries de Fauquemont, de Moni' 
joie et de Butgenbach. L'an i3o6, il fit , suivant le P. Berthoi 
lei, hommage de Saint-Vit, ainsi que des terres de NeundoCR 
et d'Aniblève, au comte de Luxembourg, dont ses prétiéc 
seura les avaient tenues en fief. Ses premiers soins se tournèrent 
vers la sous-avouerie d'Aix-la-Chapelle ; il fil d'abord toucher 
^alre cents marcs d'argent (1} pur, à l'empereur Albert d'Au- 
triche, pour en avoir la confùîmalion, qui lili fut aussitôt ac-> 
coidéepar une dépêche impériale, donnée A Francfort, le aq 
juillet j3o6. Mais le comte de Juliers ne paraît pas avoir renonce 
i ses vues sur cet emploi ; et nous croyons que Renaud &t queU 
que convention à ce sujet avec lui. Ce qui l'insinue, c'est qu'en 
i^^io, ils firent cause commune contre ceux d'Aix-la-ChapeUc, 

fiar rapport à quelques droits du sous-avoué, que les bourgeoi» 
Eur contestaient. On ignore sur quoi précisément ta queslioa 
roulait ; mais quel qu'en ait été l'objet , les habitants d'Aii s'y 
prirent très-mal, en usant des voies de fait coDlre l'abbaye da 




DES SEtGKEtnS DE FAUQUEUONT. 

Corn eli- Munster, k deux lieues de la ville, qu'ils pillèrent et 
réduisirent en cendres, parce que l'abbé de ce monastère avait 
paru favoriser la cause de ces princes. 

L'eroperour ne fut pas plutôt instrull de ces violences , qu'il 
enjoignit i l'archevÉque de Cologae el au duc de Brabant , de 
prendre les informations nécessaires du fait et de prononcer en 
conséquence. Les députes nereslèrent pas long-lems à vider cette 
querelle par un accommodement, en vertu duquel les Âixo^ 
nirent obligés d^ réparer tous tes torts causés à l'abbaye , l'in- 
jure faite aux parents des religieux tués dans le sac Je ce mo- 
nastère, et de payer en outre , une grosse amende au comte de 
Juliers et au seigneur de Fauquemont. Deux ans après cet évé- 
nement , Jean 11 , duc de itrabani , se trouvant malade' depuis 

3uelque tems, et sentant approctier sa mort, jugea à propos 
e convoquer ses barons et ses vassaux pour faire, de leur avis 
el par forme de testament , quelques ordonnances pour le bien 
public de ses états. Kenaud fut avec le comte de Juliers. du. 
nombre des seigneurs qui apposèrent, le 27 septembre i3ta, 
leur sceau à cet acte. Us scelUrenl encore ensemble Je pareils 
règlements et privilé^e^ que le duc Jean 111 accorda aux Bra- 
bançons, peu après ses noces, le vendredi qui suivit l'oclave de 
saint Pierre et de saint Paul (13 juillet) i3i4. 

Jusqu'ici, les jours de Renaud furent , à ce qu'il paraît , assez 
tranquilles : mais nous allons voir combien d orages les agitè- 
rent dans U suite. Ce fut le a5 décembre i3i3 qu'il renonça , 
pour ainsi dire, à son repos, en promettant sou assistance èi 
Adolphe de la Marck , évëquc de T.iége , contre certaines fa- 
milles que le prélat se proposait de réduire au devoir dont elles 
s'étaient écartées pendant l'absence de son prédécesseur ; et 
conmie le comte de I.oos les soutenait, Bcnaud Bt cession à 
Jean , sno fils cadet , d'un Gef qu'il en tenait , pour être moins 
gêné à remplir son engagement envers Adolphe. Cependant ont 
ne voit pas qu'il ail été dans l'armée que l'évêque mena, au mois 
*le février l'iii, contre le comte et ceux de la famille Je Wa- 
Toux. Mais vers la mi-juin , il unit ses troupes à celles du prélat 
contre celles de Uni elleursalliés. On se détermina d'abord à atta- 
quer l'ennemi campé près deFlorine : le cartel était donné pour 
le iSdecemçis; mais Adolpbe ayant su que l'ennemi avait reça 
la veille un renfort considérable, résolut de le surprendre dans 
k nuit- Malheureusement pour lui, le secret ayant transpiré, 
il trouva l'eunemi sous les armes , il ne laissa pas d'y donner 
de front , puis en (ianC et en queue, mais il ne put jamais rompre 
ses lignes ; c'est ce qui le porla enfin à tomber sur son bagage 
et à lui enlever les chevaux qu'il y avait laissés pour être plus 
serré. Cette ruse, itb réuK.iL pas mieux que les attaques précé- 




I 



» 



^74 mKOHOIACIE niSTUHIQUB 

denrcs pour dëbandi^r ses troupes. I.e prélat alors commença i 
craindre pourlui-mëiiK^, au ri;iourdi> jour, voysiil queVennemi 
lui était supérieur en forces, et que, d'un autre cdte, il était hon- 
ten:* de neVavair point délogé. Le seigneur de Faiiquemnnt tira 
d(^ cet embarras Adolphe par un straiagâme qu'il suggéra. On 
cessa toul-à-cnup l'acliun et l'on retourna au camp. Les con- 
fédérés se replièrent sur le leur; mais dts qu'ils eureat donné 
iour dauï leurs rangs, une partie des troupes de l'évfique revint 
i la charge , et le quitta de nouveau dès qu'il parvinrent à se 
rallier ; cette manœuvre , répétée plusieurs fois, les fatigua 
beaucoup, ei les disposa^ accepter une trêve de quatre muÎM 
que les abbus de Lobbcs et iT^lne ménagèrent ce iour-lèrj 

Il n'est guère vraisemblable que Kenaud se soit encore m£14 
depuis , de ces querelles liégeoises, n'étant que trop occupé 11 
se défendre luî-mt'me contre le comte de Juliers. El vi ' ' 
où fut altérée leur amitié, qui peut bien n'avoir pas 
mieux élablies, à raison de la sous-avouerîe d'Ait-la-Cliapellejil 
L'empereur Henri VU , de la maison de Luxembourg, él»alH 
mort en Italie te zi août iôi'i. la division se mil parmi lai^i 
électeurs pour le cboix de son successeur, ce qui occasiona dri| 
înierrègne de quatorze mois, et produisit enfin une double élecv 
lion. Une partie des électeurs déféra le sreptrc à Louis de Ba- 
vière, le ii.)oclobrc i3i4; l'autre se détermina le même jour 
rnurFrédéric d'Autriche, dit le Bel, que l'arcbcvéque de Co- 
logne couronna à Bonn, le a6 novembre suivant, comme en 
ibiil fol les lettres expédiées pai ces électeurs aux jours indiqués. 
Tous les deux trouvèreiii des partisans parmi les autres princes 
d'Allemagne , selon les difféieules vues que chacun de ceiii-ci 
pouvait avoir pour donner la prefé:ence à l'un des eompé- 
ijteurs sur l'aulie. Kenaud crut devoir s'attacher au parti de 
l'iédëric ; il paraît même avoir fait des efforts pour empêcher 
son Vival de s'emparer d'Aix-la-Chapelle, lieu du couronne- 
ment; mais ce fui sans succès ; car Gérard , comte de Juliers* 
et d'aulres princes dévoues aux intérêts de Louis de Baviète , 
eiaient entres dans celle ville , où l^uis reçut aussi , le aj n<*- 
vembre, la couronne royale des m.iins de Baudouin, arcbevéque 
deTi'èvcs. Ce prince, pours'anachcr davantage le comte de Ju- 
liers , luidonna, le iç) mars de l'année suivante, ou plutâl lui 
vrndii pour trois mille marcs , la permission de retirer la suusn 
avouent d'Ais-1a- Chapelle des mains du seigneur de Fauqiie- 
wont, sons la condition néanmoins de lui rendre la somme 
^our laquelle il la tenait engagée. Cette clause était, en quelque 
I^^OD , un acte de modération envers un ennemi ; mais Kenaud 
ne voulut rien eiilendrç à ce reiratt, et prit les armes coolteln 



DES SMfiKBOBS DB TABQOEMOWT. 37$ 

comte, ouplmôtil continua avec plus d'acharnemenl les hos- 
lililés que la rivalile de Frédéric et de l.ouis avait occasio- 
nnes entre eux. Leur anïmosite était si grande , qu'ils ne vou- 
lurent jamais donner dans les voies d'accommodement que des 
Il , touchés des malheurs do peuple , leur u 



■niât lieu de se repei 



• de : 



I oUlii 



igea 1 

nietlre bas les armes. Le prisonnier fut enfermé au châlenu de 
I^idecken , d'où il ne sortit qu'au boui d'un certain tems, et 
moyennant une rançon assez considérable , outre qu'il perdit à 
cette occasion, sans retour, la sous-avouerie d'AÏ^-la-Chaprllef 
pour laquelle , lui et ses prédécesseurs , avaient £ait tant Je dé- 
penses. 

Ce malheur fut pour [Renaud l'orieine d'un autre, qui ne 
finit qu'avec sa vie. Accablé de dettes, U commença a surchar^^er 
d'impàts ses propres sujets , el surtout les étrangers qui possé- 
daient des biens fonds dans son terrîloire. Ceux de Maastricht 
«n firent leui-$ plaintes au duc de Brabant , qui , désirant vivre 
en bonne intelligence avec re seigneur, lui envoya des dépuiéi 
pour le requérir de réparer les torts qu'il avait faits auï habi- 
tants de Maeslrïchl, et de se désister dans la suite de ces vexa- 
tions. Itenâud, loin de. se rendre k ces remontrances, fa pis 
Su'auparavant , sans penser aux suites que ce procédé peu ré- 
écbt pouvait lui attirer. En effet , le duc, instruit de ce qui se 



passait, lui déc.laia la guerre. 



de juillet i3i» 






passé la Meuse avec une armée considérable, il commença par 
ijésoler le territoire de Fauquemnnl. L'évëoue de Liège, eunemî 
de Renaud pour le même sujet, vint joindre le duc, et assiégi'a 
le cbâteau de Haeran , près de Maastricht , qu'il prit par stra- 
tagème; car voyant qu'il ne pourrait venir à bout de s'en rendre 
mailre par U force, il fit entrer quelques-uns de ses gens p»r 
une fenêtre dérobée du château , avec ordre d'élever un cri de 
victoire , comme si le fort était pris. Ceux du dedans , sans faire 
attention au petit nombre de r^ux qui criaient , s'enfuirent 
tout effrayes dans une tour dont la peur leur lit même oLiMier 
de fermer sur eux la porte. Les Liégeois les y suivirent, et apr^» 
les avoir tous lait passer au fil de L'épée, ils roîiiÈrent le fort de 
fond en comble. En même tems , le duc avait mis le siège de- 
vant la ville de Sittaert, où les sujets de Renaud avaient ren- 
fermé la plupart de leurs effets. Le comte de Virne^ibourg, le 
seigneur de Thonenbourg. l'avoué de Cologne et d'auli-es 
chevaliers de marque, détendirent la place avec beaucoup de 
valeur. Maïs le premier août, le régiment de I.«uvain ayant 
emporté un fort, Èeux de Malines at d'Anvers , animés par cef 



376 CBBOKOLOGIE HISTOntQ'UE 1 

exemple, et soutenus par le régiment de Breds , tentèrent Jm 
s'emparer Je celui qui Tavriistiiail ; mats ils furent repoiiss^S 
avec perle. Alors le duc fit battre les murailles de toutes sorliïn 
de machines. (-.'e$t ce qui, joint i la crainte île manquer éém 
\ivres , détermina les assiégés à capituler le 10 du mémemoiA^ 
Ils ne demandèrent que la vie ; ce qui leur fut accordé. Le chS* J 
t«au deHerle, ainsi que d'autres places, suivirent cet exemple jM 
et onvrirenl leurs portes aux troupes brabançonnes. ïtenaudjil 
vAyanl qu'il allait être entièrement dépossédé de son pays, codiJ.1 
mença A craindre, et trouva moyen de faire traiter avec In 
vainqueur , de manière qn'il en obtint la paix. Cependant il \niM 
en coilta la ville de Siitaert avec le château de Herle, outre \éM 
promesse de n'eieiTer plus d'hostilités contre le duc ou ses su^fl 
jets; il jura mftne qu'en cas de contravention, il se rendraill 
au gré du duc à Louvain , et n'en sortirait point avant de ti^fl 
avoirdonnéplcine et futière salîsfaclinn. Jean m, de retouH 
de sa résidence à Bruxelles, incorpora, par un acte du I^M 
septembre, la ville de Sittaert au duché de Limbourg, [ira^« 
mettant à ses chevaliers , nobles, vassaux et autres sujets eo''^ 
deçà et au-delà de la Meuse , <jue ni lui ni ses successeurs œm 
la sépareraient jamais de ce duché, pour quelque sujet que ce 
pûl être. 

Rfnaud ne pardonnait poinl à ceux de Haëstricht de lui avoir 
attiré ce désastre; et son ressentiment l'emporra sur ce que la 
prudence e^i^eait dans les circonstances où il se trouvait. II 
recommença à les vexer comme auparavant; mais il ne jouit 
euere long-tems de ce malheureux plaisir. Le duc le somn 
d'abord de comparaître à Lnitvain ; et Renaud dut bien s'y ' 
résoudre , voyant que ce prince avait déjà fait défiler ses Iroupea J 
vers Maësiricnl. On ignore qtielle satisfaction le conseil du auc 
lui demanda ; mais il est certain qu'il ne put pas la donner , 
qu'en conséquence il lui fallut rester plusieurs années à Lou— ■ 
vain. Le duc en usa néanmoins avec beaucoup d'honnËictc il 
son égard , lui permettant d'aller à la cbnsse et de se promener 
où il voudrait, pourvu qu'il se rendît le soir â l'hôtel qu'on Inl 
avait assigné pour prison. Cependant Jean de Luxembourg, roii 
de Bohême , s'intéressa beaucoup à son sort , et sollicita sou- 1 
vent son élargissement; mais le duc trouva toujours quelque J 
échappatoire, de sorte que le roi voyant qu'il n'y gagnait rient 1 
s'avisa, en i^aS , de le retirer par quelques conudenls desJ 
mains du duc; d'autres disent que Itenaud lui-même avartf 
conçu le dessein de s'enfuir, après qu'il fut instruit des projeifa 
hosliks que le roi de Bohême méditait contre le duc. Mais, 
(le quelque manière que sa fuite ait été concertée, le dut 
prévint , et fil enfermer cet infortuné seigneur au château il 




DES WIGKKOIU M rAUQCEMORX. * ^7 

Gënap , où il endura une longue et pénible captivité. Ducis 
cateiDs quasi ad mortent aâsiriclus ; di 



alore. Ce 



i fut 
! (le l'évêii'v 



quel 



;32.6 que, 
; Liège, ' 
i liberti:, 



i écrivait 

'enlfemlse et sous la 

tes (le GuL-iJie et de 

aux conditions de ne plus 

le duc, de retourner, à sa sommation, 

(le lui p^yei une somme dt* vingt mille 

1 relùsât de s'y renfire. penaud ne 

dui de l'an i3i8. Cumpiant 



HoIlatJde, il obtint : 
prendre les armes conti 
au châleau de Génap, t 
livres royales, au cas ^u' 
garda pas mieux ce traité 

sur le secours ilu roi de Bohême , il inquiéta de nouveau ceux 
de Mafttricht , et non i;onlent de n'avoir point égard à l'ajour- 
nemcnt que lui signifia le duc, il tenta de prendre %a revanche 
lur ce prince, et l'épia un jour dans une forêt où il devait passer, 
dans l'iuteution de s'en saisir. Le duc en fut averri à t^ms , et 
conçut tant d'indignation contre ce seigneur, qu'il se proposa 
de 1 écraser. Mais Kenaud , appuyé fiar quelques troupes du roi 
de Bohême, osa lui taire tâle, et lui tua, dans une rencontre, 
au-delà de deux cjents -hommes, outre qu'il lui brilla encore 
dix-huit villages, sur la Cn du mois de juillet 1327. Le comte 
de Hollande tâcha en vain de les réconcilier : le duc, trop animé 
pour se prêter à un accommodement, alla droit assiéger le. 
château et la ville de Fauquemont. Renaud lui-mémr, aidé des - 
seigneurs de ïhonenhourg et de Schleiden, de l'avoué de Co- 
logne et de quelques autres chevaliers,, défendit la place qui 
passait pour imprenable. Le 10 août , il (îl une sortie pour dé- 
truire les machines qu'un ingénieur célèbre cn ce lems-là, 
avait dressiies. Mais le duc en fil venir de nouvelles du Brabant, 
et poussa ce siège avec toute l'ardeur possiljle , malgré la déseftf 
tlon qui sVtait mise dans ses troupes. Entr'autres moyens qu'il 
employa pour forcer la ville, il Ci arrêter par en bas la rivière 
de tiueule , de façon que les eaux remontèrent dans la place et 
obligèrent les habitanls d'abandonner leurs maisons. Ce désastre, 
joint auK attaques que le duc ne cessait de livrer pendant près de 
neuf semaines, aurait entin forcé les assiégés à se rendre, si le 
roi de Bohême n'eût procuré un accommodement , lorsqu il vît 
qu'il était trop laid de secourir la place. 11 employa , pour cet 
effet , le comte de Juliers , qui engagea le du^ son ami , à se 
trouver , dans les premiers jours du inoia d'ocnbre , au château 
de Rolduc, où , après s'être réconcilies, ils convinrent que ta 
ville de Fauquemont serait démantelée, et que le dîtréreiit du 
duc avec le seigneur de Fauquemont , serait remis à l'arbitrage 
du roi de Bohi3mc, qui devrait l'arraugeravant Pâques du Tannée 
suivanie. 

■ Cependant ce pçince ne s'empressait pas beancoup de rundre 
Hcutence, soit Su'il eût (Ils vuea pat llculiéres dans ses leu- 
XIV. . * _ ■ 4tS 



k naud 



3^ * CHIUmOLOGIB UirrORIQUB 

teon , loît qn'il n'eilt pas encore clé assex instruit d<i fond A 
la contpstahon. Nous eslimons que, par celle Jcrtiière raison, i 
Biénagi?a, au mois de mars lA-^ti , mm assemblée à Malines , 
le comte de HollanJcel d'aulres princes sVtaient rendus. Ondiij^ 
cuta l'afTaire du seigneur de Fauquemoiit , sans n 
décider, parce qu'il avait refusé d'y comparaîlic lui-même • 
qu^il s''était conleuté de leur écrire. On ouvrit , le mois suïvanl 
à Leuvain , de nouvelles conlerences sur ce sujet , qui dtjrèrea|B 
ptssÎGurg jours; mais elles n'aboulirent qu'à une prorogalioi(4 
des trêves jusqu'à la nativité de saint Jeao. Dans cel intervalle^ 
le fils du seigoeur dtt Heinsberg, ou ce seigneur lui-même, et 
Jean de t'auqucmont , frère de Renaud , cul reprirent une expé- 
dition contre la ville de Fauquemoul : leur dessein était de a en 
pendre ma îtrps ^ar un stratagème qu'ils avaient imaginé. Ilsyen* 
voyèrenlun espion qui trouva le moyen de découvrir le mol (\at^ 
Renaud avait donné an corps- ile-garde en sortant un jour i'' 
la ville, et en informa sur-le-champ ses maîtres. Ceui-ct par^'1 
tirent alors d^s la nuit , avec un ^ros-de troupes, et. après 1 
s'être assures d'un poste dans un vdlage à peu de distance ds i' 
la ville , ils se présentèrent devant la place, demandant d'yJ 
entrer. La seniini-'lle les ayant pris au signal, pour un parti de^l 
troupes de la garnison qui avait , selon toute ap|iarence, accom^ j 
pagné son seigneur, leur ouvrit la porte et fut taillée en pièoesa 
L'alarme se répanditdi'abord dans la ville , une partie des b^ ' 
bitants se sauva dans le château i le reste péril sans dislinetioq 
d'Sgeou de sese, parle fer et par les Uammos; ensuite l'ennemi 
détruisit , au moins en partie , les luurailleR et retourna si 
Ms- Kenaud attribuant cette infraction de la trêve au duc do , 
Brabant, comme au prinrigial auteur, prit sa revanche sur I4 
duché de Limbourg, et y envoya un de ses officiers, le cheva-i ' 
lier de Sieide, qui le pareourul lo flarobeau à la maio fl tm 
emmené ao-delâ de quatre mille bestiaux. Le roi de Bohémfe 
regardait aussi le duc de Brabant comme l'auleur des hostililé^ 
«.■He^rcécs contre la ville de Fauquemunt, et lui en 6t des re<t ^ 
proches dans une entrevue qu'ils eurent, au mois de décembre 
' de cette année* à Nivelle, pour terminer le procès du seigneur 
de Fauquemantrjl« réponse du duc fut, qu'à la vérité il s'était 
trouvé quelquéh^ns de ses gens à l'expédition contre Fauque-^ 
moni i mais tjuc cela avait été à son insu, et que cette entreprue 
n'avait été que l'elfet d'un ressentiment particulier du fils du 
seigneur de Heinsberg coulrc Henaud ; qu'ainsi il ne s'était rien 
fait contre l'accumodément pas^ au mois d'octubre de l'année 
précédente; mais que ces seigneurs avaient, par accident, 
exécuté le démantèlement de la ville de Fauquemout , 
naad avait diliere d'cllecluer. Le duo ajouU que ce s 



, que he- ^H 



TIT.S StllîKEtJM BE rArQtîEMOJTT. 

contrevenait acluellement à ce traité, en faisant répare 
s de sa résidence: el nu' 



3?» 

;r k» for- 
tificalions de sa résidence: el qii'ainni. vu le délai du roi de 
Eoh^me a prononcer sa sentence arlnlrale, quoique le terme 
limité à cet rffet , fût déjà écoulé dcpub plusieurs mob , il ns 
lui restait que dVntamer d'aulres voies pour forcer ce seigneur 
a lui donner satiafaclion. Sur cela , le roi el le duc se quittè- 
rent aïseï mécunteols l'un de l'autre, et s'envoyèrent récipro- 
quement, le n)énie)aur, une déclaration de guerre. 

L'an i:i3Q(Chrtm' Egmoiut.) , au mois de mars, leducdeBra- 
1)311 1 vint (k nouveau mettre le siège devant le château et la ville 
<lo Fauqitemont , dont il força la garnison de se rendre , après une 
viguiireuse défi-nse, le 1 1 mai suivant. Los habîlanis ayant reçu 
la pemt'rssion de se retirer, ta place fut rasée, l.e roi de Bohême, 
au commencement de juillet ,' étant revenu de son expédilioiv 
conire les Prussiens , dans son comié de Luxembourg . chercha 
à rassembler une bonne artnée pour rélahlir les affaires de Rc' 
naud ; cependant le comte de flollande engagea le roi et le duc 
à mettre leur difTà'Cal en arbitra^. Lesarbilres prononcèrent en 
faveur dusetgneurde Fauqoemont , enjoignant au duc de recons» 
truiie son château, el de lui parer huit mille livres de gros, gns- 
surum , en dL'dommagemcnt. X.e duc refusant d'obéir à cette 
senicnce , la guerre conlinïw entre les princes et le seigneur 
<it tauquemonl ; ce qui causa, l'hiver suivant , beaucoup de torts 






)onl ; ce qui causa, l'hiver suivant , beaucoup de to 
les ravages qu'il éprouva dam le' duché de I. imbouc 



Au priutems de l'an li'io, le roi de BohAne , son prolecteur» 
à la léle d'une armée considérable , se dispose à porter la désoc- 
latton daiH le Brabant. Le duc prévient le malheur de ses sujets^ 
en agréant un acconunodemént que le comte de Hollande avait 
riropoac. L'année suivante, Renaud accompagna le roi de Bi>- 
nèine en Italie. Me retour an Pays-Bas, ils entrèrent , au mois 
d'avril iSSa, Ions les deux dam la ligue que Philippe de Valois, 
roi de France, avait formée contre le duc de Brabant, pour 
avoir refusé de congédier de son pays Robert d'Artois , beau- 
frère el ennemi de Philippe. On était sur le point dVn venir 
an* mains, le i3 mai de fa même année , lorsque le comte de 
tlainaut ménagea aité Irève de six sem.iine». Philippe fit même,. 
peu de lems après , la paix avec le -duc, et se readît encore, de 
l'aveu des partiels , l'arbitre de ses différents avec lus autres 
princes , qui devaient déduire leurs gr